DIEU

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Dieu, personne ou pure conscience ? Une approche universelle et comparative

Depuis l’aube de la conscience humaine, la question de la nature de Dieu demeure une source d’inspiration, de contemplation et parfois de division. Est-Il un Être personnel, doté de volonté, d’amour, de sagesse, avec lequel on peut entrer en relation ? Ou bien est-Il une réalité impersonnelle, une pure conscience sans forme ni limite, au-delà de toute dualité et de tout attribut ? Ou encore, faut-il dépasser cette opposition pour comprendre que Dieu est à la fois personnel et impersonnel — ou bien qu’il transcende ces catégories elles-mêmes ? Selon les traditions spirituelles et religieuses, ces visions prennent des formes diverses, parfois exclusives, parfois complémentaires.

1. Dieu comme Personne : le Dieu relationnel Dans les traditions monothéistes comme le judaïsme, le christianisme et l’islam, Dieu est souvent conçu comme une personne divine : Il parle, agit, aime, juge, pardonne. C’est un Dieu avec qui l’on peut prier, dialoguer, se confier. Cette approche met en valeur la dimension relationnelle et éthique : Dieu comme Père, comme Ami, comme Époux mystique.

Christianisme mystique : Sainte Thérèse d’Avila, Saint Jean de la Croix, ou Maître Eckhart parlent d’un Dieu personnel, tout en laissant entrevoir une dimension plus ineffable. Jésus-Christ lui-même incarne cette présence personnelle de Dieu dans l’histoire humaine.

Soufisme : dans l’islam mystique, l’amour divin est central. Dieu est « plus proche que la veine jugulaire », et l’amant divin (majzoub) vit une relation intense avec Lui.

Bhakti hindoue : dans certaines voies indiennes (Krishna, Rama, Vishnou), Dieu est vu comme un Bien-Aimé personnel, objet d’une dévotion ardente.

2. Dieu comme conscience impersonnelle : le Soi universel D’autres traditions décrivent Dieu comme une réalité impersonnelle, au-delà des formes et des noms, souvent identifiée à la conscience pure ou à l’Absolu.

Advaita Vedānta : la tradition non-duelle indienne enseigne que seul Brahman existe, conscience infinie et impersonnelle. Le "Dieu personnel" n’est qu’un aspect inférieur ou provisoire de cette Réalité ultime.

Bouddhisme Mahāyāna : bien que n’utilisant pas le mot "Dieu", certaines écoles parlent de la nature de Bouddha comme d’une claire lumière de conscience, impersonnelle mais éveillée.

Taoïsme : le Tao est "sans nom", "sans forme", "sans volonté", mais source de tout. Il ne s’agit pas d’un Dieu personnel, mais d’un principe cosmique fluide et ineffable.

3. Dieu comme personnel ET impersonnel Certaines traditions ou courants mystiques refusent de choisir entre les deux visions, les intégrant comme deux facettes d’une même réalité.

Hindouisme intégral (comme chez Sri Aurobindo ou Ramakrishna) : Dieu est personnel pour celui qui en a besoin, mais Il est aussi au-delà de toute forme. Ramakrishna disait : "Le sucre a différentes formes, mais son goût est toujours le même".

Christianisme ésotérique (Maître Philippe de Lyon, Omraam Mikhaël Aïvanhov) : Dieu est un Être suprême que l’on peut aimer, mais qui contient en lui une Lumière impersonnelle, une Essence divine qui est notre origine.

Peter Deunov : Il parle de l'Amour divin comme d’une présence consciente mais aussi comme d’un principe cosmique qui soutient tout l’univers.

4. Dieu au-delà du personnel et de l’impersonnel ? D’un point de vue philosophique ou mystique plus radical, on pourrait dire que Dieu n’est ni personnel, ni impersonnel, ou qu’il est au-delà de cette dualité. Ces catégories sont vues comme des constructions mentales utiles, mais limitées. Ainsi, certaines approches affirment :

Que Dieu se révèle en fonction de notre niveau de conscience : au début, comme une personne ; plus tard, comme une lumière impersonnelle ; et enfin, comme une Présence vivante qui transcende toute définition.

Que le mental ne peut enfermer l’Infini, et que toute tentative de définir Dieu risque de le réduire.

SYNTHÈSE : Comment comprendre Dieu : personnel, impersonnel, ou les deux ?

Vision Caractéristiques Traditions associées Dieu personnel Être vivant, relationnel, aimant, volontaire, source de dialogue et de guidance Judaïsme, Christianisme, Islam, Bhakti hindoue, Soufisme Dieu impersonnel Conscience pure, absolue, sans forme ni volonté, au-delà des attributs Advaita Vedānta, Bouddhisme Mahāyāna, Taoïsme Dieu personnel et impersonnel Les deux aspects coexistent ou sont vus comme des étapes de réalisation spirituelle Hindouisme intégral, Christianisme mystique, ésotérisme, Deunov, Aïvanhov Dieu au-delà de tout concept Toute image de Dieu est symbolique ; Dieu transcende les oppositions humaines Mystiques non-duels, philosophies de l’Absolu, non-dualité contemporaine

En conclusion : Dieu peut être rencontré sous des visages multiples : tantôt Père, tantôt Silence, tantôt Amour, tantôt Lumière. Plutôt que de trancher entre ces visions, de nombreuses traditions mystiques invitent à les intégrer dans une approche vivante, progressive, évolutive de la conscience. Peut-être que Dieu n’est pas une chose à comprendre, mais un mystère à rencontrer, dans le silence du cœur, au-delà des mots.

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Qu’est ce que Dieu ? par christophe ITIER Qui me semble bien ...

Bien que ce mot soit interprété de différentes manières selon nos croyances ou notre absence de croyance, j’utilise sciemment le mot Dieu à la place de « la source » ou d’autres appellations car c’est tout de même celui qui résonne le plus pour la majorité des personnes. Je précise toutefois que je l’emploie ici en tant qu’origine de tout ce qui est, un champ de conscience unitaire. Si vous associez Dieu à un être barbu surpuissant assis sur son nuage en train de mater ce que l’on fait ici bas, passez votre chemin, cet article n’est pas fait pour vous.

Beaucoup disent que Dieu est insondable, que nul ne peut l’appréhender, nul ne peut le connaître, nul ne peut lui serrer la main, cela est juste et faux tout dépend de quelle partie de Dieu on parle.

Peut-on connaître Dieu ? (connaître est ici employé dans son sens profond qui veut dire expérimenter.)

La réponse est oui sans hésitation, car nous connaissons Dieu à chaque instant de notre existence, même assis dans la cabane au fond du jardin à lire une revue sulfureuse. Dieu étant tout ce qui existe, nous y compris, nous l’expérimentons à chaque instant en tant qu’expression de Dieu. Toutefois, quand nous parlons de Dieu, nous parlons en général de son expression le plus haute, de son essence, et là, il est clair que nous ne pouvons pas le connaître, cela pour une raison que je vais développer ici.

D’abord, il est bon de remarquer que le niveau vibratoire dans lequel nous évoluons actuellement est bien trop éloigné du niveau vibratoire dans lequel baigne l’essence de Dieu et c’est peu de le dire. Le niveau vibratoire de l’essence de Dieu est pur et vibre au niveau le plus haut. La création/émanation, elle, qui est un abaissement de sa fréquence à des fréquences vibratoires de plus en plus basses, sert de terrain d’expérimentation pour que Dieu puisse se connaître dans tous ses aspects, dans un espace-temps donné. Dit autrement tout est une expression de Dieu, localisé dans un espace-temps précis.


Connaître l’essence de Dieu supposerait donc d’élever le niveau vibratoire de nos corps (physique, énergétique, émotionnel, mental) au niveau le plus haut, afin que l’essence de Dieu se révèle à nous par résonance. C’est ce que proposent tous les vrais enseignements spirituels en invitant chacun à mettre en pratique une pensée, une parole, une posture juste à chaque instant. On voit bien à l’état de notre monde que les pratiquants ne sont pas légions.


Tout fonctionne par résonance dans l’univers, chaque niveau de résonance vibratoire est séparé des autres par une membrane électromagnétique afin que chaque niveau de résonance puisse vivre son expérience en paix et ne soit pas perturbé par les niveaux autour. (Vous imaginez le bordel si c’était le cas. En fait après réflexion, vu le bordel sur terre, ça doit être le cas :) Ainsi, chaque niveau est en relation avec le niveau au-dessus et au-dessous, mais peut difficilement communiquer au-delà. Si nous comparons les niveaux vibratoires à des étages d’immeubles et que nous habitons actuellement au niveau 3D, cela veut dire que nous pouvons entendre ce qui se passe à l’étage en dessous et au-dessus en tendant l’oreille (c'est-à-dire, pour commencer, en étant ouvert a la possibilité que d’autres mondes existent en dehors de notre monde physique). Cependant les niveaux 7D ou 9D vont être difficile à contacter (sauf si on vit dans un HLM qui date des années 60) alors quand on parle de 23D et au delà, on comprend bien qu’il va falloir développer une ouïe extra fine pour entendre ce qui s’y passe.


Là où ça devient complexe, c’est que nous avons accès en tant qu’humain à une grande possibilité de communication avec les autres fréquences, cela à travers nos corps subtils, en lien avec nos chakras (centres énergétiques). Donc, même si notre corps physique est ancré dans la 3D, certaines personnes en augmentant leur niveau vibratoire, peuvent vivre comme si elles étaient en 5 D ou en 7 D (niveaux associés au paradis dans la tradition chrétienne). A l’opposé ceux qui vivent en relation avec la 2D voire la 1D, (niveaux associés à l’enfer dans la tradition chrétienne), font partie des personnes peu fréquentables car empreints de soufre (souffrance).

Cette possibilité de vivre sur différents niveaux de fréquence (états d’être) tout en restant ancré dans la 3D, explique les différents niveaux de conscience et de comportements que l’on perçoit sur terre parmi les êtres humains.

Maintenant, à partir du moment où nous contactons des niveaux des fréquences bien plus hauts, il nous est très difficile de rester ancré dans cette dimension,( qui voudrait bronzer au soleil, les pieds baignant dans une bassine d’excréments ? ) Donc à un moment donné « nous ascensionnons » comme on dit dans le milieu new-age, (bref nous nous barrons de la Corée du nord pour rejoindre les iles Canaries).

Si nous pouvions connaître l’essence de Dieu dans cette dimension, nous serions incapables de communiquer avec qui que ce soit, car nous n’aurions plus aucun ego (identification) pour le faire, nous nous retrouverions en état d’extase permanente dans un corps physique réduit à l’état de légume humain, à baver non stop jour et nuit. Certes, notre corps émanerait alors une forte aura spirituelle qui attirerait certainement un grand nombre de personnes en quête d’un véritable amour, et qui feraient de ce corps un objet d’adoration, mais comme l’on comprit nombre de maîtres spirituels, il est bon de s’arrêter avant, si on veut rester efficace dans cette dimension. Connaître Dieu supposerait donc de devenir lui, c'est-à-dire perdre sa conscience individuelle, puisque Dieu est tout, donc rien en particulier, donc non identifié. À partir de là, on peut affirmer avec certitude que notre conscience individuelle ne connaîtra jamais l’essence de Dieu, elle ne connaîtra que des expressions de Dieu et c’est très bien comme ça.

La bonne nouvelle est que si tout est Dieu, le diable l’est aussi, ce dernier représentant les niveaux vibratoires les plus éloignés de l’essence originelle, le diable serait donc Dieu sous sa forme amnésique, donc souffrant énormément de se sentir seul, coupé de lui même (sniff). Telle pourrait être la définition du mal, un sentiment de solitude et de vide infinie, qui nous rendrait fou et un besoin de remplir ce vide par tous les moyens possibles et imaginables. La nouvelle est bonne dans le sens où, chaque diable qui se cache en nous, tant qu’il a une étincelle divine en lui, peut réaliser un jour qu’il n’est coupé en rien de la source de tout, c’est juste une croyance profondément ancrée, devenue « ressenti » avec le temps, qu’il est nécessaire de mettre en lumière. L’ombre est aussi Dieu, c’est la partie de Dieu qui joue le sale rôle dans le film de la vie, celle qui par sa posture nous invite à expérimenter notre lumière dans la vie. Comment saurions-nous que nous sommes lumière si aucune ombre n’existait ? Cela serait impossible, donc il a bien fallu que certains se collent au rôle de méchant qui est franchement difficile à jouer, car cela nécessite de renier sa propre nature, d’où de vivre constamment dans la souffrance.

Jouer le rôle du mal ce n’est pas cool, le subir non plus me direz vous à juste raison. Oui c’est vrai, car le mal engendre le mal, c’est sa fonction, jusqu'à ce que l’on comprenne son origine et que l’on ressente de la compassion pour lui, c’est-à-dire que l’on ressente de la compassion pour soi, pour ces parties en soi qui ont mal, se sentant coupé du tout. Il est bon de rappeler que le mal est avant tout une affaire intérieure et personnelle, il ne se répand à l’extérieur qu’à travers ses porteurs

C’est d’après moi, l’unique posture à avoir pour se rappeler à l’essence de Dieu et monter en fréquence vibratoire. L’ombre ne disparaît que mise en lumière par l’amour. Dans ce niveau de fréquence (3D) où l’amnésie de Dieu est puissante, l’amour reste donc le seul moyen de passer sur des fréquences supérieures. Avoir de la compassion pour le mal ne veut pas dire le laisser se propager en soi et autour de soi, cela veut dire agir sur lui avec compréhension, humour et fermeté, le reconnaître dans son rôle d’éveilleur de conscience, mais ne pas l’alimenter. Le voir comme une étape qui a été nécessaire pour acquérir la conscience individuelle, mais une étape à dépasser pour retrouver la conscience universelle.


Pour finir cet exposé, posons-nous la question: où habite l’essence de Dieu ? (Ce n’est pas chez moi je le saurais :) Pour moi, le seul endroit ou vit l’essence de Dieu est au niveau vibratoire en dessous du niveau particulaire dans l’infiniment petit, c’est le seul endroit connu où il n’existe aucune différenciation. Dans l’infiniment petit tout est UN, tout est connecté, il n’y a pas d’individualisation. Cette dernière commence avec le niveau atomique qui est un assemblage de particules, qui se poursuit dans les niveaux au-dessus.

Çà serait donc dans le microcosme que vit l’essence du divin, dans le champ de conscience unitaire comme on dit en physique quantique. Donc aller à la rencontre de Dieu cela veut dire entrer en contact avec les parties infimes qui nous composent en commençant par nos cellules, puis nos microzymas, puis nos molécules, puis nos atomes, puis nos particules.

« Houlala mais ça a l’air compliqué tout ça, déjà que j’ai du mal à être a l’écoute de mon estomac alors mes particules, t’imagines ! ». Pas de panique pour les plus fainéants, il existe un chemin de traverse, « un trou de ver », qui consiste à passer par l’étincelle divine cachée au centre de notre cœur, pour accéder à notre essence, mais cette dernière étant un peu capricieuse, il va falloir se montrer sous notre plus beau jour pour la séduire, il va falloir s’aimer sans conditions et ce n’est pas chose facile.

Bref, vu de cette manière, on comprend alors que tout est Dieu, nous compris, que c’est juste notre identification à des assemblages de particules que nous nommons corps, qui nous sépare de cette connaissance. Tout est Dieu et le sera à jamais, je trouve cela rassurant et porteur de paix intérieure.


Pour résumer, si vous deviez retenir une seule chose, ce serait celle-ci.

Tout ce qui sépare est l’œuvre de l’ombre (la partie amnésique de Dieu). Tout ce qui unit est l’œuvre de l’essence de Dieu (consciente de l’unité en tout), ainsi se meut le double mouvement de l’univers sous la forme du tore, au service de l’UN.

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-1-1- DIEU

Qui est Dieu ?

Il n'y a qu'un seul et unique Être. Cet Être absolu, de qui tout procède, et en qui tout se résorbe, est appelé Dieu par de nombreuses traditions. Nous pouvons utiliser le mot Dieu pour désigner l'Être absolu ; mais il nous faut préalablement le purifier des significations erronées qui s'y attachent.

Dieu doit être distingué des conceptions théologiques élaborées ; par le mental de l'homme. De Dieu, rien de valable ne peut être dit, car Dieu qui est l'Être suprême se trouve au-delà de, toute compréhension spéculative. Dieu est pour le mental l'inconnaissable et l'incommensurable. Il transcende toutes les catégories. Devant Lui la pensée doit se taire, car seul le silence peut l'honorer.

Les conceptions mythologiques et théologiques ont prétendu discourir au sujet de Dieu. Ce faisant, elles ont créé de faux dieux, qui sont autant d'idoles à renverser. Il faut purger notre compréhension de toute espèce d'anthropomorphisme. Au lieu de voir en Dieu le tout Autre, l'homme a façonné une représentation de Dieu selon sa ressemblance. Il a divinisé ceux qui ont enseigné le chemin de la transcendance, et il a fait de ces individualités des dieux à forme humaine. Loin de suivre l'exemple de qui venait lui révéler la présence de Dieu en l'homme, et de chercher à réaliser en lui-même cette Connaissance, il a préféré confondre Dieu avec l'apparence humaine des Divins Maîtres, pour leur rendre un culte idolâtre. Ainsi les représentations de Dieu se sont substituées à Dieu lui-même.

Comprenez que Dieu, tel que le conçoivent et le représentent les traditions religieuses, n'a de réalité qu'à l'intérieur du mental de l'homme. Ce sont de simples créations de l'esprit humain.

Dans certains cas, ces créations mentales que sont les représentations religieuses de Dieu peuvent se trouver vitalisées par une perception plus ou moins vaste de la Divine Réalité. La perception transcendante se trouve alors enchâssée dans les formes objectivées par le mental. C'est ce qui se passe lorsqu'il y a ce qu'on appelle une apparition. Les apparitions, lorsqu'elles sont véritables, sont en général le signe d'une intense dévotion. Elles peuvent aider et guider le pèlerin. Mais ce dont il importe de se rendre compte, c'est que Dieu en sa réalité intrinsèque dépasse toute espèce d'apparition. Les apparitions ont lieu à l'intérieur du mental, et les formes qu'elles adoptent sont façonnées par lui. La preuve de ceci apparaît dans le fait suivant : bien que Dieu soit unique et que chaque religion adore le même Dieu (ainsi que le comprennent tous ceux qui ne sont pas la proie des stupidités du sectarisme), les apparitions adoptent toujours une forme correspondant aux croyances du dévot. Ceci mérite réflexion, car il est extrêmement significatif que Dieu apparaisse sous l'aspect du Christ à ceux qui l'adorent ainsi, et sous l'aspect de Krishna à ceux qui l'adorent sous cet aspect. Alors que pour le plus grand réconfort des croyants, il n'apparaît jamais sous la forme de Krishna à un dévot du Christ, ou vice versa.

L'interprétation de cette constatation permet de distinguer ce qui appartient à l'homme, de ce qui appartient à Dieu. Dieu n'a aucune apparence déterminée, car s'il en avait une il apparaîtrait identiquement aux dévots de toutes religions. Que Dieu n'ait aucune apparence déterminée est pour nous évident, puisque nous savons que Dieu est l'Être absolu, lequel se situe au-delà de toute forme. Les apparences sous lesquelles Dieu apparaît n'appartiennent pas à Dieu, elles sont une création du mental humain, elles sont le reflet des croyances de l'individu. Ce qui appartient à Dieu c'est la révélation qui se manifeste. Ce qui appartient à l'homme c'est la forme adoptée par cette Révélation transcendante.

Si nous adorons Dieu au travers de notre mental, l'illumination intérieure qui accompagne toute perception de l'Être Suprême, ne pourra se manifester qu'au travers des contenus de celui-ci, et de ce fait sera colorée par lui. De même que le vitrail colore la lumière solaire, nos croyances colorent notre perception de l'Être Divin, et lui donne l'aspect du Christ, de la vierge Marie, de Krishna, de Kâli, d'un Bodhisattva, ou de l'une des multiples personnifications religieuses.

Le voyant bénéficie donc d'une perception indirecte de la Réalité Divine. Sa perception est indissociablement liée et limitée aux fantasmagories de son mental ; lequel est conditionné par l'héritage culturel reçu.

Ce qui est vrai pour la forme, l'est aussi pour les révélations en mode verbal, que celles-ci soient ou non accompagnées d'une forme. C'est toujours le mental qui fournit les mots et les formes, lesquelles enrobent la perception transcendante.

S'il est certain qu'adorer Dieu au travers du mental est mille fois préférable à l'absence d'adoration ; il est également évident qu'adorer Dieu en ayant dépassé le mental est mille fois préférable à l'adoration prisonnière du mental.

En dépassant le mental, nous pouvons adorer Dieu sans intermédiaire et miroir déformant. En dépassant le mental, nous abordons Dieu en son mystère, au-delà de toutes représentations humaines, au-delà de toutes espèces de visions et de révélations sensibles. Nous contemplons Dieu en son ineffable et transcendant abîme.

Pour accéder à une contemplation véritablement transcendante, en laquelle les productions du mental sont éteintes, il faut nous libérer de l'attachement à toute forme de représentation théologique. C'est en abandonnant la dévotion particularisée que nous atteindrons la dévotion transcendante.

La plus haute théologie est la théologie négative du mystère, et non la théologie positive de la description. Toute description est anthropomorphique, car la réalité de Dieu dépasse toutes les descriptions, et les rend toutes illusoires. L'anthropomorphisme le plus grossier se représente Dieu sous l'aspect d'une personne ayant un corps humain. Mais l'anthropomorphisme psychologique est tout aussi erroné, il consiste à attribuer à Dieu des sentiments humains. Ainsi naît la conception d'un Dieu bon, compatissant, puissant, etc. En réalité, aucune qualité ne peut être attribuée à l'Être Divin, car il les transcende toutes. Dieu n'est pas amour, bonté, compassion, puissance, beauté, etc., car il est beaucoup plus que cela. Toute qualification, quelle qu'elle soit, appartient au domaine de la Manifestation Divine qui engendre l'Univers, et non au domaine de l'Être Divin en lui-même. Dieu manifeste en sa création amour, bonté, beauté, compassion, puissance, etc.

Mais toutes ces qualités restent extérieures à lui-même. Dieu en lui-même, en tant qu'Être Pur, ne contient aucune qualité particulière. Toute qualité est une manifestation, et Dieu se situe au-delà de toute espèce de manifestation. Au-delà de toutes les manifestations qu'il engendre.

Sachant que Dieu est l'Être absolu, nous purgeons notre dévotion de toutes représentations religieuses, et de toutes attributions théologiques. En ce faisant nous ne solliciterons pas notre mental, lequel ne pourra dresser son écran. N'adorant pas telles ou telles conceptions ou représentations de Dieu, nous pourrons adorer Dieu en lui-même. Nous pourrons adorer l'ineffable et insondable mystère de l'Être Absolu.


-2- -1 - LES ASPECTS DU DIVIN -

Notre manière d'appréhender le Divin est bien souvent partielle. Par nos expériences intérieures, nous approchons tel ou tel aspect de la Réalité Divine, et souvent nous restons ignorants des autres aspects de l'ineffable, certaines traditions qui ne connaissent qu'un des visages du Divin regardent avec suspicion les Traditions qui ont eu la révélation d'un autre aspect de l'ineffable.

Ainsi s'établissent de stupides querelles...

Mais éloignons-nous de toutes ces infirmités humaines, et voyons ce que peut être une perception de la Totalité Divine.

Le Divin, c'est ce silence immuable de la transcendance pure, cet Eternellement immobile, informel, inconditionné et non manifesté, qui demeure en lui-même au-delà de tout.

Mais le Divin c'est également cette pensée intelligente, active et constructrice, multiforme et ambivalente, qui engendre le cosmos, et constitue la substance vivante et l'énergie de ce dernier.

C'est aussi cette unique Conscience, Omniprésente à l'intérieur de toutes les formes de vie, matérielles et immatérielles, de la plus simple à la plus complexe, dans l'infiniment grand comme dans l'infiniment petit.

Mais le Divin c'est également cette influence rédemptrice qui, tout amour et toute lumière imprègne l'univers, pour permettre aux formes de vie dont l'intelligence est individualisée, dans les mondes physiques et psychiques, de progresser spirituellement vers la participation à sa gloire.

Comprenez que ces quatre aspects du Divin : Transcendance Pure-Substance universelle. Conscience immanente et Influence Rédemptrice, ne constituent pas des réalités séparées.

C'est la fonction analytique de notre mental qui a tendance à nous les faire concevoir ainsi.

Dieu est tout cela, conjointement, inséparablement et simultanément.

Parler des aspects de Dieu est même en soi trompeur, car Dieu est UN.

La Réalité Divine englobe tout, et contient tout. Elle est le Tout et l'au-delà du Tout, cessez de morceler Dieu, de ne concevoir ou de ne voir que tel ou tel aspect de LUI.

Voyez le suprême seigneur, comme une Réalité dont tous les aspects sont indissociables.

Élevez et élargissez votre regard intérieur, de manière à contempler la Totalité du Divin.

Le Dieu transcendant, le Dieu Créateur, la Divine substance universelle, la Divine Énergie cosmique, le Dieu Destructeur, le Dieu immanent et le Dieu Rédempteur, sont un seul et même Dieu.

Ils sont le seigneur.

L'unique seigneur.

Aussi longtemps que nous ne sommes pas parvenus à la perception de la Totalité et de l'Unité Divine, trois voies se profilent devant nous, trois voies, que nous pouvons harmoniser en une synthèse, mais trois voies qui nous apparaissent distinctes.

La voie de la connaissance, qui est perception de l'immuable transcendant.

La voie de la dévotion, qui est relation mystique entre l'homme et le Divin.

La voie de l'action, qui est accomplissement du vouloir Divin dans le monde manifesté.

La perception de ces trois voies comme des réalités distinctes est une conséquence des infirmités analytiques du mental. Il est une vision glus haute.

En elle, dans le même instant, notre conscience est immergée dans le silence de l'immuable transcendant ; et parallèlement à cette immersion de la conscience, le mental et le coeur de l'homme expriment leur relation amoureuse avec Dieu ; tandis que conjointement, tous les phénomènes de l'univers et toutes les actions de l'homme sont perçus comme des manifestations conscientes du Divin.

En cette vision la gnose, la mystique et l'action n'existent plus comme des réalités séparées.

Il n'y a plus qu'un Éveil intégral vis-à-vis de la Réalité Divine. Éveil qui englobe tout.

2-1- DIEU IMPERSONNEL OU CACHE OU XX ET DIEU MANIFESTE RELATIONNEL SAUVEUR ETC

Par son influence salvatrice, Dieu se manifeste à l'intérieur de sa propre création, et devient le sauveur des hommes.

Cela signifie qu'après avoir façonné en la substance de sa pensée des formes de vie dotées de sa conscience, laquelle s'est de ce fait subdivisée en des myriades de fractions individualisées il ne s'est pas limité à cela, et il se manifeste à l'intérieur de sa propre extériorisation psychiquement substantielle, pour enseigner ces individualités intelligentes que sont les hommes.

Par son enseignement, le seigneur révèle le processus de spiritualisation, grâce auquel lesdites individualités humaines peuvent s'engager dans une voie qui, en cette vie et au-delà, leur permettra de participer à l'incommensurable béatitude, résultant de la connaissance intégrale de sa transcendante Nature.

Car si Dieu en sa création donne naissance à des individualités conscientes, c'est pour leur permettre au terme d'un processus évolutif, de participer à son éternelle Félicité.

C'est grâce à l'influence rédemptrice que Dieu déverse en sa création que l'individualité consciente de l'homme a la possibilité d'accéder, et de participer à la transcendance Divine.

En d'autres termes, la manifestation Rédemptrice de Dieu, constitue le chemin qui mène à l'immuabilité transcendante de Dieu.

Cette manifestation Rédemptrice c'est la grâce Divine, qui opère dans le coeur des hommes et les attire vers Lui.

Certains hommes sont si complètement habités par l'inspiration Divine, l'influence Rédemptrice a si intégralement imprégné leur personnalité humaine qu'ils constituent urne véritable incarnation du Dieu rédempteur.

Ils sont à la fois homme et Dieu, car en eux l'homme et la manifestation rédemptrice de Dieu, se sont unis en une symbiose sublime.

Ces hommes parmi lesquels, et sans aucunement prétendre donner une liste exhaustive nous pouvons citer : Zarathoustra, Confusius, Lao-Tseu, Bouddha, Cankara, Râmânuja, guru Nanak, Pythagore, Moïse, Jésus-Christ, Mahomet, Baha'u'llah, Parasurâma, Rama, Krishna, Mahavira, Tsong-Kapa, Manès, Hermès, Orphée, David, Salomond, Hâkim...sont les phares rédempteurs de l'humanité. Ils sont des incarnations, du même et unique Dieu Rédempteur car en tout homme spirituellement réalisé, Dieu parle et enseigne.

Dieu est-il présent identiquement en tout homme inspiré ? Non, évidemment, plus la personnalité est soumise et réceptrice vis-à-vis du Divin, plus le Divin est présent. Certains sont intégralement soumis, intégralement ouverts à la grâce, et de ce fait la Manifestation du sauveur les imprègne totalement, comme l'eau imbibe une éponge. Chez d'autres il subsiste des aspects de la personnalité qui demeurent non imprégnés par le Divin. Il y a donc toute une échelle allant de l'incarnation totale du Divin en un homme, à l'incarnation partielle, passagère et éphémère. N'essayons pas de déterminer la proportion de la plénitude d'incarnation Divine, ayant résidé chez les grands Maîtres fondateurs de religions. Une telle démarche ne reposerait que sur une série de jugements arbitraires, et il y aurait là un terrain propice à de stériles polémiques. Qui donc, sinon Dieu, pourrait savoir ce qui se déroule dans le mystère des consciences ?

Depuis le début de l'histoire humaine Dieu, en son aspect salvateur c’est donc épisodiquement incarné en l'humanité ; et jusqu'à l'achèvement de cette histoire, il continuera à s'incarner en elle. Chaque fois que la Révélation Divine s'obscurcit, il s'incorpore dans une personnalité humaine réceptrice, pour rallumer la flamme de la connaissance. Toutes les traditions gardent pieusement le souvenir de Grands inspirés, par lesquels Dieu a révélé la voie qui mène à Lui. Il advient qu'une tradition ne connaisse que le, ou les grands inspirés fondateurs de sa propre école spirituelle. La partialité sectaire intervenant, il en résulte que de nombreuses traditions refusent d'admettre l'existence des manifestations de L'unique Rédempteur en d'autres traditions.

C'est ainsi par exemple que pour l'hébraïsme Moise est le plus grand, pour les chrétiens le christ est le seul, pour l'Islam Mahomet le dernier. Ce qui est vrai pour de grandes religions l'est également pour de petites sectes, s'accrochant agressivement à une manifestation partielle du Divin. Il est à la fois triste et amusant, de constater que l'homme par son sectarisme, tente d'imposer fictivement une limite à la Manifestation Rédemptrice de Dieu. Il croit en la manifestation, ou la descente incarnatrice du sauveur en un homme, en celui qui a fondé la tradition à laquelle il appartient ; mais il se refuse de concevoir que ce même Sauveur en son éternité ait pu se manifester en l'humanité, avant la date historique marquant la naissance de l'incarnation Divine à laquelle il voue un culte. De même il refuse d'envisager qu'il se manifeste en d'autres hommes, après la mort de cette même incarnation. Ou encore, qu'il puisse simultanément se manifester et s'incarner en plusieurs hommes, le Divin n'étant évidemment pas soumis à des contingences spatiales. En bref, pour lui Dieu est tout puissant, sauf en ce point précis, où il doit obéir aux desiderata et aux illusions des théologiens. Comme on pouvait s'y attendre les sectaires, qui rejettent la pluralité des manifestations Divines en l'humanité, utilisent pour appuyer leur opinion divers arguments, souvent fondés sur l'exégèse et la manipulation abusive des Écritures. Il n'y a pire aveugle que celui qui ne veut pas voir.

Est-il si difficile de comprendre que cette pluralité, d'ailleurs affirmée en diverses Écritures sacrées, ajoute à la gloire de Dieu, au lieu de limiter arbitrairement et injustement, l'incarnation de la compassion Divine à tel ou tel moment historique ?

Il n'y a pas lieu de classer les Manifestations Historiques du sauveur dans un ordre de chronologie ascendante ce qui voudrait dire que c'est la dernière Manifestation qui donne l'enseignement le plus élevé ou le plus complet ; théorie intéressante pour les sectaires se rattachant à une tradition récente.

L'enseignement du sauveur est toujours le même au niveau ésotérique. Ce ne sont que les formes de présentation religieuse qui varient en fonction des contingences temporelles. Depuis le début des temps, le seigneur enseigne la même vérité, et toute nouvelle Révélation est une répétition, dissipant les obscurités accumulées au sein de l'humanité, par la sclérose de ce qui avait été précédemment lumineusement enseigné.

L'enseignement de chaque illuminateur de l'humanité comprend donc deux aspects : un aspect fondamental, ésotérique, qui est réactualisation, répétition et révélation, de l'Éternelle unique et transcendante Vérité. Un aspect contingent, exotérique, qui est l'expression d'une pratique menant à cette vérité. Pratique conditionnée, ou si vous préférez bien que cela veuille dire la même chose : adaptée au contexte culturel, social et historique, de l'époque en laquelle elle est instituée. Par cet aspect contingent s'explique la nécessaire multiplicité des formes de religions, menant à l'Unique Réalité Divine.

Trois erreurs sont à éviter : l'attachement sectaire à une forme religieuse. Le refus de constater l'archaïsme et l'inadaptation de certains aspects des anciennes formes religieuses. Le désir de réunir toutes les formes religieuses en un vaste syncrétisme.

Ces trois erreurs ont pour même origine la fixation sur les formes religieuses qui sont utiles en leur contexte, mais accessoire en elles-mêmes ; et la méconnaissance de l’Éternelle unicité Ésotérique de toute religion.

Celui qui comprend cela comprend que le but ne consiste pas à s'enfermer dans telle ou telle forme religieuse ; ou bien à créer une nouvelle forme religieuse syncrétique, mais d'atteindre l'éternel et unique but de toute Religion.

Quant aux moyens à utiliser pour atteindre ce but, nous n'avons bien entendu pas à les inventer. La multiplicité des Révélations est là pour nous indiquer ces moyens.

Mais devant la diversité des moyens de réalisations spirituels, qu'allons nous choisir, et selon quels critères ?

Faire des moyens une fin en soi, telle est l'erreur de la sclérose des orthodoxies religieuses. Si nous n'avons aucun attachement fétichiste vis-à-vis de telle ou telle espèce de procédés de spiritualisation, ce qui compte pour nous c'est d'atteindre le but. Notre critère est donc celui de l'efficacité. De ce fait, nous adopterons vis-à-vis des moyens de spiritualisation proposés par les différentes traditions une attitude analytique et critique. Il nous faudra en eux distinguer le supérieur de l'inférieur, l'essentiel de l'accessoire, l'universel de ce qui est le produit d'une culture et d'une époque particulière.

Et enfin, nous devrons sélectionner en eux ce qui est directement utilisable dans le contexte de notre époque, de ce qui ne l'est pas.

Les Maîtres inspirés sont des doigts qui désignent le soleil spirituel. C'est pourquoi, voyant en eux des indicateurs, il ne faut pas s'arrêter aux spécificités contextuelles de leurs enseignements, mais aller dans la direction indiquée par le message qu'ils véhiculent.

Dieu n'inspire pas les Maîtres pour se faire adorer en eux. Il inspire les Maîtres pour enseigner le chemin de la réalisation spirituelle. Le respect de l'enseignement du Rédempteur ne consiste donc pas à déifier telle ou telle individualité au travers de laquelle il s'est historiquement manifesté, en laquelle il s'est incarné. Le respect de son enseignement consiste à s'élever vers ce qu'il désigne sans relâche, par de multiples doigts.

Répétons-le : en incarnant d'une manière plénière son influence rédemptrice et inspiratrice, dans la personnalité des grands maîtres, fondateurs de mouvements spirituels et guides de l'humanité, Dieu se révèle à nous et nous attire vers lui. Il cherche à nous attirer vers lui-même, tel qu'il est en sa gloire transcendante et ineffable ; et non point vers ce qu'il apparaît en la manifestation limitée de ses incarnations.

C'est pourquoi la déification et l'adoration des Maîtres, telles qu'elles sont constamment pratiquées par un ensemble de religions, constituent une impasse. Il s'agit d'une substitution, au lieu de suivre ce qu'a d'essentiel l'enseignement des Maîtres ; au-delà de certaines particularités ethniques à valeurs passagères, on adore le souvenir du Maître, en instituant un culte fétichiste. Ce culte est une manière de s'en tirer à bon compte, c'est un des procédés détournés par lesquels l'homme résiste à la Grâce. En effet, accomplir certaines cérémonies, rendre hommage à des représentations religieuses diverses, réciter ou chanter des textes, ne constitue pas une spiritualité bien astreignante. C'est plutôt un moyen de se donner bonne conscience. Par contre, étudier et appliquer les fondements essentiels de l'enseignement de n'importe quel grand maître spirituel, voici une aride exigence. Exigence confortablement évitée dans ce qu'il nous faut appeler le pharisaïsme spirituel.

Ceci est un des aspects de la lutte entre les forces de Libération spirituelle, et les forces de l'ignorance. La sclérose des religions étant un des aspects de ces dernières.

Au cours des temps, et à chaque instant, en d'innombrables individus, Dieu ne se lasse pas d'enseigner les hommes et de leur indiquer le chemin qui mène à Lui.

À des titres divers, des milliards d'hommes sont habités, plus ou moins partiellement, par l'aspect rédempteur de Dieu. Toute inspiration, toute illumination spirituelle, est manifestation et incarnation de sa Présence dans une individualité.

Ainsi l'homme incarné, et les esprits désincarnés, sont constamment sollicités par le Seigneur, qui les appellent et les incitent à venir à Lui. Qui pourrait correctement exprimer les trésors d'amour et de sollicitude qu'il déploie !

Celui qui prend conscience de cela sent son coeur s'éveiller. Touché par l'immense sollicitude, et l'ineffable amour du seigneur qui frappe à la porte de son coeur il commence à aimer la lumineuse Manifestation Rédemptrice qui imprègne toute la création.

Alors une relation d'amour s'établit entre l'homme et son Seigneur. Les sentiments de l'homme s'élèvent vers Dieu, et en l'oraison ardente qui en résulte l'homme connaît la plus intense des béatitudes.

Les joies humaines sont bien peu de choses auprès des trésors du transport amoureux que contient l'union mystique de l'homme et du seigneur.

En cette union la création est glorifiée.

Par l'amour qu'éprouve l'homme pour le seigneur, l'homme cesse d'être une densité opaque, maintenant la conscience individuelle dans l'ignorance spirituelle illuminée par l'amour mystique, l'homme devient un écrin, en lequel les splendeurs Divines peuvent se déverser.

Il y a transfiguration intérieure de l'homme.

Rappelons quelques données essentielles :

L'homme est issu de Dieu, son corps et son mental sont une parcelle de la Divine substance universelle. Sa conscience est une parcelle de la Divine conscience universelle. Par le corps et le mental, il participe à la manifestation cosmique de Dieu. Par la conscience, il participe à l'Essence transcendante du Divin Non-Manifesté.

En la connaissance de mon Essence transcendante, qui est la pure conscience de l'Être, il y a réalisation spirituelle de l'Essence.

Mais cette réalisation spirituelle de l'Essence laisse la substance non réalisée spirituellement.

L'homme, en tant que substance, c'est-à-dire parcelle psychique de la Manifestation cosmique, se réalise spirituellement par l'établissement d'une relation mystique avec la manifestation Rédemptrice de Dieu.

En me désidentifiant de l'homme, j'abandonne ce dernier. Cet abandon est nécessaire pour connaître mon Essence. Mais suis-je Essence uniquement ?

Non, je suis Essence non manifestée et substance manifestée.

Au niveau de ma conscience, la réalisation spirituelle me fait entrer dans la connaissance et la béatitude transcendante du Divin non manifesté ; tandis qu'au niveau de ma personnalité, c'est la relation amoureuse que j'établis avec la Manifestation Rédemptrice de Dieu, qui accomplit ma transfiguration spirituelle.

Ne confondez pas l'épanouissement de l'homme avec la transfiguration de l'homme.

L'épanouissement de l'homme survient par l'accomplissement des virtualités que la substance universelle a déposé en lui. Par la concrétisation des prédispositions et des aspirations qui lui sont psychologiquement propres.

La transfiguration mystique de l'homme qui doit, autant que faire se peut, s'accomplir dans le contexte d'activités contribuant à l'épanouissement de la personnalité est la résultante de l'ouverture du coeur au Divin.

Plus le coeur est ouvert vis-à-vis du Divin, plus l'amour et l'aspiration qui nous portent intérieurement vers Lui sont grands. Le Divin déverse en nous la plénitude de sa Grâce, et c'est son influence qui transfigure l'homme.

La transfiguration est une transformation par l'intérieur, en laquelle l'homme devient un miroir des qualités du Rédempteur.