NOETIQUE 4 - TEMOIGNAGES D EVEIL : Différence entre versions

De Wiki Conscience
 
Ligne 1 437 : Ligne 1 437 :
 
Ce document est un livre électronique gratuit et participatif édité par l’association Espace de l’Etre qui
 
Ce document est un livre électronique gratuit et participatif édité par l’association Espace de l’Etre qui
 
organise des Live Satsang sur internet ainsi que des rencontres en présence sur Lyon ou Valence.
 
organise des Live Satsang sur internet ainsi que des rencontres en présence sur Lyon ou Valence.
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
Della
 
Questions-réponses
 
 
 
 
 
 
 
 
 
L'EVEIL :
 
 
Qu'est-ce que l'éveil ?
 
 
Della : L’Éveil spirituel est la réalisation profonde et définitive que la Vie est fondamentalement
 
Une, avant tout discrimination, et qu’elle se manifeste toujours en tant que la Réalité telle
 
qu’elle est, ici et maintenant.
 
 
L‘Éveil spirituel produit un changement radical de la gravité de l’attention. De l’attraction à
 
l’idée du moi et à son histoire dans le temps, elle passe à la gravité verticale de maintenant,
 
profond Mystère, espace infini et silencieux, où rien ne manque pour Être. Ce changement de
 
gravité implique un abandon irrévocable du cœur à la Réalité telle qu’elle est. Elle constitue un
 
basculement définitif de l’identité séparée du moi vers l’évidence de l’Un, Conscience
 
universelle, au centre de ce que « je suis », qui est beaucoup plus intime à soi que toutes les
 
 
 
 
92 Retour vers le sommaire
 
Ce document est un livre électronique gratuit et participatif édité par l’association Espace de l’Etre qui
 
organise des Live Satsang sur internet ainsi que des rencontres en présence sur Lyon ou Valence.
 
 
 
 
 
histoires que le mental raconte afin de maintenir une séparation avec cette douce Unité, vivante
 
au-delà du rêve imaginé des idées.
 
 
Ce basculement qui paraît drastique n’est en fait, qu’un changement de perception puisque la
 
Réalité, elle, ne change pas. La Vie continue, elle suit son cours. Elle devient toutefois vécue à
 
partir du cœur de la Vie, silencieux et ouvert. Cet espace du cœur, lorsqu’incarné, se manifeste
 
par une douce tranquillité découlant de l’évidence qu’à partir de la Conscience, tout est possible
 
et rien n’est nécessaire.
 
 
Existe-t-il différents degrés d'éveil ?
 
 
Della : De mon point de vue, il ne peut y avoir de degré d’éveil. Il y a le changement de
 
perspective définitif ou pas. Selon le degré de « décapage » de l’identité et le degré d’intégration
 
de cette ouverture, l’éveil peut être vécu et perçu très différemment d’une personne à l’autre.
 
 
Avec quoi ne faut-il pas confondre l'éveil ?
 
 
Della : L’éveil n’est ni une expérience d’ouverture, ni une compréhension claire de ce que c’est.
 
C’est plutôt une transformation permanente radicale du regard qui passe de l’identité séparée à
 
la conscience unique d’Être.
 
 
Ressens-tu une résonnance avec une tradition spirituelle ou un enseignant en particulier ?
 
 
Della : Avant mon basculement, je n’avais aucun intérêt pour la spiritualité. Pendant la
 
transformation, le livre de Anthony de Mello « Quand la conscience s’éveille » m’a bien
 
réconfortée et les enseignements d’Adyashanti m’ont apporté de la douceur dans le processus.
 
 
Depuis la fin de la lutte et jusqu’à ce jour, je sens que tous les textes que je pourrais tenter de
 
lire ou les vidéos que je pourrais voir ne peuvent que limiter l’extraordinaire simplicité de
 
l’Infini Maintenant.
 
 
Pourquoi as-tu accepté de témoigner et dans quel état d'esprit recommandes-tu d'aborder la
 
lecture de ce témoignage ?
 
 
Della : J’ai accepté de témoigner par amour et compassion pour les chercheurs de vérité.
 
Chaque âme sait, par simple résonnance, quel enseignement saura détendre la tension d’exister
 
en tant qu’identité séparée. Le mouvement est parfois long, même ardu mais toujours naturel.
 
Ma couleur a le potentiel, comme celles des autres d’ailleurs, de résonner simplement avec celle
 
de certains lecteurs.
 
93 Retour vers le sommaire
 
Ce document est un livre électronique gratuit et participatif édité par l’association Espace de l’Etre qui
 
organise des Live Satsang sur internet ainsi que des rencontres en présence sur Lyon ou Valence.
 
 
 
 
Je propose d’aborder cette lecture, autant que possible, à partir d’un cœur ouvert à l’Infini !
 
 
LA VOIE SPIRITUELLE :
 
 
Question du blog Eveil Impersonnel : comment trouver le moyen d'amener chacun à un aperçu
 
authentique de sa véritable nature ?
 
 
Della : Le cadeau d’un aperçu authentique de sa véritable nature provient de l’Intime en chacun
 
en soif de Réalité. Il peut subvenir spontanément ou dans un contexte propice à la détente de
 
l’identité comme celui de la présence d’un être éveillé faisant simplement miroir de cette Réalité
 
ou bien offrant un environnement suffisamment aimant et clair pour permettre aux gardiens de
 
la séparation, protections conditionnées du moi séparé, de se détendre au cœur du Mystère
 
d’Être. Ces défenses d’amour, que j’aborderai plus loin dans ce texte, sont à la fois bienvenues
 
et non nécessaires pour Être.
 
 
Est-il opportun d'entreprendre une sadhana facilitant la purification du mental, des émotions,
 
du corps et de se faire accompagner sur la voie ?
 
 
Della : L’intention du cœur connaît le chemin particulier, propre à chacun. Si son chemin doit
 
passer à travers une sadhana, alors l’élan de le faire sera tout simplement plus grand que la
 
résistance à y aller. De mon point de vue, la voie la plus directe vers « la grande détente » est
 
de regarder, dans le moment, ce qui est ressenti juste dans son cœur, indépendamment de
 
l’analyse mentale, et de réaliser qu’à travers chaque pas, un apprentissage organique d’âme se
 
fait inévitablement. On ne peut se tromper.
 
 
Est-ce que le titre du livre "Après l'extase, la lessive" est évocateur pour toi ?
 
 
Della : Bien sûr. L’extase a été pour moi, l’occasion d’ouvrir à un Infini que je ne pouvais
 
imaginer. Une fois la réalisation que Tout était l’Infini, l’attraction à ces expériences mystiques
 
est complètement tombée. J’ai recommencé à couper mes légumes et faire de très bonnes
 
soupes pour ma famille !
 
 
Qu'est-ce que l'ego spirituel et comment peut-t ‘il se développer ?
 
 
Della : L’ego spirituel aura tendance à s’installer s’il est plus important dans le moment pour
 
l’identité séparée de profiter d’un gain personnel lié au cheminement spirituel, comme celui de
 
la reconnaissance, de l’amour, du pouvoir ou du savoir en opposition à l’élan de l’âme de s’en
 
dépouiller. Toutefois, si l’élan vers l’Être est authentique, une vigilance s’installera au fil du
 
 
94 Retour vers le sommaire
 
Ce document est un livre électronique gratuit et participatif édité par l’association Espace de l’Etre qui
 
organise des Live Satsang sur internet ainsi que des rencontres en présence sur Lyon ou Valence.
 
 
 
 
temps et saura infiltrer un malaise ou une clarté face à ces jeux égotiques qui n’étanchent jamais
 
vraiment la soif de Réalité.
 
 
Quels sont les pièges inhérents au cheminement spirituel et comment ne pas tomber dedans ?
 
 
Della : Les pièges inhérents au cheminement spirituel sont issus d’une énergie vive de
 
protection issue de l’identité séparée et de ses enjeux de survie.
 
 
Les trois pièges principaux qui apparaissent à ma conscience à la lecture de la question sont les
 
suivants :
 
 
Le premier réside en la création et en l’attachement à un nouveau monde connu. En effet,
 
comme le moi séparé ressent un grand besoin de sécurité à travers la référence à un monde
 
connu, le cheminement spirituel, riche en points de vue plus ouverts et originaux, peut
 
facilement amener le moi séparé à se créer un nouveau monde connu, plus « spirituel ». Cette
 
nouvelle création mentale peut amener une fermeture du cœur au Mystère à travers
 
l’attachement à de nouveaux dogmes et de nouvelles structures rigides. Ce nouveau monde
 
connu se construit le plus souvent sur une interprétation mentale de plus en plus fine de ce
 
qu’est la Réalité basée sur des enseignements qui résonnent vrais ou à travers des expériences
 
mystiques sur le chemin qui ne sont que des ouvertures passagères et limitées émergeant de
 
l’espace beaucoup plus simple, mystérieux et inclusif de l’Être.
 
 
Un second piège important face à l’invitation à la grande détente de « maintenant » se situe
 
dans l’attente d’un basculement. Ce piège est vraiment fin puisqu’à la fois logique et vrai.
 
 
Il est important de saisir que le basculement n’est qu’un produit dérivé de l’abandon
 
inconditionnel du cœur à la Réalité telle qu’elle est. Et cette réalité du moment peut tout à fait
 
avoir la saveur de l’absence de basculement.
 
 
La Vie a beaucoup d’humour ! Son Amour se manifeste à travers une grande intransigeance
 
quant à l’inconditionnalité du désir nécessaire à sa découverte. La négociation du moi qui
 
aimerait s’abandonner que lorsque le ressenti d’un basculement serait présent, n’a tout
 
simplement pas sa place. La question à se poser serait alors la suivante : « Suis-je plus attaché
 
à l’idée d’un basculement qu’à la grande capitulation devant l’instant tel qu’il est au prix de
 
l’absence de basculement ? ».
 
 
Un autre piège qu’il est important de voir est celui de la position à laquelle on adhère face à un
 
enseignant. L’invitation sera de trouver un équilibre entre la souveraineté de son âme sans
 
95 Retour vers le sommaire
 
Ce document est un livre électronique gratuit et participatif édité par l’association Espace de l’Etre qui
 
organise des Live Satsang sur internet ainsi que des rencontres en présence sur Lyon ou Valence.
 
 
 
 
tomber dans l’arrogance de l’ego, et l’humilité de voir avec simplicité au-delà des mécanismes
 
égotiques de supériorité et d’infériorité qui se jouent souvent en relation.
 
 
Certains témoignent d'une sensibilité accrue, est-ce ton cas ? Comment vivre cette sensibilité ?
 
 
Della : Avec l’ouverture à la Réalité, s’est ouverte chez moi une sensibilité accrue, comme si
 
un filtre de protection était simplement tombé et me permettait de sentir la Vie plus directement
 
à partir d’un espace non protégé. Il est devenu naturel de manifester simplement cette sensibilité
 
avec authenticité si elle est là et de m’offrir la douceur d’un environnement tranquille.
 
 
Quelle est la différence entre une expérience mystique et la vision qu'il n'y a pas de moi séparé?
 
 
Della : Une expérience et une vision d’absence de moi séparé m’apparaissent toutes deux, des
 
contenus émergeant du contenant de la Conscience. Ce sont de simples cadeaux sur le chemin.
 
 
Comment intégrer une expérience mystique sur la voie ?
 
 
Della : Sur le chemin, la Vie nous offre des cadeaux importants. Ils apparaissent dans la forme
 
comme des expériences mystiques, profondes, silencieuses où la tension d’exister en tant
 
qu’identité séparée se détend pour un temps.
 
 
Contrairement à ce que le « petit moi » pourrait croire, le réel cadeau offert à travers ces
 
expériences, ne se trouve pas dans leur contenu bien doux mais toujours passager ; il se situe
 
plutôt dans la reconnaissance de plus en plus claire d’une Réalité plus vaste et dans la possibilité
 
de développer une confiance suffisamment importante en la Vie pour permettre au moi perçu
 
séparé de se détendre enfin dans le Silence qui le porte.
 
 
LA VISION QU'IL N'Y A PAS DE MOI SEPARE :
 
 
• Voir qu'il n'y a pas de moi séparé :
 
 
Pause ! Maintenant, tout de suite, y a-t-il un geste simple à effectuer pour voir qu'il n'y a pas de
 
moi séparé ?
 
 
Della : Ma philosophie est celle qui pointe vers la douceur et le non effort. De mon point de
 
vue, « les grandes vacances » se trouvent dans la prise de risque d’imaginer qu’il n’existe aucun
 
geste simple à effectuer pour Être. Avec ou sans identification à un moi, libre ou séparé, la Vie
 
se vit à travers tout ce qui est, ici et maintenant. L’invitation sera celle d’inclure l’expérience
 
quelle qu’elle soit, avec ou sans résistance puisqu’elle est simplement là.
 
 
96 Retour vers le sommaire
 
Ce document est un livre électronique gratuit et participatif édité par l’association Espace de l’Etre qui
 
organise des Live Satsang sur internet ainsi que des rencontres en présence sur Lyon ou Valence.
 
 
 
 
Quelle est la différence entre comprendre qu'il n'y a pas de moi séparé et le voir clairement ?
 
 
Della : La compréhension provient d’une analyse mentale conceptuelle issue d’un esprit déjà
 
ouvert à regarder au-delà du cadre habituel de pensée. C’est beau. Elle a toutefois sa limite au
 
niveau de la saveur de la vie.
 
 
Seul le cœur ouvert, espace dépouillé des défenses de l’identité séparée, possède cette immense
 
capacité à voir la Réalité au-delà des croyances et des efforts de réduire le moment présent, et
 
à « devenir l’évidence » qu’il n’existe aucune séparation à moins d’y adhérer. L’invitation vers
 
cette ouverture passera par l’humilité de laisser tomber notre structure du « connu », de s’offrir
 
l’espace d’Amour et de Présence pouvant accueillir les peurs et les émotions liées à un tel risque
 
et de se laisser enfin toucher par l’Infini sans forme et sans mot du moment.
 
 
Pourquoi peut-il y avoir vision sans réalisation définitive ?
 
 
Della : Notre nature fondamentale est libre. Notre âme peut avoir l’élan de tendre à sa
 
découverte. Lorsque cet élan est vivant en soi, il pourra y avoir des moments d’ouverture où le
 
poids de l’identité disparait pour faire place à une réalité plus profonde dans l’instant. Toutefois,
 
cet élan vers notre vraie nature est le plus souvent contrebalancé par l’instinct de survie de
 
l’identité séparée qui n’a aucune intention de s’abandonner au Mystère.
 
 
Au moment où c'est vu, par quels moyens l'ego peut-il recouvrir la vision ?
 
 
Della : (Extrait de mon livre « Le cœur ouvert à l’infini », aux éditions Accarias-L’Originel,
 
Paris, 2016.)
 
 
Afin de bien saisir l’origine de la résistance viscérale à la Liberté d’Être, il est important
 
d’introduire ici la notion de gardiens de l’identité séparée, une forme d’intelligence vive qui
 
réagit de façon instinctive à toute menace issue de la perception de séparation du « moi ».
 
 
Fort de l’intuition que son identité séparée est précaire, le moise revêtit d’abord du plus féroce
 
des gardiens. Cette défense fondamentale, ou gardien originel du moi a pour objectif de
 
maintenir l’intégrité du moi en tant qu’entité séparée. Son action subtile est immédiate à chaque
 
instant et elle a pour but de maintenir la superposition de la trame du moisur l’instant toujours
 
spontané, frais et non protégé. Le maintien de ce long métrage projeté fait en sorte que la
 
question fondamentale du « qui suis-je? » soit n’est pas vraiment posée faute d’intérêt, soit est
 
abordée à partir de la trame du « moi », ce qui empêche qu’elle soit répondue à partir de l’espace
 
mystérieux de la Conscience antérieur au moi. L’existence de ce gardien originel, le plus
 
97 Retour vers le sommaire
 
Ce document est un livre électronique gratuit et participatif édité par l’association Espace de l’Etre qui
 
organise des Live Satsang sur internet ainsi que des rencontres en présence sur Lyon ou Valence.
 
 
 
 
souvent dissimulée, devient évidente seulement lorsque l’intégrité du est perçue viscéralement
 
menacée. Il pourra alors se manifester sous forme d’énergie de terreur ou de fermeture radicale
 
exhortant le moi à ne pas dépasser la limite de lui-même.
 
 
En contrepartie, le gardien originel constitue aussi, à chaque instant, le seul bouclier entre
 
l’existence séparée du moi et la Vie. Sans l’ascendant de ce gardien principal dont le rôle est
 
au départ aimant et protecteur, le « petit » devient disponible au risque ultime de s’abandonner
 
et de se fondre au mystère de l’Être.
 
 
Mis à part ce gardien primaire, rempart de l’abandon définitif du moi devant la Vie, on retrouve
 
une multitude d’autres gardiens que j’appellerai ici « les gardiens du connu ». Ceux-ci se
 
donnent pour mission de préserver le « connu », structure essentielle au maintien de l’identité
 
séparée. Cette structure du connu permet d’abord de réduire le moment qui, par essence, est un
 
profond Mystère, en un moment connu et sécurisé. Elle permet également de définir, de préciser
 
et de maintenir, de manière à la fois conceptuelle et concrète, l’identité séparée du moi. Elle
 
permet ainsi au moi de se percevoir en tant que moi connu et d’être également reconnu en tant
 
que tel vis-à-vis de l’extérieur.
 
 
« Aussi difficile que cela puisse être de l’imaginer, toute pensée qui a pour but de
 
maintenir une histoire sur soi est un gardien. »
 
 
Les gardiens du connu, lorsqu’en avant-plan dans le moment, colorent les réactions et les
 
mouvements de pensée et d’identification créant ainsi une réalité modifiée, limitée et
 
conditionnée comme une goutte d’encre peut colorer tout un verre d’eau. Leur action porte la
 
couleur d’une résistance spontanée devant tout élan du cœur à élargir son champ d’existence et
 
d’expérimentation au-delà des conventions, des croyances, des attachements et même de
 
l’identité séparée.
 
 
Ils possèdent une aire de jeu vaste au sein des paramètres du moi relié aux sensations brutes, du
 
« je » découlant du monde de la pensée et de l’ego, constitué de tous les personnages feints
 
ajoutés dans le but d’obtenir un gain à travers l’idée de séparation. On peut reconnaître l’action
 
des gardiens au niveau du moi par la présence d’une opposition face à une sensation ou à une
 
émotion douloureuse. Leur action, sur le plan du « je », se manifeste principalement par leur
 
tendance à refuser la réalité simple de l’instant en adhérant tout de suite à l’idée que « ça devrait
 
être autrement », en insérant le jugement dans les pensées et en maintenant une structure de
 
 
 
 
98 Retour vers le sommaire
 
Ce document est un livre électronique gratuit et participatif édité par l’association Espace de l’Etre qui
 
organise des Live Satsang sur internet ainsi que des rencontres en présence sur Lyon ou Valence.
 
 
 
 
croyances relativement rigide et solide. Au niveau de l’ego, on les reconnaît par leur férocité à
 
protéger une image particulière et ses enjeux ou à leur refus de la dévoiler avec simplicité.
 
 
Comme l’éveil est issu de la libération définitive de l’attachement à la structure du moi séparé,
 
il est intéressant de réaliser que les gardiens de la séparation constituent en quelque sorte le
 
principal élastique maintenant cette structure du moi séparé. Ils sont entre autres, responsables
 
des mouvements de « va-et-vient » qui ont pour but protecteur de revenir à la case du moi
 
séparé.
 
 
En présence de l’ascendant non questionné de ces gardiens, le « moi », le « je » et l’ego se
 
soumettent par automatisme à leurs exigences. Ils deviennent alors prisonniers d’une limitation
 
encore plus importante de leur mouvement basée sur la rigidité du connu.
 
 
Quoique bienveillant, l’objectif des gardiens qui est celui de la survie de l’identité séparée dans
 
les meilleures conditions de sécurité, est malheureusement agi au prix de la simplicité, de la
 
profonde détente et du ressenti d’amour de la Liberté d’Être de l’instant. En présence d’un élan
 
authentique de se libérer de leur emprise et de se permettre de goûter à la Liberté d’Être,
 
l’invitation sera de leur ouvrir son cœur comme un parent affable auprès de son enfant apeuré;
 
de les voir et de les comprendre avec compassion tout en restant dans la souveraineté d’Être.
 
Lorsque les gardiens se sentent aimés de la Présence de laquelle ils sont issus, ils peuvent
 
doucement sentir qu’il n’y a rien à défendre. Le besoin de protéger l’identité séparée tombe et
 
l’ouverture à la Vie devient alors disponible.
 
 
Comment gérer l'émergence de la peur du vide, de la dissolution, de la mort ?
 
 
Della : La peur du vide, de la dissolution et de la mort est une stratégie terriblement efficace
 
des gardiens de la séparation qui a pour but l’interdiction viscérale de traverser l’illusion de
 
l’identité perçue séparée.
 
 
A partir du cœur, il est toutefois possible de sourire avec compassion à ces gardiens fidèles et
 
aimants, d’honorer leur élan de protection mais aussi de garder sa souveraineté d’âme nous
 
permettant de ne pas se perdre dans leur jeu.
 
 
A partir du cœur, il est possible aussi de s’ouvrir à la peur brute du moment et de découvrir la
 
réalité bien concrète que rien ne meure et que tout est complètement bienvenu, incluant ce
 
« petit moi » dans ce grand Mystère d’Être.
 
 
 
99 Retour vers le sommaire
 
Ce document est un livre électronique gratuit et participatif édité par l’association Espace de l’Etre qui
 
organise des Live Satsang sur internet ainsi que des rencontres en présence sur Lyon ou Valence.
 
 
 
 
 
• Intégrer le processus de ballottement :
 
 
A ce stade, est-ce que travailler sur ses pensées, ses émotions, son corps a-t-il encore un sens ?
 
 
Della : Le travail d’identification et d’inclusion des gardiens du « connu », première ligne de
 
défense du moi au quotidien puis la reprise de la souveraineté de l’âme sur ceux-ci, a d’abord,
 
un effet apaisant direct, très concret dans la vie de tous les jours. Il apporte une douceur et une
 
clarté à partir du regard du cœur sur le vécu qui, tranquillement, se soulage de la dualité du
 
jugement. Les gardiens graduellement vus et aimés pour leur intention aimante par la Présence
 
qui m’habite, se sentent moins investis de la nécessité de protéger le connu. Devant cet espace
 
maintenant plus libre d’exploration, il devient alors possible de rencontrer, avec liberté,
 
discernement et ouverture, le gardien originel de la séparation au-delà de ses stratégies de
 
dernier recours.
 
 
Quelle importance accorder aux manifestations énergétiques pouvant apparaître telles que les
 
montées de kundalini ?
 
 
Della : Les manifestations énergétiques sont des cadeaux permettant de réaliser qu’il y a plus
 
grand que ce qui est normalement perçu par les sens. Elles peuvent toutefois devenir des pièges
 
tout à fait exquis au moi en soif de fixité ou à l’ego en soif de gain. Aujourd’hui, ce type de
 
manifestations n’attirent plus mon attention ni mon intérêt.
 
 
Comment se comporter vis-à-vis des tendances mentales latentes et émotions qui surgissent
 
correspondant à une mise en lumière des parts d'ombre ?
 
 
Della : L’invitation qui m’a été donnée sur le chemin spirituel se trouve dans l’ouverture à son
 
rythme à voir la réalité avec clarté, au-delà des habitudes, des conditionnements et des
 
protections des gardiens de la séparation. L’ouverture à voir ses parts d’ombre est un défi de
 
taille pour l’humain en quête d’amour et d’approbation intérieure et extérieure. Elles appellent
 
à être reconnues comme la manifestation à leur origine, d’élans de protection issus de l’idée de
 
séparation. Elles sont invitées à être incluses avec simplicité en tant qu’émergence de la Vie
 
telle qu’elle est. Elles invitent à ouvrir son cœur de compassion à la faillibilité de la nature
 
humaine issue de cette même séparation. Tout est bienvenu.
 

Version actuelle datée du 13 mai 2021 à 21:51

J AI COMMENCE DE LA PAGE 100 VERS LE DEBUT ET ARETE A CLAUDETTE VIDAL

-Claudette Vidal



L’histoire de Claudette

J’ai huit ans et je suis à l’église avec mes parents, lorsque j’entends une voix qui retentit dans mon cœur et me demande si je serais prête à tout lâcher un jour pour Le suivre. Intuitivement, avec toute la ferveur et l’intensité dont je suis capable, je déclare : « OUI ». Je viens de prendre l’engagement le plus important de ma vie.

Depuis cet évènement, je sais qu’un jour j’aurai à renoncer à tout pour répondre à l’appel intérieur. Je n’ai aucune idée des surprises que la vie me réserve à ce propos.

C’est à l’âge de trente-sept ans que la vie me rappellera ma promesse, au moment où je suis plongée dans les affaires.


Quelque temps après notre rupture, ma petite voix intérieure me guide vers Gangaji, une enseignante spirituelle auprès de qui je m’éveillerai à ma vraie nature. Avant la rencontre avec Gangaji, la Vie me sert une prodigieuse leçon de renoncement qui durera une quinzaine d’années.

Le renoncement

Durant ces années, il me faudra renoncer à tous mes attachements : mon mari, mon fils, ma famille, mon identité de femme d’affaires ainsi que mes boutiques, ma maison. Tout. Divorce, faillite (dépôt de bilan), déménagement. Tout part….


Un jour, je réalise avec stupéfaction qu’il reste quelque chose à quoi je n’ai pas encore renoncé

« moi », ou le sentiment d’être quelqu’un. Un immense frisson me traverse. J’ai très peur. Je

sais que la fin est proche. Suis-je prête pour le grand saut ? Suis-je disponible pour l’offrande ultime, pour donner ma vie à la Vie ? Sans la moindre hésitation, la réponse est « oui ». Quelques semaines plus tard la Grâce prendra ma vie, ou ce que je crois être ma vie. L’illusion fera place à la vision directe.

Rencontre avec Gangaji

Je fais la connaissance de Gangaji au travers de ses vidéos. Dès le premier visionnement, je sais qu’elle sait. Je suis obnubilée par la qualité de sa présence. Je suis peu attentive à ses mots, je suis fascinée par le silence d’où surgissent ses mots. Je sais qu’elle a percé le mystère qui m’habite. Je dois la rencontrer. L’ÉVEIL

Désidentification au corps, aux émotions et au mental

À la fin de la première journée du séminaire avec Gangaji, je fais une indigestion aiguë. La douleur est tellement intense que je crois que je vais mourir. Ma tête veut exploser et mon estomac se tord de douleur. Je me sens épuisée, vidée. Il y a un miroir au-dessus du lavabo où je tente de trouver un quelconque soulagement. Je regarde dans le miroir et je vois mon visage.



Soudainement, je réalise que je ne suis pas ce corps. Je comprends que le corps et moi sommes deux choses différentes. Puis... ça se détend dans le corps. Tout reprend sa juste place. Je me surprends à faire des grimaces dans le miroir et à sourire. Les maux de tête et d’estomac s’arrêtent sur le champ. J’imagine que ce corps pourrait s’étaler par terre, sans vie, que cela ne m’empêcherait pas de continuer à faire des grimaces et des clins d’œil amusés en étant hors du corps. Je suis désidentifiée du corps. Réaliser que le corps et moi sommes deux entités distinctes est maintenant une évidence. Jusqu’à présent, je ne le savais qu’intellectuellement.

Le lendemain, nos instructeurs Gangaji et son mari Eli décrivent le type d’ego dans lequel je suis fixée. Je me sens très interpellée, bouleversée. Je ressens beaucoup de haine et de mépris pour moi et les autres. Je ne suis plus que ça. Puis… durant la journée, les émotions se dissipent, je retrouve le calme et la sérénité. Je suis désidentifiée de mes émotions.

Venant de nulle part, des paroles s’élèvent en moi pour dire : « C’est la deuxième étape ». J’ai alors compris que la désidentification du corps était la première étape, celle des émotions, la suivante.

Le lendemain, Gangaji s’adresse aux participants d’une façon différente des précédentes. Son ton est plus solennel. Je suis très attentive. Elle nous demande de faire ce que son maître lui a jadis demandé et qui lui a permis de retrouver sa vraie nature. Elle nous demande « d’arrêter de penser ». Au moment où elle dit cela, j’arrête instantanément. J’avais parcouru cinq mille kilomètres pour élucider le grand mystère de la vie, pas question de ne pas me conformer aux requêtes. Tout en étant attentive à ce qu’elle dit, mon esprit est au point zéro, immobile. Je n’ai plus une seule pensée. Je suis calme et je prends conscience d’un vide sidéral. Je ne sais pas ce qu’est le vide sidéral, mais c’est l’expression qui me vient spontanément. Absence de tout, plein de vie, pourrait le décrire. Il n’y a rien, vraiment rien.

Je ne savais pas ce qui allait se passer par la suite et ne m’en inquiétais nullement. J’étais fascinée par ce silence intérieur profond et apaisant.

La nuit suivante fut quelque peu étonnante. Dans une sorte de rêve éveillé, j’ai l’impression de découvrir un truc inhabituel, riche et captivant. Ce truc c’est moi. Je découvre la potentialité de qui je suis. Je m’amuse avec moi m’amusant à m’amuser avec moi en train de me voir m’amuser… Je m’émerveille devant l’ampleur infinie des possibilités qui s’offrent à moi. Tout est possible, vraiment tout ! Je découvre le royaume des possibilités de l’Être, c’est grandiose. Je suis fascinée par cette découverte. La Source devient consciente d’elle-même avec


ravissement. Fini de jouer à cache-cache avec moi. Je me révèle le secret que je m’étais caché depuis si longtemps. Je peux désormais reconnaître la splendeur de qui je suis, sans fausse modestie. J’étais cela depuis toujours, mais je ne le voyais pas.

La plénitude de l’instant présent prend toute la place. Je ne suis plus dans le moment présent, je suis le moment présent. Tout est fluide, simple et parfait. Je suis rentrée à la maison. Je comprends intérieurement ce que voulaient dire Krishnamurti, Bouddha, Ramana Maharshi et les autres maîtres spirituels. Je le comprends intimement et profondément.

Tout est vide et plein à la fois. Je ressens une plénitude tranquille que des bulles de joie et d’amour viennent parfumer occasionnellement. Je suis d’une insouciance enfantine et d’une vastitude infinie. Je vois l’amour et la beauté dans chaque brin d’herbe et dans l’immensité du ciel bleu. Une grande simplicité et une ouverture totale prennent place dans l’espace que j’appelle « moi ».

Disparition du « moi », tout est espace

Un soir, quelques semaines après ma rencontre avec Gangaji, j’ai de la difficulté à m’endormir. Mon attention se dirige naturellement vers une souffrance que je porte. À cet instant, je crois que la source de ma souffrance est la personne qui m’a agressée verbalement quelques heures plus tôt. En mettant mon attention sur l’agresseur apparaissant maintenant dans mon esprit, je réalise que je suis cet agresseur. L’essence de l’agresseur et celle de l’agressée est identique. C’est moi. Je suis la Vie qui anime ces deux personnages dans mon esprit.

Ensuite, mon attention se porte sur des dizaines d’identités vivant des souffrances différentes : misère, impuissance, révolte, frustration, peur, etc. Je vois que sous ces différentes formes de souffrance, l’essence est la même, c’est moi. Je suis Source et toutes les formes de souffrance sont mon expression. Ce monde de souffrance, c’est l’enfer. Tout y est noirceur, mal-être et désolation. Après avoir reconnu que toutes les souffrances sont une expression de qui je suis, tous les jugements s’estompent et la souffrance disparaît.

Après l’enfer, un espace paradisiaque apparaît. Dans cet espace, tout est beau, positif et joyeux. Là aussi je réalise que quelle que soit la forme que prend la beauté, elle est l’expression de qui je suis. Un ressenti de paix et d’ouverture infinie conclut cette expérience.

Le lendemain matin au réveil, je me sens bizarre, différente. Après quelques instants, je réalise que je ne suis qu’espace, un espace infini. La chose « moi » qui avait occupé l’espace jusqu’à

64 Retour vers le sommaire Ce document est un livre électronique gratuit et participatif édité par l’association Espace de l’Etre qui organise des Live Satsang sur internet ainsi que des rencontres en présence sur Lyon ou Valence.


présent a disparu. C’est joyeux et grisant de bouger dans l’espace et de sentir que mes jambes marchent dans le vide. Je touche ma jambe pour tenter d’éprouver une sensation habituelle, mais la sensation est différente. Il y a bien un ressenti, mais je ne me sens pas concernée.

Je suis

La dernière expérience importante en lien avec l’éveil à Soi se déroule un mois après ma rencontre avec Gangaji. Après avoir lu quelques pages d’un de ses livres, j’ai envie de me détendre et de fermer les yeux. Soudainement, une multitude de faisceaux de lumières qui semblent prendre naissance au centre de ma poitrine explosent dans tous les sens. Une gigantesque quantité d’énergie s’en dégage et s’élance vers les univers les plus éloignés. C’est d’une puissance et d’une ampleur prodigieuse. Je suis témoin d’une explosion atomique intersidérale. Les mots amour, félicité et joie ponctuent les jaillissements de lumières multicolores. Je baigne dans un océan d’amour. Le lendemain matin, une petite voix intérieure me dit : « la recherche est terminée, découvre maintenant ».

DE L’EVEIL A LA REALISATION

« Après l’éveil, j’ai cru que tout était fini, qu’il ne se passerait plus rien. Je croyais que j’allais vivre éternellement dans la joie et la béatitude. En fait, je ne savais pas trop à quoi m’attendre. Comme l’éveil m’avait semblé inatteignable, je ne m’étais pas souciée de l’étape ultérieure. J’étais donc inconsciente de ce qui m’attendait. Je me suis alors imaginé un conte de fées poétique où les difficultés n’avaient plus leur place... »

En effet, beaucoup de transformations se produisent après l’éveil. Je peux parler de celles que j’ai vécues et aussi de celles que je n’ai pas vécues mais souvent rapportées.

Les changements se produisent sur les plans du physique, de l’émotionnel, du mental, du spirituel, ainsi qu’au niveau des perceptions. Nous les développerons ultérieurement. Les transformations peuvent aussi être décrites chronologiquement. C’est de cette façon que je vais débuter mon témoignage.

La lune de miel de l’éveil

Pour certains, après l’éveil se produit un phénomène que j’appelle « la lune de miel de l’éveil ». La lune de miel peut s’étaler sur une période allant de quelques jours à plusieurs mois, voire une ou deux années. Durant cette période, nous sommes profondément immergés dans le Soi. Seul existe cet espace lumineux, vide, infini et silencieux. Les phénomènes comme les émotions et les pensées continuent de surgir dans la conscience, mais semblent lointains. Tout est rapidement absorbé dans le Silence. C’est extrêmement doux, confortable et extatique. Tout est ouverture dans l’instant avec l’évidence que tout naît et meurt dans cet espace que « Je suis ». Beaucoup d’effluves d’amour et de joie sans cause se présentent à la conscience qui savoure avec béatitude cette reconnaissance d’elle-même.

Après l’extase la lessive…

Cette période est suivie ou entrecoupée de moments où certains aspects de l’ego se présentent à nouveau à la conscience. Par exemple, un sentiment d’abandon ou d’injustice refait surface malgré l’éveil à sa vraie nature. Certains phénomènes se présenteront à une grande distance de Soi et d’autres sembleront si près qu’ils continueront à avoir un pouvoir illusoire et seront expérimentés comme étant vrais. Ces manifestations seront plus ou moins marquées selon la profondeur de l’éveil et l’aptitude de la conscience à maintenir une distance avec la réalité.

Lorsque nous sommes identifiés à l’ego, les phénomènes semblent être séparés. Après l’éveil, la vision se porte essentiellement sur le non-manifesté. De leur côté les phénomènes sont perçus comme presque inexistants, nous affectant faiblement. Puis, apparaît la dernière étape dévoilant une vision nouvelle de la réalité. Les phénomènes sont alors retrouvés jaillissant de l’unité.

Comme le dit si bien Jack Kornfield dans son livre « Après l’extase la lessive », un travail de déconditionnement et de libération reste à faire après l’éveil. La découverte de qui Je suis permet la mise à distance de son ego, mais pas sa dissolution. Un travail de guérison et de libération des mémoires qui constituaient le petit moi est alors nécessaire pour se libérer totalement de l’ego et atteindre la réalisation du Soi.

Les changements sur différents plans : physique, émotionnel, mental et spirituel

Dans mon corps, des changements physiques sont survenus. La silhouette s’est amincie et remodelée. Le corps s’est redressé et assoupli. Quelques semaines après l’éveil, mes pieds ont enflé de façon surprenante. Il m’était impossible de porter des chaussures. Il m’a semblé que beaucoup de toxines, qui ont été évacuées par la suite, avaient temporairement migré dans mes pieds. Durant cette même période, les membres où j’avais jadis eu des entorses se sont redressés, réparés. Différentes images de feux ont aussi habité mon esprit pendant une dizaine de jours. Mon organisme était l’objet d’une purification. Je ne savais ce qui brûlait, ni pourquoi,


mais tout brûlait. Puis... le feu s’est arrêté. Quelques jours plus tard, en rêve éveillé, j’ai vu un corps sur l’océan. Puis... des vêtements emportés par les vagues, sans le corps. J’étais l’océan !

Les réactions émotionnelles font place à un grand détachement. Apparaissant jadis au premier plan, elles sont désormais reléguées au second plan et ne nous affectent plus. N’étant plus identifiée aux émotions, elles apparaissent et disparaissent rapidement.

Au niveau mental, j’ai vécu une déstructuration qui m’a beaucoup surprise au début. Soudainement, je ne pouvais plus attribuer aux choses leur sens habituel, mais un sens contraire. Parfois les mots, les chiffres, les phrases étaient vides de sens. De plus, comme la mémoire n’est plus soumise à un entraînement intensif, elle s’atrophie. L’utilisation d’un bloc note est devenu indispensable. Plusieurs croyances ont été dissoutes et d’autres ont été remplacées par des croyances révélant une vérité plus profonde.

J’ai découvert une nouvelle conscience après l’éveil. Il ne s’agit pas d’une conscience de soi en tant que sujet dans la relation sujet/objet, mais d’une conscience totale, consciente d’elle-même en tant que Rien et Tout. Cette conscience a tout raflé sur son passage : temporalité, constructions mentales et « moi » en tant qu’acteur principal des expériences.

La Conscience et son reflet sont inséparables. L'un ne peut pas exister sans l'autre. Ils sont une seule et même chose, un miracle renouvelé à chaque instant.

La reconnaissance que « Je suis Rien » qui contient tout est une réalisation majeure. J’ai aussi réalisé que ce qu’on appelle Claudette est une forme que prend la Source pour s’expérimenter elle-même à travers des caractéristiques spécifiques et des conditions particulières. Ce que j’appelle maintenant « moi » par défaut de langage, est une apparence de la Source non- manifestée incarnée dans un organisme de fonction. Deux niveaux de conscience sont toujours présents : la conscience que « Je suis » et « Je suis faisant l’expérience Claudette », c’est-à-dire moi. Ce « moi » accomplira le geste de l’offrande de soi lorsqu’il devient conscient de lui- même en tant que création.

Pouvoirs et perceptions

Si vous vous attendez à acquérir des pouvoirs avec l’éveil, vous pourriez être déçu. Il est possible que l’éveil vous gratifie de certains pouvoirs, mais peut-être pas. Comme l’éveil éradique la fausse croyance qui est à la base de tout votre système de croyances, la disparition de celle-ci emporte avec elle une masse d’énergie considérable. La disparition de cette

67 Retour vers le sommaire Ce document est un livre électronique gratuit et participatif édité par l’association Espace de l’Etre qui organise des Live Satsang sur internet ainsi que des rencontres en présence sur Lyon ou Valence.


gigantesque construction mentale à propos de soi engendre minimalement une plus grande acuité entraînant des perceptions plus fines pour percevoir les plans subtils.

Comme l’empathie devient un état naturel après l’éveil, elle se déploie rapidement. Cette habileté permettra de ressentir facilement ce qui se passe chez autrui et dans l’environnement. Au lieu d’analyser une situation, vous la percevez en temps réel avec une perception directe émergeant de l’unité. C’est en devenant la réalité que nous pouvons la percevoir de manière très intime.

Plusieurs aptitudes comme la clairvoyance ou la clairaudience ont tendance à se développer naturellement après l’éveil, sans en faire une généralité. Ces capacités existent aussi chez ceux qui ne sont pas éveillés.

Un vieil adage dit : « bienheureux les éveillés sans pouvoir ». Particulièrement au début, alors que la désidentification à l’ego n’est pas permanente, nous sommes toujours fragilisés. L’éveil n’est pas une fin, mais le début du véritable chemin spirituel.

De l’ego immature à l’ego mature

Nous croyons pouvoir nous débarrasser de l’ego… cela est impossible. Pour se connaître, la Conscience a besoin d’expérimenter et c’est à travers l’ego qu’elle le fait.

L’ego immature disparaît, laissant la place à un ego mature qui naît et meurt dans l’instant.

Si l’ego immature se prenait pour le maître, l’ego mature sera un serviteur dévoué, acceptant volontiers son nouveau rôle. Libéré de ses attachements et dépendances, il est ouvert et serein.

L’ego immature est enfermé dans une prison mentale. Il fait partie d’un système qu’il ne comprend pas et dont il est l’otage. Tout ce qu’il entreprend ne peut l’extraire des sables mouvants dans lesquels il ne cesse de s’enfoncer.

Sa prison EST le mental. Plus les pensées s’emballent, plus les murs de sa prison s’épaississent. Toutes les actions initiées à partir de l’agitation mentale ne sont d’aucune utilité pour se libérer de ses chaînes.

Les murs qui entourent l’ego sont érigés en permanence, ou presque. Cette structure est gardée par des sentinelles… les peurs. Les murs sont constitués de nombreuses croyances à propos de soi, des autres et de la vie. Les conditionnements verrouillent toutes les ouvertures qui


68 Retour vers le sommaire Ce document est un livre électronique gratuit et participatif édité par l’association Espace de l’Etre qui organise des Live Satsang sur internet ainsi que des rencontres en présence sur Lyon ou Valence.


pourraient apparaître. Sans en être conscients, nous alimentons ce système pendant des décennies.

L’ego immature se caractérise par sa volonté… parfois féroce. Il exige que les choses soient comme il le veut… que la réalité cadre avec ses attentes. De ces dernières naissent des déceptions, des frustrations en grand nombre, ainsi qu’un fréquent sentiment de manque.

Dans l’illusion de son existence, l’ego cherche. Il s’évertue à résoudre l’énigme de sa vie. Totalement leurré et imbu d’un pouvoir imaginaire, il multipliera les expériences pour tenter de mettre fin à sa souffrance.

Lorsque l’ego immature abdique et qu’il se soumet à la volonté de la Vie, son existence commence à se transformer. Plus il s’incline devant l’inéluctable CE QUI EST, plus sa vie s’apaise.

Avec l’ego mature, les traits de personnalité ne changent pas. C’est le regard aimant posé sur eux qui les transforment.

Lorsque l’ego a capitulé, qu’il a vraiment « rendu les armes », lorsque l’illusion à propos de qui il est, est vue, un basculement de la conscience se produit. Le centre passe d’un « je » individuel et séparé à « Je » impersonnel et indivisé. « Je » agit alors à travers un ego n’ayant plus de prétention et évoluant sans laisser de trace. Son origine n’est pas le mental, mais la Source divine, vivante et vivifiante. Cet ego est une émergence de l’Impersonnel dans le personnel, ici et maintenant.

Il n’y a plus de réputation à défendre, plus d’image de soi à soutenir. Une incommensurable autorisation à expérimenter les multiples facettes de la vie devient possible. Les efforts pour tenter d’être bien, correct, pertinent, adapté, fort, etc. sont remplacés par une acceptation inconditionnelle de ce qui est. Le juge intérieur a disparu au profit d’une présence aimante.

Les expériences vécues par ce nouvel ego s’effacent au fur et à mesure qu’elles se produisent.

Délivrée du sens du moi, la tentative de s’approprier ou de rejeter le vécu s’est éteinte. Aussi, les différentes facettes de la personnalité sont vécues sans jugement.

Il est vu que les paroles se disent et que les gestes s’accomplissent à travers soi. Il est réalisé que la forme humaine est un instrument, un passage et un terrain d’expérimentation du Soi.


69 Retour vers le sommaire Ce document est un livre électronique gratuit et participatif édité par l’association Espace de l’Etre qui organise des Live Satsang sur internet ainsi que des rencontres en présence sur Lyon ou Valence.


Évanouissement d’éveil

Dans le moment présent, il n’y a pas de « avant » et « après » l’éveil. Pas de concept, pas de prévision et, surtout pas de perte d’éveil. Du point de vue de la Source, l’éveil ne peut être perdu pas plus qu’il ne peut être gagné. Il n’y a rien, l’espace est toujours immaculé.

Le basculement dans l’éveil ne signe pas forcément la disparition définitive de l’ego. Même s’il a été vu que le moi est une illusion, des doutes peuvent encore surgir. L’apparition inopinée du « je » entraîne l’expérience je suis quelqu’un, un évanouissement d’éveil.

Après s’être éveillé à Soi, vivre en permanence dans l’unité présente un défi. Demeurer fidèle à Soi requiert de la vigilance et un engagement sincère. Si l’éveil disparaît, c’est qu’il y a à nouveau identification. L’ego a momentanément repris les commandes. Honnêteté et conscience sont nécessaires pour le reconnaître.

La réalisation

« Durant les premières années qui ont suivi l’éveil, j’ai réalisé à quelques reprises que cette si chère et si précieuse « chose » m’avait quittée. Je n’étais plus l’Immensité, mais une personne la cherchant. Impossible de dire le nombre de jours ou de semaines vécus loin de ma dulcinée. Je l’avais désertée à mon insu. La vie illusoire savait encore me prendre dans ses filets occasionnellement.

Il m’a fallu cinq ans pour que l’éveil soit stable. C’est le temps qu’il m’a fallu pour dissoudre et transformer toutes les facettes constituant l’ego. L’événement qui a marqué ce passage a d’ailleurs été remarquable. Au dernier jour d’une retraite que j’animais, j’ai senti la Grâce descendre sur moi avec une puissance inhabituelle. Elle guidait les gestes de mes bras qui s’ouvraient pour tout prendre et tout ramener dans le cœur. La Grâce a tout raflé et envahi chacune de mes cellules, Elle a tout transformé. Je suis devenue la Grâce incarnée. Depuis ce jour, je baigne dans la Grâce. La Félicité ne m’a pas quittée. Que je mange, que je dorme ou que je partage, la Félicité me berce et m’anime. Dans l’espace que j’appelle moi, l’Amour est installé à jamais. Chaque pensée, chaque émotion ou sensation est reconnue comme une manifestation divine. ÊTRE-CONSCIENCE-AMOUR sont réalisés à chaque instant.

Depuis, cette vision ne m’a plus quittée. L’éveil est stable, mais il y a plus que la stabilité. J’habite un espace différent ; un espace où règne ÊTRE-CONSCIENCE-AMOUR. J’ai réalisé le Soi ; tout est réalisé. Tout est immensément doux et lumineux. Si quelques transformations

70 Retour vers le sommaire Ce document est un livre électronique gratuit et participatif édité par l’association Espace de l’Etre qui organise des Live Satsang sur internet ainsi que des rencontres en présence sur Lyon ou Valence.



adviennent au sein de la forme Claudette, elles ne peuvent être liées au petit « je ». La réalisation peut s’approfondir, mais les racines de l’ego souffrant sont définitivement éradiquées.

En réalisant le Soi, j’ai compris que « Je suis Cela » et que toute idée, possession ou sensation n’est autre que le Soi. »

Tendresse infinie dans la reconnaissance de qui je suis,

























71 Retour vers le sommaire Ce document est un livre électronique gratuit et participatif édité par l’association Espace de l’Etre qui organise des Live Satsang sur internet ainsi que des rencontres en présence sur Lyon ou Valence.















Claudette Vidal Questions-réponses





L'EVEIL :

Qu'est-ce que l'éveil ?

Claudette Vidal : L’éveil est la reconnaissance de qui nous sommes. Lorsque cesse l’identification avec le moi égotique, il est vu que ce que nous sommes est éternellement vide, silencieux et illimité. Nous sommes l’espace dans lequel tous les phénomènes naissent et meurent.

Existe-t-il différents degrés d'éveil ?

Claudette Vidal : Oui, il y a plusieurs niveaux d’approfondissement. Leur durée est très variable.

« Dans son livre Après l’extase, la lessive*, Jack Kornfield nous présente une des cartographie de l’éveil les plus connues dans la tradition bouddhique : la tradition Theravada des Aînés du

72 Retour vers le sommaire Ce document est un livre électronique gratuit et participatif édité par l’association Espace de l’Etre qui organise des Live Satsang sur internet ainsi que des rencontres en présence sur Lyon ou Valence.



Sud-Est asiatique. Cette carte décrit l’éveil en quatre étapes successives . Chacune d’elles conduit à un nouveau degré de libération.

Les quatre étapes de la réalisation pourraient être représentées par un bouquet de quatre roses, chacune étant à une étape différente de sa floraison. Du bouton floral à la rose complètement épanouie en passant par les étapes intermédiaires, chacune révèle différents visages de la beauté. Comme pour les roses, chaque étape du processus menant de l’éveil à la réalisation offre l’occasion de découvrir un aspect différent de la beauté d’un être humain en transformation.

« 1. La première est appelée : Entrer dans le courant Cette entrée dans le courant survient lorsque nous goûtons pour la première fois la saveur de liberté absolue de l’éveil : une liberté du cœur, au-delà de toutes les conditions mouvantes du monde. (...) l’entrée dans le courant apporte un changement de compréhension stupéfiant. Lors de son premier éveil, UN PEU COMME S OUVRIR ET DECOUVRIR LE CHRIST !'Texte en gras' l’individu perçoit l’illusion d’un soi séparé, se libère de son identification au corps et à l’esprit et s’éveille à la paix éternelle du nirvana. UN PEU COMME S OUVRIR ET DECOUVRIR LE CHRIST !'Texte en gras' De ce fait, le sens de sa vie est changé à jamais et il pénètre dans un courant qui l’emporte vers une liberté plus large, aussi assurément qu’un courant rapide entraîne une feuille vers la mer. »

« 2. La deuxième étape : Revenir encore Même lorsque nous avons vu la vérité, de plus amples purifications demeurent nécessaires pour transformer notre caractère et intégrer cette nouvelle compréhension de la vie. Ainsi commence ce voyage, allant de l’entrée dans le courant jusqu’à la seconde étape « Revenir encore ». Par un processus profond qui demande souvent de nombreuses années, nous découvrons et évacuons nos habitudes les plus grossières de saisie et d’aversion qui recréent ce sentiment d’un soi plein de peurs et de limites. Atteindre la deuxième étape requiert une attention constante, sensible à la souffrance, laquelle survient lorsque nous nous accrochons à nos désirs et à nos peurs, à nos idées et à nos idéaux. Quand nous comprenons ces forces de la vie humaine, elles perdent leur emprise sur nous. Pour finir, une réalisation profonde fait disparaître de façon significative les forces les plus puissantes de désirs, de saisie, de colère et de peur.»

« 3. La troisième étape : Non-retour À ce stade, nous sommes définitivement libérés de tout ce qui reste de désirs, saisies, colères et peurs; nous n’aurons plus jamais à retomber sous leur joug. Ceux qui progressent jusqu’à cette troisième étape sont très peu nombreux et ils y accèdent au terme d’un long processus consistant à demeurer profondément dans le calme et la vacuité. La sagesse grandissant, les mouvements subtils de saisie au niveau du coeur sont abandonnés au moment même où ils apparaissent. À ce stade, nous demeurons dans la liberté et la réalité du présent. Cette paix du cœur est rarement perturbée. »

« 4. La quatrième étape : Grand Éveil Arrive enfin la quatrième étape, la plus extraordinaire, appelée « Grand Éveil », dans laquelle les dernières traces de saisies subtiles – à l’égard de la joie, de la libération et de la méditation elle-même – disparaissent. Maintenant, sans les moyens d’identification à un soi, l’individu est libre de ses vestiges d’orgueil, de jugement, d’agitation, de séparation qui voilaient l’être pur. Le rayonnement de notre vraie nature brille sans obstacle dans notre vie entière. »

Ces étapes ne sont pas obligatoirement suivies de façon rectiligne. Il est fréquent de faire des allers-retours sur deux étapes successives. »

Avec quoi ne faut-il pas confondre l'éveil ?

Claudette Vidal : Avec les expériences d’expansion de conscience qui sont plus spectaculaires et souvent plus recherchées. De plus, l’éveil n’est lié à aucun pouvoir. Chez certains, il peut s’accompagner du développement de perceptions extrasensorielles, mais pas toujours. Ces mêmes pouvoirs sont souvent existants chez des personnes ne vivant pas l’éveil.

Ressens-tu une résonnance avec une tradition spirituelle ou un enseignant en particulier ?

Quelques années plus tard, une ouverture sur la mystique chrétienne, le soufisme,

l’hindouisme et d’autres courants spirituels ont été des révélateurs de ma nature spirituelle générant de grandes ouvertures, notamment par l’intégration de la vibration Christique, celle de la Mère divine, du Bouddha, de Shiva, Shakti, Tara, Parvati ainsi que de nombreux autres.



LA VOIE SPIRITUELLE :

Question du blog Eveil Impersonnel: Comment trouver le moyen d'amener chacun à un aperçu authentique de sa véritable nature ?

Claudette Vidal : Le meilleur moyen est certainement d’être soi-même installé dans la présence. Mais il y en a d’autres. Il serait hasardeux d’en faire la liste. Pour ma part, les moyens se dévoilent dans l’instant lorsque je suis en présence de quelqu’un. Le geste nait du Rien. Il est spontané et totalement adapté à la personne devant moi. C’est parfois avec une parole, parfois un regard profond (darshan) qui transperce celui de l’autre et lève le voile de l’ignorance.

Est-il opportun d'entreprendre une sadhana facilitant la purification du mental, des émotions, du corps et de se faire accompagner sur la voie ?

Claudette Vidal : Le travail de purification est essentiel. Il ne conduit pas forcément à l’éveil mais a le mérite de rendre la vie plus agréable et de préparer le terrain. Après l’éveil, le travail de libération est incontournable.

Une partie de ce travail se fait seul et une autre partie en étant accompagné car il est impossible de voir tout ce qui se joue en soi et de dépasser tous les mécanismes que nous avons mis en place pour nous protéger.

Est-ce que le titre du livre "Après l'extase, la lessive" est évocateur pour toi ?

Le titre de ce livre ainsi que son contenu témoignent d’une vérité importante à partager afin d’enrayer les idées de bonheur absolu après l’éveil. La vie d’un être incarné demeure une grande aventure dont l’éveil marque un tournant. Si l’arbre est en fleurs, il n’a pas encore donné ses fruits. Il faut du temps pour apprendre à vivre avec la conscience de qui nous sommes, pour que cette réalisation transforme les croyances les plus subtiles, bien cachées dans la transparence des évidences. Découvrir Je suis est une chose, le vivre totalement en est une autre. La découverte de qui je suis s’installe peu à peu dans la réalité quotidienne. Les habitudes et les modes de fonctionnement se transforment. La réalité est perçue en direct, sans les voiles du mental et beaucoup de changements se produisent. Plusieurs années peuvent être nécessaires pour intégrer ce changement de regard et s’y adapter.

Qu'est-ce que l'ego spirituel et comment peut-il se développer ?

Claudette Vidal : L’ego spirituel est un fonctionnement de l’ego particulièrement intéressant à investiguer. Pas facile de le démasquer, compte tenu des efforts colossaux qu’il consent pour ne pas être vu des autres et de lui-même. Le chercheur spirituel marche sur un fil car l’ego, loin de s’effacer, trouve dans les prises de conscience une nourriture riche et attrayante.

L’ego spirituel tire grand profit des expériences mystiques. Il se les approprie afin d’enrichir son patrimoine. Fier de son butin, il ne manquera pas de l’étaler au grand jour ou de l’apprécier en secret. Ces expériences lui permettent de se distinguer des autres, de s’auto-glorifier, prendre le pouvoir, obtenir de la reconnaissance ou être admiré. Il peut aussi s’en servir pour grossir son capital de sympathie auprès d’un auditoire néophyte. L’ego ne veut jamais être ignoré ou rejeté et cherche constamment à faire état de son avoir.

Les manifestations de l’ego spirituel sont parfois plus subtiles. Si certains parlent de leurs exploits spirituels avec fausse modestie, d’autres brillent par leur capacité à voir l’invisible, à avoir des prémonitions ou à interpréter les souffrances d’autrui. Il est fréquent qu’une poussée d’orgueil succède à une expérience spirituelle importante. L’ego voudra être le riche propriétaire d’une expérience d’éveil intense. Même lorsque l’ego a disparu momentanément, il est toujours prêt à reprendre du service lorsqu’un goûter capiteux effleure ses sens. Créer l’illusion, pour soi ou les autres, d’être quelqu’un de supérieur ou d’exceptionnel est attrayant. Il n’en faut pas plus pour assister à la naissance d’un nouvel égo qui proclamera sa vérité et partira en campagne en sauvant le monde. Il exigera le respect absolu et la subordination.

Quels sont les pièges inhérents au cheminement spirituel et comment ne pas tomber dedans ?

Claudette Vidal : Voici ce que l’éveil n’est pas :

L’éveil n’est pas une performance spirituelle ou une rareté réservée à quelques êtres privilégiés.

L’éveil n’est pas le résultat d’une technique ou d’un long chemin parcouru avec succès. Il est plutôt le résultat d’un abandon total, d’un lâcher prise complet de tout ce que vous croyez être.


76 Retour vers le sommaire Ce document est un livre électronique gratuit et participatif édité par l’association Espace de l’Etre qui organise des Live Satsang sur internet ainsi que des rencontres en présence sur Lyon ou Valence.


L’éveil n’est pas le résultat d’un acte volontaire ; au contraire, le volontarisme de l’ego est une entrave à l’éveil. L’éveil n’est pas réservé aux personnes en bonne santé ou équilibrées, bien que les personnes très perturbées arrivent difficilement à rester ouvertes et à s’abandonner totalement.

L’éveil n’est pas compliqué, c’est simple et naturel. La complexité empêche l’éveil.

L’éveil n’est pas une expérience. Bien que le basculement engendre une certaine expérience, cette expérience n’est pas l’éveil. L’éveil, c’est ce qui reste après l’expérience. L’expérience de chaque personne est différente ; l’éveil est le même pour tous, c’est le vide absolu. S’il y a quelque chose, ce n’est pas l’éveil.

L’éveil n’est pas un attachement à quoi que ce soit, surtout pas à l’éveil. Désirer s’éveiller ou désirer ne rien désirer est un obstacle à l’éveil. Si vous vous attachez à un désir quelconque, vous n’êtes plus libre.

L’éveil ne rend pas infaillible. Comme l’éveil se produit chez un être humain, la nature humaine poursuit son évolution, ses apprentissages. Seul le Soi est immuable.

L’éveil n’apporte rien au chercheur. C’est plutôt la disparition de celui-ci.

L’éveil ne rend pas spécial, exceptionnel ou intelligent. Il ne donne aucun pouvoir et passe souvent inaperçu. La plupart des gens ne se rendent pas compte qu’ils côtoient un être éveillé. Certains voient bien qu’il y a quelque chose de particulier, mais ne savent pas ce que c’est. Ils sont simplement attirés.

L’éveil ne supprime aucune douleur. Seules les souffrances engendrées par le mental n’existent plus. Les émotions continuent d’émerger, mais personne ne se les approprie.

Que vous soyez pauvre, malade, ou ignare, vous pouvez vous éveiller. La Source est sans préjugé !

L’éveilleur c’est vous, l’éveillé c’est vous, l’éveil c’est vous. Vous êtes tout ce qui existe ! »

Certains témoignent d'une sensibilité accrue, est-ce ton cas? Comment vivre cette sensibilité ?

Claudette Vidal : En effet, ma sensibilité a augmenté après l’éveil. Pour la vivre, il est important de la reconnaître et d’apprendre à composer avec tout ce qu’elle offre. Il y a parfois des


77 Retour vers le sommaire Ce document est un livre électronique gratuit et participatif édité par l’association Espace de l’Etre qui organise des Live Satsang sur internet ainsi que des rencontres en présence sur Lyon ou Valence.



perceptions que l’on préfèrerait ne pas avoir et j’ai appris à les accepter. Cette sensibilité est cependant variable. Elle n’est pas toujours croissante ou sable. Elle est parfois moins grande.

Quelle est la différence entre une expériences mystique et la vision qu'il n'y a pas de moi séparé? Comment intégrer une expérience mystique sur la voie ?

Claudette Vidal : Les expériences mystiques sont éphémères. Elles laissent cependant des traces. Nous ne sommes plus pareils après. L’éveil à soi, bien que cette vision ne soit pas toujours stable au début, le deviendra. Ce n’est pas spectaculaire, c’est être installé dans la vérité de qui nous sommes. C’est tout à fait naturel.

Généralement, l’intégration se fait naturellement. Nous pouvons par ailleurs y remettre notre attention occasionnellement.

LA VISION QU'IL N'Y A PAS DE MOI SEPARE :

• Voir qu'il n'y a pas de moi séparé :

Pause! Maintenant, tout de suite, y a-t-il un geste simple à effectuer pour voir qu'il n'y a pas de moi séparé ?

Claudette Vidal : Tourner son regard vers ce qui regarde !

*ici*[modifier]

Pourquoi peut-il y avoir vision sans réalisation définitive ?

Claudette Vidal : Tant qu’il reste des identifications, tant que la conscience n’a pas démasquée toutes les illusions, la réalisation n’est pas définitive.

Au moment où c'est vu, par quels moyens l'ego peut-il recouvrir la vision ?

Claudette Vidal : L’ego ne peut pas recouvrer la vision, c’est la conscience qui voit



Comment gérer l'émergence de la peur du vide, de la dissolution, de la mort ?

Claudette Vidal : De la même façon que l’on s’occupe de n’importe quelle peur, en s’installant dans la présence pour les accueillir. La présence est l’espace d’accueil qui permet de libérer toutes les peurs.

• Intégrer le processus de ballottement :

A ce stade, est-ce que travailler sur ses pensées, ses émotions, son corps a-t-il encore un sens ?

Claudette Vidal : Je ne sais pas ce que signifie « à ce stade », mais une recommandation s’impose, RESTER VIGILANT. Rien n’est acquis, même pour les grands maîtres.


Que conseillerais-tu à une personne qui créerait une dualité entre le vide et la forme ?

Claudette Vidal : Je l’aiderais à voir cette dualité. Lorsque c’est vu, ça disparaît… si la vision est suffisamment puissante. Sinon, il faut investiguer plus longuement.

Si nous sommes le Tout, comment voir l'amour également dans ce qu'il y a de pire dans le monde ?

Claudette Vidal : Quand tu es le Tout, tu ne te poses pas cette question… L’Amour accueille tout et ne juge pas. Ce qui est, est. La création entière est l’oeuvre de l’Amour.



LA REALISATION DEFINITIVE :

Qu'est-ce que la réalisation définitive et d'autres réalisations peuvent-elles survenir ?

Claudette Vidal : L’éveil se convertit en réalisation. L’éveil est la mise à distance de l’ego, pas sa disparition. La réalisation marque la dissolution complète de l’ego. Après la réalisation, le chemin spirituel se poursuit. Il est évident que les réalisations ou prises de conscience ne s’arrêtent jamais car nous vivons l’illimité dans la limitation. Et l’illimité, c’est… illimité.'Texte en gras

La réalisation met-elle fin à la souffrance et aux émotions ? Y a-t-il un processus d'intégration qui se poursuit ?

Claudette Vidal : Les pensées, les désirs et les émotions continuent de se présenter à la conscience, mais en moins grand nombre. La différence est qu’il n’y a plus de saisie ni d’attachement à ces phénomènes.

Peut-on reconnaître un être réalisé ?

Claudette Vidal : Pour le reconnaître, il faut d’abord, le connaître, c’est–à-dire savoir ce que c’est consciemment ou inconsciemment. Plusieurs personnes le savent intuitivement. C’est pour cette raison qu’elles sont spontanément allées vers des maîtres comme Ramana Maharshi ou Ma Ananda Moyi.

D’autres se sont trompés et ont été bernés par de faux gourous. C’est l’expérience dont ils avaient besoin pour apprendre à faire la différence.

Après tout, la réalisation elle-même ne serait-elle pas qu'un rêve dans l'infinitude du non-né ?

Claudette Vidal : La réalisation appartient au royaume de la manifestation, du relatif. Si nous dirigeons notre attention sur l’Absolu, il n’y a rien, il n’y a jamais rien eu et il n’y aura jamais rien. Dans le relatif, il y a intégration de la lumière divine et de la conscience que nous sommes Lumière.

L’être humain procède de l’Absolu et du relatif, il serait dommage d’écarter l’un ou l’autre. Il s’agit plutôt d’accorder à chacun la place qu’il mérite.





80 Retour vers le sommaire Ce document est un livre électronique gratuit et participatif édité par l’association Espace de l’Etre qui organise des Live Satsang sur internet ainsi que des rencontres en présence sur Lyon ou Valence.



LE COEUR DE TON MESSAGE :

Quel conseil t'a le plus aidé dans ton parcours ?

Claudette Vidal : Silence !

Que conseillerais-tu à une personne qui se trouverait chamboulée par ce qu'elle vient de vivre ?

Claudette Vidal : Descends dans ton corps et ressens ce qui s’y passe.






















81 Retour vers le sommaire Ce document est un livre électronique gratuit et participatif édité par l’association Espace de l’Etre qui organise des Live Satsang sur internet ainsi que des rencontres en présence sur Lyon ou Valence.















Claudette Vidal Présentation


Vidéo

La divine comédie






Québécoise d’origine, Claudette Vidal témoigne d’un vécu qui naît dans l’instant présent. Sans dogmatisme ni complaisance, elle va droit à l’essentiel. Elle pointe vers l'invisible voyant, le Soi. Elle dit : "La Vérité n'est pas un objet, c'est le sujet"

Son but n’est pas de convaincre, mais de témoigner et de partager.

Elle propose un chemin pour passer de la servitude à la liberté. Son style empreint de simplicité et de fraîcheur ouvre l’espace du cœur et éveille la conscience.

Dans la tradition de la non-dualité, elle invite à retrouver l’Unité. 82 Retour vers le sommaire Ce document est un livre électronique gratuit et participatif édité par l’association Espace de l’Etre qui organise des Live Satsang sur internet ainsi que des rencontres en présence sur Lyon ou Valence.

CLAUDETTE VIDAL Site internet eveilspirituel.net

Email info@eveilspirituel.net

Chaîne Youtube Cliquez ici

Page Facebook Cliquez ici



Claudette anime des séminaires au Québec et en Europe. Elle est l’auteur de Chemin d’éveil et Voyage au cœur de soi.





























83 Retour vers le sommaire Ce document est un livre électronique gratuit et participatif édité par l’association Espace de l’Etre qui organise des Live Satsang sur internet ainsi que des rencontres en présence sur Lyon ou Valence.
















DELLA
















84 Retour vers le sommaire Ce document est un livre électronique gratuit et participatif édité par l’association Espace de l’Etre qui organise des Live Satsang sur internet ainsi que des rencontres en présence sur Lyon ou Valence.















Della Témoignage


« La liberté d’Être vient avec le risque déraisonnable de reconnaître l’élan d’amour à l’origine de toute manifestation.

Elle invite en respect du rythme de son âme, à l’ouverture du cœur à l’Infini! »





Une histoire d’enfant

Une petite fille a vu le jour un matin de mai 1965, rapidement suivie de son frère jumeau. Elle arriva au sein d’une famille québécoise où 4 autres frères avaient déjà atterris.

Quoi que de nature timide, elle vécut une enfance tranquille entourée de ses frères heureux d’avoir une petite sœur. Cette petite fille avait des dons qu’elle a vite appris à garder pour elle. Elle voyait les auras, particulièrement sur les objets religieux dans la maison mais surtout, elle pouvait se libérer de tension ou de tristesse spontanément par un mécanisme psychique qu’elle

85 Retour vers le sommaire Ce document est un livre électronique gratuit et participatif édité par l’association Espace de l’Etre qui organise des Live Satsang sur internet ainsi que des rencontres en présence sur Lyon ou Valence.



nommait dans son langage d’enfant « changer de bord ». Sa perspective changeait alors radicalement comme si elle avait changé de lieu. Cette nouvelle perspective avait une particularité, elle était remplie de béatitude, d’amour et de joie et plus rien de ce qui avait pu l’affecter jusqu’alors ne subsistait.

Vers l’âge de 9 ou 10 ans, peut-être après avoir partagé au monde adulte qui lui répondit que toutes ces histoires n’existaient pas, ces dons disparurent.

La petite fille a grandi. Elle est devenue quelqu’un.

A nouveau, le changement de perspective

Le retour à cet Espace connu d’Amour s’est produit pour moi à 43 ans, de façon spontanée, inattendue et hors de tout souhait que cela ne m’arrive, mes expériences d’enfants ne m’ayant laissé aucune soif ni intention de retrouver quoi que ce soit. La spiritualité était, à ce moment, synonyme de dogmes et de rituels enfermant l’humain, qui ne résonnaient pas avec la simplicité d’une rencontre de cœur.

Alors que j’étais devenue médecin, épouse et mère de trois enfants, que mon cœur me paraissait comblé, je pouvais imaginer ma vie bien douce et toute tracée. La vie en avait toutefois décidé autrement.

En mars 2005, face à une situation familiale un peu tendue, je suis allée consulter un psychologue qui m’a proposé une séance d’exploration « des possibles » en hypnose. Ma question était formulée ainsi : « Comment puis-je irradier la paix dans la maison ? ». Cette expérience d’hypnose a pris, contre toute attente, la forme d’une expérience de mort imminente, m’amenant à traverser un tunnel de lumière, à rencontrer des êtres de lumière puis à me fondre avec l’Un, l’Amour inconditionnel, la Conscience infinie. Après une heure fondue dans le Tout, je me suis retrouvée dans mon corps noyé de larmes de béatitude avec, au cœur, cette évidence d’Unité et d’Amour en toute chose.

A partir de ce moment, cette évidence d’Amour ne m’a plus jamais quittée.

Les deux années suivantes ont constitué une période initiatique riche d’expériences mystiques profondes et d’enseignements au plan subtil, orientée, d’une part, vers un décapage de l’ego et d’autre part, vers une ouverture de mon cœur à l’Amour au-delà des concepts, des conditionnements, des croyances et des interdits qui coloraient encore mon véhicule.


86 Retour vers le sommaire Ce document est un livre électronique gratuit et participatif édité par l’association Espace de l’Etre qui organise des Live Satsang sur internet ainsi que des rencontres en présence sur Lyon ou Valence.


Quelques enseignements

Les enseignements décrits ici, et plusieurs autres qui ne font pas l’objet de ce texte, ont profondément transformés mon regard sur la Réalité. Bien qu’ils n’apparaissent que comme des expériences et qu’il m’est absolument impossible d’affirmer le fondement de leur réalité, ils ont eu un effet aussi profond chez moi que si on les avait gravés dans mon ADN. En voici quelques uns.

Rapidement après l’hypnose, j’ai recommencé à voir les auras. Parfois colorées mais le plus souvent très blanches autour des personnes, des objets, des paysages, tellement éblouissantes que j’avais parfois du mal à conduire ma voiture. Quelques mois sont passés ainsi, puis du jour au lendemain, elles sont toutes devenues noires. Mon cœur s’est serré pendant plusieurs jours, l’inquiétude s’est installée, un sentiment de deuil m’a envahie. Toutefois, au fil des jours, mon regard s’est graduellement ouvert au-delà de la peur et j’ai pu voir que ces auras sombres faisaient rejaillir la beauté extraordinaire des personnes et des objets desquelles elles émanaient. La splendeur que je m’autorisais à voir sans le filtre de la peur, me coupait le souffle. La leçon était apprise. La peur était un facteur limitatif primordial du regard ouvert sur la Réalité. Les auras se sont ensuite succédées, parfois blanches, parfois noires, jusqu’à ce qu’elles n’apparaissent que pour me parler occasionnellement.

Plusieurs enseignements ont été reçus sous la forme d’une voix qui s’est installée dans les semaines qui ont suivis l’hypnose et qui m’a accompagnée pendant près de deux ans. Cette voix me semblait provenir du Divin. La première chose qu’elle m’ait demandé clairement était ceci : « Es-tu prête à aimer au-delà des concepts, des conditionnements, des croyances, des interdits et des tabous ? »

Au travers de situations toujours concrètes, elle m’a demandé si j’étais prête à prendre la douleur de l’autre par amour, à donner ma lumière à l’autre au prix de la perdre, à laisser aller mon jugement sur l’autre par amour, à passer pour folle par amour, à ne pas sauver l’autre par amour.

J’ai fait par exemple, de multiples rêves sur le génocide du Rwanda. En alternance, j’étais pendant toute une nuit, un bourreau Hutu qui charcutait mes victimes à la machette et j’étais invitée à les aimer. La nuit suivante, j’étais la victime Tutsi et j’étais invitée à aimer mon bourreau et à offrir mon corps sans condition. Cette initiation concentrée sur trente nuits


87 Retour vers le sommaire Ce document est un livre électronique gratuit et participatif édité par l’association Espace de l’Etre qui organise des Live Satsang sur internet ainsi que des rencontres en présence sur Lyon ou Valence.


consécutives à me lever le matin, bouleversée et en sueur, invitait mon cœur à s’ouvrir à un amour tout à fait incompréhensible mais graduellement possible.

J’ai fait un autre « séminaire nocturne » dans les mois qui ont suivi. J’étais inscrite à un atelier et nous étions invités à faire un exercice deux par deux. Il y avait de grands couteaux à côté de chacune des chaises. Les deux membres de chacune des dyades étaient invités à tuer l’autre à l’aide des couteaux, et ce, le plus rapidement possible. Je me suis dit que je n’en serais pas capable. Alors je suis morte... Tout de suite après ma mort, je me suis retrouvée dans le même atelier, intacte, et l’instructeur nous assura que nous resterions tant et aussi longtemps que chacun des deux participants n’aurait pas réussi sa tâche. Je n’arrivais pas à me résoudre à tuer l’autre et mon hésitation n’aboutissait qu’à blesser toujours davantage mon compagnon d’exercice. Mon malaise était vraiment intense. Cette initiation prit fin après quelques nuits, sans toutefois que je ne réussisse mon défi.

Alors que mon regard s’ouvrait à la perfection de toute chose, il m’était de plus en plus difficile de travailler comme médecin. Je voyais tous les patients qui arrivaient à l’urgence comme parfaits. Il est d’ailleurs arrivé à quelques reprises que ce regard de perfection coïncide avec des guérisons spontanées.

Nous sommes partis travailler en famille une année et demie en Nouvelle-Zélande. J’y ai vécu plusieurs mois en état de désidentification au corps et au moi. Une conscience unifiée au tout, témoin de mouvements automatiques du corps comme se lever, manger, aller au supermarché, aller travailler. Une conscience qui devenait l’océan et ses créatures, qui s’unifiait aux animaux, aux objets et aux êtres humains, à leur histoire, leur passé et leur futur tous deux superposés au moment, comme une boucle déjà écrite et complétée. Une évidence, à partir de ce point de vue que « tout était déjà accompli » et que le libre-arbitre, tout comme l’idée du temps, d’un corps, d’une identité étaient tout à fait illusoires.

À l’été 2007, après avoir vécu cette désidentification profonde, la voix qui me semblait maintenant mienne, donc plus intime et unifiée à « moi », a demandé que toutes ces expériences me soient enlevés. Je souhaitais que ces dons puissent être offerts à d’autres à qui ils pourraient servir de révélateurs du Divin. Cette demande provenait d’un espace tranquille qui n’avait plus besoin de croire en plus grand ni d’expérimenter quoique ce soit d’extraordinaire pour « être ». Je n’étais pas non plus à l’aise avec le fait qu’attirés par ces dons, des gens viennent à moi dans un espace de dualité.


88 Retour vers le sommaire Ce document est un livre électronique gratuit et participatif édité par l’association Espace de l’Etre qui organise des Live Satsang sur internet ainsi que des rencontres en présence sur Lyon ou Valence.



Je me suis retrouvée 36 heures après cette prière, effondrée sur le canapé, un courant d’énergie quittant mon corps pendant près de deux heures. Abasourdie, je me suis tranquillement relevée et me suis retrouvée, « moi », toute simple, avec une grande joie au cœur d’être simplement là, de rire et de pouvoir jouir de la profonde simplicité des choses de la Vie.

En octobre 2007, la médecine m’a quittée. Le mouvement mental ayant accès à mes connaissances a tout simplement cessé. Cet événement a été suivi du deuil d’un travail que j’adorais. J’ai compris à ce moment, après une retraite avec Adyashanti qu’on m’avait proposé de suivre, que j’avais vécu un Éveil de conscience. Je me rappelle avoir ressentie une certaine perplexité devant la soif intense des participants à cette retraite à souhaiter un décapage aussi incisif de l’identité…

La tranquillité s’est ensuite installée rapidement, accompagnée du Silence et de la Paix profonde qui découlaient de l’Évidence que tout était possible et que rien n’était nécessaire pour Être.

Le Silence, réalité et refuge

Une année plus tard, à un moment de ma vie où je ressentais à l’intérieur l’appel de la solitude et de la vie d’ascète, la Vie s’est occupée de me sortir de mon Silence en m’invitant à donner du satsang et des retraites, toujours étonnée face à l’évidence qu’il n’y avait rien à dire mais que « ça parlait de toute façon ».

J’ai pris conscience par la suite qu’une partie de « moi » avait pris refuge dans ce Silence et qu’il me fallait répondre à l’invitation naturelle, bien que bouleversante pour « moi », à m’inclure dans cet Amour et être à l’écoute de mon âme ou comme j’aime à le dire à « écouter la fleur pousser », même si cela a pu avoir des conséquences sur mon environnement immédiat, en aboutissant notamment à l’éclatement de ma famille.

Avec le recul, je perçois aujourd’hui, que le processus de décapage de l’ego par lequel je suis passée a été terriblement menaçant pour « la petite » à l’intérieur et que le support de Michaël1 qui enseignait la non-dualité depuis plusieurs années déjà, m’a été très précieux, je dirais même essentiel, pour l’intégration de mon âme dans cette vaste Réalité inclusive de tout.






1 Michaël Szyper est l’auteur de Pétales d’Éveil et de Les étoiles écoutent toujours quand on leur parle 89 Retour vers le sommaire Ce document est un livre électronique gratuit et participatif édité par l’association Espace de l’Etre qui organise des Live Satsang sur internet ainsi que des rencontres en présence sur Lyon ou Valence.



De la survie du « moi » perçu séparé à la Vie que je suis :

Une invitation vers la joie et la simplicité avec ou sans éveil !

De mon point de vue, qui n’est en réalité qu’un pointeur vers le grand Mystère, l’incarnation d’une âme libre, parcelle individuelle de l’Être, dans un corps physique est créatrice d’une expérience brute unique, celle de l’existence d’un « moi ». Cette création magique permet l’expérimentation du jeu de la dualité à travers le vécu de ce « moi » qui se perçoit rapidement comme séparé de la Vie qui l’habite et qui l’entoure.

Ce « moi » vit le plus souvent à partir d’une tension de survie issue de sa perception de séparation. De cette tension de survie découle naturellement un besoin de sécurité. Un élan grandissant vers la création d’un monde connu à travers l’attachement à une identité, à des croyances, à des possessions apporte ainsi une forme de référence apaisante face à la vie et la justification naturelle d’un désir de contrôle sur celle-ci.

Le besoin de sécurité du « moi » perçu séparé se manifeste également à travers la création de ce que j’appelle les « gardiens de la séparation », une forme d’énergie instinctive viscérale d’amour et de protection à l’origine de l’ego et du maintien ferme de la dualité. Toutes leurs actions se basent sur le refus fondamental du moment tel qu’il est dans un contexte perçu de l’ordre de la survie. Ils auront essentiellement pour tâche de maintenir à tout prix, cette structure du connu et du contrôle.

Puisque l’âme est, à l’origine, libre du fait d’adhérer ou pas à cette protection du « moi », il est possible, avec une intention sincère du cœur, de prendre conscience de la présence de ce mécanisme séparateur, de reconnaître cette protection comme un mouvement d’amour vis-à- vis du « moi » et aussi, de faire des pas au-delà des interdictions de cette énergie de fermeture souvent inconsciente permettant ainsi une exploration authentique du Mystère de l’Être.

Selon le degré de liberté de l’âme face à cette énergie subtile de maintien de la séparation au moment de la réalisation de notre Vraie Nature, l’éveil sera vécu plus ou moins librement en fonction du pouvoir de cette contraction inconsciente sur le « moi ». Dans le contexte où, le plus souvent, les gardiens de la séparation ne se détendent pas totalement lors de la réalisation, l’ouverture pourra permettre la justification « non duelle » de jeux duels inconscients, lesquels sont non intégratifs des valeurs fondamentales de l’Être soit la bienveillance, la clarté, la compassion et l’authenticité dans la relation simple à soi et à l’autre.


90 Retour vers le sommaire Ce document est un livre électronique gratuit et participatif édité par l’association Espace de l’Etre qui organise des Live Satsang sur internet ainsi que des rencontres en présence sur Lyon ou Valence.



L’ouverture pourra par exemple être happée par l’ego en soif d’estime, elle pourrait également planquer le « moi » dans l’ultime refuge de l’Être où il n’y a plus « personne ». Les gardiens de la séparation pourront également refermer, plus ou moins rapidement, l’ouverture vécue, mécanisme sous-jacent au phénomène fréquent de va-et-vient et d’émergence de terreur viscérale sur le chemin de la spiritualité.

De mon point de vue, le vrai cadeau de l’incarnation humaine, indépendamment de l’éveil, se situe dans ce processus de clarté et de libération face à la tension de survie maintenue par les gardiens du « moi séparé » permettant ainsi l’ouverture du cœur à la Réalité telle qu’elle est et à la douce écoute de la fleur de l’âme en émergence de sa fragrance divine propre. Il constitue un voyage inévitable vers la simplicité et la joie, vers cet espace du cœur, antérieur aux défenses de l’identité, qui se manifeste par une douce tranquillité découlant de l’évidence qu’à partir de la Conscience, tout est possible et rien n’est nécessaire.

Accompagnement sur le chemin de l’ouverture à la Vie

Le chemin de l’ouverture à la Vie peut être doux et inclusif du vécu du « moi ». Si l’après- éveil est souffrant, qu’il crée un décalage important avec sa vie ou bien qu’il mette à jour des facettes du « moi » qui maintiennent la complexité, l’accompagnement peut vraiment aider à voir avec amour, clarté et compassion, les enjeux inconscients du « moi » et à permettre l’intégration des besoins personnels de l’humain au cœur de la simplicité bien vivante du moment.













91 Retour vers le sommaire Ce document est un livre électronique gratuit et participatif édité par l’association Espace de l’Etre qui organise des Live Satsang sur internet ainsi que des rencontres en présence sur Lyon ou Valence.