HUMANO-DIVIN
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l’Humano-divin : convergence des courants spirituels autour d’une mutation de l’être I. Définition des termes
-- Humano-divin : désigne une condition dans laquelle l’humain intègre en lui une dimension divine, non comme un ajout extérieur, mais comme une révélation de son essence profonde. -- Divinisation de l’homme (théosis dans la tradition chrétienne orientale) : processus par lequel l’homme participe à la nature divine sans cesser d’être créature. -- Transfiguration de l’homme : transformation spirituelle, psychique, corporelle parfois, par laquelle l’être humain manifeste les qualités du divin, dans la lumière, la sagesse, la compassion.
Ces notions, bien que formulées différemment selon les traditions, pointent toutes vers une métamorphose de la conscience humaine.
II. Point de vue de la mystique chrétienne orthodoxe
Dans la tradition patristique, notamment chez les Pères grecs (Origène, Grégoire de Nysse, Maxime le Confesseur), l’homme est appelé à la théosis : il est créé à l’image de Dieu et appelé à la ressemblance, c’est-à-dire à participer à la vie divine. Cela ne signifie pas devenir Dieu par nature, mais par grâce.
La Transfiguration du Christ sur le Mont Thabor en est le modèle : la lumière divine se manifeste à travers le corps humain. La prière du cœur (Hésychasme) est une voie intérieure vers cette union.
III. Peter Deunov et Omraam Mikhaël Aïvanhov : l’homme solaire
Peter Deunov (Beinsa Douno) et son disciple Omraam Mikhaël Aïvanhov reprennent cette idée de la transfiguration, mais dans une perspective à la fois chrétienne, ésotérique et cosmique. Ils parlent d’un homme nouveau, l’homme solaire, porteur d’amour, de sagesse et de vérité.
Pour Aïvanhov, la divinisation passe par :
La maîtrise des pensées, sentiments et actes.
L’union avec la lumière.
La purification des corps subtils.
L’harmonisation avec les lois universelles.
Il insiste sur la dimension pratique et incarnée de cette transformation : alimentation, respiration, contemplation du soleil, travail collectif.
IV. La Théosophie et le New Age : vers l’homme cosmique
Dans ces courants, la divinisation de l’homme est vue comme une évolution vers un être multidimensionnel. L’homme est un être spirituel incarné dans la matière, destiné à ascensionner, à réveiller ses corps supérieurs, à devenir co-créateur avec le divin.
Le Moi supérieur devient le guide intérieur.
Les maîtres de sagesse (ou maîtres ascensionnés) aident l’humanité dans son processus de divinisation planétaire.
La Terre elle-même est vue comme en voie d’élévation vibratoire.
Certains aspects sont contestés pour leur vision technico-énergétique de la spiritualité, mais ils participent à la diffusion de l’idée que l’homme n’est pas seulement un être de chair.
V. Guénon et la Tradition : l’homme comme miroir du Principe
Guénon rejette l’idée d’un progrès spirituel au sens évolutionniste, mais reconnaît que l’homme porte en lui une possibilité principielle de connaissance du Soi, au-delà de l’individuel. Pour lui :
L’homme véritable est celui qui réalise l’Identité Suprême (l’Atman).
Il ne s’agit pas de "diviniser" l’homme moderne, mais de dissoudre l’ego pour atteindre l’état non duel de l’Être pur.
La divinisation, ici, passe par l’initiation effective et le dépassement de l’individualité.
VI. Channeling (Meurois-Givaudan, etc.) : le retour de l’Être galactique ?
Dans ces récits contemporains, la divinisation de l’homme est souvent présentée comme un retour à une mémoire oubliée : celle de notre origine divine, parfois extraterrestre ou multidimensionnelle. L’homme est vu comme un porteur de lumière, un enfant des étoiles, une conscience incarnée en mission.
Les récits décrivent des processus de corps de lumière, de montée vibratoire, de fusion âme-esprit-corps. Ces visions, très populaires, répondent au besoin de transcendance moderne mais sont à manier avec discernement.
VII. La Non-dualité : l’homme n’a jamais cessé d’être divin
Dans l’Advaita Vedanta et ses courants modernes (Ramana, Mooji, Spira), l’idée même de devenir divin est illusoire : nous sommes déjà Cela. Il s’agit non d’un devenir, mais d’un reconnaître :
"Qui suis-je ?" mène à la conscience de ce qui ne change jamais.
La transfiguration est silencieuse, intérieure, sans formes ni étapes.
L’ego est une fiction ; seul l’Absolu est.
C’est une vision radicale : il n’y a personne à diviniser, mais seulement à voir ce qui est déjà là.
Conclusion : une vision unifiée ?
Ces courants, bien que très différents dans leur langage et leurs méthodes, semblent converger vers une intuition universelle :
L’homme est un être spirituel en chemin vers la pleine réalisation de son essence divine.
La divinisation n’est donc pas un ajout mais une révélation, une épuration de ce qui obscurcit la lumière originelle. Certains insistent sur la grâce, d’autres sur la pratique, d’autres sur le non-effort.
Mais tous, à leur manière, participent à la redécouverte du mystère humano-divin : celui d’un être fait de terre et de ciel, appelé à incarner la lumière au cœur du monde.