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	<title>Wiki Conscience - Contributions de l’utilisateur [fr]</title>
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	<updated>2026-08-13T21:59:45Z</updated>
	<subtitle>Contributions de l’utilisateur</subtitle>
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		<id>https://wiki-conscience.terretciel.com/index.php?title=THERESE_DE_LISIEUX&amp;diff=240</id>
		<title>THERESE DE LISIEUX</title>
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		<updated>2021-11-12T20:42:44Z</updated>

		<summary type="html">&lt;p&gt;78.224.74.40 : Page créée avec «  Thérèse de Lisieux: Tiré de rmitte.free     Entrée au Carmel  le 9 avril 1988 à 15 ans et trois mois ...elle le quittera le 30 septembre 1897  a 24 ans...  Seulement... »&lt;/p&gt;
&lt;hr /&gt;
&lt;div&gt;&lt;br /&gt;
Thérèse de Lisieux: Tiré de rmitte.free&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
 &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Entrée au Carmel  le 9 avril 1988 à 15 ans et trois mois ...elle le quittera le 30 septembre 1897  a 24 ans...&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Seulement prier avec elle: la toute humble... sur la voie  droite qu'elle nous a tracée...voie la plus sûre et la plus directe ...la plus vraie aussi pour se réfugier dans les bras de Celui qui a créé , voulu et aimé notre humanité...&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
 &lt;br /&gt;
Premier pas...&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Tout homme est appelé à devenir ce pour quoi il a été créé...réaliser pleinement ce que portent ses chromosomes...se conformer au &amp;quot;programme&amp;quot; voulu par Dieu...&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
C'est ce que l'on appelle la &amp;quot;Sainteté&amp;quot;...'''et c'est parfois bien loin de l'image que nous nous''' '''construisons de nous même !...'''&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Ce &amp;quot;programme&amp;quot; inclue bien sûr la liberté Vraie de l'accepter ou de le refuser...mais il impose de rechercher en quoi il consiste avant toute chose...&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Le Mal n'étant qu'une altération de ce programme ou une déviation à &amp;quot; notre profit illusoire&amp;quot;   de cette liberté...&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&amp;quot;Je désire accomplir parfaitement Votre Volonté... et arriver au degré de gloire que vous m'avez préparé dans Votre Royaume...en un mot je désire être Sainte...mais je sens mon impuissance et vous demande ô mon Dieu ! d'être Vous - même ma sainteté...&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Puisque Vous m'avez aimée jusqu'à me donner Votre Fils unique pour être mon Sauveur et mon Epoux, les trésors infinis de ses mérites sont à moi...je vous les offre avec bonheur,&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
.enfin je vous offre, ô Bien-heureuse Trinité, l'Amour et les mérites de la Sainte Vierge, ma Mère chérie, c'est à elle que j'abandonne mon offrande, la priant de vous la présenter...&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Son divin fils, mon Epoux Bien-Aimé,  nous a dit : &amp;lt;&amp;lt;'''Tout ce que vous demanderez à Mon Père, en Mon''' '''Nom, Il vous le donnera !&amp;gt;&amp;gt;'''...Je suis donc certaine que Vous exaucerez mes désirs; je le sais, Ô mon Dieu ! ...Je sens en mon coeur des désirs immenses et c'est avec confiance que je vous demande de venir prendre possession de mon âme...&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Je voudrais vous consoler de l'ingratitude des méchants ...et vous supplie de m'ôter la liberté de Vous déplaire...si par faiblesse je tombe quelque-fois...qu'aussitôt Votre Divin Regard purifie mon âme...consumant toutes mes imperfections comme le feu qui transforme toute chose en lui-même...&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
( Prière 6, début de l'Acte d'offrande, Oeuvres Complètes pp.962-963)&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Cette recherche ne suppose aucun effort ...elle est naturelle quand on a découvert comme Thérèse l'Amour pour le Divin...&lt;br /&gt;
ou plutôt devrait-on dire quand Son Amour fait irruption dans notre vie...c'est ce que l'on appelle la Grâce...  Tout le monde est appelé un jour ou l'autre &amp;quot;au gré de sa Grâce&amp;quot;...reste à découvrir, à détecter l'appel...et y répondre...( le péché brouillant souvent les cartes ou le message)...&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Jésus, Jésus, s'il est si délicieux le désir de t'Aimer...qu'est-ce donc de posséder, de jouir de l'Amour ?...&lt;br /&gt;
Comment une âme aussi imparfaite que la mienne peut-elle aspirer à posséder la plénitude de l'Amour...&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Moi je me considère comme un faible petit oiseau couvert seulement d'un léger duvet...Je ne suis pas un aigle, j'en ai simplement les yeux et le coeur...car malgré ma petitesse extrême j'ose fixer le Soleil Divin...le Soleil de l'Amour et mon coeur sent en lui toutes les aspirations de l'Aigle...&lt;br /&gt;
Le petit oiseau voudrait voler vers ce brillant  Soleil qui charme ses yeux...il voudrait immiter les Aigles ses frères qu'il voit s'élever jusqu'au foyer Divin de la Trinité Sainte...&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
.Que va-t-il devenir ? mourir de chagrin se voyant si impuissant ?...&lt;br /&gt;
Oh non ! le petit oiseau ne va pas même s'affliger..&lt;br /&gt;
.Avec un audacieux abandon, il veut rester à fixer son Divin Soleil..rien ne saurait l'effrayer, ni le vent, ni la pluie...et si de sombres nuages viennent à cacher l'Astre d'Amour, le petit oiseau ne change pas de place...il sait que par delà les nuages son Soleil brille toujours...que son éclat ne saurait s'éclipser un seul instant...&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
( Manuscrit B Oeuvres complètes pages 229-230)&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
 &lt;br /&gt;
Deuxième leçon..&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Devant cet état de faiblesse  qui est commune à nous tous...et qui confine à l'attente...comme devant une porte qui ne s'ouvrirait jamais à nos demandes...Thérèse découvre ( ou redécouvre) une solution géniale...facile...que tout le monde a pratiqué inconsciemment un jour dans sa vie...et que tout le monde peut reprendre à sa guise : &amp;quot; La Voie d'enfance&amp;quot; ou la &amp;quot;petite Voie &amp;quot;...celle de l'humilité, de la confiance., du total abandon au gré de Sa Grâce...&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Oui tout est bien, lorsqu'on ne cherche que la Volonté de Jésus, c'est pour celà que moi, pauvre petite fleur, j'obéis à Jésus en essayant de faire plaisir à ma Mère bien-aimée...&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Vous le savez, ma Mère, j'ai toujours désiré être une Sainte...mais hélas ! j'ai toujours constaté, lorsque   je me suis comparée aux saints, qu'il y a entre eux et moi la même différence qui existe entre une montagne dont le sommet se perd dans les cieux et le grain de sable obscur foulé sous les pieds des passants...&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Au lieu de me décourager, je me suis dit: le Bon Dieu ne saurait inspirer des désirs irréalisables...je puis donc malgré ma petitesse aspirer à la Sainteté...&lt;br /&gt;
me grandir, c'est impossible...je dois me supporter telle que je suis avec toutes mes imperfections, mais je veux chercher le moyen d'aller au Ciel par une petite voie bien droite...bien courte...une petite voie nouvelle...&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Nous sommes dans un siècle d'inventions, maintenant ce n'est plus la peine de gravir les marches d'un escalier...chez les riches un ascenseur le remplace avantageusement...&lt;br /&gt;
Moi,  je voudrais aussi trouver un ascenseur pour m'élever jusqu'à Jésus...car je suis trop petite pour monter le rude escalier de la perfection...&lt;br /&gt;
Alors j'ai recherché dans les livres saints l'indication de l'ascenseur objet de mon désir...et j'ai lu ces mots sortis de la bouche de La Sagesse Eternelle:&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&amp;quot;Si quelqu'un est tout petit, qu'il vienne à Moi !&amp;quot;&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Alors je suis venue devinant que j'avais trouvé ce que je cherchais et voulant savoir , ô mon Dieu ! ce que vous feriez au tout petit qui répondrait à Votre appel...&lt;br /&gt;
J'ai continué mes recherches et voici ce que j'ai trouvé :&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&amp;quot; Comme une mère caresse son enfant, ainsi je vous consolerai, je vous porterai sur mon sein et je vous balancerai sur mes genoux !&amp;quot;&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Ah ! jamais paroles plus tendres, plus mélodieuses ne sont venues réjouir mon âme...l'ascenseur qui doit m'élever jusqu'au Ciel, ce sont Vos bras ô Jésus !&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Pour celà je n'ai pas besoin de grandir...au contraire il faut que je reste petite...que je le devienne de plus en plus...&lt;br /&gt;
Ô mon Dieu, vous avez dépassé mon attente et moi je veux chanter vos miséricordes...&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&amp;quot; Vous m'avez instruite dès ma jeunesse et jusqu'à présent j'ai annoncé vos merveilles, je continuerai de les publier dans l'âge le plus avancé&amp;quot;&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Quel sera-t-il pour moi cet âge avancé ?&lt;br /&gt;
Il me semble que celà pourrait être maintenant...car 2000 ans ne sont pas plus aux yeux du Seigneur que 20 ans...qu'un seul jour...&lt;br /&gt;
Ah! ne croyez pas , Mère bien-aimée, que votre enfant désire vous quitter...&lt;br /&gt;
Ne croyez pas qu'elle estime comme une plus grande grâce de mourir à l'aurore plutôt qu'au déclin du jour...&lt;br /&gt;
Ce qu'elle estime ...ce qu'elle désire uniquement...c'est de faire plaisir à Jésus !...&lt;br /&gt;
Maintenant qu'Il semble s'approcher d'elle pour l'attirer au séjour de Sa Gloire...votre enfant se réjouit !...&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Depuis longtemps elle a compris que le Bon Dieu n'a besoin de personne (encore moins d'elle que des autres) pour faire du bien sur la terre...&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
( Manuscrit C   oeuvres complètes pp.237-238)&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
On se souvient de  de la parole de l'Evangile : &amp;quot; Si vous ne re devenez pas comme ce petit enfant..;vous n'entrerez pas dans le Royaume&amp;quot;...&lt;br /&gt;
Voie de confiance et d'amour...&lt;br /&gt;
Il suffit de reconnaitre son néant...et de s'abandonner comme un enfant dans les bras du Seigneur...&lt;br /&gt;
Voie merveilleuse de l'enfance...&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Voie qui n'est pas uniquement passive mais où l'importance sera donné au quotidien...de ces petites actions auxquelles Le Seigneur nous invite...par amour pour les Autres mais surtout par Amour pour Jésus lui-même...&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&amp;quot; Je veux enseigner aux âmes les petits moyens qui m'ont si parfaitement réussi...leur dire qu'il n'y a qu'une seule chose à faire ici-bas...jeter à Jésus les fleurs des petits sacrifices...&amp;quot;&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&amp;quot; Jésus ne demande pas de grandes actions ...mais seulement l'abandon et la reconnaissance...&lt;br /&gt;
Immolez à Dieu des sacrifices de louanges et d'action de grâces...Voilà tout ce que Jésus réclame de nous...il n'a pas besoin de nos oeuvres mais seulement de notre amour...Il avait soif  et en disant à la Samaritaine donne -moi à boire c'est l'amour de sa pauvre créature que le créateur de l'univers réclame...&lt;br /&gt;
l'unique chemin  qui conduit à la fournaise divine ( fournaise d'amour) ...ce chemin c'est l'abandon du petit enfant qui s'endort sans crainte dans les bras de son Père...&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
 &lt;br /&gt;
Le chemin de la souffrance... ( Via crucis...)&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
S'il y a bien quelqu'un qui connait ce chemin c'est Thérèse...&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Santé fragile, plusieurs fois gravement malade pendant son enfance...mort de sa mère  alors qu'elle avait tout juste 4 ans...départ successif de ses soeurs qui lui servaient de &amp;quot;substitut maternel&amp;quot;...adaptation difficile au Carmel ...&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Sans oublier son effroyable maladie contre laquelle elle lutta pendant près de 18 mois alors qu'elle avait 24 ans !...dont 3 mois de &amp;quot;grandes souffrances&amp;quot;...&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Ne demandons pas à Thérèse une explication...y en -a-t-il une à l'échelle de notre compréhension ?...si ce n'est la chaine des conséquences accumulées du péché...le mal n'a pas Dieu pour origine...Dieu le tolère...comme notre liberté de refus...&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Par contre Thérèse parce qu'elle aime... donne un sens ...une confiance dans l'épreuve...un mytère est caché là au coeur du mal...au pied de la croix...une rencontre possible en vérité...entre un être devenu sans défense et sans masque...et Celui qui lui a tout donné...&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&amp;lt;&amp;lt;La puissance se déploie dans la faiblesse...c'est donc de grand coeur que je me glorifierai surtout de mes faiblesses afin que repose sur moi la Puissance du Christ...&amp;gt;&amp;gt; (2 Co 12,9-10)...&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
La souffrance ou l'épreuve comme seul moyen de rencontrer le Seigneur en Vérité ? dans un acte d'oblation absolue ?...acte de pur Amour...&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&amp;quot;L'hiver c'est la souffrance...la souffrance incomprise...méconnue...regardée comme inutile par les yeux profanes...mais féconde et puissante au regard de Jésus et des Anges qui comme des abeilles vigilantes savent recueillir le miel contenu dans les mystérieux et multiples calices qui figurent les âmes ou plutôt les enfants de la virginale petite fleur...&lt;br /&gt;
Céline, il me faudrai des volumes pour écrire tout ce que je pense sur ma petite fleur...&lt;br /&gt;
Pour moi elle est si bien l'image de ton âme...oui, Jésus a fait passer les frimas sur elle au lieu du chaud soleil de ses consolations...mais l'effet attendu par Lui s'est produit...la petite plante a grandi et a fleuri presque tout d'un coup ...&lt;br /&gt;
Céline , quand une fleur est épanouie il ne reste plus qu'à la cueillir...mais quand et comment Jésus cueillera-t-il sa petite fleur ?...&lt;br /&gt;
Peut -être la couleur rosée de sa corolle indique-t-elle que ce sera par le martyre !...&lt;br /&gt;
Oui ,je sens mes désirs renaître...&lt;br /&gt;
peut-être Jésus voudra-t-il bien, après nous avoir demandé pour ainsi dire amour pour amour...nous demander encore sang pour sang...vie pour vie...&lt;br /&gt;
En attendant il faut laisser les abeilles puiser tout le miel dans les petits calices...ne rien garder...TOUT DONNER...à Jésus et puis ensuite nous dirons, comme la fleur au soir de notre vie: &amp;quot; Le soir... voici le soir&amp;quot;...&lt;br /&gt;
Alors ce sera fini...&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Et aux frimas succéderont les doux rayons du Soleil...aux larmes de Jésus les sourires éternels...&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
(Lettre 132 à Céline   Oeuvres Complètes 443-444)&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Nous avons déjà souvent insisté sur ce site sur ce passage obligé de la Croix pour accéder au Réel..&lt;br /&gt;
Le nécessaire écroulement de nos valeurs..de notre situation sociale...de notre action...de notre santé...de notre connaissance ...de notre logique...de notre prière parfois...&lt;br /&gt;
Tous les masque doivent ainsi tomber TOUS...n'être plus rien...plus qu'une loque...une chose inutile...dans l'obscurité...le dégoût...le sentiment que rien ne sert à rien...que tout est absurde...seul au milieu des flots...sans aucun point de repère...&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Destruction indispensable..pour que la Grâce puisse agir...pour qu'Il vienne nous chercher...nous remodeler...comme Il voulait que nous soyons et non pas comme nous voulions être...&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&amp;quot; Quel bonheur alors de rester là quand même...de fixer l'invisible lumière qui se dérobe à notre foi...&amp;quot;&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Pas de résignation mais une acceptation...&lt;br /&gt;
Pas de stoïcisme ni de masochisme non plus...nous ne devons bien sûr pas avoir le culte de la souffrance...mais parfois accepter d'arriver jusque là pour le rencontrer en Vérité et découvrir alors la Paix véritable de son Amour et de sa Joie profonde...&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&amp;quot; Je ne suis pas surprise que tu ne comprennes rien à ce qui se passe dans ton âme...&lt;br /&gt;
Un petit enfant tout seul sur la mer, dans une barque perdue au milieux des flots orageux, pourrait-il savoir s'il est près ou loin du port ?&lt;br /&gt;
Quand son oeil contemple encore&amp;quot; le rivage d'où il est parti il sait combien il a fait de chemin...en voyant la terre s'éloigner... sa joie enfantine ne peut se contenir...&lt;br /&gt;
Oh! dit-il, me voilà bientôt au bout de mon voyage...&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Mais plus la plage s'éloigne, plus aussi l'océan semble vaste...alors la science du petit enfant est réduite à néant...il ne sait plus où va sa nacelle...et ne connaissant pas la manière de conduire le gouvernail, l'unique chose qu'il puisse faire c'est de s'abandonner.. .de laisser sa voile flotter au gré du vent...&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Ma Céline,  la petite enfant de Jésus est toute seule dans une petite barque...la terre a disparu à ses yeux.. elle ne sait pas où elle va, si elle avance ou si elle recule...&lt;br /&gt;
La petite Thérèse sait bien, elle est sûre que sa Céline est en pleine mer...la nacelle qui la porte vogue à voile déployée vers le port...le gouvernail que Céline ne peut même pas apercevoir n'est pas sans pilote...Jésus est là !...dormant comme autrefois dans la barque des pêcheurs de Galilée...IL dort...et Céline ne le voit pas car la nuit est descendue sur la nacelle...Céline n'entend pas la voix de Jésus...Le vent souffle...elle l'entend: elle voit les ténèbres...et Jésus dort toujours......cependant( s'Il se réveillait seulement un instant...IL n'aurait qu'à commander au vent et à la mer et il se ferait un grand calme...la nuit deviendrait plus claire que le jour...Céline verrait le divin regard de Jésus et son âme serait consolée...&lt;br /&gt;
Mais aussi Jésus ne dormirait plus...Il est si fatigué...ses pieds divins se sont lassés à pousuivre les pécheurs...&lt;br /&gt;
...et dans la nacelle de Céline... Jésus repose si doucement...&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Les Apôtres lui avait donné un oreiller...mais dans la petite barque de son épouse chérie Il trouve un autre oreiller beaucoup plus doux...C'est le coeur de Céline...là... Il oublie tout...Il est chez lui...&lt;br /&gt;
Ce n'est pas une pierre qui soutient sa tête divine ( cette pierre après laquelle il soupirait pendant sa vie mortelle) ...c'est un coeur d'enfant...un coeur d'épouse...&lt;br /&gt;
Oh! Que Jésus est heureux !&lt;br /&gt;
Mais comment peut-il être heureux alors que son épouse souffre...qu'elle veille pendant que Lui dort si doucement ?...Ne sait-il pas que Céline ne voit que la nuit...que son divin visage lui demeure caché...et même parfois le poids qu'elle sent sur son coeur lui semble lourd...&lt;br /&gt;
Quel mystère !&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Jésus,  le petit enfant de Béthléem que Marie portait comme &amp;quot;un léger fardeau&amp;quot; se rend lourd...si lourd que Saint Christophe s'en étonne...&lt;br /&gt;
L'épouse des Cantiques des Cantiques elle aussi dit que &amp;quot; Son bien-aimé est un bouquet de myrrhe et qu'il repose sur son sein&amp;quot;...&lt;br /&gt;
La myrrhe c'est la souffrance...et c'est ainsi que Jésus repose sur le coeur de Céline...&lt;br /&gt;
Et cependant Jésus est heureux de la voir dans la souffrance...Il est heureux de tout recevoir d'elle pendant la nuit...&lt;br /&gt;
Il attend l'aurore et alors...oh alors quel réveil que celui de Jésus !&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Sois sûre, ma Céline chérie, que ta barque est en pleine mer, déjà peut-être bien près du port...&lt;br /&gt;
Le vent de douleur qui la pousse est un vent d'amour...et ce vent là est plus rapide que l'éclair...&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Lettre 144 à Céline   Oeuvres Complètes pp.467-469.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
 &lt;br /&gt;
La voie royale de la prière&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Tout dans l'attitude de Thérèse et sa route sur la voie de l'enfance est déjà prière...depuis l'acceptation de la souffrance...le oui dit à l'Amour...la confiance à se laisser guider comme un tout petit sur la voie de l'humilité au &amp;quot;Gré de Sa Grâce&amp;quot;...&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Mais Thérèse a voulu réaffirmer à la fin de sa vie...alors qu'elle était sur son lit de malade le rôle essentiel de la prière de demande et de la communion des Saints&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&amp;quot; Aux Saints , le Tout Puissant a donné pour point d'appui Lui-Même et LUI SEUL...pour levier la prière qui embrase d'un feu d'Amour...et c'est ainsi que les Saints encore militants soulèvent le monde...et que jusqu'à la fin du monde les Saints avenir le soulèveront aussi !...&amp;quot;&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Bien sur il n'exite pas de mots ni de logique pour expliquer celà...mais pour l'avoir souvent pratiqué je peux vous affirmer que toute prière intense est exaucée &amp;quot; au Gré de sa grâce...et à Son rythme qui n'est pas le nôtre ... à Sa façon à Lui... faites moi confiance...faites LUI confiance ...comme le petit enfant...et on retrouve le chemin de l'enfant...&lt;br /&gt;
et réciproquement la prière des autres nous porte au delà de nos limites...communion des prières...communion des Saints...là aussi on manque de repères et de mots pour expliquer...mais vous l'avez peut-être déjà ressenti ?...&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&amp;quot; Un jour que je pensais à ce que je pouvais faire pour sauver les âmes...une parole de l'Evangile m'a monté une vive Lumière...&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Autrefois Jésus disait à ses disciples en leur montrant les champs de blé mûrs: &amp;quot; Levez les yeux et voyez comme les campagnes sont déjà assez blanche pour être moissonnées&amp;quot;...et un peu plus tard: &amp;quot; A la vérité la moisson est abondante mais le nombre des ouvriers est petit...demandez donc au Maître de la moisson qu'il envoie des ouvriers&amp;quot;...&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Quel Mystère !...Jésus n'est-il pas le Tout -Puissant?...les créatures ne sont-elles pas à celui qui les a faites ? Pourquoi Jésus dit-Il donc &amp;quot; Demandez au Maître de la moisson qu'il envoie des ouvriers ?&amp;quot; ...pourquoi ?...&lt;br /&gt;
Ah ! c'est que Jésus a pour nous un amour si incompréhensible qu'Il veut que nous ayons part avec lui au salut des âmes...Il ne veut rien faire sans nous...&lt;br /&gt;
Le créateur de l'Univers attend la prière d'une pauvre petite âme pour sauver les autres âmes...rachetées comme elle au prix de tout son sang...&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Notre  vocation à nous ce n'est pas d'aller moissonner dans les champs de blé mûrs...Jésus ne nous dit pas: &amp;quot;Baissez les yeux...regardez les campagnes et allez moissonner...&amp;quot;&lt;br /&gt;
Notre mission est encore plus sublime...Voici les Paroles de Jésus : &amp;quot; Levez les yeux et voyez !&amp;quot;...&lt;br /&gt;
Voyez comme dans mon ciel il y a de places vides...c'est à vous de les remplir...vous êtes mes Moïse priant sur la montagne...demandez moi des ouvriers et j'en enverrai...Je n'attends qu'une prière...un soupir de votre coeur !...&lt;br /&gt;
L'apostolat de la prière n'est-il pas pour ainsi dire plus élevé que celui de la parole ?&lt;br /&gt;
Notre mission comme Carmélites est de former des ouvriers évangéliques qui sauveront des milliers d'âmes dont nous serons les mères...&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Céline, si ce n'était pas les paroles mêmes de notre Jésus, qui oserait y croire ?...&lt;br /&gt;
Je trouve que notre part est bien belle...qu'avons nous à envier aux  prêtres ...&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
(Lettre 135 à Céline ;Oeuvres complètes p;448-449)&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
 &lt;br /&gt;
Conclusions: les voies ouvertes ou redécouvertes...&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Voies toutes simples, du quotidien accepté et vécu au Regard de Celui qui nous sauve...Voie de la Sainteté ouverte à tous même les plus faibles... Voie de l'humilité de l'enfance avec sa pûreté, sa simplicité et sa naïveté... Voies de l'acceptation de la Grâce : Tout est Grâce...et je choisis TOUT... Voies de la prière comme lieu de rencontre et d'union d'amour avec notre Créateur, mais aussi Force incroyable d'action sur tout ce qui nous échappe... voilà tout ce que redécouvre la petite Sainte de Lisieux !&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Puis-je vous conseiller la lecture de ses oeuvres complètes...au moins&amp;quot; histoire d'une âme...&amp;quot;un texte d'une fraicheur et d'un naturel désarmant..et qui vaut toutes les sommes théologiques du monde...édition du Cerf mais aussi à http://www.tradere.org/biblio/spirit.htm&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Puis-je vous conseiller de prier avec elle chaque jour...elle vous apportera tout ce qu'elle peut ..comme elle m'a tout donné...et Lui a tout donné dans un acte total d'Oblation...&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
fraternellement +&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
N.B. un autre site lui est consacré et il est excellent à&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
http://services.worldnet.net/lespes/therese&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
ne manquez pas d'aller le visiter&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
n'oubliez pas non plus sont petit frère Van ( en préparation)&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
 &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
 &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
 &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
 &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
 &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
.&lt;/div&gt;</summary>
		<author><name>78.224.74.40</name></author>
		
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		<id>https://wiki-conscience.terretciel.com/index.php?title=Accueil&amp;diff=239</id>
		<title>Accueil</title>
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		<updated>2021-11-12T20:31:42Z</updated>

		<summary type="html">&lt;p&gt;78.224.74.40 : &lt;/p&gt;
&lt;hr /&gt;
&lt;div&gt;==== Bienvenue sur Wiki Conscience Terre et Ciel ====&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
'''INTRODUCTION  GENERALE''' &lt;br /&gt;
L'objectif de ce wiki est de créer et partager un espace sur les thèmes de l’éveil de conscience spiritualité psychologie spirituelle .&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
En voici la liste (non-exhaustive) :&lt;br /&gt;
''(Texte et lien d'exemple)''&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
=== PREAMBULE ===&lt;br /&gt;
*[[INTRODUCTION  GENERALE]]&lt;br /&gt;
*[[INTRODUCTION - AVERTISSEMENTS - PORTES D ' ENTREES]]&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
*[[SPIRITUALITE  SCIENCE ]]&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
*[[PREMIER  CHAPITRE ]]&lt;br /&gt;
*[[DEUXIEME  CHAPITRE]]&lt;br /&gt;
*[[MA PROPRE STRUCTURE-AVERTISSEMENT-PORTES D'ENTREES]]&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
=== ALPHABETIQUE ET PORTES D'ENTREES ===&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
SUIVI  DES RESSOURCES EN COURS &lt;br /&gt;
ASSO  SPIRITUALITE  PAGE 15 GO ON RUC ASSO;GOUV&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
SPIRA L INTIMITE DE L AMOUR &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
MAIEUTIQUE L EVEIL  DU COEUR &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
*[[AA  GENERIQUE]] &lt;br /&gt;
* [[action|ACTION]]&lt;br /&gt;
*[[AME]]&lt;br /&gt;
*[[AMOUR]] &lt;br /&gt;
*[[ATELIER - CONFERENCE plus a Conf.selon]]&lt;br /&gt;
* [[ATTITUDE]]&lt;br /&gt;
*[[BB GENERIQUE]] &lt;br /&gt;
*[[BIEN ET  MAL]]&lt;br /&gt;
*[[BIOGRAPHIE PERSO]]&lt;br /&gt;
*[[BIOGRAPHIE AUX AMIS ETC]]&lt;br /&gt;
*[[BROCHURE(S)]]&lt;br /&gt;
*[[CC GENERIQUE]]&lt;br /&gt;
*[[CERCLE DE PAROLE]]&lt;br /&gt;
*[[CHANGER LE MONDE - voir a POLITIQUE ET CIE]]&lt;br /&gt;
*[[CHARITE  - AMOUR - SERVIR]]&lt;br /&gt;
*[[CHARTE]]&lt;br /&gt;
*[[CHEMIN - Chemin Spirituel]]&lt;br /&gt;
*[[CHRIST - CHRISTIANISME - JESUS -ETC]]&lt;br /&gt;
*[[CHRISTOPHE  ALLAIN]]&lt;br /&gt;
*[[COMBAT  SPIRITUEL]]&lt;br /&gt;
*[[COMPLOTISME]]&lt;br /&gt;
*[[CONFERENCE]]&lt;br /&gt;
*[[CONSCIENCE]]&lt;br /&gt;
*[[COUPLE  SACRE]]&lt;br /&gt;
*[[DD GENERIQUE]] &lt;br /&gt;
*[[DERIVES]]&lt;br /&gt;
*[[DESIR]]&lt;br /&gt;
*[[DIEU]]&lt;br /&gt;
*[[DIX  PRINCIPES ET // avec LOIES  SERIES]]&lt;br /&gt;
*[[DOUCEUR]]&lt;br /&gt;
*[[DUALITE]]&lt;br /&gt;
*[[EE  GENERIQUE]] &lt;br /&gt;
*[[EGO]]&lt;br /&gt;
*EMERVEILLEMENT &lt;br /&gt;
*EMOTIONS&lt;br /&gt;
*ENERGIE&lt;br /&gt;
*[[FF  GENERIQUE]] &lt;br /&gt;
*[[FOI]]&lt;br /&gt;
*[[GG GENERIQUE]]&lt;br /&gt;
*GRANDEUR&lt;br /&gt;
*Gratitude&lt;br /&gt;
*[[GRILLE  UNIVERSELLE]]&lt;br /&gt;
*[[HH GENERIQUE]]&lt;br /&gt;
*HUMILITE&lt;br /&gt;
*[[II GENERIQUE]] &lt;br /&gt;
*[[INTELLECTUALISME , MENTAL ET INTELLECT EVEILLE OU SUPERIEUR ETC.]]&lt;br /&gt;
*INTÉRIORITÉ &lt;br /&gt;
*[[JJ KK GENERIQUE]]&lt;br /&gt;
*[[JEU - JEU DIVIN - LEELA]]&lt;br /&gt;
*JOIE&lt;br /&gt;
*[[JOURNAL, BROUILLON, ETC]] &lt;br /&gt;
*[[LL  GENERIQUE]] &lt;br /&gt;
*[[LIBERTE D EXPRESSION]]&lt;br /&gt;
*[[LOIES SERIES]]&lt;br /&gt;
*[[MM  GENERIQUE]]&lt;br /&gt;
*[[MADMAGZ A NE pas OUBLIER]]&lt;br /&gt;
*[[MANIFESTATION , UNIVERS , NATURE , LOI-SERIE DE ...]]&lt;br /&gt;
*[[MYSTIQUE VOIR AUSSI A NOETIQUE]]&lt;br /&gt;
*[[NN GENERIQUE]]&lt;br /&gt;
*Négativité&lt;br /&gt;
*[[NOETIQUE 1 DE NON DUALITE-VOIR A MYSTIQUE ?]]&lt;br /&gt;
*[[NOETIQUE 2 QUENTIN DISNEUR]]&lt;br /&gt;
*[[NOETIQUE 3- TANTRA CHRETIEN]]&lt;br /&gt;
*[[NOETIQUE 4 - TEMOIGNAGES D EVEIL]]&lt;br /&gt;
*[[NON  DUALITE]] &lt;br /&gt;
*NON SEPARATION &lt;br /&gt;
*[[NOUVEL AGE (LE)-New Age]]&lt;br /&gt;
*[[OO GENERIQUE]] &lt;br /&gt;
*Orgueil&lt;br /&gt;
*Oubli, +ou-..&lt;br /&gt;
*[[PP GENERIQUE]] &lt;br /&gt;
*[[le PÉCHÉ -voir aussi SEPARATION]]&lt;br /&gt;
*PENSÉES - INTELLECT - MENTAL &lt;br /&gt;
*[[PERCEPTION - LOI-SERIE]]&lt;br /&gt;
*PHILOSOPHIE &lt;br /&gt;
*[[POÉSIE ET LITTÉRATURE MYSTIQUE]]&lt;br /&gt;
*[[POLITIQUE-CHANGER LE MONDE OU PARTICIPER-KARMA YOGA ETC]]&lt;br /&gt;
*[[POSITIF]]&lt;br /&gt;
*[[le PRINCIPE  DIVIN, L'UN-TROIS-DOUZE]]&lt;br /&gt;
* [[PSYCHOLOGIE-PSYCHOTHERAPIE-ETC]]&lt;br /&gt;
*Puissance&lt;br /&gt;
*[[QQ GENERIQUE]] &lt;br /&gt;
*[[QUESTIONNEMENT]]&lt;br /&gt;
*[[QUI  SUIS  JE]]&lt;br /&gt;
*[[RR  GENERIQUE]]&lt;br /&gt;
*[[RELIGION]] &lt;br /&gt;
*[[Réponse]]&lt;br /&gt;
*[[REALISATION]]&lt;br /&gt;
*[[SS  GENERIQUE]] &lt;br /&gt;
* [[SADHANA - CHEMIN]]&lt;br /&gt;
*[[Sagesse]]&lt;br /&gt;
*[[SECTES]]&lt;br /&gt;
*[[SENSIBILITE - voir a PERCEPTION ausssi]]&lt;br /&gt;
*[[SEPARATION- NON-SEPARATION]]&lt;br /&gt;
*[[SPIRITUALITE]] &lt;br /&gt;
*[[TT  GENERIQUE]] &lt;br /&gt;
*Tao&lt;br /&gt;
*[[THERESE  DE LISIEUX]] &lt;br /&gt;
*Totalité&lt;br /&gt;
*Tout Autre&lt;br /&gt;
*[[TRACT]]&lt;br /&gt;
*[[UU  GENERIQUE]] &lt;br /&gt;
*UNITÉ &lt;br /&gt;
*[[VV  GENERIQUE]] &lt;br /&gt;
*Vérité&lt;br /&gt;
*[[WXYZ GENERIQUE]] &lt;br /&gt;
* [[Yoga-Union]]&lt;br /&gt;
*Zen - Tao&lt;/div&gt;</summary>
		<author><name>78.224.74.40</name></author>
		
	</entry>
	<entry>
		<id>https://wiki-conscience.terretciel.com/index.php?title=INTRODUCTION_GENERALE&amp;diff=238</id>
		<title>INTRODUCTION GENERALE</title>
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		<updated>2021-10-22T05:26:55Z</updated>

		<summary type="html">&lt;p&gt;78.224.74.40 : &lt;/p&gt;
&lt;hr /&gt;
&lt;div&gt;La lumiere, la Beauté , L'Amour, voila à quoi je suis, nous sommes destinés ...&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Mais le Langage humain ne présente cela que de maniere limitée ! &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Humain et Divin ! , vivons cela ...&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Dans les chapitres suivants nous montrerons ...nous parlerons simplement &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
de la Vie &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
la vie dans sa simplicité ,&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
dans son ..Essence &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
dans ses facettes ....&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
et au final cela parlera de TOI lecteur, de nous ...&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
ca parlera selon 5-6 points de vue majeurs - lois-séries - principes etc  : &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
1--du &amp;quot;&amp;quot;positif &amp;quot;&amp;quot; : .......&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
2 --du &amp;quot;&amp;quot;négatif &amp;quot;&amp;quot; : ....&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
3--de la complémentarité évolutive de ce  positif -négatif ...&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
4--des Mélanges de ce positif -négatif ...qui de 1 a 10 - ou arc en ciel - ou autre terme ...: est informe - dégueulasse  - manipulatoire etc etc &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
5-- ce qui &amp;quot;&amp;quot; transcende - immanne &amp;quot;&amp;quot; ...&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
CHERS  AMIS   &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
réveillez vous  ! &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
il est bon  EN TOUT TEMPS  de se réveiller  aimer  vivre etc etc ! !&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
ET dans ces moments de crises-choix -crise civilisationnelle , crise SYSTEMIQUE   , globale, synergie de crises ....&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
alors  q u en t il ...&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
nous alons nous appuyer  sur &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
--l amour la joie la vie ! &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
--oser voir &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
--l humain &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
--les structures de pouvoir &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
- montrer le faux 20 pr cent - affirmer le vrai 80 pr cent &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
----&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
1-introduction a l'atelier &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
l'atelier est déja introduit par l'appel téléphonique ou le flyer ...&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
*******************************&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
LES LOIES SERIES &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
- de l’irréel ( non-être: tout ce qui a un début et une fin), conduis-moi au réel (être: ce qui demeure)Tamaso ma jyotir gamaya: de l’obscurité, conduis-moi à la lumièreMrtyor ma amrtam gamaya: de la mort, conduis-moi à l’immortalité».&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
.Fr.   John   Martin   exprime   très   bien   ce   cheminement   «Se   perdre   soi-même...   Si   on   perd   sonindividualité, on croit en la collectivité. Si on perd cette identité collective, on entre dans l’universel. Sion perd l’universel, on gagne le Divin&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
-LE CHEMIN SPIRITUEL - ou l'expérience de la vie , ou x x x ...&lt;br /&gt;
 chemin spirituel dans un sens large , holistique , etc ...&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
LA VIE dans toutes ses dimensions . La Conscience dans tous ses niveaux, qu'elle soit &amp;quot;matérialiste &amp;quot; ou &amp;quot;sacrée&amp;quot; ,  l'Humain dans toutes ses dimensions, la Vie en Moi , en mes proches , tel est le sujet de ce livre , de cet &amp;quot; essai &amp;quot; .&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Avec une nouveauté, une originalité ? Oui et non ...&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Oui j'èspère , dans les directions suivantes : une certaine SIMPLICITE , qualité de SYNTHESE , ouverture a différents &amp;quot; types ou niveaux &amp;quot; de LECTEURS , et j'èspère une certaine Originalité ( ? ).&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Non, et j'y reviendrais , &amp;quot;parce que rien de neuf, tout a été dit &amp;quot; ( avec quelques différences - nouveautés dans la Cristallisation de la vie dans la Forme ) .&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Quelques thèmes abordés , pour vous donner envie ou ..., voir ci dessous à ''W'.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
PREMIERE PROPOSITION -AIDE A S ORIENTER :&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Lire avec l'ordre suivant :&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
 l' intro , l avertissemnt  et prémices ( ou autres mots - lois-séries comme :...) , les portes d entrées et alphabétique .&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
AHH le langage, sacré langage-avertissement ?&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Du Coeur originel de la Vie est apparu toutes choses, l'objet de ce site est ainsi de découvrir toute la dynamique, les mouvements, qui vont du Coeur Originel a tout ce qui est, &amp;quot;le rien et le tout &amp;quot;, et de la Vie multiple et diverse vers sa Source.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Et l'humain, fruit de la Vie, parlons de meme de son coeur originel et de toutes ses dimensions .Trouvons une image...L'homme est un peu comme un batiment, avec différents étages, chacun sa fonction...Nous proposons le canevas suivant , qui sera un peu l'ordre des chapitres ou bien des portes d'entrées.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Avant d'entrer dans ce batiment , cet humain, nous proposons :&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
-Sommes nous pret ?  &lt;br /&gt;
                                                                                                      &lt;br /&gt;
-Et que ce soit oui ou pas sur, Par quel(s) chemin(s) ?&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Laisser découvrir par vous meme est aussi un objectif de ce site .&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Les grands étages , de &amp;quot;bas&amp;quot; en &amp;quot;haut&amp;quot; , avec des a-priori que nous expliquerons, sachant que &amp;quot;tout est en tout il y a peu de &amp;quot;linéaire&amp;quot;, fractal, etc etc.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
-le corps : le corps physique,la personnalité,les émotions, l'intellect &amp;quot;basique&amp;quot;,la nature,le cosmos visible, la science, la psychologie  ...&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
-l'ame : le lien entre le corps tel que décris ci dessus, et l'Esprit- Qu'est ce que l'Ame - la joie la paix - le corps (les corps) Subtils &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
-L'Esprit : la spiritualité ( religion ?) la source  le tout autre l'au dela de tout ou au dela de la pensée discursive ; la philosophie &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Encore une fois il y a &amp;quot; densité&amp;quot;, par ex la psychologie le science peuvent s'employer pour les etages ame -esprit !! ??&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Les challenges que nous souhaitons développer :&lt;br /&gt;
*la simplicite&lt;br /&gt;
*la synthese&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
ET SI ON SYNTHETISAIT TOUTE LA VIE CA POURRAIT DONNER CELA , NON ?&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
-tout le positif&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
-tout le negatif&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
-l harmonisation oule depassement ou la maitrise des deux &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
-le corps (humain et animal et tous les regnes et l  univers )&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
-l'humain&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
-la religion, la transcendance ( ok ok, que ce soit vrai ou pas )&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Ecrire un livre est a l'image de la vie, elle meme &amp;quot;a l'image et a la ressemblance &amp;quot; de dieu :&lt;br /&gt;
etre joyeux, aventureux, relationnel , pole positif et pole negatif, expansion et manifestation : donc expansion dans le bien ..et le mal ..., toujours encadré de l'Englobant et de Tout se Transforme ...,a coté de l'Immobile-Tout Autre.&lt;/div&gt;</summary>
		<author><name>78.224.74.40</name></author>
		
	</entry>
	<entry>
		<id>https://wiki-conscience.terretciel.com/index.php?title=INTRODUCTION_-_AVERTISSEMENTS_-_PORTES_D_%27_ENTREES&amp;diff=237</id>
		<title>INTRODUCTION - AVERTISSEMENTS - PORTES D ' ENTREES</title>
		<link rel="alternate" type="text/html" href="https://wiki-conscience.terretciel.com/index.php?title=INTRODUCTION_-_AVERTISSEMENTS_-_PORTES_D_%27_ENTREES&amp;diff=237"/>
		<updated>2021-06-26T18:44:12Z</updated>

		<summary type="html">&lt;p&gt;78.224.74.40 : &lt;/p&gt;
&lt;hr /&gt;
&lt;div&gt;-parlons peu, parlons bien, allons a l 'essentiel ,&lt;br /&gt;
de quoi sommes nous fait ? de cette connaissance ou PERCEPTION , eveil, choix, nous pourrons alors aller jusqu'a nous EVEILLER  AIMER  RETROUVER  CHANGER LE MONDE  &lt;br /&gt;
ous sommes faits simplement de pensées sensations intellect desir ame point  point, avec la non seulement connaissance mais ma perception de ..., avec ces etages la , ces materiaux la,  QU EST CE QUE JE VEUX   QUELQUES BONNES QUESTIONS   COMME  QUI SUIS JE - QU EST CE QUE JE VEUX ETC &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
PPP   Q uelques points &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
-1-nous vous etes faits de 70000 penséess par jour , dont pour la plupart denous 80 pr cent de subtilement ou pas subtilement NEGATIVES , &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
-OR l'ENERGIE VA LA OU VA L ATTENTION &lt;br /&gt;
#REDIRECTION [[ATTENTION]]  &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
-le coaching et la pnl ont des clefs &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
-podcast radio 5 mai nana pnl hypnose a 03h00 du matin - sabine -europe 1 la libre antenne - &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
- 8semaines de repetition, de PRATIQUE D  experience pour ancrer ou penser a integrer ...&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
-la chute est une occasion d apprendre&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
- un enfant tres souvent parle avec tout le monde naturellement, qq années plus tard il est timide etc, que s est t'il passé durant ces qq années : on l a mal acceuilli, on l a comparé a x ou y, éducationpeurs, mimétisme, etc etc  &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
X&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
AVERTISSEMENTS  &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
1&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
2&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
3&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
4 découvrir par soi meme - on ne peut rien en dire - donc ici on en dira peu a  part qq consignes, notamment ce que ce n  est pas --c est comme la barque dont on doit se séparer, lacher, ne plus s'attacher, quand on arrive sur la rive ....rien en dire mais attention il y a peut etre une difference entre le sommet, l'etre tout autre et le devenir en mouvement-l'Ego-Dieu ??&lt;/div&gt;</summary>
		<author><name>78.224.74.40</name></author>
		
	</entry>
	<entry>
		<id>https://wiki-conscience.terretciel.com/index.php?title=INTRODUCTION_-_AVERTISSEMENTS_-_PORTES_D_%27_ENTREES&amp;diff=236</id>
		<title>INTRODUCTION - AVERTISSEMENTS - PORTES D ' ENTREES</title>
		<link rel="alternate" type="text/html" href="https://wiki-conscience.terretciel.com/index.php?title=INTRODUCTION_-_AVERTISSEMENTS_-_PORTES_D_%27_ENTREES&amp;diff=236"/>
		<updated>2021-06-26T18:43:39Z</updated>

		<summary type="html">&lt;p&gt;78.224.74.40 : &lt;/p&gt;
&lt;hr /&gt;
&lt;div&gt;-parlons peu, parlons bien, allons a l 'essentiel ,&lt;br /&gt;
de quoi sommes nous fait ? de cette connaissance ou PERCEPTION , eveil, choix, nous pourrons alors aller jusqu'a nous EVEILLER  AIMER  RETROUVER  CHANGER LE MONDE  &lt;br /&gt;
ous sommes faits simplement de pensées sensations intellect desir ame point  point, avec la non seulement connaissance mais ma perception de ..., avec ces etages la , ces materiaux la,  QU EST CE QUE JE VEUX   QUELQUES BONNES QUESTIONS   COMME  QUI SUIS JE - QU EST CE QUE JE VEUX ETC &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
PPP   Q uelques points &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
-1-nous vous etes faits de 70000 penséess par jour , dont pour la plupart denous 80 pr cent de subtilement ou pas subtilement NEGATIVES , &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
-OR l'ENERGIE VA LA OU VA L &lt;br /&gt;
#REDIRECTION [[ATTENTION]]  &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
-le coaching et la pnl ont des clefs &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
-podcast radio 5 mai nana pnl hypnose a 03h00 du matin - sabine -europe 1 la libre antenne - &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
- 8semaines de repetition, de PRATIQUE D  experience pour ancrer ou penser a integrer ...&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
-la chute est une occasion d apprendre&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
- un enfant tres souvent parle avec tout le monde naturellement, qq années plus tard il est timide etc, que s est t'il passé durant ces qq années : on l a mal acceuilli, on l a comparé a x ou y, éducationpeurs, mimétisme, etc etc  &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
X&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
AVERTISSEMENTS  &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
1&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
2&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
3&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
4 découvrir par soi meme - on ne peut rien en dire - donc ici on en dira peu a  part qq consignes, notamment ce que ce n  est pas --c est comme la barque dont on doit se séparer, lacher, ne plus s'attacher, quand on arrive sur la rive ....rien en dire mais attention il y a peut etre une difference entre le sommet, l'etre tout autre et le devenir en mouvement-l'Ego-Dieu ??&lt;/div&gt;</summary>
		<author><name>78.224.74.40</name></author>
		
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		<id>https://wiki-conscience.terretciel.com/index.php?title=PSYCHOLOGIE-PSYCHOTHERAPIE-ETC&amp;diff=235</id>
		<title>PSYCHOLOGIE-PSYCHOTHERAPIE-ETC</title>
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		<updated>2021-06-21T19:56:45Z</updated>

		<summary type="html">&lt;p&gt;78.224.74.40 : &lt;/p&gt;
&lt;hr /&gt;
&lt;div&gt;Quels sont les principes qui président à la Psychologie, Psychothérapie, dans le cadre de la vision Spirituelle.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
--DE  PATRICK  VIGNEAU ;  &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
-- psychologie et spiritualité&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Psychologie ou spiritualité. Laquelle de ces deux disciplines m’aidera-t-elle à aller mieux se demande l'occidental d'aujourd'hui qui a soif de vérité et de paix. chacune a sa place ...&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
 la psychologie analyse la vie mentale de la personne et procède de manière cognitive, par analyse et raisonnement. Elle plonge dans le passé du patient pour guérir ses blessures et défaire ses conditionnements selon l'approche freudienne.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
D’abord tout un courant laïque représenté par beaucoup de psychanalystes, a considéré, à la suite de Freud, que le spirituel était une expression du psychologique.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Un autre courant, en réaction, a considéré que le spirituel n’avait rien à voir avec la psychologie. La grâce se moque de la nature, elle agit au delà du psychique, considérent les religieux. &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
La psychologie  spirituelle place l'être humain en face de sa vérité humaine. Un des dangers inhérents à la vie spirituelle est en effet le refus de se confronter à son ombre.&lt;br /&gt;
 La psychologie spirituelle ET LE CHEMIN aide donc à purifier l'ego, à discerner si celui-ci est justement équilibré ou s'il relève encore de l'illusion par ses projections.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
La psychologie spirituelle vise à relier l’être humain à des dimensions supérieures en vue d’une élévation qui apporte un soutien au quotidien.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
 L’homme vit surtout à la surface de son mental et de sa vie, mais au-dedans de lui se trouve un cœur aux possibilités plus vastes, auquel il doit s’éveiller; car à présent il n’en reçoit qu’une influence très réduite.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
 '''C’est cette influence qui le pousse à rechercher sans cesse une beauté, une harmonie, une paix, un amour et une connaissance pure, infiniment plus grandes. &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
L'Atma yoga, dans sa spécificité d'Accompagnement, accueille toutes les connaissances psychologiques pour les intégrer dans un vision holistique de l'humain. Nous parlons alors de psychologie transpersonnelle.'''&lt;br /&gt;
=== &lt;br /&gt;
'''La voie de l'Eveil exige de regarder tout ce qui est en nous. Pas dans le but de changer des choses, mais d'accueillir et comprendre et y mettre de la bienveillance.''' === &lt;br /&gt;
La compréhension bienveillante amène la paix.&lt;/div&gt;</summary>
		<author><name>78.224.74.40</name></author>
		
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		<id>https://wiki-conscience.terretciel.com/index.php?title=PATRICK_VIGNEAU&amp;diff=234</id>
		<title>PATRICK VIGNEAU</title>
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		<updated>2021-06-15T15:42:34Z</updated>

		<summary type="html">&lt;p&gt;78.224.74.40 : Page créée avec « Programme des cours:  Qu’est ce que l’accompagnement?  La métanoïaLes   exercices initiatiques  L’acceptation   Les yeux du cœur  Lecture essentielle de vie  Les... »&lt;/p&gt;
&lt;hr /&gt;
&lt;div&gt;Programme des cours:&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Qu’est ce que l’accompagnement?&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
La métanoïaLes &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
exercices initiatiques&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
L’acceptation &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Les yeux du cœur&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Lecture essentielle de vie&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Les forces de vie&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Accueillir la Vivance&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
La voie ensoleillée&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
La Sadhana, les pratiques&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Les Résistances&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
L’Atma, le Soi, l’âme&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Le réel et le subjectif: la présence&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Le mystère de la gratitude&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Le mystère des profondeurs&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Qu’est-ce que l’Eveil évolutif&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Loka, les divers plans de réalité&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Etre disciple&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Initiation et Onction&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Qu’est-ce que l’Abandon&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Etre simple, une évidence sacrée&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
L’Humour&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
La force de la Vérité&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
S’ouvrir à la Grâce&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Transmettre&lt;/div&gt;</summary>
		<author><name>78.224.74.40</name></author>
		
	</entry>
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		<id>https://wiki-conscience.terretciel.com/index.php?title=MA_PROPRE_STRUCTURE-AVERTISSEMENT-PORTES_D%27ENTREES&amp;diff=233</id>
		<title>MA PROPRE STRUCTURE-AVERTISSEMENT-PORTES D'ENTREES</title>
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		<updated>2021-06-15T15:40:05Z</updated>

		<summary type="html">&lt;p&gt;78.224.74.40 : &lt;/p&gt;
&lt;hr /&gt;
&lt;div&gt;-Question de :  EXPERIMENTER avec '''quelques consignes''' plutot qu'avoir une vision intellectuelle &amp;quot;spirituelle&amp;quot; trop large &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
« Quand je vois que je ne suis rien, c’est la sagesse.&lt;br /&gt;
Quand je vois que je suis tout, c’est l’amour.&lt;br /&gt;
Et entre les deux, ma vie s’écoule. »&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Nisargadatta Maharaj&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
*[[MA BIOGRAPHIE SPI INTIME]]&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
*LA JOIE PURE &lt;br /&gt;
 et meme plus, joie, grace,spiritualité, les 3 en un, la source, l'unité avec, etc etc.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
*LE CHEMIN&lt;br /&gt;
-loi série de la sadhana, de la dualité a l'unité, le corps-personnalité l'identification, etc etc .&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
1--ma personnalité &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
1.1&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
1.2&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
1.3&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
*FUN&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
*FORMATION  ETC.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
*ASSOCIATION &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
-Les intervenants extérieurs peuvent , ou pas , adhérer à un système  politique, social ou religieux , chacun doit etre responsable de son libre arbitre et discernement.  Déontolgie etc. Les intervenants internes de l 'association ....Ce site ne contient aucun dogme religieux, ni sectaire, il s'adresse à des esprits ouverts et libres, en quête d'évolution spirituelle, affranchis de tous préjugés et ouverts sur les nouvelles connaissances&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
-Selon l’article 1 de la loi du 1er juillet 1901 relative au contrat d’association, une association doit réunir au minimum 2 personnes. Ainsi, contrairement aux entreprises, les associations unipersonnelles n’existent pas. De ce fait, un organisme associatif est en principe voué à disparaitre une fois qu’il n’a plus qu’un seul membre.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
-Préfectures, dispensateurs de subventions, autorités d’agrément ou de tutelle seront rassurés par la présence statutaire d’au moins deux dirigeants, l’un en charge de la fonction opérationnelle et de la représentation de l’association, l’autre en charge des finances. Toute autre configuration risquerait d’attirer leur suspicion.&lt;br /&gt;
--Quelle que soit la solution choisie, il faudra s’assurer qu’elle est formulée sans ambiguïté dans les statuts.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
-1 réponse d'expert&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
'''Les textes de loi de 1901 ne fixent aucune limite minimum et maximum, le seul chiffre cité étant qu'une association peut être formée avec 2 personnes. La liberté est donc totale et il appartient aux textes des Statuts, principal texte légal de fonctionnement d'une association, de fixer toutes les modalités de fonctionnement de l'association, constitution des Assemblées Générales, mode de désignation ou d'élection des membres du Conseil d'Administration, présence ou pas d'un bureau (nombres de membres et pouvoirs) principes d'organisation des convocation aux réunions etc...&lt;br /&gt;
La décision vous appartient en totalité mais je vous donnerais 2 conseils. Ne prévoyez pas un trop grand nombre de membres au CA et surtout un nombre impair ou voix prépondérante au Président. L'existence d'un bureau (Président, Secrétaire, Trésorier) pouvant se réunir de manière informelle et rapide est très utile en cas d'action urgente à mener, la réunion d'un CA étant toujours relativement longue, avec 8 jours de délai de convocation, difficile de réunir un CA en moins de 2 semaines.'''&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
-Le principe de la loi 1901 autorisant la création d'une association à partir de 2 personnes, vos Statuts doivent être libellés en ce sens, vous êtes en même temps membres de l'assemblée générale et membres du Conseil d'administration. Cela ne vaut pas le peine de créer un Bureau qui est une émanation raccourcie du CA et rend compte au CA de ses actions...&lt;br /&gt;
Les fonctions sont simples, l'un sera Président et remplira également les fonctions de Secrétaire, l'autre sera Trésorier et aura la charge de la partie comptable qui sera importante puisque vous aurez un salarié.&lt;br /&gt;
Cette 3ème personne étant salariée, ne peut avoir de fonction dirigeante car, comme je l'ai expliqué à maintes reprises, avoir un salarié implique d'établir une relation &amp;quot;employeur/salarié&amp;quot;, conformément aux règles du travail et le &amp;quot;copinage&amp;quot; n'a jamais fait bon ménage avec cette relation. De plus, il y aurait conflit d'intérêt car votre salarié se retrouverait &amp;quot;des deux côtés de la barrière&amp;quot;, c'est à dire employé sous contrat établissant des règles de travail mais aussi un lien de subordination juridique, et participant aux décisions pouvant avoir des conséquences sur son travail, donc totalement en &amp;quot;porte à faux&amp;quot; en cas de problèmes juridiques salariaux.&lt;br /&gt;
Il faut toujours penser au pire qui puisse arriver pour éviter les problèmes.&lt;br /&gt;
La rédaction des Statuts et l'obligation faite d'appliquer les textes à la lettre est un problème insuffisamment compris par beaucoup de dirigeants qui se retrouvent régulièrement confrontés à des &amp;quot;violations de Statuts&amp;quot; pouvant remettre en cause des réunions, des votes voire se retrouver au pénal.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
--- Titre : TERRE HOMME CONSCIENCE ET SAGESSE.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Objet : proposer une vision humaniste et spirituelle, unifiante et réaliste dans l'ensemble des domaines de la vie humaine, contribuer dans les enjeux actuels de société à une volonté d'élan créatif personnel et collectif pour un bien être durable pour tous, favoriser les échanges avec et entre tous types d'associations et personnes proches de nos thèmes ou oeuvrant au bien être commun, utiliser tous moyens appropriés (débats, humour, recherche de mécènes, rencontres conviviales, etc.).&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Siège social : bâtiment K, le Venise, 14, rue La Sauvagine, 84140 Montfavet .&lt;br /&gt;
*****************&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Objet : offrir à ses membres toutes informations ou moyens permettant d'accéder à une meilleure compréhension de la totalité de l'être physique, mental ou spirituel&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Objet : DECOUVRIR OU APPROFONDIR     promouvoir et développer toute action visant à connaître, faire connaître, former et utiliser toutes les techniques et les outils de bien-être, de développement personnel et spirituel, de pédagogie qui visent l'épanouissement de toute personne, de tout âge, par tous les moyens appropriés concernant ces buts ; pratiquer des activités visant à accroître le mieux-être psycho-émotionnel et physique ; favoriser la transmission, l'éducation et l'auto-prise en charge aux réflexes santé au naturel, et tous objets similaires, connexes ou complémentaires ou susceptibles d'en favoriser la réalisation ou le développement&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
*&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Objet : recherche spirituelle, accueil et accompagnement, transmission des enseignements ayant vocation à la transformation intérieure, et plus généralement toutes opérations industrielles, commerciales ou financières, mobilières ou immobilières, pouvant se rattacher directement ou indirectement à l'objet ou susceptibles d'en faciliter l'extension ou le développement ; à cette fin l'association organise, entre autres, des ateliers, des conférences, des séminaires, des sessions d'information, de présentation, de formation, de prestations de conseil et de coaching par l'organisation de séances publiques ou privées, en entreprises, auprès d'autres associations ou de particuliers, en sessions collectives ou individuelles&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
*[[ATELIER]]&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
B&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
C&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
== *[[CERCLES  D 'EVEIL]] ==&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
D&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
E&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
F&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
I&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
J&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
L&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
M&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
N&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
O&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
== *[[OLIVIER]] ==&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
*[[PATRICK  VIGNEAU]]&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
S&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
*SPIRITUALITE&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
J'aime bien la definition de wikipedia non pas de spiritualité, un peu classique et universitaire, mais celle plus bas a &amp;quot;l'experience spirituelle&amp;quot;, ou, ouf, on rentre dans le vivant de la chose, :&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
La spiritualité n'est pas limitée à une démarche conceptuelle ou dogmatique. L'expérience spirituelle (ou expérience mystique), par la recherche d'intériorité, de connaissance de soi, de transcendance, de sagesse, ou de dépassement des limitations de la condition humaine18 est indissociable de la démarche intellectuelle. C'est pourquoi la spiritualité débouche généralement sur des démarches corporelles, émotionnelles et mystiques, cherchant à générer une expérience transcendante, une relation (selon l'une des étymologies de religion) avec Dieu, le Soi, la Conscience, l’Âme, le Monde, le Devenir, etc. Pour certains, le but de la spiritualité est une exploration profonde de l'intériorité, conduisant à l'éveil spirituel21, une conversion intime, ou l'accession à un état de conscience modifié et durable.&lt;br /&gt;
*****************************************&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
-Dieu nous attend &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Qu'attend-il ?...&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Notre conversion,...&lt;br /&gt;
le retournement de notre vie et de nous même...de nos valeurs...&lt;br /&gt;
++&lt;br /&gt;
cela suppose qu' à un moment ou à un autre de notre vie quelque chose s'écroule, s'effondre en nous...&lt;br /&gt;
que nous soyons intérieurement blessé...profondément ébranlé...&lt;br /&gt;
jusque dans nos fondements....(Deuil, maladie,perte de travail,échec etc....).&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Cet écroulement n'est qu'un commencement...  &lt;br /&gt;
et il ne faut surtout pas essayer de rebâtir ce que la  Grâce à démoli !...  &lt;br /&gt;
la tentation est grande de reprendre comme avant...&lt;br /&gt;
NON !     &lt;br /&gt;
Nous devons apprendre à demeurer près des décombres  de notre échec...&lt;br /&gt;
 sans nous adresser des reproches...,sans accuser Dieu...&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Selon Tauler quand tout s'est écroulé l'homme tente de fuir...il refuse le plus souvent de &amp;quot;voir&amp;quot; ce qui se passe en lui...&lt;br /&gt;
c'est la fuite...&lt;br /&gt;
parfois dans l'activisme social...ou la réforme à tout prix...&lt;br /&gt;
parfois un changement incessant dans le mode de vie...ou sa spiritualité... besoin de bouger...d'être ailleurs...&lt;br /&gt;
parfois au contraire c'est la crispation sur une façon de vivre, sur des souvenirs d'enfance... des façons d'être...ou de se croire comme devant être...&lt;br /&gt;
c'est ainsi que la dévotion et l'activisme religieux deviennent facilement des paravents entre le coeur et Dieu...&lt;br /&gt;
paravents qui entretiennent la bonne conscience... mais sont de remparts contre le Feu Divin...&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Tauler préconise une chose:&lt;br /&gt;
&amp;quot;Laisse-toi couler ...&lt;br /&gt;
couler à pic...jusqu'au fond...jusqu'à ton néant&lt;br /&gt;
et laisse s'écrouler sur toi, avec tous ses étages la tour de ta cathédrale de suffisance et de pharisianisme...&lt;br /&gt;
Laisse-toi envahir par tous les diables de l'enfer !&lt;br /&gt;
Tu auras alors en partage tout ce qu'il y a de meilleur !&amp;quot;&lt;/div&gt;</summary>
		<author><name>78.224.74.40</name></author>
		
	</entry>
	<entry>
		<id>https://wiki-conscience.terretciel.com/index.php?title=INTRODUCTION_GENERALE&amp;diff=232</id>
		<title>INTRODUCTION GENERALE</title>
		<link rel="alternate" type="text/html" href="https://wiki-conscience.terretciel.com/index.php?title=INTRODUCTION_GENERALE&amp;diff=232"/>
		<updated>2021-05-30T08:40:57Z</updated>

		<summary type="html">&lt;p&gt;78.224.74.40 : &lt;/p&gt;
&lt;hr /&gt;
&lt;div&gt;1-introduction a l'atelier &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
l'atelier est déja introduit par l'appel téléphonique ou le flyer ...&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
*******************************&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
LES LOIES SERIES &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
- Asato ma sad gamaya:de l’irréel ( non-être: tout ce qui a un début et une fin), conduis-moi au réel (être: ce qui demeure)Tamaso ma jyotir gamaya: de l’obscurité, conduis-moi à la lumièreMrtyor ma amrtam gamaya: de la mort, conduis-moi à l’immortalité».&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
.Fr.   John   Martin   exprime   très   bien   ce   cheminement   «Se   perdre   soi-même...   Si   on   perd   sonindividualité, on croit en la collectivité. Si on perd cette identité collective, on entre dans l’universel. Sion perd l’universel, on gagne le Divin&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
-LE CHEMIN SPIRITUEL - ou l'expérience de la vie , ou x x x ...&lt;br /&gt;
 chemin spirituel dans un sens large , holistique , etc ...&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
LA VIE dans toutes ses dimensions . La Conscience dans tous ses niveaux, qu'elle soit &amp;quot;matérialiste &amp;quot; ou &amp;quot;sacrée&amp;quot; ,  l'Humain dans toutes ses dimensions, la Vie en Moi , en mes proches , tel est le sujet de ce livre , de cet &amp;quot; essai &amp;quot; .&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Avec une nouveauté, une originalité ? Oui et non ...&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Oui j'èspère , dans les directions suivantes : une certaine SIMPLICITE , qualité de SYNTHESE , ouverture a différents &amp;quot; types ou niveaux &amp;quot; de LECTEURS , et j'èspère une certaine Originalité ( ? ).&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Non, et j'y reviendrais , &amp;quot;parce que rien de neuf, tout a été dit &amp;quot; ( avec quelques différences - nouveautés dans la Cristallisation de la vie dans la Forme ) .&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Quelques thèmes abordés , pour vous donner envie ou ..., voir ci dessous à ''W'.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
PREMIERE PROPOSITION -AIDE A S ORIENTER :&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Lire avec l'ordre suivant :&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
 l' intro , l avertissemnt  et prémices ( ou autres mots - lois-séries comme :...) , les portes d entrées et alphabétique .&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
AHH le langage, sacré langage-avertissement ?&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Du Coeur originel de la Vie est apparu toutes choses, l'objet de ce site est ainsi de découvrir toute la dynamique, les mouvements, qui vont du Coeur Originel a tout ce qui est, &amp;quot;le rien et le tout &amp;quot;, et de la Vie multiple et diverse vers sa Source.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Et l'humain, fruit de la Vie, parlons de meme de son coeur originel et de toutes ses dimensions .Trouvons une image...L'homme est un peu comme un batiment, avec différents étages, chacun sa fonction...Nous proposons le canevas suivant , qui sera un peu l'ordre des chapitres ou bien des portes d'entrées.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Avant d'entrer dans ce batiment , cet humain, nous proposons :&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
-Sommes nous pret ?  &lt;br /&gt;
                                                                                                      &lt;br /&gt;
-Et que ce soit oui ou pas sur, Par quel(s) chemin(s) ?&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Laisser découvrir par vous meme est aussi un objectif de ce site .&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Les grands étages , de &amp;quot;bas&amp;quot; en &amp;quot;haut&amp;quot; , avec des a-priori que nous expliquerons, sachant que &amp;quot;tout est en tout il y a peu de &amp;quot;linéaire&amp;quot;, fractal, etc etc.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
-le corps : le corps physique,la personnalité,les émotions, l'intellect &amp;quot;basique&amp;quot;,la nature,le cosmos visible, la science, la psychologie  ...&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
-l'ame : le lien entre le corps tel que décris ci dessus, et l'Esprit- Qu'est ce que l'Ame - la joie la paix - le corps (les corps) Subtils &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
-L'Esprit : la spiritualité ( religion ?) la source  le tout autre l'au dela de tout ou au dela de la pensée discursive ; la philosophie &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Encore une fois il y a &amp;quot; densité&amp;quot;, par ex la psychologie le science peuvent s'employer pour les etages ame -esprit !! ??&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Les challenges que nous souhaitons développer :&lt;br /&gt;
*la simplicite&lt;br /&gt;
*la synthese&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
ET SI ON SYNTHETISAIT TOUTE LA VIE CA POURRAIT DONNER CELA , NON ?&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
-tout le positif&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
-tout le negatif&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
-l harmonisation oule depassement ou la maitrise des deux &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
-le corps (humain et animal et tous les regnes et l  univers )&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
-l'humain&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
-la religion, la transcendance ( ok ok, que ce soit vrai ou pas )&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Ecrire un livre est a l'image de la vie, elle meme &amp;quot;a l'image et a la ressemblance &amp;quot; de dieu :&lt;br /&gt;
etre joyeux, aventureux, relationnel , pole positif et pole negatif, expansion et manifestation : donc expansion dans le bien ..et le mal ..., toujours encadré de l'Englobant et de Tout se Transforme ...,a coté de l'Immobile-Tout Autre.&lt;/div&gt;</summary>
		<author><name>78.224.74.40</name></author>
		
	</entry>
	<entry>
		<id>https://wiki-conscience.terretciel.com/index.php?title=INTRODUCTION_GENERALE&amp;diff=231</id>
		<title>INTRODUCTION GENERALE</title>
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		<updated>2021-05-30T08:39:09Z</updated>

		<summary type="html">&lt;p&gt;78.224.74.40 : &lt;/p&gt;
&lt;hr /&gt;
&lt;div&gt;1-introduction a l'atelier &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
l'atelier est déja introduit par l'appel téléphonique ou le flyer ...&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
*******************************&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
LES LOIES SERIES &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
- Asato ma sad gamaya:de l’irréel ( non-être: tout ce qui a un début et une fin), conduis-moi au réel (être: ce qui demeure)Tamaso ma jyotir gamaya: de l’obscurité, conduis-moi à la lumièreMrtyor ma amrtam gamaya: de la mort, conduis-moi à l’immortalité».&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
-LE CHEMIN SPIRITUEL - ou l'expérience de la vie , ou x x x ...&lt;br /&gt;
 chemin spirituel dans un sens large , holistique , etc ...&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
LA VIE dans toutes ses dimensions . La Conscience dans tous ses niveaux, qu'elle soit &amp;quot;matérialiste &amp;quot; ou &amp;quot;sacrée&amp;quot; ,  l'Humain dans toutes ses dimensions, la Vie en Moi , en mes proches , tel est le sujet de ce livre , de cet &amp;quot; essai &amp;quot; .&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Avec une nouveauté, une originalité ? Oui et non ...&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Oui j'èspère , dans les directions suivantes : une certaine SIMPLICITE , qualité de SYNTHESE , ouverture a différents &amp;quot; types ou niveaux &amp;quot; de LECTEURS , et j'èspère une certaine Originalité ( ? ).&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Non, et j'y reviendrais , &amp;quot;parce que rien de neuf, tout a été dit &amp;quot; ( avec quelques différences - nouveautés dans la Cristallisation de la vie dans la Forme ) .&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Quelques thèmes abordés , pour vous donner envie ou ..., voir ci dessous à ''W'.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
PREMIERE PROPOSITION -AIDE A S ORIENTER :&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Lire avec l'ordre suivant :&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
 l' intro , l avertissemnt  et prémices ( ou autres mots - lois-séries comme :...) , les portes d entrées et alphabétique .&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
AHH le langage, sacré langage-avertissement ?&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Du Coeur originel de la Vie est apparu toutes choses, l'objet de ce site est ainsi de découvrir toute la dynamique, les mouvements, qui vont du Coeur Originel a tout ce qui est, &amp;quot;le rien et le tout &amp;quot;, et de la Vie multiple et diverse vers sa Source.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Et l'humain, fruit de la Vie, parlons de meme de son coeur originel et de toutes ses dimensions .Trouvons une image...L'homme est un peu comme un batiment, avec différents étages, chacun sa fonction...Nous proposons le canevas suivant , qui sera un peu l'ordre des chapitres ou bien des portes d'entrées.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Avant d'entrer dans ce batiment , cet humain, nous proposons :&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
-Sommes nous pret ?  &lt;br /&gt;
                                                                                                      &lt;br /&gt;
-Et que ce soit oui ou pas sur, Par quel(s) chemin(s) ?&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Laisser découvrir par vous meme est aussi un objectif de ce site .&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Les grands étages , de &amp;quot;bas&amp;quot; en &amp;quot;haut&amp;quot; , avec des a-priori que nous expliquerons, sachant que &amp;quot;tout est en tout il y a peu de &amp;quot;linéaire&amp;quot;, fractal, etc etc.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
-le corps : le corps physique,la personnalité,les émotions, l'intellect &amp;quot;basique&amp;quot;,la nature,le cosmos visible, la science, la psychologie  ...&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
-l'ame : le lien entre le corps tel que décris ci dessus, et l'Esprit- Qu'est ce que l'Ame - la joie la paix - le corps (les corps) Subtils &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
-L'Esprit : la spiritualité ( religion ?) la source  le tout autre l'au dela de tout ou au dela de la pensée discursive ; la philosophie &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Encore une fois il y a &amp;quot; densité&amp;quot;, par ex la psychologie le science peuvent s'employer pour les etages ame -esprit !! ??&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Les challenges que nous souhaitons développer :&lt;br /&gt;
*la simplicite&lt;br /&gt;
*la synthese&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
ET SI ON SYNTHETISAIT TOUTE LA VIE CA POURRAIT DONNER CELA , NON ?&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
-tout le positif&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
-tout le negatif&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
-l harmonisation oule depassement ou la maitrise des deux &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
-le corps (humain et animal et tous les regnes et l  univers )&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
-l'humain&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
-la religion, la transcendance ( ok ok, que ce soit vrai ou pas )&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Ecrire un livre est a l'image de la vie, elle meme &amp;quot;a l'image et a la ressemblance &amp;quot; de dieu :&lt;br /&gt;
etre joyeux, aventureux, relationnel , pole positif et pole negatif, expansion et manifestation : donc expansion dans le bien ..et le mal ..., toujours encadré de l'Englobant et de Tout se Transforme ...,a coté de l'Immobile-Tout Autre.&lt;/div&gt;</summary>
		<author><name>78.224.74.40</name></author>
		
	</entry>
	<entry>
		<id>https://wiki-conscience.terretciel.com/index.php?title=CHRIST_-_CHRISTIANISME_-_JESUS_-ETC&amp;diff=230</id>
		<title>CHRIST - CHRISTIANISME - JESUS -ETC</title>
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		<updated>2021-05-29T18:52:07Z</updated>

		<summary type="html">&lt;p&gt;78.224.74.40 : &lt;/p&gt;
&lt;hr /&gt;
&lt;div&gt;&lt;br /&gt;
--01-- UNE MAGNIFIQUE INTRODUCTION PERSONNELLE AU CHRIST &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
1-TIRE DE JOEL GOLDSMITH &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
-  Chaque    chose    qui    arrive vient    comme    le    don    de    Dieu,    et    en    fait    arrive    juste    un    tout    petit peu    avant    que    nous    en    ayons    besoin,    même    avant    que    nous sachions    que    nous    allons    en    avoir    besoin.    &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
2-TIRE DE SUYIN LAMOUR &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
01-NOETIQUE ...&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
-Mais là quelque chose de plus se passa. Je réalisai brusquement que tout ce qui m'entourait aussi, était conscience. Pas seulement moi ! Tout, y compris les objets, était, en essence, conscience. Ce fut un tel choc qu'il y eu une réaction immédiate dans mon corps : une énergie très puissante, semblant venir de l'intérieur, d'un « lieu » insondable dont j'ignorais jusqu'ici l'existence, se déversa en moi comme un raz-de-marée, en passant par mon cœur. C'était si intense que je me demandais si celui-ci allait tenir le coup. Comme si l'on venait d'ouvrir brutalement les vannes d'une source jusqu'ici retenue, cette énergie inonda tout mon être. Et ce courant, cette force, était cette même conscience que je voyais autour de moi. L'évidence s'imposa alors qu'en réalité, je n'étais pas « une » conscience en voyage, mais « La » Conscience universelle se manifestant à travers d'innombrables formes. Le sentiment d'un « moi » distinct vivant dans un monde extérieur à lui, s'effaça dans cette réalisation que tout était Un...&lt;br /&gt;
L’illusion dans laquelle j’avais vécue jusqu'à ce jour, de croire être un corps matériel et un individu mortel, fut alors totalement dissoute. Il m'apparut clairement, dans un grand éclat de rire, que tout cela avait été de la nature d'un rêve. En vérité, j'étais d'essence immatérielle et éternelle. La mort de mon corps physique serait juste la fin d'un rêve, pas la fin de mon être. En tant que conscience, je ne pouvais ni être détruite, ni être blessée par aucune expérience. Il n'y avait jamais eu de début à la vie et il n'y aurait jamais de fin...&lt;br /&gt;
Autour de moi, tout s’était mis à vibrer. Ce que je voyais était comme éclairé de l’intérieur. Ça pulsait, ça scintillait. La nuit était tombée, mais dans chaque zone d’ombre cette lumière irradiante était là. De multiples points minuscules brillaient, des filaments s’entrecroisaient en tous sens. Tout pétillait, vivait, les objets matériels ainsi que l’espace entre ces objets. La matière était en fait de l'énergie/conscience. La notion même de « matériel », de corps « solide », disparut totalement.&lt;br /&gt;
Je ressentais un amour incommensurable émaner de cette lumière. Plus justement, cette lumière était l'Amour. L'essence de toute la création. Ce qui animait chaque atome, chaque particule de matière et chaque être vivant était l'Amour. Un Amour sans cause, sans condition, sans opposé. Cet Amour que nous cherchons depuis l'enfance dans le regard de nos parents, puis plus tard dans celui de nos partenaires. Cet Amour qui met fin à toute souffrance, à toute peur, à toute solitude, à toute question. Le refuge suprême et absolu, le giron en lequel nous nous sentons accueillis et aimés totalement tels que nous sommes. Je sus alors que la révélation de l'existence de cet Amour, comme la reconnaissance du fait que c'était mon essence-même, allait radicalement transformer ma vie. »&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
1-  depuis l'espace du coeur, tout est savoureux.&lt;br /&gt;
 &lt;br /&gt;
 Il y a pourtant en chacun de nous cette dimension, souvent méconnue : la profondeur. Cette dimension se vit quand l'attention part depuis le coeur. Il y a là une profondeur sans limite, un Royaume infini, celui de l'oeil de l'Amour. Et  c'est très concret, cela s'éprouve dans le corps.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Depuis là, tout est si beau ! Toute chose apparaît comme enveloppée de douceur, de lumière, de délicatesse, d'intimité... Il y a ce pétillement, cette saveur de délectation... Comme si tout était une friandise pour l'âme...&lt;br /&gt;
 &lt;br /&gt;
La beauté, la vraie, n'est pas ailleurs que dans l'oeil du coeur.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
2-&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
 Le terme « impersonnel » est bien mal compris. On y voit quelque chose de froid, détaché, inhumain. Alors peut-être devrait-on plutôt parler de « non personnel » ?&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
La conscience impersonnelle est tout sauf froide, c'est l'Amour même ! C'est simplement qu'il n'y a pas le filtre de l'importance personnelle. Pas un élément de l'expérience vécue qui soit plus important qu'un autre. Tout est au même niveau « d'importance » ; et par là-même, tout est aimé également d'un amour absolu, sans préférence, sans comparaison, sans échelle de valeur.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
 &lt;br /&gt;
En poussant encore ma réflexion, j'en viens à nouveau au constat de l'effroyable erreur de perspective dans laquelle tombent la plupart des chercheurs spirituels : la croyance qu'il faut dissoudre l'ego pour vivre l'éveil. Qu'il faut lâcher le personnel pour connaître l'impersonnel. Que la « personne » doit disparaître. Croyance qui fait tourner le mental en rond dans son bocal : un « moi » qui tout à la fois aspire à sa dissolution et la redoute, et qui tente plein de stratégies pour disparaître et laisser la place au Soi. C'est non seulement impossible – l'ego n'a pas ce pouvoir - mais cela crée une nouvelle division, une profonde fracture intérieure.  &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
 Plus ça va, plus j'ai du mal à employer le terme d'éveil et même de Réalisation, car ces mots insinuent qu'il y aurait d'un côté l'éveil, la vraie vie, la vérité, la pure conscience et de l'autre le non-éveil, le rêve, l'illusion, l'ego... Ceci est vrai sans doute jusqu'à un certain point mais cela devient rapidement un écueil... et s'avère faux une fois que l'unité de toutes choses est reconnue.&lt;br /&gt;
 Et que cela se vive sur le mode personnel ou sur le mode impersonnel s'avère désormais secondaire.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
 je peux dire que l'existence se déroule à présent en mode « personnel pas personnel » ! Quelle respiration, quelle détente dans cette inconcevable liberté de dire un oui joyeux à l'expérience de la limite, portée par la connaissance de ma nature illimitée !&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
3-L’observation, l’observateur et l’observé   &lt;br /&gt;
a voir un parallele avec ma TRINITE en mouvement ???&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
La conscience est de l’énergie intelligente et créatrice. Elle est conscience/énergie. Onde et particule. Perception pure et mouvement.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Elle est mouvement et perception du mouvement.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Manifestation et perception de la manifestation.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Perception et perception de la perception.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
 &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Pour s’expérimenter dans son êtreté, la conscience se condense, se densifie. Comme si elle se repliait sur elle-même. Jusqu’à ce qu’apparaisse le mouvement.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
C’est comme si dans un océan en trois dimensions, sans limites et parfaitement calme mais vibrant d’êtreté, se produisaient de multiples vaguelettes. A l’infini. Le fait d’être se condense, et en se « sentant » être par le mouvement, la conscience passe de l’état de vacuité à l’état de « Je suis ». Elle n’est pas définie, elle n’est pas quelque chose. Mais la conscience d’elle-même apparaît.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Comme elle est onde et particule, ce « Je suis » prend une forme matérielle. Le monde manifesté est créé. C’est ce que les scientifiques appellent le big-bang. Pour que du sans-forme naissent des formes, il faut que quelqu’un ou quelque chose les perçoive. Il faut un observateur. C’est le rôle du « Je suis ».&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
C’est la première division de la conscience. Elle devient à la fois observation et observateur.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Dans la nature, les pierres ne sont pas conscientes d’être des pierres, les plantes d’être des plantes, les animaux d’être des animaux. La conscience à travers la nature se goûte en tant que forme et sensation, pas en tant qu’individu défini.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Alors elle se densifie encore, créant une nouvelle division, et apparaît l’humain. A travers lui, elle s’expérimente en tant qu’identité, personne.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Le bien et le mal existent seulement à ce niveau, et sont une résultante de l’illusion de la séparation.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
 &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Bien entendu, comme il n’y a pas de temps, tout ceci se produit simultanément. Nous sommes à la fois la conscience impersonnelle, la conscience divine et l’individu. L’observation, l’observateur et l’observé. L’ultime réalité englobe tout cela.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
La conscience impersonnelle est la source de ce qui est dans le sens où elle est l’unique vérité, la vérité universelle, que nul ne peut contester, qui est vierge de toute représentation, de toute croyance : il y a quelque chose qui existe. Le fait d’être, le fait « qu’il y a quelque chose » est la seule certitude unanime et absolue.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
[...]&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
La première densification de conscience crée le Soi, le « Je Suis », l’observateur. Il créé son double matériel et peut ainsi se voir dans le miroir de la perception. A travers l’homme, cette alchimie crée la Sainte Trinité, l’expérience existentielle.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
 &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
L’humain, l’être qui se prend pour un individu et conscientise le monde par la pensée, ne peut pas ne pas exister. L’univers est rempli d’humains. Il est à la fois la condensation de conscience la plus forte, donc la plus éloignée de sa source, et le moyen le plus abouti de la conscience pour se goûter dans son êtreté. Il est celui qui pose la question de l’Etre, qui en fait le constat.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
 &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
J’ai le sentiment d’avoir remis Dieu à sa place, et j’en ressens un grand soulagement. J’ai découvert Dieu il y a treize ans. J’étais athée auparavant, par mon éducation. L’athéisme, qui me semblait être la triste vérité, me rendait profondément dépressive. Je n’avais aucune joie à parcourir une vie dénuée de sens. Quand j’ai eu la révélation que l’univers était une entité consciente et bienveillante, je me suis identifiée à lui, au Père-Mère créateur, comme à un personnage. J’ai vu que j’étais lui et j’ai cru que c’était ma nature ultime.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
 &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Depuis lors, quand je priais Dieu, je lui parlais comme à un être. Non comme à un potentiel. Je croyais parler directement à la source de la conscience. Je me trompais. Je m’adressais à un intermédiaire. Je m’adressais à la dimension « Je suis » de l’univers. A l’observateur, à qui je prêtais une intention, une volonté. Et non à l’océan d’énergie originel au niveau duquel il n’y a pas de « Je », donc aucune volonté particulière, aucun plan, et où tout est possible. Et qui est le véritable Dieu.&lt;/div&gt;</summary>
		<author><name>78.224.74.40</name></author>
		
	</entry>
	<entry>
		<id>https://wiki-conscience.terretciel.com/index.php?title=COUPLE_SACRE&amp;diff=229</id>
		<title>COUPLE SACRE</title>
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		<updated>2021-05-27T18:32:54Z</updated>

		<summary type="html">&lt;p&gt;78.224.74.40 : Page créée avec «  Sur la voie du couple sacré   nous portons tous en nous le désir de ressentir en nous la vibration de l'Amour. Nous rêvons de vivre une relation amoureuse dans laquell... »&lt;/p&gt;
&lt;hr /&gt;
&lt;div&gt;&lt;br /&gt;
Sur la voie du couple sacré&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
 nous portons tous en nous le désir de ressentir en nous la vibration de l'Amour. Nous rêvons de vivre une relation amoureuse dans laquelle nous pouvons en toute confiance Être ce que nous sommes, accueillir l'Autre tel qu'il Est, et ensemble co-créer un espace dans lequel le couple puisse s'expanser dans toutes ses dimensions (corps, coeur, âme, esprit).&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Vivre l'expérience de l'Amour, de la Joie, de la Sensualité, de la Créativité, de la Complétude est la raison même de notre présence sur Terre.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
 confusion entre différentes déclinaisons de l'amour au sein d'une relation amoureuse: l'amour-attachement, l'amour-sentiment, l'amour-survie, l'amour-vie, -l'amour-inconditionnel.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
L'amour-attachement se développe souvent dans les couples où l'un des deux partenaires, voire les deux, va rechercher dans sa relation à l'autre l'estime, la valeur, la reconnaissance, l'amour qu'il n'arrive pas à se donner à lui-même. L'autre se retrouve avec une charge qu'il n'a pas demandée, et souvent qu'il na pas envie ou n'est pas prêt à porter; l'autre n'est pas là pour combler un manque, pour remplacer une absence, pour guérir nos blessures profondes.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Les personnes qui nourrissent cette forme de relation, n'en sont toujours conscientes; elles glissent de façon insidieuse dans une relation d'attachement et de dépendance qui se confond au sentiment amoureux; je m'attache à l'autre pour me sauver. On ne sait plus alors si on aime l'autre parce que .... , ou si on aime l'autre pour ..... .&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Cet amour ne tarde jamais à atteindre car personne ne peut sauver personne. C'est à chacun de se sauver soi-même, et de se guérir.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Le terme 'amour-inconditionnel' est très fort. Ne nous trompons pas nous-mêmes, cette forme d'amour on n'y accède que rarement dans une vie, et toujours au terme d'une profonde connaissance de soi.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Cet amour est la forme de l'amour Divin; celui qui aime sans poser de condition, sans attendre rien en retour. On comprend alors pourquoi il nous est difficile de l'atteindre. Mais ce n'est pas parce que quelque chose est difficile que nous ne pouvons le réaliser, c'est parce que nous doutons que nous pouvons le réaliser, que cela rend la chose plus difficile encore.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
L'amour inconditionnel suppose de se libérer de toute attente par rapport à l'autre, afin de don-ner à l'autre notre amour sans condition et sans attente de retour. C'est l'amour qui part du part du coeur et va toucher l'autre en son coeur dans sa dimension sacrée.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
L'amour-inconditionnel offre à la relation amoureuse, un cadre ouvert, pacifié, unifié, équilibré dans lequel les partenaires vont pouvoir évoluer, grandir, s'épanouir, libérés de toute forme de dualité, de rivalité, d'agressivité, de domination.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Le couple n'est plus l'endroit, l'espace où l'on va régler ses comptes, soigner ses blessures, ou en faire porter le poids à l'autre. Le couple est l'espace ou l'on vient grandir ensemble et faire évoluer notre Âme.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Dans l'amour-inconditionnel, il n'y a rien à attendre, il y juste à Être prêt à accueillir ce qui est, ce qui se vit, ce qui se ressent.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
C'est un Amour qui se réalise dans les trois dimensions : la dimension individuelle (le 1), la dimension du couple (le 1+1) et la dimension de la co-création du couple et de son ouverture sur l'extérieur (le 3) .&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Pour vivre la rencontre avec l'Autre dans cette relation d'Amour, il faut avoir fait un bout de chemin vers la rencontre de  Soi comme je le disais précédemment. Je ne peux pas offrir à l'Autre le meilleur de moi-même si je ne l'ai d'abord contacté en moi.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Les expériences que nous faisons à travers nos rencontres amoureuses sont comme des lanternes posées sur notre chemin de Vie, elles apportent de la Lumière sur nos ombres . Elles ont quasi toujours pour référence le modèle parental qui nous a été donné, même lorsque nous pensons en sortir ou lorsque ce modèle a parfois fait défaut, il a néanmoins existé. Nos relations amoureuses  réveillent souvent des blessures de l'enfance (conscientes ou inconscientes). Et c'est parce que nous avons oublié que nous avions ces blessures non guéries et que nous n'avons pas de réponse à leur apporter, que nous en voulons à l'Autre de les réveiller.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
L'Autre est le miroir de ce que je Suis, il ne fait que renvoyer ce que je lui envoie, mais dont je n'ai pas toujours conscience.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Lorsque les deux partenaires s'unissent dans le couple, l'un et l'autre chargés de leurs blessures respectives, de leurs complexes, de leurs frustrations, de leur manque d'amour pour soi, avec un fort besoin de reconnaissance ..., chacun est dans l'attente inconscience que le couple, donc l'Autre, le guérisse de tous ses maux. Cela revient à reporter sur l'Autre la responsabilité d'aller bien ou d'aller mal.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Au début d'une relation le sentiment amoureux est généralement très puissant et masque nos manques et nos blessures, il les anesthésie. Portés par le feu de l'amour ou de la passion nous avons l'impression de flotter, tout semble léger, facile, harmonieux.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Puis lorsque l'intensité de l'amour n'est plus à son maximum,  ce qui arrive immanquablement, les blessures et les manques se réveillent. C'est souvent à ce moment-là qu'apparaissent les premières difficultés du couple, les querelles, les reproches, les critiques qui vont appuyer là où ça fait mal. On rend l'Autre responsable de notre souffrance, et on lui en veut de ne pas être capable de nous rendre heureux(se). Ce que nous ne voyons pas c'est que l'Autre porte également ses propres souffrances, et que malgré son amour il est dans l'incapacité de nous aider.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
C'est un peu comme si je voyais  quelqu'un se noyer dans un ruisseau et que je décidais sans savoir nager de sauter à l'eau pour le sauver. En me noyant à mon tour, je ne pourrai ni le sauver ni nous sauver. Et bien dans le couple c'est un peu la même chose. Si aucun des deux partenaires n'a conscience de qui il Est, si aucun n'a fait la démarche de recontacter son Enfant intérieur pour réparer les blessures et les manques, si aucun n'est allé à la rencontre de Soi au-delà du mental,  si aucun ne sait ce qu'il désire en conscience expérimenter dans le couple, il sera difficile à la relation d' évoluer vers cette dimension Sacrée de l'Amour.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
On se leurre par ignorance sur la finalité du couple parce qu'il nous a été donné comme modèle social, et non comme source d'expression et d'évolution de Soi, ni comme espace de co-Création.&lt;br /&gt;
Quelques réflexions pour vous guider sur ce chemin.&lt;br /&gt;
Ecouter vos ressentis et vous fier à votre intuition&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
En nous mettant à l’écoute silencieuse des messages que notre Cœur et notre corps nous envoient, nous pouvons nous laisser guider par notre intuition, et ressentir la nature de la vibration que nous vivons dans la relation à l’Autre. Lorsque vous ressentez vibrer en vous l'énergie de joie, d'équilibre, d'harmonie, d'abandon, de confiance, de paix, d'amour, vous savez que vous êtes au bon endroit, au bon moment, avec la bonne personne. Tout vous semble alors fluide et juste.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Demandez-vous : Comment est-ce que  je me sens dans cette relation ? Ecoutez les réponses de votre Cœur sacré (non celles que vous dicte le mental).&lt;br /&gt;
Reconnaître la dépendance et s'en protéger&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Être amoureux est un état émotionnel fort et puissant à deux pendants. Toute personne qui tombe amoureuse vit en général au début de la relation un état de grâce. Cette période pendant laquelle nous ne touchons plus Terre. Nous nous abreuvons à la source de  l'Amour puissante énergie de vie, de créativité, source d’inspiration, d’épanouissement,  et de bien-être.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
L'effet dopant voire pour certains euphorisant de l'amour a parfois tendance à nous faire percevoir la réalité différente de ce qu’elle est.  Quelle qu’en soit l’origine, on sait que cet état n’est que passager et qu'il  réserve parfois des  réveils  bien difficiles ! &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Comme pour toute substance euphorisante, l'Amour peut aussi se révéler aliénant et nous placer dans  un état de dépendance vis-à-vis de l’Autre. Si l' Autre n'est pas là, s'il ne se manifeste pas, alors je ne vais pas bien, je ressens le manque, je commence à douter, à avoir peur de perdre l'Autre, à penser que je ne mérite pas son amour..... Une autre forme de dépendance dans laquelle certaines personnes tombent, est celle qui consiste à s'effacer totalement devant l'Autre, à ne plus exister qu'à travers l'Autre, perdant ainsi toute forme de liberté et de respect pour elles-mêmes. &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
L'Amour Sacré, l'Amour inconditionnel est tout le contraire de cela.  Il permet à chacun d'Être ce qu'il est et de continuer de se révéler à Soi, de rayonner sa pleine Lumière et de l'offrir au Monde. L'Amour Sacré n'est pas égoïste, il est généreux; il ne restreint pas, il est ouvert sur l'extérieur;  il ne contraint pas, il aime la liberté;  il ne conditionne pas, il accueille.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Être en amour, c'est Être, et rester Soi,  c'est accueillir l'Autre tel qu'il Est sans chercher à le changer; c'est fusionner pour Co-Créer et non pour priver l'Autre d'une part de ce qu'Il est. &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Avant de s'engager dans une relation de couple, nous sommes invités à réfléchir à ce que nous désirons vivre dans la relation, à ce que nous pouvons y apporter, à ce que nous sommes prêts à recevoir et à partager. &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Demandez-vous : Ma relation de couple répond-elle à ce jour à ce que j’ai envie de vivre ?&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Laissez votre cœur vous répondre. Mettez-vous à l’écoute de vos ressentis.&lt;br /&gt;
Prendre le temps de vous observer et d’observer votre partenaire&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Au début d’une relation amoureuse nous avons tendance à nous montrer sous notre meilleur jour, et à offrir à l’autre le meilleur de nous-mêmes en gommant ce que nous savons être nos petits travers. Portés par la magie de l’amour, nous modifions et adaptons de façon consciente nos comportements, nos actions, nos habitudes.  Mais comme le dit le dicton,  chassez le naturel et il revient au galop. Notre inconscient nous rattrape car nous ne pouvons durablement Être ce que nous ne sommes pas vraiment.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
C’est souvent à cette étape quand les masques tombent, que les choses commencent à se gâter et que la relation peut perdre de son charme.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Pour éviter que cela n’advienne il est important de s’observer, et d’observer l’Autre pour apprendre à se connaître mutuellement, et voir si ce que nous sommes individuellement au-delà des apparences, a une chance de pouvoir cohabiter, et sous quelle forme, de s'harmoniser, de s'unir. Nous devons ce que nous sommes en partie à notre éducation, à notre appartenance sociale, à nos origines culturelles, à nos schémas de pensées, à nos croyances, à nos habitudes. Mais aussi aux mémoires engrammées dans nos cellules au fil de nos diverses incarnations. Tout cela a forgé notre personnalité, nos forces, nos vulnérabilités. Ces programmes peuvent être modifiés, mais pour cela il faut que nous le décidions nous-mêmes et que nous agissions dans ce sens. Il faut aussi accepter que nous n'avons pas à chercher à changer l'autre ou à le sauver, nous avons juste et cela est déjà beaucoup, à nous changer et à nous sauver nous-mêmes. &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Posez-vous la question : Est-ce que ma façon d’Être dans ma relation (mes réactions, mes choix, mes décisions…) témoigne de qui Je Suis vraiment, de mes aspirations profondes, de mon Être intérieur, ou est-ce que je vis cette relation dans la concession, la frustration, le renoncement, le sacrifice à ce que je Suis et donc à moi-même.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Soyez le plus sincère possible dans votre réponse.&lt;br /&gt;
Oser parler des blocages&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Beaucoup de couples au bout de quelques années et parfois même dès le début de la relation, regrettent le manque voire l’absence de communication. Ils échangent mais ne se parlent pas vraiment. Ils bavardent mais ne dialoguent pas. C'est le plus souvent la femme qui regrette cette absence de dialogue. Il est très difficile d'amener une personne au dialogue, à la communication. Une approche possible est de s'intéresser vraiment à l'autre, à ce qu'Il vit en dehors de nous, dans ses activités, ses loisirs, ses projets ... , sans être dans la critique, le jugement, le reproche. S'intéresser à ce que vit son partenaire, comme on s'intéresse à ce que vit son meilleur ami.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Ne pas se contenter de voir l'Autre mais de le regarder, de l'entendre mais de l'écouter, de lui parler mais de s'adresser à Lui ou à Elle. &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Le dialogue ouvert, sincère, authentique, libre et constructif permet de dépasser bien des blocages. Il est une opportunité d’apprendre sur Soi, sur l’Autre et sur la Relation ; il permet de la faire grandir, de la faire évoluer vers une dimension spirituelle.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Dialoguer devrait être une chose naturelle , on le pense, on le croit, on le dit, néanmoins il est fréquent de constater que le dialogue est souvent le grand absent dans bien des couples. Souvent pour éviter le conflit, par peur de déplaire, de perdre l'Autre ou son rang ou son confort, ou de se mettre à nu et de se montrer tel que l'on est. La dialogue ouvert et intelligent n’a rien à voir avec un règlement de compte, une mise en accusation de l’autre, une série de reproches. Au contraire, lorsqu’il s’instaure dès le début de la relation il permet d’éviter le conflit, de le désamorcer s’il s’annonce, et surtout il évite à chacun des partenaires d’accumuler des ressentis non exprimés, et qui à la moindre occasion se transformeront en une arme fatale.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Le dialogue ouvert et intelligent offre à chacun des partenaires l’opportunité d’exprimer ce qu’il ressent, ce qu’il perçoit, ce qui lui convient ou pas, de dire à l’autre ses désirs, ses aspirations, ses besoins, ses attentes, ses doutes, ses peurs dans un climat d’écoute, de  confiance et de respect. Nous l’avons vu précédemment dans le couple les habitudes, les schémas comportementaux, les croyances de chacun offrent souvent des résistances. Il ne suffit pas de décréter vouloir les modifier, pour que cela se produise du jour au lendemain. Cela demande du temps, de la confiance et de la patience.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Posez-vous la question : Suis-je disposé(e) à m’accorder et à accorder à mon partenaire du temps, pour que chacun de nous guide vers son inconscient un nouveau programme qui nous permettra de vivre une relation amoureuse harmonieuse et épanouissante pour chacun.&lt;br /&gt;
En Amour 1 + 1 = 3&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
On entend souvent des couples dire nous ne faisons qu’un, on pense alors à la fusion parfaite de leurs deux entités. Il vous est parfois arrivé comme à moi de constater chez des couples unis depuis de nombreuses années, une certaine ressemblance physique, comme si le physique de l'un avait épousé celui de l'autre.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Les couples qui pour moi réussissent cette véritable unité sont ceux qui ont su à la fois prendre soin leur Amour, malgré les aléas de la Vie, et le faire grandir tout en préservant les individualités de l'un et de l'autre. &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
C’est parce que l’individualité, le 1 indivisible de chacun existe en tant que tel dans la relation, que celle-ci peut exister dans la durée sans que l'un ou l'autre se sente oublié, lésé, frustré, sacrifié. &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Le couple ou la relation amoureuse ne peut s’épanouir durablement que dans un cadre où chaque partenaire est conscient de pouvoir exister, de satisfaire ses besoins et d'accéder au bien-être sans être dans la dépendance de l'Autre. L’Autre n’entre pas dans notre Vie pour satisfaire nos besoins ou combler nos manques, mais pour nous permettre de vivre la complétude et de  faire l’expérience de la relation à l’Autre; 1+ 1 = 3. L’Amour inconditionnel ou Sacré est celui qui offre à chacun l’opportunité d’une évolution intérieure et spirituelle ; il est celui grâce auquel nous pouvons vivre l’harmonie Corps-Cœur-Âme. Cette harmonie est à trouver en Soi d'abord, dans la reconnaissance, l'acceptation et l'équilibre de nos polarités respectives que sont notre féminin et notre masculin. &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Posez-vous la question: Qu'ai-je envie de vivre dans ma relation à mon partenaire? Quelle expérience intérieure ai-je envie de faire?&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
On entre parfois sans des relations dans lesquelles on n’a rien à y faire ou pour de « mauvaises raisons ». Ne pas se nourrir d’illusions, c’est  savoir pourquoi on entre en relation avec l’autre. Le but de la relation amoureuse n’est pas d’avoir quelqu’un d’autre à mes côtés qui pourrait me compléter, mais d’avoir quelqu’un d’autre qui pourrait partager ma complétude.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Les relations personnelles sont sacrées car elles nous offrent la plus belle occasion de créer l’expérience de l’idée la plus élevée que l’on se fait de Soi.&lt;/div&gt;</summary>
		<author><name>78.224.74.40</name></author>
		
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		<id>https://wiki-conscience.terretciel.com/index.php?title=Accueil&amp;diff=228</id>
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		<updated>2021-05-27T18:26:07Z</updated>

		<summary type="html">&lt;p&gt;78.224.74.40 : &lt;/p&gt;
&lt;hr /&gt;
&lt;div&gt;==== Bienvenue sur Wiki Conscience Terre et Ciel ====&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
'''INTRODUCTION  GENERALE''' &lt;br /&gt;
L'objectif de ce wiki est de créer et partager un espace sur les thèmes de l’éveil de conscience spiritualité psychologie spirituelle .&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
En voici la liste (non-exhaustive) :&lt;br /&gt;
''(Texte et lien d'exemple)''&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
=== PREAMBULE ===&lt;br /&gt;
*[[INTRODUCTION  GENERALE]]&lt;br /&gt;
*[[INTRODUCTION - AVERTISSEMENTS - PORTES D ' ENTREES]]&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
*[[SPIRITUALITE  SCIENCE ]]&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
*[[PREMIER  CHAPITRE ]]&lt;br /&gt;
*[[DEUXIEME  CHAPITRE]]&lt;br /&gt;
*[[MA PROPRE STRUCTURE-AVERTISSEMENT-PORTES D'ENTREES]]&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
=== ALPHABETIQUE ET PORTES D'ENTREES ===&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
SUIVI  DES RESSOURCES EN COURS &lt;br /&gt;
ASSO  SPIRITUALITE  PAGE 15 GO ON RUC ASSO;GOUV&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
SPIRA L INTIMITE DE L AMOUR &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
MAIEUTIQUE L EVEIL  DU COEUR &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
*[[AA  GENERIQUE]] &lt;br /&gt;
* [[action|ACTION]]&lt;br /&gt;
*[[AME]]&lt;br /&gt;
*[[AMOUR]] &lt;br /&gt;
*[[ATELIER - CONFERENCE plus a Conf.selon]]&lt;br /&gt;
* [[ATTITUDE]]&lt;br /&gt;
*[[BB GENERIQUE]] &lt;br /&gt;
*[[BIEN ET  MAL]]&lt;br /&gt;
*[[BIOGRAPHIE PERSO]]&lt;br /&gt;
*[[BIOGRAPHIE AUX AMIS ETC]]&lt;br /&gt;
*[[BROCHURE(S)]]&lt;br /&gt;
*[[CC GENERIQUE]]&lt;br /&gt;
*[[CERCLE DE PAROLE]]&lt;br /&gt;
*[[CHANGER LE MONDE - voir a POLITIQUE ET CIE]]&lt;br /&gt;
*[[CHARITE  - AMOUR - SERVIR]]&lt;br /&gt;
*[[CHARTE]]&lt;br /&gt;
*[[CHEMIN - Chemin Spirituel]]&lt;br /&gt;
*[[CHRIST - CHRISTIANISME - JESUS -ETC]]&lt;br /&gt;
*[[CHRISTOPHE  ALLAIN]]&lt;br /&gt;
*[[COMBAT  SPIRITUEL]]&lt;br /&gt;
*[[COMPLOTISME]]&lt;br /&gt;
*[[CONFERENCE]]&lt;br /&gt;
*[[CONSCIENCE]]&lt;br /&gt;
*[[COUPLE  SACRE]]&lt;br /&gt;
*[[DD GENERIQUE]] &lt;br /&gt;
*[[DERIVES]]&lt;br /&gt;
*[[DESIR]]&lt;br /&gt;
*[[DIEU]]&lt;br /&gt;
*[[DIX  PRINCIPES ET // avec LOIES  SERIES]]&lt;br /&gt;
*[[DOUCEUR]]&lt;br /&gt;
*[[DUALITE]]&lt;br /&gt;
*[[EE  GENERIQUE]] &lt;br /&gt;
*[[EGO]]&lt;br /&gt;
*EMERVEILLEMENT &lt;br /&gt;
*EMOTIONS&lt;br /&gt;
*ENERGIE&lt;br /&gt;
*[[FF  GENERIQUE]] &lt;br /&gt;
*[[FOI]]&lt;br /&gt;
*[[GG GENERIQUE]]&lt;br /&gt;
*GRANDEUR&lt;br /&gt;
*Gratitude&lt;br /&gt;
*[[GRILLE  UNIVERSELLE]]&lt;br /&gt;
*[[HH GENERIQUE]]&lt;br /&gt;
*HUMILITE&lt;br /&gt;
*[[II GENERIQUE]] &lt;br /&gt;
*[[INTELLECTUALISME , MENTAL ET INTELLECT EVEILLE OU SUPERIEUR ETC.]]&lt;br /&gt;
*INTÉRIORITÉ &lt;br /&gt;
*[[JJ KK GENERIQUE]]&lt;br /&gt;
*[[JEU - JEU DIVIN - LEELA]]&lt;br /&gt;
*JOIE&lt;br /&gt;
*[[JOURNAL, BROUILLON, ETC]] &lt;br /&gt;
*[[LL  GENERIQUE]] &lt;br /&gt;
*[[LIBERTE D EXPRESSION]]&lt;br /&gt;
*[[LOIES SERIES]]&lt;br /&gt;
*[[MM  GENERIQUE]]&lt;br /&gt;
*[[MADMAGZ A NE pas OUBLIER]]&lt;br /&gt;
*[[MANIFESTATION , UNIVERS , NATURE , LOI-SERIE DE ...]]&lt;br /&gt;
*[[MYSTIQUE VOIR AUSSI A NOETIQUE]]&lt;br /&gt;
*[[NN GENERIQUE]]&lt;br /&gt;
*Négativité&lt;br /&gt;
*[[NOETIQUE 1 DE NON DUALITE-VOIR A MYSTIQUE ?]]&lt;br /&gt;
*[[NOETIQUE 2 QUENTIN DISNEUR]]&lt;br /&gt;
*[[NOETIQUE 3- TANTRA CHRETIEN]]&lt;br /&gt;
*[[NOETIQUE 4 - TEMOIGNAGES D EVEIL]]&lt;br /&gt;
*[[NON  DUALITE]] &lt;br /&gt;
*NON SEPARATION &lt;br /&gt;
*[[NOUVEL AGE (LE)-New Age]]&lt;br /&gt;
*[[OO GENERIQUE]] &lt;br /&gt;
*Orgueil&lt;br /&gt;
*Oubli, +ou-..&lt;br /&gt;
*[[PP GENERIQUE]] &lt;br /&gt;
*[[le PÉCHÉ -voir aussi SEPARATION]]&lt;br /&gt;
*PENSÉES - INTELLECT - MENTAL &lt;br /&gt;
*[[PERCEPTION - LOI-SERIE]]&lt;br /&gt;
*PHILOSOPHIE &lt;br /&gt;
*[[POÉSIE ET LITTÉRATURE MYSTIQUE]]&lt;br /&gt;
*[[POLITIQUE-CHANGER LE MONDE OU PARTICIPER-KARMA YOGA ETC]]&lt;br /&gt;
*[[POSITIF]]&lt;br /&gt;
*[[le PRINCIPE  DIVIN, L'UN-TROIS-DOUZE]]&lt;br /&gt;
* [[PSYCHOLOGIE-PSYCHOTHERAPIE-ETC]]&lt;br /&gt;
*Puissance&lt;br /&gt;
*[[QQ GENERIQUE]] &lt;br /&gt;
*[[QUESTIONNEMENT]]&lt;br /&gt;
*[[QUI  SUIS  JE]]&lt;br /&gt;
*[[RR  GENERIQUE]]&lt;br /&gt;
*[[RELIGION]] &lt;br /&gt;
*[[Réponse]]&lt;br /&gt;
*[[REALISATION]]&lt;br /&gt;
*[[SS  GENERIQUE]] &lt;br /&gt;
* [[SADHANA - CHEMIN]]&lt;br /&gt;
*[[Sagesse]]&lt;br /&gt;
*[[SECTES]]&lt;br /&gt;
*[[SENSIBILITE - voir a PERCEPTION ausssi]]&lt;br /&gt;
*[[SEPARATION- NON-SEPARATION]]&lt;br /&gt;
*[[SPIRITUALITE]] &lt;br /&gt;
*[[TT  GENERIQUE]] &lt;br /&gt;
*Tao&lt;br /&gt;
*Totalité&lt;br /&gt;
*Tout Autre&lt;br /&gt;
*[[TRACT]]&lt;br /&gt;
*[[UU  GENERIQUE]] &lt;br /&gt;
*UNITÉ &lt;br /&gt;
*[[VV  GENERIQUE]] &lt;br /&gt;
*Vérité&lt;br /&gt;
*[[WXYZ GENERIQUE]] &lt;br /&gt;
* [[Yoga-Union]]&lt;br /&gt;
*Zen - Tao&lt;/div&gt;</summary>
		<author><name>78.224.74.40</name></author>
		
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		<updated>2021-05-27T11:19:12Z</updated>

		<summary type="html">&lt;p&gt;78.224.74.40 : &lt;/p&gt;
&lt;hr /&gt;
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'''INTRODUCTION  GENERALE''' &lt;br /&gt;
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''(Texte et lien d'exemple)''&lt;br /&gt;
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=== PREAMBULE ===&lt;br /&gt;
*[[INTRODUCTION  GENERALE]]&lt;br /&gt;
*[[INTRODUCTION - AVERTISSEMENTS - PORTES D ' ENTREES]]&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
*[[SPIRITUALITE  SCIENCE ]]&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
*[[PREMIER  CHAPITRE ]]&lt;br /&gt;
*[[DEUXIEME  CHAPITRE]]&lt;br /&gt;
*[[MA PROPRE STRUCTURE-AVERTISSEMENT-PORTES D'ENTREES]]&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
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ASSO  SPIRITUALITE  PAGE 15 GO ON RUC ASSO;GOUV&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
SPIRA L INTIMITE DE L AMOUR &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
MAIEUTIQUE L EVEIL  DU COEUR &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
*[[AA  GENERIQUE]] &lt;br /&gt;
* [[action|ACTION]]&lt;br /&gt;
*[[AME]]&lt;br /&gt;
*[[AMOUR]] &lt;br /&gt;
*[[ATELIER - CONFERENCE plus a Conf.selon]]&lt;br /&gt;
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*[[BB GENERIQUE]] &lt;br /&gt;
*[[BIEN ET  MAL]]&lt;br /&gt;
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*[[BIOGRAPHIE AUX AMIS ETC]]&lt;br /&gt;
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*[[NOETIQUE 1 DE NON DUALITE-VOIR A MYSTIQUE ?]]&lt;br /&gt;
*[[NOETIQUE 2 QUENTIN DISNEUR]]&lt;br /&gt;
*[[NOETIQUE 3- TANTRA CHRETIEN]]&lt;br /&gt;
*[[NOETIQUE 4 - TEMOIGNAGES D EVEIL]]&lt;br /&gt;
*[[NON  DUALITE]] &lt;br /&gt;
*NON SEPARATION &lt;br /&gt;
*[[NOUVEL AGE (LE)-New Age]]&lt;br /&gt;
*[[OO GENERIQUE]] &lt;br /&gt;
*Orgueil&lt;br /&gt;
*Oubli, +ou-..&lt;br /&gt;
*[[PP GENERIQUE]] &lt;br /&gt;
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*PENSÉES - INTELLECT - MENTAL &lt;br /&gt;
*[[PERCEPTION - LOI-SERIE]]&lt;br /&gt;
*PHILOSOPHIE &lt;br /&gt;
*[[POÉSIE ET LITTÉRATURE MYSTIQUE]]&lt;br /&gt;
*[[POLITIQUE-CHANGER LE MONDE OU PARTICIPER-KARMA YOGA ETC]]&lt;br /&gt;
*[[POSITIF]]&lt;br /&gt;
*[[le PRINCIPE  DIVIN, L'UN-TROIS-DOUZE]]&lt;br /&gt;
* [[PSYCHOLOGIE-PSYCHOTHERAPIE-ETC]]&lt;br /&gt;
*Puissance&lt;br /&gt;
*[[QQ GENERIQUE]] &lt;br /&gt;
*[[QUESTIONNEMENT]]&lt;br /&gt;
*[[QUI  SUIS  JE]]&lt;br /&gt;
*[[RR  GENERIQUE]]&lt;br /&gt;
*[[RELIGION]] &lt;br /&gt;
*[[Réponse]]&lt;br /&gt;
*[[REALISATION]]&lt;br /&gt;
*[[SS  GENERIQUE]] &lt;br /&gt;
* [[SADHANA - CHEMIN]]&lt;br /&gt;
*[[Sagesse]]&lt;br /&gt;
*[[SECTES]]&lt;br /&gt;
*[[SENSIBILITE - voir a PERCEPTION ausssi]]&lt;br /&gt;
*[[SEPARATION- NON-SEPARATION]]&lt;br /&gt;
*[[SPIRITUALITE]] &lt;br /&gt;
*[[TT  GENERIQUE]] &lt;br /&gt;
*Tao&lt;br /&gt;
*Totalité&lt;br /&gt;
*Tout Autre&lt;br /&gt;
*[[TRACT]]&lt;br /&gt;
*[[UU  GENERIQUE]] &lt;br /&gt;
*UNITÉ &lt;br /&gt;
*[[VV  GENERIQUE]] &lt;br /&gt;
*Vérité&lt;br /&gt;
*[[WXYZ GENERIQUE]] &lt;br /&gt;
* [[Yoga-Union]]&lt;br /&gt;
*Zen - Tao&lt;/div&gt;</summary>
		<author><name>78.224.74.40</name></author>
		
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		<id>https://wiki-conscience.terretciel.com/index.php?title=EGO&amp;diff=226</id>
		<title>EGO</title>
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		<updated>2021-05-27T10:00:41Z</updated>

		<summary type="html">&lt;p&gt;78.224.74.40 : Page créée avec «  -a lire ci dessous pour affiner &amp;quot; a mon sens &amp;quot; mes notions d 'égo inférieur, d'égo vrai , et d'Esprit ou Soi divin ....  Le Soi supérieur  Pour admettre que nous ne n... »&lt;/p&gt;
&lt;hr /&gt;
&lt;div&gt;&lt;br /&gt;
-a lire ci dessous pour affiner &amp;quot; a mon sens &amp;quot; mes notions d 'égo inférieur, d'égo vrai , et d'Esprit ou Soi divin ....&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Le Soi supérieur&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Pour admettre que nous ne nous résumons pas à ce corps de souffrance, encore faut-il d’abord concevoir qu’il puisse y avoir autre chose, que nous existons également sur d’autres plans que celui de l’ego.&lt;br /&gt;
Notre centre immuable&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Cet autre plan au-delà de l’ego (le moi) est nommé le Soi (ou Soi supérieur) dans plusieurs traditions spirituelles. Le Soi est vu comme la nature profonde et essentielle de l’être humain. C’est le centre paisible et immuable dans lequel il nous est toujours possible de nous ressourcer lorsque tout est agité dans la périphérie de l’ego, par exemple par la pratique de la méditation.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Le Soi est aussi un pont entre l’individu et ce qui est plus vaste que lui. Il permet à la fois de vivre son individualité et d’être en relation avec la dimension transpersonnelle.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Dans la spiritualité hindoue, le Soi est désigné par le concept d’âtman, le principe divin qui réside en chacun. Les bouddhistes, en revanche, ne croient pas en l’existence d’un Soi car il entrerait en contradiction avec leur vision de l’impermanence et de la vacuité de tous les phénomènes. Selon eux, il existe en revanche différents niveaux de conscience, mais pas de Soi tangible.&lt;br /&gt;
Le Soi et le moi&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
La psychanalyse, particulièrement avec Carl Gustav Jung, identifie le Soi comme étant la totalité de notre psychisme, par opposition à l’ego se limitant à sa partie consciente. Le Soi englobe donc le moi conscient et l’inconscient.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
S’appuyant sur les travaux de Jung, les approches transpersonnelles modernes reprennent également cette distinction entre ego et Soi (nommé self ou higher-self en anglais).&lt;br /&gt;
Le processus d’individuation&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
En enlevant le voile d’illusion qui nous identifie à l’ego, il devient possible de se détacher progressivement de ses émotions et, dans la quiétude retrouvée, de prendre conscience de notre véritable centre, le Soi, jusque-là masqué derrière le bruit de fond du mental.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Ce processus qui amène du moi au Soi a été nommé « processus d’individuation » par Carl Gustav Jung :&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Au moment de sa naissance, le bébé se vit comme non séparé de ce qui l’entoure et n’a pas conscience de sa propre individualité. Plus tard, l’enfant démarrera une phase d’individualisation lors de laquelle il prendra conscience de son existence distincte et développera sa personnalité au travers la construction d’un ego sain lui permettant d’interagir efficacement avec le monde extérieur. Mais si cet ego se développe jusqu’à l’hypertrophie, la personne deviendra narcissique et de plus en plus individualiste.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Une fois parvenu à l’âge adulte, l’individu qui a effectué un travail de désidentification de son ego entame alors la phase d’individuation, qui lui permet de prendre conscience de son Soi, cet espace paisible dans lequel l’ego se dissout en ses nombreux agrégats et retrouve sa juste place de serviteur, au lieu de se prendre pour le maître.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Si le bébé disposait d’un Soi non différencié et non conscientisé, l’adulte a la possibilité de refaire l’expérience du Soi mais, à la différence des premiers jours, un Soi qui est différencié et conscientisé : à la fois il se perçoit comme individué et à la fois il se sent relié aux autres et au tout.&lt;br /&gt;
L’éveil&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Lorsque le processus de désidentification est mené jusqu’à son terme complet, l’identité de l’ego se dissout totalement dans le Soi. C’est ce qu’on appelle l’éveil spirituel.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
L’éveil est souvent assimilé à une disparition de l’ego, ce qui n’est pas correct. Un être éveillé reste un être humain incarné et, à ce titre, il ne peut exister sans ego. Il continue donc d’avoir des besoins matériels ou affectifs au même titre que tout le monde. L’ego subsiste chez un être éveillé mais il n’est plus la source de son identité. Chez lui, l’ego retrouve sa place plus humble de serviteur, ce n’est plus lui qui tient la barre de son existence.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Une fois l’éveil atteint, l’ego est perçu comme un prolongement du Soi. L’être éveillé expérimente l’impersonnel, mais un impersonnel qui inclut le personnel. C’est la condition pour que l’impersonnel puisse s’expérimenter dans la matière. Plutôt qu’être en opposition, le moi et le Soi tissent alors un dialogue entre eux.&lt;/div&gt;</summary>
		<author><name>78.224.74.40</name></author>
		
	</entry>
	<entry>
		<id>https://wiki-conscience.terretciel.com/index.php?title=Accueil&amp;diff=225</id>
		<title>Accueil</title>
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		<updated>2021-05-27T09:50:23Z</updated>

		<summary type="html">&lt;p&gt;78.224.74.40 : &lt;/p&gt;
&lt;hr /&gt;
&lt;div&gt;==== Bienvenue sur Wiki Conscience Terre et Ciel ====&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
'''INTRODUCTION  GENERALE''' &lt;br /&gt;
L'objectif de ce wiki est de créer et partager un espace sur les thèmes de l’éveil de conscience spiritualité psychologie spirituelle .&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
En voici la liste (non-exhaustive) :&lt;br /&gt;
''(Texte et lien d'exemple)''&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
=== PREAMBULE ===&lt;br /&gt;
*[[INTRODUCTION  GENERALE]]&lt;br /&gt;
*[[INTRODUCTION - AVERTISSEMENTS - PORTES D ' ENTREES]]&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
*[[SPIRITUALITE  SCIENCE ]]&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
*[[PREMIER  CHAPITRE ]]&lt;br /&gt;
*[[DEUXIEME  CHAPITRE]]&lt;br /&gt;
*[[MA PROPRE STRUCTURE-AVERTISSEMENT-PORTES D'ENTREES]]&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
=== ALPHABETIQUE ET PORTES D'ENTREES ===&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
SUIVI  DES RESSOURCES EN COURS &lt;br /&gt;
ASSO  SPIRITUALITE  PAGE 15 GO ON RUC ASSO;GOUV&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
SPIRA L INTIMITE DE L AMOUR &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
MAIEUTIQUE L EVEIL  DU COEUR &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
*[[AA  GENERIQUE]] &lt;br /&gt;
* [[action|ACTION]]&lt;br /&gt;
*[[AME]]&lt;br /&gt;
*[[AMOUR]] &lt;br /&gt;
* [[ATTITUDE]]&lt;br /&gt;
*[[BB GENERIQUE]] &lt;br /&gt;
*[[BIEN ET  MAL]]&lt;br /&gt;
*[[BIOGRAPHIE PERSO]]&lt;br /&gt;
*[[BIOGRAPHIE AUX AMIS ETC]]&lt;br /&gt;
*[[BROCHURE(S)]]&lt;br /&gt;
*[[CC GENERIQUE]]&lt;br /&gt;
*[[CHANGER LE MONDE - voir a POLITIQUE ET CIE]]&lt;br /&gt;
*[[CHARITE  - AMOUR - SERVIR]]&lt;br /&gt;
*[[CHARTE]]&lt;br /&gt;
*[[CHEMIN - Chemin Spirituel]]&lt;br /&gt;
*[[CHRIST - CHRISTIANISME - JESUS -ETC]]&lt;br /&gt;
*[[CHRISTOPHE  ALLAIN]]&lt;br /&gt;
*[[COMBAT  SPIRITUEL]]&lt;br /&gt;
*[[COMPLOTISME]]&lt;br /&gt;
*[[CONSCIENCE]]&lt;br /&gt;
*[[DD GENERIQUE]] &lt;br /&gt;
*[[DERIVES]]&lt;br /&gt;
*[[DESIR]]&lt;br /&gt;
*[[DIEU]]&lt;br /&gt;
*[[DIX  PRINCIPES ET // avec LOIES  SERIES]]&lt;br /&gt;
*[[DOUCEUR]]&lt;br /&gt;
*[[DUALITE]]&lt;br /&gt;
*[[EE  GENERIQUE]] &lt;br /&gt;
*[[EGO]]&lt;br /&gt;
*EMERVEILLEMENT &lt;br /&gt;
*EMOTIONS&lt;br /&gt;
*ENERGIE&lt;br /&gt;
*[[FF  GENERIQUE]] &lt;br /&gt;
*[[FOI]]&lt;br /&gt;
*[[GG GENERIQUE]]&lt;br /&gt;
*GRANDEUR&lt;br /&gt;
*Gratitude&lt;br /&gt;
*[[GRILLE  UNIVERSELLE]]&lt;br /&gt;
*[[HH GENERIQUE]]&lt;br /&gt;
*HUMILITE&lt;br /&gt;
*[[II GENERIQUE]] &lt;br /&gt;
*[[INTELLECTUALISME , MENTAL ET INTELLECT EVEILLE OU SUPERIEUR ETC.]]&lt;br /&gt;
*INTÉRIORITÉ &lt;br /&gt;
*[[JJ KK GENERIQUE]]&lt;br /&gt;
*[[JEU - JEU DIVIN - LEELA]]&lt;br /&gt;
*JOIE&lt;br /&gt;
*[[JOURNAL, BROUILLON, ETC]] &lt;br /&gt;
*[[LL  GENERIQUE]] &lt;br /&gt;
*[[LIBERTE D EXPRESSION]]&lt;br /&gt;
*[[LOIES SERIES]]&lt;br /&gt;
*[[MM  GENERIQUE]]&lt;br /&gt;
*[[MADMAGZ A NE pas OUBLIER]]&lt;br /&gt;
*[[MANIFESTATION , UNIVERS , NATURE , LOI-SERIE DE ...]]&lt;br /&gt;
*[[MYSTIQUE VOIR AUSSI A NOETIQUE]]&lt;br /&gt;
*[[NN GENERIQUE]]&lt;br /&gt;
*Négativité&lt;br /&gt;
*[[NOETIQUE 1 DE NON DUALITE-VOIR A MYSTIQUE ?]]&lt;br /&gt;
*[[NOETIQUE 2 QUENTIN DISNEUR]]&lt;br /&gt;
*[[NOETIQUE 3- TANTRA CHRETIEN]]&lt;br /&gt;
*[[NOETIQUE 4 - TEMOIGNAGES D EVEIL]]&lt;br /&gt;
*[[NON  DUALITE]] &lt;br /&gt;
*NON SEPARATION &lt;br /&gt;
*[[NOUVEL AGE (LE)-New Age]]&lt;br /&gt;
*[[OO GENERIQUE]] &lt;br /&gt;
*Orgueil&lt;br /&gt;
*Oubli, +ou-..&lt;br /&gt;
*[[PP GENERIQUE]] &lt;br /&gt;
*[[le PÉCHÉ -voir aussi SEPARATION]]&lt;br /&gt;
*PENSÉES - INTELLECT - MENTAL &lt;br /&gt;
*[[PERCEPTION - LOI-SERIE]]&lt;br /&gt;
*PHILOSOPHIE &lt;br /&gt;
*[[POÉSIE ET LITTÉRATURE MYSTIQUE]]&lt;br /&gt;
*[[POLITIQUE-CHANGER LE MONDE OU PARTICIPER-KARMA YOGA ETC]]&lt;br /&gt;
*[[POSITIF]]&lt;br /&gt;
*[[le PRINCIPE  DIVIN, L'UN-TROIS-DOUZE]]&lt;br /&gt;
* [[PSYCHOLOGIE-PSYCHOTHERAPIE-ETC]]&lt;br /&gt;
*Puissance&lt;br /&gt;
*[[QQ GENERIQUE]] &lt;br /&gt;
*[[QUESTIONNEMENT]]&lt;br /&gt;
*[[QUI  SUIS  JE]]&lt;br /&gt;
*[[RR  GENERIQUE]]&lt;br /&gt;
*[[RELIGION]] &lt;br /&gt;
*[[Réponse]]&lt;br /&gt;
*[[REALISATION]]&lt;br /&gt;
*[[SS  GENERIQUE]] &lt;br /&gt;
* [[SADHANA - CHEMIN]]&lt;br /&gt;
*[[Sagesse]]&lt;br /&gt;
*[[SECTES]]&lt;br /&gt;
*[[SENSIBILITE - voir a PERCEPTION ausssi]]&lt;br /&gt;
*[[SEPARATION- NON-SEPARATION]]&lt;br /&gt;
*[[SPIRITUALITE]] &lt;br /&gt;
*[[TT  GENERIQUE]] &lt;br /&gt;
*Tao&lt;br /&gt;
*Totalité&lt;br /&gt;
*Tout Autre&lt;br /&gt;
*[[TRACT]]&lt;br /&gt;
*[[UU  GENERIQUE]] &lt;br /&gt;
*UNITÉ &lt;br /&gt;
*[[VV  GENERIQUE]] &lt;br /&gt;
*Vérité&lt;br /&gt;
*[[WXYZ GENERIQUE]] &lt;br /&gt;
* [[Yoga-Union]]&lt;br /&gt;
*Zen - Tao&lt;/div&gt;</summary>
		<author><name>78.224.74.40</name></author>
		
	</entry>
	<entry>
		<id>https://wiki-conscience.terretciel.com/index.php?title=PREMIER_CHAPITRE&amp;diff=224</id>
		<title>PREMIER CHAPITRE</title>
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		<updated>2021-05-22T16:04:06Z</updated>

		<summary type="html">&lt;p&gt;78.224.74.40 : &lt;/p&gt;
&lt;hr /&gt;
&lt;div&gt;&lt;br /&gt;
-LE CHEMIN&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
1-2 LES DERIVES &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
--Le mystique peut expérimenter une grande liberté dans sa relation à Dieu tant corporelle qu'intellectuelle... qui peuvent le surprendre et alors risquer de l'égarer.&lt;br /&gt;
Pour le chrétien, il est donc nécessaire lorsqu'il s'engage dans cette voie de contrôler son cheminement vers Dieu qui se révèle en le confrontant en permanence avec la foi chrétienne. Ceci peut se faire de diverses manières : par attachement à l'enseignement de l'Eglise, par recours à un directeur spirituel... &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
-LA TRADITION --LE REFUGE - LA SANGHA  ETC &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
DIFF2RENCE ENTRE tradition en tant que tradition primordiale, etc etc &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
et tradition plus en tant que refuge ,sangha :&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Le choix d’une tradition peut se faire au cours de l’histoire personnelle. C’est un moment important dans la mesure où on peut bénéficier de tout un ensemble de témoignages de personnes qui sont des voyants de l’Absolu et qui balisent le chemin.&lt;br /&gt;
Il n’est donc ici pas question de faire table rase des traditions humaines et particulièrement de la tradition chrétienne. Cela permet de ne pas se limiter à sa propre expérience mais de la démultiplier d’autant que l’on a plus tout à réinventer et que la vie humaine est courte.&lt;br /&gt;
Ainsi :&lt;br /&gt;
.	dans le christianisme, Dieu se révèle en se faisant homme ;&lt;br /&gt;
.	dans le judaïsme, Dieu se révèle par l’intermédiaire de l’histoire d’un peuple particulier ;&lt;br /&gt;
.	dans l’islam, Dieu se révèle dans un livre ;&lt;br /&gt;
.	dans le bouddhisme et l’hindouïsme, l’Absolu se révèle au travers d’hommes qui sont des « voyants » du réel ;&lt;br /&gt;
.	…&lt;br /&gt;
Y reconnaître l’Absolu&lt;br /&gt;
Le choix d’une tradition est important, car j’y reconnais l’Absolu qui s’y dévoile. Normalement, c’est dans ma propre tradition que l’Absolu se dévoile avec le plus de Vérité (autrement, j’en changerais). Cela influence évidemment ma prise de conscience et toute ma relation au réel.&lt;br /&gt;
Alors, ainsi établi dans une tradition (et même la « tradition » de ceux qui sont sans tradition), il est possible de se laisser interpeller par d’autres traditions et d’enrichir ainsi sa compréhension de sa propre tradition.&lt;br /&gt;
C’est ici qu’il est toujours intéressant de « critiquer » sa propre tradition et de voir le rapport de cette tradition à l’Absolu qui s’y dévoile. C’est une marche en tension qui doit être rapportée à sa propre expérience.&lt;br /&gt;
Faire confiance&lt;br /&gt;
Le rattachement à une tradition est essentiellement un acte de confiance, je fais confiance à l’Absolu qui se dévoile dans cette tradition. Je fais donc confiance à d’autres hommes à l’origine de cette tradition quant à ce qui m’importe le plus dans ma vie : l’intimité avec l’Absolu. Cet acte de confiance n’est pas anodin, car il doit engager toute ma vie.&lt;br /&gt;
Faire confiance me décentre de moi-même, je reçois d’autres ce qui est au cœur de ma vie. Ce décentrement est fondamental dans la vie spirituelle, car il est important de soumettre sa vie spirituelle à d’autres pour éviter de s’y enfermer.&lt;/div&gt;</summary>
		<author><name>78.224.74.40</name></author>
		
	</entry>
	<entry>
		<id>https://wiki-conscience.terretciel.com/index.php?title=SECTES&amp;diff=223</id>
		<title>SECTES</title>
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		<updated>2021-05-22T16:03:52Z</updated>

		<summary type="html">&lt;p&gt;78.224.74.40 : &lt;/p&gt;
&lt;hr /&gt;
&lt;div&gt;La Miviludes a définit comme suit la dérive sectaire, ce qui est &amp;quot; tres marrant &amp;quot; c'est que si on lit ces lignes adaptée &amp;quot; a la soiciété française toute entière &amp;quot; , ou a ceux qui nous dirigent, ça fonctionne pas mal du tout ! &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Définition dérive sectaire :  &lt;br /&gt;
&amp;quot;Il s'agit d'un dévoiement de la liberté de pensée, d’opinion ou de religion qui porte atteinte à l'ordre public, aux lois ou aux règlements, aux droits fondamentaux, à la sécurité ou à l’intégrité des personnes. Elle se caractérise par la mise en œuvre, par un groupe organisé ou par un individu isolé, quelle que soit sa nature ou son activité, de pressions ou de techniques ayant pour but de créer, de maintenir ou d’exploiter chez une personne un état de sujétion psychologique ou physique, la privant d’une partie de son libre arbitre, avec des conséquences dommageables pour cette personne, son entourage ou pour la société.&amp;quot;&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
*****************************&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
ou encore : &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
***************************&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
L'Etat belge est assimilable à une secte !&lt;br /&gt;
Le rapport de la Commission d'enquête parlementaire sur les sectes, enregistré à l'Assemblée nationale française le 22 décembre 1995 énonce ses 9 critères distinctifs d'une secte :&lt;br /&gt;
1. déstabilisation mentale&lt;br /&gt;
2. caractère exorbitant des exigences financières&lt;br /&gt;
vol pur et simple - puisqu'il y a absence de consentement exprès de la part des contribuables/taxés) dans le cas de l'Etat, dans des proportions, de toute façon, exorbitantes&lt;br /&gt;
3. rupture induite avec l’environnement d’origine&lt;br /&gt;
Ex.: quasi-obligation de fréquenter une école, par ex., ou de soumettre ses enfants à des contrôles en cas d'instruction extrascolaire&lt;br /&gt;
4. atteintes à l’intégrité physique&lt;br /&gt;
Le poids écrasant des exigences financières qui confine parfois à l'esclavagisme peut avoir des conséquences importantes sur la santé physique des contribuables/taxés&lt;br /&gt;
5. embrigadement des enfants&lt;br /&gt;
Ex.: quasi-obligation de fréquenter une école, par ex., ou de soumettre ses enfants à des contrôles en cas d'instruction extrascolaire&lt;br /&gt;
6. discours plus ou moins anti-social&lt;br /&gt;
L'Etat fait mieux que des discours antisociaux : ses actes mêmes sont antisociaux, par le chômage, la misère et les suicides qu'il provoque&lt;br /&gt;
7. troubles à l’ordre public&lt;br /&gt;
Les méthodes dictatoriales entraînent des manifestations et troubles réguliers&lt;br /&gt;
8. importance des démêlés judiciaires&lt;br /&gt;
Tout est relatif, mais ils doivent être nombreux, peut-être pas autant que le nombre de contrôles invasifs, pénibles et horophages effectués.&lt;br /&gt;
9. tentatives d’infiltration des pouvoirs publics&lt;br /&gt;
Inutile : il sont les pouvoirs publics !&lt;br /&gt;
Et comme une secte, l'Etat ne demande pas notre consentement pour adhérer à son organisation : il affilie de son propre chef. La notion de relations consenties entre personnes majeures et vaccinées lui est parfaitement étrangère.&lt;br /&gt;
Et comme une secte encore, l'Etat ne prévoit pas que vous puissiez le quitter...&lt;br /&gt;
Troublant, non ?&lt;/div&gt;</summary>
		<author><name>78.224.74.40</name></author>
		
	</entry>
	<entry>
		<id>https://wiki-conscience.terretciel.com/index.php?title=DERIVES&amp;diff=222</id>
		<title>DERIVES</title>
		<link rel="alternate" type="text/html" href="https://wiki-conscience.terretciel.com/index.php?title=DERIVES&amp;diff=222"/>
		<updated>2021-05-22T16:03:14Z</updated>

		<summary type="html">&lt;p&gt;78.224.74.40 : Page créée avec « -au nombre des dérives, les &amp;quot; sectes &amp;quot; sont u miroir ...et la société elle meme ? voici un texte qui ...:    ***************************  L'Etat belge est assimilable... »&lt;/p&gt;
&lt;hr /&gt;
&lt;div&gt;-au nombre des dérives, les &amp;quot; sectes &amp;quot; sont u miroir ...et la société elle meme ? voici un texte qui ...:  &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
***************************&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
L'Etat belge est assimilable à une secte !&lt;br /&gt;
Le rapport de la Commission d'enquête parlementaire sur les sectes, enregistré à l'Assemblée nationale française le 22 décembre 1995 énonce ses 9 critères distinctifs d'une secte :&lt;br /&gt;
1. déstabilisation mentale&lt;br /&gt;
2. caractère exorbitant des exigences financières&lt;br /&gt;
vol pur et simple - puisqu'il y a absence de consentement exprès de la part des contribuables/taxés) dans le cas de l'Etat, dans des proportions, de toute façon, exorbitantes&lt;br /&gt;
3. rupture induite avec l’environnement d’origine&lt;br /&gt;
Ex.: quasi-obligation de fréquenter une école, par ex., ou de soumettre ses enfants à des contrôles en cas d'instruction extrascolaire&lt;br /&gt;
4. atteintes à l’intégrité physique&lt;br /&gt;
Le poids écrasant des exigences financières qui confine parfois à l'esclavagisme peut avoir des conséquences importantes sur la santé physique des contribuables/taxés&lt;br /&gt;
5. embrigadement des enfants&lt;br /&gt;
Ex.: quasi-obligation de fréquenter une école, par ex., ou de soumettre ses enfants à des contrôles en cas d'instruction extrascolaire&lt;br /&gt;
6. discours plus ou moins anti-social&lt;br /&gt;
L'Etat fait mieux que des discours antisociaux : ses actes mêmes sont antisociaux, par le chômage, la misère et les suicides qu'il provoque&lt;br /&gt;
7. troubles à l’ordre public&lt;br /&gt;
Les méthodes dictatoriales entraînent des manifestations et troubles réguliers&lt;br /&gt;
8. importance des démêlés judiciaires&lt;br /&gt;
Tout est relatif, mais ils doivent être nombreux, peut-être pas autant que le nombre de contrôles invasifs, pénibles et horophages effectués.&lt;br /&gt;
9. tentatives d’infiltration des pouvoirs publics&lt;br /&gt;
Inutile : il sont les pouvoirs publics !&lt;br /&gt;
Et comme une secte, l'Etat ne demande pas notre consentement pour adhérer à son organisation : il affilie de son propre chef. La notion de relations consenties entre personnes majeures et vaccinées lui est parfaitement étrangère.&lt;br /&gt;
Et comme une secte encore, l'Etat ne prévoit pas que vous puissiez le quitter...&lt;br /&gt;
Troublant, non ?&lt;/div&gt;</summary>
		<author><name>78.224.74.40</name></author>
		
	</entry>
	<entry>
		<id>https://wiki-conscience.terretciel.com/index.php?title=INTRODUCTION_GENERALE&amp;diff=221</id>
		<title>INTRODUCTION GENERALE</title>
		<link rel="alternate" type="text/html" href="https://wiki-conscience.terretciel.com/index.php?title=INTRODUCTION_GENERALE&amp;diff=221"/>
		<updated>2021-05-22T15:23:36Z</updated>

		<summary type="html">&lt;p&gt;78.224.74.40 : &lt;/p&gt;
&lt;hr /&gt;
&lt;div&gt;1-introduction a l'atelier &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
l'atelier est déja introduit par l'appel téléphonique ou le flyer ...&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
*******************************&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
LES LOIES SERIES &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
-LE CHEMIN SPIRITUEL - ou l'expérience de la vie , ou x x x ...&lt;br /&gt;
 chemin spirituel dans un sens large , holistique , etc ...&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
LA VIE dans toutes ses dimensions . La Conscience dans tous ses niveaux, qu'elle soit &amp;quot;matérialiste &amp;quot; ou &amp;quot;sacrée&amp;quot; ,  l'Humain dans toutes ses dimensions, la Vie en Moi , en mes proches , tel est le sujet de ce livre , de cet &amp;quot; essai &amp;quot; .&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Avec une nouveauté, une originalité ? Oui et non ...&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Oui j'èspère , dans les directions suivantes : une certaine SIMPLICITE , qualité de SYNTHESE , ouverture a différents &amp;quot; types ou niveaux &amp;quot; de LECTEURS , et j'èspère une certaine Originalité ( ? ).&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Non, et j'y reviendrais , &amp;quot;parce que rien de neuf, tout a été dit &amp;quot; ( avec quelques différences - nouveautés dans la Cristallisation de la vie dans la Forme ) .&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Quelques thèmes abordés , pour vous donner envie ou ..., voir ci dessous à ''W'.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
PREMIERE PROPOSITION -AIDE A S ORIENTER :&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Lire avec l'ordre suivant :&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
 l' intro , l avertissemnt  et prémices ( ou autres mots - lois-séries comme :...) , les portes d entrées et alphabétique .&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
AHH le langage, sacré langage-avertissement ?&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Du Coeur originel de la Vie est apparu toutes choses, l'objet de ce site est ainsi de découvrir toute la dynamique, les mouvements, qui vont du Coeur Originel a tout ce qui est, &amp;quot;le rien et le tout &amp;quot;, et de la Vie multiple et diverse vers sa Source.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Et l'humain, fruit de la Vie, parlons de meme de son coeur originel et de toutes ses dimensions .Trouvons une image...L'homme est un peu comme un batiment, avec différents étages, chacun sa fonction...Nous proposons le canevas suivant , qui sera un peu l'ordre des chapitres ou bien des portes d'entrées.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Avant d'entrer dans ce batiment , cet humain, nous proposons :&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
-Sommes nous pret ?  &lt;br /&gt;
                                                                                                      &lt;br /&gt;
-Et que ce soit oui ou pas sur, Par quel(s) chemin(s) ?&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Laisser découvrir par vous meme est aussi un objectif de ce site .&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Les grands étages , de &amp;quot;bas&amp;quot; en &amp;quot;haut&amp;quot; , avec des a-priori que nous expliquerons, sachant que &amp;quot;tout est en tout il y a peu de &amp;quot;linéaire&amp;quot;, fractal, etc etc.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
-le corps : le corps physique,la personnalité,les émotions, l'intellect &amp;quot;basique&amp;quot;,la nature,le cosmos visible, la science, la psychologie  ...&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
-l'ame : le lien entre le corps tel que décris ci dessus, et l'Esprit- Qu'est ce que l'Ame - la joie la paix - le corps (les corps) Subtils &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
-L'Esprit : la spiritualité ( religion ?) la source  le tout autre l'au dela de tout ou au dela de la pensée discursive ; la philosophie &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Encore une fois il y a &amp;quot; densité&amp;quot;, par ex la psychologie le science peuvent s'employer pour les etages ame -esprit !! ??&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Les challenges que nous souhaitons développer :&lt;br /&gt;
*la simplicite&lt;br /&gt;
*la synthese&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
ET SI ON SYNTHETISAIT TOUTE LA VIE CA POURRAIT DONNER CELA , NON ?&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
-tout le positif&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
-tout le negatif&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
-l harmonisation oule depassement ou la maitrise des deux &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
-le corps (humain et animal et tous les regnes et l  univers )&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
-l'humain&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
-la religion, la transcendance ( ok ok, que ce soit vrai ou pas )&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Ecrire un livre est a l'image de la vie, elle meme &amp;quot;a l'image et a la ressemblance &amp;quot; de dieu :&lt;br /&gt;
etre joyeux, aventureux, relationnel , pole positif et pole negatif, expansion et manifestation : donc expansion dans le bien ..et le mal ..., toujours encadré de l'Englobant et de Tout se Transforme ...,a coté de l'Immobile-Tout Autre.&lt;/div&gt;</summary>
		<author><name>78.224.74.40</name></author>
		
	</entry>
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		<id>https://wiki-conscience.terretciel.com/index.php?title=NON_DUALITE&amp;diff=220</id>
		<title>NON DUALITE</title>
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		<updated>2021-05-19T21:12:03Z</updated>

		<summary type="html">&lt;p&gt;78.224.74.40 : &lt;/p&gt;
&lt;hr /&gt;
&lt;div&gt;-1-1 -&amp;quot;Perso&amp;quot; &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
 La non dualité est une grande voie et réalisation ,&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
et comme toute voie , signe, elle peut avoir ses dérives ! ...La aussi , comme pour toute chose dans la vie ...&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&amp;quot; SOYEZ UN COMME MOI MEME JE SUIS UN AVEC LE PERE &amp;quot; voilà la non dualité , qu'elle soit &amp;quot; chrétienne&amp;quot; ou de &amp;quot; l'advaita&amp;quot; ... &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
-2-1 FAUSSE NON DUALITE - DERIVE -ETC &lt;br /&gt;
-2-2 LE FAUX DANS &amp;quot; IL N Y A RIEN A FAIRE &amp;quot; - TRES CLAIR ( Spira )&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
************************&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
-2-1-&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Accepter la souffrance est, par définition, ne pas avoir de motivation pour la changer, mais la souffrance est par définition, le désir de changer la situation courante. Laquelle des deux est vraie ? Accepter la situation courante ou le désir de changer ? Les deux ne peuvent être vrais.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
'''Cette contradiction est au coeur du “pseudo advaita”.''' Peut-être que l’expression pseudo advaita est connotée négativement, ce qui n’est pas l’intention ici. Parler d’advaita “intellectuel” serait peut-être plus adéquat. Ce que cela veut désigner, c’est une situation, où nous nous sommes appropriés la croyance en l’advaita et l’avons adoptée comme une stratégie supplémentaire, pour éviter la confrontation honnête avec notre souffrance. C’est un faux-semblant. Cette croyance dégrade l’advaita d’une compréhension basée sur l’expérience à une religion. &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Une façon de définir l’advaita est de dire, que c’est la compréhension, basée sur l’expérience, qu’il n’existe aucun objet ou identité séparée.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Si nous pensons et ressentons que nous sommes une entité séparée, et parallèlement qu’il n’existe aucune entité séparée dans l’expérience, nous nous contredisons.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
La pensée la plus profonde des deux est la pensée que nous sommes une entité séparée (car un sentiment très fort est attaché à cette pensée) et pour cette raison, je suggère que la pensée suivante (qu’il n’existe aucune entité) est simplement une croyance, que ce n’est pas réellement le fruit de notre expérience. On ne peut pas se tenir en tant que Conscience illimitée et en même temps, en tant qu’entité séparée limitée. Prendre cette position n’est pas honnête, d’où le terme de “pseudo advaita”&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Dire que “j’accepte ma souffrance comme une expression de la Grâce” est une forme de cette contradiction. Le “je” qui souffre et le “je” qui accepte est fait de la croyance que certaines choses sont la Grâce et d’autres pas.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
C’est la négation même de la compréhension que tout est Grâce, c’est la négation de la compréhension de la non dualité, que tout est au même titre, une expression de la Conscience. Bien sûr, au final ce refus lui-même est fait de rien d’autre que de Conscience, c’est pourquoi j’ai souvent dit qu’il n’y a pas de réelle ignorance.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Toutefois, une fois que la Conscience a pris la forme du mental qui dit: “Je suis Conscience, et suis cette petite entité et donc ne suis rien d’autre” sa réalité en tant que substance de toutes choses semble être voilée. Ce voile est connu comme l’expérience de la souffrance.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
La position de souffrance et la position dans laquelle nous comprenons que la Conscience est la substance de toutes choses, s’excluent donc mutuellement. Dans ce cas la non dualité est simplement une croyance surajoutée à nos sentiments dualistes.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Une telle position est celle où nous pensons que tout est expression de la Conscience, alors que nous ressentons en fait que cela ne l’est pas. Et pour contenir cette contradiction, nous ajoutons une autre pensée, qui dit : j’accepte complètement ma souffrance, comme l’expression de la Conscience, c’est-à-dire j’accepte mon refus de la situation courante. La souffrance étant synonyme de recherche, si nous acceptons la situation courante (notre souffrance) pourquoi la rejetons nous d’autre part et recherchons une meilleure situation ?&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Q: Sur le “chemin” vers l’éveil, on nous apprend que l’acceptation de tout ce qui se présente est une clé pour vivre une plus grande paix…&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
R: Vous devez demander à ceux qui parlent ainsi, d’expliquer leur enseignement, car ce n’est certainement pas ce qui est suggéré ici.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Si nous souffrons, par définition nous tentons d’essayer de changer la situation actuelle. Si “accepter” est notre nouvelle stratégie pour éviter la souffrance, c’est simplement un peu plus sain que d’aller dans le frigidaire ou tout autre… Cela n’a en réalité rien à voir avec l’acceptation. Accepter quelque chose dans le but de s’en débarrasser n’est pas l’acceptation. C’est un refus déguisé en acceptation.&lt;br /&gt;
—-&lt;br /&gt;
Si quelqu’un souffre, je suggère qu’il ou elle ait le courage et l’honnêteté de faire face à leur souffrance sans tenter d’y échapper. Simplement la regarder et voir les faits de la situation : d’abord notre souffrance psychologique implique le refus de notre situation actuelle et ensuite, il y a une supposée entité séparée au centre de ce refus. C’est le premier pas du “processus mental”.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Le deuxième, c’est s’interroger sur la nature de cette entité apparente. Après tout, si notre souffrance tourne autour d’elle, toute compréhension de notre souffrance doit impliquer une compréhension de cette entité apparente. Regardez s’il vous plaît, que la suggestion ici est de comprendre la souffrance et non de s’en débarrasser.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
En recherchant cette entité apparente, à notre surprise nous ne la trouvons pas. Nous trouvons simplement une croyance et quelques sensations corporelles apparaissant dans et finalement faites de notre Présence-connaissance ou Conscience. A ce point le “processus mental” touche à sa fin et nous prenons simplement la position consciente de ce que nous sommes déjà toujours.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Si la croyance ou la sensation de séparation revient, nous reprenons notre démarche et exploration jusqu’à ce que nous nous retrouvons de nouveau établi consciemment en tant que Conscience. Avec le temps, il y a de moins en moins d’investigation et de plus en plus de présence.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
***********************&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
2-2- LE FAUX DANS  &amp;quot; IL N Y A RIEN A FAIRE  &amp;quot; &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Une Réponse à l'Affirmation &amp;quot;Il n'y a Rien à Faire&amp;quot;&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Je rencontre tant de personnes qui ne sont pas heureuses, et à qui on a dit qu’il n’y a absolument rien à faire. Donc, en plus de leur mal-être, une couche de résignation et de frustration a été ajoutée.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Il est vrai que du point de vue de l’absolu, il n’y a rien à faire, et personne pour le faire. Toutefois une personne malheureuse ne parle pas du point de vue de l’absolu. Elle parle du point de vue, où l’apparente entité séparée, son mal-être et la recherche qui obligatoirement s’ensuit, sont vécues comme tout à fait réelles. Il n’y a là aucun jugement.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Il est important de comprendre qu’en tant qu’entité séparée, faire ou ne pas faire n’est pas un choix. Faire (dans ce cas, rechercher le bonheur) est inévitable et inéluctable, si l’on ressent que l’on est une entité séparée, c’est-à-dire si l’on se sent malheureux.&lt;br /&gt;
Il n’est pas juste de dire: “Je sens que je suis une personne, une entité séparée, je suis malheureux et pourtant je sais qu’il n’y a rien à faire”. L’entité séparée est celui qui fait, qui cherche, qui pense etc. Ce qui s’ est passé dans de tels cas, c’est qu’un mince vernis d’Advaita a été répandu sur nos croyances et sentiment de séparation.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
——&lt;br /&gt;
Si nous sommes malheureux, nous rejetons par définition la situation actuelle. Nous voulons que les choses soient différentes. Ce rejet de la situation courante est en soi synonyme de recherche d’une situation différente, c’est-à-dire la recherche du bonheur dans le futur. En d’autres termes, mal-être et recherche du bonheur sont inséparables.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Si nous disons que nous sommes malheureux et qu’en même temps nous comprenons qu’il n’y a rien à faire, qu’il n’y a pas de recherche, alors nous n’avons simplement pas examiné suffisamment notre condition présente.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Dans un tel cas, un regard clair sur nous-même, révèlera une entité apparente, qui est véritablement en recherche, c’est-à-dire, une entité qui fait quelque chose. Ainsi rechercher le bonheur n’est pour celui ou celle qui croit être une entité, pas un choix. C’est donné. La personne séparée est la recherche du bonheur.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
——&lt;br /&gt;
Cette aspiration profonde de votre coeur est un mélange de la joie même que vous recherchez plus la croyance et le sentiment qu’elle n’est pas présente. Si nous ajoutons la croyance qu’il n’y a rien à faire pour dévoiler cette joie, nous nous condamnons à la résignation, frustration et désespoir, soulagés par quelques moments fugaces de bonheur. Il est vrai que l’aspiration du coeur ne peut être comblée, mais elle peut être dissoute.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
La joie est la simple reconnaissance de notre propre être - c’est la chose la plus naturelle. Ce qui reconnaît cet Etre et ce qui est reconnu sont une seule et même chose.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
——&lt;br /&gt;
Si nous pensons que nous sommes une personne (et que nous nous sentons malheureux de ce fait) il y a deux choses que l’on peut faire. L’une est de rechercher la source de cette personne apparente. En tournant notre attention vers notre propre Etre, cette apparente entité qui semblait tourner son attention, se révèle n’être rien d’autre que la Présence elle-même.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Et la deuxième : en prenant la position de cette conscience-présence, nous pouvons coopérer avec le réalignement du mental et du corps, et en fait du monde, avec cette nouvelle position. Cela demande simplement de la patience, de la clarté et du courage.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
La Présence s’est, semble-t-il, voilée en prenant la forme de la pensée dualiste, mais étant la substance même de toute expérience, elle a aussi permis le chemin du retour à elle, un fil d’or… le chemin de l’investigation et de la contemplation.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Du point de vue de la personne, ces deux possibilités seront ressenties comme un faire - qu’il en soit ainsi. Elles sont le cadeau (la grâce) de la Présence à elle-même.&lt;/div&gt;</summary>
		<author><name>78.224.74.40</name></author>
		
	</entry>
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		<id>https://wiki-conscience.terretciel.com/index.php?title=SPIRITUALITE&amp;diff=219</id>
		<title>SPIRITUALITE</title>
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		<updated>2021-05-19T20:47:35Z</updated>

		<summary type="html">&lt;p&gt;78.224.74.40 : &lt;/p&gt;
&lt;hr /&gt;
&lt;div&gt;LA  SPIRITUALITE &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Qu'est ce que la spiritualité &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
comme toute chose il est possible de donner différentes définitions, en partie &amp;quot; selon le point de départ d'ou l'on se place &amp;quot; ! ,&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
ainsi je pourrais dire &amp;quot;la spiritualité c'est la vie &amp;quot;...,&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
ou bien la spiritualité c'est une approche particulière de la vie qui fait appel a l'aspiration de connaitre intimement la vie les lois subtiles de la vie, notamment celles amenant a l'amour, la sagesse , la joie, la paix.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
EN une phrase : la spiritualité est l'expression du coeur &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
si l'expression du coeur est une montagne, nous sommes sur cette montagne ! &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Si la spiritualité est une montagne, alors nous cheminons sur cette montagne &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
-001 -de SERGE  LANOE &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
01- du site de VISSAC &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
-1-  wikipedia&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
- 2 -maieutique&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
-001- DE SERGE LANOE ...et vision CHRISTIQUE -et de MOI &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
-J'ai une vision et une définition de la spiritualité qui est très large ...,&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
par spiritualité j'entend l'élan de vie, le mouvement de la vie dans toutes ses dimensions , telle qu'elle se présente.  &amp;quot;ici et maintenant &amp;quot; ou autrement .  Par spiritualité je n'entend PAS forcèment une &amp;quot;catégorie particulière &amp;quot; de l'expression humaine, telle que sont données dans l'acception courante ...&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
C'est la science, la curiosité, le mouvement de la conscience vers l'extérieur-intérieur, etc etc ...&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
c 'est &amp;quot; l'acceuil de tout &amp;quot;...c'est la VIE dans ses &amp;quot;MOUVEMENTS&amp;quot; , ses dynamiques ...&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
les mots peuvent le dire et ne peuvent pas le dire ...&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
c'est le &amp;quot;CHEMIN&amp;quot; qui s'ouvre à l'homme qui pressent &amp;quot;l'essence des choses &amp;quot; &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
-c 'est l 'amour, la joie, le plus haut du plus haut, etc etc &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
-c'est l 'acceuil de la souffrance , des misères humaines, troubles, guerres , etc etc &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
-c 'est le &amp;quot; chemin&amp;quot; du plus bas vers le plus haut , le plus libre ..&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
-définitions intellectuelles ou émotionnelles ou intuitives etc etc etc ...&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
-01- de VISSAC, son site &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&amp;quot; La notion d’enseignement spirituel couvre à la fois un phénomène qui se produit naturellement, à tout instant, ainsi qu’une démarche consciente et volontaire.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
 &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Le phénomène naturel : Les situations de notre vie quotidienne nous enseignent spontanément. Ces événements apparemment anodins ou plus spectaculaires sont nos premiers enseignants. Nous apprenons et nous « grandissons » de notre interaction avec des situations vivantes, souvent à notre insu. Cet apprentissage constitue la trame de ce que nous pouvons appeler notre « chemin de vie ».&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
 &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
La démarche volontaire : Elle vient souvent du désir d’apprendre/grandir plus consciemment et peut-être plus vite dans la mesure du possible. Nous recherchons alors l’accompagnement de personnes avisées qui proposent un soutien dans ce sens. Il est dit que nous appelons secrètement l’enseignant.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
 &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Cette démarche volontaire se distingue en grande partie d’une psychothérapie (une autre démarche d’apprentissage) par le fait qu’en spiritualité, nous abordons la « nature profonde » (ou âme) ainsi que le grand réseau, invisible à l’œil nu, des interactions constantes avec toute chose. Il y a une notion d’unité du vivant dans laquelle s’insère notre apprentissage et les « solutions » offertes par la vision spirituelle sont moins psychologiques, horizontales et pragmatiques que dans une psychothérapie.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
 &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
La démarche spirituelle consiste à aborder notre chemin de vie avec une conscience d’être enseigné dans un dessein particulier. La vie a un sens pour chacun de nous, il existe une « intelligence du vivant » et les situations de notre vie ne sont pas des éléments isolés les uns des autres, mais les pièces d’un puzzle dont nous nous préparons à découvrir le motif de plus en plus clairement. On trouve dans la démarche spirituelle ce qu’on appelle une « inspiration », un souffle intérieur qui donne de la saveur ou de la présence à la vie, plutôt qu’une réponse « clé en main » à un problème localisé. &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
*****************************************************************************************&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
1- Wikipedia : J'aime bien la definition de wikipedia non pas de spiritualité, un peu classique et universitaire, mais celle plus bas a '''&amp;quot;l'experience spirituelle&amp;quot;''', ou, ouf, on rentre dans le vivant de la chose, :&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
La spiritualité n'est pas limitée à une démarche conceptuelle ou dogmatique. L'expérience spirituelle (ou expérience mystique), par la recherche, l'ouverture ou l'accueil d'intériorité, de connaissance de soi, de transcendance, de sagesse, ou de dépassement des limitations de la condition humaine ( n'exclue pas mais inclus la démarche d'une pensée &amp;quot;fine et rigoureuse&amp;quot;) .  la spiritualité débouche généralement sur des démarches corporelles, émotionnelles et mystiques, cherchant à générer une expérience transcendante, une relation (selon l'une des étymologies de religion) avec Dieu, le Soi, la Conscience, l’Âme, le Monde, le Devenir, etc. Pour certains, le but de la spiritualité est une exploration profonde de l'intériorité, conduisant à l'éveil spirituel 21, une conversion intime, ou l'accession à un état ( d’être ) modifié et durable. &amp;quot;&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
2-SUPPORT PAR LA MAIEUTIQUE TRANSCENDANTE -&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
La spiritualité, telle que nous la percevons, saute par-dessus les différents bercails confessionnels tout en les englobant.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Les religions ou la spiritualité ne sont rien d'autre que des sentiers menant à Dieu. Dans un sentier, je trouve une aide évidente, mais je ne reconnais à aucun sentier le droit de limiter et d'emprisonner ma démarche vers Dieu dans le carcan de sa dogmatique. Je suis un être libre, qui marche librement vers la Lumière de mon Créateur, qui m'appelle à Lui.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Quant à ceux qui pourraient se demander de quel Dieu nous parlons, nous ferons observer qu'aujourd'hui que seuls ceux qui sont la proie de l'imbécillité du sectarisme s'imaginent que le Dieu des chrétiens est différent de celui des hindous ou des musulmans, ou bien qu'en sa Transcendance ineffable Il ne correspond pas au tao des Chinois ou bien au Nirvana des bouddhistes.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Aux incroyants, ... le seul médecin qui puisse quelque chose pour eux, c'est la Grâce Divine. Il nous est cependant possible de leur rappeler l'injonction des anciens Pères : « Priez pour avoir la foi ». Priez, c'est appeler la Grâce, c'est consulter le médecin céleste. Le médecin céleste n'est pas un dictateur, il respecte la liberté de ses créatures,&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
En quoi la religion se distingue-t-elle de la mystique ?&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
 La religion a pour but d'obtenir d'établir une relation entre l'homme et Dieu. Relation qui s'exprime par des rites, par la soumission à des Écrits révélés, et par la dévotion. La mystique, telle que nous la concevons, va plus loin, son but est, à partir d'un développement de la dévotion, de s'acheminer vers l'abolition de la distance qui nous sépare de Dieu, afin de nous unir à Lui.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
L'union mystique est donc le but de la spiritualité comme nous l'entendons.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Il peut donc y avoir une mystique à l'intérieur de n'importe quelle religion, mais il peut aussi y avoir des mystiques en dehors et indépendamment des religions. Une mystique indépendante étant susceptible de s'intégrer dans le contexte de n'importe quelle religion.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Ainsi comprise, la mystique n'est rien d'autre qu'une expression de l'ésotérisme. Ésotérisme qui constitue le noyau intérieur et essentiel d'un exotérisme religieux, ou bien qui se superpose à lui.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Une image dévalorisante de la mystique a été donnée par ceux qui ont assimilé celle-ci à des états de transe extatique ou visionnaire plus ou moins douteux, ou encore à la production de phénomènes surnaturels. S'il est vrai que sur le chemin d'authentiques mystiques, des extases, des visions, ou des phénomènes surnaturels peuvent se produire, il est totalement erroné de réduire la mystique à ce genre de chose qui n'est que des conséquences involontaires et marginales observables chez certains, et non chez tous les mystiques authentiques.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Par contre, nous avons une bonne définition de ce qui constitue pour nous la pseudo-mystique, lorsque l'on voit une personne rechercher des états de transe extatique, des visions ou des phénomènes paranormaux, ou encore qui fait de ses états ou de ses phénomènes une référence spirituelle, ceci sans parler du délire pseudo-mystique observé chez de nombreux malades mentaux.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Dieu étant la Réalité transcendante, éternelle et ineffable, l'expérience de l'union mystique est une expérience ineffable qui se situe au-delà de tout état de transe extatique, au-delà de toute vision, au-delà de tout phénomène naturel ou surnaturel. L'union mystique est un vécu intérieur silencieux, un Éveil à la Réalité suprême, dans lequel on se sent participer à la transcendance et à l'éternité Divine.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
L'objectif du présent ouvrage est d'indiquer un '''cheminement''' permettant à chacun de vivre cette expérience sublime en laquelle s'accomplit le véritable but de la vie humaine.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Pour atteindre cet objectif, nous proposons une série de textes relativement courts appelés « approche » que nous soumettons '''à votre capacité de réflexion, de recueillement et d'intériorisation.'''&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
'''La lecture n'étant pour le chercheur sérieux qu'un support pour son recueillement,''' &lt;br /&gt;
  peu à peu, celui qui aspire à la Lumière développera en lui la capacité à vivre d'une manière de plus en plus claire et intense, ce qui n'est que désigné par les mots.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
--1-1 APPROCHE DE LA REALITE  SPIRITUELLE&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
-La Réalité spirituelle, dans sa dimension transcendante est difficilement communicable.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Toute personne qui parle de la spiritualité ne peut qu'enseigner une manière spécifique a travers le langage  de comprendre et d'appréhender la réalité transcendante.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Cette réalité ne peut être définie, circonscrite et transmise par aucun enseignement.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Croire le contraire, c'est être dans la confusion, et concevoir d'une manière non transcendante, la transcendance elle-même.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
'''La Réalité transcendante est une, mais les manières d'accéder à sa perception sont multiples.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Une étude comparative des différents systèmes spirituels démontre l'évidence de cette affirmation.'''&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
'''La diversité des systèmes d'approche de la Réalité Spirituelle, résulte de la diversité des personnalités qui ont institué et transmis ces systèmes ainsi que de la diversité des contextes historiques et culturels au sein desquels ils ont vu le jour.'''&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
'''Il importe donc de distinguer ce qui est universel à savoir : la Réalité ineffable, de ce qui n'est qu'expression d'un relativisme personnel et culturel à savoir : la multiplicité des manières d'appréhender la perception de cette Réalité ineffable.'''&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Tout ce que dit un Maître au sujet de l'Absolu est relatif, car ce qu'il exprime, il l'exprime dans le monde relatif.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
L'Absolu ne saurait être circonscrit par le relatif.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Le maître ou  éveillé  est parvenu à une connaissance de l'indescriptible Réalité Absolue.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Sa perception de ladite Réalité Absolue est identique, à des degrés divers, en son ineffabilité, à la perception de tous les Maîtres spirituels, quelle que soit leur obédience religieuse.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
'''Si chaque personnalité est unique au monde, de par l'infinité des possibilités de combinaisons des éléments cosmiques ; les structures psychiques au sein desquelles évoluent les combinaisons psychologiques personnelles se répartissent selon une variété limitée.'''&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Souvent chaque enseignement spirituel se rapporte à un certain niveau, à une certaine capacité de réalisation spirituelle, déterminée par un type de structure particulier.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Donner un enseignement spirituel, c'est donc toujours en définitive énoncer ce qui est valable pour soi-même et pour tous ceux qui ont le même type de structure psychique.&lt;br /&gt;
 Car parmi ceux qui enseignent, il en est beaucoup qui, à cause de la bêtise inhérente à la nature humaine, s'imaginent que leur enseignement concerne tout le monde ; et non point seulement ceux qui appartiennent au même type de structure qu'eux.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
'''Les structures psychiques sont-elles immuables ?&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Non elles ne le sont pas, et il existe des changements de structure.'''&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Ceux qui, de par l'évolution de leurs composantes psychologiques, sont amenés à naturellement changer de structure se trouvent à une croisée des chemins.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
*************************************************************************************************&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
== ICI ==&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Il leur faut choisir.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Choisir ce qui est, au niveau le plus élevé, le plus profondément eux-mêmes, indépendamment des influences reçues. Le plus élevé et le plus profond avons nous dit, ce qui ne veut pas dire le plus ancien, car il arrive que ce qui en nous est relativement nouveau soit le plus profond du plus élevé.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Il y a également les individus qui, ayant reçu par un conditionnement quelconque, une structure qui ne correspond pas à leur véritable structure personnelle, sont en train de prendre conscience de cela, et d'essayer de récupérer leur propre structure. Eux aussi doivent se libérer des influences reçues pour devenir eux-mêmes.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
De tout cela, il résulte que nous devons chercher à réaliser spirituellement ce qu’il nous est effectivement possible de réaliser, au niveau d'évolution qui est le nôtre pour le moment.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Les aspirations spirituelles qui nous sont propres déterminaient notre capacité de réalisation en ce domaine.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Comprendre véritablement cela, pour soi-même, c'est savoir que nous devons réaliser les potentialités de notre structure. Trouver notre voie, et non la voie. Épouser notre vérité, et non la vérité.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
La vérité est unique, mais les visages qu'elle prend en sa révélation à l'intérieur des structures humaines sont multiples.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Ayant une structure psychique déterminée, dans cet enseignement que nous appelons la Maïeutique, nous nous adressons à ceux qui ont la même structure psychique que nous. Pour eux, nos paroles peuvent être révélatrices, pour eux, elles peuvent constituer un enseignement. Pour eux, et non pour tous.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
De ce fait, inutile de vous attarder en ce que nous disons si cela ne résonne pas en vous. Si cela n'éveille pas d'échos, vous n'appartenez pas à la même structure psychique que nous. En ce cas, allez votre chemin, nous allons du nôtre.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Un enseignement spirituel qui nous fait découvrir des choses totalement inconnues peut nous être utile, mais il n'est pas véritablement intéressant.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
L'enseignement véritablement intéressant ne nous apprend rien, il révèle, confirme, éclaircie et précise, ce que l'on savait déjà.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Découvrir de nouvelles choses, c'est déposer en nous un germe. Pour qu'une éclosion puisse se produire au contact d'un enseignement, il faut que le germe préexiste à la rencontre avec l'enseignement.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Il en résulte que l'enseignement est valable, lorsque tout ce que dit l'initiateur, nous aurions pu le dire. Lorsque ce qu'il dit, c'est ce que nous attendions, c'est ce que nous pensions confusément, car le véritable initiateur est un catalyseur, qui nous aide à épanouir les potentialités spirituelles contenues dans notre structure, mais qui n'essaye pas de nous imposer sa propre structure.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Si en face d'un initiateur tel n'est pas votre impression, ne vous fourvoyez pas. '''N''essayez pas d'absorber les éléments d'une structure qui n'est pas la vôtre, vous n'aboutirez qu'à la confusion et au désarroi.'''&lt;/div&gt;</summary>
		<author><name>78.224.74.40</name></author>
		
	</entry>
	<entry>
		<id>https://wiki-conscience.terretciel.com/index.php?title=CHARTE&amp;diff=218</id>
		<title>CHARTE</title>
		<link rel="alternate" type="text/html" href="https://wiki-conscience.terretciel.com/index.php?title=CHARTE&amp;diff=218"/>
		<updated>2021-05-19T20:24:05Z</updated>

		<summary type="html">&lt;p&gt;78.224.74.40 : &lt;/p&gt;
&lt;hr /&gt;
&lt;div&gt;--ce qui motive une Charte pour moi c est la spiritualité, mais spiritualité pour moi n'est PAS quelque chose &amp;quot; a part &amp;quot;, comme détaché du reste , c'est plutot &amp;quot;la plus grande poupée russe&amp;quot; ...qui inclue toutes &amp;quot;choses&amp;quot; ...&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Cher Ami(e),&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
La situation actuelle et apres Covid m' inspire a une créativité accrue ,&lt;br /&gt;
de nombreuses initiatives surgissent , certaines vont etre fructueuses, certaines sembles confuses,&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
je voudrais proposer une charte qui servirai de contribution créative a ces mouvements locaux ou nationaux ., et,&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
-soit que vous m'apportiez votre  ton eclairage sur ce que j écris ci dessous,&lt;br /&gt;
-soit participer- proposer&lt;br /&gt;
-ou les deux&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
PROPOSITION  DE CHARTE - BASE DE RENCONTRES AUTOUR DU  &amp;quot; MONDE D'APRES VIRUS &amp;quot;&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Il y a différentes propositions d'actions et cercles d'action,&lt;br /&gt;
mon association propose de contribuer a ces créations a travers ces premieres prises de position :&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
-de nombreuses propositions contribueront de maniere plus ou moins fructueuses a un nouveau monde ,&lt;br /&gt;
-EN QUOI - OU POUVONS NOUS discerner  &amp;quot;entre ce qui marche et ce qui continuerai les confusions permanentes de &amp;quot;mélange&amp;quot; bon-erreur&lt;br /&gt;
-en quoi la vision a la fois  traditionnelle et vivante aujourd'hui de la spiritualité-des sciences initiatiques peuvent apporter un regard nonduel -pertinent -hors de l'ombre et confusions récurrentes&lt;br /&gt;
-en quoi le &amp;quot; bon&amp;quot; est souvent truffé de bonnes intentions manquant de rigeur de bon sens de profondeur&lt;br /&gt;
-en quoi l'intelligence collective par des procédés affinés peut changer la donne  et etre digne de &amp;quot;la nouvelle émergence sur Terre &amp;quot;&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
--AINSI ,&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
la charte devrait pourait  s'etablir&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
-sur des lois et principes spirituels universels éprouvés vécus&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
-            lois et principes &amp;quot;infaibles &amp;quot; de l ' INTERIORITE&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
-l'exterieur reflete l'interieur , savons nous en tirer TOUTES LES CONSEQUENCES PRATIQUES&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
-LA vie est une et multiple : de ceci découle ....&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
-découvrir par soi meme&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
-la vie est mouvement&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
-la vie est paradoxale&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
-la vie est précise et ouverte : le manque de précision-clarté .....( ainsi colporter les théories du complot avec les dérives de l'émotionnalité&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
-denoncer le faux, affirmer le vrai&lt;/div&gt;</summary>
		<author><name>78.224.74.40</name></author>
		
	</entry>
	<entry>
		<id>https://wiki-conscience.terretciel.com/index.php?title=SPIRITUALITE&amp;diff=217</id>
		<title>SPIRITUALITE</title>
		<link rel="alternate" type="text/html" href="https://wiki-conscience.terretciel.com/index.php?title=SPIRITUALITE&amp;diff=217"/>
		<updated>2021-05-17T18:07:46Z</updated>

		<summary type="html">&lt;p&gt;78.224.74.40 : &lt;/p&gt;
&lt;hr /&gt;
&lt;div&gt;LA  SPIRITUALITE &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Qu'est ce que la spiritualité &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
comme toute chose il est possible de donner différentes définitions, en partie &amp;quot; selon le point de départ d'ou l'on se place &amp;quot; ! ,&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
ainsi je pourrais dire &amp;quot;la spiritualité c'est la vie &amp;quot;...,&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
ou bien la spiritualité c'est une approche particulière de la vie qui fait appel a l'aspiration de connaitre intimement la vie les lois subtiles de la vie, notamment celles amenant a l'amour, la sagesse , la joie, la paix.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
SI JE DEVAIS ECRIRE POUR PRANAMOUR  JE DIRAIS /&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
EN une phrase : la spiritualité est l'expression du coeur &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
si l'expression du coeur est une montagne, nous sommes sur cette montagne ! &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Si la spiritualité est une montagne, alors nous cheminons sur cette montagne &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
support &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
-1-  wikipedia&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
- 2 -maieutique&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
1- Wikipedia : J'aime bien la definition de wikipedia non pas de spiritualité, un peu classique et universitaire, mais celle plus bas a '''&amp;quot;l'experience spirituelle&amp;quot;''', ou, ouf, on rentre dans le vivant de la chose, :&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
La spiritualité n'est pas limitée à une démarche conceptuelle ou dogmatique. L'expérience spirituelle (ou expérience mystique), par la recherche, l'ouverture ou l'accueil d'intériorité, de connaissance de soi, de transcendance, de sagesse, ou de dépassement des limitations de la condition humaine ( n'exclue pas mais inclus la démarche d'une pensée &amp;quot;fine et rigoureuse&amp;quot;) .  la spiritualité débouche généralement sur des démarches corporelles, émotionnelles et mystiques, cherchant à générer une expérience transcendante, une relation (selon l'une des étymologies de religion) avec Dieu, le Soi, la Conscience, l’Âme, le Monde, le Devenir, etc. Pour certains, le but de la spiritualité est une exploration profonde de l'intériorité, conduisant à l'éveil spirituel 21, une conversion intime, ou l'accession à un état ( d’être ) modifié et durable. &amp;quot;&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
2-SUPPORT PAR LA MAIEUTIQUE TRANSCENDANTE -&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
La spiritualité, telle que nous la percevons, saute par-dessus les différents bercails confessionnels tout en les englobant.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Les religions ou la spiritualité ne sont rien d'autre que des sentiers menant à Dieu. Dans un sentier, je trouve une aide évidente, mais je ne reconnais à aucun sentier le droit de limiter et d'emprisonner ma démarche vers Dieu dans le carcan de sa dogmatique. Je suis un être libre, qui marche librement vers la Lumière de mon Créateur, qui m'appelle à Lui.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Quant à ceux qui pourraient se demander de quel Dieu nous parlons, nous ferons observer qu'aujourd'hui que seuls ceux qui sont la proie de l'imbécillité du sectarisme s'imaginent que le Dieu des chrétiens est différent de celui des hindous ou des musulmans, ou bien qu'en sa Transcendance ineffable Il ne correspond pas au tao des Chinois ou bien au Nirvana des bouddhistes.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Aux incroyants, ... le seul médecin qui puisse quelque chose pour eux, c'est la Grâce Divine. Il nous est cependant possible de leur rappeler l'injonction des anciens Pères : « Priez pour avoir la foi ». Priez, c'est appeler la Grâce, c'est consulter le médecin céleste. Le médecin céleste n'est pas un dictateur, il respecte la liberté de ses créatures,&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
En quoi la religion se distingue-t-elle de la mystique ?&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
 La religion a pour but d'obtenir d'établir une relation entre l'homme et Dieu. Relation qui s'exprime par des rites, par la soumission à des Écrits révélés, et par la dévotion. La mystique, telle que nous la concevons, va plus loin, son but est, à partir d'un développement de la dévotion, de s'acheminer vers l'abolition de la distance qui nous sépare de Dieu, afin de nous unir à Lui.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
L'union mystique est donc le but de la spiritualité comme nous l'entendons.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Il peut donc y avoir une mystique à l'intérieur de n'importe quelle religion, mais il peut aussi y avoir des mystiques en dehors et indépendamment des religions. Une mystique indépendante étant susceptible de s'intégrer dans le contexte de n'importe quelle religion.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Ainsi comprise, la mystique n'est rien d'autre qu'une expression de l'ésotérisme. Ésotérisme qui constitue le noyau intérieur et essentiel d'un exotérisme religieux, ou bien qui se superpose à lui.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Une image dévalorisante de la mystique a été donnée par ceux qui ont assimilé celle-ci à des états de transe extatique ou visionnaire plus ou moins douteux, ou encore à la production de phénomènes surnaturels. S'il est vrai que sur le chemin d'authentiques mystiques, des extases, des visions, ou des phénomènes surnaturels peuvent se produire, il est totalement erroné de réduire la mystique à ce genre de chose qui n'est que des conséquences involontaires et marginales observables chez certains, et non chez tous les mystiques authentiques.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Par contre, nous avons une bonne définition de ce qui constitue pour nous la pseudo-mystique, lorsque l'on voit une personne rechercher des états de transe extatique, des visions ou des phénomènes paranormaux, ou encore qui fait de ses états ou de ses phénomènes une référence spirituelle, ceci sans parler du délire pseudo-mystique observé chez de nombreux malades mentaux.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Dieu étant la Réalité transcendante, éternelle et ineffable, l'expérience de l'union mystique est une expérience ineffable qui se situe au-delà de tout état de transe extatique, au-delà de toute vision, au-delà de tout phénomène naturel ou surnaturel. L'union mystique est un vécu intérieur silencieux, un Éveil à la Réalité suprême, dans lequel on se sent participer à la transcendance et à l'éternité Divine.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
L'objectif du présent ouvrage est d'indiquer un '''cheminement''' permettant à chacun de vivre cette expérience sublime en laquelle s'accomplit le véritable but de la vie humaine.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Pour atteindre cet objectif, nous proposons une série de textes relativement courts appelés « approche » que nous soumettons '''à votre capacité de réflexion, de recueillement et d'intériorisation.'''&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
'''La lecture n'étant pour le chercheur sérieux qu'un support pour son recueillement,''' &lt;br /&gt;
  peu à peu, celui qui aspire à la Lumière développera en lui la capacité à vivre d'une manière de plus en plus claire et intense, ce qui n'est que désigné par les mots.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
--1-1 APPROCHE DE LA REALITE  SPIRITUELLE&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
-La Réalité spirituelle, dans sa dimension transcendante est difficilement communicable.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Toute personne qui parle de la spiritualité ne peut qu'enseigner une manière spécifique a travers le langage  de comprendre et d'appréhender la réalité transcendante.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Cette réalité ne peut être définie, circonscrite et transmise par aucun enseignement.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Croire le contraire, c'est être dans la confusion, et concevoir d'une manière non transcendante, la transcendance elle-même.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
'''La Réalité transcendante est une, mais les manières d'accéder à sa perception sont multiples.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Une étude comparative des différents systèmes spirituels démontre l'évidence de cette affirmation.'''&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
'''La diversité des systèmes d'approche de la Réalité Spirituelle, résulte de la diversité des personnalités qui ont institué et transmis ces systèmes ainsi que de la diversité des contextes historiques et culturels au sein desquels ils ont vu le jour.'''&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
'''Il importe donc de distinguer ce qui est universel à savoir : la Réalité ineffable, de ce qui n'est qu'expression d'un relativisme personnel et culturel à savoir : la multiplicité des manières d'appréhender la perception de cette Réalité ineffable.'''&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Tout ce que dit un Maître au sujet de l'Absolu est relatif, car ce qu'il exprime, il l'exprime dans le monde relatif.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
L'Absolu ne saurait être circonscrit par le relatif.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Le maître ou  éveillé  est parvenu à une connaissance de l'indescriptible Réalité Absolue.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Sa perception de ladite Réalité Absolue est identique, à des degrés divers, en son ineffabilité, à la perception de tous les Maîtres spirituels, quelle que soit leur obédience religieuse.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
'''Si chaque personnalité est unique au monde, de par l'infinité des possibilités de combinaisons des éléments cosmiques ; les structures psychiques au sein desquelles évoluent les combinaisons psychologiques personnelles se répartissent selon une variété limitée.'''&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Souvent chaque enseignement spirituel se rapporte à un certain niveau, à une certaine capacité de réalisation spirituelle, déterminée par un type de structure particulier.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Donner un enseignement spirituel, c'est donc toujours en définitive énoncer ce qui est valable pour soi-même et pour tous ceux qui ont le même type de structure psychique.&lt;br /&gt;
 Car parmi ceux qui enseignent, il en est beaucoup qui, à cause de la bêtise inhérente à la nature humaine, s'imaginent que leur enseignement concerne tout le monde ; et non point seulement ceux qui appartiennent au même type de structure qu'eux.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
'''Les structures psychiques sont-elles immuables ?&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Non elles ne le sont pas, et il existe des changements de structure.'''&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Ceux qui, de par l'évolution de leurs composantes psychologiques, sont amenés à naturellement changer de structure se trouvent à une croisée des chemins.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
*************************************************************************************************&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
== ICI ==&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Il leur faut choisir.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Choisir ce qui est, au niveau le plus élevé, le plus profondément eux-mêmes, indépendamment des influences reçues. Le plus élevé et le plus profond avons nous dit, ce qui ne veut pas dire le plus ancien, car il arrive que ce qui en nous est relativement nouveau soit le plus profond du plus élevé.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Il y a également les individus qui, ayant reçu par un conditionnement quelconque, une structure qui ne correspond pas à leur véritable structure personnelle, sont en train de prendre conscience de cela, et d'essayer de récupérer leur propre structure. Eux aussi doivent se libérer des influences reçues pour devenir eux-mêmes.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
De tout cela, il résulte que nous devons chercher à réaliser spirituellement ce qu’il nous est effectivement possible de réaliser, au niveau d'évolution qui est le nôtre pour le moment.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Les aspirations spirituelles qui nous sont propres déterminaient notre capacité de réalisation en ce domaine.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Comprendre véritablement cela, pour soi-même, c'est savoir que nous devons réaliser les potentialités de notre structure. Trouver notre voie, et non la voie. Épouser notre vérité, et non la vérité.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
La vérité est unique, mais les visages qu'elle prend en sa révélation à l'intérieur des structures humaines sont multiples.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Ayant une structure psychique déterminée, dans cet enseignement que nous appelons la Maïeutique, nous nous adressons à ceux qui ont la même structure psychique que nous. Pour eux, nos paroles peuvent être révélatrices, pour eux, elles peuvent constituer un enseignement. Pour eux, et non pour tous.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
De ce fait, inutile de vous attarder en ce que nous disons si cela ne résonne pas en vous. Si cela n'éveille pas d'échos, vous n'appartenez pas à la même structure psychique que nous. En ce cas, allez votre chemin, nous allons du nôtre.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Un enseignement spirituel qui nous fait découvrir des choses totalement inconnues peut nous être utile, mais il n'est pas véritablement intéressant.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
L'enseignement véritablement intéressant ne nous apprend rien, il révèle, confirme, éclaircie et précise, ce que l'on savait déjà.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Découvrir de nouvelles choses, c'est déposer en nous un germe. Pour qu'une éclosion puisse se produire au contact d'un enseignement, il faut que le germe préexiste à la rencontre avec l'enseignement.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Il en résulte que l'enseignement est valable, lorsque tout ce que dit l'initiateur, nous aurions pu le dire. Lorsque ce qu'il dit, c'est ce que nous attendions, c'est ce que nous pensions confusément, car le véritable initiateur est un catalyseur, qui nous aide à épanouir les potentialités spirituelles contenues dans notre structure, mais qui n'essaye pas de nous imposer sa propre structure.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Si en face d'un initiateur tel n'est pas votre impression, ne vous fourvoyez pas. '''N''essayez pas d'absorber les éléments d'une structure qui n'est pas la vôtre, vous n'aboutirez qu'à la confusion et au désarroi.'''&lt;/div&gt;</summary>
		<author><name>78.224.74.40</name></author>
		
	</entry>
	<entry>
		<id>https://wiki-conscience.terretciel.com/index.php?title=NOETIQUE_4_-_TEMOIGNAGES_D_EVEIL&amp;diff=216</id>
		<title>NOETIQUE 4 - TEMOIGNAGES D EVEIL</title>
		<link rel="alternate" type="text/html" href="https://wiki-conscience.terretciel.com/index.php?title=NOETIQUE_4_-_TEMOIGNAGES_D_EVEIL&amp;diff=216"/>
		<updated>2021-05-13T19:51:58Z</updated>

		<summary type="html">&lt;p&gt;78.224.74.40 : /* *ici* */&lt;/p&gt;
&lt;hr /&gt;
&lt;div&gt;J AI COMMENCE DE LA PAGE 100 VERS LE DEBUT ET ARETE A CLAUDETTE  VIDAL &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
-Claudette Vidal&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
L’histoire de Claudette&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
J’ai huit ans et je suis à l’église avec mes parents, lorsque j’entends une voix qui retentit dans&lt;br /&gt;
mon cœur et me demande si je serais prête à tout lâcher un jour pour Le suivre. &lt;br /&gt;
Intuitivement,&lt;br /&gt;
avec toute la ferveur et l’intensité dont je suis capable, je déclare : « OUI ». Je viens de prendre&lt;br /&gt;
l’engagement le plus important de ma vie.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Depuis cet évènement, je sais qu’un jour j’aurai à renoncer à tout pour répondre à l’appel&lt;br /&gt;
intérieur. Je n’ai aucune idée des surprises que la vie me réserve à ce propos.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
C’est à l’âge de trente-sept ans que la vie me rappellera ma promesse, au moment où je suis&lt;br /&gt;
plongée dans les affaires. &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Quelque temps après notre rupture, ma petite voix intérieure me guide vers Gangaji, une&lt;br /&gt;
enseignante spirituelle auprès de qui je m’éveillerai à ma vraie nature. Avant la rencontre avec&lt;br /&gt;
Gangaji, la Vie me sert une prodigieuse leçon de renoncement qui durera une quinzaine&lt;br /&gt;
d’années.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Le renoncement&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Durant ces années, il me faudra renoncer à tous mes attachements : mon mari, mon fils, ma&lt;br /&gt;
famille, mon identité de femme d’affaires ainsi que mes boutiques, ma maison. Tout. Divorce,&lt;br /&gt;
faillite (dépôt de bilan), déménagement. Tout part….&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Un jour, je réalise avec stupéfaction qu’il reste quelque chose à quoi je n’ai pas encore renoncé&lt;br /&gt;
: « moi », ou le sentiment d’être quelqu’un. Un immense frisson me traverse. J’ai très peur. Je&lt;br /&gt;
sais que la fin est proche. Suis-je prête pour le grand saut ? Suis-je disponible pour l’offrande&lt;br /&gt;
ultime, pour donner ma vie à la Vie ? Sans la moindre hésitation, la réponse est « oui ». Quelques&lt;br /&gt;
semaines plus tard la Grâce prendra ma vie, ou ce que je crois être ma vie. L’illusion fera place&lt;br /&gt;
à la vision directe.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Rencontre avec Gangaji&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Je fais la connaissance de Gangaji au travers de ses vidéos. Dès le premier visionnement, je sais&lt;br /&gt;
qu’elle sait. Je suis obnubilée par la qualité de sa présence. Je suis peu attentive à ses mots, je&lt;br /&gt;
suis fascinée par le silence d’où surgissent ses mots. Je sais qu’elle a percé le mystère qui&lt;br /&gt;
m’habite. Je dois la rencontrer. &lt;br /&gt;
L’ÉVEIL&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Désidentification au corps, aux émotions et au mental&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
À la fin de la première journée du séminaire avec Gangaji, je fais une indigestion aiguë. La&lt;br /&gt;
douleur est tellement intense que je crois que je vais mourir. Ma tête veut exploser et mon&lt;br /&gt;
estomac se tord de douleur. Je me sens épuisée, vidée. Il y a un miroir au-dessus du lavabo où&lt;br /&gt;
je tente de trouver un quelconque soulagement. Je regarde dans le miroir et je vois mon visage.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Soudainement, je réalise que je ne suis pas ce corps. Je comprends que le corps et moi sommes&lt;br /&gt;
deux choses différentes. Puis... ça se détend dans le corps. Tout reprend sa juste place. Je me&lt;br /&gt;
surprends à faire des grimaces dans le miroir et à sourire. Les maux de tête et d’estomac&lt;br /&gt;
s’arrêtent sur le champ. J’imagine que ce corps pourrait s’étaler par terre, sans vie, que cela ne&lt;br /&gt;
m’empêcherait pas de continuer à faire des grimaces et des clins d’œil amusés en étant hors du&lt;br /&gt;
corps. Je suis désidentifiée du corps. Réaliser que le corps et moi sommes deux entités distinctes&lt;br /&gt;
est maintenant une évidence. Jusqu’à présent, je ne le savais qu’intellectuellement.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Le lendemain, nos instructeurs Gangaji et son mari Eli décrivent le type d’ego dans lequel je&lt;br /&gt;
suis fixée. Je me sens très interpellée, bouleversée. Je ressens beaucoup de haine et de mépris&lt;br /&gt;
pour moi et les autres. Je ne suis plus que ça. Puis… durant la journée, les émotions se dissipent,&lt;br /&gt;
je retrouve le calme et la sérénité. Je suis désidentifiée de mes émotions.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Venant de nulle part, des paroles s’élèvent en moi pour dire : « C’est la deuxième étape ». J’ai&lt;br /&gt;
alors compris que la désidentification du corps était la première étape, celle des émotions, la&lt;br /&gt;
suivante.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Le lendemain, Gangaji s’adresse aux participants d’une façon différente des précédentes. Son&lt;br /&gt;
ton est plus solennel. Je suis très attentive. Elle nous demande de faire ce que son maître lui a&lt;br /&gt;
jadis demandé et qui lui a permis de retrouver sa vraie nature. Elle nous demande « d’arrêter de&lt;br /&gt;
penser ». Au moment où elle dit cela, j’arrête instantanément. J’avais parcouru cinq mille&lt;br /&gt;
kilomètres pour élucider le grand mystère de la vie, pas question de ne pas me conformer aux&lt;br /&gt;
requêtes. Tout en étant attentive à ce qu’elle dit, mon esprit est au point zéro, immobile. Je n’ai&lt;br /&gt;
plus une seule pensée. Je suis calme et je prends conscience d’un vide sidéral. Je ne sais pas ce&lt;br /&gt;
qu’est le vide sidéral, mais c’est l’expression qui me vient spontanément. Absence de tout, plein&lt;br /&gt;
de vie, pourrait le décrire. Il n’y a rien, vraiment rien.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Je ne savais pas ce qui allait se passer par la suite et ne m’en inquiétais nullement. J’étais&lt;br /&gt;
fascinée par ce silence intérieur profond et apaisant.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
La nuit suivante fut quelque peu étonnante. Dans une sorte de rêve éveillé, j’ai l’impression de&lt;br /&gt;
découvrir un truc inhabituel, riche et captivant. Ce truc c’est moi. Je découvre la potentialité de&lt;br /&gt;
qui je suis. Je m’amuse avec moi m’amusant à m’amuser avec moi en train de me voir&lt;br /&gt;
m’amuser… Je m’émerveille devant l’ampleur infinie des possibilités qui s’offrent à moi. Tout&lt;br /&gt;
est possible, vraiment tout ! Je découvre le royaume des possibilités de l’Être, c’est grandiose.&lt;br /&gt;
Je suis fascinée par cette découverte. La Source devient consciente d’elle-même avec&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
ravissement. Fini de jouer à cache-cache avec moi. Je me révèle le secret que je m’étais caché&lt;br /&gt;
depuis si longtemps. Je peux désormais reconnaître la splendeur de qui je suis, sans fausse&lt;br /&gt;
modestie. J’étais cela depuis toujours, mais je ne le voyais pas.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
La plénitude de l’instant présent prend toute la place. Je ne suis plus dans le moment présent,&lt;br /&gt;
je suis le moment présent. Tout est fluide, simple et parfait. Je suis rentrée à la maison. Je&lt;br /&gt;
comprends intérieurement ce que voulaient dire Krishnamurti, Bouddha, Ramana Maharshi et&lt;br /&gt;
les autres maîtres spirituels. Je le comprends intimement et profondément.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Tout est vide et plein à la fois. Je ressens une plénitude tranquille que des bulles de joie et&lt;br /&gt;
d’amour viennent parfumer occasionnellement. Je suis d’une insouciance enfantine et d’une&lt;br /&gt;
vastitude infinie. Je vois l’amour et la beauté dans chaque brin d’herbe et dans l’immensité du&lt;br /&gt;
ciel bleu. Une grande simplicité et une ouverture totale prennent place dans l’espace que&lt;br /&gt;
j’appelle « moi ».&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Disparition du « moi », tout est espace&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Un soir, quelques semaines après ma rencontre avec Gangaji, j’ai de la difficulté à m’endormir.&lt;br /&gt;
Mon attention se dirige naturellement vers une souffrance que je porte. À cet instant, je crois&lt;br /&gt;
que la source de ma souffrance est la personne qui m’a agressée verbalement quelques heures&lt;br /&gt;
plus tôt. En mettant mon attention sur l’agresseur apparaissant maintenant dans mon esprit, je&lt;br /&gt;
réalise que je suis cet agresseur. L’essence de l’agresseur et celle de l’agressée est identique.&lt;br /&gt;
C’est moi. Je suis la Vie qui anime ces deux personnages dans mon esprit.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Ensuite, mon attention se porte sur des dizaines d’identités vivant des souffrances différentes :&lt;br /&gt;
misère, impuissance, révolte, frustration, peur, etc. Je vois que sous ces différentes formes de&lt;br /&gt;
souffrance, l’essence est la même, c’est moi. Je suis Source et toutes les formes de souffrance&lt;br /&gt;
sont mon expression. Ce monde de souffrance, c’est l’enfer. Tout y est noirceur, mal-être et&lt;br /&gt;
désolation. Après avoir reconnu que toutes les souffrances sont une expression de qui je suis,&lt;br /&gt;
tous les jugements s’estompent et la souffrance disparaît.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Après l’enfer, un espace paradisiaque apparaît. Dans cet espace, tout est beau, positif et joyeux.&lt;br /&gt;
Là aussi je réalise que quelle que soit la forme que prend la beauté, elle est l’expression de qui&lt;br /&gt;
je suis. Un ressenti de paix et d’ouverture infinie conclut cette expérience.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Le lendemain matin au réveil, je me sens bizarre, différente. Après quelques instants, je réalise&lt;br /&gt;
que je ne suis qu’espace, un espace infini. La chose « moi » qui avait occupé l’espace jusqu’à&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
64	Retour vers le sommaire&lt;br /&gt;
Ce document est un livre électronique gratuit et participatif édité par l’association Espace de l’Etre qui&lt;br /&gt;
organise des Live Satsang sur internet ainsi que des rencontres en présence sur Lyon ou Valence. &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
présent a disparu. C’est joyeux et grisant de bouger dans l’espace et de sentir que mes jambes&lt;br /&gt;
marchent dans le vide. Je touche ma jambe pour tenter d’éprouver une sensation habituelle,&lt;br /&gt;
mais la sensation est différente. Il y a bien un ressenti, mais je ne me sens pas concernée.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Je suis&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
La dernière expérience importante en lien avec l’éveil à Soi se déroule un mois après ma&lt;br /&gt;
rencontre avec Gangaji. Après avoir lu quelques pages d’un de ses livres, j’ai envie de me&lt;br /&gt;
détendre et de fermer les yeux. Soudainement, une multitude de faisceaux de lumières qui&lt;br /&gt;
semblent prendre naissance au centre de ma poitrine explosent dans tous les sens. Une&lt;br /&gt;
gigantesque quantité d’énergie s’en dégage et s’élance vers les univers les plus éloignés. C’est&lt;br /&gt;
d’une puissance et d’une ampleur prodigieuse. Je suis témoin d’une explosion atomique&lt;br /&gt;
intersidérale. Les mots amour, félicité et joie ponctuent les jaillissements de lumières&lt;br /&gt;
multicolores. Je baigne dans un océan d’amour. Le lendemain matin, une petite voix intérieure&lt;br /&gt;
me dit : « la recherche est terminée, découvre maintenant ».&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
DE L’EVEIL A LA REALISATION&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
« Après l’éveil, j’ai cru que tout était fini, qu’il ne se passerait plus rien. Je croyais que j’allais&lt;br /&gt;
vivre éternellement dans la joie et la béatitude. En fait, je ne savais pas trop à quoi m’attendre.&lt;br /&gt;
Comme l’éveil m’avait semblé inatteignable, je ne m’étais pas souciée de l’étape ultérieure.&lt;br /&gt;
J’étais donc inconsciente de ce qui m’attendait. Je me suis alors imaginé un conte de fées&lt;br /&gt;
poétique où les difficultés n’avaient plus leur place... »&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
En effet, beaucoup de transformations se produisent après l’éveil. Je peux parler de celles que&lt;br /&gt;
j’ai vécues et aussi de celles que je n’ai pas vécues mais souvent rapportées.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Les changements se produisent sur les plans du physique, de l’émotionnel, du mental, du&lt;br /&gt;
spirituel, ainsi qu’au niveau des perceptions. Nous les développerons ultérieurement. Les&lt;br /&gt;
transformations peuvent aussi être décrites chronologiquement. C’est de cette façon que je vais&lt;br /&gt;
débuter mon témoignage.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
La lune de miel de l’éveil&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Pour certains, après l’éveil se produit un phénomène que j’appelle « la lune de miel de l’éveil&lt;br /&gt;
». La lune de miel peut s’étaler sur une période allant de quelques jours à plusieurs mois, voire&lt;br /&gt;
une ou deux années. Durant cette période, nous sommes profondément immergés dans le Soi.&lt;br /&gt;
Seul existe cet espace lumineux, vide, infini et silencieux. Les phénomènes comme les émotions&lt;br /&gt;
et les pensées continuent de surgir dans la conscience, mais semblent lointains. Tout est&lt;br /&gt;
rapidement absorbé dans le Silence. C’est extrêmement doux, confortable et extatique. Tout est&lt;br /&gt;
ouverture dans l’instant avec l’évidence que tout naît et meurt dans cet espace que « Je suis ».&lt;br /&gt;
Beaucoup d’effluves d’amour et de joie sans cause se présentent à la conscience qui savoure&lt;br /&gt;
avec béatitude cette reconnaissance d’elle-même.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Après l’extase la lessive…&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Cette période est suivie ou entrecoupée de moments où certains aspects de l’ego se présentent&lt;br /&gt;
à nouveau à la conscience. Par exemple, un sentiment d’abandon ou d’injustice refait surface&lt;br /&gt;
malgré l’éveil à sa vraie nature. Certains phénomènes se présenteront à une grande distance de&lt;br /&gt;
Soi et d’autres sembleront si près qu’ils continueront à avoir un pouvoir illusoire et seront&lt;br /&gt;
expérimentés comme étant vrais. Ces manifestations seront plus ou moins marquées selon la&lt;br /&gt;
profondeur de l’éveil et l’aptitude de la conscience à maintenir une distance avec la réalité.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Lorsque nous sommes identifiés à l’ego, les phénomènes semblent être séparés. Après l’éveil,&lt;br /&gt;
la vision se porte essentiellement sur le non-manifesté. De leur côté les phénomènes sont perçus&lt;br /&gt;
comme presque inexistants, nous affectant faiblement. Puis, apparaît la dernière étape dévoilant&lt;br /&gt;
une vision nouvelle de la réalité. Les phénomènes sont alors retrouvés jaillissant de l’unité.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Comme le dit si bien Jack Kornfield dans son livre « Après l’extase la lessive », un travail de&lt;br /&gt;
déconditionnement et de libération reste à faire après l’éveil. La découverte de qui Je suis&lt;br /&gt;
permet la mise à distance de son ego, mais pas sa dissolution. Un travail de guérison et de&lt;br /&gt;
libération des mémoires qui constituaient le petit moi est alors nécessaire pour se libérer&lt;br /&gt;
totalement de l’ego et atteindre la réalisation du Soi.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Les changements sur différents plans : physique, émotionnel, mental et spirituel&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Dans mon corps, des changements physiques sont survenus. La silhouette s’est amincie et&lt;br /&gt;
remodelée. Le corps s’est redressé et assoupli. Quelques semaines après l’éveil, mes pieds ont&lt;br /&gt;
enflé de façon surprenante. Il m’était impossible de porter des chaussures. Il m’a semblé que&lt;br /&gt;
beaucoup de toxines, qui ont été évacuées par la suite, avaient temporairement migré dans mes&lt;br /&gt;
pieds. Durant cette même période, les membres où j’avais jadis eu des entorses se sont&lt;br /&gt;
redressés, réparés. Différentes images de feux ont aussi habité mon esprit pendant une dizaine&lt;br /&gt;
de jours. Mon organisme était l’objet d’une purification. Je ne savais ce qui brûlait, ni pourquoi,&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
mais tout brûlait. Puis... le feu s’est arrêté. Quelques jours plus tard, en rêve éveillé, j’ai vu un&lt;br /&gt;
corps sur l’océan. Puis... des vêtements emportés par les vagues, sans le corps. J’étais l’océan !&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Les réactions émotionnelles font place à un grand détachement. Apparaissant jadis au premier&lt;br /&gt;
plan, elles sont désormais reléguées au second plan et ne nous affectent plus. N’étant plus&lt;br /&gt;
identifiée aux émotions, elles apparaissent et disparaissent rapidement.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Au niveau mental, j’ai vécu une déstructuration qui m’a beaucoup surprise au début.&lt;br /&gt;
Soudainement, je ne pouvais plus attribuer aux choses leur sens habituel, mais un sens contraire.&lt;br /&gt;
Parfois les mots, les chiffres, les phrases étaient vides de sens. De plus, comme la mémoire&lt;br /&gt;
n’est plus soumise à un entraînement intensif, elle s’atrophie. L’utilisation d’un bloc note est&lt;br /&gt;
devenu indispensable. Plusieurs croyances ont été dissoutes et d’autres ont été remplacées par&lt;br /&gt;
des croyances révélant une vérité plus profonde.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
J’ai découvert une nouvelle conscience après l’éveil. Il ne s’agit pas d’une conscience de soi en&lt;br /&gt;
tant que sujet dans la relation sujet/objet, mais d’une conscience totale, consciente d’elle-même&lt;br /&gt;
en tant que Rien et Tout. Cette conscience a tout raflé sur son passage : temporalité,&lt;br /&gt;
constructions mentales et « moi » en tant qu’acteur principal des expériences.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
La Conscience et son reflet sont inséparables. L'un ne peut pas exister sans l'autre. Ils sont une&lt;br /&gt;
seule et même chose, un miracle renouvelé à chaque instant.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
La reconnaissance que « Je suis Rien » qui contient tout est une réalisation majeure. J’ai aussi&lt;br /&gt;
réalisé que ce qu’on appelle Claudette est une forme que prend la Source pour s’expérimenter&lt;br /&gt;
elle-même à travers des caractéristiques spécifiques et des conditions particulières. Ce que&lt;br /&gt;
j’appelle maintenant « moi » par défaut de langage, est une apparence de la Source non-&lt;br /&gt;
manifestée incarnée dans un organisme de fonction. Deux niveaux de conscience sont toujours&lt;br /&gt;
présents : la conscience que « Je suis » et « Je suis faisant l’expérience Claudette », c’est-à-dire&lt;br /&gt;
moi. Ce « moi » accomplira le geste de l’offrande de soi lorsqu’il devient conscient de lui-&lt;br /&gt;
même en tant que création.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Pouvoirs et perceptions&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Si vous vous attendez à acquérir des pouvoirs avec l’éveil, vous pourriez être déçu. Il est&lt;br /&gt;
possible que l’éveil vous gratifie de certains pouvoirs, mais peut-être pas. Comme l’éveil&lt;br /&gt;
éradique la fausse croyance qui est à la base de tout votre système de croyances, la disparition&lt;br /&gt;
de celle-ci emporte avec elle une masse d’énergie considérable. La disparition de cette&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
67	Retour vers le sommaire&lt;br /&gt;
Ce document est un livre électronique gratuit et participatif édité par l’association Espace de l’Etre qui&lt;br /&gt;
organise des Live Satsang sur internet ainsi que des rencontres en présence sur Lyon ou Valence. &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
gigantesque construction mentale à propos de soi engendre minimalement une plus grande&lt;br /&gt;
acuité entraînant des perceptions plus fines pour percevoir les plans subtils.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Comme l’empathie devient un état naturel après l’éveil, elle se déploie rapidement. Cette&lt;br /&gt;
habileté permettra de ressentir facilement ce qui se passe chez autrui et dans l’environnement.&lt;br /&gt;
Au lieu d’analyser une situation, vous la percevez en temps réel avec une perception directe&lt;br /&gt;
émergeant de l’unité. C’est en devenant la réalité que nous pouvons la percevoir de manière&lt;br /&gt;
très intime.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Plusieurs aptitudes comme la clairvoyance ou la clairaudience ont tendance à se développer&lt;br /&gt;
naturellement après l’éveil, sans en faire une généralité. Ces capacités existent aussi chez ceux&lt;br /&gt;
qui ne sont pas éveillés.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Un vieil adage dit : « bienheureux les éveillés sans pouvoir ». Particulièrement au début, alors&lt;br /&gt;
que la désidentification à l’ego n’est pas permanente, nous sommes toujours fragilisés. L’éveil&lt;br /&gt;
n’est pas une fin, mais le début du véritable chemin spirituel.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
De l’ego immature à l’ego mature&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Nous croyons pouvoir nous débarrasser de l’ego… cela est impossible. Pour se connaître, la&lt;br /&gt;
Conscience a besoin d’expérimenter et c’est à travers l’ego qu’elle le fait.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
L’ego immature disparaît, laissant la place à un ego mature qui naît et meurt dans l’instant.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Si l’ego immature se prenait pour le maître, l’ego mature sera un serviteur dévoué, acceptant&lt;br /&gt;
volontiers son nouveau rôle. Libéré de ses attachements et dépendances, il est ouvert et serein.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
L’ego immature est enfermé dans une prison mentale. Il fait partie d’un système qu’il ne&lt;br /&gt;
comprend pas et dont il est l’otage. Tout ce qu’il entreprend ne peut l’extraire des sables&lt;br /&gt;
mouvants dans lesquels il ne cesse de s’enfoncer.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Sa prison EST le mental. Plus les pensées s’emballent, plus les murs de sa prison s’épaississent.&lt;br /&gt;
Toutes les actions initiées à partir de l’agitation mentale ne sont d’aucune utilité pour se libérer&lt;br /&gt;
de ses chaînes.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Les murs qui entourent l’ego sont érigés en permanence, ou presque. Cette structure est gardée&lt;br /&gt;
par des sentinelles… les peurs. Les murs sont constitués de nombreuses croyances à propos de&lt;br /&gt;
soi, des autres et de la vie. Les conditionnements verrouillent toutes les ouvertures qui&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
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Ce document est un livre électronique gratuit et participatif édité par l’association Espace de l’Etre qui&lt;br /&gt;
organise des Live Satsang sur internet ainsi que des rencontres en présence sur Lyon ou Valence. &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
pourraient apparaître. Sans en être conscients, nous alimentons ce système pendant des&lt;br /&gt;
décennies.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
L’ego immature se caractérise par sa volonté… parfois féroce. Il exige que les choses soient&lt;br /&gt;
comme il le veut… que la réalité cadre avec ses attentes. De ces dernières naissent des&lt;br /&gt;
déceptions, des frustrations en grand nombre, ainsi qu’un fréquent sentiment de manque.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Dans l’illusion de son existence, l’ego cherche. Il s’évertue à résoudre l’énigme de sa vie.&lt;br /&gt;
Totalement leurré et imbu d’un pouvoir imaginaire, il multipliera les expériences pour tenter de&lt;br /&gt;
mettre fin à sa souffrance.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Lorsque l’ego immature abdique et qu’il se soumet à la volonté de la Vie, son existence&lt;br /&gt;
commence à se transformer. Plus il s’incline devant l’inéluctable CE QUI EST, plus sa vie&lt;br /&gt;
s’apaise.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Avec l’ego mature, les traits de personnalité ne changent pas. C’est le regard aimant posé sur&lt;br /&gt;
eux qui les transforment.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Lorsque l’ego a capitulé, qu’il a vraiment « rendu les armes », lorsque l’illusion à propos de qui&lt;br /&gt;
il est, est vue, un basculement de la conscience se produit. Le centre passe d’un « je » individuel&lt;br /&gt;
et séparé à « Je » impersonnel et indivisé. « Je » agit alors à travers un ego n’ayant plus de&lt;br /&gt;
prétention et évoluant sans laisser de trace. Son origine n’est pas le mental, mais la Source&lt;br /&gt;
divine, vivante et vivifiante. Cet ego est une émergence de l’Impersonnel dans le personnel, ici&lt;br /&gt;
et maintenant.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Il n’y a plus de réputation à défendre, plus d’image de soi à soutenir. Une incommensurable&lt;br /&gt;
autorisation à expérimenter les multiples facettes de la vie devient possible. Les efforts pour&lt;br /&gt;
tenter d’être bien, correct, pertinent, adapté, fort, etc. sont remplacés par une acceptation&lt;br /&gt;
inconditionnelle de ce qui est. Le juge intérieur a disparu au profit d’une présence aimante.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Les expériences vécues par ce nouvel ego s’effacent au fur et à mesure qu’elles se produisent.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Délivrée du sens du moi, la tentative de s’approprier ou de rejeter le vécu s’est éteinte. Aussi,&lt;br /&gt;
les différentes facettes de la personnalité sont vécues sans jugement.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Il est vu que les paroles se disent et que les gestes s’accomplissent à travers soi. Il est réalisé&lt;br /&gt;
que la forme humaine est un instrument, un passage et un terrain d’expérimentation du Soi.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
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organise des Live Satsang sur internet ainsi que des rencontres en présence sur Lyon ou Valence. &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Évanouissement d’éveil&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Dans le moment présent, il n’y a pas de « avant » et « après » l’éveil. Pas de concept, pas de&lt;br /&gt;
prévision et, surtout pas de perte d’éveil. Du point de vue de la Source, l’éveil ne peut être perdu&lt;br /&gt;
pas plus qu’il ne peut être gagné. Il n’y a rien, l’espace est toujours immaculé.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Le basculement dans l’éveil ne signe pas forcément la disparition définitive de l’ego. Même s’il&lt;br /&gt;
a été vu que le moi est une illusion, des doutes peuvent encore surgir. L’apparition inopinée du&lt;br /&gt;
« je » entraîne l’expérience je suis quelqu’un, un évanouissement d’éveil.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Après s’être éveillé à Soi, vivre en permanence dans l’unité présente un défi. Demeurer fidèle&lt;br /&gt;
à Soi requiert de la vigilance et un engagement sincère. Si l’éveil disparaît, c’est qu’il y a à&lt;br /&gt;
nouveau identification. L’ego a momentanément repris les commandes. Honnêteté et&lt;br /&gt;
conscience sont nécessaires pour le reconnaître.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
La réalisation&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
« Durant les premières années qui ont suivi l’éveil, j’ai réalisé à quelques reprises que cette si&lt;br /&gt;
chère et si précieuse « chose » m’avait quittée. Je n’étais plus l’Immensité, mais une personne&lt;br /&gt;
la cherchant. Impossible de dire le nombre de jours ou de semaines vécus loin de ma dulcinée.&lt;br /&gt;
Je l’avais désertée à mon insu. La vie illusoire savait encore me prendre dans ses filets&lt;br /&gt;
occasionnellement.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Il m’a fallu cinq ans pour que l’éveil soit stable. C’est le temps qu’il m’a fallu pour dissoudre&lt;br /&gt;
et transformer toutes les facettes constituant l’ego. L’événement qui a marqué ce passage a&lt;br /&gt;
d’ailleurs été remarquable. Au dernier jour d’une retraite que j’animais, j’ai senti la Grâce&lt;br /&gt;
descendre sur moi avec une puissance inhabituelle. Elle guidait les gestes de mes bras qui&lt;br /&gt;
s’ouvraient pour tout prendre et tout ramener dans le cœur. La Grâce a tout raflé et envahi&lt;br /&gt;
chacune de mes cellules, Elle a tout transformé. Je suis devenue la Grâce incarnée. Depuis ce&lt;br /&gt;
jour, je baigne dans la Grâce. La Félicité ne m’a pas quittée. Que je mange, que je dorme ou&lt;br /&gt;
que je partage, la Félicité me berce et m’anime. Dans l’espace que j’appelle moi, l’Amour est&lt;br /&gt;
installé à jamais. Chaque pensée, chaque émotion ou sensation est reconnue comme une&lt;br /&gt;
manifestation divine. ÊTRE-CONSCIENCE-AMOUR sont réalisés à chaque instant.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Depuis, cette vision ne m’a plus quittée. L’éveil est stable, mais il y a plus que la stabilité.&lt;br /&gt;
J’habite un espace différent ; un espace où règne ÊTRE-CONSCIENCE-AMOUR. J’ai réalisé&lt;br /&gt;
le Soi ; tout est réalisé. Tout est immensément doux et lumineux. Si quelques transformations&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
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&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
 &lt;br /&gt;
adviennent au sein de la forme Claudette, elles ne peuvent être liées au petit « je ». La&lt;br /&gt;
réalisation peut s’approfondir, mais les racines de l’ego souffrant sont définitivement&lt;br /&gt;
éradiquées.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
En réalisant le Soi, j’ai compris que « Je suis Cela » et que toute idée, possession ou sensation&lt;br /&gt;
n’est autre que le Soi. »&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Tendresse infinie dans la reconnaissance de qui je suis,&lt;br /&gt;
 &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
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&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
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&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
 &lt;br /&gt;
Claudette Vidal&lt;br /&gt;
Questions-réponses&lt;br /&gt;
 &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
 &lt;br /&gt;
L'EVEIL :&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Qu'est-ce que l'éveil ?&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Claudette Vidal : L’éveil est la reconnaissance de qui nous sommes. Lorsque cesse&lt;br /&gt;
l’identification avec le moi égotique, il est vu que ce que nous sommes est éternellement vide,&lt;br /&gt;
silencieux et illimité. Nous sommes l’espace dans lequel tous les phénomènes naissent et&lt;br /&gt;
meurent.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Existe-t-il différents degrés d'éveil ?&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Claudette Vidal : Oui, il y a plusieurs niveaux d’approfondissement. Leur durée est très&lt;br /&gt;
variable.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
« Dans son livre Après l’extase, la lessive*, Jack Kornfield nous présente une des cartographie&lt;br /&gt;
de l’éveil les plus connues dans la tradition bouddhique : la tradition Theravada des Aînés du&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
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organise des Live Satsang sur internet ainsi que des rencontres en présence sur Lyon ou Valence.&lt;br /&gt;
 &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Sud-Est asiatique. Cette carte décrit l’éveil en quatre étapes successives . Chacune d’elles conduit à un nouveau degré de libération.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Les quatre étapes de la réalisation pourraient être représentées par un bouquet de quatre roses,&lt;br /&gt;
chacune étant à une étape différente de sa floraison. Du bouton floral à la rose complètement&lt;br /&gt;
épanouie en passant par les étapes intermédiaires, chacune révèle différents visages de la&lt;br /&gt;
beauté. Comme pour les roses, chaque étape du processus menant de l’éveil à la réalisation&lt;br /&gt;
offre l’occasion de découvrir un aspect différent de la beauté d’un être humain en&lt;br /&gt;
transformation.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
« 1. La première est appelée : Entrer dans le courant&lt;br /&gt;
Cette entrée dans le courant survient lorsque nous goûtons pour la première fois la&lt;br /&gt;
saveur de liberté absolue de l’éveil : une liberté du cœur, au-delà de toutes les conditions&lt;br /&gt;
mouvantes du monde. (...) l’entrée dans le courant apporte un changement de&lt;br /&gt;
compréhension stupéfiant. Lors de son premier éveil, '''UN PEU COMME S OUVRIR ET DECOUVRIR  LE CHRIST !''''''Texte en gras''' l’individu perçoit l’illusion d’un&lt;br /&gt;
soi séparé, se libère de son identification au corps et à l’esprit et s’éveille à la paix&lt;br /&gt;
éternelle du nirvana. '''UN PEU COMME S OUVRIR ET DECOUVRIR  LE CHRIST !''''''Texte en gras'''  De ce fait, le sens de sa vie est changé à jamais et il pénètre dans&lt;br /&gt;
un courant qui l’emporte vers une liberté plus large, aussi assurément qu’un courant&lt;br /&gt;
rapide entraîne une feuille vers la mer. »&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
« 2. La deuxième étape : Revenir encore&lt;br /&gt;
Même lorsque nous avons vu la vérité, de plus amples purifications demeurent&lt;br /&gt;
nécessaires pour transformer notre caractère et intégrer cette nouvelle compréhension&lt;br /&gt;
de la vie. Ainsi commence ce voyage, allant de l’entrée dans le courant jusqu’à la&lt;br /&gt;
seconde étape « Revenir encore ». Par un processus profond qui demande souvent de&lt;br /&gt;
nombreuses années, nous découvrons et évacuons nos habitudes les plus grossières de&lt;br /&gt;
saisie et d’aversion qui recréent ce sentiment d’un soi plein de peurs et de limites.&lt;br /&gt;
Atteindre la deuxième étape requiert une attention constante, sensible à la souffrance,&lt;br /&gt;
laquelle survient lorsque nous nous accrochons à nos désirs et à nos peurs, à nos idées&lt;br /&gt;
et à nos idéaux. Quand nous comprenons ces forces de la vie humaine, elles perdent leur&lt;br /&gt;
emprise sur nous. Pour finir, une réalisation profonde fait disparaître de façon&lt;br /&gt;
significative les forces les plus puissantes de désirs, de saisie, de colère et de peur.»&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
« 3. La troisième étape : Non-retour&lt;br /&gt;
À ce stade, nous sommes définitivement libérés de tout ce qui reste de désirs, saisies,&lt;br /&gt;
colères et peurs; nous n’aurons plus jamais à retomber sous leur joug. Ceux qui&lt;br /&gt;
progressent jusqu’à cette troisième étape sont très peu nombreux et ils y accèdent au&lt;br /&gt;
terme d’un long processus consistant à demeurer profondément dans le calme et la&lt;br /&gt;
vacuité. La sagesse grandissant, les mouvements subtils de saisie au niveau du coeur&lt;br /&gt;
sont abandonnés au moment même où ils apparaissent. À ce stade, nous demeurons dans&lt;br /&gt;
la liberté et la réalité du présent. Cette paix du cœur est rarement perturbée. »&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
« 4. La quatrième étape : Grand Éveil&lt;br /&gt;
Arrive enfin la quatrième étape, la plus extraordinaire, appelée « Grand Éveil », dans&lt;br /&gt;
laquelle les dernières traces de saisies subtiles – à l’égard de la joie, de la libération et&lt;br /&gt;
de la méditation elle-même – disparaissent. Maintenant, sans les moyens&lt;br /&gt;
d’identification à un soi, l’individu est libre de ses vestiges d’orgueil, de jugement,&lt;br /&gt;
d’agitation, de séparation qui voilaient l’être pur. Le rayonnement de notre vraie nature&lt;br /&gt;
brille sans obstacle dans notre vie entière. »&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Ces étapes ne sont pas obligatoirement suivies de façon rectiligne. Il est fréquent de faire des&lt;br /&gt;
allers-retours sur deux étapes successives. »&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Avec quoi ne faut-il pas confondre l'éveil ?&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Claudette Vidal : Avec les expériences d’expansion de conscience qui sont plus spectaculaires&lt;br /&gt;
et souvent plus recherchées. De plus, l’éveil n’est lié à aucun pouvoir. Chez certains, il peut&lt;br /&gt;
s’accompagner du développement de perceptions extrasensorielles, mais pas toujours. Ces&lt;br /&gt;
mêmes pouvoirs sont souvent existants chez des personnes ne vivant pas l’éveil.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Ressens-tu une résonnance avec une tradition spirituelle ou un enseignant en particulier ?&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
 Quelques années plus tard, une ouverture sur la mystique chrétienne, le soufisme,&lt;br /&gt;
l’hindouisme et d’autres courants spirituels ont été des révélateurs de ma nature spirituelle&lt;br /&gt;
générant de grandes ouvertures, notamment par l’intégration de la vibration Christique, celle de&lt;br /&gt;
la Mère divine, du Bouddha, de Shiva, Shakti, Tara, Parvati ainsi que de nombreux autres.&lt;br /&gt;
 &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
LA VOIE SPIRITUELLE :&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Question du blog Eveil Impersonnel: Comment trouver le moyen d'amener chacun à un aperçu&lt;br /&gt;
authentique de sa véritable nature ?&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Claudette Vidal : Le meilleur moyen est certainement d’être soi-même installé dans la présence.&lt;br /&gt;
Mais il y en a d’autres. Il serait hasardeux d’en faire la liste. Pour ma part, les moyens se&lt;br /&gt;
dévoilent dans l’instant lorsque je suis en présence de quelqu’un. Le geste nait du Rien. Il est&lt;br /&gt;
spontané et totalement adapté à la personne devant moi. C’est parfois avec une parole, parfois&lt;br /&gt;
un regard profond (darshan) qui transperce celui de l’autre et lève le voile de l’ignorance.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Est-il opportun d'entreprendre une sadhana facilitant la purification du mental, des émotions,&lt;br /&gt;
du corps et de se faire accompagner sur la voie ?&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Claudette Vidal : Le travail de purification est essentiel. Il ne conduit pas forcément à l’éveil&lt;br /&gt;
mais a le mérite de rendre la vie plus agréable et de préparer le terrain. Après l’éveil, le travail&lt;br /&gt;
de libération est incontournable.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Une partie de ce travail se fait seul et une autre partie en étant accompagné car il est impossible&lt;br /&gt;
de voir tout ce qui se joue en soi et de dépasser tous les mécanismes que nous avons mis en&lt;br /&gt;
place pour nous protéger.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Est-ce que le titre du livre &amp;quot;Après l'extase, la lessive&amp;quot; est évocateur pour toi ?&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Le titre de ce livre ainsi que son contenu témoignent d’une vérité importante&lt;br /&gt;
à partager afin d’enrayer les idées de bonheur absolu après l’éveil. La vie d’un être incarné&lt;br /&gt;
demeure une grande aventure dont l’éveil marque un tournant. Si l’arbre est en fleurs, il n’a pas&lt;br /&gt;
encore donné ses fruits. Il faut du temps pour apprendre à vivre avec la conscience de qui nous&lt;br /&gt;
sommes, pour que cette réalisation transforme les croyances les plus subtiles, bien cachées dans&lt;br /&gt;
la transparence des évidences. Découvrir Je suis est une chose, le vivre totalement en est une&lt;br /&gt;
autre.&lt;br /&gt;
La découverte de qui je suis s’installe peu à peu dans la réalité quotidienne. Les habitudes et&lt;br /&gt;
les modes de fonctionnement se transforment. La réalité est perçue en direct, sans les voiles du&lt;br /&gt;
mental et beaucoup de changements se produisent. Plusieurs années peuvent être nécessaires&lt;br /&gt;
pour intégrer ce changement de regard et s’y adapter.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Qu'est-ce que l'ego spirituel et comment peut-il se développer ?&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Claudette Vidal : L’ego spirituel est un fonctionnement de l’ego particulièrement intéressant à&lt;br /&gt;
investiguer. Pas facile de le démasquer, compte tenu des efforts colossaux qu’il consent pour&lt;br /&gt;
ne pas être vu des autres et de lui-même. Le chercheur spirituel marche sur un fil car l’ego, loin&lt;br /&gt;
de s’effacer, trouve dans les prises de conscience une nourriture riche et attrayante.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
L’ego spirituel tire grand profit des expériences mystiques. Il se les approprie afin d’enrichir&lt;br /&gt;
son patrimoine. Fier de son butin, il ne manquera pas de l’étaler au grand jour ou de l’apprécier&lt;br /&gt;
en secret. Ces expériences lui permettent de se distinguer des autres, de s’auto-glorifier, prendre&lt;br /&gt;
le pouvoir, obtenir de la reconnaissance ou être admiré. Il peut aussi s’en servir pour grossir&lt;br /&gt;
son capital de sympathie auprès d’un auditoire néophyte. L’ego ne veut jamais être ignoré ou&lt;br /&gt;
rejeté et cherche constamment à faire état de son avoir.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Les manifestations de l’ego spirituel sont parfois plus subtiles. Si certains parlent de leurs&lt;br /&gt;
exploits spirituels avec fausse modestie, d’autres brillent par leur capacité à voir l’invisible, à&lt;br /&gt;
avoir des prémonitions ou à interpréter les souffrances d’autrui. Il est fréquent qu’une poussée&lt;br /&gt;
d’orgueil succède à une expérience spirituelle importante. L’ego voudra être le riche&lt;br /&gt;
propriétaire d’une expérience d’éveil intense. Même lorsque l’ego a disparu momentanément,&lt;br /&gt;
il est toujours prêt à reprendre du service lorsqu’un goûter capiteux effleure ses sens. Créer&lt;br /&gt;
l’illusion, pour soi ou les autres, d’être quelqu’un de supérieur ou d’exceptionnel est attrayant.&lt;br /&gt;
Il n’en faut pas plus pour assister à la naissance d’un nouvel égo qui proclamera sa vérité&lt;br /&gt;
et partira en campagne en sauvant le monde. Il exigera le respect absolu et la subordination.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Quels sont les pièges inhérents au cheminement spirituel et comment ne pas tomber dedans ?&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Claudette Vidal : Voici ce que l’éveil n’est pas :&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
L’éveil n’est pas une performance spirituelle ou une rareté réservée à quelques êtres privilégiés.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
L’éveil n’est pas le résultat d’une technique ou d’un long chemin parcouru avec succès. Il est&lt;br /&gt;
plutôt le résultat d’un abandon total, d’un lâcher prise complet de tout ce que vous croyez être.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
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&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
L’éveil n’est pas le résultat d’un acte volontaire ; au contraire, le volontarisme de l’ego est une&lt;br /&gt;
entrave à l’éveil. L’éveil n’est pas réservé aux personnes en bonne santé ou équilibrées, bien&lt;br /&gt;
que les personnes très perturbées arrivent difficilement à rester ouvertes et à s’abandonner&lt;br /&gt;
totalement.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
L’éveil n’est pas compliqué, c’est simple et naturel. La complexité empêche l’éveil.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
L’éveil n’est pas une expérience. Bien que le basculement engendre une certaine expérience,&lt;br /&gt;
cette expérience n’est pas l’éveil. L’éveil, c’est ce qui reste après l’expérience. L’expérience de&lt;br /&gt;
chaque personne est différente ; l’éveil est le même pour tous, c’est le vide absolu. S’il y a&lt;br /&gt;
quelque chose, ce n’est pas l’éveil.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
L’éveil n’est pas un attachement à quoi que ce soit, surtout pas à l’éveil. Désirer s’éveiller ou&lt;br /&gt;
désirer ne rien désirer est un obstacle à l’éveil. Si vous vous attachez à un désir quelconque,&lt;br /&gt;
vous n’êtes plus libre.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
L’éveil ne rend pas infaillible. Comme l’éveil se produit chez un être humain, la nature humaine&lt;br /&gt;
poursuit son évolution, ses apprentissages. Seul le Soi est immuable.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
L’éveil n’apporte rien au chercheur. C’est plutôt la disparition de celui-ci.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
L’éveil ne rend pas spécial, exceptionnel ou intelligent. Il ne donne aucun pouvoir et passe&lt;br /&gt;
souvent inaperçu. La plupart des gens ne se rendent pas compte qu’ils côtoient un être éveillé.&lt;br /&gt;
Certains voient bien qu’il y a quelque chose de particulier, mais ne savent pas ce que c’est. Ils&lt;br /&gt;
sont simplement attirés.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
L’éveil ne supprime aucune douleur. Seules les souffrances engendrées par le mental n’existent&lt;br /&gt;
plus. Les émotions continuent d’émerger, mais personne ne se les approprie.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Que vous soyez pauvre, malade, ou ignare, vous pouvez vous éveiller. La Source est sans&lt;br /&gt;
préjugé !&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
L’éveilleur c’est vous, l’éveillé c’est vous, l’éveil c’est vous. Vous êtes tout ce qui existe ! »&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Certains témoignent d'une sensibilité accrue, est-ce ton cas? Comment vivre cette sensibilité ?&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Claudette Vidal : En effet, ma sensibilité a augmenté après l’éveil. Pour la vivre, il est important&lt;br /&gt;
de la reconnaître et d’apprendre à composer avec tout ce qu’elle offre. Il y a parfois des&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
77	Retour vers le sommaire&lt;br /&gt;
Ce document est un livre électronique gratuit et participatif édité par l’association Espace de l’Etre qui&lt;br /&gt;
organise des Live Satsang sur internet ainsi que des rencontres en présence sur Lyon ou Valence. &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
 &lt;br /&gt;
perceptions que l’on préfèrerait ne pas avoir et j’ai appris à les accepter. Cette sensibilité est&lt;br /&gt;
cependant variable. Elle n’est pas toujours croissante ou sable. Elle est parfois moins grande.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Quelle est la différence entre une expériences mystique et la vision qu'il n'y a pas de moi séparé?&lt;br /&gt;
Comment intégrer une expérience mystique sur la voie ?&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Claudette Vidal : Les expériences mystiques sont éphémères. Elles laissent cependant des&lt;br /&gt;
traces. Nous ne sommes plus pareils après. L’éveil à soi, bien que cette vision ne soit pas&lt;br /&gt;
toujours stable au début, le deviendra. Ce n’est pas spectaculaire, c’est être installé dans la vérité&lt;br /&gt;
de qui nous sommes. C’est tout à fait naturel.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Généralement, l’intégration se fait naturellement. Nous pouvons par ailleurs y remettre notre&lt;br /&gt;
attention occasionnellement.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
LA VISION QU'IL N'Y A PAS DE MOI SEPARE :&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
•	Voir qu'il n'y a pas de moi séparé :&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Pause! Maintenant, tout de suite, y a-t-il un geste simple à effectuer pour voir qu'il n'y a pas de&lt;br /&gt;
moi séparé ?&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Claudette Vidal : Tourner son regard vers ce qui regarde !&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
****************************&lt;br /&gt;
== *ici* ==&lt;br /&gt;
*************************&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Pourquoi peut-il y avoir vision sans réalisation définitive ?&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Claudette Vidal : Tant qu’il reste des identifications, tant que la conscience n’a pas démasquée&lt;br /&gt;
toutes les illusions, la réalisation n’est pas définitive.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Au moment où c'est vu, par quels moyens l'ego peut-il recouvrir la vision ?&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Claudette Vidal : L’ego ne peut pas recouvrer la vision, c’est la conscience qui voit&lt;br /&gt;
 &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
 &lt;br /&gt;
Comment gérer l'émergence de la peur du vide, de la dissolution, de la mort ?&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Claudette Vidal : De la même façon que l’on s’occupe de n’importe quelle peur, en s’installant&lt;br /&gt;
dans la présence pour les accueillir. La présence est l’espace d’accueil qui permet de libérer&lt;br /&gt;
toutes les peurs.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
•	Intégrer le processus de ballottement :&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
A ce stade, est-ce que travailler sur ses pensées, ses émotions, son corps a-t-il encore un sens ?&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Claudette Vidal : Je ne sais pas ce que signifie « à ce stade », mais une recommandation&lt;br /&gt;
s’impose, RESTER VIGILANT. Rien n’est acquis, même pour les grands maîtres.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Que conseillerais-tu à une personne qui créerait une dualité entre le vide et la forme ?&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Claudette Vidal : Je l’aiderais à voir cette dualité. Lorsque c’est vu, ça disparaît… si la vision&lt;br /&gt;
est suffisamment puissante. Sinon, il faut investiguer plus longuement.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Si nous sommes le Tout, comment voir l'amour également dans ce qu'il y a de pire dans le&lt;br /&gt;
monde ?&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Claudette Vidal : Quand tu es le Tout, tu ne te poses pas cette question… L’Amour accueille&lt;br /&gt;
tout et ne juge pas. Ce qui est, est. La création entière est l’oeuvre de l’Amour.&lt;br /&gt;
 &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
 &lt;br /&gt;
LA REALISATION DEFINITIVE :&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
'''Qu'est-ce que la réalisation définitive et d'autres réalisations peuvent-elles survenir ?&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Claudette Vidal : L’éveil se convertit en réalisation. L’éveil est la mise à distance de l’ego, pas&lt;br /&gt;
sa disparition. La réalisation marque la dissolution complète de l’ego. Après la réalisation, le&lt;br /&gt;
chemin spirituel se poursuit. Il est évident que les réalisations ou prises de conscience ne&lt;br /&gt;
s’arrêtent jamais car nous vivons l’illimité dans la limitation. Et l’illimité, c’est… illimité.''''''Texte en gras'''&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
La réalisation met-elle fin à la souffrance et aux émotions ? Y a-t-il un processus d'intégration&lt;br /&gt;
qui se poursuit ?&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Claudette Vidal : Les pensées, les désirs et les émotions continuent de se présenter à la&lt;br /&gt;
conscience, mais en moins grand nombre. La différence est qu’il n’y a plus de saisie ni&lt;br /&gt;
d’attachement à ces phénomènes.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Peut-on reconnaître un être réalisé ?&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Claudette Vidal : Pour le reconnaître, il faut d’abord, le connaître, c’est–à-dire savoir ce que&lt;br /&gt;
c’est consciemment ou inconsciemment. Plusieurs personnes le savent intuitivement. C’est&lt;br /&gt;
pour cette raison qu’elles sont spontanément allées vers des maîtres comme Ramana Maharshi&lt;br /&gt;
ou Ma Ananda Moyi.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
D’autres se sont trompés et ont été bernés par de faux gourous. '''C’est l’expérience dont ils&lt;br /&gt;
avaient besoin pour apprendre à faire la différence.'''&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Après tout, la réalisation elle-même ne serait-elle pas qu'un rêve dans l'infinitude du non-né ?&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Claudette Vidal : La réalisation appartient au royaume de la manifestation, du relatif. Si nous&lt;br /&gt;
dirigeons notre attention sur l’Absolu, il n’y a rien, il n’y a jamais rien eu et il n’y aura jamais&lt;br /&gt;
rien. Dans le relatif, il y a intégration de la lumière divine et de la conscience que nous sommes&lt;br /&gt;
Lumière.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
L’être humain procède de l’Absolu et du relatif, il serait dommage d’écarter l’un ou l’autre. Il&lt;br /&gt;
s’agit plutôt d’accorder à chacun la place qu’il mérite.&lt;br /&gt;
 &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
 &lt;br /&gt;
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Ce document est un livre électronique gratuit et participatif édité par l’association Espace de l’Etre qui&lt;br /&gt;
organise des Live Satsang sur internet ainsi que des rencontres en présence sur Lyon ou Valence.&lt;br /&gt;
 &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
 &lt;br /&gt;
LE COEUR DE TON MESSAGE :&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Quel conseil t'a le plus aidé dans ton parcours ?&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Claudette Vidal : Silence !&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Que conseillerais-tu à une personne qui se trouverait chamboulée par ce qu'elle vient de vivre ?&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Claudette Vidal : Descends dans ton corps et ressens ce qui s’y passe.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
 &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
 &lt;br /&gt;
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organise des Live Satsang sur internet ainsi que des rencontres en présence sur Lyon ou Valence.&lt;br /&gt;
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&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
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&lt;br /&gt;
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&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
 &lt;br /&gt;
Claudette Vidal&lt;br /&gt;
Présentation&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Vidéo&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
La divine comédie&lt;br /&gt;
 &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
 &lt;br /&gt;
Québécoise d’origine, Claudette Vidal témoigne d’un vécu qui naît dans l’instant présent. Sans&lt;br /&gt;
dogmatisme ni complaisance, elle va droit à l’essentiel. Elle pointe vers l'invisible voyant, le&lt;br /&gt;
Soi. Elle dit : &amp;quot;La Vérité n'est pas un objet, c'est le sujet&amp;quot;&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Son but n’est pas de convaincre, mais de témoigner et de partager.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Elle propose un chemin pour passer de la servitude à la liberté. Son style empreint de simplicité&lt;br /&gt;
et de fraîcheur ouvre l’espace du cœur et éveille la conscience.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Dans la tradition de la non-dualité, elle invite à retrouver l’Unité.&lt;br /&gt;
82	Retour vers le sommaire&lt;br /&gt;
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organise des Live Satsang sur internet ainsi que des rencontres en présence sur Lyon ou Valence.&lt;br /&gt;
 &lt;br /&gt;
CLAUDETTE VIDAL&lt;br /&gt;
Site internet	eveilspirituel.net&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Email	info@eveilspirituel.net&lt;br /&gt;
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 &lt;br /&gt;
Claudette anime des séminaires au Québec et en Europe. Elle est l’auteur de Chemin d’éveil et&lt;br /&gt;
Voyage au cœur de soi.&lt;br /&gt;
 &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
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&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
 &lt;br /&gt;
DELLA&lt;br /&gt;
 &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
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&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
 &lt;br /&gt;
Della&lt;br /&gt;
Témoignage&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
« La liberté d’Être vient avec le risque déraisonnable de reconnaître l’élan&lt;br /&gt;
d’amour à l’origine de toute manifestation.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Elle invite en respect du rythme de son âme, à l’ouverture du cœur à&lt;br /&gt;
l’Infini! »&lt;br /&gt;
 &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
 &lt;br /&gt;
Une histoire d’enfant&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Une petite fille a vu le jour un matin de mai 1965, rapidement suivie de son frère jumeau. Elle&lt;br /&gt;
arriva au sein d’une famille québécoise où 4 autres frères avaient déjà atterris.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Quoi que de nature timide, elle vécut une enfance tranquille entourée de ses frères heureux&lt;br /&gt;
d’avoir une petite sœur. Cette petite fille avait des dons qu’elle a vite appris à garder pour elle.&lt;br /&gt;
Elle voyait les auras, particulièrement sur les objets religieux dans la maison mais surtout, elle&lt;br /&gt;
pouvait se libérer de tension ou de tristesse spontanément par un mécanisme psychique qu’elle&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
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organise des Live Satsang sur internet ainsi que des rencontres en présence sur Lyon ou Valence.&lt;br /&gt;
 &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
nommait dans son langage d’enfant « changer de bord ». Sa perspective changeait alors&lt;br /&gt;
radicalement comme si elle avait changé de lieu. Cette nouvelle perspective avait une&lt;br /&gt;
particularité, elle était remplie de béatitude, d’amour et de joie et plus rien de ce qui avait pu&lt;br /&gt;
l’affecter jusqu’alors ne subsistait.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Vers l’âge de 9 ou 10 ans, peut-être après avoir partagé au monde adulte qui lui répondit que&lt;br /&gt;
toutes ces histoires n’existaient pas, ces dons disparurent.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
La petite fille a grandi. Elle est devenue quelqu’un.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
A nouveau, le changement de perspective&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Le retour à cet Espace connu d’Amour s’est produit pour moi à 43 ans, de façon spontanée,&lt;br /&gt;
inattendue et hors de tout souhait que cela ne m’arrive, mes expériences d’enfants ne m’ayant&lt;br /&gt;
laissé aucune soif ni intention de retrouver quoi que ce soit. La spiritualité était, à ce moment,&lt;br /&gt;
synonyme de dogmes et de rituels enfermant l’humain, qui ne résonnaient pas avec la simplicité&lt;br /&gt;
d’une rencontre de cœur.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Alors que j’étais devenue médecin, épouse et mère de trois enfants, que mon cœur me paraissait&lt;br /&gt;
comblé, je pouvais imaginer ma vie bien douce et toute tracée. La vie en avait toutefois décidé&lt;br /&gt;
autrement.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
En mars 2005, face à une situation familiale un peu tendue, je suis allée consulter un&lt;br /&gt;
psychologue qui m’a proposé une séance d’exploration « des possibles » en hypnose. Ma&lt;br /&gt;
question était formulée ainsi : « Comment puis-je irradier la paix dans la maison ? ». Cette&lt;br /&gt;
expérience d’hypnose a pris, contre toute attente, la forme d’une expérience de mort imminente,&lt;br /&gt;
m’amenant à traverser un tunnel de lumière, à rencontrer des êtres de lumière puis à me fondre&lt;br /&gt;
avec l’Un, l’Amour inconditionnel, la Conscience infinie. Après une heure fondue dans le Tout,&lt;br /&gt;
je me suis retrouvée dans mon corps noyé de larmes de béatitude avec, au cœur, cette évidence&lt;br /&gt;
d’Unité et d’Amour en toute chose.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
A partir de ce moment, cette évidence d’Amour ne m’a plus jamais quittée.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Les deux années suivantes ont constitué une période initiatique riche d’expériences mystiques&lt;br /&gt;
profondes et d’enseignements au plan subtil, orientée, d’une part, vers un décapage de l’ego et&lt;br /&gt;
d’autre part, vers une ouverture de mon cœur à l’Amour au-delà des concepts, des&lt;br /&gt;
conditionnements, des croyances et des interdits qui coloraient encore mon véhicule.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
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&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Quelques enseignements&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Les enseignements décrits ici, et plusieurs autres qui ne font pas l’objet de ce texte, ont&lt;br /&gt;
profondément transformés mon regard sur la Réalité. Bien qu’ils n’apparaissent que comme des&lt;br /&gt;
expériences et qu’il m’est absolument impossible d’affirmer le fondement de leur réalité, ils ont&lt;br /&gt;
eu un effet aussi profond chez moi que si on les avait gravés dans mon ADN. En voici quelques&lt;br /&gt;
uns.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Rapidement après l’hypnose, j’ai recommencé à voir les auras. Parfois colorées mais le plus&lt;br /&gt;
souvent très blanches autour des personnes, des objets, des paysages, tellement éblouissantes&lt;br /&gt;
que j’avais parfois du mal à conduire ma voiture. Quelques mois sont passés ainsi, puis du jour&lt;br /&gt;
au lendemain, elles sont toutes devenues noires. Mon cœur s’est serré pendant plusieurs jours,&lt;br /&gt;
l’inquiétude s’est installée, un sentiment de deuil m’a envahie. Toutefois, au fil des jours, mon&lt;br /&gt;
regard s’est graduellement ouvert au-delà de la peur et j’ai pu voir que ces auras sombres&lt;br /&gt;
faisaient rejaillir la beauté extraordinaire des personnes et des objets desquelles elles émanaient.&lt;br /&gt;
La splendeur que je m’autorisais à voir sans le filtre de la peur, me coupait le souffle. La leçon&lt;br /&gt;
était apprise. La peur était un facteur limitatif primordial du regard ouvert sur la Réalité. Les&lt;br /&gt;
auras se sont ensuite succédées, parfois blanches, parfois noires, jusqu’à ce qu’elles&lt;br /&gt;
n’apparaissent que pour me parler occasionnellement.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Plusieurs enseignements ont été reçus sous la forme d’une voix qui s’est installée dans les&lt;br /&gt;
semaines qui ont suivis l’hypnose et qui m’a accompagnée pendant près de deux ans. Cette voix&lt;br /&gt;
me semblait provenir du Divin. La première chose qu’elle m’ait demandé clairement était ceci :&lt;br /&gt;
« Es-tu prête à aimer au-delà des concepts, des conditionnements, des croyances, des interdits&lt;br /&gt;
et des tabous ? »&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Au travers de situations toujours concrètes, elle m’a demandé si j’étais prête à prendre la&lt;br /&gt;
douleur de l’autre par amour, à donner ma lumière à l’autre au prix de la perdre, à laisser aller&lt;br /&gt;
mon jugement sur l’autre par amour, à passer pour folle par amour, à ne pas sauver l’autre par&lt;br /&gt;
amour.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
J’ai fait par exemple, de multiples rêves sur le génocide du Rwanda. En alternance, j’étais&lt;br /&gt;
pendant toute une nuit, un bourreau Hutu qui charcutait mes victimes à la machette et j’étais&lt;br /&gt;
invitée à les aimer. La nuit suivante, j’étais la victime Tutsi et j’étais invitée à aimer mon&lt;br /&gt;
bourreau et à offrir mon corps sans condition. Cette initiation concentrée sur trente nuits&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
87	Retour vers le sommaire&lt;br /&gt;
Ce document est un livre électronique gratuit et participatif édité par l’association Espace de l’Etre qui&lt;br /&gt;
organise des Live Satsang sur internet ainsi que des rencontres en présence sur Lyon ou Valence. &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
consécutives à me lever le matin, bouleversée et en sueur, invitait mon cœur à s’ouvrir à un&lt;br /&gt;
amour tout à fait incompréhensible mais graduellement possible.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
J’ai fait un autre « séminaire nocturne » dans les mois qui ont suivi. J’étais inscrite à un atelier&lt;br /&gt;
et nous étions invités à faire un exercice deux par deux. Il y avait de grands couteaux à côté de&lt;br /&gt;
chacune des chaises. Les deux membres de chacune des dyades étaient invités à tuer l’autre à&lt;br /&gt;
l’aide des couteaux, et ce, le plus rapidement possible. Je me suis dit que je n’en serais pas&lt;br /&gt;
capable. Alors je suis morte... Tout de suite après ma mort, je me suis retrouvée dans le même&lt;br /&gt;
atelier, intacte, et l’instructeur nous assura que nous resterions tant et aussi longtemps que&lt;br /&gt;
chacun des deux participants n’aurait pas réussi sa tâche. Je n’arrivais pas à me résoudre à tuer&lt;br /&gt;
l’autre et mon hésitation n’aboutissait qu’à blesser toujours davantage mon compagnon&lt;br /&gt;
d’exercice. Mon malaise était vraiment intense. Cette initiation prit fin après quelques nuits,&lt;br /&gt;
sans toutefois que je ne réussisse mon défi.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Alors que mon regard s’ouvrait à la perfection de toute chose, il m’était de plus en plus difficile&lt;br /&gt;
de travailler comme médecin. Je voyais tous les patients qui arrivaient à l’urgence comme&lt;br /&gt;
parfaits. Il est d’ailleurs arrivé à quelques reprises que ce regard de perfection coïncide avec&lt;br /&gt;
des guérisons spontanées.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Nous sommes partis travailler en famille une année et demie en Nouvelle-Zélande. J’y ai vécu&lt;br /&gt;
plusieurs mois en état de désidentification au corps et au moi. Une conscience unifiée au tout,&lt;br /&gt;
témoin de mouvements automatiques du corps comme se lever, manger, aller au supermarché,&lt;br /&gt;
aller travailler. Une conscience qui devenait l’océan et ses créatures, qui s’unifiait aux animaux,&lt;br /&gt;
aux objets et aux êtres humains, à leur histoire, leur passé et leur futur tous deux superposés au&lt;br /&gt;
moment, comme une boucle déjà écrite et complétée. Une évidence, à partir de ce point de vue&lt;br /&gt;
que « tout était déjà accompli » et que le libre-arbitre, tout comme l’idée du temps, d’un corps,&lt;br /&gt;
d’une identité étaient tout à fait illusoires.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
À l’été 2007, après avoir vécu cette désidentification profonde, la voix qui me semblait&lt;br /&gt;
maintenant mienne, donc plus intime et unifiée à « moi », a demandé que toutes ces expériences&lt;br /&gt;
me soient enlevés. Je souhaitais que ces dons puissent être offerts à d’autres à qui ils pourraient&lt;br /&gt;
servir de révélateurs du Divin. Cette demande provenait d’un espace tranquille qui n’avait plus&lt;br /&gt;
besoin de croire en plus grand ni d’expérimenter quoique ce soit d’extraordinaire pour « être ».&lt;br /&gt;
Je n’étais pas non plus à l’aise avec le fait qu’attirés par ces dons, des gens viennent à moi dans&lt;br /&gt;
un espace de dualité.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
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Ce document est un livre électronique gratuit et participatif édité par l’association Espace de l’Etre qui&lt;br /&gt;
organise des Live Satsang sur internet ainsi que des rencontres en présence sur Lyon ou Valence. &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
 &lt;br /&gt;
Je me suis retrouvée 36 heures après cette prière, effondrée sur le canapé, un courant d’énergie&lt;br /&gt;
quittant mon corps pendant près de deux heures. Abasourdie, je me suis tranquillement relevée&lt;br /&gt;
et me suis retrouvée, « moi », toute simple, avec une grande joie au cœur d’être simplement là,&lt;br /&gt;
de rire et de pouvoir jouir de la profonde simplicité des choses de la Vie.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
En octobre 2007, la médecine m’a quittée. Le mouvement mental ayant accès à mes&lt;br /&gt;
connaissances a tout simplement cessé. Cet événement a été suivi du deuil d’un travail que&lt;br /&gt;
j’adorais. J’ai compris à ce moment, après une retraite avec Adyashanti qu’on m’avait proposé&lt;br /&gt;
de suivre, que j’avais vécu un Éveil de conscience. Je me rappelle avoir ressentie une certaine&lt;br /&gt;
perplexité devant la soif intense des participants à cette retraite à souhaiter un décapage aussi&lt;br /&gt;
incisif de l’identité…&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
La tranquillité s’est ensuite installée rapidement, accompagnée du Silence et de la Paix profonde&lt;br /&gt;
qui découlaient de l’Évidence que tout était possible et que rien n’était nécessaire pour Être.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Le Silence, réalité et refuge&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Une année plus tard, à un moment de ma vie où je ressentais à l’intérieur l’appel de la solitude&lt;br /&gt;
et de la vie d’ascète, la Vie s’est occupée de me sortir de mon Silence en m’invitant à donner&lt;br /&gt;
du satsang et des retraites, toujours étonnée face à l’évidence qu’il n’y avait rien à dire mais&lt;br /&gt;
que « ça parlait de toute façon ».&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
J’ai pris conscience par la suite qu’une partie de « moi » avait pris refuge dans ce Silence et&lt;br /&gt;
qu’il me fallait répondre à l’invitation naturelle, bien que bouleversante pour « moi », à&lt;br /&gt;
m’inclure dans cet Amour et être à l’écoute de mon âme ou comme j’aime à le dire à « écouter&lt;br /&gt;
la fleur pousser », même si cela a pu avoir des conséquences sur mon environnement immédiat,&lt;br /&gt;
en aboutissant notamment à l’éclatement de ma famille.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Avec le recul, je perçois aujourd’hui, que le processus de décapage de l’ego par lequel je suis&lt;br /&gt;
passée a été terriblement menaçant pour « la petite » à l’intérieur et que le support de Michaël1&lt;br /&gt;
qui enseignait la non-dualité depuis plusieurs années déjà, m’a été très précieux, je dirais même&lt;br /&gt;
essentiel, pour l’intégration de mon âme dans cette vaste Réalité inclusive de tout.&lt;br /&gt;
 &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
 &lt;br /&gt;
1 Michaël Szyper est l’auteur de Pétales d’Éveil et de Les étoiles écoutent toujours quand on leur parle&lt;br /&gt;
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Ce document est un livre électronique gratuit et participatif édité par l’association Espace de l’Etre qui&lt;br /&gt;
organise des Live Satsang sur internet ainsi que des rencontres en présence sur Lyon ou Valence.&lt;br /&gt;
 &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
De la survie du « moi » perçu séparé à la Vie que je suis :&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Une invitation vers la joie et la simplicité avec ou sans éveil !&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
De mon point de vue, qui n’est en réalité qu’un pointeur vers le grand Mystère, l’incarnation&lt;br /&gt;
d’une âme libre, parcelle individuelle de l’Être, dans un corps physique est créatrice d’une&lt;br /&gt;
expérience brute unique, celle de l’existence d’un « moi ». Cette création magique permet&lt;br /&gt;
l’expérimentation du jeu de la dualité à travers le vécu de ce « moi » qui se perçoit rapidement&lt;br /&gt;
comme séparé de la Vie qui l’habite et qui l’entoure.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Ce « moi » vit le plus souvent à partir d’une tension de survie issue de sa perception de&lt;br /&gt;
séparation. De cette tension de survie découle naturellement un besoin de sécurité. Un élan&lt;br /&gt;
grandissant vers la création d’un monde connu à travers l’attachement à une identité, à des&lt;br /&gt;
croyances, à des possessions apporte ainsi une forme de référence apaisante face à la vie et la&lt;br /&gt;
justification naturelle d’un désir de contrôle sur celle-ci.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Le besoin de sécurité du « moi » perçu séparé se manifeste également à travers la création de&lt;br /&gt;
ce que j’appelle les « gardiens de la séparation », une forme d’énergie instinctive viscérale&lt;br /&gt;
d’amour et de protection à l’origine de l’ego et du maintien ferme de la dualité. Toutes leurs&lt;br /&gt;
actions se basent sur le refus fondamental du moment tel qu’il est dans un contexte perçu de&lt;br /&gt;
l’ordre de la survie. Ils auront essentiellement pour tâche de maintenir à tout prix, cette structure&lt;br /&gt;
du connu et du contrôle.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Puisque l’âme est, à l’origine, libre du fait d’adhérer ou pas à cette protection du « moi », il est&lt;br /&gt;
possible, avec une intention sincère du cœur, de prendre conscience de la présence de ce&lt;br /&gt;
mécanisme séparateur, de reconnaître cette protection comme un mouvement d’amour vis-à-&lt;br /&gt;
vis du « moi » et aussi, de faire des pas au-delà des interdictions de cette énergie de fermeture&lt;br /&gt;
souvent inconsciente permettant ainsi une exploration authentique du Mystère de l’Être.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Selon le degré de liberté de l’âme face à cette énergie subtile de maintien de la séparation au&lt;br /&gt;
moment de la réalisation de notre Vraie Nature, l’éveil sera vécu plus ou moins librement en&lt;br /&gt;
fonction du pouvoir de cette contraction inconsciente sur le « moi ». Dans le contexte où, le&lt;br /&gt;
plus souvent, les gardiens de la séparation ne se détendent pas totalement lors de la réalisation,&lt;br /&gt;
l’ouverture pourra permettre la justification « non duelle » de jeux duels inconscients, lesquels&lt;br /&gt;
sont non intégratifs des valeurs fondamentales de l’Être soit la bienveillance, la clarté, la&lt;br /&gt;
compassion et l’authenticité dans la relation simple à soi et à l’autre.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
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organise des Live Satsang sur internet ainsi que des rencontres en présence sur Lyon ou Valence. &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
 &lt;br /&gt;
L’ouverture pourra par exemple être happée par l’ego en soif d’estime, elle pourrait également&lt;br /&gt;
planquer le « moi » dans l’ultime refuge de l’Être où il n’y a plus « personne ». Les gardiens de&lt;br /&gt;
la séparation pourront également refermer, plus ou moins rapidement, l’ouverture vécue,&lt;br /&gt;
mécanisme sous-jacent au phénomène fréquent de va-et-vient et d’émergence de terreur&lt;br /&gt;
viscérale sur le chemin de la spiritualité.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
De mon point de vue, le vrai cadeau de l’incarnation humaine, indépendamment de l’éveil, se&lt;br /&gt;
situe dans ce processus de clarté et de libération face à la tension de survie maintenue par les&lt;br /&gt;
gardiens du « moi séparé » permettant ainsi l’ouverture du cœur à la Réalité telle qu’elle est et&lt;br /&gt;
à la douce écoute de la fleur de l’âme en émergence de sa fragrance divine propre. Il constitue&lt;br /&gt;
un voyage inévitable vers la simplicité et la joie, vers cet espace du cœur, antérieur aux défenses&lt;br /&gt;
de l’identité, qui se manifeste par une douce tranquillité découlant de l’évidence qu’à partir de&lt;br /&gt;
la Conscience, tout est possible et rien n’est nécessaire.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Accompagnement sur le chemin de l’ouverture à la Vie&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Le chemin de l’ouverture à la Vie peut être doux et inclusif du vécu du « moi ». Si l’après-&lt;br /&gt;
éveil est souffrant, qu’il crée un décalage important avec sa vie ou bien qu’il mette à jour des&lt;br /&gt;
facettes du « moi » qui maintiennent la complexité, l’accompagnement peut vraiment aider à&lt;br /&gt;
voir avec amour, clarté et compassion, les enjeux inconscients du « moi » et à permettre&lt;br /&gt;
l’intégration des besoins personnels de l’humain au cœur de la simplicité bien vivante du&lt;br /&gt;
moment.&lt;br /&gt;
 &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
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&lt;br /&gt;
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&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
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organise des Live Satsang sur internet ainsi que des rencontres en présence sur Lyon ou Valence.&lt;/div&gt;</summary>
		<author><name>78.224.74.40</name></author>
		
	</entry>
	<entry>
		<id>https://wiki-conscience.terretciel.com/index.php?title=NOETIQUE_4_-_TEMOIGNAGES_D_EVEIL&amp;diff=215</id>
		<title>NOETIQUE 4 - TEMOIGNAGES D EVEIL</title>
		<link rel="alternate" type="text/html" href="https://wiki-conscience.terretciel.com/index.php?title=NOETIQUE_4_-_TEMOIGNAGES_D_EVEIL&amp;diff=215"/>
		<updated>2021-05-13T14:18:39Z</updated>

		<summary type="html">&lt;p&gt;78.224.74.40 : &lt;/p&gt;
&lt;hr /&gt;
&lt;div&gt;J AI COMMENCE DE LA PAGE 100 VERS LE DEBUT ET ARETE A CLAUDETTE  VIDAL &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
-Claudette Vidal&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
L’histoire de Claudette&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
J’ai huit ans et je suis à l’église avec mes parents, lorsque j’entends une voix qui retentit dans&lt;br /&gt;
mon cœur et me demande si je serais prête à tout lâcher un jour pour Le suivre. &lt;br /&gt;
Intuitivement,&lt;br /&gt;
avec toute la ferveur et l’intensité dont je suis capable, je déclare : « OUI ». Je viens de prendre&lt;br /&gt;
l’engagement le plus important de ma vie.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Depuis cet évènement, je sais qu’un jour j’aurai à renoncer à tout pour répondre à l’appel&lt;br /&gt;
intérieur. Je n’ai aucune idée des surprises que la vie me réserve à ce propos.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
C’est à l’âge de trente-sept ans que la vie me rappellera ma promesse, au moment où je suis&lt;br /&gt;
plongée dans les affaires. &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Quelque temps après notre rupture, ma petite voix intérieure me guide vers Gangaji, une&lt;br /&gt;
enseignante spirituelle auprès de qui je m’éveillerai à ma vraie nature. Avant la rencontre avec&lt;br /&gt;
Gangaji, la Vie me sert une prodigieuse leçon de renoncement qui durera une quinzaine&lt;br /&gt;
d’années.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Le renoncement&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Durant ces années, il me faudra renoncer à tous mes attachements : mon mari, mon fils, ma&lt;br /&gt;
famille, mon identité de femme d’affaires ainsi que mes boutiques, ma maison. Tout. Divorce,&lt;br /&gt;
faillite (dépôt de bilan), déménagement. Tout part….&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Un jour, je réalise avec stupéfaction qu’il reste quelque chose à quoi je n’ai pas encore renoncé&lt;br /&gt;
: « moi », ou le sentiment d’être quelqu’un. Un immense frisson me traverse. J’ai très peur. Je&lt;br /&gt;
sais que la fin est proche. Suis-je prête pour le grand saut ? Suis-je disponible pour l’offrande&lt;br /&gt;
ultime, pour donner ma vie à la Vie ? Sans la moindre hésitation, la réponse est « oui ». Quelques&lt;br /&gt;
semaines plus tard la Grâce prendra ma vie, ou ce que je crois être ma vie. L’illusion fera place&lt;br /&gt;
à la vision directe.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Rencontre avec Gangaji&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Je fais la connaissance de Gangaji au travers de ses vidéos. Dès le premier visionnement, je sais&lt;br /&gt;
qu’elle sait. Je suis obnubilée par la qualité de sa présence. Je suis peu attentive à ses mots, je&lt;br /&gt;
suis fascinée par le silence d’où surgissent ses mots. Je sais qu’elle a percé le mystère qui&lt;br /&gt;
m’habite. Je dois la rencontrer. &lt;br /&gt;
L’ÉVEIL&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Désidentification au corps, aux émotions et au mental&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
À la fin de la première journée du séminaire avec Gangaji, je fais une indigestion aiguë. La&lt;br /&gt;
douleur est tellement intense que je crois que je vais mourir. Ma tête veut exploser et mon&lt;br /&gt;
estomac se tord de douleur. Je me sens épuisée, vidée. Il y a un miroir au-dessus du lavabo où&lt;br /&gt;
je tente de trouver un quelconque soulagement. Je regarde dans le miroir et je vois mon visage.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Soudainement, je réalise que je ne suis pas ce corps. Je comprends que le corps et moi sommes&lt;br /&gt;
deux choses différentes. Puis... ça se détend dans le corps. Tout reprend sa juste place. Je me&lt;br /&gt;
surprends à faire des grimaces dans le miroir et à sourire. Les maux de tête et d’estomac&lt;br /&gt;
s’arrêtent sur le champ. J’imagine que ce corps pourrait s’étaler par terre, sans vie, que cela ne&lt;br /&gt;
m’empêcherait pas de continuer à faire des grimaces et des clins d’œil amusés en étant hors du&lt;br /&gt;
corps. Je suis désidentifiée du corps. Réaliser que le corps et moi sommes deux entités distinctes&lt;br /&gt;
est maintenant une évidence. Jusqu’à présent, je ne le savais qu’intellectuellement.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Le lendemain, nos instructeurs Gangaji et son mari Eli décrivent le type d’ego dans lequel je&lt;br /&gt;
suis fixée. Je me sens très interpellée, bouleversée. Je ressens beaucoup de haine et de mépris&lt;br /&gt;
pour moi et les autres. Je ne suis plus que ça. Puis… durant la journée, les émotions se dissipent,&lt;br /&gt;
je retrouve le calme et la sérénité. Je suis désidentifiée de mes émotions.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Venant de nulle part, des paroles s’élèvent en moi pour dire : « C’est la deuxième étape ». J’ai&lt;br /&gt;
alors compris que la désidentification du corps était la première étape, celle des émotions, la&lt;br /&gt;
suivante.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Le lendemain, Gangaji s’adresse aux participants d’une façon différente des précédentes. Son&lt;br /&gt;
ton est plus solennel. Je suis très attentive. Elle nous demande de faire ce que son maître lui a&lt;br /&gt;
jadis demandé et qui lui a permis de retrouver sa vraie nature. Elle nous demande « d’arrêter de&lt;br /&gt;
penser ». Au moment où elle dit cela, j’arrête instantanément. J’avais parcouru cinq mille&lt;br /&gt;
kilomètres pour élucider le grand mystère de la vie, pas question de ne pas me conformer aux&lt;br /&gt;
requêtes. Tout en étant attentive à ce qu’elle dit, mon esprit est au point zéro, immobile. Je n’ai&lt;br /&gt;
plus une seule pensée. Je suis calme et je prends conscience d’un vide sidéral. Je ne sais pas ce&lt;br /&gt;
qu’est le vide sidéral, mais c’est l’expression qui me vient spontanément. Absence de tout, plein&lt;br /&gt;
de vie, pourrait le décrire. Il n’y a rien, vraiment rien.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Je ne savais pas ce qui allait se passer par la suite et ne m’en inquiétais nullement. J’étais&lt;br /&gt;
fascinée par ce silence intérieur profond et apaisant.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
La nuit suivante fut quelque peu étonnante. Dans une sorte de rêve éveillé, j’ai l’impression de&lt;br /&gt;
découvrir un truc inhabituel, riche et captivant. Ce truc c’est moi. Je découvre la potentialité de&lt;br /&gt;
qui je suis. Je m’amuse avec moi m’amusant à m’amuser avec moi en train de me voir&lt;br /&gt;
m’amuser… Je m’émerveille devant l’ampleur infinie des possibilités qui s’offrent à moi. Tout&lt;br /&gt;
est possible, vraiment tout ! Je découvre le royaume des possibilités de l’Être, c’est grandiose.&lt;br /&gt;
Je suis fascinée par cette découverte. La Source devient consciente d’elle-même avec&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
ravissement. Fini de jouer à cache-cache avec moi. Je me révèle le secret que je m’étais caché&lt;br /&gt;
depuis si longtemps. Je peux désormais reconnaître la splendeur de qui je suis, sans fausse&lt;br /&gt;
modestie. J’étais cela depuis toujours, mais je ne le voyais pas.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
La plénitude de l’instant présent prend toute la place. Je ne suis plus dans le moment présent,&lt;br /&gt;
je suis le moment présent. Tout est fluide, simple et parfait. Je suis rentrée à la maison. Je&lt;br /&gt;
comprends intérieurement ce que voulaient dire Krishnamurti, Bouddha, Ramana Maharshi et&lt;br /&gt;
les autres maîtres spirituels. Je le comprends intimement et profondément.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Tout est vide et plein à la fois. Je ressens une plénitude tranquille que des bulles de joie et&lt;br /&gt;
d’amour viennent parfumer occasionnellement. Je suis d’une insouciance enfantine et d’une&lt;br /&gt;
vastitude infinie. Je vois l’amour et la beauté dans chaque brin d’herbe et dans l’immensité du&lt;br /&gt;
ciel bleu. Une grande simplicité et une ouverture totale prennent place dans l’espace que&lt;br /&gt;
j’appelle « moi ».&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Disparition du « moi », tout est espace&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Un soir, quelques semaines après ma rencontre avec Gangaji, j’ai de la difficulté à m’endormir.&lt;br /&gt;
Mon attention se dirige naturellement vers une souffrance que je porte. À cet instant, je crois&lt;br /&gt;
que la source de ma souffrance est la personne qui m’a agressée verbalement quelques heures&lt;br /&gt;
plus tôt. En mettant mon attention sur l’agresseur apparaissant maintenant dans mon esprit, je&lt;br /&gt;
réalise que je suis cet agresseur. L’essence de l’agresseur et celle de l’agressée est identique.&lt;br /&gt;
C’est moi. Je suis la Vie qui anime ces deux personnages dans mon esprit.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Ensuite, mon attention se porte sur des dizaines d’identités vivant des souffrances différentes :&lt;br /&gt;
misère, impuissance, révolte, frustration, peur, etc. Je vois que sous ces différentes formes de&lt;br /&gt;
souffrance, l’essence est la même, c’est moi. Je suis Source et toutes les formes de souffrance&lt;br /&gt;
sont mon expression. Ce monde de souffrance, c’est l’enfer. Tout y est noirceur, mal-être et&lt;br /&gt;
désolation. Après avoir reconnu que toutes les souffrances sont une expression de qui je suis,&lt;br /&gt;
tous les jugements s’estompent et la souffrance disparaît.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Après l’enfer, un espace paradisiaque apparaît. Dans cet espace, tout est beau, positif et joyeux.&lt;br /&gt;
Là aussi je réalise que quelle que soit la forme que prend la beauté, elle est l’expression de qui&lt;br /&gt;
je suis. Un ressenti de paix et d’ouverture infinie conclut cette expérience.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Le lendemain matin au réveil, je me sens bizarre, différente. Après quelques instants, je réalise&lt;br /&gt;
que je ne suis qu’espace, un espace infini. La chose « moi » qui avait occupé l’espace jusqu’à&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
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Ce document est un livre électronique gratuit et participatif édité par l’association Espace de l’Etre qui&lt;br /&gt;
organise des Live Satsang sur internet ainsi que des rencontres en présence sur Lyon ou Valence. &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
présent a disparu. C’est joyeux et grisant de bouger dans l’espace et de sentir que mes jambes&lt;br /&gt;
marchent dans le vide. Je touche ma jambe pour tenter d’éprouver une sensation habituelle,&lt;br /&gt;
mais la sensation est différente. Il y a bien un ressenti, mais je ne me sens pas concernée.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Je suis&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
La dernière expérience importante en lien avec l’éveil à Soi se déroule un mois après ma&lt;br /&gt;
rencontre avec Gangaji. Après avoir lu quelques pages d’un de ses livres, j’ai envie de me&lt;br /&gt;
détendre et de fermer les yeux. Soudainement, une multitude de faisceaux de lumières qui&lt;br /&gt;
semblent prendre naissance au centre de ma poitrine explosent dans tous les sens. Une&lt;br /&gt;
gigantesque quantité d’énergie s’en dégage et s’élance vers les univers les plus éloignés. C’est&lt;br /&gt;
d’une puissance et d’une ampleur prodigieuse. Je suis témoin d’une explosion atomique&lt;br /&gt;
intersidérale. Les mots amour, félicité et joie ponctuent les jaillissements de lumières&lt;br /&gt;
multicolores. Je baigne dans un océan d’amour. Le lendemain matin, une petite voix intérieure&lt;br /&gt;
me dit : « la recherche est terminée, découvre maintenant ».&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
DE L’EVEIL A LA REALISATION&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
« Après l’éveil, j’ai cru que tout était fini, qu’il ne se passerait plus rien. Je croyais que j’allais&lt;br /&gt;
vivre éternellement dans la joie et la béatitude. En fait, je ne savais pas trop à quoi m’attendre.&lt;br /&gt;
Comme l’éveil m’avait semblé inatteignable, je ne m’étais pas souciée de l’étape ultérieure.&lt;br /&gt;
J’étais donc inconsciente de ce qui m’attendait. Je me suis alors imaginé un conte de fées&lt;br /&gt;
poétique où les difficultés n’avaient plus leur place... »&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
En effet, beaucoup de transformations se produisent après l’éveil. Je peux parler de celles que&lt;br /&gt;
j’ai vécues et aussi de celles que je n’ai pas vécues mais souvent rapportées.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Les changements se produisent sur les plans du physique, de l’émotionnel, du mental, du&lt;br /&gt;
spirituel, ainsi qu’au niveau des perceptions. Nous les développerons ultérieurement. Les&lt;br /&gt;
transformations peuvent aussi être décrites chronologiquement. C’est de cette façon que je vais&lt;br /&gt;
débuter mon témoignage.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
La lune de miel de l’éveil&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Pour certains, après l’éveil se produit un phénomène que j’appelle « la lune de miel de l’éveil&lt;br /&gt;
». La lune de miel peut s’étaler sur une période allant de quelques jours à plusieurs mois, voire&lt;br /&gt;
une ou deux années. Durant cette période, nous sommes profondément immergés dans le Soi.&lt;br /&gt;
Seul existe cet espace lumineux, vide, infini et silencieux. Les phénomènes comme les émotions&lt;br /&gt;
et les pensées continuent de surgir dans la conscience, mais semblent lointains. Tout est&lt;br /&gt;
rapidement absorbé dans le Silence. C’est extrêmement doux, confortable et extatique. Tout est&lt;br /&gt;
ouverture dans l’instant avec l’évidence que tout naît et meurt dans cet espace que « Je suis ».&lt;br /&gt;
Beaucoup d’effluves d’amour et de joie sans cause se présentent à la conscience qui savoure&lt;br /&gt;
avec béatitude cette reconnaissance d’elle-même.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Après l’extase la lessive…&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Cette période est suivie ou entrecoupée de moments où certains aspects de l’ego se présentent&lt;br /&gt;
à nouveau à la conscience. Par exemple, un sentiment d’abandon ou d’injustice refait surface&lt;br /&gt;
malgré l’éveil à sa vraie nature. Certains phénomènes se présenteront à une grande distance de&lt;br /&gt;
Soi et d’autres sembleront si près qu’ils continueront à avoir un pouvoir illusoire et seront&lt;br /&gt;
expérimentés comme étant vrais. Ces manifestations seront plus ou moins marquées selon la&lt;br /&gt;
profondeur de l’éveil et l’aptitude de la conscience à maintenir une distance avec la réalité.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Lorsque nous sommes identifiés à l’ego, les phénomènes semblent être séparés. Après l’éveil,&lt;br /&gt;
la vision se porte essentiellement sur le non-manifesté. De leur côté les phénomènes sont perçus&lt;br /&gt;
comme presque inexistants, nous affectant faiblement. Puis, apparaît la dernière étape dévoilant&lt;br /&gt;
une vision nouvelle de la réalité. Les phénomènes sont alors retrouvés jaillissant de l’unité.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Comme le dit si bien Jack Kornfield dans son livre « Après l’extase la lessive », un travail de&lt;br /&gt;
déconditionnement et de libération reste à faire après l’éveil. La découverte de qui Je suis&lt;br /&gt;
permet la mise à distance de son ego, mais pas sa dissolution. Un travail de guérison et de&lt;br /&gt;
libération des mémoires qui constituaient le petit moi est alors nécessaire pour se libérer&lt;br /&gt;
totalement de l’ego et atteindre la réalisation du Soi.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Les changements sur différents plans : physique, émotionnel, mental et spirituel&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Dans mon corps, des changements physiques sont survenus. La silhouette s’est amincie et&lt;br /&gt;
remodelée. Le corps s’est redressé et assoupli. Quelques semaines après l’éveil, mes pieds ont&lt;br /&gt;
enflé de façon surprenante. Il m’était impossible de porter des chaussures. Il m’a semblé que&lt;br /&gt;
beaucoup de toxines, qui ont été évacuées par la suite, avaient temporairement migré dans mes&lt;br /&gt;
pieds. Durant cette même période, les membres où j’avais jadis eu des entorses se sont&lt;br /&gt;
redressés, réparés. Différentes images de feux ont aussi habité mon esprit pendant une dizaine&lt;br /&gt;
de jours. Mon organisme était l’objet d’une purification. Je ne savais ce qui brûlait, ni pourquoi,&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
mais tout brûlait. Puis... le feu s’est arrêté. Quelques jours plus tard, en rêve éveillé, j’ai vu un&lt;br /&gt;
corps sur l’océan. Puis... des vêtements emportés par les vagues, sans le corps. J’étais l’océan !&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Les réactions émotionnelles font place à un grand détachement. Apparaissant jadis au premier&lt;br /&gt;
plan, elles sont désormais reléguées au second plan et ne nous affectent plus. N’étant plus&lt;br /&gt;
identifiée aux émotions, elles apparaissent et disparaissent rapidement.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Au niveau mental, j’ai vécu une déstructuration qui m’a beaucoup surprise au début.&lt;br /&gt;
Soudainement, je ne pouvais plus attribuer aux choses leur sens habituel, mais un sens contraire.&lt;br /&gt;
Parfois les mots, les chiffres, les phrases étaient vides de sens. De plus, comme la mémoire&lt;br /&gt;
n’est plus soumise à un entraînement intensif, elle s’atrophie. L’utilisation d’un bloc note est&lt;br /&gt;
devenu indispensable. Plusieurs croyances ont été dissoutes et d’autres ont été remplacées par&lt;br /&gt;
des croyances révélant une vérité plus profonde.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
J’ai découvert une nouvelle conscience après l’éveil. Il ne s’agit pas d’une conscience de soi en&lt;br /&gt;
tant que sujet dans la relation sujet/objet, mais d’une conscience totale, consciente d’elle-même&lt;br /&gt;
en tant que Rien et Tout. Cette conscience a tout raflé sur son passage : temporalité,&lt;br /&gt;
constructions mentales et « moi » en tant qu’acteur principal des expériences.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
La Conscience et son reflet sont inséparables. L'un ne peut pas exister sans l'autre. Ils sont une&lt;br /&gt;
seule et même chose, un miracle renouvelé à chaque instant.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
La reconnaissance que « Je suis Rien » qui contient tout est une réalisation majeure. J’ai aussi&lt;br /&gt;
réalisé que ce qu’on appelle Claudette est une forme que prend la Source pour s’expérimenter&lt;br /&gt;
elle-même à travers des caractéristiques spécifiques et des conditions particulières. Ce que&lt;br /&gt;
j’appelle maintenant « moi » par défaut de langage, est une apparence de la Source non-&lt;br /&gt;
manifestée incarnée dans un organisme de fonction. Deux niveaux de conscience sont toujours&lt;br /&gt;
présents : la conscience que « Je suis » et « Je suis faisant l’expérience Claudette », c’est-à-dire&lt;br /&gt;
moi. Ce « moi » accomplira le geste de l’offrande de soi lorsqu’il devient conscient de lui-&lt;br /&gt;
même en tant que création.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Pouvoirs et perceptions&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Si vous vous attendez à acquérir des pouvoirs avec l’éveil, vous pourriez être déçu. Il est&lt;br /&gt;
possible que l’éveil vous gratifie de certains pouvoirs, mais peut-être pas. Comme l’éveil&lt;br /&gt;
éradique la fausse croyance qui est à la base de tout votre système de croyances, la disparition&lt;br /&gt;
de celle-ci emporte avec elle une masse d’énergie considérable. La disparition de cette&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
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&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
gigantesque construction mentale à propos de soi engendre minimalement une plus grande&lt;br /&gt;
acuité entraînant des perceptions plus fines pour percevoir les plans subtils.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Comme l’empathie devient un état naturel après l’éveil, elle se déploie rapidement. Cette&lt;br /&gt;
habileté permettra de ressentir facilement ce qui se passe chez autrui et dans l’environnement.&lt;br /&gt;
Au lieu d’analyser une situation, vous la percevez en temps réel avec une perception directe&lt;br /&gt;
émergeant de l’unité. C’est en devenant la réalité que nous pouvons la percevoir de manière&lt;br /&gt;
très intime.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Plusieurs aptitudes comme la clairvoyance ou la clairaudience ont tendance à se développer&lt;br /&gt;
naturellement après l’éveil, sans en faire une généralité. Ces capacités existent aussi chez ceux&lt;br /&gt;
qui ne sont pas éveillés.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Un vieil adage dit : « bienheureux les éveillés sans pouvoir ». Particulièrement au début, alors&lt;br /&gt;
que la désidentification à l’ego n’est pas permanente, nous sommes toujours fragilisés. L’éveil&lt;br /&gt;
n’est pas une fin, mais le début du véritable chemin spirituel.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
De l’ego immature à l’ego mature&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Nous croyons pouvoir nous débarrasser de l’ego… cela est impossible. Pour se connaître, la&lt;br /&gt;
Conscience a besoin d’expérimenter et c’est à travers l’ego qu’elle le fait.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
L’ego immature disparaît, laissant la place à un ego mature qui naît et meurt dans l’instant.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Si l’ego immature se prenait pour le maître, l’ego mature sera un serviteur dévoué, acceptant&lt;br /&gt;
volontiers son nouveau rôle. Libéré de ses attachements et dépendances, il est ouvert et serein.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
L’ego immature est enfermé dans une prison mentale. Il fait partie d’un système qu’il ne&lt;br /&gt;
comprend pas et dont il est l’otage. Tout ce qu’il entreprend ne peut l’extraire des sables&lt;br /&gt;
mouvants dans lesquels il ne cesse de s’enfoncer.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Sa prison EST le mental. Plus les pensées s’emballent, plus les murs de sa prison s’épaississent.&lt;br /&gt;
Toutes les actions initiées à partir de l’agitation mentale ne sont d’aucune utilité pour se libérer&lt;br /&gt;
de ses chaînes.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Les murs qui entourent l’ego sont érigés en permanence, ou presque. Cette structure est gardée&lt;br /&gt;
par des sentinelles… les peurs. Les murs sont constitués de nombreuses croyances à propos de&lt;br /&gt;
soi, des autres et de la vie. Les conditionnements verrouillent toutes les ouvertures qui&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
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&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
pourraient apparaître. Sans en être conscients, nous alimentons ce système pendant des&lt;br /&gt;
décennies.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
L’ego immature se caractérise par sa volonté… parfois féroce. Il exige que les choses soient&lt;br /&gt;
comme il le veut… que la réalité cadre avec ses attentes. De ces dernières naissent des&lt;br /&gt;
déceptions, des frustrations en grand nombre, ainsi qu’un fréquent sentiment de manque.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Dans l’illusion de son existence, l’ego cherche. Il s’évertue à résoudre l’énigme de sa vie.&lt;br /&gt;
Totalement leurré et imbu d’un pouvoir imaginaire, il multipliera les expériences pour tenter de&lt;br /&gt;
mettre fin à sa souffrance.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Lorsque l’ego immature abdique et qu’il se soumet à la volonté de la Vie, son existence&lt;br /&gt;
commence à se transformer. Plus il s’incline devant l’inéluctable CE QUI EST, plus sa vie&lt;br /&gt;
s’apaise.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Avec l’ego mature, les traits de personnalité ne changent pas. C’est le regard aimant posé sur&lt;br /&gt;
eux qui les transforment.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Lorsque l’ego a capitulé, qu’il a vraiment « rendu les armes », lorsque l’illusion à propos de qui&lt;br /&gt;
il est, est vue, un basculement de la conscience se produit. Le centre passe d’un « je » individuel&lt;br /&gt;
et séparé à « Je » impersonnel et indivisé. « Je » agit alors à travers un ego n’ayant plus de&lt;br /&gt;
prétention et évoluant sans laisser de trace. Son origine n’est pas le mental, mais la Source&lt;br /&gt;
divine, vivante et vivifiante. Cet ego est une émergence de l’Impersonnel dans le personnel, ici&lt;br /&gt;
et maintenant.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Il n’y a plus de réputation à défendre, plus d’image de soi à soutenir. Une incommensurable&lt;br /&gt;
autorisation à expérimenter les multiples facettes de la vie devient possible. Les efforts pour&lt;br /&gt;
tenter d’être bien, correct, pertinent, adapté, fort, etc. sont remplacés par une acceptation&lt;br /&gt;
inconditionnelle de ce qui est. Le juge intérieur a disparu au profit d’une présence aimante.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Les expériences vécues par ce nouvel ego s’effacent au fur et à mesure qu’elles se produisent.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Délivrée du sens du moi, la tentative de s’approprier ou de rejeter le vécu s’est éteinte. Aussi,&lt;br /&gt;
les différentes facettes de la personnalité sont vécues sans jugement.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Il est vu que les paroles se disent et que les gestes s’accomplissent à travers soi. Il est réalisé&lt;br /&gt;
que la forme humaine est un instrument, un passage et un terrain d’expérimentation du Soi.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
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&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Évanouissement d’éveil&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Dans le moment présent, il n’y a pas de « avant » et « après » l’éveil. Pas de concept, pas de&lt;br /&gt;
prévision et, surtout pas de perte d’éveil. Du point de vue de la Source, l’éveil ne peut être perdu&lt;br /&gt;
pas plus qu’il ne peut être gagné. Il n’y a rien, l’espace est toujours immaculé.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Le basculement dans l’éveil ne signe pas forcément la disparition définitive de l’ego. Même s’il&lt;br /&gt;
a été vu que le moi est une illusion, des doutes peuvent encore surgir. L’apparition inopinée du&lt;br /&gt;
« je » entraîne l’expérience je suis quelqu’un, un évanouissement d’éveil.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Après s’être éveillé à Soi, vivre en permanence dans l’unité présente un défi. Demeurer fidèle&lt;br /&gt;
à Soi requiert de la vigilance et un engagement sincère. Si l’éveil disparaît, c’est qu’il y a à&lt;br /&gt;
nouveau identification. L’ego a momentanément repris les commandes. Honnêteté et&lt;br /&gt;
conscience sont nécessaires pour le reconnaître.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
La réalisation&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
« Durant les premières années qui ont suivi l’éveil, j’ai réalisé à quelques reprises que cette si&lt;br /&gt;
chère et si précieuse « chose » m’avait quittée. Je n’étais plus l’Immensité, mais une personne&lt;br /&gt;
la cherchant. Impossible de dire le nombre de jours ou de semaines vécus loin de ma dulcinée.&lt;br /&gt;
Je l’avais désertée à mon insu. La vie illusoire savait encore me prendre dans ses filets&lt;br /&gt;
occasionnellement.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Il m’a fallu cinq ans pour que l’éveil soit stable. C’est le temps qu’il m’a fallu pour dissoudre&lt;br /&gt;
et transformer toutes les facettes constituant l’ego. L’événement qui a marqué ce passage a&lt;br /&gt;
d’ailleurs été remarquable. Au dernier jour d’une retraite que j’animais, j’ai senti la Grâce&lt;br /&gt;
descendre sur moi avec une puissance inhabituelle. Elle guidait les gestes de mes bras qui&lt;br /&gt;
s’ouvraient pour tout prendre et tout ramener dans le cœur. La Grâce a tout raflé et envahi&lt;br /&gt;
chacune de mes cellules, Elle a tout transformé. Je suis devenue la Grâce incarnée. Depuis ce&lt;br /&gt;
jour, je baigne dans la Grâce. La Félicité ne m’a pas quittée. Que je mange, que je dorme ou&lt;br /&gt;
que je partage, la Félicité me berce et m’anime. Dans l’espace que j’appelle moi, l’Amour est&lt;br /&gt;
installé à jamais. Chaque pensée, chaque émotion ou sensation est reconnue comme une&lt;br /&gt;
manifestation divine. ÊTRE-CONSCIENCE-AMOUR sont réalisés à chaque instant.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Depuis, cette vision ne m’a plus quittée. L’éveil est stable, mais il y a plus que la stabilité.&lt;br /&gt;
J’habite un espace différent ; un espace où règne ÊTRE-CONSCIENCE-AMOUR. J’ai réalisé&lt;br /&gt;
le Soi ; tout est réalisé. Tout est immensément doux et lumineux. Si quelques transformations&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
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&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
 &lt;br /&gt;
adviennent au sein de la forme Claudette, elles ne peuvent être liées au petit « je ». La&lt;br /&gt;
réalisation peut s’approfondir, mais les racines de l’ego souffrant sont définitivement&lt;br /&gt;
éradiquées.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
En réalisant le Soi, j’ai compris que « Je suis Cela » et que toute idée, possession ou sensation&lt;br /&gt;
n’est autre que le Soi. »&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Tendresse infinie dans la reconnaissance de qui je suis,&lt;br /&gt;
 &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
 &lt;br /&gt;
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Claudette Vidal&lt;br /&gt;
Questions-réponses&lt;br /&gt;
 &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
 &lt;br /&gt;
L'EVEIL :&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Qu'est-ce que l'éveil ?&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Claudette Vidal : L’éveil est la reconnaissance de qui nous sommes. Lorsque cesse&lt;br /&gt;
l’identification avec le moi égotique, il est vu que ce que nous sommes est éternellement vide,&lt;br /&gt;
silencieux et illimité. Nous sommes l’espace dans lequel tous les phénomènes naissent et&lt;br /&gt;
meurent.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Existe-t-il différents degrés d'éveil ?&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Claudette Vidal : Oui, il y a plusieurs niveaux d’approfondissement. Leur durée est très&lt;br /&gt;
variable.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
« Dans son livre Après l’extase, la lessive*, Jack Kornfield nous présente une des cartographie&lt;br /&gt;
de l’éveil les plus connues dans la tradition bouddhique : la tradition Theravada des Aînés du&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
72	Retour vers le sommaire&lt;br /&gt;
Ce document est un livre électronique gratuit et participatif édité par l’association Espace de l’Etre qui&lt;br /&gt;
organise des Live Satsang sur internet ainsi que des rencontres en présence sur Lyon ou Valence.&lt;br /&gt;
 &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Sud-Est asiatique. Cette carte décrit l’éveil en quatre étapes successives . Chacune d’elles conduit à un nouveau degré de libération.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Les quatre étapes de la réalisation pourraient être représentées par un bouquet de quatre roses,&lt;br /&gt;
chacune étant à une étape différente de sa floraison. Du bouton floral à la rose complètement&lt;br /&gt;
épanouie en passant par les étapes intermédiaires, chacune révèle différents visages de la&lt;br /&gt;
beauté. Comme pour les roses, chaque étape du processus menant de l’éveil à la réalisation&lt;br /&gt;
offre l’occasion de découvrir un aspect différent de la beauté d’un être humain en&lt;br /&gt;
transformation.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
« 1. La première est appelée : Entrer dans le courant&lt;br /&gt;
Cette entrée dans le courant survient lorsque nous goûtons pour la première fois la&lt;br /&gt;
saveur de liberté absolue de l’éveil : une liberté du cœur, au-delà de toutes les conditions&lt;br /&gt;
mouvantes du monde. (...) l’entrée dans le courant apporte un changement de&lt;br /&gt;
compréhension stupéfiant. Lors de son premier éveil, '''UN PEU COMME S OUVRIR ET DECOUVRIR  LE CHRIST !''''''Texte en gras''' l’individu perçoit l’illusion d’un&lt;br /&gt;
soi séparé, se libère de son identification au corps et à l’esprit et s’éveille à la paix&lt;br /&gt;
éternelle du nirvana. '''UN PEU COMME S OUVRIR ET DECOUVRIR  LE CHRIST !''''''Texte en gras'''  De ce fait, le sens de sa vie est changé à jamais et il pénètre dans&lt;br /&gt;
un courant qui l’emporte vers une liberté plus large, aussi assurément qu’un courant&lt;br /&gt;
rapide entraîne une feuille vers la mer. »&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
« 2. La deuxième étape : Revenir encore&lt;br /&gt;
Même lorsque nous avons vu la vérité, de plus amples purifications demeurent&lt;br /&gt;
nécessaires pour transformer notre caractère et intégrer cette nouvelle compréhension&lt;br /&gt;
de la vie. Ainsi commence ce voyage, allant de l’entrée dans le courant jusqu’à la&lt;br /&gt;
seconde étape « Revenir encore ». Par un processus profond qui demande souvent de&lt;br /&gt;
nombreuses années, nous découvrons et évacuons nos habitudes les plus grossières de&lt;br /&gt;
saisie et d’aversion qui recréent ce sentiment d’un soi plein de peurs et de limites.&lt;br /&gt;
Atteindre la deuxième étape requiert une attention constante, sensible à la souffrance,&lt;br /&gt;
laquelle survient lorsque nous nous accrochons à nos désirs et à nos peurs, à nos idées&lt;br /&gt;
et à nos idéaux. Quand nous comprenons ces forces de la vie humaine, elles perdent leur&lt;br /&gt;
emprise sur nous. Pour finir, une réalisation profonde fait disparaître de façon&lt;br /&gt;
significative les forces les plus puissantes de désirs, de saisie, de colère et de peur.»&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
« 3. La troisième étape : Non-retour&lt;br /&gt;
À ce stade, nous sommes définitivement libérés de tout ce qui reste de désirs, saisies,&lt;br /&gt;
colères et peurs; nous n’aurons plus jamais à retomber sous leur joug. Ceux qui&lt;br /&gt;
progressent jusqu’à cette troisième étape sont très peu nombreux et ils y accèdent au&lt;br /&gt;
terme d’un long processus consistant à demeurer profondément dans le calme et la&lt;br /&gt;
vacuité. La sagesse grandissant, les mouvements subtils de saisie au niveau du coeur&lt;br /&gt;
sont abandonnés au moment même où ils apparaissent. À ce stade, nous demeurons dans&lt;br /&gt;
la liberté et la réalité du présent. Cette paix du cœur est rarement perturbée. »&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
« 4. La quatrième étape : Grand Éveil&lt;br /&gt;
Arrive enfin la quatrième étape, la plus extraordinaire, appelée « Grand Éveil », dans&lt;br /&gt;
laquelle les dernières traces de saisies subtiles – à l’égard de la joie, de la libération et&lt;br /&gt;
de la méditation elle-même – disparaissent. Maintenant, sans les moyens&lt;br /&gt;
d’identification à un soi, l’individu est libre de ses vestiges d’orgueil, de jugement,&lt;br /&gt;
d’agitation, de séparation qui voilaient l’être pur. Le rayonnement de notre vraie nature&lt;br /&gt;
brille sans obstacle dans notre vie entière. »&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Ces étapes ne sont pas obligatoirement suivies de façon rectiligne. Il est fréquent de faire des&lt;br /&gt;
allers-retours sur deux étapes successives. »&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Avec quoi ne faut-il pas confondre l'éveil ?&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Claudette Vidal : Avec les expériences d’expansion de conscience qui sont plus spectaculaires&lt;br /&gt;
et souvent plus recherchées. De plus, l’éveil n’est lié à aucun pouvoir. Chez certains, il peut&lt;br /&gt;
s’accompagner du développement de perceptions extrasensorielles, mais pas toujours. Ces&lt;br /&gt;
mêmes pouvoirs sont souvent existants chez des personnes ne vivant pas l’éveil.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Ressens-tu une résonnance avec une tradition spirituelle ou un enseignant en particulier ?&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
 Quelques années plus tard, une ouverture sur la mystique chrétienne, le soufisme,&lt;br /&gt;
l’hindouisme et d’autres courants spirituels ont été des révélateurs de ma nature spirituelle&lt;br /&gt;
générant de grandes ouvertures, notamment par l’intégration de la vibration Christique, celle de&lt;br /&gt;
la Mère divine, du Bouddha, de Shiva, Shakti, Tara, Parvati ainsi que de nombreux autres.&lt;br /&gt;
 &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
LA VOIE SPIRITUELLE :&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Question du blog Eveil Impersonnel: Comment trouver le moyen d'amener chacun à un aperçu&lt;br /&gt;
authentique de sa véritable nature ?&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Claudette Vidal : Le meilleur moyen est certainement d’être soi-même installé dans la présence.&lt;br /&gt;
Mais il y en a d’autres. Il serait hasardeux d’en faire la liste. Pour ma part, les moyens se&lt;br /&gt;
dévoilent dans l’instant lorsque je suis en présence de quelqu’un. Le geste nait du Rien. Il est&lt;br /&gt;
spontané et totalement adapté à la personne devant moi. C’est parfois avec une parole, parfois&lt;br /&gt;
un regard profond (darshan) qui transperce celui de l’autre et lève le voile de l’ignorance.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Est-il opportun d'entreprendre une sadhana facilitant la purification du mental, des émotions,&lt;br /&gt;
du corps et de se faire accompagner sur la voie ?&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Claudette Vidal : Le travail de purification est essentiel. Il ne conduit pas forcément à l’éveil&lt;br /&gt;
mais a le mérite de rendre la vie plus agréable et de préparer le terrain. Après l’éveil, le travail&lt;br /&gt;
de libération est incontournable.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Une partie de ce travail se fait seul et une autre partie en étant accompagné car il est impossible&lt;br /&gt;
de voir tout ce qui se joue en soi et de dépasser tous les mécanismes que nous avons mis en&lt;br /&gt;
place pour nous protéger.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Est-ce que le titre du livre &amp;quot;Après l'extase, la lessive&amp;quot; est évocateur pour toi ?&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Le titre de ce livre ainsi que son contenu témoignent d’une vérité importante&lt;br /&gt;
à partager afin d’enrayer les idées de bonheur absolu après l’éveil. La vie d’un être incarné&lt;br /&gt;
demeure une grande aventure dont l’éveil marque un tournant. Si l’arbre est en fleurs, il n’a pas&lt;br /&gt;
encore donné ses fruits. Il faut du temps pour apprendre à vivre avec la conscience de qui nous&lt;br /&gt;
sommes, pour que cette réalisation transforme les croyances les plus subtiles, bien cachées dans&lt;br /&gt;
la transparence des évidences. Découvrir Je suis est une chose, le vivre totalement en est une&lt;br /&gt;
autre.&lt;br /&gt;
La découverte de qui je suis s’installe peu à peu dans la réalité quotidienne. Les habitudes et&lt;br /&gt;
les modes de fonctionnement se transforment. La réalité est perçue en direct, sans les voiles du&lt;br /&gt;
mental et beaucoup de changements se produisent. Plusieurs années peuvent être nécessaires&lt;br /&gt;
pour intégrer ce changement de regard et s’y adapter.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Qu'est-ce que l'ego spirituel et comment peut-il se développer ?&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Claudette Vidal : L’ego spirituel est un fonctionnement de l’ego particulièrement intéressant à&lt;br /&gt;
investiguer. Pas facile de le démasquer, compte tenu des efforts colossaux qu’il consent pour&lt;br /&gt;
ne pas être vu des autres et de lui-même. Le chercheur spirituel marche sur un fil car l’ego, loin&lt;br /&gt;
de s’effacer, trouve dans les prises de conscience une nourriture riche et attrayante.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
L’ego spirituel tire grand profit des expériences mystiques. Il se les approprie afin d’enrichir&lt;br /&gt;
son patrimoine. Fier de son butin, il ne manquera pas de l’étaler au grand jour ou de l’apprécier&lt;br /&gt;
en secret. Ces expériences lui permettent de se distinguer des autres, de s’auto-glorifier, prendre&lt;br /&gt;
le pouvoir, obtenir de la reconnaissance ou être admiré. Il peut aussi s’en servir pour grossir&lt;br /&gt;
son capital de sympathie auprès d’un auditoire néophyte. L’ego ne veut jamais être ignoré ou&lt;br /&gt;
rejeté et cherche constamment à faire état de son avoir.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Les manifestations de l’ego spirituel sont parfois plus subtiles. Si certains parlent de leurs&lt;br /&gt;
exploits spirituels avec fausse modestie, d’autres brillent par leur capacité à voir l’invisible, à&lt;br /&gt;
avoir des prémonitions ou à interpréter les souffrances d’autrui. Il est fréquent qu’une poussée&lt;br /&gt;
d’orgueil succède à une expérience spirituelle importante. L’ego voudra être le riche&lt;br /&gt;
propriétaire d’une expérience d’éveil intense. Même lorsque l’ego a disparu momentanément,&lt;br /&gt;
il est toujours prêt à reprendre du service lorsqu’un goûter capiteux effleure ses sens. Créer&lt;br /&gt;
l’illusion, pour soi ou les autres, d’être quelqu’un de supérieur ou d’exceptionnel est attrayant.&lt;br /&gt;
Il n’en faut pas plus pour assister à la naissance d’un nouvel égo qui proclamera sa vérité&lt;br /&gt;
et partira en campagne en sauvant le monde. Il exigera le respect absolu et la subordination.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Quels sont les pièges inhérents au cheminement spirituel et comment ne pas tomber dedans ?&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Claudette Vidal : Voici ce que l’éveil n’est pas :&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
L’éveil n’est pas une performance spirituelle ou une rareté réservée à quelques êtres privilégiés.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
L’éveil n’est pas le résultat d’une technique ou d’un long chemin parcouru avec succès. Il est&lt;br /&gt;
plutôt le résultat d’un abandon total, d’un lâcher prise complet de tout ce que vous croyez être.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
76	Retour vers le sommaire&lt;br /&gt;
Ce document est un livre électronique gratuit et participatif édité par l’association Espace de l’Etre qui&lt;br /&gt;
organise des Live Satsang sur internet ainsi que des rencontres en présence sur Lyon ou Valence. &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
L’éveil n’est pas le résultat d’un acte volontaire ; au contraire, le volontarisme de l’ego est une&lt;br /&gt;
entrave à l’éveil. L’éveil n’est pas réservé aux personnes en bonne santé ou équilibrées, bien&lt;br /&gt;
que les personnes très perturbées arrivent difficilement à rester ouvertes et à s’abandonner&lt;br /&gt;
totalement.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
L’éveil n’est pas compliqué, c’est simple et naturel. La complexité empêche l’éveil.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
L’éveil n’est pas une expérience. Bien que le basculement engendre une certaine expérience,&lt;br /&gt;
cette expérience n’est pas l’éveil. L’éveil, c’est ce qui reste après l’expérience. L’expérience de&lt;br /&gt;
chaque personne est différente ; l’éveil est le même pour tous, c’est le vide absolu. S’il y a&lt;br /&gt;
quelque chose, ce n’est pas l’éveil.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
L’éveil n’est pas un attachement à quoi que ce soit, surtout pas à l’éveil. Désirer s’éveiller ou&lt;br /&gt;
désirer ne rien désirer est un obstacle à l’éveil. Si vous vous attachez à un désir quelconque,&lt;br /&gt;
vous n’êtes plus libre.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
L’éveil ne rend pas infaillible. Comme l’éveil se produit chez un être humain, la nature humaine&lt;br /&gt;
poursuit son évolution, ses apprentissages. Seul le Soi est immuable.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
L’éveil n’apporte rien au chercheur. C’est plutôt la disparition de celui-ci.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
L’éveil ne rend pas spécial, exceptionnel ou intelligent. Il ne donne aucun pouvoir et passe&lt;br /&gt;
souvent inaperçu. La plupart des gens ne se rendent pas compte qu’ils côtoient un être éveillé.&lt;br /&gt;
Certains voient bien qu’il y a quelque chose de particulier, mais ne savent pas ce que c’est. Ils&lt;br /&gt;
sont simplement attirés.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
L’éveil ne supprime aucune douleur. Seules les souffrances engendrées par le mental n’existent&lt;br /&gt;
plus. Les émotions continuent d’émerger, mais personne ne se les approprie.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Que vous soyez pauvre, malade, ou ignare, vous pouvez vous éveiller. La Source est sans&lt;br /&gt;
préjugé !&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
L’éveilleur c’est vous, l’éveillé c’est vous, l’éveil c’est vous. Vous êtes tout ce qui existe ! »&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Certains témoignent d'une sensibilité accrue, est-ce ton cas? Comment vivre cette sensibilité ?&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Claudette Vidal : En effet, ma sensibilité a augmenté après l’éveil. Pour la vivre, il est important&lt;br /&gt;
de la reconnaître et d’apprendre à composer avec tout ce qu’elle offre. Il y a parfois des&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
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Ce document est un livre électronique gratuit et participatif édité par l’association Espace de l’Etre qui&lt;br /&gt;
organise des Live Satsang sur internet ainsi que des rencontres en présence sur Lyon ou Valence. &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
 &lt;br /&gt;
perceptions que l’on préfèrerait ne pas avoir et j’ai appris à les accepter. Cette sensibilité est&lt;br /&gt;
cependant variable. Elle n’est pas toujours croissante ou sable. Elle est parfois moins grande.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Quelle est la différence entre une expériences mystique et la vision qu'il n'y a pas de moi séparé?&lt;br /&gt;
Comment intégrer une expérience mystique sur la voie ?&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Claudette Vidal : Les expériences mystiques sont éphémères. Elles laissent cependant des&lt;br /&gt;
traces. Nous ne sommes plus pareils après. L’éveil à soi, bien que cette vision ne soit pas&lt;br /&gt;
toujours stable au début, le deviendra. Ce n’est pas spectaculaire, c’est être installé dans la vérité&lt;br /&gt;
de qui nous sommes. C’est tout à fait naturel.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Généralement, l’intégration se fait naturellement. Nous pouvons par ailleurs y remettre notre&lt;br /&gt;
attention occasionnellement.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
LA VISION QU'IL N'Y A PAS DE MOI SEPARE :&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
•	Voir qu'il n'y a pas de moi séparé :&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Pause! Maintenant, tout de suite, y a-t-il un geste simple à effectuer pour voir qu'il n'y a pas de&lt;br /&gt;
moi séparé ?&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Claudette Vidal : Tourner son regard vers ce qui regarde !&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
****************************&lt;br /&gt;
== *ici* ==&lt;br /&gt;
*************************&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Pourquoi peut-il y avoir vision sans réalisation définitive ?&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Claudette Vidal : Tant qu’il reste des identifications, tant que la conscience n’a pas démasquée&lt;br /&gt;
toutes les illusions, la réalisation n’est pas définitive.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Au moment où c'est vu, par quels moyens l'ego peut-il recouvrir la vision ?&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Claudette Vidal : L’ego ne peut pas recouvrer la vision, c’est la conscience qui voit&lt;br /&gt;
 &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
 &lt;br /&gt;
Comment gérer l'émergence de la peur du vide, de la dissolution, de la mort ?&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Claudette Vidal : De la même façon que l’on s’occupe de n’importe quelle peur, en s’installant&lt;br /&gt;
dans la présence pour les accueillir. La présence est l’espace d’accueil qui permet de libérer&lt;br /&gt;
toutes les peurs.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
•	Intégrer le processus de ballottement :&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
A ce stade, est-ce que travailler sur ses pensées, ses émotions, son corps a-t-il encore un sens ?&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Claudette Vidal : Je ne sais pas ce que signifie « à ce stade », mais une recommandation&lt;br /&gt;
s’impose, RESTER VIGILANT. Rien n’est acquis, même pour les grands maîtres.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Que conseillerais-tu à une personne qui créerait une dualité entre le vide et la forme ?&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Claudette Vidal : Je l’aiderais à voir cette dualité. Lorsque c’est vu, ça disparaît… si la vision&lt;br /&gt;
est suffisamment puissante. Sinon, il faut investiguer plus longuement.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Si nous sommes le Tout, comment voir l'amour également dans ce qu'il y a de pire dans le&lt;br /&gt;
monde ?&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Claudette Vidal : Quand tu es le Tout, tu ne te poses pas cette question… L’Amour accueille&lt;br /&gt;
tout et ne juge pas. Ce qui est, est. La création entière est l’oeuvre de l’Amour.&lt;br /&gt;
 &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
 &lt;br /&gt;
LA REALISATION DEFINITIVE :&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
'''Qu'est-ce que la réalisation définitive et d'autres réalisations peuvent-elles survenir ?&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Claudette Vidal : L’éveil se convertit en réalisation. L’éveil est la mise à distance de l’ego, pas&lt;br /&gt;
sa disparition. La réalisation marque la dissolution complète de l’ego. Après la réalisation, le&lt;br /&gt;
chemin spirituel se poursuit. Il est évident que les réalisations ou prises de conscience ne&lt;br /&gt;
s’arrêtent jamais car nous vivons l’illimité dans la limitation. Et l’illimité, c’est… illimité.''''''Texte en gras'''&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
La réalisation met-elle fin à la souffrance et aux émotions ? Y a-t-il un processus d'intégration&lt;br /&gt;
qui se poursuit ?&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Claudette Vidal : Les pensées, les désirs et les émotions continuent de se présenter à la&lt;br /&gt;
conscience, mais en moins grand nombre. La différence est qu’il n’y a plus de saisie ni&lt;br /&gt;
d’attachement à ces phénomènes.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Peut-on reconnaître un être réalisé ?&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Claudette Vidal : Pour le reconnaître, il faut d’abord, le connaître, c’est–à-dire savoir ce que&lt;br /&gt;
c’est consciemment ou inconsciemment. Plusieurs personnes le savent intuitivement. C’est&lt;br /&gt;
pour cette raison qu’elles sont spontanément allées vers des maîtres comme Ramana Maharshi&lt;br /&gt;
ou Ma Ananda Moyi.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
D’autres se sont trompés et ont été bernés par de faux gourous. '''C’est l’expérience dont ils&lt;br /&gt;
avaient besoin pour apprendre à faire la différence.'''&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Après tout, la réalisation elle-même ne serait-elle pas qu'un rêve dans l'infinitude du non-né ?&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Claudette Vidal : La réalisation appartient au royaume de la manifestation, du relatif. Si nous&lt;br /&gt;
dirigeons notre attention sur l’Absolu, il n’y a rien, il n’y a jamais rien eu et il n’y aura jamais&lt;br /&gt;
rien. Dans le relatif, il y a intégration de la lumière divine et de la conscience que nous sommes&lt;br /&gt;
Lumière.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
L’être humain procède de l’Absolu et du relatif, il serait dommage d’écarter l’un ou l’autre. Il&lt;br /&gt;
s’agit plutôt d’accorder à chacun la place qu’il mérite.&lt;br /&gt;
 &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
 &lt;br /&gt;
80	Retour vers le sommaire&lt;br /&gt;
Ce document est un livre électronique gratuit et participatif édité par l’association Espace de l’Etre qui&lt;br /&gt;
organise des Live Satsang sur internet ainsi que des rencontres en présence sur Lyon ou Valence.&lt;br /&gt;
 &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
 &lt;br /&gt;
LE COEUR DE TON MESSAGE :&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Quel conseil t'a le plus aidé dans ton parcours ?&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Claudette Vidal : Silence !&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Que conseillerais-tu à une personne qui se trouverait chamboulée par ce qu'elle vient de vivre ?&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Claudette Vidal : Descends dans ton corps et ressens ce qui s’y passe.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
 &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
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&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
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La divine comédie&lt;br /&gt;
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Québécoise d’origine, Claudette Vidal témoigne d’un vécu qui naît dans l’instant présent. Sans&lt;br /&gt;
dogmatisme ni complaisance, elle va droit à l’essentiel. Elle pointe vers l'invisible voyant, le&lt;br /&gt;
Soi. Elle dit : &amp;quot;La Vérité n'est pas un objet, c'est le sujet&amp;quot;&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Son but n’est pas de convaincre, mais de témoigner et de partager.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Elle propose un chemin pour passer de la servitude à la liberté. Son style empreint de simplicité&lt;br /&gt;
et de fraîcheur ouvre l’espace du cœur et éveille la conscience.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Dans la tradition de la non-dualité, elle invite à retrouver l’Unité.&lt;br /&gt;
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CLAUDETTE VIDAL&lt;br /&gt;
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Claudette anime des séminaires au Québec et en Europe. Elle est l’auteur de Chemin d’éveil et&lt;br /&gt;
Voyage au cœur de soi.&lt;br /&gt;
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&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
 &lt;br /&gt;
Della&lt;br /&gt;
Témoignage&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
« La liberté d’Être vient avec le risque déraisonnable de reconnaître l’élan&lt;br /&gt;
d’amour à l’origine de toute manifestation.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Elle invite en respect du rythme de son âme, à l’ouverture du cœur à&lt;br /&gt;
l’Infini! »&lt;br /&gt;
 &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
 &lt;br /&gt;
Une histoire d’enfant&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Une petite fille a vu le jour un matin de mai 1965, rapidement suivie de son frère jumeau. Elle&lt;br /&gt;
arriva au sein d’une famille québécoise où 4 autres frères avaient déjà atterris.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Quoi que de nature timide, elle vécut une enfance tranquille entourée de ses frères heureux&lt;br /&gt;
d’avoir une petite sœur. Cette petite fille avait des dons qu’elle a vite appris à garder pour elle.&lt;br /&gt;
Elle voyait les auras, particulièrement sur les objets religieux dans la maison mais surtout, elle&lt;br /&gt;
pouvait se libérer de tension ou de tristesse spontanément par un mécanisme psychique qu’elle&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
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 &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
nommait dans son langage d’enfant « changer de bord ». Sa perspective changeait alors&lt;br /&gt;
radicalement comme si elle avait changé de lieu. Cette nouvelle perspective avait une&lt;br /&gt;
particularité, elle était remplie de béatitude, d’amour et de joie et plus rien de ce qui avait pu&lt;br /&gt;
l’affecter jusqu’alors ne subsistait.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Vers l’âge de 9 ou 10 ans, peut-être après avoir partagé au monde adulte qui lui répondit que&lt;br /&gt;
toutes ces histoires n’existaient pas, ces dons disparurent.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
La petite fille a grandi. Elle est devenue quelqu’un.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
A nouveau, le changement de perspective&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Le retour à cet Espace connu d’Amour s’est produit pour moi à 43 ans, de façon spontanée,&lt;br /&gt;
inattendue et hors de tout souhait que cela ne m’arrive, mes expériences d’enfants ne m’ayant&lt;br /&gt;
laissé aucune soif ni intention de retrouver quoi que ce soit. La spiritualité était, à ce moment,&lt;br /&gt;
synonyme de dogmes et de rituels enfermant l’humain, qui ne résonnaient pas avec la simplicité&lt;br /&gt;
d’une rencontre de cœur.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Alors que j’étais devenue médecin, épouse et mère de trois enfants, que mon cœur me paraissait&lt;br /&gt;
comblé, je pouvais imaginer ma vie bien douce et toute tracée. La vie en avait toutefois décidé&lt;br /&gt;
autrement.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
En mars 2005, face à une situation familiale un peu tendue, je suis allée consulter un&lt;br /&gt;
psychologue qui m’a proposé une séance d’exploration « des possibles » en hypnose. Ma&lt;br /&gt;
question était formulée ainsi : « Comment puis-je irradier la paix dans la maison ? ». Cette&lt;br /&gt;
expérience d’hypnose a pris, contre toute attente, la forme d’une expérience de mort imminente,&lt;br /&gt;
m’amenant à traverser un tunnel de lumière, à rencontrer des êtres de lumière puis à me fondre&lt;br /&gt;
avec l’Un, l’Amour inconditionnel, la Conscience infinie. Après une heure fondue dans le Tout,&lt;br /&gt;
je me suis retrouvée dans mon corps noyé de larmes de béatitude avec, au cœur, cette évidence&lt;br /&gt;
d’Unité et d’Amour en toute chose.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
A partir de ce moment, cette évidence d’Amour ne m’a plus jamais quittée.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Les deux années suivantes ont constitué une période initiatique riche d’expériences mystiques&lt;br /&gt;
profondes et d’enseignements au plan subtil, orientée, d’une part, vers un décapage de l’ego et&lt;br /&gt;
d’autre part, vers une ouverture de mon cœur à l’Amour au-delà des concepts, des&lt;br /&gt;
conditionnements, des croyances et des interdits qui coloraient encore mon véhicule.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
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organise des Live Satsang sur internet ainsi que des rencontres en présence sur Lyon ou Valence. &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Quelques enseignements&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Les enseignements décrits ici, et plusieurs autres qui ne font pas l’objet de ce texte, ont&lt;br /&gt;
profondément transformés mon regard sur la Réalité. Bien qu’ils n’apparaissent que comme des&lt;br /&gt;
expériences et qu’il m’est absolument impossible d’affirmer le fondement de leur réalité, ils ont&lt;br /&gt;
eu un effet aussi profond chez moi que si on les avait gravés dans mon ADN. En voici quelques&lt;br /&gt;
uns.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Rapidement après l’hypnose, j’ai recommencé à voir les auras. Parfois colorées mais le plus&lt;br /&gt;
souvent très blanches autour des personnes, des objets, des paysages, tellement éblouissantes&lt;br /&gt;
que j’avais parfois du mal à conduire ma voiture. Quelques mois sont passés ainsi, puis du jour&lt;br /&gt;
au lendemain, elles sont toutes devenues noires. Mon cœur s’est serré pendant plusieurs jours,&lt;br /&gt;
l’inquiétude s’est installée, un sentiment de deuil m’a envahie. Toutefois, au fil des jours, mon&lt;br /&gt;
regard s’est graduellement ouvert au-delà de la peur et j’ai pu voir que ces auras sombres&lt;br /&gt;
faisaient rejaillir la beauté extraordinaire des personnes et des objets desquelles elles émanaient.&lt;br /&gt;
La splendeur que je m’autorisais à voir sans le filtre de la peur, me coupait le souffle. La leçon&lt;br /&gt;
était apprise. La peur était un facteur limitatif primordial du regard ouvert sur la Réalité. Les&lt;br /&gt;
auras se sont ensuite succédées, parfois blanches, parfois noires, jusqu’à ce qu’elles&lt;br /&gt;
n’apparaissent que pour me parler occasionnellement.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Plusieurs enseignements ont été reçus sous la forme d’une voix qui s’est installée dans les&lt;br /&gt;
semaines qui ont suivis l’hypnose et qui m’a accompagnée pendant près de deux ans. Cette voix&lt;br /&gt;
me semblait provenir du Divin. La première chose qu’elle m’ait demandé clairement était ceci :&lt;br /&gt;
« Es-tu prête à aimer au-delà des concepts, des conditionnements, des croyances, des interdits&lt;br /&gt;
et des tabous ? »&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Au travers de situations toujours concrètes, elle m’a demandé si j’étais prête à prendre la&lt;br /&gt;
douleur de l’autre par amour, à donner ma lumière à l’autre au prix de la perdre, à laisser aller&lt;br /&gt;
mon jugement sur l’autre par amour, à passer pour folle par amour, à ne pas sauver l’autre par&lt;br /&gt;
amour.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
J’ai fait par exemple, de multiples rêves sur le génocide du Rwanda. En alternance, j’étais&lt;br /&gt;
pendant toute une nuit, un bourreau Hutu qui charcutait mes victimes à la machette et j’étais&lt;br /&gt;
invitée à les aimer. La nuit suivante, j’étais la victime Tutsi et j’étais invitée à aimer mon&lt;br /&gt;
bourreau et à offrir mon corps sans condition. Cette initiation concentrée sur trente nuits&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
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organise des Live Satsang sur internet ainsi que des rencontres en présence sur Lyon ou Valence. &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
consécutives à me lever le matin, bouleversée et en sueur, invitait mon cœur à s’ouvrir à un&lt;br /&gt;
amour tout à fait incompréhensible mais graduellement possible.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
J’ai fait un autre « séminaire nocturne » dans les mois qui ont suivi. J’étais inscrite à un atelier&lt;br /&gt;
et nous étions invités à faire un exercice deux par deux. Il y avait de grands couteaux à côté de&lt;br /&gt;
chacune des chaises. Les deux membres de chacune des dyades étaient invités à tuer l’autre à&lt;br /&gt;
l’aide des couteaux, et ce, le plus rapidement possible. Je me suis dit que je n’en serais pas&lt;br /&gt;
capable. Alors je suis morte... Tout de suite après ma mort, je me suis retrouvée dans le même&lt;br /&gt;
atelier, intacte, et l’instructeur nous assura que nous resterions tant et aussi longtemps que&lt;br /&gt;
chacun des deux participants n’aurait pas réussi sa tâche. Je n’arrivais pas à me résoudre à tuer&lt;br /&gt;
l’autre et mon hésitation n’aboutissait qu’à blesser toujours davantage mon compagnon&lt;br /&gt;
d’exercice. Mon malaise était vraiment intense. Cette initiation prit fin après quelques nuits,&lt;br /&gt;
sans toutefois que je ne réussisse mon défi.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Alors que mon regard s’ouvrait à la perfection de toute chose, il m’était de plus en plus difficile&lt;br /&gt;
de travailler comme médecin. Je voyais tous les patients qui arrivaient à l’urgence comme&lt;br /&gt;
parfaits. Il est d’ailleurs arrivé à quelques reprises que ce regard de perfection coïncide avec&lt;br /&gt;
des guérisons spontanées.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Nous sommes partis travailler en famille une année et demie en Nouvelle-Zélande. J’y ai vécu&lt;br /&gt;
plusieurs mois en état de désidentification au corps et au moi. Une conscience unifiée au tout,&lt;br /&gt;
témoin de mouvements automatiques du corps comme se lever, manger, aller au supermarché,&lt;br /&gt;
aller travailler. Une conscience qui devenait l’océan et ses créatures, qui s’unifiait aux animaux,&lt;br /&gt;
aux objets et aux êtres humains, à leur histoire, leur passé et leur futur tous deux superposés au&lt;br /&gt;
moment, comme une boucle déjà écrite et complétée. Une évidence, à partir de ce point de vue&lt;br /&gt;
que « tout était déjà accompli » et que le libre-arbitre, tout comme l’idée du temps, d’un corps,&lt;br /&gt;
d’une identité étaient tout à fait illusoires.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
À l’été 2007, après avoir vécu cette désidentification profonde, la voix qui me semblait&lt;br /&gt;
maintenant mienne, donc plus intime et unifiée à « moi », a demandé que toutes ces expériences&lt;br /&gt;
me soient enlevés. Je souhaitais que ces dons puissent être offerts à d’autres à qui ils pourraient&lt;br /&gt;
servir de révélateurs du Divin. Cette demande provenait d’un espace tranquille qui n’avait plus&lt;br /&gt;
besoin de croire en plus grand ni d’expérimenter quoique ce soit d’extraordinaire pour « être ».&lt;br /&gt;
Je n’étais pas non plus à l’aise avec le fait qu’attirés par ces dons, des gens viennent à moi dans&lt;br /&gt;
un espace de dualité.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
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organise des Live Satsang sur internet ainsi que des rencontres en présence sur Lyon ou Valence. &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
 &lt;br /&gt;
Je me suis retrouvée 36 heures après cette prière, effondrée sur le canapé, un courant d’énergie&lt;br /&gt;
quittant mon corps pendant près de deux heures. Abasourdie, je me suis tranquillement relevée&lt;br /&gt;
et me suis retrouvée, « moi », toute simple, avec une grande joie au cœur d’être simplement là,&lt;br /&gt;
de rire et de pouvoir jouir de la profonde simplicité des choses de la Vie.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
En octobre 2007, la médecine m’a quittée. Le mouvement mental ayant accès à mes&lt;br /&gt;
connaissances a tout simplement cessé. Cet événement a été suivi du deuil d’un travail que&lt;br /&gt;
j’adorais. J’ai compris à ce moment, après une retraite avec Adyashanti qu’on m’avait proposé&lt;br /&gt;
de suivre, que j’avais vécu un Éveil de conscience. Je me rappelle avoir ressentie une certaine&lt;br /&gt;
perplexité devant la soif intense des participants à cette retraite à souhaiter un décapage aussi&lt;br /&gt;
incisif de l’identité…&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
La tranquillité s’est ensuite installée rapidement, accompagnée du Silence et de la Paix profonde&lt;br /&gt;
qui découlaient de l’Évidence que tout était possible et que rien n’était nécessaire pour Être.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Le Silence, réalité et refuge&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Une année plus tard, à un moment de ma vie où je ressentais à l’intérieur l’appel de la solitude&lt;br /&gt;
et de la vie d’ascète, la Vie s’est occupée de me sortir de mon Silence en m’invitant à donner&lt;br /&gt;
du satsang et des retraites, toujours étonnée face à l’évidence qu’il n’y avait rien à dire mais&lt;br /&gt;
que « ça parlait de toute façon ».&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
J’ai pris conscience par la suite qu’une partie de « moi » avait pris refuge dans ce Silence et&lt;br /&gt;
qu’il me fallait répondre à l’invitation naturelle, bien que bouleversante pour « moi », à&lt;br /&gt;
m’inclure dans cet Amour et être à l’écoute de mon âme ou comme j’aime à le dire à « écouter&lt;br /&gt;
la fleur pousser », même si cela a pu avoir des conséquences sur mon environnement immédiat,&lt;br /&gt;
en aboutissant notamment à l’éclatement de ma famille.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Avec le recul, je perçois aujourd’hui, que le processus de décapage de l’ego par lequel je suis&lt;br /&gt;
passée a été terriblement menaçant pour « la petite » à l’intérieur et que le support de Michaël1&lt;br /&gt;
qui enseignait la non-dualité depuis plusieurs années déjà, m’a été très précieux, je dirais même&lt;br /&gt;
essentiel, pour l’intégration de mon âme dans cette vaste Réalité inclusive de tout.&lt;br /&gt;
 &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
 &lt;br /&gt;
1 Michaël Szyper est l’auteur de Pétales d’Éveil et de Les étoiles écoutent toujours quand on leur parle&lt;br /&gt;
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 &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
De la survie du « moi » perçu séparé à la Vie que je suis :&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Une invitation vers la joie et la simplicité avec ou sans éveil !&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
De mon point de vue, qui n’est en réalité qu’un pointeur vers le grand Mystère, l’incarnation&lt;br /&gt;
d’une âme libre, parcelle individuelle de l’Être, dans un corps physique est créatrice d’une&lt;br /&gt;
expérience brute unique, celle de l’existence d’un « moi ». Cette création magique permet&lt;br /&gt;
l’expérimentation du jeu de la dualité à travers le vécu de ce « moi » qui se perçoit rapidement&lt;br /&gt;
comme séparé de la Vie qui l’habite et qui l’entoure.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Ce « moi » vit le plus souvent à partir d’une tension de survie issue de sa perception de&lt;br /&gt;
séparation. De cette tension de survie découle naturellement un besoin de sécurité. Un élan&lt;br /&gt;
grandissant vers la création d’un monde connu à travers l’attachement à une identité, à des&lt;br /&gt;
croyances, à des possessions apporte ainsi une forme de référence apaisante face à la vie et la&lt;br /&gt;
justification naturelle d’un désir de contrôle sur celle-ci.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Le besoin de sécurité du « moi » perçu séparé se manifeste également à travers la création de&lt;br /&gt;
ce que j’appelle les « gardiens de la séparation », une forme d’énergie instinctive viscérale&lt;br /&gt;
d’amour et de protection à l’origine de l’ego et du maintien ferme de la dualité. Toutes leurs&lt;br /&gt;
actions se basent sur le refus fondamental du moment tel qu’il est dans un contexte perçu de&lt;br /&gt;
l’ordre de la survie. Ils auront essentiellement pour tâche de maintenir à tout prix, cette structure&lt;br /&gt;
du connu et du contrôle.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Puisque l’âme est, à l’origine, libre du fait d’adhérer ou pas à cette protection du « moi », il est&lt;br /&gt;
possible, avec une intention sincère du cœur, de prendre conscience de la présence de ce&lt;br /&gt;
mécanisme séparateur, de reconnaître cette protection comme un mouvement d’amour vis-à-&lt;br /&gt;
vis du « moi » et aussi, de faire des pas au-delà des interdictions de cette énergie de fermeture&lt;br /&gt;
souvent inconsciente permettant ainsi une exploration authentique du Mystère de l’Être.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Selon le degré de liberté de l’âme face à cette énergie subtile de maintien de la séparation au&lt;br /&gt;
moment de la réalisation de notre Vraie Nature, l’éveil sera vécu plus ou moins librement en&lt;br /&gt;
fonction du pouvoir de cette contraction inconsciente sur le « moi ». Dans le contexte où, le&lt;br /&gt;
plus souvent, les gardiens de la séparation ne se détendent pas totalement lors de la réalisation,&lt;br /&gt;
l’ouverture pourra permettre la justification « non duelle » de jeux duels inconscients, lesquels&lt;br /&gt;
sont non intégratifs des valeurs fondamentales de l’Être soit la bienveillance, la clarté, la&lt;br /&gt;
compassion et l’authenticité dans la relation simple à soi et à l’autre.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
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organise des Live Satsang sur internet ainsi que des rencontres en présence sur Lyon ou Valence. &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
 &lt;br /&gt;
L’ouverture pourra par exemple être happée par l’ego en soif d’estime, elle pourrait également&lt;br /&gt;
planquer le « moi » dans l’ultime refuge de l’Être où il n’y a plus « personne ». Les gardiens de&lt;br /&gt;
la séparation pourront également refermer, plus ou moins rapidement, l’ouverture vécue,&lt;br /&gt;
mécanisme sous-jacent au phénomène fréquent de va-et-vient et d’émergence de terreur&lt;br /&gt;
viscérale sur le chemin de la spiritualité.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
De mon point de vue, le vrai cadeau de l’incarnation humaine, indépendamment de l’éveil, se&lt;br /&gt;
situe dans ce processus de clarté et de libération face à la tension de survie maintenue par les&lt;br /&gt;
gardiens du « moi séparé » permettant ainsi l’ouverture du cœur à la Réalité telle qu’elle est et&lt;br /&gt;
à la douce écoute de la fleur de l’âme en émergence de sa fragrance divine propre. Il constitue&lt;br /&gt;
un voyage inévitable vers la simplicité et la joie, vers cet espace du cœur, antérieur aux défenses&lt;br /&gt;
de l’identité, qui se manifeste par une douce tranquillité découlant de l’évidence qu’à partir de&lt;br /&gt;
la Conscience, tout est possible et rien n’est nécessaire.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Accompagnement sur le chemin de l’ouverture à la Vie&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Le chemin de l’ouverture à la Vie peut être doux et inclusif du vécu du « moi ». Si l’après-&lt;br /&gt;
éveil est souffrant, qu’il crée un décalage important avec sa vie ou bien qu’il mette à jour des&lt;br /&gt;
facettes du « moi » qui maintiennent la complexité, l’accompagnement peut vraiment aider à&lt;br /&gt;
voir avec amour, clarté et compassion, les enjeux inconscients du « moi » et à permettre&lt;br /&gt;
l’intégration des besoins personnels de l’humain au cœur de la simplicité bien vivante du&lt;br /&gt;
moment.&lt;br /&gt;
 &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
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&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
 &lt;br /&gt;
Della&lt;br /&gt;
Questions-réponses&lt;br /&gt;
 &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
 &lt;br /&gt;
L'EVEIL :&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Qu'est-ce que l'éveil ?&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Della : L’Éveil spirituel est la réalisation profonde et définitive que la Vie est fondamentalement&lt;br /&gt;
Une, avant tout discrimination, et qu’elle se manifeste toujours en tant que la Réalité telle&lt;br /&gt;
qu’elle est, ici et maintenant.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
L‘Éveil spirituel produit un changement radical de la gravité de l’attention. De l’attraction à&lt;br /&gt;
l’idée du moi et à son histoire dans le temps, elle passe à la gravité verticale de maintenant,&lt;br /&gt;
profond Mystère, espace infini et silencieux, où rien ne manque pour Être. Ce changement de&lt;br /&gt;
gravité implique un abandon irrévocable du cœur à la Réalité telle qu’elle est. Elle constitue un&lt;br /&gt;
basculement définitif de l’identité séparée du moi vers l’évidence de l’Un, Conscience&lt;br /&gt;
universelle, au centre de ce que « je suis », qui est beaucoup plus intime à soi que toutes les&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
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 &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
histoires que le mental raconte afin de maintenir une séparation avec cette douce Unité, vivante&lt;br /&gt;
au-delà du rêve imaginé des idées.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Ce basculement qui paraît drastique n’est en fait, qu’un changement de perception puisque la&lt;br /&gt;
Réalité, elle, ne change pas. La Vie continue, elle suit son cours. Elle devient toutefois vécue à&lt;br /&gt;
partir du cœur de la Vie, silencieux et ouvert. Cet espace du cœur, lorsqu’incarné, se manifeste&lt;br /&gt;
par une douce tranquillité découlant de l’évidence qu’à partir de la Conscience, tout est possible&lt;br /&gt;
et rien n’est nécessaire.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Existe-t-il différents degrés d'éveil ?&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Della : De mon point de vue, il ne peut y avoir de degré d’éveil. Il y a le changement de&lt;br /&gt;
perspective définitif ou pas. Selon le degré de « décapage » de l’identité et le degré d’intégration&lt;br /&gt;
de cette ouverture, l’éveil peut être vécu et perçu très différemment d’une personne à l’autre.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Avec quoi ne faut-il pas confondre l'éveil ?&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Della : L’éveil n’est ni une expérience d’ouverture, ni une compréhension claire de ce que c’est.&lt;br /&gt;
C’est plutôt une transformation permanente radicale du regard qui passe de l’identité séparée à&lt;br /&gt;
la conscience unique d’Être.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Ressens-tu une résonnance avec une tradition spirituelle ou un enseignant en particulier ?&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Della : Avant mon basculement, je n’avais aucun intérêt pour la spiritualité. Pendant la&lt;br /&gt;
transformation, le livre de Anthony de Mello « Quand la conscience s’éveille » m’a bien&lt;br /&gt;
réconfortée et les enseignements d’Adyashanti m’ont apporté de la douceur dans le processus.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Depuis la fin de la lutte et jusqu’à ce jour, je sens que tous les textes que je pourrais tenter de&lt;br /&gt;
lire ou les vidéos que je pourrais voir ne peuvent que limiter l’extraordinaire simplicité de&lt;br /&gt;
l’Infini Maintenant.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Pourquoi as-tu accepté de témoigner et dans quel état d'esprit recommandes-tu d'aborder la&lt;br /&gt;
lecture de ce témoignage ?&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Della : J’ai accepté de témoigner par amour et compassion pour les chercheurs de vérité.&lt;br /&gt;
Chaque âme sait, par simple résonnance, quel enseignement saura détendre la tension d’exister&lt;br /&gt;
en tant qu’identité séparée. Le mouvement est parfois long, même ardu mais toujours naturel.&lt;br /&gt;
Ma couleur a le potentiel, comme celles des autres d’ailleurs, de résonner simplement avec celle&lt;br /&gt;
de certains lecteurs.&lt;br /&gt;
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&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Je propose d’aborder cette lecture, autant que possible, à partir d’un cœur ouvert à l’Infini !&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
LA VOIE SPIRITUELLE :&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Question du blog Eveil Impersonnel : comment trouver le moyen d'amener chacun à un aperçu&lt;br /&gt;
authentique de sa véritable nature ?&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Della : Le cadeau d’un aperçu authentique de sa véritable nature provient de l’Intime en chacun&lt;br /&gt;
en soif de Réalité. Il peut subvenir spontanément ou dans un contexte propice à la détente de&lt;br /&gt;
l’identité comme celui de la présence d’un être éveillé faisant simplement miroir de cette Réalité&lt;br /&gt;
ou bien offrant un environnement suffisamment aimant et clair pour permettre aux gardiens de&lt;br /&gt;
la séparation, protections conditionnées du moi séparé, de se détendre au cœur du Mystère&lt;br /&gt;
d’Être. Ces défenses d’amour, que j’aborderai plus loin dans ce texte, sont à la fois bienvenues&lt;br /&gt;
et non nécessaires pour Être.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Est-il opportun d'entreprendre une sadhana facilitant la purification du mental, des émotions,&lt;br /&gt;
du corps et de se faire accompagner sur la voie ?&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Della : L’intention du cœur connaît le chemin particulier, propre à chacun. Si son chemin doit&lt;br /&gt;
passer à travers une sadhana, alors l’élan de le faire sera tout simplement plus grand que la&lt;br /&gt;
résistance à y aller. De mon point de vue, la voie la plus directe vers « la grande détente » est&lt;br /&gt;
de regarder, dans le moment, ce qui est ressenti juste dans son cœur, indépendamment de&lt;br /&gt;
l’analyse mentale, et de réaliser qu’à travers chaque pas, un apprentissage organique d’âme se&lt;br /&gt;
fait inévitablement. On ne peut se tromper.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Est-ce que le titre du livre &amp;quot;Après l'extase, la lessive&amp;quot; est évocateur pour toi ?&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Della : Bien sûr. L’extase a été pour moi, l’occasion d’ouvrir à un Infini que je ne pouvais&lt;br /&gt;
imaginer. Une fois la réalisation que Tout était l’Infini, l’attraction à ces expériences mystiques&lt;br /&gt;
est complètement tombée. J’ai recommencé à couper mes légumes et faire de très bonnes&lt;br /&gt;
soupes pour ma famille !&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Qu'est-ce que l'ego spirituel et comment peut-t ‘il se développer ?&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Della : L’ego spirituel aura tendance à s’installer s’il est plus important dans le moment pour&lt;br /&gt;
l’identité séparée de profiter d’un gain personnel lié au cheminement spirituel, comme celui de&lt;br /&gt;
la reconnaissance, de l’amour, du pouvoir ou du savoir en opposition à l’élan de l’âme de s’en&lt;br /&gt;
dépouiller. Toutefois, si l’élan vers l’Être est authentique, une vigilance s’installera au fil du&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
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&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
temps et saura infiltrer un malaise ou une clarté face à ces jeux égotiques qui n’étanchent jamais&lt;br /&gt;
vraiment la soif de Réalité.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Quels sont les pièges inhérents au cheminement spirituel et comment ne pas tomber dedans ?&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Della : Les pièges inhérents au cheminement spirituel sont issus d’une énergie vive de&lt;br /&gt;
protection issue de l’identité séparée et de ses enjeux de survie.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Les trois pièges principaux qui apparaissent à ma conscience à la lecture de la question sont les&lt;br /&gt;
suivants :&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Le premier réside en la création et en l’attachement à un nouveau monde connu. En effet,&lt;br /&gt;
comme le moi séparé ressent un grand besoin de sécurité à travers la référence à un monde&lt;br /&gt;
connu, le cheminement spirituel, riche en points de vue plus ouverts et originaux, peut&lt;br /&gt;
facilement amener le moi séparé à se créer un nouveau monde connu, plus « spirituel ». Cette&lt;br /&gt;
nouvelle création mentale peut amener une fermeture du cœur au Mystère à travers&lt;br /&gt;
l’attachement à de nouveaux dogmes et de nouvelles structures rigides. Ce nouveau monde&lt;br /&gt;
connu se construit le plus souvent sur une interprétation mentale de plus en plus fine de ce&lt;br /&gt;
qu’est la Réalité basée sur des enseignements qui résonnent vrais ou à travers des expériences&lt;br /&gt;
mystiques sur le chemin qui ne sont que des ouvertures passagères et limitées émergeant de&lt;br /&gt;
l’espace beaucoup plus simple, mystérieux et inclusif de l’Être.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Un second piège important face à l’invitation à la grande détente de « maintenant » se situe&lt;br /&gt;
dans l’attente d’un basculement. Ce piège est vraiment fin puisqu’à la fois logique et vrai.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Il est important de saisir que le basculement n’est qu’un produit dérivé de l’abandon&lt;br /&gt;
inconditionnel du cœur à la Réalité telle qu’elle est. Et cette réalité du moment peut tout à fait&lt;br /&gt;
avoir la saveur de l’absence de basculement.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
La Vie a beaucoup d’humour ! Son Amour se manifeste à travers une grande intransigeance&lt;br /&gt;
quant à l’inconditionnalité du désir nécessaire à sa découverte. La négociation du moi qui&lt;br /&gt;
aimerait s’abandonner que lorsque le ressenti d’un basculement serait présent, n’a tout&lt;br /&gt;
simplement pas sa place. La question à se poser serait alors la suivante : « Suis-je plus attaché&lt;br /&gt;
à l’idée d’un basculement qu’à la grande capitulation devant l’instant tel qu’il est au prix de&lt;br /&gt;
l’absence de basculement ? ».&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Un autre piège qu’il est important de voir est celui de la position à laquelle on adhère face à un&lt;br /&gt;
enseignant. L’invitation sera de trouver un équilibre entre la souveraineté de son âme sans&lt;br /&gt;
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&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
tomber dans l’arrogance de l’ego, et l’humilité de voir avec simplicité au-delà des mécanismes&lt;br /&gt;
égotiques de supériorité et d’infériorité qui se jouent souvent en relation.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Certains témoignent d'une sensibilité accrue, est-ce ton cas ? Comment vivre cette sensibilité ?&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Della : Avec l’ouverture à la Réalité, s’est ouverte chez moi une sensibilité accrue, comme si&lt;br /&gt;
un filtre de protection était simplement tombé et me permettait de sentir la Vie plus directement&lt;br /&gt;
à partir d’un espace non protégé. Il est devenu naturel de manifester simplement cette sensibilité&lt;br /&gt;
avec authenticité si elle est là et de m’offrir la douceur d’un environnement tranquille.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Quelle est la différence entre une expérience mystique et la vision qu'il n'y a pas de moi séparé?&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Della : Une expérience et une vision d’absence de moi séparé m’apparaissent toutes deux, des&lt;br /&gt;
contenus émergeant du contenant de la Conscience. Ce sont de simples cadeaux sur le chemin.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Comment intégrer une expérience mystique sur la voie ?&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Della : Sur le chemin, la Vie nous offre des cadeaux importants. Ils apparaissent dans la forme&lt;br /&gt;
comme des expériences mystiques, profondes, silencieuses où la tension d’exister en tant&lt;br /&gt;
qu’identité séparée se détend pour un temps.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Contrairement à ce que le « petit moi » pourrait croire, le réel cadeau offert à travers ces&lt;br /&gt;
expériences, ne se trouve pas dans leur contenu bien doux mais toujours passager ; il se situe&lt;br /&gt;
plutôt dans la reconnaissance de plus en plus claire d’une Réalité plus vaste et dans la possibilité&lt;br /&gt;
de développer une confiance suffisamment importante en la Vie pour permettre au moi perçu&lt;br /&gt;
séparé de se détendre enfin dans le Silence qui le porte.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
LA VISION QU'IL N'Y A PAS DE MOI SEPARE :&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
•	Voir qu'il n'y a pas de moi séparé :&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Pause ! Maintenant, tout de suite, y a-t-il un geste simple à effectuer pour voir qu'il n'y a pas de&lt;br /&gt;
moi séparé ?&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Della : Ma philosophie est celle qui pointe vers la douceur et le non effort. De mon point de&lt;br /&gt;
vue, « les grandes vacances » se trouvent dans la prise de risque d’imaginer qu’il n’existe aucun&lt;br /&gt;
geste simple à effectuer pour Être. Avec ou sans identification à un moi, libre ou séparé, la Vie&lt;br /&gt;
se vit à travers tout ce qui est, ici et maintenant. L’invitation sera celle d’inclure l’expérience&lt;br /&gt;
quelle qu’elle soit, avec ou sans résistance puisqu’elle est simplement là.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
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&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Quelle est la différence entre comprendre qu'il n'y a pas de moi séparé et le voir clairement ?&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Della : La compréhension provient d’une analyse mentale conceptuelle issue d’un esprit déjà&lt;br /&gt;
ouvert à regarder au-delà du cadre habituel de pensée. C’est beau. Elle a toutefois sa limite au&lt;br /&gt;
niveau de la saveur de la vie.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Seul le cœur ouvert, espace dépouillé des défenses de l’identité séparée, possède cette immense&lt;br /&gt;
capacité à voir la Réalité au-delà des croyances et des efforts de réduire le moment présent, et&lt;br /&gt;
à « devenir l’évidence » qu’il n’existe aucune séparation à moins d’y adhérer. L’invitation vers&lt;br /&gt;
cette ouverture passera par l’humilité de laisser tomber notre structure du « connu », de s’offrir&lt;br /&gt;
l’espace d’Amour et de Présence pouvant accueillir les peurs et les émotions liées à un tel risque&lt;br /&gt;
et de se laisser enfin toucher par l’Infini sans forme et sans mot du moment.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Pourquoi peut-il y avoir vision sans réalisation définitive ?&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Della : Notre nature fondamentale est libre. Notre âme peut avoir l’élan de tendre à sa&lt;br /&gt;
découverte. Lorsque cet élan est vivant en soi, il pourra y avoir des moments d’ouverture où le&lt;br /&gt;
poids de l’identité disparait pour faire place à une réalité plus profonde dans l’instant. Toutefois,&lt;br /&gt;
cet élan vers notre vraie nature est le plus souvent contrebalancé par l’instinct de survie de&lt;br /&gt;
l’identité séparée qui n’a aucune intention de s’abandonner au Mystère.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Au moment où c'est vu, par quels moyens l'ego peut-il recouvrir la vision ?&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Della : (Extrait de mon livre « Le cœur ouvert à l’infini », aux éditions Accarias-L’Originel,&lt;br /&gt;
Paris, 2016.)&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Afin de bien saisir l’origine de la résistance viscérale à la Liberté d’Être, il est important&lt;br /&gt;
d’introduire ici la notion de gardiens de l’identité séparée, une forme d’intelligence vive qui&lt;br /&gt;
réagit de façon instinctive à toute menace issue de la perception de séparation du « moi ».&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Fort de l’intuition que son identité séparée est précaire, le moise revêtit d’abord du plus féroce&lt;br /&gt;
des gardiens. Cette défense fondamentale, ou gardien originel du moi a pour objectif de&lt;br /&gt;
maintenir l’intégrité du moi en tant qu’entité séparée. Son action subtile est immédiate à chaque&lt;br /&gt;
instant et elle a pour but de maintenir la superposition de la trame du moisur l’instant toujours&lt;br /&gt;
spontané, frais et non protégé. Le maintien de ce long métrage projeté fait en sorte que la&lt;br /&gt;
question fondamentale du « qui suis-je? » soit n’est pas vraiment posée faute d’intérêt, soit est&lt;br /&gt;
abordée à partir de la trame du « moi », ce qui empêche qu’elle soit répondue à partir de l’espace&lt;br /&gt;
mystérieux de la Conscience antérieur au moi. L’existence de ce gardien originel, le plus&lt;br /&gt;
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&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
souvent dissimulée, devient évidente seulement lorsque l’intégrité du est perçue viscéralement&lt;br /&gt;
menacée. Il pourra alors se manifester sous forme d’énergie de terreur ou de fermeture radicale&lt;br /&gt;
exhortant le moi à ne pas dépasser la limite de lui-même.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
En contrepartie, le gardien originel constitue aussi, à chaque instant, le seul bouclier entre&lt;br /&gt;
l’existence séparée du moi et la Vie. Sans l’ascendant de ce gardien principal dont le rôle est&lt;br /&gt;
au départ aimant et protecteur, le « petit » devient disponible au risque ultime de s’abandonner&lt;br /&gt;
et de se fondre au mystère de l’Être.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Mis à part ce gardien primaire, rempart de l’abandon définitif du moi devant la Vie, on retrouve&lt;br /&gt;
une multitude d’autres gardiens que j’appellerai ici « les gardiens du connu ». Ceux-ci se&lt;br /&gt;
donnent pour mission de préserver le « connu », structure essentielle au maintien de l’identité&lt;br /&gt;
séparée. Cette structure du connu permet d’abord de réduire le moment qui, par essence, est un&lt;br /&gt;
profond Mystère, en un moment connu et sécurisé. Elle permet également de définir, de préciser&lt;br /&gt;
et de maintenir, de manière à la fois conceptuelle et concrète, l’identité séparée du moi. Elle&lt;br /&gt;
permet ainsi au moi de se percevoir en tant que moi connu et d’être également reconnu en tant&lt;br /&gt;
que tel vis-à-vis de l’extérieur.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
« Aussi difficile que cela puisse être de l’imaginer, toute pensée qui a pour but de&lt;br /&gt;
maintenir une histoire sur soi est un gardien. »&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Les gardiens du connu, lorsqu’en avant-plan dans le moment, colorent les réactions et les&lt;br /&gt;
mouvements de pensée et d’identification créant ainsi une réalité modifiée, limitée et&lt;br /&gt;
conditionnée comme une goutte d’encre peut colorer tout un verre d’eau. Leur action porte la&lt;br /&gt;
couleur d’une résistance spontanée devant tout élan du cœur à élargir son champ d’existence et&lt;br /&gt;
d’expérimentation au-delà des conventions, des croyances, des attachements et même de&lt;br /&gt;
l’identité séparée.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Ils possèdent une aire de jeu vaste au sein des paramètres du moi relié aux sensations brutes, du&lt;br /&gt;
« je » découlant du monde de la pensée et de l’ego, constitué de tous les personnages feints&lt;br /&gt;
ajoutés dans le but d’obtenir un gain à travers l’idée de séparation. On peut reconnaître l’action&lt;br /&gt;
des gardiens au niveau du moi par la présence d’une opposition face à une sensation ou à une&lt;br /&gt;
émotion douloureuse. Leur action, sur le plan du « je », se manifeste principalement par leur&lt;br /&gt;
tendance à refuser la réalité simple de l’instant en adhérant tout de suite à l’idée que « ça devrait&lt;br /&gt;
être autrement », en insérant le jugement dans les pensées et en maintenant une structure de&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
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Ce document est un livre électronique gratuit et participatif édité par l’association Espace de l’Etre qui&lt;br /&gt;
organise des Live Satsang sur internet ainsi que des rencontres en présence sur Lyon ou Valence. &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
croyances relativement rigide et solide. Au niveau de l’ego, on les reconnaît par leur férocité à&lt;br /&gt;
protéger une image particulière et ses enjeux ou à leur refus de la dévoiler avec simplicité.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Comme l’éveil est issu de la libération définitive de l’attachement à la structure du moi séparé,&lt;br /&gt;
il est intéressant de réaliser que les gardiens de la séparation constituent en quelque sorte le&lt;br /&gt;
principal élastique maintenant cette structure du moi séparé. Ils sont entre autres, responsables&lt;br /&gt;
des mouvements de « va-et-vient » qui ont pour but protecteur de revenir à la case du moi&lt;br /&gt;
séparé.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
En présence de l’ascendant non questionné de ces gardiens, le « moi », le « je » et l’ego se&lt;br /&gt;
soumettent par automatisme à leurs exigences. Ils deviennent alors prisonniers d’une limitation&lt;br /&gt;
encore plus importante de leur mouvement basée sur la rigidité du connu.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Quoique bienveillant, l’objectif des gardiens qui est celui de la survie de l’identité séparée dans&lt;br /&gt;
les meilleures conditions de sécurité, est malheureusement agi au prix de la simplicité, de la&lt;br /&gt;
profonde détente et du ressenti d’amour de la Liberté d’Être de l’instant. En présence d’un élan&lt;br /&gt;
authentique de se libérer de leur emprise et de se permettre de goûter à la Liberté d’Être,&lt;br /&gt;
l’invitation sera de leur ouvrir son cœur comme un parent affable auprès de son enfant apeuré;&lt;br /&gt;
de les voir et de les comprendre avec compassion tout en restant dans la souveraineté d’Être.&lt;br /&gt;
Lorsque les gardiens se sentent aimés de la Présence de laquelle ils sont issus, ils peuvent&lt;br /&gt;
doucement sentir qu’il n’y a rien à défendre. Le besoin de protéger l’identité séparée tombe et&lt;br /&gt;
l’ouverture à la Vie devient alors disponible.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Comment gérer l'émergence de la peur du vide, de la dissolution, de la mort ?&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Della : La peur du vide, de la dissolution et de la mort est une stratégie terriblement efficace&lt;br /&gt;
des gardiens de la séparation qui a pour but l’interdiction viscérale de traverser l’illusion de&lt;br /&gt;
l’identité perçue séparée.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
A partir du cœur, il est toutefois possible de sourire avec compassion à ces gardiens fidèles et&lt;br /&gt;
aimants, d’honorer leur élan de protection mais aussi de garder sa souveraineté d’âme nous&lt;br /&gt;
permettant de ne pas se perdre dans leur jeu.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
A partir du cœur, il est possible aussi de s’ouvrir à la peur brute du moment et de découvrir la&lt;br /&gt;
réalité bien concrète que rien ne meure et que tout est complètement bienvenu, incluant ce&lt;br /&gt;
« petit moi » dans ce grand Mystère d’Être.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
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organise des Live Satsang sur internet ainsi que des rencontres en présence sur Lyon ou Valence. &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
 &lt;br /&gt;
•	Intégrer le processus de ballottement :&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
A ce stade, est-ce que travailler sur ses pensées, ses émotions, son corps a-t-il encore un sens ?&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Della : Le travail d’identification et d’inclusion des gardiens du « connu », première ligne de&lt;br /&gt;
défense du moi au quotidien puis la reprise de la souveraineté de l’âme sur ceux-ci, a d’abord,&lt;br /&gt;
un effet apaisant direct, très concret dans la vie de tous les jours. Il apporte une douceur et une&lt;br /&gt;
clarté à partir du regard du cœur sur le vécu qui, tranquillement, se soulage de la dualité du&lt;br /&gt;
jugement. Les gardiens graduellement vus et aimés pour leur intention aimante par la Présence&lt;br /&gt;
qui m’habite, se sentent moins investis de la nécessité de protéger le connu. Devant cet espace&lt;br /&gt;
maintenant plus libre d’exploration, il devient alors possible de rencontrer, avec liberté,&lt;br /&gt;
discernement et ouverture, le gardien originel de la séparation au-delà de ses stratégies de&lt;br /&gt;
dernier recours.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Quelle importance accorder aux manifestations énergétiques pouvant apparaître telles que les&lt;br /&gt;
montées de kundalini ?&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Della : Les manifestations énergétiques sont des cadeaux permettant de réaliser qu’il y a plus&lt;br /&gt;
grand que ce qui est normalement perçu par les sens. Elles peuvent toutefois devenir des pièges&lt;br /&gt;
tout à fait exquis au moi en soif de fixité ou à l’ego en soif de gain. Aujourd’hui, ce type de&lt;br /&gt;
manifestations n’attirent plus mon attention ni mon intérêt.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Comment se comporter vis-à-vis des tendances mentales latentes et émotions qui surgissent&lt;br /&gt;
correspondant à une mise en lumière des parts d'ombre ?&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Della : L’invitation qui m’a été donnée sur le chemin spirituel se trouve dans l’ouverture à son&lt;br /&gt;
rythme à voir la réalité avec clarté, au-delà des habitudes, des conditionnements et des&lt;br /&gt;
protections des gardiens de la séparation. L’ouverture à voir ses parts d’ombre est un défi de&lt;br /&gt;
taille pour l’humain en quête d’amour et d’approbation intérieure et extérieure. Elles appellent&lt;br /&gt;
à être reconnues comme la manifestation à leur origine, d’élans de protection issus de l’idée de&lt;br /&gt;
séparation. Elles sont invitées à être incluses avec simplicité en tant qu’émergence de la Vie&lt;br /&gt;
telle qu’elle est. Elles invitent à ouvrir son cœur de compassion à la faillibilité de la nature&lt;br /&gt;
humaine issue de cette même séparation. Tout est bienvenu.&lt;/div&gt;</summary>
		<author><name>78.224.74.40</name></author>
		
	</entry>
	<entry>
		<id>https://wiki-conscience.terretciel.com/index.php?title=NOETIQUE_4_-_TEMOIGNAGES_D_EVEIL&amp;diff=214</id>
		<title>NOETIQUE 4 - TEMOIGNAGES D EVEIL</title>
		<link rel="alternate" type="text/html" href="https://wiki-conscience.terretciel.com/index.php?title=NOETIQUE_4_-_TEMOIGNAGES_D_EVEIL&amp;diff=214"/>
		<updated>2021-05-04T15:31:35Z</updated>

		<summary type="html">&lt;p&gt;78.224.74.40 : Page créée avec « J AI COMMENCE DE LA PAGE 100 VERS LE DEBUT ET ARETE A CLAUDETTE  VIDAL   -Claudette Vidal      L’histoire de Claudette  J’ai huit ans et je suis à l’église avec me... »&lt;/p&gt;
&lt;hr /&gt;
&lt;div&gt;J AI COMMENCE DE LA PAGE 100 VERS LE DEBUT ET ARETE A CLAUDETTE  VIDAL &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
-Claudette Vidal&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
L’histoire de Claudette&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
J’ai huit ans et je suis à l’église avec mes parents, lorsque j’entends une voix qui retentit dans&lt;br /&gt;
mon cœur et me demande si je serais prête à tout lâcher un jour pour Le suivre. &lt;br /&gt;
Intuitivement,&lt;br /&gt;
avec toute la ferveur et l’intensité dont je suis capable, je déclare : « OUI ». Je viens de prendre&lt;br /&gt;
l’engagement le plus important de ma vie.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Depuis cet évènement, je sais qu’un jour j’aurai à renoncer à tout pour répondre à l’appel&lt;br /&gt;
intérieur. Je n’ai aucune idée des surprises que la vie me réserve à ce propos.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
C’est à l’âge de trente-sept ans que la vie me rappellera ma promesse, au moment où je suis&lt;br /&gt;
plongée dans les affaires. La rencontre d’un homme bouleverse ma vie. Il est à l’origine de mon&lt;br /&gt;
ouverture à la spiritualité. Il fut mon conjoint et un enseignant spirituel significatif.&lt;br /&gt;
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&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Quelque temps après notre rupture, ma petite voix intérieure me guide vers Gangaji, une&lt;br /&gt;
enseignante spirituelle auprès de qui je m’éveillerai à ma vraie nature. Avant la rencontre avec&lt;br /&gt;
Gangaji, la Vie me sert une prodigieuse leçon de renoncement qui durera une quinzaine&lt;br /&gt;
d’années.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Le renoncement&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Durant ces années, il me faudra renoncer à tous mes attachements : mon mari, mon fils, ma&lt;br /&gt;
famille, mon identité de femme d’affaires ainsi que mes boutiques, ma maison. Tout. Divorce,&lt;br /&gt;
faillite (dépôt de bilan), déménagement. Tout part… je vis de grands bouleversements.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
En parallèle, j’entreprends un sérieux travail sur moi. Je me détache de plusieurs croyances et&lt;br /&gt;
d’une multitude d’expériences du passé qui conditionnent mon présent. Bref, je renonce à tout&lt;br /&gt;
ce que je possède… ou presque.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Un jour, je réalise avec stupéfaction qu’il reste quelque chose à quoi je n’ai pas encore renoncé&lt;br /&gt;
: « moi », ou le sentiment d’être quelqu’un. Un immense frisson me traverse. J’ai très peur. Je&lt;br /&gt;
sais que la fin est proche. Suis-je prête pour le grand saut ? Suis-je disponible pour l’offrande&lt;br /&gt;
ultime, pour donner ma vie à la Vie ? Sans la moindre hésitation, la réponse est « oui ». Quelques&lt;br /&gt;
semaines plus tard la Grâce prendra ma vie, ou ce que je crois être ma vie. L’illusion fera place&lt;br /&gt;
à la vision directe.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Rencontre avec Gangaji&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Je fais la connaissance de Gangaji au travers de ses vidéos. Dès le premier visionnement, je sais&lt;br /&gt;
qu’elle sait. Je suis obnubilée par la qualité de sa présence. Je suis peu attentive à ses mots, je&lt;br /&gt;
suis fascinée par le silence d’où surgissent ses mots. Je sais qu’elle a percé le mystère qui&lt;br /&gt;
m’habite. Je dois la rencontrer. Comme elle offre une retraite sur l’ennéagramme à Vancouver,&lt;br /&gt;
je m’y inscris.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
L’ÉVEIL&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Désidentification au corps, aux émotions et au mental&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
À la fin de la première journée du séminaire avec Gangaji, je fais une indigestion aiguë. La&lt;br /&gt;
douleur est tellement intense que je crois que je vais mourir. Ma tête veut exploser et mon&lt;br /&gt;
estomac se tord de douleur. Je me sens épuisée, vidée. Il y a un miroir au-dessus du lavabo où&lt;br /&gt;
je tente de trouver un quelconque soulagement. Je regarde dans le miroir et je vois mon visage.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
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&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Soudainement, je réalise que je ne suis pas ce corps. Je comprends que le corps et moi sommes&lt;br /&gt;
deux choses différentes. Puis... ça se détend dans le corps. Tout reprend sa juste place. Je me&lt;br /&gt;
surprends à faire des grimaces dans le miroir et à sourire. Les maux de tête et d’estomac&lt;br /&gt;
s’arrêtent sur le champ. J’imagine que ce corps pourrait s’étaler par terre, sans vie, que cela ne&lt;br /&gt;
m’empêcherait pas de continuer à faire des grimaces et des clins d’œil amusés en étant hors du&lt;br /&gt;
corps. Je suis désidentifiée du corps. Réaliser que le corps et moi sommes deux entités distinctes&lt;br /&gt;
est maintenant une évidence. Jusqu’à présent, je ne le savais qu’intellectuellement.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Le lendemain, nos instructeurs Gangaji et son mari Eli décrivent le type d’ego dans lequel je&lt;br /&gt;
suis fixée. Je me sens très interpellée, bouleversée. Je ressens beaucoup de haine et de mépris&lt;br /&gt;
pour moi et les autres. Je ne suis plus que ça. Puis… durant la journée, les émotions se dissipent,&lt;br /&gt;
je retrouve le calme et la sérénité. Je suis désidentifiée de mes émotions.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Venant de nulle part, des paroles s’élèvent en moi pour dire : « C’est la deuxième étape ». J’ai&lt;br /&gt;
alors compris que la désidentification du corps était la première étape, celle des émotions, la&lt;br /&gt;
suivante.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Le lendemain, Gangaji s’adresse aux participants d’une façon différente des précédentes. Son&lt;br /&gt;
ton est plus solennel. Je suis très attentive. Elle nous demande de faire ce que son maître lui a&lt;br /&gt;
jadis demandé et qui lui a permis de retrouver sa vraie nature. Elle nous demande « d’arrêter de&lt;br /&gt;
penser ». Au moment où elle dit cela, j’arrête instantanément. J’avais parcouru cinq mille&lt;br /&gt;
kilomètres pour élucider le grand mystère de la vie, pas question de ne pas me conformer aux&lt;br /&gt;
requêtes. Tout en étant attentive à ce qu’elle dit, mon esprit est au point zéro, immobile. Je n’ai&lt;br /&gt;
plus une seule pensée. Je suis calme et je prends conscience d’un vide sidéral. Je ne sais pas ce&lt;br /&gt;
qu’est le vide sidéral, mais c’est l’expression qui me vient spontanément. Absence de tout, plein&lt;br /&gt;
de vie, pourrait le décrire. Il n’y a rien, vraiment rien.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Je ne savais pas ce qui allait se passer par la suite et ne m’en inquiétais nullement. J’étais&lt;br /&gt;
fascinée par ce silence intérieur profond et apaisant.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
La nuit suivante fut quelque peu étonnante. Dans une sorte de rêve éveillé, j’ai l’impression de&lt;br /&gt;
découvrir un truc inhabituel, riche et captivant. Ce truc c’est moi. Je découvre la potentialité de&lt;br /&gt;
qui je suis. Je m’amuse avec moi m’amusant à m’amuser avec moi en train de me voir&lt;br /&gt;
m’amuser… Je m’émerveille devant l’ampleur infinie des possibilités qui s’offrent à moi. Tout&lt;br /&gt;
est possible, vraiment tout ! Je découvre le royaume des possibilités de l’Être, c’est grandiose.&lt;br /&gt;
Je suis fascinée par cette découverte. La Source devient consciente d’elle-même avec&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
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&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
ravissement. Fini de jouer à cache-cache avec moi. Je me révèle le secret que je m’étais caché&lt;br /&gt;
depuis si longtemps. Je peux désormais reconnaître la splendeur de qui je suis, sans fausse&lt;br /&gt;
modestie. J’étais cela depuis toujours, mais je ne le voyais pas.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
La plénitude de l’instant présent prend toute la place. Je ne suis plus dans le moment présent,&lt;br /&gt;
je suis le moment présent. Tout est fluide, simple et parfait. Je suis rentrée à la maison. Je&lt;br /&gt;
comprends intérieurement ce que voulaient dire Krishnamurti, Bouddha, Ramana Maharshi et&lt;br /&gt;
les autres maîtres spirituels. Je le comprends intimement et profondément.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Tout est vide et plein à la fois. Je ressens une plénitude tranquille que des bulles de joie et&lt;br /&gt;
d’amour viennent parfumer occasionnellement. Je suis d’une insouciance enfantine et d’une&lt;br /&gt;
vastitude infinie. Je vois l’amour et la beauté dans chaque brin d’herbe et dans l’immensité du&lt;br /&gt;
ciel bleu. Une grande simplicité et une ouverture totale prennent place dans l’espace que&lt;br /&gt;
j’appelle « moi ».&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Disparition du « moi », tout est espace&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Un soir, quelques semaines après ma rencontre avec Gangaji, j’ai de la difficulté à m’endormir.&lt;br /&gt;
Mon attention se dirige naturellement vers une souffrance que je porte. À cet instant, je crois&lt;br /&gt;
que la source de ma souffrance est la personne qui m’a agressée verbalement quelques heures&lt;br /&gt;
plus tôt. En mettant mon attention sur l’agresseur apparaissant maintenant dans mon esprit, je&lt;br /&gt;
réalise que je suis cet agresseur. L’essence de l’agresseur et celle de l’agressée est identique.&lt;br /&gt;
C’est moi. Je suis la Vie qui anime ces deux personnages dans mon esprit.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Ensuite, mon attention se porte sur des dizaines d’identités vivant des souffrances différentes :&lt;br /&gt;
misère, impuissance, révolte, frustration, peur, etc. Je vois que sous ces différentes formes de&lt;br /&gt;
souffrance, l’essence est la même, c’est moi. Je suis Source et toutes les formes de souffrance&lt;br /&gt;
sont mon expression. Ce monde de souffrance, c’est l’enfer. Tout y est noirceur, mal-être et&lt;br /&gt;
désolation. Après avoir reconnu que toutes les souffrances sont une expression de qui je suis,&lt;br /&gt;
tous les jugements s’estompent et la souffrance disparaît.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Après l’enfer, un espace paradisiaque apparaît. Dans cet espace, tout est beau, positif et joyeux.&lt;br /&gt;
Là aussi je réalise que quelle que soit la forme que prend la beauté, elle est l’expression de qui&lt;br /&gt;
je suis. Un ressenti de paix et d’ouverture infinie conclut cette expérience.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Le lendemain matin au réveil, je me sens bizarre, différente. Après quelques instants, je réalise&lt;br /&gt;
que je ne suis qu’espace, un espace infini. La chose « moi » qui avait occupé l’espace jusqu’à&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
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&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
présent a disparu. C’est joyeux et grisant de bouger dans l’espace et de sentir que mes jambes&lt;br /&gt;
marchent dans le vide. Je touche ma jambe pour tenter d’éprouver une sensation habituelle,&lt;br /&gt;
mais la sensation est différente. Il y a bien un ressenti, mais je ne me sens pas concernée.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Avant j’étais une personne, maintenant « je suis personne ».&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Je suis&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
La dernière expérience importante en lien avec l’éveil à Soi se déroule un mois après ma&lt;br /&gt;
rencontre avec Gangaji. Après avoir lu quelques pages d’un de ses livres, j’ai envie de me&lt;br /&gt;
détendre et de fermer les yeux. Soudainement, une multitude de faisceaux de lumières qui&lt;br /&gt;
semblent prendre naissance au centre de ma poitrine explosent dans tous les sens. Une&lt;br /&gt;
gigantesque quantité d’énergie s’en dégage et s’élance vers les univers les plus éloignés. C’est&lt;br /&gt;
d’une puissance et d’une ampleur prodigieuse. Je suis témoin d’une explosion atomique&lt;br /&gt;
intersidérale. Les mots amour, félicité et joie ponctuent les jaillissements de lumières&lt;br /&gt;
multicolores. Je baigne dans un océan d’amour. Le lendemain matin, une petite voix intérieure&lt;br /&gt;
me dit : « la recherche est terminée, découvre maintenant ».&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
DE L’EVEIL A LA REALISATION&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
« Après l’éveil, j’ai cru que tout était fini, qu’il ne se passerait plus rien. Je croyais que j’allais&lt;br /&gt;
vivre éternellement dans la joie et la béatitude. En fait, je ne savais pas trop à quoi m’attendre.&lt;br /&gt;
Comme l’éveil m’avait semblé inatteignable, je ne m’étais pas souciée de l’étape ultérieure.&lt;br /&gt;
J’étais donc inconsciente de ce qui m’attendait. Je me suis alors imaginé un conte de fées&lt;br /&gt;
poétique où les difficultés n’avaient plus leur place... »&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
En effet, beaucoup de transformations se produisent après l’éveil. Je peux parler de celles que&lt;br /&gt;
j’ai vécues et aussi de celles que je n’ai pas vécues mais souvent rapportées.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Les changements se produisent sur les plans du physique, de l’émotionnel, du mental, du&lt;br /&gt;
spirituel, ainsi qu’au niveau des perceptions. Nous les développerons ultérieurement. Les&lt;br /&gt;
transformations peuvent aussi être décrites chronologiquement. C’est de cette façon que je vais&lt;br /&gt;
débuter mon témoignage.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
La lune de miel de l’éveil&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Pour certains, après l’éveil se produit un phénomène que j’appelle « la lune de miel de l’éveil&lt;br /&gt;
». La lune de miel peut s’étaler sur une période allant de quelques jours à plusieurs mois, voire&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
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&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
une ou deux années. Durant cette période, nous sommes profondément immergés dans le Soi.&lt;br /&gt;
Seul existe cet espace lumineux, vide, infini et silencieux. Les phénomènes comme les émotions&lt;br /&gt;
et les pensées continuent de surgir dans la conscience, mais semblent lointains. Tout est&lt;br /&gt;
rapidement absorbé dans le Silence. C’est extrêmement doux, confortable et extatique. Tout est&lt;br /&gt;
ouverture dans l’instant avec l’évidence que tout naît et meurt dans cet espace que « Je suis ».&lt;br /&gt;
Beaucoup d’effluves d’amour et de joie sans cause se présentent à la conscience qui savoure&lt;br /&gt;
avec béatitude cette reconnaissance d’elle-même.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Après l’extase la lessive…&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Cette période est suivie ou entrecoupée de moments où certains aspects de l’ego se présentent&lt;br /&gt;
à nouveau à la conscience. Par exemple, un sentiment d’abandon ou d’injustice refait surface&lt;br /&gt;
malgré l’éveil à sa vraie nature. Certains phénomènes se présenteront à une grande distance de&lt;br /&gt;
Soi et d’autres sembleront si près qu’ils continueront à avoir un pouvoir illusoire et seront&lt;br /&gt;
expérimentés comme étant vrais. Ces manifestations seront plus ou moins marquées selon la&lt;br /&gt;
profondeur de l’éveil et l’aptitude de la conscience à maintenir une distance avec la réalité.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Lorsque nous sommes identifiés à l’ego, les phénomènes semblent être séparés. Après l’éveil,&lt;br /&gt;
la vision se porte essentiellement sur le non-manifesté. De leur côté les phénomènes sont perçus&lt;br /&gt;
comme presque inexistants, nous affectant faiblement. Puis, apparaît la dernière étape dévoilant&lt;br /&gt;
une vision nouvelle de la réalité. Les phénomènes sont alors retrouvés jaillissant de l’unité.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Comme le dit si bien Jack Kornfield dans son livre « Après l’extase la lessive », un travail de&lt;br /&gt;
déconditionnement et de libération reste à faire après l’éveil. La découverte de qui Je suis&lt;br /&gt;
permet la mise à distance de son ego, mais pas sa dissolution. Un travail de guérison et de&lt;br /&gt;
libération des mémoires qui constituaient le petit moi est alors nécessaire pour se libérer&lt;br /&gt;
totalement de l’ego et atteindre la réalisation du Soi.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Les changements sur différents plans : physique, émotionnel, mental et spirituel&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Dans mon corps, des changements physiques sont survenus. La silhouette s’est amincie et&lt;br /&gt;
remodelée. Le corps s’est redressé et assoupli. Quelques semaines après l’éveil, mes pieds ont&lt;br /&gt;
enflé de façon surprenante. Il m’était impossible de porter des chaussures. Il m’a semblé que&lt;br /&gt;
beaucoup de toxines, qui ont été évacuées par la suite, avaient temporairement migré dans mes&lt;br /&gt;
pieds. Durant cette même période, les membres où j’avais jadis eu des entorses se sont&lt;br /&gt;
redressés, réparés. Différentes images de feux ont aussi habité mon esprit pendant une dizaine&lt;br /&gt;
de jours. Mon organisme était l’objet d’une purification. Je ne savais ce qui brûlait, ni pourquoi,&lt;br /&gt;
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&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
mais tout brûlait. Puis... le feu s’est arrêté. Quelques jours plus tard, en rêve éveillé, j’ai vu un&lt;br /&gt;
corps sur l’océan. Puis... des vêtements emportés par les vagues, sans le corps. J’étais l’océan !&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Les réactions émotionnelles font place à un grand détachement. Apparaissant jadis au premier&lt;br /&gt;
plan, elles sont désormais reléguées au second plan et ne nous affectent plus. N’étant plus&lt;br /&gt;
identifiée aux émotions, elles apparaissent et disparaissent rapidement.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Au niveau mental, j’ai vécu une déstructuration qui m’a beaucoup surprise au début.&lt;br /&gt;
Soudainement, je ne pouvais plus attribuer aux choses leur sens habituel, mais un sens contraire.&lt;br /&gt;
Parfois les mots, les chiffres, les phrases étaient vides de sens. De plus, comme la mémoire&lt;br /&gt;
n’est plus soumise à un entraînement intensif, elle s’atrophie. L’utilisation d’un bloc note est&lt;br /&gt;
devenu indispensable. Plusieurs croyances ont été dissoutes et d’autres ont été remplacées par&lt;br /&gt;
des croyances révélant une vérité plus profonde.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
J’ai découvert une nouvelle conscience après l’éveil. Il ne s’agit pas d’une conscience de soi en&lt;br /&gt;
tant que sujet dans la relation sujet/objet, mais d’une conscience totale, consciente d’elle-même&lt;br /&gt;
en tant que Rien et Tout. Cette conscience a tout raflé sur son passage : temporalité,&lt;br /&gt;
constructions mentales et « moi » en tant qu’acteur principal des expériences.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
La Conscience et son reflet sont inséparables. L'un ne peut pas exister sans l'autre. Ils sont une&lt;br /&gt;
seule et même chose, un miracle renouvelé à chaque instant.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
La reconnaissance que « Je suis Rien » qui contient tout est une réalisation majeure. J’ai aussi&lt;br /&gt;
réalisé que ce qu’on appelle Claudette est une forme que prend la Source pour s’expérimenter&lt;br /&gt;
elle-même à travers des caractéristiques spécifiques et des conditions particulières. Ce que&lt;br /&gt;
j’appelle maintenant « moi » par défaut de langage, est une apparence de la Source non-&lt;br /&gt;
manifestée incarnée dans un organisme de fonction. Deux niveaux de conscience sont toujours&lt;br /&gt;
présents : la conscience que « Je suis » et « Je suis faisant l’expérience Claudette », c’est-à-dire&lt;br /&gt;
moi. Ce « moi » accomplira le geste de l’offrande de soi lorsqu’il devient conscient de lui-&lt;br /&gt;
même en tant que création.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Pouvoirs et perceptions&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Si vous vous attendez à acquérir des pouvoirs avec l’éveil, vous pourriez être déçu. Il est&lt;br /&gt;
possible que l’éveil vous gratifie de certains pouvoirs, mais peut-être pas. Comme l’éveil&lt;br /&gt;
éradique la fausse croyance qui est à la base de tout votre système de croyances, la disparition&lt;br /&gt;
de celle-ci emporte avec elle une masse d’énergie considérable. La disparition de cette&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
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&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
gigantesque construction mentale à propos de soi engendre minimalement une plus grande&lt;br /&gt;
acuité entraînant des perceptions plus fines pour percevoir les plans subtils.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Comme l’empathie devient un état naturel après l’éveil, elle se déploie rapidement. Cette&lt;br /&gt;
habileté permettra de ressentir facilement ce qui se passe chez autrui et dans l’environnement.&lt;br /&gt;
Au lieu d’analyser une situation, vous la percevez en temps réel avec une perception directe&lt;br /&gt;
émergeant de l’unité. C’est en devenant la réalité que nous pouvons la percevoir de manière&lt;br /&gt;
très intime.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Plusieurs aptitudes comme la clairvoyance ou la clairaudience ont tendance à se développer&lt;br /&gt;
naturellement après l’éveil, sans en faire une généralité. Ces capacités existent aussi chez ceux&lt;br /&gt;
qui ne sont pas éveillés.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Un vieil adage dit : « bienheureux les éveillés sans pouvoir ». Particulièrement au début, alors&lt;br /&gt;
que la désidentification à l’ego n’est pas permanente, nous sommes toujours fragilisés. L’éveil&lt;br /&gt;
n’est pas une fin, mais le début du véritable chemin spirituel.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
De l’ego immature à l’ego mature&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Nous croyons pouvoir nous débarrasser de l’ego… cela est impossible. Pour se connaître, la&lt;br /&gt;
Conscience a besoin d’expérimenter et c’est à travers l’ego qu’elle le fait.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
L’ego immature disparaît, laissant la place à un ego mature qui naît et meurt dans l’instant.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Si l’ego immature se prenait pour le maître, l’ego mature sera un serviteur dévoué, acceptant&lt;br /&gt;
volontiers son nouveau rôle. Libéré de ses attachements et dépendances, il est ouvert et serein.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
L’ego immature est enfermé dans une prison mentale. Il fait partie d’un système qu’il ne&lt;br /&gt;
comprend pas et dont il est l’otage. Tout ce qu’il entreprend ne peut l’extraire des sables&lt;br /&gt;
mouvants dans lesquels il ne cesse de s’enfoncer.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Sa prison EST le mental. Plus les pensées s’emballent, plus les murs de sa prison s’épaississent.&lt;br /&gt;
Toutes les actions initiées à partir de l’agitation mentale ne sont d’aucune utilité pour se libérer&lt;br /&gt;
de ses chaînes.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Les murs qui entourent l’ego sont érigés en permanence, ou presque. Cette structure est gardée&lt;br /&gt;
par des sentinelles… les peurs. Les murs sont constitués de nombreuses croyances à propos de&lt;br /&gt;
soi, des autres et de la vie. Les conditionnements verrouillent toutes les ouvertures qui&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
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&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
pourraient apparaître. Sans en être conscients, nous alimentons ce système pendant des&lt;br /&gt;
décennies.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
L’ego immature se caractérise par sa volonté… parfois féroce. Il exige que les choses soient&lt;br /&gt;
comme il le veut… que la réalité cadre avec ses attentes. De ces dernières naissent des&lt;br /&gt;
déceptions, des frustrations en grand nombre, ainsi qu’un fréquent sentiment de manque.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Dans l’illusion de son existence, l’ego cherche. Il s’évertue à résoudre l’énigme de sa vie.&lt;br /&gt;
Totalement leurré et imbu d’un pouvoir imaginaire, il multipliera les expériences pour tenter de&lt;br /&gt;
mettre fin à sa souffrance.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Lorsque l’ego immature abdique et qu’il se soumet à la volonté de la Vie, son existence&lt;br /&gt;
commence à se transformer. Plus il s’incline devant l’inéluctable CE QUI EST, plus sa vie&lt;br /&gt;
s’apaise.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Avec l’ego mature, les traits de personnalité ne changent pas. C’est le regard aimant posé sur&lt;br /&gt;
eux qui les transforment.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Lorsque l’ego a capitulé, qu’il a vraiment « rendu les armes », lorsque l’illusion à propos de qui&lt;br /&gt;
il est, est vue, un basculement de la conscience se produit. Le centre passe d’un « je » individuel&lt;br /&gt;
et séparé à « Je » impersonnel et indivisé. « Je » agit alors à travers un ego n’ayant plus de&lt;br /&gt;
prétention et évoluant sans laisser de trace. Son origine n’est pas le mental, mais la Source&lt;br /&gt;
divine, vivante et vivifiante. Cet ego est une émergence de l’Impersonnel dans le personnel, ici&lt;br /&gt;
et maintenant.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Il n’y a plus de réputation à défendre, plus d’image de soi à soutenir. Une incommensurable&lt;br /&gt;
autorisation à expérimenter les multiples facettes de la vie devient possible. Les efforts pour&lt;br /&gt;
tenter d’être bien, correct, pertinent, adapté, fort, etc. sont remplacés par une acceptation&lt;br /&gt;
inconditionnelle de ce qui est. Le juge intérieur a disparu au profit d’une présence aimante.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Les expériences vécues par ce nouvel ego s’effacent au fur et à mesure qu’elles se produisent.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Délivrée du sens du moi, la tentative de s’approprier ou de rejeter le vécu s’est éteinte. Aussi,&lt;br /&gt;
les différentes facettes de la personnalité sont vécues sans jugement.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Il est vu que les paroles se disent et que les gestes s’accomplissent à travers soi. Il est réalisé&lt;br /&gt;
que la forme humaine est un instrument, un passage et un terrain d’expérimentation du Soi.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
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&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Évanouissement d’éveil&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Dans le moment présent, il n’y a pas de « avant » et « après » l’éveil. Pas de concept, pas de&lt;br /&gt;
prévision et, surtout pas de perte d’éveil. Du point de vue de la Source, l’éveil ne peut être perdu&lt;br /&gt;
pas plus qu’il ne peut être gagné. Il n’y a rien, l’espace est toujours immaculé.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Le basculement dans l’éveil ne signe pas forcément la disparition définitive de l’ego. Même s’il&lt;br /&gt;
a été vu que le moi est une illusion, des doutes peuvent encore surgir. L’apparition inopinée du&lt;br /&gt;
« je » entraîne l’expérience je suis quelqu’un, un évanouissement d’éveil.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Après s’être éveillé à Soi, vivre en permanence dans l’unité présente un défi. Demeurer fidèle&lt;br /&gt;
à Soi requiert de la vigilance et un engagement sincère. Si l’éveil disparaît, c’est qu’il y a à&lt;br /&gt;
nouveau identification. L’ego a momentanément repris les commandes. Honnêteté et&lt;br /&gt;
conscience sont nécessaires pour le reconnaître.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
La réalisation&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
« Durant les premières années qui ont suivi l’éveil, j’ai réalisé à quelques reprises que cette si&lt;br /&gt;
chère et si précieuse « chose » m’avait quittée. Je n’étais plus l’Immensité, mais une personne&lt;br /&gt;
la cherchant. Impossible de dire le nombre de jours ou de semaines vécus loin de ma dulcinée.&lt;br /&gt;
Je l’avais désertée à mon insu. La vie illusoire savait encore me prendre dans ses filets&lt;br /&gt;
occasionnellement.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Il m’a fallu cinq ans pour que l’éveil soit stable. C’est le temps qu’il m’a fallu pour dissoudre&lt;br /&gt;
et transformer toutes les facettes constituant l’ego. L’événement qui a marqué ce passage a&lt;br /&gt;
d’ailleurs été remarquable. Au dernier jour d’une retraite que j’animais, j’ai senti la Grâce&lt;br /&gt;
descendre sur moi avec une puissance inhabituelle. Elle guidait les gestes de mes bras qui&lt;br /&gt;
s’ouvraient pour tout prendre et tout ramener dans le cœur. La Grâce a tout raflé et envahi&lt;br /&gt;
chacune de mes cellules, Elle a tout transformé. Je suis devenue la Grâce incarnée. Depuis ce&lt;br /&gt;
jour, je baigne dans la Grâce. La Félicité ne m’a pas quittée. Que je mange, que je dorme ou&lt;br /&gt;
que je partage, la Félicité me berce et m’anime. Dans l’espace que j’appelle moi, l’Amour est&lt;br /&gt;
installé à jamais. Chaque pensée, chaque émotion ou sensation est reconnue comme une&lt;br /&gt;
manifestation divine. ÊTRE-CONSCIENCE-AMOUR sont réalisés à chaque instant.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Depuis, cette vision ne m’a plus quittée. L’éveil est stable, mais il y a plus que la stabilité.&lt;br /&gt;
J’habite un espace différent ; un espace où règne ÊTRE-CONSCIENCE-AMOUR. J’ai réalisé&lt;br /&gt;
le Soi ; tout est réalisé. Tout est immensément doux et lumineux. Si quelques transformations&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
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&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
 &lt;br /&gt;
adviennent au sein de la forme Claudette, elles ne peuvent être liées au petit « je ». La&lt;br /&gt;
réalisation peut s’approfondir, mais les racines de l’ego souffrant sont définitivement&lt;br /&gt;
éradiquées.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
En réalisant le Soi, j’ai compris que « Je suis Cela » et que toute idée, possession ou sensation&lt;br /&gt;
n’est autre que le Soi. »&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Tendresse infinie dans la reconnaissance de qui je suis,&lt;br /&gt;
 &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
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 &lt;br /&gt;
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 &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
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&lt;br /&gt;
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&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
 &lt;br /&gt;
Claudette Vidal&lt;br /&gt;
Questions-réponses&lt;br /&gt;
 &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
 &lt;br /&gt;
L'EVEIL :&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Qu'est-ce que l'éveil ?&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Claudette Vidal : L’éveil est la reconnaissance de qui nous sommes. Lorsque cesse&lt;br /&gt;
l’identification avec le moi égotique, il est vu que ce que nous sommes est éternellement vide,&lt;br /&gt;
silencieux et illimité. Nous sommes l’espace dans lequel tous les phénomènes naissent et&lt;br /&gt;
meurent.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Existe-t-il différents degrés d'éveil ?&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Claudette Vidal : Oui, il y a plusieurs niveaux d’approfondissement. Leur durée est très&lt;br /&gt;
variable.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
« Dans son livre Après l’extase, la lessive*, Jack Kornfield nous présente une des cartographie&lt;br /&gt;
de l’éveil les plus connues dans la tradition bouddhique : la tradition Theravada des Aînés du&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
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 &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Sud-Est asiatique. Cette carte décrit l’éveil en quatre étapes successives . Chacune d’elles conduit à un nouveau degré de libération.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Les quatre étapes de la réalisation pourraient être représentées par un bouquet de quatre roses,&lt;br /&gt;
chacune étant à une étape différente de sa floraison. Du bouton floral à la rose complètement&lt;br /&gt;
épanouie en passant par les étapes intermédiaires, chacune révèle différents visages de la&lt;br /&gt;
beauté. Comme pour les roses, chaque étape du processus menant de l’éveil à la réalisation&lt;br /&gt;
offre l’occasion de découvrir un aspect différent de la beauté d’un être humain en&lt;br /&gt;
transformation.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
« 1. La première est appelée : Entrer dans le courant&lt;br /&gt;
Cette entrée dans le courant survient lorsque nous goûtons pour la première fois la&lt;br /&gt;
saveur de liberté absolue de l’éveil : une liberté du cœur, au-delà de toutes les conditions&lt;br /&gt;
mouvantes du monde. (...) l’entrée dans le courant apporte un changement de&lt;br /&gt;
compréhension stupéfiant. Lors de son premier éveil, l’individu perçoit l’illusion d’un&lt;br /&gt;
soi séparé, se libère de son identification au corps et à l’esprit et s’éveille à la paix&lt;br /&gt;
éternelle du nirvana. De ce fait, le sens de sa vie est changé à jamais et il pénètre dans&lt;br /&gt;
un courant qui l’emporte vers une liberté plus large, aussi assurément qu’un courant&lt;br /&gt;
rapide entraîne une feuille vers la mer. »&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
« 2. La deuxième étape : Revenir encore&lt;br /&gt;
Même lorsque nous avons vu la vérité, de plus amples purifications demeurent&lt;br /&gt;
nécessaires pour transformer notre caractère et intégrer cette nouvelle compréhension&lt;br /&gt;
de la vie. Ainsi commence ce voyage, allant de l’entrée dans le courant jusqu’à la&lt;br /&gt;
seconde étape « Revenir encore ». Par un processus profond qui demande souvent de&lt;br /&gt;
nombreuses années, nous découvrons et évacuons nos habitudes les plus grossières de&lt;br /&gt;
saisie et d’aversion qui recréent ce sentiment d’un soi plein de peurs et de limites.&lt;br /&gt;
Atteindre la deuxième étape requiert une attention constante, sensible à la souffrance,&lt;br /&gt;
laquelle survient lorsque nous nous accrochons à nos désirs et à nos peurs, à nos idées&lt;br /&gt;
et à nos idéaux. Quand nous comprenons ces forces de la vie humaine, elles perdent leur&lt;br /&gt;
emprise sur nous. Pour finir, une réalisation profonde fait disparaître de façon&lt;br /&gt;
significative les forces les plus puissantes de désirs, de saisie, de colère et de peur.»&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
« 3. La troisième étape : Non-retour&lt;br /&gt;
À ce stade, nous sommes définitivement libérés de tout ce qui reste de désirs, saisies,&lt;br /&gt;
colères et peurs; nous n’aurons plus jamais à retomber sous leur joug. Ceux qui&lt;br /&gt;
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&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
 &lt;br /&gt;
progressent jusqu’à cette troisième étape sont très peu nombreux et ils y accèdent au&lt;br /&gt;
terme d’un long processus consistant à demeurer profondément dans le calme et la&lt;br /&gt;
vacuité. La sagesse grandissant, les mouvements subtils de saisie au niveau du coeur&lt;br /&gt;
sont abandonnés au moment même où ils apparaissent. À ce stade, nous demeurons dans&lt;br /&gt;
la liberté et la réalité du présent. Cette paix du cœur est rarement perturbée. »&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
« 4. La quatrième étape : Grand Éveil&lt;br /&gt;
Arrive enfin la quatrième étape, la plus extraordinaire, appelée « Grand Éveil », dans&lt;br /&gt;
laquelle les dernières traces de saisies subtiles – à l’égard de la joie, de la libération et&lt;br /&gt;
de la méditation elle-même – disparaissent. Maintenant, sans les moyens&lt;br /&gt;
d’identification à un soi, l’individu est libre de ses vestiges d’orgueil, de jugement,&lt;br /&gt;
d’agitation, de séparation qui voilaient l’être pur. Le rayonnement de notre vraie nature&lt;br /&gt;
brille sans obstacle dans notre vie entière. »&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Ces étapes ne sont pas obligatoirement suivies de façon rectiligne. Il est fréquent de faire des&lt;br /&gt;
allers-retours sur deux étapes successives. »&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Extrait de Chemin d’éveil Ed. Accarias l’Originel&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Avec quoi ne faut-il pas confondre l'éveil ?&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Claudette Vidal : Avec les expériences d’expansion de conscience qui sont plus spectaculaires&lt;br /&gt;
et souvent plus recherchées. De plus, l’éveil n’est pas lié à aucun pouvoir. Chez certains, il peut&lt;br /&gt;
s’accompagner du développement de perceptions extrasensorielles, mais pas toujours. Ces&lt;br /&gt;
mêmes pouvoirs sont souvent existants chez des personnes ne vivant pas l’éveil.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Ressens-tu une résonnance avec une tradition spirituelle ou un enseignant en particulier ?&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Claudette Vidal : Ma rencontre avec Gangaji a été l’occasion de mon éveil. Peu de temps avant&lt;br /&gt;
et après l’éveil, les enseignements sur la Non-Dualité entraient fortement en résonnance avec&lt;br /&gt;
mon vécu. Quelques années plus tard, une ouverture sur la mystique chrétienne, le soufisme,&lt;br /&gt;
l’hindouisme et d’autres courants spirituels ont été des révélateurs de ma nature spirituelle&lt;br /&gt;
générant de grandes ouvertures, notamment par l’intégration de la vibration Christique, celle de&lt;br /&gt;
la Mère divine, du Bouddha, de Shiva, Shakti, Tara, Parvati ainsi que de nombreux autres.&lt;br /&gt;
 &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
 &lt;br /&gt;
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organise des Live Satsang sur internet ainsi que des rencontres en présence sur Lyon ou Valence.&lt;br /&gt;
 &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
LA VOIE SPIRITUELLE :&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Question du blog Eveil Impersonnel: Comment trouver le moyen d'amener chacun à un aperçu&lt;br /&gt;
authentique de sa véritable nature ?&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Claudette Vidal : Le meilleur moyen est certainement d’être soi-même installé dans la présence.&lt;br /&gt;
Mais il y en a d’autres. Il serait hasardeux d’en faire la liste. Pour ma part, les moyens se&lt;br /&gt;
dévoilent dans l’instant lorsque je suis en présence de quelqu’un. Le geste nait du Rien. Il est&lt;br /&gt;
spontané et totalement adapté à la personne devant moi. C’est parfois avec une parole, parfois&lt;br /&gt;
un regard profond (darshan) qui transperce celui de l’autre et lève le voile de l’ignorance.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Est-il opportun d'entreprendre une sadhana facilitant la purification du mental, des émotions,&lt;br /&gt;
du corps et de se faire accompagner sur la voie ?&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Claudette Vidal : Le travail de purification est essentiel. Il ne conduit pas forcément à l’éveil&lt;br /&gt;
mais a le mérite de rendre la vie plus agréable et de préparer le terrain. Après l’éveil, le travail&lt;br /&gt;
de libération est incontournable.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Une partie de ce travail se fait seul et une autre partie en étant accompagné car il est impossible&lt;br /&gt;
de voir tout ce qui se joue en soi et de dépasser tous les mécanismes que nous avons mis en&lt;br /&gt;
place pour nous protéger.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Est-ce que le titre du livre &amp;quot;Après l'extase, la lessive&amp;quot; est évocateur pour toi ?&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Claudette Vidal : Le titre de ce livre ainsi que son contenu témoignent d’une vérité importante&lt;br /&gt;
à partager afin d’enrayer les idées de bonheur absolu après l’éveil. La vie d’un être incarné&lt;br /&gt;
demeure une grande aventure dont l’éveil marque un tournant. Si l’arbre est en fleurs, il n’a pas&lt;br /&gt;
encore donné ses fruits. Il faut du temps pour apprendre à vivre avec la conscience de qui nous&lt;br /&gt;
sommes, pour que cette réalisation transforme les croyances les plus subtiles, bien cachées dans&lt;br /&gt;
la transparence des évidences. Découvrir Je suis est une chose, le vivre totalement en est une&lt;br /&gt;
autre.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
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&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
La découverte de qui je suis s’installe peu à peu dans la réalité quotidienne. Les habitudes et&lt;br /&gt;
les modes de fonctionnement se transforment. La réalité est perçue en direct, sans les voiles du&lt;br /&gt;
mental et beaucoup de changements se produisent. Plusieurs années peuvent être nécessaires&lt;br /&gt;
pour intégrer ce changement de regard et s’y adapter.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Qu'est-ce que l'ego spirituel et comment peut-il se développer ?&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Claudette Vidal : L’ego spirituel est un fonctionnement de l’ego particulièrement intéressant à&lt;br /&gt;
investiguer. Pas facile de le démasquer, compte tenu des efforts colossaux qu’il consent pour&lt;br /&gt;
ne pas être vu des autres et de lui-même. Le chercheur spirituel marche sur un fil car l’ego, loin&lt;br /&gt;
de s’effacer, trouve dans les prises de conscience une nourriture riche et attrayante.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
L’ego spirituel tire grand profit des expériences mystiques. Il se les approprie afin d’enrichir&lt;br /&gt;
son patrimoine. Fier de son butin, il ne manquera pas de l’étaler au grand jour ou de l’apprécier&lt;br /&gt;
en secret. Ces expériences lui permettent de se distinguer des autres, de s’auto-glorifier, prendre&lt;br /&gt;
le pouvoir, obtenir de la reconnaissance ou être admiré. Il peut aussi s’en servir pour grossir&lt;br /&gt;
son capital de sympathie auprès d’un auditoire néophyte. L’ego ne veut jamais être ignoré ou&lt;br /&gt;
rejeté et cherche constamment à faire état de son avoir.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Les manifestations de l’ego spirituel sont parfois plus subtiles. Si certains parlent de leurs&lt;br /&gt;
exploits spirituels avec fausse modestie, d’autres brillent par leur capacité à voir l’invisible, à&lt;br /&gt;
avoir des prémonitions ou à interpréter les souffrances d’autrui. Il est fréquent qu’une poussée&lt;br /&gt;
d’orgueil succède à une expérience spirituelle importante. L’ego voudra être le riche&lt;br /&gt;
propriétaire d’une expérience d’éveil intense. Même lorsque l’ego a disparu momentanément,&lt;br /&gt;
il est toujours prêt à reprendre du service lorsqu’un goûter capiteux effleure ses sens. Créer&lt;br /&gt;
l’illusion, pour soi ou les autres, d’être quelqu’un de supérieur ou d’exceptionnel est attrayant.&lt;br /&gt;
Il n’en faut pas plus pour assister à la naissance d’un nouveau gourou qui proclamera sa vérité&lt;br /&gt;
et partira en campagne en sauvant le monde. Il exigera le respect absolu et la subordination.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Quels sont les pièges inhérents au cheminement spirituel et comment ne pas tomber dedans ?&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Claudette Vidal : Voici ce que l’éveil n’est pas :&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
L’éveil n’est pas une performance spirituelle ou une rareté réservée à quelques êtres privilégiés.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
L’éveil n’est pas le résultat d’une technique ou d’un long chemin parcouru avec succès. Il est&lt;br /&gt;
plutôt le résultat d’un abandon total, d’un lâcher prise complet de tout ce que vous croyez être.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
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&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
L’éveil n’est pas le résultat d’un acte volontaire ; au contraire, le volontarisme de l’ego est une&lt;br /&gt;
entrave à l’éveil. L’éveil n’est pas réservé aux personnes en bonne santé ou équilibrées, bien&lt;br /&gt;
que les personnes très perturbées arrivent difficilement à rester ouvertes et à s’abandonner&lt;br /&gt;
totalement.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
L’éveil n’est pas compliqué, c’est simple et naturel. La complexité empêche l’éveil.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
L’éveil n’est pas une expérience. Bien que le basculement engendre une certaine expérience,&lt;br /&gt;
cette expérience n’est pas l’éveil. L’éveil, c’est ce qui reste après l’expérience. L’expérience de&lt;br /&gt;
chaque personne est différente ; l’éveil est le même pour tous, c’est le vide absolu. S’il y a&lt;br /&gt;
quelque chose, ce n’est pas l’éveil.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
L’éveil n’est pas un attachement à quoi que ce soit, surtout pas à l’éveil. Désirer s’éveiller ou&lt;br /&gt;
désirer ne rien désirer est un obstacle à l’éveil. Si vous vous attachez à un désir quelconque,&lt;br /&gt;
vous n’êtes plus libre.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
L’éveil ne rend pas infaillible. Comme l’éveil se produit chez un être humain, la nature humaine&lt;br /&gt;
poursuit son évolution, ses apprentissages. Seul le Soi est immuable.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
L’éveil n’apporte rien au chercheur. C’est plutôt la disparition de celui-ci.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
L’éveil ne rend pas spécial, exceptionnel ou intelligent. Il ne donne aucun pouvoir et passe&lt;br /&gt;
souvent inaperçu. La plupart des gens ne se rendent pas compte qu’ils côtoient un être éveillé.&lt;br /&gt;
Certains voient bien qu’il y a quelque chose de particulier, mais ne savent pas ce que c’est. Ils&lt;br /&gt;
sont simplement attirés.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
L’éveil ne supprime aucune douleur. Seules les souffrances engendrées par le mental n’existent&lt;br /&gt;
plus. Les émotions continuent d’émerger, mais personne ne se les approprie.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Que vous soyez pauvre, malade, ou ignare, vous pouvez vous éveiller. La Source est sans&lt;br /&gt;
préjugé !&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
L’éveilleur c’est vous, l’éveillé c’est vous, l’éveil c’est vous. Vous êtes tout ce qui existe ! »&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Certains témoignent d'une sensibilité accrue, est-ce ton cas? Comment vivre cette sensibilité ?&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Claudette Vidal : En effet, ma sensibilité a augmenté après l’éveil. Pour la vivre, il est important&lt;br /&gt;
de la reconnaître et d’apprendre à composer avec tout ce qu’elle offre. Il y a parfois des&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
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&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
 &lt;br /&gt;
perceptions que l’on préfèrerait ne pas avoir et j’ai appris à les accepter. Cette sensibilité est&lt;br /&gt;
cependant variable. Elle n’est pas toujours croissante ou sable. Elle est parfois moins grande.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Quelle est la différence entre une expériences mystique et la vision qu'il n'y a pas de moi séparé?&lt;br /&gt;
Comment intégrer une expérience mystique sur la voie ?&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Claudette Vidal : Les expériences mystiques sont éphémères. Elles laissent cependant des&lt;br /&gt;
traces. Nous ne sommes plus pareils après. L’éveil à soi, bien que cette vision ne soit pas&lt;br /&gt;
toujours stable au début, le deviendra. Ce n’est pas spectaculaire, c’est être installé dans la vérité&lt;br /&gt;
de qui nous sommes. C’est tout à fait naturel.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Généralement, l’intégration se fait naturellement. Nous pouvons par ailleurs y remettre notre&lt;br /&gt;
attention occasionnellement.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
LA VISION QU'IL N'Y A PAS DE MOI SEPARE :&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
•	Voir qu'il n'y a pas de moi séparé :&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Pause! Maintenant, tout de suite, y a-t-il un geste simple à effectuer pour voir qu'il n'y a pas de&lt;br /&gt;
moi séparé ?&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Claudette Vidal : Tourner son regard vers ce qui regarde !&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Quelle est la différence entre comprendre qu'il n'y a pas de moi séparé et le voir clairement ?&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Claudette Vidal : Comprendre est compréhension intellectuelle, voir est une réalisation de la&lt;br /&gt;
conscience.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Pourquoi peut-il y avoir vision sans réalisation définitive ?&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Claudette Vidal : Tant qu’il reste des identifications, tant que la conscience n’a pas démasquée&lt;br /&gt;
toutes les illusions, la réalisation n’est pas définitive.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Au moment où c'est vu, par quels moyens l'ego peut-il recouvrir la vision ?&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Claudette Vidal : L’ego ne peut pas recouvrer la vision, c’est la conscience qui voit.&lt;br /&gt;
 &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
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 &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
 &lt;br /&gt;
Comment gérer l'émergence de la peur du vide, de la dissolution, de la mort ?&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Claudette Vidal : De la même façon que l’on s’occupe de n’importe quelle peur, en s’installant&lt;br /&gt;
dans la présence pour les accueillir. La présence est l’espace d’accueil qui permet de libérer&lt;br /&gt;
toutes les peurs.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
•	Intégrer le processus de ballottement :&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
A ce stade, est-ce que travailler sur ses pensées, ses émotions, son corps a-t-il encore un sens ?&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Claudette Vidal : Je ne sais pas ce que signifie « à ce stade », mais une recommandation&lt;br /&gt;
s’impose, RESTER VIGILANT. Rien n’est acquis, même pour les grands maîtres.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Quelle importance accorder aux manifestations énergétiques pouvant apparaître telles que les&lt;br /&gt;
montées de kundalini ?&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Claudette Vidal : J’ai peu d’expériences sur les montées de kundalini. Je sais qu’elles&lt;br /&gt;
constituent pour certains un chemin d’éveil et que l’aspirant gagne à être accompagné par une&lt;br /&gt;
personne qui maitrise bien ce phénomène.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Comment se comporter vis-à-vis des tendances mentales latentes et émotions qui surgissent&lt;br /&gt;
correspondant à une mise en lumière des parts d'ombre ?&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Claudette Vidal : Nous devons les regarder à la lumière de la conscience pour qu’elles soient&lt;br /&gt;
transmutées.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Que conseillerais-tu à une personne qui créerait une dualité entre le vide et la forme ?&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Claudette Vidal : Je l’aiderais à voir cette dualité. Lorsque c’est vu, ça disparaît… si la vision&lt;br /&gt;
est suffisamment puissante. Sinon, il faut investiguer plus longuement.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Si nous sommes le Tout, comment voir l'amour également dans ce qu'il y a de pire dans le&lt;br /&gt;
monde ?&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Claudette Vidal : Quand tu es le Tout, tu ne te poses pas cette question… L’Amour accueille&lt;br /&gt;
tout et ne juge pas. Ce qui est, est. La création entière est l’oeuvre de l’Amour.&lt;br /&gt;
 &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
 &lt;br /&gt;
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 &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
 &lt;br /&gt;
LA REALISATION DEFINITIVE :&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Qu'est-ce que la réalisation définitive et d'autres réalisations peuvent-elles survenir ?&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Claudette Vidal : L’éveil se convertit en réalisation. L’éveil est la mise à distance de l’ego, pas&lt;br /&gt;
sa disparition. La réalisation marque la dissolution complète de l’ego. Après la réalisation, le&lt;br /&gt;
chemin spirituel se poursuit. Il est évident que les réalisations ou prises de conscience ne&lt;br /&gt;
s’arrêtent jamais car nous vivons l’illimité dans la limitation. Et l’illimité, c’est… illimité.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
La réalisation met-elle fin à la souffrance et aux émotions ? Y a-t-il un processus d'intégration&lt;br /&gt;
qui se poursuit ?&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Claudette Vidal : Les pensées, les désirs et les émotions continuent de se présenter à la&lt;br /&gt;
conscience, mais en moins grand nombre. La différence est qu’il n’y a plus de saisie ni&lt;br /&gt;
d’attachement à ces phénomènes.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Peut-on reconnaître un être réalisé ?&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Claudette Vidal : Pour le reconnaître, il faut d’abord, le connaître, c’est–à-dire savoir ce que&lt;br /&gt;
c’est consciemment ou inconsciemment. Plusieurs personnes le savent intuitivement. C’est&lt;br /&gt;
pour cette raison qu’elles sont spontanément allées vers des maîtres comme Ramana Maharshi&lt;br /&gt;
ou Ma Ananda Moyi.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
D’autres se sont trompés et ont été bernés par de faux gourous. C’est l’expérience dont ils&lt;br /&gt;
avaient besoin pour apprendre à faire la différence.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Après tout, la réalisation elle-même ne serait-elle pas qu'un rêve dans l'infinitude du non-né ?&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Claudette Vidal : La réalisation appartient au royaume de la manifestation, du relatif. Si nous&lt;br /&gt;
dirigeons notre attention sur l’Absolu, il n’y a rien, il n’y a jamais rien eu et il n’y aura jamais&lt;br /&gt;
rien. Dans le relatif, il y a intégration de la lumière divine et de la conscience que nous sommes&lt;br /&gt;
Lumière.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
L’être humain procède de l’Absolu et du relatif, il serait dommage d’écarter l’un ou l’autre. Il&lt;br /&gt;
s’agit plutôt d’accorder à chacun la place qu’il mérite.&lt;br /&gt;
 &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
 &lt;br /&gt;
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 &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
 &lt;br /&gt;
LE COEUR DE TON MESSAGE :&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Quel conseil t'a le plus aidé dans ton parcours ?&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Claudette Vidal : Silence !&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Que conseillerais-tu à une personne qui se trouverait chamboulée par ce qu'elle vient de vivre ?&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Claudette Vidal : Descends dans ton corps et ressens ce qui s’y passe.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
 &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
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&lt;br /&gt;
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&lt;br /&gt;
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&lt;br /&gt;
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&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
 &lt;br /&gt;
Claudette Vidal&lt;br /&gt;
Présentation&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Vidéo&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
La divine comédie&lt;br /&gt;
 &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
 &lt;br /&gt;
Québécoise d’origine, Claudette Vidal témoigne d’un vécu qui naît dans l’instant présent. Sans&lt;br /&gt;
dogmatisme ni complaisance, elle va droit à l’essentiel. Elle pointe vers l'invisible voyant, le&lt;br /&gt;
Soi. Elle dit : &amp;quot;La Vérité n'est pas un objet, c'est le sujet&amp;quot;&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Son but n’est pas de convaincre, mais de témoigner et de partager.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Elle propose un chemin pour passer de la servitude à la liberté. Son style empreint de simplicité&lt;br /&gt;
et de fraîcheur ouvre l’espace du cœur et éveille la conscience.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Dans la tradition de la non-dualité, elle invite à retrouver l’Unité.&lt;br /&gt;
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organise des Live Satsang sur internet ainsi que des rencontres en présence sur Lyon ou Valence.&lt;br /&gt;
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CLAUDETTE VIDAL&lt;br /&gt;
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Claudette anime des séminaires au Québec et en Europe. Elle est l’auteur de Chemin d’éveil et&lt;br /&gt;
Voyage au cœur de soi.&lt;br /&gt;
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&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
 &lt;br /&gt;
Della&lt;br /&gt;
Témoignage&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
« La liberté d’Être vient avec le risque déraisonnable de reconnaître l’élan&lt;br /&gt;
d’amour à l’origine de toute manifestation.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Elle invite en respect du rythme de son âme, à l’ouverture du cœur à&lt;br /&gt;
l’Infini! »&lt;br /&gt;
 &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
 &lt;br /&gt;
Une histoire d’enfant&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Une petite fille a vu le jour un matin de mai 1965, rapidement suivie de son frère jumeau. Elle&lt;br /&gt;
arriva au sein d’une famille québécoise où 4 autres frères avaient déjà atterris.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Quoi que de nature timide, elle vécut une enfance tranquille entourée de ses frères heureux&lt;br /&gt;
d’avoir une petite sœur. Cette petite fille avait des dons qu’elle a vite appris à garder pour elle.&lt;br /&gt;
Elle voyait les auras, particulièrement sur les objets religieux dans la maison mais surtout, elle&lt;br /&gt;
pouvait se libérer de tension ou de tristesse spontanément par un mécanisme psychique qu’elle&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
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 &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
nommait dans son langage d’enfant « changer de bord ». Sa perspective changeait alors&lt;br /&gt;
radicalement comme si elle avait changé de lieu. Cette nouvelle perspective avait une&lt;br /&gt;
particularité, elle était remplie de béatitude, d’amour et de joie et plus rien de ce qui avait pu&lt;br /&gt;
l’affecter jusqu’alors ne subsistait.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Vers l’âge de 9 ou 10 ans, peut-être après avoir partagé au monde adulte qui lui répondit que&lt;br /&gt;
toutes ces histoires n’existaient pas, ces dons disparurent.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
La petite fille a grandi. Elle est devenue quelqu’un.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
A nouveau, le changement de perspective&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Le retour à cet Espace connu d’Amour s’est produit pour moi à 43 ans, de façon spontanée,&lt;br /&gt;
inattendue et hors de tout souhait que cela ne m’arrive, mes expériences d’enfants ne m’ayant&lt;br /&gt;
laissé aucune soif ni intention de retrouver quoi que ce soit. La spiritualité était, à ce moment,&lt;br /&gt;
synonyme de dogmes et de rituels enfermant l’humain, qui ne résonnaient pas avec la simplicité&lt;br /&gt;
d’une rencontre de cœur.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Alors que j’étais devenue médecin, épouse et mère de trois enfants, que mon cœur me paraissait&lt;br /&gt;
comblé, je pouvais imaginer ma vie bien douce et toute tracée. La vie en avait toutefois décidé&lt;br /&gt;
autrement.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
En mars 2005, face à une situation familiale un peu tendue, je suis allée consulter un&lt;br /&gt;
psychologue qui m’a proposé une séance d’exploration « des possibles » en hypnose. Ma&lt;br /&gt;
question était formulée ainsi : « Comment puis-je irradier la paix dans la maison ? ». Cette&lt;br /&gt;
expérience d’hypnose a pris, contre toute attente, la forme d’une expérience de mort imminente,&lt;br /&gt;
m’amenant à traverser un tunnel de lumière, à rencontrer des êtres de lumière puis à me fondre&lt;br /&gt;
avec l’Un, l’Amour inconditionnel, la Conscience infinie. Après une heure fondue dans le Tout,&lt;br /&gt;
je me suis retrouvée dans mon corps noyé de larmes de béatitude avec, au cœur, cette évidence&lt;br /&gt;
d’Unité et d’Amour en toute chose.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
A partir de ce moment, cette évidence d’Amour ne m’a plus jamais quittée.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Les deux années suivantes ont constitué une période initiatique riche d’expériences mystiques&lt;br /&gt;
profondes et d’enseignements au plan subtil, orientée, d’une part, vers un décapage de l’ego et&lt;br /&gt;
d’autre part, vers une ouverture de mon cœur à l’Amour au-delà des concepts, des&lt;br /&gt;
conditionnements, des croyances et des interdits qui coloraient encore mon véhicule.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
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&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Quelques enseignements&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Les enseignements décrits ici, et plusieurs autres qui ne font pas l’objet de ce texte, ont&lt;br /&gt;
profondément transformés mon regard sur la Réalité. Bien qu’ils n’apparaissent que comme des&lt;br /&gt;
expériences et qu’il m’est absolument impossible d’affirmer le fondement de leur réalité, ils ont&lt;br /&gt;
eu un effet aussi profond chez moi que si on les avait gravés dans mon ADN. En voici quelques&lt;br /&gt;
uns.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Rapidement après l’hypnose, j’ai recommencé à voir les auras. Parfois colorées mais le plus&lt;br /&gt;
souvent très blanches autour des personnes, des objets, des paysages, tellement éblouissantes&lt;br /&gt;
que j’avais parfois du mal à conduire ma voiture. Quelques mois sont passés ainsi, puis du jour&lt;br /&gt;
au lendemain, elles sont toutes devenues noires. Mon cœur s’est serré pendant plusieurs jours,&lt;br /&gt;
l’inquiétude s’est installée, un sentiment de deuil m’a envahie. Toutefois, au fil des jours, mon&lt;br /&gt;
regard s’est graduellement ouvert au-delà de la peur et j’ai pu voir que ces auras sombres&lt;br /&gt;
faisaient rejaillir la beauté extraordinaire des personnes et des objets desquelles elles émanaient.&lt;br /&gt;
La splendeur que je m’autorisais à voir sans le filtre de la peur, me coupait le souffle. La leçon&lt;br /&gt;
était apprise. La peur était un facteur limitatif primordial du regard ouvert sur la Réalité. Les&lt;br /&gt;
auras se sont ensuite succédées, parfois blanches, parfois noires, jusqu’à ce qu’elles&lt;br /&gt;
n’apparaissent que pour me parler occasionnellement.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Plusieurs enseignements ont été reçus sous la forme d’une voix qui s’est installée dans les&lt;br /&gt;
semaines qui ont suivis l’hypnose et qui m’a accompagnée pendant près de deux ans. Cette voix&lt;br /&gt;
me semblait provenir du Divin. La première chose qu’elle m’ait demandé clairement était ceci :&lt;br /&gt;
« Es-tu prête à aimer au-delà des concepts, des conditionnements, des croyances, des interdits&lt;br /&gt;
et des tabous ? »&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Au travers de situations toujours concrètes, elle m’a demandé si j’étais prête à prendre la&lt;br /&gt;
douleur de l’autre par amour, à donner ma lumière à l’autre au prix de la perdre, à laisser aller&lt;br /&gt;
mon jugement sur l’autre par amour, à passer pour folle par amour, à ne pas sauver l’autre par&lt;br /&gt;
amour.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
J’ai fait par exemple, de multiples rêves sur le génocide du Rwanda. En alternance, j’étais&lt;br /&gt;
pendant toute une nuit, un bourreau Hutu qui charcutait mes victimes à la machette et j’étais&lt;br /&gt;
invitée à les aimer. La nuit suivante, j’étais la victime Tutsi et j’étais invitée à aimer mon&lt;br /&gt;
bourreau et à offrir mon corps sans condition. Cette initiation concentrée sur trente nuits&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
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&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
consécutives à me lever le matin, bouleversée et en sueur, invitait mon cœur à s’ouvrir à un&lt;br /&gt;
amour tout à fait incompréhensible mais graduellement possible.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
J’ai fait un autre « séminaire nocturne » dans les mois qui ont suivi. J’étais inscrite à un atelier&lt;br /&gt;
et nous étions invités à faire un exercice deux par deux. Il y avait de grands couteaux à côté de&lt;br /&gt;
chacune des chaises. Les deux membres de chacune des dyades étaient invités à tuer l’autre à&lt;br /&gt;
l’aide des couteaux, et ce, le plus rapidement possible. Je me suis dit que je n’en serais pas&lt;br /&gt;
capable. Alors je suis morte... Tout de suite après ma mort, je me suis retrouvée dans le même&lt;br /&gt;
atelier, intacte, et l’instructeur nous assura que nous resterions tant et aussi longtemps que&lt;br /&gt;
chacun des deux participants n’aurait pas réussi sa tâche. Je n’arrivais pas à me résoudre à tuer&lt;br /&gt;
l’autre et mon hésitation n’aboutissait qu’à blesser toujours davantage mon compagnon&lt;br /&gt;
d’exercice. Mon malaise était vraiment intense. Cette initiation prit fin après quelques nuits,&lt;br /&gt;
sans toutefois que je ne réussisse mon défi.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Alors que mon regard s’ouvrait à la perfection de toute chose, il m’était de plus en plus difficile&lt;br /&gt;
de travailler comme médecin. Je voyais tous les patients qui arrivaient à l’urgence comme&lt;br /&gt;
parfaits. Il est d’ailleurs arrivé à quelques reprises que ce regard de perfection coïncide avec&lt;br /&gt;
des guérisons spontanées.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Nous sommes partis travailler en famille une année et demie en Nouvelle-Zélande. J’y ai vécu&lt;br /&gt;
plusieurs mois en état de désidentification au corps et au moi. Une conscience unifiée au tout,&lt;br /&gt;
témoin de mouvements automatiques du corps comme se lever, manger, aller au supermarché,&lt;br /&gt;
aller travailler. Une conscience qui devenait l’océan et ses créatures, qui s’unifiait aux animaux,&lt;br /&gt;
aux objets et aux êtres humains, à leur histoire, leur passé et leur futur tous deux superposés au&lt;br /&gt;
moment, comme une boucle déjà écrite et complétée. Une évidence, à partir de ce point de vue&lt;br /&gt;
que « tout était déjà accompli » et que le libre-arbitre, tout comme l’idée du temps, d’un corps,&lt;br /&gt;
d’une identité étaient tout à fait illusoires.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
À l’été 2007, après avoir vécu cette désidentification profonde, la voix qui me semblait&lt;br /&gt;
maintenant mienne, donc plus intime et unifiée à « moi », a demandé que toutes ces expériences&lt;br /&gt;
me soient enlevés. Je souhaitais que ces dons puissent être offerts à d’autres à qui ils pourraient&lt;br /&gt;
servir de révélateurs du Divin. Cette demande provenait d’un espace tranquille qui n’avait plus&lt;br /&gt;
besoin de croire en plus grand ni d’expérimenter quoique ce soit d’extraordinaire pour « être ».&lt;br /&gt;
Je n’étais pas non plus à l’aise avec le fait qu’attirés par ces dons, des gens viennent à moi dans&lt;br /&gt;
un espace de dualité.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
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&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
 &lt;br /&gt;
Je me suis retrouvée 36 heures après cette prière, effondrée sur le canapé, un courant d’énergie&lt;br /&gt;
quittant mon corps pendant près de deux heures. Abasourdie, je me suis tranquillement relevée&lt;br /&gt;
et me suis retrouvée, « moi », toute simple, avec une grande joie au cœur d’être simplement là,&lt;br /&gt;
de rire et de pouvoir jouir de la profonde simplicité des choses de la Vie.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
En octobre 2007, la médecine m’a quittée. Le mouvement mental ayant accès à mes&lt;br /&gt;
connaissances a tout simplement cessé. Cet événement a été suivi du deuil d’un travail que&lt;br /&gt;
j’adorais. J’ai compris à ce moment, après une retraite avec Adyashanti qu’on m’avait proposé&lt;br /&gt;
de suivre, que j’avais vécu un Éveil de conscience. Je me rappelle avoir ressentie une certaine&lt;br /&gt;
perplexité devant la soif intense des participants à cette retraite à souhaiter un décapage aussi&lt;br /&gt;
incisif de l’identité…&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
La tranquillité s’est ensuite installée rapidement, accompagnée du Silence et de la Paix profonde&lt;br /&gt;
qui découlaient de l’Évidence que tout était possible et que rien n’était nécessaire pour Être.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Le Silence, réalité et refuge&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Une année plus tard, à un moment de ma vie où je ressentais à l’intérieur l’appel de la solitude&lt;br /&gt;
et de la vie d’ascète, la Vie s’est occupée de me sortir de mon Silence en m’invitant à donner&lt;br /&gt;
du satsang et des retraites, toujours étonnée face à l’évidence qu’il n’y avait rien à dire mais&lt;br /&gt;
que « ça parlait de toute façon ».&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
J’ai pris conscience par la suite qu’une partie de « moi » avait pris refuge dans ce Silence et&lt;br /&gt;
qu’il me fallait répondre à l’invitation naturelle, bien que bouleversante pour « moi », à&lt;br /&gt;
m’inclure dans cet Amour et être à l’écoute de mon âme ou comme j’aime à le dire à « écouter&lt;br /&gt;
la fleur pousser », même si cela a pu avoir des conséquences sur mon environnement immédiat,&lt;br /&gt;
en aboutissant notamment à l’éclatement de ma famille.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Avec le recul, je perçois aujourd’hui, que le processus de décapage de l’ego par lequel je suis&lt;br /&gt;
passée a été terriblement menaçant pour « la petite » à l’intérieur et que le support de Michaël1&lt;br /&gt;
qui enseignait la non-dualité depuis plusieurs années déjà, m’a été très précieux, je dirais même&lt;br /&gt;
essentiel, pour l’intégration de mon âme dans cette vaste Réalité inclusive de tout.&lt;br /&gt;
 &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
 &lt;br /&gt;
1 Michaël Szyper est l’auteur de Pétales d’Éveil et de Les étoiles écoutent toujours quand on leur parle&lt;br /&gt;
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 &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
De la survie du « moi » perçu séparé à la Vie que je suis :&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Une invitation vers la joie et la simplicité avec ou sans éveil !&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
De mon point de vue, qui n’est en réalité qu’un pointeur vers le grand Mystère, l’incarnation&lt;br /&gt;
d’une âme libre, parcelle individuelle de l’Être, dans un corps physique est créatrice d’une&lt;br /&gt;
expérience brute unique, celle de l’existence d’un « moi ». Cette création magique permet&lt;br /&gt;
l’expérimentation du jeu de la dualité à travers le vécu de ce « moi » qui se perçoit rapidement&lt;br /&gt;
comme séparé de la Vie qui l’habite et qui l’entoure.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Ce « moi » vit le plus souvent à partir d’une tension de survie issue de sa perception de&lt;br /&gt;
séparation. De cette tension de survie découle naturellement un besoin de sécurité. Un élan&lt;br /&gt;
grandissant vers la création d’un monde connu à travers l’attachement à une identité, à des&lt;br /&gt;
croyances, à des possessions apporte ainsi une forme de référence apaisante face à la vie et la&lt;br /&gt;
justification naturelle d’un désir de contrôle sur celle-ci.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Le besoin de sécurité du « moi » perçu séparé se manifeste également à travers la création de&lt;br /&gt;
ce que j’appelle les « gardiens de la séparation », une forme d’énergie instinctive viscérale&lt;br /&gt;
d’amour et de protection à l’origine de l’ego et du maintien ferme de la dualité. Toutes leurs&lt;br /&gt;
actions se basent sur le refus fondamental du moment tel qu’il est dans un contexte perçu de&lt;br /&gt;
l’ordre de la survie. Ils auront essentiellement pour tâche de maintenir à tout prix, cette structure&lt;br /&gt;
du connu et du contrôle.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Puisque l’âme est, à l’origine, libre du fait d’adhérer ou pas à cette protection du « moi », il est&lt;br /&gt;
possible, avec une intention sincère du cœur, de prendre conscience de la présence de ce&lt;br /&gt;
mécanisme séparateur, de reconnaître cette protection comme un mouvement d’amour vis-à-&lt;br /&gt;
vis du « moi » et aussi, de faire des pas au-delà des interdictions de cette énergie de fermeture&lt;br /&gt;
souvent inconsciente permettant ainsi une exploration authentique du Mystère de l’Être.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Selon le degré de liberté de l’âme face à cette énergie subtile de maintien de la séparation au&lt;br /&gt;
moment de la réalisation de notre Vraie Nature, l’éveil sera vécu plus ou moins librement en&lt;br /&gt;
fonction du pouvoir de cette contraction inconsciente sur le « moi ». Dans le contexte où, le&lt;br /&gt;
plus souvent, les gardiens de la séparation ne se détendent pas totalement lors de la réalisation,&lt;br /&gt;
l’ouverture pourra permettre la justification « non duelle » de jeux duels inconscients, lesquels&lt;br /&gt;
sont non intégratifs des valeurs fondamentales de l’Être soit la bienveillance, la clarté, la&lt;br /&gt;
compassion et l’authenticité dans la relation simple à soi et à l’autre.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
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organise des Live Satsang sur internet ainsi que des rencontres en présence sur Lyon ou Valence. &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
 &lt;br /&gt;
L’ouverture pourra par exemple être happée par l’ego en soif d’estime, elle pourrait également&lt;br /&gt;
planquer le « moi » dans l’ultime refuge de l’Être où il n’y a plus « personne ». Les gardiens de&lt;br /&gt;
la séparation pourront également refermer, plus ou moins rapidement, l’ouverture vécue,&lt;br /&gt;
mécanisme sous-jacent au phénomène fréquent de va-et-vient et d’émergence de terreur&lt;br /&gt;
viscérale sur le chemin de la spiritualité.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
De mon point de vue, le vrai cadeau de l’incarnation humaine, indépendamment de l’éveil, se&lt;br /&gt;
situe dans ce processus de clarté et de libération face à la tension de survie maintenue par les&lt;br /&gt;
gardiens du « moi séparé » permettant ainsi l’ouverture du cœur à la Réalité telle qu’elle est et&lt;br /&gt;
à la douce écoute de la fleur de l’âme en émergence de sa fragrance divine propre. Il constitue&lt;br /&gt;
un voyage inévitable vers la simplicité et la joie, vers cet espace du cœur, antérieur aux défenses&lt;br /&gt;
de l’identité, qui se manifeste par une douce tranquillité découlant de l’évidence qu’à partir de&lt;br /&gt;
la Conscience, tout est possible et rien n’est nécessaire.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Accompagnement sur le chemin de l’ouverture à la Vie&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Le chemin de l’ouverture à la Vie peut être doux et inclusif du vécu du « moi ». Si l’après-&lt;br /&gt;
éveil est souffrant, qu’il crée un décalage important avec sa vie ou bien qu’il mette à jour des&lt;br /&gt;
facettes du « moi » qui maintiennent la complexité, l’accompagnement peut vraiment aider à&lt;br /&gt;
voir avec amour, clarté et compassion, les enjeux inconscients du « moi » et à permettre&lt;br /&gt;
l’intégration des besoins personnels de l’humain au cœur de la simplicité bien vivante du&lt;br /&gt;
moment.&lt;br /&gt;
 &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
 &lt;br /&gt;
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organise des Live Satsang sur internet ainsi que des rencontres en présence sur Lyon ou Valence.&lt;br /&gt;
 &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
 &lt;br /&gt;
Della&lt;br /&gt;
Questions-réponses&lt;br /&gt;
 &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
 &lt;br /&gt;
L'EVEIL :&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Qu'est-ce que l'éveil ?&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Della : L’Éveil spirituel est la réalisation profonde et définitive que la Vie est fondamentalement&lt;br /&gt;
Une, avant tout discrimination, et qu’elle se manifeste toujours en tant que la Réalité telle&lt;br /&gt;
qu’elle est, ici et maintenant.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
L‘Éveil spirituel produit un changement radical de la gravité de l’attention. De l’attraction à&lt;br /&gt;
l’idée du moi et à son histoire dans le temps, elle passe à la gravité verticale de maintenant,&lt;br /&gt;
profond Mystère, espace infini et silencieux, où rien ne manque pour Être. Ce changement de&lt;br /&gt;
gravité implique un abandon irrévocable du cœur à la Réalité telle qu’elle est. Elle constitue un&lt;br /&gt;
basculement définitif de l’identité séparée du moi vers l’évidence de l’Un, Conscience&lt;br /&gt;
universelle, au centre de ce que « je suis », qui est beaucoup plus intime à soi que toutes les&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
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organise des Live Satsang sur internet ainsi que des rencontres en présence sur Lyon ou Valence.&lt;br /&gt;
 &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
histoires que le mental raconte afin de maintenir une séparation avec cette douce Unité, vivante&lt;br /&gt;
au-delà du rêve imaginé des idées.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Ce basculement qui paraît drastique n’est en fait, qu’un changement de perception puisque la&lt;br /&gt;
Réalité, elle, ne change pas. La Vie continue, elle suit son cours. Elle devient toutefois vécue à&lt;br /&gt;
partir du cœur de la Vie, silencieux et ouvert. Cet espace du cœur, lorsqu’incarné, se manifeste&lt;br /&gt;
par une douce tranquillité découlant de l’évidence qu’à partir de la Conscience, tout est possible&lt;br /&gt;
et rien n’est nécessaire.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Existe-t-il différents degrés d'éveil ?&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Della : De mon point de vue, il ne peut y avoir de degré d’éveil. Il y a le changement de&lt;br /&gt;
perspective définitif ou pas. Selon le degré de « décapage » de l’identité et le degré d’intégration&lt;br /&gt;
de cette ouverture, l’éveil peut être vécu et perçu très différemment d’une personne à l’autre.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Avec quoi ne faut-il pas confondre l'éveil ?&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Della : L’éveil n’est ni une expérience d’ouverture, ni une compréhension claire de ce que c’est.&lt;br /&gt;
C’est plutôt une transformation permanente radicale du regard qui passe de l’identité séparée à&lt;br /&gt;
la conscience unique d’Être.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Ressens-tu une résonnance avec une tradition spirituelle ou un enseignant en particulier ?&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Della : Avant mon basculement, je n’avais aucun intérêt pour la spiritualité. Pendant la&lt;br /&gt;
transformation, le livre de Anthony de Mello « Quand la conscience s’éveille » m’a bien&lt;br /&gt;
réconfortée et les enseignements d’Adyashanti m’ont apporté de la douceur dans le processus.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Depuis la fin de la lutte et jusqu’à ce jour, je sens que tous les textes que je pourrais tenter de&lt;br /&gt;
lire ou les vidéos que je pourrais voir ne peuvent que limiter l’extraordinaire simplicité de&lt;br /&gt;
l’Infini Maintenant.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Pourquoi as-tu accepté de témoigner et dans quel état d'esprit recommandes-tu d'aborder la&lt;br /&gt;
lecture de ce témoignage ?&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Della : J’ai accepté de témoigner par amour et compassion pour les chercheurs de vérité.&lt;br /&gt;
Chaque âme sait, par simple résonnance, quel enseignement saura détendre la tension d’exister&lt;br /&gt;
en tant qu’identité séparée. Le mouvement est parfois long, même ardu mais toujours naturel.&lt;br /&gt;
Ma couleur a le potentiel, comme celles des autres d’ailleurs, de résonner simplement avec celle&lt;br /&gt;
de certains lecteurs.&lt;br /&gt;
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organise des Live Satsang sur internet ainsi que des rencontres en présence sur Lyon ou Valence. &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Je propose d’aborder cette lecture, autant que possible, à partir d’un cœur ouvert à l’Infini !&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
LA VOIE SPIRITUELLE :&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Question du blog Eveil Impersonnel : comment trouver le moyen d'amener chacun à un aperçu&lt;br /&gt;
authentique de sa véritable nature ?&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Della : Le cadeau d’un aperçu authentique de sa véritable nature provient de l’Intime en chacun&lt;br /&gt;
en soif de Réalité. Il peut subvenir spontanément ou dans un contexte propice à la détente de&lt;br /&gt;
l’identité comme celui de la présence d’un être éveillé faisant simplement miroir de cette Réalité&lt;br /&gt;
ou bien offrant un environnement suffisamment aimant et clair pour permettre aux gardiens de&lt;br /&gt;
la séparation, protections conditionnées du moi séparé, de se détendre au cœur du Mystère&lt;br /&gt;
d’Être. Ces défenses d’amour, que j’aborderai plus loin dans ce texte, sont à la fois bienvenues&lt;br /&gt;
et non nécessaires pour Être.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Est-il opportun d'entreprendre une sadhana facilitant la purification du mental, des émotions,&lt;br /&gt;
du corps et de se faire accompagner sur la voie ?&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Della : L’intention du cœur connaît le chemin particulier, propre à chacun. Si son chemin doit&lt;br /&gt;
passer à travers une sadhana, alors l’élan de le faire sera tout simplement plus grand que la&lt;br /&gt;
résistance à y aller. De mon point de vue, la voie la plus directe vers « la grande détente » est&lt;br /&gt;
de regarder, dans le moment, ce qui est ressenti juste dans son cœur, indépendamment de&lt;br /&gt;
l’analyse mentale, et de réaliser qu’à travers chaque pas, un apprentissage organique d’âme se&lt;br /&gt;
fait inévitablement. On ne peut se tromper.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Est-ce que le titre du livre &amp;quot;Après l'extase, la lessive&amp;quot; est évocateur pour toi ?&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Della : Bien sûr. L’extase a été pour moi, l’occasion d’ouvrir à un Infini que je ne pouvais&lt;br /&gt;
imaginer. Une fois la réalisation que Tout était l’Infini, l’attraction à ces expériences mystiques&lt;br /&gt;
est complètement tombée. J’ai recommencé à couper mes légumes et faire de très bonnes&lt;br /&gt;
soupes pour ma famille !&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Qu'est-ce que l'ego spirituel et comment peut-t ‘il se développer ?&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Della : L’ego spirituel aura tendance à s’installer s’il est plus important dans le moment pour&lt;br /&gt;
l’identité séparée de profiter d’un gain personnel lié au cheminement spirituel, comme celui de&lt;br /&gt;
la reconnaissance, de l’amour, du pouvoir ou du savoir en opposition à l’élan de l’âme de s’en&lt;br /&gt;
dépouiller. Toutefois, si l’élan vers l’Être est authentique, une vigilance s’installera au fil du&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
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&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
temps et saura infiltrer un malaise ou une clarté face à ces jeux égotiques qui n’étanchent jamais&lt;br /&gt;
vraiment la soif de Réalité.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Quels sont les pièges inhérents au cheminement spirituel et comment ne pas tomber dedans ?&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Della : Les pièges inhérents au cheminement spirituel sont issus d’une énergie vive de&lt;br /&gt;
protection issue de l’identité séparée et de ses enjeux de survie.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Les trois pièges principaux qui apparaissent à ma conscience à la lecture de la question sont les&lt;br /&gt;
suivants :&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Le premier réside en la création et en l’attachement à un nouveau monde connu. En effet,&lt;br /&gt;
comme le moi séparé ressent un grand besoin de sécurité à travers la référence à un monde&lt;br /&gt;
connu, le cheminement spirituel, riche en points de vue plus ouverts et originaux, peut&lt;br /&gt;
facilement amener le moi séparé à se créer un nouveau monde connu, plus « spirituel ». Cette&lt;br /&gt;
nouvelle création mentale peut amener une fermeture du cœur au Mystère à travers&lt;br /&gt;
l’attachement à de nouveaux dogmes et de nouvelles structures rigides. Ce nouveau monde&lt;br /&gt;
connu se construit le plus souvent sur une interprétation mentale de plus en plus fine de ce&lt;br /&gt;
qu’est la Réalité basée sur des enseignements qui résonnent vrais ou à travers des expériences&lt;br /&gt;
mystiques sur le chemin qui ne sont que des ouvertures passagères et limitées émergeant de&lt;br /&gt;
l’espace beaucoup plus simple, mystérieux et inclusif de l’Être.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Un second piège important face à l’invitation à la grande détente de « maintenant » se situe&lt;br /&gt;
dans l’attente d’un basculement. Ce piège est vraiment fin puisqu’à la fois logique et vrai.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Il est important de saisir que le basculement n’est qu’un produit dérivé de l’abandon&lt;br /&gt;
inconditionnel du cœur à la Réalité telle qu’elle est. Et cette réalité du moment peut tout à fait&lt;br /&gt;
avoir la saveur de l’absence de basculement.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
La Vie a beaucoup d’humour ! Son Amour se manifeste à travers une grande intransigeance&lt;br /&gt;
quant à l’inconditionnalité du désir nécessaire à sa découverte. La négociation du moi qui&lt;br /&gt;
aimerait s’abandonner que lorsque le ressenti d’un basculement serait présent, n’a tout&lt;br /&gt;
simplement pas sa place. La question à se poser serait alors la suivante : « Suis-je plus attaché&lt;br /&gt;
à l’idée d’un basculement qu’à la grande capitulation devant l’instant tel qu’il est au prix de&lt;br /&gt;
l’absence de basculement ? ».&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Un autre piège qu’il est important de voir est celui de la position à laquelle on adhère face à un&lt;br /&gt;
enseignant. L’invitation sera de trouver un équilibre entre la souveraineté de son âme sans&lt;br /&gt;
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&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
tomber dans l’arrogance de l’ego, et l’humilité de voir avec simplicité au-delà des mécanismes&lt;br /&gt;
égotiques de supériorité et d’infériorité qui se jouent souvent en relation.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Certains témoignent d'une sensibilité accrue, est-ce ton cas ? Comment vivre cette sensibilité ?&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Della : Avec l’ouverture à la Réalité, s’est ouverte chez moi une sensibilité accrue, comme si&lt;br /&gt;
un filtre de protection était simplement tombé et me permettait de sentir la Vie plus directement&lt;br /&gt;
à partir d’un espace non protégé. Il est devenu naturel de manifester simplement cette sensibilité&lt;br /&gt;
avec authenticité si elle est là et de m’offrir la douceur d’un environnement tranquille.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Quelle est la différence entre une expérience mystique et la vision qu'il n'y a pas de moi séparé?&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Della : Une expérience et une vision d’absence de moi séparé m’apparaissent toutes deux, des&lt;br /&gt;
contenus émergeant du contenant de la Conscience. Ce sont de simples cadeaux sur le chemin.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Comment intégrer une expérience mystique sur la voie ?&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Della : Sur le chemin, la Vie nous offre des cadeaux importants. Ils apparaissent dans la forme&lt;br /&gt;
comme des expériences mystiques, profondes, silencieuses où la tension d’exister en tant&lt;br /&gt;
qu’identité séparée se détend pour un temps.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Contrairement à ce que le « petit moi » pourrait croire, le réel cadeau offert à travers ces&lt;br /&gt;
expériences, ne se trouve pas dans leur contenu bien doux mais toujours passager ; il se situe&lt;br /&gt;
plutôt dans la reconnaissance de plus en plus claire d’une Réalité plus vaste et dans la possibilité&lt;br /&gt;
de développer une confiance suffisamment importante en la Vie pour permettre au moi perçu&lt;br /&gt;
séparé de se détendre enfin dans le Silence qui le porte.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
LA VISION QU'IL N'Y A PAS DE MOI SEPARE :&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
•	Voir qu'il n'y a pas de moi séparé :&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Pause ! Maintenant, tout de suite, y a-t-il un geste simple à effectuer pour voir qu'il n'y a pas de&lt;br /&gt;
moi séparé ?&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Della : Ma philosophie est celle qui pointe vers la douceur et le non effort. De mon point de&lt;br /&gt;
vue, « les grandes vacances » se trouvent dans la prise de risque d’imaginer qu’il n’existe aucun&lt;br /&gt;
geste simple à effectuer pour Être. Avec ou sans identification à un moi, libre ou séparé, la Vie&lt;br /&gt;
se vit à travers tout ce qui est, ici et maintenant. L’invitation sera celle d’inclure l’expérience&lt;br /&gt;
quelle qu’elle soit, avec ou sans résistance puisqu’elle est simplement là.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
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&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Quelle est la différence entre comprendre qu'il n'y a pas de moi séparé et le voir clairement ?&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Della : La compréhension provient d’une analyse mentale conceptuelle issue d’un esprit déjà&lt;br /&gt;
ouvert à regarder au-delà du cadre habituel de pensée. C’est beau. Elle a toutefois sa limite au&lt;br /&gt;
niveau de la saveur de la vie.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Seul le cœur ouvert, espace dépouillé des défenses de l’identité séparée, possède cette immense&lt;br /&gt;
capacité à voir la Réalité au-delà des croyances et des efforts de réduire le moment présent, et&lt;br /&gt;
à « devenir l’évidence » qu’il n’existe aucune séparation à moins d’y adhérer. L’invitation vers&lt;br /&gt;
cette ouverture passera par l’humilité de laisser tomber notre structure du « connu », de s’offrir&lt;br /&gt;
l’espace d’Amour et de Présence pouvant accueillir les peurs et les émotions liées à un tel risque&lt;br /&gt;
et de se laisser enfin toucher par l’Infini sans forme et sans mot du moment.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Pourquoi peut-il y avoir vision sans réalisation définitive ?&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Della : Notre nature fondamentale est libre. Notre âme peut avoir l’élan de tendre à sa&lt;br /&gt;
découverte. Lorsque cet élan est vivant en soi, il pourra y avoir des moments d’ouverture où le&lt;br /&gt;
poids de l’identité disparait pour faire place à une réalité plus profonde dans l’instant. Toutefois,&lt;br /&gt;
cet élan vers notre vraie nature est le plus souvent contrebalancé par l’instinct de survie de&lt;br /&gt;
l’identité séparée qui n’a aucune intention de s’abandonner au Mystère.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Au moment où c'est vu, par quels moyens l'ego peut-il recouvrir la vision ?&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Della : (Extrait de mon livre « Le cœur ouvert à l’infini », aux éditions Accarias-L’Originel,&lt;br /&gt;
Paris, 2016.)&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Afin de bien saisir l’origine de la résistance viscérale à la Liberté d’Être, il est important&lt;br /&gt;
d’introduire ici la notion de gardiens de l’identité séparée, une forme d’intelligence vive qui&lt;br /&gt;
réagit de façon instinctive à toute menace issue de la perception de séparation du « moi ».&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Fort de l’intuition que son identité séparée est précaire, le moise revêtit d’abord du plus féroce&lt;br /&gt;
des gardiens. Cette défense fondamentale, ou gardien originel du moi a pour objectif de&lt;br /&gt;
maintenir l’intégrité du moi en tant qu’entité séparée. Son action subtile est immédiate à chaque&lt;br /&gt;
instant et elle a pour but de maintenir la superposition de la trame du moisur l’instant toujours&lt;br /&gt;
spontané, frais et non protégé. Le maintien de ce long métrage projeté fait en sorte que la&lt;br /&gt;
question fondamentale du « qui suis-je? » soit n’est pas vraiment posée faute d’intérêt, soit est&lt;br /&gt;
abordée à partir de la trame du « moi », ce qui empêche qu’elle soit répondue à partir de l’espace&lt;br /&gt;
mystérieux de la Conscience antérieur au moi. L’existence de ce gardien originel, le plus&lt;br /&gt;
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&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
souvent dissimulée, devient évidente seulement lorsque l’intégrité du est perçue viscéralement&lt;br /&gt;
menacée. Il pourra alors se manifester sous forme d’énergie de terreur ou de fermeture radicale&lt;br /&gt;
exhortant le moi à ne pas dépasser la limite de lui-même.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
En contrepartie, le gardien originel constitue aussi, à chaque instant, le seul bouclier entre&lt;br /&gt;
l’existence séparée du moi et la Vie. Sans l’ascendant de ce gardien principal dont le rôle est&lt;br /&gt;
au départ aimant et protecteur, le « petit » devient disponible au risque ultime de s’abandonner&lt;br /&gt;
et de se fondre au mystère de l’Être.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Mis à part ce gardien primaire, rempart de l’abandon définitif du moi devant la Vie, on retrouve&lt;br /&gt;
une multitude d’autres gardiens que j’appellerai ici « les gardiens du connu ». Ceux-ci se&lt;br /&gt;
donnent pour mission de préserver le « connu », structure essentielle au maintien de l’identité&lt;br /&gt;
séparée. Cette structure du connu permet d’abord de réduire le moment qui, par essence, est un&lt;br /&gt;
profond Mystère, en un moment connu et sécurisé. Elle permet également de définir, de préciser&lt;br /&gt;
et de maintenir, de manière à la fois conceptuelle et concrète, l’identité séparée du moi. Elle&lt;br /&gt;
permet ainsi au moi de se percevoir en tant que moi connu et d’être également reconnu en tant&lt;br /&gt;
que tel vis-à-vis de l’extérieur.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
« Aussi difficile que cela puisse être de l’imaginer, toute pensée qui a pour but de&lt;br /&gt;
maintenir une histoire sur soi est un gardien. »&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Les gardiens du connu, lorsqu’en avant-plan dans le moment, colorent les réactions et les&lt;br /&gt;
mouvements de pensée et d’identification créant ainsi une réalité modifiée, limitée et&lt;br /&gt;
conditionnée comme une goutte d’encre peut colorer tout un verre d’eau. Leur action porte la&lt;br /&gt;
couleur d’une résistance spontanée devant tout élan du cœur à élargir son champ d’existence et&lt;br /&gt;
d’expérimentation au-delà des conventions, des croyances, des attachements et même de&lt;br /&gt;
l’identité séparée.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Ils possèdent une aire de jeu vaste au sein des paramètres du moi relié aux sensations brutes, du&lt;br /&gt;
« je » découlant du monde de la pensée et de l’ego, constitué de tous les personnages feints&lt;br /&gt;
ajoutés dans le but d’obtenir un gain à travers l’idée de séparation. On peut reconnaître l’action&lt;br /&gt;
des gardiens au niveau du moi par la présence d’une opposition face à une sensation ou à une&lt;br /&gt;
émotion douloureuse. Leur action, sur le plan du « je », se manifeste principalement par leur&lt;br /&gt;
tendance à refuser la réalité simple de l’instant en adhérant tout de suite à l’idée que « ça devrait&lt;br /&gt;
être autrement », en insérant le jugement dans les pensées et en maintenant une structure de&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
98	Retour vers le sommaire&lt;br /&gt;
Ce document est un livre électronique gratuit et participatif édité par l’association Espace de l’Etre qui&lt;br /&gt;
organise des Live Satsang sur internet ainsi que des rencontres en présence sur Lyon ou Valence. &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
croyances relativement rigide et solide. Au niveau de l’ego, on les reconnaît par leur férocité à&lt;br /&gt;
protéger une image particulière et ses enjeux ou à leur refus de la dévoiler avec simplicité.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Comme l’éveil est issu de la libération définitive de l’attachement à la structure du moi séparé,&lt;br /&gt;
il est intéressant de réaliser que les gardiens de la séparation constituent en quelque sorte le&lt;br /&gt;
principal élastique maintenant cette structure du moi séparé. Ils sont entre autres, responsables&lt;br /&gt;
des mouvements de « va-et-vient » qui ont pour but protecteur de revenir à la case du moi&lt;br /&gt;
séparé.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
En présence de l’ascendant non questionné de ces gardiens, le « moi », le « je » et l’ego se&lt;br /&gt;
soumettent par automatisme à leurs exigences. Ils deviennent alors prisonniers d’une limitation&lt;br /&gt;
encore plus importante de leur mouvement basée sur la rigidité du connu.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Quoique bienveillant, l’objectif des gardiens qui est celui de la survie de l’identité séparée dans&lt;br /&gt;
les meilleures conditions de sécurité, est malheureusement agi au prix de la simplicité, de la&lt;br /&gt;
profonde détente et du ressenti d’amour de la Liberté d’Être de l’instant. En présence d’un élan&lt;br /&gt;
authentique de se libérer de leur emprise et de se permettre de goûter à la Liberté d’Être,&lt;br /&gt;
l’invitation sera de leur ouvrir son cœur comme un parent affable auprès de son enfant apeuré;&lt;br /&gt;
de les voir et de les comprendre avec compassion tout en restant dans la souveraineté d’Être.&lt;br /&gt;
Lorsque les gardiens se sentent aimés de la Présence de laquelle ils sont issus, ils peuvent&lt;br /&gt;
doucement sentir qu’il n’y a rien à défendre. Le besoin de protéger l’identité séparée tombe et&lt;br /&gt;
l’ouverture à la Vie devient alors disponible.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Comment gérer l'émergence de la peur du vide, de la dissolution, de la mort ?&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Della : La peur du vide, de la dissolution et de la mort est une stratégie terriblement efficace&lt;br /&gt;
des gardiens de la séparation qui a pour but l’interdiction viscérale de traverser l’illusion de&lt;br /&gt;
l’identité perçue séparée.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
A partir du cœur, il est toutefois possible de sourire avec compassion à ces gardiens fidèles et&lt;br /&gt;
aimants, d’honorer leur élan de protection mais aussi de garder sa souveraineté d’âme nous&lt;br /&gt;
permettant de ne pas se perdre dans leur jeu.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
A partir du cœur, il est possible aussi de s’ouvrir à la peur brute du moment et de découvrir la&lt;br /&gt;
réalité bien concrète que rien ne meure et que tout est complètement bienvenu, incluant ce&lt;br /&gt;
« petit moi » dans ce grand Mystère d’Être.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
99	Retour vers le sommaire&lt;br /&gt;
Ce document est un livre électronique gratuit et participatif édité par l’association Espace de l’Etre qui&lt;br /&gt;
organise des Live Satsang sur internet ainsi que des rencontres en présence sur Lyon ou Valence. &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
 &lt;br /&gt;
•	Intégrer le processus de ballottement :&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
A ce stade, est-ce que travailler sur ses pensées, ses émotions, son corps a-t-il encore un sens ?&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Della : Le travail d’identification et d’inclusion des gardiens du « connu », première ligne de&lt;br /&gt;
défense du moi au quotidien puis la reprise de la souveraineté de l’âme sur ceux-ci, a d’abord,&lt;br /&gt;
un effet apaisant direct, très concret dans la vie de tous les jours. Il apporte une douceur et une&lt;br /&gt;
clarté à partir du regard du cœur sur le vécu qui, tranquillement, se soulage de la dualité du&lt;br /&gt;
jugement. Les gardiens graduellement vus et aimés pour leur intention aimante par la Présence&lt;br /&gt;
qui m’habite, se sentent moins investis de la nécessité de protéger le connu. Devant cet espace&lt;br /&gt;
maintenant plus libre d’exploration, il devient alors possible de rencontrer, avec liberté,&lt;br /&gt;
discernement et ouverture, le gardien originel de la séparation au-delà de ses stratégies de&lt;br /&gt;
dernier recours.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Quelle importance accorder aux manifestations énergétiques pouvant apparaître telles que les&lt;br /&gt;
montées de kundalini ?&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Della : Les manifestations énergétiques sont des cadeaux permettant de réaliser qu’il y a plus&lt;br /&gt;
grand que ce qui est normalement perçu par les sens. Elles peuvent toutefois devenir des pièges&lt;br /&gt;
tout à fait exquis au moi en soif de fixité ou à l’ego en soif de gain. Aujourd’hui, ce type de&lt;br /&gt;
manifestations n’attirent plus mon attention ni mon intérêt.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Comment se comporter vis-à-vis des tendances mentales latentes et émotions qui surgissent&lt;br /&gt;
correspondant à une mise en lumière des parts d'ombre ?&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Della : L’invitation qui m’a été donnée sur le chemin spirituel se trouve dans l’ouverture à son&lt;br /&gt;
rythme à voir la réalité avec clarté, au-delà des habitudes, des conditionnements et des&lt;br /&gt;
protections des gardiens de la séparation. L’ouverture à voir ses parts d’ombre est un défi de&lt;br /&gt;
taille pour l’humain en quête d’amour et d’approbation intérieure et extérieure. Elles appellent&lt;br /&gt;
à être reconnues comme la manifestation à leur origine, d’élans de protection issus de l’idée de&lt;br /&gt;
séparation. Elles sont invitées à être incluses avec simplicité en tant qu’émergence de la Vie&lt;br /&gt;
telle qu’elle est. Elles invitent à ouvrir son cœur de compassion à la faillibilité de la nature&lt;br /&gt;
humaine issue de cette même séparation. Tout est bienvenu.&lt;/div&gt;</summary>
		<author><name>78.224.74.40</name></author>
		
	</entry>
	<entry>
		<id>https://wiki-conscience.terretciel.com/index.php?title=JOURNAL,_BROUILLON,_ETC&amp;diff=213</id>
		<title>JOURNAL, BROUILLON, ETC</title>
		<link rel="alternate" type="text/html" href="https://wiki-conscience.terretciel.com/index.php?title=JOURNAL,_BROUILLON,_ETC&amp;diff=213"/>
		<updated>2021-05-04T15:09:27Z</updated>

		<summary type="html">&lt;p&gt;78.224.74.40 : &lt;/p&gt;
&lt;hr /&gt;
&lt;div&gt;-04 mai 2021 : hier j ai reçu un sms de Philippe ,et j'ai réagi &amp;quot; dans le conseil &amp;quot; enfin dans tout cet ordre là ...j'aurais du m'abstenir ...car des CHAINES D ACTION REACTION emotives et autres y ont été attachées, ont suivies, etc etc ---et j ai recommencé le lendemain ,j e me suis senti MAL , atteint , touché, etc etc ...ET pas en PAIX et ENERGIE  pour pouvoir ECRIRE VOIRE RECEVOIR UN PATIENT EN ECOUTE OU PLEIN DE CHOSES ! ! ! &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
-&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
-autre jour : Je suis parti de la &amp;quot;pensée-mot&amp;quot; PERCEPTION et ce qui me viens c'est ...&lt;br /&gt;
qu'est ce que je veux transmettre,  &amp;quot; COMMUNIQUER  &amp;quot;, qu'est ce qui est ESSENTIEL ...,&lt;br /&gt;
ce qui est essentiel , c'est &lt;br /&gt;
-MOI en tant que CONSCIENCE UNIVERSELLE , joie etc déjà réalisé et en réalisation ...&lt;br /&gt;
-DIEU&lt;br /&gt;
-LES AUTRES LA VIE L UNIVERS OU LA RELATION LE DEVENIR LAISSER ETRE ETC&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
A QUOI J ASPIRE SINON ME REALISER COMPLETEMENT &amp;quot;TERRE ET CIEL &amp;quot;? TERRE-HOMME HUMAIN HUMANITE EMOTION SENTIMENT&lt;/div&gt;</summary>
		<author><name>78.224.74.40</name></author>
		
	</entry>
	<entry>
		<id>https://wiki-conscience.terretciel.com/index.php?title=NOETIQUE-_TANTRA_CHRETIEN&amp;diff=212</id>
		<title>NOETIQUE- TANTRA CHRETIEN</title>
		<link rel="alternate" type="text/html" href="https://wiki-conscience.terretciel.com/index.php?title=NOETIQUE-_TANTRA_CHRETIEN&amp;diff=212"/>
		<updated>2021-05-04T14:54:24Z</updated>

		<summary type="html">&lt;p&gt;78.224.74.40 : Page créée avec « - Le Soi est Conscience parce que Dieu est Amour Table des matières Avant-propos 1.	Un pèlerinage  1.	Les départs 2.	La Parole 3.	Introduction au tantra 4.	La communaut... »&lt;/p&gt;
&lt;hr /&gt;
&lt;div&gt;- Le Soi est Conscience parce que Dieu est Amour&lt;br /&gt;
Table des matières&lt;br /&gt;
Avant-propos&lt;br /&gt;
1.	Un pèlerinage &lt;br /&gt;
1.	Les départs&lt;br /&gt;
2.	La Parole&lt;br /&gt;
3.	Introduction au tantra&lt;br /&gt;
4.	La communauté interreligieuse&lt;br /&gt;
5.	La demeure&lt;br /&gt;
2.	Le Shivaïsme du Cachemire &lt;br /&gt;
1.	Les voies vers l’Absolu&lt;br /&gt;
2.	La Parole et les paroles&lt;br /&gt;
3.	Initiation&lt;br /&gt;
4.	L’union sexuelle&lt;br /&gt;
5.	L’absorption dans le Soi&lt;br /&gt;
3.	La double appartenance &lt;br /&gt;
1.	L’éloignement&lt;br /&gt;
2.	Jésus le Śiva&lt;br /&gt;
3.	L’initiation au tantra&lt;br /&gt;
4.	La rencontre interreligieuse&lt;br /&gt;
5.	L’arrivée au Cœur&lt;br /&gt;
4.	Un tantra chrétien &lt;br /&gt;
1.	L’exode&lt;br /&gt;
2.	Le Verbe fait chair&lt;br /&gt;
3.	L’initiation au tantra chrétien&lt;br /&gt;
4.	Le mariage mystique&lt;br /&gt;
5.	L’accès à l’Amour&lt;br /&gt;
Epilogue&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Avant-propos&lt;br /&gt;
 ‘Un tantra’, mais lequel ? En effet le mot ‘tantra’ ne signifie en Sanskrit que ‘texte’ ou ‘tradition’, et il y a d’innombrables traditions tantriques, – hindoues, bouddhistes etc. De fait un grand thème de ce livre est le discernement entre les différents tantras. J’ai finalement choisi le Shivaïsme du Ca-chemire, qui après huit siècles d’oubli est reconnu maintenant comme une des grandes écoles de l’Inde. Et de tous les tantras qu’il étudie dans son œuvre encyclopédique, Lumière sur les Tantras, Abhinavagupta, le plus grand témoin de cette école, aurait préféré, semble-t-il, la tradition ‘Kula’ qui est le plus extrême des tantras.&lt;br /&gt;
 &lt;br /&gt;
Faut-il choisir  entre le tantra ou la révélation chrétienne ? Est-il possible d’admettre les deux ?&lt;br /&gt;
Il est impossible d’aborder dans un seul livre tous les aspects du tantra du Cachemire, dont je présente un survol bref dans le deuxième chapitre, ni tous les thèmes du mystère chrétien. &lt;br /&gt;
Il faudra plusieurs générations et même plusieurs siècles pour que toutes les richesses de ces tradi-tions influent les unes sur les autres. Rappelons-nous que la rencontre entre le monde grecque et le christianisme pendant la période patristique et ensuite au Moyen Age fut millénaire. &lt;br /&gt;
‘Un tantra chrétien’ ? De quelle façon l’Evangile peut-il avoir besoin d’une autre tradition ? Ne se-rait-ce nier le Christ qui est le seul Sauveur ? Qu’avons-nous à apprendre ? N’est-ce pas aux autres d’écouter la bonne nouvelle de l’Evangile ? La proclamation ne signifie-t-elle pas le devoir de dire et non pas celui d’écouter ? Pourquoi nous troubler l’esprit avec le tantra ? Il faut soit le mitiger soit le rejeter! Voilà les réactions de certains. &lt;br /&gt;
Cependant l’Eglise est l’immense arbre qui reçoit en ses branches tous les oiseux du ciel.[3] Elle est capable de les recevoir car ses racines sont bien ancrées sur le rocher qu’est le Christ.&lt;br /&gt;
Le ‘tantra chrétien’, élaboré de façon préliminaire dans le dernier chapitre, &lt;br /&gt;
est présenté au jugement du lecteur. Il me semble juste, mais les plus avisés feront un service en sou-levant les côtés faibles de l’argument. De nombreuses questions théologiques ne sont pas abordées ; maints thèmes du Shivaïsme du Cachemire son laissés de côté.&lt;br /&gt;
Il est légitime et même attendu, selon la tradition indienne, qu’on développe, à la base de sa propre expérience, un point de vue qui relie des traditions même très différentes. Il est tout à fait normal de présenter une spiritualité à la fois tantrique et évangélique.&lt;br /&gt;
Ce volume est dédié à Prof. Dr. Dr. Bettina Bäumer, catholique et tantrique initiée dans le Shi-vaïsme du Cachemire par Laxman Joo, aux pieds de qui Lilian Silburn, André Padoux, Alexis San-derson et Mark Dyszkowski – pour ne mentionner que quelques-uns des occidentaux experts en Shivaïsme du Cachemire les mieux connus – sont venus s’asseoir et apprendre. Ce volume est offert à Bettina en reconnaissance du rôle important qu’elle a joué en mon pèlerinage.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Chapitre 1&lt;br /&gt;
Un pèlerinage&lt;br /&gt;
1.A      Les départs&lt;br /&gt;
Tout semblait clair et calme quand, le 1 février 1959, je m’approchais de la porte du noviciat jésuite à Melbourne, alors que quelques jours auparavant, le 25 janvier, le Pape Jean XXIII, en la basilique de Saint-Paul-hors-les-Murs, avait annoncé sa décision de convoquer le Deuxième Concile du Vati-can. Il était impossible de deviner à quel point tout allait changer. Jean XXIII ouvrait les portes de l’Eglise à la bourrasque de l’Esprit. C’était une nouvelle Pentecôte.&lt;br /&gt;
Je m’approchais de la porte pour commencer la grande aventure de l’esprit que j’avais choisie à l’âge de quinze ans. Lors de la retraite donnée par le R.P. Gleeson sj dans la belle chapelle de Xavier Col-lege, je me suis décidé, courbé sur un banc, d’entrer chez les Jésuites et de me soumettre à la volonté divine, prêt, je me disais, de partir même dans l’Amérique du Sud, c’est-à-dire dans l’inconnu.&lt;br /&gt;
A vrai dire, l’aventure avait commencé à l’âge de sept ans, juste avant la première communion. Fr. Daniel O’Connor était venu à Mandeville Hall, école privée dirigée par les Sœurs du « Institute of the Blessed Virgin Mary », se faire connaître avant de nous donner le Pain de la Vie. Le désir a jailli en moi alors de trouver l’Absolu ; de m’approcher et de m’identifier à Celui Qui Est, désir survenu comme un coup de foudre. C’était mon premier acte conscient. Les autres expériences et toute la variété de l’enfance m’étaient connues, mais cette fois cet acte m’impliquait totalement. Je trouvais le sens de mon existence, l’unique nécessaire, l’inébranlable. A mon insu, cette expérience de la conscience jetait la base fondamentale du tantra.&lt;br /&gt;
Mon père, René, avait l’esprit religieux. Une nuit, quelques jours après ma naissance il entendit un bruit. S’éveillant et s’approchant du berceau il m’a trouvé ‘bleu’. Craignant que son enfant ne soit mort ou mourant, il a pris le verre d’eau sur le tabouret près de ma mère et m’a baptisé. Plus tard il se plaisait à demander si c’était l’eau fraîche ou la venue de l’Esprit qui avait rendu la vie au nouveau-né.&lt;br /&gt;
Mon père avait été envoyé à Melbourne comme acheteur de laine pour la Maison Masurel de Rou-baix. Venu aux antipodes à l’âge de vingt-trois ans il n’avait pas l’intention d’y passer la vie mais d’y rester quelques années et de regagner la France. Ma mère, Reine, née Hottekiet, qu’il a épousé en 1935 à Hénin-Liétard[4] partageait cette idée, mais la Deuxième Guerre Mondiale est intervenue et la situation en France après-guerre n’offrait presque aucun avenir à leurs enfants. Ce fut un grand sacrifice de leur part de rester dans ce beau pays, l’Australie, qui est comme l’antithèse de la France.&lt;br /&gt;
Ils repartaient en France tous les deux ou trois ans, par bateau pour commencer et ensuite par avion, en amenant leurs enfants mais ils restaient des exilés. Ils ont créé comme un petit coin français dans ce vaste continent. Leurs enfants, deux filles et trois garçons, étaient à la fois français et australiens et donc citoyens de deux pays ; ni français ni australiens et donc citoyens du monde. J’étais interna-tional de naissance et immensément fier d’être français. Il y avait toutefois un désavantage : je ne savais pas me conduire au juste, car les manières françaises et australiennes sont si contraires. J’étais à la fois maladroit et poli. Mais, sans ce rapport étroit avec la France et une bonne connaissance du français je n’aurais jamais découvert le Shivaïsme du Cachemire.&lt;br /&gt;
Mon père était parti en aventure et ma mère avait le goût des voyages. Moi aussi, je cherchais l’aventure, non pas géographique mais spirituelle. Le tantra allait me l’accorder.&lt;br /&gt;
Mon père, devenu chef de la succursale de Masurel à Melbourne à l’âge de trente ans, m’a donné beaucoup de confiance. Jeune homme il était parti dans l’inconnu et, en nous prenant en voyage dans tous les continents du monde sauf l’Amérique du Sud, il nous enseignait comment s’adapter en toute circonstance. J’avais confiance en ce qui m’inspirait, la confiance nécessaire pour faire face aux obstacles qui se présentèrent durant un pèlerinage.&lt;br /&gt;
L’été, dans le grand jardin de la maison familiale je contemplais ces insectes qui volaient, unis sexuellement sans jamais se séparer. Je voulais le plaisir et l’amour, mais en permanence. Je refusais la mort et ‘la petite mort’. Je voulais que l’union soit éternelle. La vie religieuse allait me montrer comment y parvenir ! De fait c’est le tantra chrétien qui allait indiquer la voie.&lt;br /&gt;
J’entrais au Collegium Maximum S. Ignatii sans me sentir proche de St Ignace. Je m’identifiais plu-tôt à François d’Assise qui, par amour de la Dame, a quitté le commerce en draps de son père pour être enfin transfiguré sur Monte Alvernia. Les Jésuites, par contre, me semblaient rigoureux plus que les Franciscains et plus capables de me guider.&lt;br /&gt;
Pendant les premières deux semaines, avant même d’entrer dans le noviciat strictement dit, nous lisions ensemble Discours de la Méthode où Descartes explique que durant la période de réflexion il avait continué sa vie normale car il aurait tort de changer de conduite avant de trouver la voie juste. Cet esprit allait me guider dans les années à venir.&lt;br /&gt;
Apres Pâques, à l’âge de dix-huit ans, nous avons commencé ‘la longue retraite’ selon les Exercices spirituels de St Ignace. En montant les escaliers avec mes compagnons au début de la retraite, je me demandais comment il serait possible de supporter trente jours de silence et de méditation. Ce n’était pas si difficile. Tous les jours pendant le noviciat on méditait une heure le matin et une demi-heure l’après-midi. La méditation était de style ignacien et discursive. La veille on préparait les ‘trois points’ ou sujets de réflexion dont on allait se servir le lendemain. Le but de la méditation était de mener l’esprit à des affectus, c’est-à-dire aux engagements, aux émotions du cœur et principalement à la contemplation divine, le point culminant. C’était une méthode discursive d’arriver à ce qui n’est pas discursif ; une façon voulue pour aboutir à ce qui est spontané ; un effort mental pour dépasser le mental. Je suis redevable aux Jésuites de m’avoir donné cette habitude de méditer. La méditation était alors discursive mais au fil des années et par attrait naturel elle est devenue tantrique.&lt;br /&gt;
Jean XXIII avait convoqué Vatican II par souci de mettre l’Eglise à jour. Il avait bien raison car elle était plutôt figée dans le passé. Par exemple, le texte principal au noviciat était la traduction de Ejercicio de perfección y virtudes cristianas de Alfonso Rodríguez (1538-1616) dont nous lisions quelques pages chaque jour, en privé comme à table. Le martyrologue romain était proclamé au repas du soir en désignant la date selon les calendes et les ides. Isolés, sans radio ou journaux, sans jamais aller en ville, ne voyant la famille qu’une fois par mois, c’était à la fois un ‘lavage de cerveaux’ et une formation rigoureuse. Pénitences, jeûnes, silence, flagellation, les humiliations publiques qu’on pratiquait par obéissance pendant le noviciat, oui, mais camaraderie, méditation, les rires, les études, les randonnées dans la campagne. Mes amis, les novices, étaient assoiffés de l’essentiel, eux aussi. Ils étaient mes semblables, mes compagnons. Un jour, me trouvant sur le balcon ensoleillé du novi-ciat, je me suis dit, ‘These are golden days’.&lt;br /&gt;
L’engagement à cette vie était total. Avec la permission du maître des novices, j’ai fait, le 15 août 1959, ‘l’acte héroïque’ qui avait du sens à l’époque : je remettais tout le mérite que j’obtenais de n’importe quelle façon entre les mains de Dieu « ut eam ob quamcumque causam adhibeas ».[5] C’était l’abandon total. Plus tard, le 17 mars 1960, de même avec permission j’ai énoncé les vœux privés de pauvreté, chasteté et obéissance. Je m’engageais entièrement à l’amour divin, de Celui Qui Est. J’habitais sa demeure ; j’étais tout simplement présent à la Présence.&lt;br /&gt;
La dévotion envers le Cœur Sacré de Jésus, l’obéissance totale ‘comme un cadavre’ (sicut cadaver), humilité, générosité, patience : voilà l’orientation spirituelle que nous avons reçue, qui remontait aux Pères du Désert.&lt;br /&gt;
Je poursuivais le chemin indiqué, faisant confiance aux supérieurs. J’avais pris ma décision, je n’en reviendrais pas. Les longues semaines de dépression comme les jours de joie n’étaient que le remous des vagues sur un fond calme. J’apprenais la stabilité nécessaire pour rester paisible au cœur des tempêtes qui allaient venir.&lt;br /&gt;
A la messe le 2 février 1961, après deux ans de noviciat, et après que le provincial, le R.P. Jeremiah Hogan sj, nous a présenté la Sainte Hostie en disant ‘Ecce Agnus Dei’ et qu’il s’est retourné vers l’autel, j’ai énoncé les vœux simples avec environ douze autres. Ensuite, à la vue de tous, nous avons traversé la cour qui séparait les deux ailes du grand bâtiment pour être accueillis par les scholastiques qui s’avançaient de leur coté.&lt;br /&gt;
Je m’adonnais à la vie intellectuelle. Etudier, enseigner, écrire – voilà la façon d’exprimer son amour. Travail fort agréable.[6] Enfant, je feuilletais avec plaisir les encyclopédies dans la bibliothèque de la maison. Le livre Early Church Portrait Gallery de Maisie Ward m’a fortement influencé.[7] J’étais d’accord avec L’introduction à la vie dévote et Le traité de l’amour de St François de Sales, par exemple, mais je me sentais mal à l’aise avec l’identification, chez St Jean de la Croix, de l’âme avec la bien-aimée. Certes, ce n’est qu’un vocabulaire symbolique, mais il semblait déjà qu’il fallait inven-ter un langage mystique de l’amour où l’âme est présentée de façon masculine.[8] Le Shivaïsme du Cachemire allait l’accorder.&lt;br /&gt;
Après deux années de philosophique scholastique, c’est-à-dire de la pensée de St Thomas d’Aquin, le R.P. John Cowburn sj est arrivé. Subitement un monde nouveau s’ouvrait. Il parlait des existentia-listes, de Paul Claudel, de Martin Buber dont le livre Je et Tu m’a fait grande impression, et de Teil-hard de Chardin. De fait j’ai demandé à mes parents de me ramener de France Le milieu divin et Le phénomène humain, livres qu’il était interdit de poser dans la bibliothèque. Je les lisais assis au bord de la fontaine dans la cour du collège sans bien les comprendre. John Cowburn m’a prêté le manus-crit de son livre, The person and love: philosophy and theology of love,[9] une contemplation de la Trinité fortement influencée par Paul Claudel et les poètes français.&lt;br /&gt;
Le 8 septembre 1963, les évêques se réunirent en la Basilique de St Pierre au Vatican. Maître de cho-rale à cette époque, j’ai arrangé que nous chantions à pleine voix cet évènement dont peu de gens ne pouvaient deviner la portée éventuelle. John Cowburn s’arrangeait d’aller au Consulat de France ramener les rapports du Monde, les journaux australiens ne s’intéressant guère au Concile. Le texte suivant, inouï dans l’histoire de l’Eglise, est devenu pour moi de première importance :&lt;br /&gt;
L’Eglise catholique ne rejette rien de ce qui est vrai et saint dans ces religions. Elle considère avec un respect sincère ces manières d’agir et de vivre, ces règles et ces doctrines qui, quoiqu’elles diffè-rent en beaucoup de points de ce qu’elle-même tient et propose, cependant apportent souvent un rayon de la Vérité qui illumine tous les hommes. Toutefois, elle annonce, et elle est tenue d’annoncer sans cesse, le Christ qui est « la voie, la vérité et la vie » (Jn 14.6), dans lequel les hommes doivent trouver la plénitude de la vie religieuse et dans lequel Dieu s’est réconcilié toutes choses.&lt;br /&gt;
Elle exhorte donc ses fils pour que, avec prudence et charité, par le dialogue et par la collaboration avec ceux qui suivent d’autres religions, et tout en témoignant de la foi et de la vie chrétiennes, ils reconnaissent, préservent et fassent progresser les valeurs spirituelles, morales et socio-culturelles qui se trouvent en eux.[10]&lt;br /&gt;
On nous posait la question si on voulait partir en Inde dans l’état de Bihâr où les Jésuites australiens avaient établi une mission. Je craignais la chaleur mais surtout il me semblait que j’avais quelque chose à dire et que je le dirai mieux ici à Melbourne, ma ville natale. Il était impossible de prévoir que l’Inde et son tantra allaient tout de même me réclamer. Je ne me suis pas installé en Inde : l’Inde est venue habiter chez moi.&lt;br /&gt;
Je me sentais déjà mal à l’aise. Il y avait une énergie qui poignait. Quelque chose se formait en moi que la vie jésuite à l’époque contrariait. Je devenais profondément frustré et je cessais de vivre. Je suivais la vérité des autres et devenais faux. Essentiellement tantrique – je m’en rends compte main-tenant – je n’avais aucun moyen de me nommer. La vie spirituelle m’attirait profondément mais je ne savais pas comment valoriser le corporel. Le mot ‘corps’ signifiait la vie passagère, sans poésie, liée au temps, superficielle, grossière, sans intensité ou ferveur. Le mot ‘âme’ par contre signifiait liberté, ascension, largesse d’esprit, éternité. Ame et corps ne se reconnaissaient pas.&lt;br /&gt;
Les études de philosophie scholastique ont duré trois ans. Les supérieurs ont décidé ensuite que j’étudierais le français et l’allemand à l’Université de Melbourne. Je suppose qu’on me destinait à une carrière en théologie, peut-être en Ecriture Sainte.&lt;br /&gt;
J’ai lu avec plaisir tous les chefs-d’oeuvre allemands et français, mais je revenais des cours universi-taires épuisé. Vatican II avait fortement bousculé l’Eglise. Les façons de voir et de faire élaborées pendant des siècles s’écroulaient ; une Eglise renouvelée naissait. De même, un nouveau ‘je’ se dé-clarait, mais lequel ? J’étouffais. Si je restais je serais asphyxié. Il fallait partir ; mais où aller ? Ce serait un départ dans la nuit, sans guide sauf la confiance que j’avais en moi-même. Le chemin choisi à l’âge de quinze ans se déclarait huis clos.&lt;br /&gt;
Mon père est venu en voiture me chercher. Mon ami, Greg O’Kelly sj,[11] à qui seul j’avais confié ma décision de partir, est venu me dire au revoir. Alors que la voiture se démarrait il s’écria, « John, don’t go». De fait je ne suis jamais vraiment parti et me sens en quelque sorte toujours compagnon de la Compagnie de Jésus. Même maintenant, quarante ans après ce départ, on me croit et me dit être jésuite.&lt;br /&gt;
Voici ce le poème écrit le jour du départ[12] et où le tantra commence déjà à poindre:&lt;br /&gt;
Des longues années heureuses et paisibles,&lt;br /&gt;
Voilà que lentement le parcours se termine.&lt;br /&gt;
Car bienheureux j’étais et de joie débordais :&lt;br /&gt;
chaque jour, sans choc, se mêlaient l’ordre et le plaisir ;&lt;br /&gt;
sous les pins sculptés planait une présence divine&lt;br /&gt;
et dans les couloirs clairs luisait un visage.&lt;br /&gt;
J’étais heureux, rempli d’un saint dévouement,&lt;br /&gt;
voulant montrer, par mon obéissance&lt;br /&gt;
un engagement total envers Dieu.&lt;br /&gt;
Nourri dès l’enfance, le désir est devenu rage :&lt;br /&gt;
d’être homme, chair, pouvoir,&lt;br /&gt;
et de régir par le corps.&lt;br /&gt;
Faut-il partir ?&lt;br /&gt;
Si je reste, la folie.&lt;br /&gt;
Si je pars, le regret –&lt;br /&gt;
car je m’accoutumais à cette vie, à ces amis.&lt;br /&gt;
Je pars, chassé dans le monde et non attiré.&lt;br /&gt;
Contre gré je quitte ces lieux chers.&lt;br /&gt;
Je quitte un bonheur ne sachant où trouver un autre.&lt;br /&gt;
Comment retrouver Dieu au sein du fini,&lt;br /&gt;
de l’informe qui rend fou ?&lt;br /&gt;
Comment parviendrai-je au bonheur&lt;br /&gt;
réconciliant l’éternel et l’immédiat ?&lt;br /&gt;
La transformation – dur et douteux travail – m’est proposée.&lt;br /&gt;
Je moule le pain et je ne sais s’il sera amer et inutile.&lt;br /&gt;
Je me lance dans l’incertain alors que je possédais la vérité.&lt;br /&gt;
Je veux être artiste du monde et artiste de Dieu,&lt;br /&gt;
en ai-je la capacité ?&lt;br /&gt;
L’arrivée pleine d’espoir faisait contrepartie au départ dans le vide. Décision difficile mais néces-saire. A vrai dire comment aurais-je pu découvrir le tantra si ne j’avais pas eu la liberté de voyager? Les supérieurs jésuites ne comprenaient pas ma décision. Moi non plus je ne la comprenais pas à l’époque, mais maintenant je la trouve juste, car sans avoir quitté les Jésuites il est peu probable que je aurais pu découvrir le Shivaïsme du Cachemire.&lt;br /&gt;
1.B      La parole&lt;br /&gt;
Apres huit ans chez les Jésuites j’avais quitté le chemin familier et les compagnons. J’étais seul. Une nuit, couché et me tournant au mur j’ai pleuré et je suis revenu sur ma décision : j’allais chercher à être réadmis. Un ami jésuite, Peter, m’assurait que ce serait possible mais que ça prendrait du temps. Un autre jésuite, Denis, suggéra que je prépare une maîtrise sur St Exupéry, ce que j’ai fait, présen-tant comme sujet «Ferveur et scepticisme en Citadelle de St Exupéry ».&lt;br /&gt;
Avec l’appui du Professor Jackson de la section française de l’Université de Melbourne j’ai reçu une bourse du gouvernement français comme assistant dans l’Ecole Normale des Instituteurs à Fon-dettes près de Tours, une école pensionnaire secondaire de peut-être deux cents garçons où je suis arrivé après un long voyage par le Cambodge, l’Inde, l’Iran, la Terre Sainte et la Grèce. C’est à Tours que j’ai reçu la lettre du provincial jésuite australien[13] me refusant la réadmission. J’étais bouleversé. Pendant trois jours j’étais comme dans un rêve, complètement dépaysé. Mais les mots de Job sont venus à l’esprit, «Le Seigneur a donné, le Seigneur a ôté: Que le nom du Seigneur soit bé-ni!»,[14]  et je me suis apaisé. Les paroles inspirées, chrétiennes et cachemiriennes, touchent puis-samment au cœur.&lt;br /&gt;
Je voulais quand même poursuivre le chemin vers la prêtrise. J’ai décidé donc d’être prêtre diocésain soit à Melbourne, soit en Tasmanie qui serait comme le bout du monde.&lt;br /&gt;
Entre temps j’ai continué de préparer la thèse. Je faisais des tours dans les régions de la France ou je me rendais à Paris. Je voulais tout connaître et ne m’éloigner de rien. Je serais vêtu du monde. J’étais comme les jeunes hommes dans la fournaise qui marchaient parmi les flammes sans être brûlés.[15]&lt;br /&gt;
Les séjours à Paris ont permis la découverte de l’Orthodoxie. La messe dans la Cathédrale russe Saint Alexandre Nevsky, Rue Daru, me touchait profondément. Les chants, l’architecture, les céré-monies, la congrégation – tout conspirait à mettre en évidence la réalité du Christ incarné et ressusci-té. C’est alors que j’ai lu Saint Grégoire Palamas et la mystique Orthodoxe de Jean Meyendorff.[16] Voilà enfin une spiritualité plus attirante que celles de St Ignace et de St François d’Assise. La Transfiguration expliquée par Palamas (c.1296-1359) était la clef capable de résoudre l’opposition entre le corps et l’âme. Par la grâce divine, le corps deviendrait lumière, joie, bénédiction. C’était un premier pas vers le tantra.&lt;br /&gt;
Je suis arrivé en France au mois de septembre ’68. Les événements de mai retentissaient encore et le communisme était de bon ton. Les jeunes élèves ne parlaient pas de sport ou de musique mais des partis et s’esquivaient la nuit pour assister aux réunions politiques. Il y a avait à l’école trois coopé-rants, dont Jean-Marc, marxiste convaincu. On parlait surtout de la politique. Lorsque je leur dit un jour que, à ma rentrée en Australie, je deviendrais prêtre ils ont éclaté de rires. Ils ont continué de rire pendant vingt minutes. Quelques jours plus tard, lorsqu’ils m’ont demandé la raison d’une telle décision, la réponse m’est venue comme une inspiration, immédiate et irréfléchie, « Pour être béné-diction universelle». Le sens du tantra chrétien se révélait.&lt;br /&gt;
Le 9 août 1969 au soir, un peu ivre après avoir bu du vin d’Algérie, j’avais marché pendant des heures dans les rues de Tübingen me demandant comment m’élever vers le Dieu si ardemment re-cherché. Le lendemain, le 10 août, anniversaire de ma confirmation par l’Archevêque Mannix, assis au soleil dans le jardin de l’église de la Katholische Gemeinde à Tübingen, je me suis rendu compte qu’on s’approche de Dieu non pas en s’éloignant du monde mais en y travaillant pour la justice et la paix. Ce monde n’est pas un ‘val de larmes’ qu’il faut quitter mais un chantier où le royaume de Dieu se construit. Ce fut comme une révélation. Je me suis levé du siège ; les ‘chaînes’ tombaient au sol ; je pouvais enfin avancer. Jean-Marc ne sait pas à quel point ses idées communistes m’avaient influencé.&lt;br /&gt;
Après les voyages en Europe – l’Union Soviétique, L’Italie, la Grèce, la Turquie, les Iles Britan-niques, etc., – il était temps de repartir sur l’Australie et de me présenter au directeur de vocations à Melbourne. En passant par les Etats-Unis, le Japon, Hong Kong, les Philippines et la Nouvelle Gui-née je suis arrivé vers la fin de 69 pour annoncer à mes parents mon intention de continuer sur le chemin de la prêtrise. De nouveau la grande déception. Mon père me reprochait, « Au moins tu au-rais pu m’en parler ». Ma mère ne disait rien mais était encore plus déçue.&lt;br /&gt;
Je suis allé voir l’Archevêque, le futur Cardinal Knox, qui m’a accepté et je suis entré au séminaire début 1971, sachant que le pas que je prenais était juste mais sans m’en réjouir.&lt;br /&gt;
Quel contraste entre l’entrée au noviciat où il y avait l’anticipation de la joie, et l’entrée au séminaire accompagnée de tristesse. De plus, j’étais étranger, différent des autres séminaristes. Français et aus-tralien, religieux et diocésain, ermite et paroissial, chrétien et tantrique – ces contrastes toutefois me permettaient d’embrasser le monde entier : je n’étais étranger à rien. On y reviendra.&lt;br /&gt;
La possibilité existait pour les séminaristes de passer les vacances d’été en Papouasie chez les Mis-sionnaires du Sacré Cœur à Fané-les-Roses, ou aux missions archidiocésaines de Bema et Kanabea. M’éveillant une nuit, je me tenais sur la véranda à Bema, la brume étalée dans la vallée. Devant cette scène splendide je me sentais vêtu de la terre entière, et plus tard, lorsque le malaria s’est déclaré en moi, je m’en suis réjoui : je portais la Papouasie en mon sang. Elle m’avait envahi.&lt;br /&gt;
J’ai fait le vœu du célibat le 24 août, 1973, la veille du diaconat. Apres l’avoir émis je suis retourné à ma chambre pour écrire une déclaration, bien tantrique je le vois maintenant, dont je traduis une par-tie:&lt;br /&gt;
… maintenant, alors que je commence ce ministère ordonné, je renouvelle mon opposition au prin-cipe du célibat obligatoire. Car, bien que j’entreprenne le célibat volontairement, je le fais contre gré, sans joie. Toutefois…. J’espère et je prie que ce célibat … sera … choisi … par la force de ce désir émanant de l’Esprit Saint d’épouser la race entière des élus, versant mon corps et mon sang en sacri-fice …. pour que tous soient unis, … pour que Emmanuel soit.&lt;br /&gt;
La même incertitude me tracassait toujours : quel est le chemin à suivre ? Toujours la même réponse revenait : c’est par le chemin que je prenais que je trouverais la bonne voie. C’est comme si, perdu dans la forêt, on prend un sentier obscur qui mène enfin à la grande route. Je ne savais pas que par ces tours et détours je formais mon esprit tantrique que j’allais bientôt découvrir.&lt;br /&gt;
J’avais lu Vie de St Antoine par Athanase le Grand ; la solitude du désert m’attirait énormément. J’allais donc souvent au monastère trappiste de Notre Dame à Tarrawarra près de Melbourne. Un matin, alors que je me promenais dans la brume je sentais un immense désir de transcendance. Voilà, je deviendrais moine ! Mais plus tard, dans la chapelle je me suis rendu compte : non, je ne pourrais jamais rester dans  le monastère séparé du monde. Il me fallait un rôle public. Je voulais absolument être prêtre, pour rassembler le peuple et devenir le foyer de la présence divine. Je voulais être ‘Em-manuel’, ‘Dieu avec nous’. Je voulais manifester la présence de Dieu à l’assemblé de Dieu. Je voulais proclamer les actes de Dieu au peuple de Dieu, car la parole surgissait en moi et ne pouvait se taire. Je voulais recevoir le pain et le vin, symboles du monde entier, et les transsubstantier, disant « ceci est mon corps ». Je voulais en même temps être ermite, me recueillant en Dieu par la méditation.&lt;br /&gt;
Plus tard, lorsque la brume a fait place à une belle journée de printemps, assis sur une colline parse-mée de marguerites jaunes,[17] j’ai écarté largement les bras et je me suis engagé: ‘Je deviendrais prêtre et le monde entier me sera donné en héritage’. J’avais découvert l’importance de la Parole que le tantra allait justifier d’une façon exceptionnelle.&lt;br /&gt;
J’ai poursuivi mes études en théologie, gagnant deux diplômes : ‘Bachelor of Theology’ du sémi-naire diocésain, et ‘Bachelor of Divinity’ du Melbourne College of Divinity, le premier prêtre catho-lique diocésain à recevoir un degré de cette institut d’origine protestante.&lt;br /&gt;
Dans la sacristie de la cathédrale le jour de l’ordination, le 18 mai 1974, bien que saisi de nouveau par le doute je me suis ressaisi et je me suis présenté à l’évêque, Mgr John Kelly, et fut ordonné prêtre. Je n’ai jamais regretté cette décision. Je suis prêtre et je le resterais. Le cadre était posé, mais où était le tableau? Je serais la parole de Dieu, mais quel en serait le thème?&lt;br /&gt;
1.C      Introduction au tantra&lt;br /&gt;
Le jour de congé, j’allais flâner en ville dans une grande libraire qui s’appelait ‘The Whole Earth Bookstore’. Après avoir parcouru les rayons en feuilletant des livres sur tous les sujets je finissais toujours dans la section sur l’hindouisme. Un beau jour Michael, membre d’une des familles les plus connues de Melbourne, y est venu aussi. Tous les deux nous avions étudié l’allemand à l’université et on se connaissait par l’entremise de Charlotte Hain-Sharlow. Michael m’a conseillé de ne pas lire les livres mais plutôt de trouver un maître et m’a recommandé son gourou, Swami Vijay, qui diri-geait le ‘School of Yoga’ à St Kilda. Je me suis donc inscrit au cours de yoga. L’Inde commençait à s’établir en moi.&lt;br /&gt;
Quelques mois plus tard dans la librairie ‘Readings’ à Carlton j’ai trouvé le mot qui allait tout changer. Le livre de Ajit Mookerjee Kundalini,[18]  dont la couverture présentait l’image du corps et des cakras, m’a fait grande impression, mais c’est le mot ‘tantra’, écrit tout au début du texte, qui m’a sauté aux yeux. Le mot m’était inconnu mais m’attirait énormément. J’avais trouvé le mot clef. Une musique se faisait entendre ; un gros bourdon résonnait.&lt;br /&gt;
L’Archevêque Little m’a demandé si j’accepterais d’être nommé à Christ College, une école normale des instituteurs qui était en crise, pour être chef de la section ‘éducation religieuse’, professeur de théologie et co-ordinateur de l’aumônerie. N’ayant aucune raison de refuser j’ai accepté et j’y suis resté neuf ans.&lt;br /&gt;
Les lectures au sujet du tantra continuaient: Le yoga, immortalité et liberté de Mircea Eliade,[19] Le yoga tantrique de Julius Evola.[20] Mais aux antipodes on trouve peu et cela en anglais seulement. Bhagwan Rajneesh (Osho) et les ‘Orange People’ étaient célèbres à l’époque, mais leur présentation du tantra semblait voulue et tourmentée. Le livre de Hugh Urban[21] sur l’histoire du tantra de-puis le 19ième siècle m’a montre par la suite à quel point j’avais eu raison de me méfier. Ni le tantra bouddhiste dont j’admets la valeur, ni le tantra hindou à la manière de Rajneesh ne m’attiraient. Quand même le tantra en principe était juste et vrai, j’étais sûr. C’est comme si dans la forêt on flaire un parfum sans savoir d’où il vient. Les odeurs de la pourriture ne peuvent masquer le parfum déli-cat.&lt;br /&gt;
Entre temps avec la permission de l’Archevêque, j’avais commencé une dissertation intitulée ‘La Transfiguration en Ecriture Sainte et en Théologie’. La différence entre les présentations latines et grecques était frappante. Les Latins y contemplent surtout la passion du Christ alors que les Grecs y voient la gloire du Verbe fait chair. L’interprétation donnée par Grégoire Palamas, dernier grand docteur de l’Eglise Orthodoxe, me passionnait surtout. Dans ses écrits, comme dans la cathédrale russe de Paris, la gloire du Verbe incarné et la transfiguration des chrétiens devenaient réelles. Quel espoir, quel bonheur à venir ! Le style du chef d’œuvre de Palamas, Défense des saints hésy-chastes,[22] rebute un peu mais la lutte acharnée entre Grégoire et Barlaam le Calabrais a permis l’élaboration d’une des plus grandes synthèses de la spiritualité orthodoxe. Les années passaient quand même, et je tournais en rond.&lt;br /&gt;
En 1981 en ma troisième année au College mon père est mort tranquillement chez lui entouré de sa femme et de ses enfants. Cette mort me fut très pénible. Or, ma mère soutenait mal le veuvage. Elle devenait triste et lasse de sorte qu’en 1985 je lui ai suggéré un voyage en Europe. N’était-ce pas moi aussi qui était las et triste ? On a fait escale à Tokyo avant de voler par le pôle nord sur Helsinki. Après un voyage en Finlande, la Suède, St Petersbourg, la Norvège, la Belgique, nous sommes arri-vés à Paris.&lt;br /&gt;
Bon, le grand voyage ! Mais c’était un autre voyage que je commençais. En flânant les rayons de la librairie Gibert Jeune sur le Boulevard St Michel, le livre de Jean Varenne, Le Tantrisme,[23] m’est tombé sous les yeux. Voilà enfin une élaboration objective et claire du tantra. Il m’a fallu ce hasard, cette grâce. Je pouvais me fier au tantra. Voilà un autre pas décisif.&lt;br /&gt;
Bien que la vie intellectuelle du College me plaisait je ne voulais pas y faire carrière. Le directeur à l’époque, Prof. Bernie Daffey, avait suggéré que j’aille à Rome faire un doctorat, mais si j’avais re-fusé femme et famille je n’allais pas passer ma vie dans les livres et des mots. Pour moi la situation de conférencier n’est pas suffisamment prophétique. On me pose quelques fois la question «Où tra-vaillez-vous ? », s’attendant à ce que j’indique une université ou un collège. Quand je réponds que je suis curé de paroisse, le regard s’assombrit et on semble se reculer. Toutefois l’assemblée dominicale de la paroisse est le contexte le plus propice à la Parole, car les participants viennent précisément pour entendre les paroles de l’amour éternel. Une grande porte semble s’ouvrir en leur cœur dont je puis m’approcher pour y entrer et rester en communion avec eux. Pour le prêtre c’est un rapport déli-cieux, à la fois humain et éternel.&lt;br /&gt;
En 1987, après neuf ans au College, c’était de nouveau le départ. A New Camaldoli sur la côte du Big Sur en Californie, endroit magnifique d’où la vue plonge sur le Pacifique j’ai passé deux mois au monastère à méditer, à réfléchir et à lire les œuvres de Symeon le Nouveau Théologien. Ensuite, j’ai suivi Thomas Matus à Camaldoli près d’Arezzo en Italie. Dans son monastère et dans les ermi-tages de la forêt de sapins Thomas m’a fait connaître le Shivaïsme du Cachemire.&lt;br /&gt;
Ce fut une révélation, une des plus grandes grâces de ma vie. J’avais enfin trouvé les mots qui expliquaient ce qui se passait en moi. Depuis longtemps je me méprenais et je laissais tout le monde confus. Je tâtonnais aveuglément. Mais maintenant j’avais trouvé une tradition antique et exacte à qui je pouvais me fier.&lt;br /&gt;
Je tiens à exprimer ici ma reconnaissance à Thomas Matus de m’avoir fait connaître le Shivaïsme du Cachemire en commençant par le Vijñānabhairava-Tantra[25] traduit et commenté par Lilian Sil-burn, directeur de recherches au CNRS. &lt;br /&gt;
Apres un voyage exprès à Paris à La Procure et à Maison Neuve acheter tout ce je pouvais trouver à ce sujet et surtout les traductions et les commentaires de Lilian Silburn et d’André Padoux, je suis revenu à Camaldoli où j’ai commencé à les lire. Silburn écrivait d’une façon exacte et poétique à la fois, mais ses œuvres n’étaient pas faciles. Toutefois même si je comprenais très peu, un mot ici et une phrase là me faisaient grand effet. C’est comme si un remous s’ébranlait en moi ; comme si une énergie surgissait pareille à celle que j’avais ressentie en rencontrant le mot ‘tantra’ pour la première fois.&lt;br /&gt;
La vie du monastère me plaisait jusqu’à un certain point mais je ne supportais pas tout ce calme ! Chaque mois donc je faisais un voyage – à Florence, à Naples, et puis à Ravenne précisément pour voir la mosaïque du Christ dans la basilique de San Apollinare Nuovo. Son regard est calme. Il sait de quoi il parle, car il parle de lui-même et de par sa propre autorité. Il est à la fois le sujet et le moyen de son propre discours ; et de cette façon il manifeste Celui dont il est le Verbe. Assis sur la chaire de vérité, il révèle au peuple de Dieu les actes de Dieu dont il est lui-même l’acte suprême. Mais il y avait d’avantage : je voyais l’icône dont j’étais le reflet. Je me tenais devant le Christ et devant moi-même.&lt;br /&gt;
Assis sur le lit d’un petit hôtel près de la gare, je me demandais si j’avais raison de m’intéresser à cette tradition indienne qui me touchait de si près. Cet attrait, n’était-il pas une tentation diabo-lique ? Comment légitimement accepter de trouver un plaisir dans le Shivaïsme du Cachemire que je ne ressentais pas dans le christianisme ? &lt;br /&gt;
En même temps, la joie que j’éprouvais ne semblait pas contraire à la grâce du Christ que je reconnaissais être fine et délicate, comme un vin de grand cru classé. Il y avait ici deux saveurs, différentes et toutes deux attirantes.&lt;br /&gt;
 Le Shivaïsme du Cachemire ne semblait pas ennemi de l’Evangile. Au contraire, il semblait me présenter le moyen de vraiment m’identifier au Christ dont je venais vénérer l’icône.&lt;br /&gt;
De retour à Melbourne j’ai repris la vie de paroisse, malgré l’espoir de l’Archevêque que je lui sug-gère un projet quelconque. Nommé assistant à Hoppers Crossing et puis curé de la paroisse de East Doncaster je me suis plongé dans la vie pastorale pendant sept ans. Je lisais ici là quelques pages de Silburn ou quelques versets du Vijñānabhairava-Tantra. &lt;br /&gt;
Après avoir expliqué à Dr Bailey mon désir de connaître plus exactement le Shivaïsme du Cache-mire, sa réponse immédiate fut, ‘Il faut apprendre le Sanskrit’. Pour ce faire j’ai poursuivi un ‘Gra-duate Diploma in Humanities’ en Sanskrit que j’ai terminé en décembre 1995.&lt;br /&gt;
Ma famille, mes amis et les prêtres ne comprenaient ces démarches. Mon ami Rev. Chris Barnett, chez qui j’habitais pendant les années d’étude, me soutenait sans me comprendre. Ce n’est pas sur-prenant : je ne me comprenais pas non plus. Si je leur parlais de ce sujet, c’était comme si la porte se fermait et les rideaux se baissaient. Leur incompréhension fut quand même un avantage. Le chemin solitaire entrepris avec la joie au cœur est une piste salvifique à l’imitation de St Paul qui, après avoir reçu la révélation solitaire sur la route de Damas, est parti pour l’Arabie.[28]&lt;br /&gt;
Me re-voilà donc étudiant à plein temps ! Mon directeur d’études, Dr. Bailey était très chic : il me recevait chaque semaine pendant une heure, bien que le Shivaïsme du Cachemire n’était pas sa spé-cialité. J’avais choisi de traduire le chapitre 29 du Tantrāloka[29] d’Abhinavagupta car, à l’avis de Professeur Alexis Sanderson d’Oxford à qui j’avais demandé conseil, ce chapitre présente la forme la plus extrême du tantra[30] : le rituel Kula. Le travail que j’entreprenais était la première traduction en anglais d’un chapitre du Tantrāloka et la première traduction en n’importe quelle langue du commentaire fait par Jayaratha sans lequel on ne peut guère comprendre l’originel. L’introduction et les notes que j’ai faites expliquent un texte difficile qui est en code et peut se lire à plusieurs ni-veaux. En faisant ce travail je croyais enfin comprendre le système de pensée qui m’avait tant attiré. Du fait que le rituel Kula est un tantra extrême, j’avais raison de croire que le tantra comme tel, soit extrême soit mitigé, m’était connu.&lt;br /&gt;
A la fin de 1996, après avoir fini une première traduction du texte et ayant lu tous les livres en fran-çais, italien et allemand à ce sujet, je suis parti sur Bénarès en Inde en passant par Bangalore où j’ai fait un discours au IX World Sanskrit Conférence. C’est là que j’ai rencontré Dr. Bettina Bäumer, une savante et une chrétienne convaincue qui connaissait tout le monde dans le domaine du Shi-vaïsme du Cachemire. Juive de par sa mère et baptisée protestante, elle avait été reçue en l’Eglise catholique et confirmée par Raimondo Panikkar dans une des catacombes de Rome. Abhishikta-nanda lui ayant conseillé de poursuivre ses études universitaires, elle a préparé une thèse doctorale sous la direction de Karl Rahner sj. Le grand Laxman Joo, qui révéla au monde la valeur du Shi-vaïsme du Cachemire, l’a initiée en cette tradition dont il était le plus grand exemplaire. Elle vivait pour la plupart à Bénarès où elle était directrice de la Fondation Alice Boner, mais elle passait les mois chauds à enseigner à Vienne et à Berne.&lt;br /&gt;
J’ai passé trois mois à Bénarès à revoir la traduction du texte avec l’aide de Pandit, Hemendranath Chakravarti. Il était lui-même disciple de Gopinath Kaviraj, un des plus célèbres commentateurs modernes de la tradition tantrique.[31] Panditji était à la fois modeste et franc en ce sujet qui pour-rait sembler scandaleux. Il avait une connaissance parfaite de l’anglais aussi bien que du Sanskrit.&lt;br /&gt;
La vue de l’immense falaise du Mt Kailas, la nuit, sous la pleine lune, me reste inoubliable. Le len-demain matin j’ai assisté au rite que Bettina a célébré devant la face nord, et je sentais que j’étais moi-même ce rocher immense, ce liṅgam enneigé ; je m’identifiais avec la montagne. J’étais Kailas, tout comme j’étais le Christ de l’icône à Ravenne!&lt;br /&gt;
1.D      La communauté interreligieuse &lt;br /&gt;
La thèse fut présentée le 29 avril 1999, mais il fallait attendre huit mois avant d’apprendre le résul-tat. Entre temps j’ai laissé savoir à l’Archevêché que j’étais disponible. Son vicaire général, Mgr De-nis Hart (successeur de George Pell et actuellement Archevêque de Melbourne), m’a demandé d’aller comme administrateur à une paroisse bouleversée par un scandale, la même paroisse où j’avais été assistant au début de ma prêtrise. J’y suis resté sept mois, jusqu’à ce que la crise soit résolue. Quelque temps après Mgr Denis Hart m’a nommé administrateur à mi-temps dans une paroisse où le curé ne se portait pas bien. Ensuite je suis devenu curé de la double paroisse de Stella Maris à Beaumaris et de St Joseph à Black Rock qui, ayant connu trois curés en deux ans, était en crise. Fi-nalement, après tous ces détours il n’y avait plus besoin de bouger. Mais à vrai dire, ce n’est qu’en n’habitant nulle part qu’on habite partout. Restant sans attache on devient disponible, universel.&lt;br /&gt;
Le ‘East-West Meditation Foundation’, que Rev. Michael Mifsud et le R.P. Ken Petersen o.carm et Sr Kathleen Murphy op et moi nous avons établie en 1995, est devenu par la suite la ‘Commission Australienne’ du Dialogue Intermonastique dont je dissémine le Bulletin en Australie et la Nouvelle Zélande. En 2000 je suis devenu membre de la Commission Œcuménique et Interreligieuse de Mel-bourne, et en 2003 président du Comité Interreligieux Catholique de l’Archidiocèse et président de la Commission Foi et Ordre du Conseil des Eglises de Victoria. Le dialogue interreligieux qui se poursuivait en moi s’exprimait au niveau archidiocésain.&lt;br /&gt;
A Beaumaris j’habitais une grande maison et j’y habitais seul. Ce n’était ni juste ni agréable. Déjà dans la paroisse de East Doncaster, des locataires sont venus former en quelque sorte une petite communauté sans caractère spécifique. Cette fois-ci il semblait bon de former une communauté in-terreligieuse. Swami Sannyasanand de la lignée de Satyananda est venu en premier. Il s’intéresse aussi au tantra, suivant le yoga de sa tradition. Un an plus tard le Vénérable Lobsang Tendar, moine Gyuto, tantrique aussi, est arrivé. Tous les trois nous sommes donc pratiquants du tantra, chacun de sa façon.&lt;br /&gt;
C’est en passant un panneau d’affichage sur un bâtiment à Adélaïde que Philip Stevens, le futur Swami Sannyasanand, a vu le mot ‘yoga’ écrit en lettres rouges, police ‘Arial’, sur un fond blanc. Il s’en rappelle très bien. Le mot même, dont il ne comprenait pas le sens, le touchait de près. Il avait alors 18 ans. Il a suivi des cours sur les postures et appris les chants etc. au Shivananda Yoga Centre. C’est à Adélaïde qu’il rencontra Judith qu’il a marié éventuellement. Elle lui a enseigné d’autres techniques, purification des conduits subtils du souffle vital (nāḍī-ṣodana), lavage intestinal léger (laghu-prakṣālana) etc. Il a suivi les cours donnés par Swami Ajnananda sur le yoga de l’activité intérieure (kriyā-yoga) etc. C’est en 1978 qu’il est allé écouter Swami Satyananda à Sydney et fut fortement impressionné. Il reçut l’initiation du mantra (mantra-dīkṣā), sa première initiation formelle dans le yoga. C’est en 1993 qu’il reçut l’initiation comme saṁnyāsī dans la lignée de Satyananda de la main de Swami Niranjanananda à Munger dans le Bihâr en Inde. Elevé anglican et ayant passé quelque temps dans ‘Assembly of God’, il conserve son attache à Jésus et comprend Dieu comme bénévole et proche. Il est actuellement certifié comme instructeur de yoga et reçu comme ‘Fellow and Life Member of the World Society for Clinical Yoga’. Il poursuit des études doctorales sur les effets physiologiques du yoga et donne des conférences en Australie comme à l’étranger.&lt;br /&gt;
Le Vénérable Lobsang Tendar est né dans la région de Kham en Tibet oriental. A l’age de doux ans il est devenu moine au Monastère de Dego Somdupling. Il a poursuivi ses études à Lhassa au Mo-nastère Gyuto Ramoche sur le Bouddhisme tibétain tantrique, y compris le chant, les prières et la méditation. En 1989 il s’est rendu en Inde où il a continué ses études à l’Université Tantrique du Monastère Tenzingang Gyuto, recevant ses diplômes de professeur de l’art sacré du Bouddhisme. En l’an 2000 il a voyagé en Europe comme maître de chant avec les moines Gyuto du Tibet. En 2001 il est venu en Australie pour la première fois, également comme Maître de chant avec les moines Gyuto. Il y a animé des sessions de chant ; créé des mandalas de sable et des sculptures de beurre, et il a enseigné la méditation en profondeur. Sa Sainteté le Dalaï Lama avec l’appui du gou-vernement australien, a arrangé que Tendar émigre en Australie. Il s’y est installé définitivement en 2003 et en 2005 est devenu citoyen australien. Il enseigne la méditation et dirige des retraites ; il continue à sculpter dans le beurre et créer des mandalas de sable ; il enseigne la langue tibétaine et célèbre les rituels. Une communauté bouddhiste se forme autour de lui.&lt;br /&gt;
J’avais quitté la communauté jésuite qui me manquait beaucoup, mais en établissant la communauté interreligieuse la vie en commun me fut rendue. Ils sont mes semblables car eux aussi cherchent la dimension tantrique universelle.&lt;br /&gt;
1.E      La demeure&lt;br /&gt;
Un beau jour Mgr Mark Coleridge[33] m’a invité déjeuner chez lui. Après avoir parlé longtemps au sujet du dialogue interreligieux, il m’a demandé ce que je désirais. Invitation généreuse ! J’ai fait deux suggestions : premièrement l’établissement d’une école de prière, et deuxièmement l’établissement d’un centre interreligieux.&lt;br /&gt;
Plusieurs mois plus tard il m’a invité à concrétiser ces propos. Le ‘School of Prayer’ fut lancé par Mgr Coleridge à l’occasion de la visite à Melbourne de Dom Lawrence Freeman osb qui enseigne la méditation apophatique selon la tradition de Dom John Main osb. Le but de ce projet ambitieux est de présenter aux fidèles la richesse de la tradition contemplative de l’Eglise, d’enseigner la médita-tion aux élèves des écoles catholiques et d’établir des groupes de méditation dans les paroisses.&lt;br /&gt;
Mgr Coleridge m’a invité aussi de me mettre en contact avec Prof. Gabrielle McMullen, Pro-Vice-Chancellor de Australian Catholic University. Evitons le détail des démarches qui ont suivi. Le ‘Asia-Pacific Centre for Interreligious Dialogue’ a été établi dans le courant de 2006.&lt;br /&gt;
Après de longues années j’arrive enfin à la conjonction des matières qui me sont chères. Le pèleri-nage touche à sa fin. Je me sens comme cet arbre dont les racines pénètrent dans les profondeurs de la terre et dont les branches s’étalent dans l’air pour recevoir « tous les oiseaux du ciel ».[34] Racine profondes et banches étendues s’impliquent. Impossible d’étendre les branches si les racines ne sont pas bien ancrées ; inutile de s’enraciner si on ne laisse pas libre cours à la sève.&lt;br /&gt;
Si je cherche l’anéantissement du ‘désert’ c’est parce que je veux atteindre cet état d’où la puissance de l’Esprit et sa fécondité jaillissent. Me tenant tranquille et immobile, dépendant uniquement de Celui Qui Est, l’essor se manifeste, cette puissance, cet Esprit qui provient de moi et m’est donné. Quand je deviens parfaitement calme, tranquille, sans masque, sans peur, c’est alors que la śakti se manifeste. La volonté cesse d’agir, mais elle est capable de se démettre parce que déjà l’Esprit l’envahit et la subsume pour la ressusciter. C’est le triomphe de la ‘déesse’. L’Esprit vient vivifier l’esprit pour qu’il devienne réellement ce qu’il est. Il devient tranquille et vigoureux en même temps.&lt;br /&gt;
Il y a alors un essor de joie comme l’oiseau qui s’envole. Les mauvais souvenirs, les doutes se dé-chargent. Je respire un air frais et léger, comme un parfum d’encens. Les couleurs telle le bleu, le rouge et le vert qui se font voir pendant la méditation dépassent en richesse la splendeur des vitraux. Il y un sentiment de découverte et d’émerveillement, comme de pénétrer dans un sanctuaire. Je res-sens un sentiment d’élargissement et d’élévation comme si je volais dans l’air. La confiance et le calme soutiennent l’élan; la réconciliation et l’énergie l’accompagnent.&lt;br /&gt;
Ensuite, pendant la méditation l’impression du rapport entre homme et femme se manifeste tout naturellement. Je prends et je me laisse prendre, je reçois et je suis reçu dans le balancement de l’amour. C’est l’union du repos et de l’activité, une étreinte éternelle, une fusion parfaite, une saveur égale. Je parviens au plaisir éternel dont j’entrevoyais la possibilité lorsque, adolescent, je contem-plais les insectes. Le plaisir que mes parents goûtaient pendant quelques instants je sens s’établir en permanence. Je goûte le rapport du Verbe et de l’Esprit symbolisé par l’union éternel de Śiva et Par-vatī.&lt;br /&gt;
Dans cette étreinte je découvre celui qui est Amour. En même temps il y a comme une bénédiction qui rayonne pour embrasser toute la terre. Selon l’indication de l’Esprit cette bénédiction est particu-larisée et s’étend à quelqu’un ou quelque besoin précis. Je reprend en mes bras tout ce qui est : le beau et le laid, les vivants et les morts, le vrai et le faux. Je demeure dans le silence infini dont la variété du monde est l’expression. J’arrive à Celui qui est Amour.&lt;br /&gt;
Ce qui est ressenti dans la solitude, il faut que je l’exclame au grand public. L’assemblée eucharis-tique se réunit et, curé de la paroisse, je me tiens au milieu de mes semblables et je les tiens comme dans mes bras. Fort de leur appui je prononce les mots de la tradition qui surgissent en moi comme pour la première fois. Je présente au peuple de Dieu la richesse de la foi élargie par l’apport du tan-tra. Ils jugeront si ce que je dis est conforme à l’illumination de l’Esprit qu’ils ont reçue. Ensuite, en utilisant le mantra eucharistique je consacre les dons présentés en offrande. Je communique à l’assemblée mon corps et mon sang et reçoit les leurs car nous sommes un seul corps dans l’unique Corps du Christ. L’eucharistie est le va-et-vient de l’amour, le mariage mystique. Et dans le silence après la communion on entre dans le silence de l’Amour.&lt;br /&gt;
Les branches s’étendent alors pour accueillir tous les oiseaux du ciel. Le plongement dans l’abîme infini de Dieu ouvre le cœur à toutes les religions. L’Eglise accueille ceux qui viennent comme du bout du monde, ces ‘oiseaux’ qui s’abritent dans l’arbre de l’Eglise et font leurs nids. Ceux qui ac-cueillent sont eux-mêmes accueillis dans l’espace infini du Cœur divin.&lt;br /&gt;
tantra chrétien n’est pas l’affaire uniquement de l’intelligence, mais d’une vie. On ne comprendra le tantra par les idées seules, de même qu’on ne savoure le parfum d’une fleur sans le sentir. On appré-cie le tantra chrétien de façon satisfaisante quand on l’expérimente. &lt;br /&gt;
Chapitre 2&lt;br /&gt;
Le Shivaïsme du Cachemire&lt;br /&gt;
Préliminaire&lt;br /&gt;
Ce chapitre présente les lignes majeurs du Shivaïsme du Cachemire et de son rituel Kula qui est le plus extrême des tantras. On verra que le tantra n’est pas méprisable ou dangereux mais au contraire présente un point de vue de grande valeur. De cette façon on mettra fin quelque peu à la confusion qui existe en Occident au sujet du tantra.&lt;br /&gt;
Le mot ‘tantra’ vient de la racine TAN qui signifie ‘s’étendre’. Le mot se réfère en premier lieu au tissu étendu sur le métier. Par la suite il est appliqué au traitement plus développé d’un sujet. Le mot ‘tantra’ n’est donc ni un nom propre, ni le nom d’une école ou d’un système. Cependant, l’Occident a inventé le nom ‘tantrisme’ et a voulu qu’il indique un point de vue&lt;br /&gt;
« en dérivation hétérodoxe de l’hindouisme, et pour tout dire décadente, puisqu’on semblait défendre la jouissance contre le détachement, la licence contre la morale, l’idolâtrie contre la vision épurée de l’ātman-brahman » des Upanishad.[35]&lt;br /&gt;
Les tantras soulignent l’importance du gourou (guru), de l’initiation (dīkṣā) et du ‘sacrifice’ (pūjā). Le tantrique se sert du diagramme sacré (maṇḍala) et surtout de la formule sacrée (mantra) qu’il récite et qu’il adore comme une divinité. Le yoga tantrique, lié au Haṭha-Yoga, est un « ensemble de pratiques ascétiques qui passent par la médiation du corps »[36] et mènent à l’éveil de la kuṇḍalinī, la puissance cachée. Le pratiquant du tantra (tāntrika) s’oppose au vaidika, le partisan du Brahma-nisme, et fait peu de cas des quatre castes (varṇa), qui se répartissent entre les prêtres (brahman), les guerriers ou la classe dirigeante (kṣatriya), les paysans (vaiśya) et les serviteurs (śūdra). Il suit d’autres rituels (saṁskāra) que ceux sanctionnés par la tradition. Bien que très différents des Vedas les tantras on profondément influencé l’hindouisme médiéval et moderne.[37]&lt;br /&gt;
Toutefois il est possible de définir le tantra de la façon suivante. La tradition indienne préco-nise quatre buts de la vie humaine (puruṣa-artha) : la vie juste (dharma) ; les biens de ce monde (artha) ; le plaisir (kāma); et la libération (mokṣa). Généralement on oppose les trois premiers à la quatrième, la libération, qui ne peut se réaliser, dit-on, qu’après la mort. Le tantra, par contre, et surtout le tantra non-dualiste enseigne que le plaisir et la libération ne sont pas con-traires mais identiques. L’essence du tantra est donc&lt;br /&gt;
de mettre le kāma – le désir – (en tous les sens du terme) et les valeurs qui lui sont associées au service de la délivrance.[39]&lt;br /&gt;
Il s’agit donc de tout connaître et ne rien se cacher. Il s’agit de s’immerger dans le beau et le laid, la peur et la joie, le pur et l’impur, toutes les émotions, toutes les facultés, tous les aspects de cette réalité mouvant, pour se les incorporer et en même temps les dépasser, s’en servant comme tremplin pour entrer dans le mystère de l’Absolu et en saisir tous les pouvoirs. On a accès à l’infini en se servant de ce qui est limité.&lt;br /&gt;
Les origines du tantra ne sont pas bien connues. On peut dire quand même que le tantra atteint son apogée entre les sixième et onzième siècles. Il se répand dans l’Inde entière, dans le Tibet et ensuite dans la Chine et le Japon. Par exemple en 655 de notre ère le maître indien, Punjodaya, apporte en Chine une collection importante de textes tantriques. Il fut suivi par Shubhakarashima (637-735) et Vajrabodhi (671-741).[40]&lt;br /&gt;
Au 8ième siècle Lalitāditya, roi du Cachemire, ayant conquis une grande partie de l’Inde du nord, rassemble autour de lui des savants dans tous les domaines. Pendant plus de deux siècles, la vallée du Cachemire connaît un age d’or où les différentes écoles hindoues et bouddhistes fleurissent et s’influencent. C’est du Cachemire comme du Bengale que partent les missionnaires bouddhistes pour implanter une deuxième fois leur religion au Tibet, et c’est du Tibet qu’on vient chercher au Cachemire les textes bouddhistes et les traduire. Aussi le Vajrayana du Tibet et le Shivaïsme du Ca-chemire se ressemblent-ils.&lt;br /&gt;
La variété des traditions indiennes est énorme. Allant de ‘droit’ à ‘gauche’, c’est-à-dire de licite à l’illicite on commence avec le Védisme et passant par le Brahmanisme et l’école Vaiṣṇava du Pañcarātra on arrive aux écoles Pāśupata (Lākula, Vaimala, Mausala et Kāruka). Cette série reflète la hiérarchie donnée par Abhinavagupta qui, allant de la tradition la moins estimable au plus divine, les nomme : Veda, Siddhānta, Gauche, Droite, Mata, Kula, Kaula, Trika. Aussi le Trika – c’est-à-dire le Shivaïsme du Cachemire la tradition que nous allons présenter en ce chapitre – est-il le système le plus éloigné du Veda.&lt;br /&gt;
Au fur et à mesure que le tantra devient plus extrême, les pratiques deviennent plus antinomiens[41] et les dieux font place aux déesses dans le rituel.[42] Les dieux ne sont pas complètement absents mais deviennent progressivement passifs. Sur le corps inerte de Śiva, la déesse Kālī danse, comme on voit dépeint en crayon sur les rue de Kolkata, sculpté dans les temples du Bengale ou imprimé sur les cartes postales.&lt;br /&gt;
Ce qu’on appelle le ‘Shivaïsme du Cachemire’ est censé débuter avec le Śivasūtra ‘découvert’ par Vasugupta (c.875-925 CE). L’école continue avec Kallaṭa, Somānanda, Utpaladeva et atteint son apogée avec Abhinavagupta (c. 975-1025 C.E.) mystique, poète, dramaturge et philosophe. Dans son chef d’oeuvre le Tantrāloka[43] il revoit tous les tantras de son époque et les réinterprète selon le système idéaliste ‘Trika’. La tradition continue avec le disciple d’Abhinava, Kṣemarāja et, deux siècles plus tard, Jayaratha qui a composé un commentaire complet du Tantrāloka, après quoi la tra-dition disparaît presque sans trace. Elle se ravive au vingtième siècle après la publication en lettres devanâgarî des manuscrits écrits en lettres śāradā et conservés dans les maisons de brahmanes. Les premières études occidentales commencent avec la traduction et la présentation du Paramār-thasāra[44] par Lilian Silburn. Depuis lors on s’intéresse beaucoup à cette école qui s’avère une des plus grandes de l’Inde.&lt;br /&gt;
, c’est le Śaivasiddhānta dualiste qui connaît le grand succès. Il se répandra jusqu’au sud de l’Inde en Tamil Nadu. Le Śaivasiddhānta est dualiste : l’initié devient ‘comme le dieu Śiva’. Par contre selon le Shivaïsme du Cachemire est non dualiste : l’initié se reconnaît comme Ïiva. Il comprend qu’il est Śiva lui-même.&lt;br /&gt;
A l’époque d’Abhinavagupta le système, dont le nom moderne est ‘Shivaïsme du Cachemire’,[45] s’appelait ‘Trika’ (trois) car il est basé sur des triades. Il y le dieu Śiva et sa parèdre (śakti) et le monde humain (nara) qui émanent du couple primordiale. Il y a l’acte (kalpa), la pensée (vikalpa), la conscience sans objet de connaissance (nirvikalpa). Il y a le ‘grossier’ (sthūla), le subtil (sūkṣma) et le suprême (para). Il y a le sujet connaissant (pramātṛ), les moyens de connaissance (pramāṇa) et le connu (prameya), et ainsi de suite. Ce ‘triadisme’ est symbolisé par le trident que Śiva porte &lt;br /&gt;
Les origines du Kula sont obscures. Selon Jayaratha[47] la tradition Kula est originaire d’Assam et plus exactement de Kāmarūpa. Abhinavagupta fait l’éloge de Macchanda comme fondateur de la tradition[48], et se réfère aussitôt à Tryambaka[49] dont il raconte la légende suivante : Śrīkaṇṭha, c’est-à-dire Śiva lui-même, est le gourou des trois ‘Etres Parfaits’ (siddha), Āmardaka, Śrīnātha et Tryambaka. Il les commande de propager les trois traditions dualiste (dvaita), dualiste-non-dualiste (dvaita-advaita) et non-dualiste (advaita) respectivement.&lt;br /&gt;
On a déjà vu que le Kula se place à l’extrême antinomien. Du fait que la contravention du dharma comportait les sanctions les plus sévères on comprend bien pourquoi le rituel Kula soit pratiqué en cachette. Le pratiquant est&lt;br /&gt;
secrètement un ‘Kaula’, publiquement un Śaiva-[siddhānta], mais officiellement un adhérent des Vedas.[50]&lt;br /&gt;
2.A      Les voies vers l’Absolu&lt;br /&gt;
Il est impossible en ce quelques pages de présenter le Shivaïsme du Cachemire en entier. Ce n’est ici qu’un survol bref des thèmes majeurs.&lt;br /&gt;
Au préalable l’individu se croit limité. Il est pris dans le cycle infernal des renaissances, mais il ignore son état prisonnier et se fait l’illusion que tout est normal. Il se tourmente toutefois, cherchant à remplir le vide qui le hante et se donne aux plaisirs passagers qui sont incapables de lui satisfaire. Il est ‘la bête de somme’ (paśu) qui se plaît à manger les brins d’herbe, la tête baissée.&lt;br /&gt;
Dans l’obscurité de ce cachot, la grâce (anugraha) de Śiva resplendit. Le dieu se révèle gratuitement et dispense sa grâce différemment. Chez les uns la descente de l’énergie (śaktipāta) agit intensément (tīvra), chez d’autres de façon moyenne (madhya), et chez d’autres faiblement (manda). Quel que soit le niveau de la grâce, l’individu commence à sortir des ténèbres où il passe ses jours et se met à reconnaître son iden-tité avec Ïiva.&lt;br /&gt;
Abhinavagupta, dans le premier chapitre du Tantrāloka résume tout le contenu de son chef d’œuvre, et décrit les quatre moyens (upāya) d’accès (āveśa) à l’Absolu.&lt;br /&gt;
GO   ON  ICI --&lt;br /&gt;
Le premier est plus exactement un ‘non-moyen’ (an-upāya). Les trois moyens (upāya) suivants sont classés selon les pouvoirs de volonté (icchā), de connaissance (jñāna) et d’action (jñāna). Ces trois ne s’excluent pas car les facultés d’action, de connaissance et de volonté agissent chez tous ; mais l’une ou l’autre peut prédominer. Toutes les voies mènent, chacune de sa façon, à l’absorption dans l’Absolu.&lt;br /&gt;
Dans le ‘non-moyen’ (an-upāya) il n’y a rien à faire. Le niveau de Śiva est atteint immédiatement, sans effort et uniquement par une descente d’énergie très intense, par une communication sans bornes de la grâce. Ce moyen est dénommé ‘non-moyen’ parce qu’il est totalement gratuit. Il est quand même un moyen parce qu’il y a un changement, mais ce changement est subit et total.&lt;br /&gt;
La révélation en est donnée une fois pour toutes, après quoi il n’y a plus de voie.[51]&lt;br /&gt;
Cette non voie est présentée surtout de façon apophatique car la pleine illumination dépasse les catégories mentales.&lt;br /&gt;
Ce suprême domaine ne comporte ni existence ni non-existence, ni dualité, ni non dualité, car il est hors d’atteinte du langage. Il s’enracine sur le sentier de l’inexprimable. Il se tient dans l’énergie, il est exempt d’énergie.[52]&lt;br /&gt;
[Cette lumière de la conscience] n’est ni mantra, ni divinité dont on récite le mantra, ni récitant. Elle n’est ni initiation, ni initiateur, ni initié : elle est Maheśvara.[53]&lt;br /&gt;
Le culte cesse d’être utile, et les différentes émotions ne le tourmentent plus.&lt;br /&gt;
Pour eux, point de mantra, point de dhyāna [exercices de concentration], point de culte ni non plus de constructions imaginaires (kalpanā), ni le va-et-vient des rites d’initiation ….[54]&lt;br /&gt;
Pour [ceux qui ont atteint le niveau suprême], bonheur, douleur, crainte, angoisses, pensée duali-sante se perdent totalement dans la suprême pénétration indifférenciée [dans l’état de Śiva.][55]&lt;br /&gt;
Cela ne veut pas dire que le récipient s’absorbe en lui-même. Au contraire la béatitude universelle est généreuse.&lt;br /&gt;
Le mondain s’acquitte de sa tâche avec effort, incité par son propre bien, et ne déploie aucune activi-té en faveur d’autrui. C’est uniquement au bénéfice des hommes, au contraire, que s’épanouit l’activité de celui qu’emplit la Réalité [divine] ….[56]&lt;br /&gt;
Or, selon Jayaratha le terme ‘non-moyen’ peut être compris aussi comme ‘moyen très réduit’ (alpa-upāya)[57] ou ‘moyen subsidiaire’ (parikaratva).[58] Il en donne quelques exemples:&lt;br /&gt;
La vue (darśana) des Etres Parfaits et des yoginīs; la consommation de ‘l’oblation’ (caru), un ensei-gnement (kathana), une transition (saṁkramaḥ), l’exercice spirituel (sādhana), le service (seva) du gourou.[59]&lt;br /&gt;
Un seul de ces moyens subsidiaires est capable de faire parvenir le disciple à la divine connaissance, subitement et sans devoir par la suite s’engager dans les pratiques nécessaires aux moins doués.&lt;br /&gt;
Toutefois la plupart doivent suivre l’un ou l’autre des voies suivantes, dont les techniques sont in-nombrables.[60]&lt;br /&gt;
… les hommes don la conscience reste impure ne reçoivent pas la grâce sans suivre une voie.[61]&lt;br /&gt;
La second voie que Abhinavagupta décrit est le ‘moyen de Śiva’ (śāmbhava –upāya) où la volonté prédomine et qui est basé sur le sentiment du ‘je’.&lt;br /&gt;
… cette voie, qui est celle d’un élan (udyama) mystique, peut se résumer comme une totale sans doute, mais simple, directe, adhésion … du yogin avec la pulsion originelle de la divinité.[62]&lt;br /&gt;
Le pratiquant ne s’occupe ni d’actes ni de réflexions. Il ne cherche pas à agir ou à comprendre mais désire habiter tranquillement le silence où la volonté, c’est-à-dire l’orientation accordée par la grâce, transforme la totalité des facultés. Le pratiquant est confiant et assuré. Il y a même chez lui une pré-somption (akasmāt), car il est convaincu par la grâce.&lt;br /&gt;
En troisième lieu, le ‘moyen de la puissance’ (śākta-upāya) préconise le raisonnement (tarka) et la connaissance.&lt;br /&gt;
[le ‘moyen de la puissance’] est … une vision intellectuelle lucide où la raison intuitive (sattarka) s’éveille à partir de la pensée différenciée, le vikalpa, pour aboutir à la réalisation mystique, la bhāvanā.[63]&lt;br /&gt;
Chez le bénéficiaire de ce moyen c’est la compréhension qui compte. Sa perception de plus en claire du mystère lui provoque un jaillissement au cœur, car il possède la faculté discriminatoire (vijñāna) qui le laisse entrevoir le Soi (ātman). Le disciple perçoit de plus en plus clairement son identité avec Śiva. Il se réjouit du raisonnement et à la longue il arrive à la connaissance suprême et, comme Śiva, proclame ‘Je suis’. Ainsi le théologien qui a longtemps réfléchi sur les données de la révélation ac-complit son exode lorsqu’il s’apaise dans l’émerveillement du mystère divin.&lt;br /&gt;
Dans le ‘moyen individuel’ (āṇava–upāya) le pratiquant ressent une expansion de la conscience en célébrant le rituel (vidhi), en récitant le mantra, en faisant un pèlerinage ou en offrant les dons etc. En somme, l’action et l’objectivité prédominent. En accomplissant ces actes le pratiquant ‘construit’ son identité (tādātmya) avec Śiva. De même que le pianiste qui a maîtrisé son art ne pense plus à la technique mais s’absorbe tout simplement dans la musique, ainsi le célébrant du rite s’absorbe dans le mystère divin dont le rite est l’expression.&lt;br /&gt;
Le but des quatre moyens reste le même : l’acte de reconnaissance (pratyabhijñā) de l’état de Śiva. Les moyens permettent au tantrique de parvenir à la conscience suprême où il se reconnaît. Il ne pro-clame pas tout simplement qu’il est comme Śiva ou qu’il participe à la nature de Śiva mais qu’il est Śiva. Il proclame ‘Je suis’. Il est présent à tout, universel.&lt;br /&gt;
Que signifie ‘Śiva’ ? Les Veda se réfèrent à d’innombrables dieux : Indra, Agni, Varuna etc. qui symbolisent les divers aspects de l’univers. L’homme mortel fait parti de cet univers mouvementé et en bénéficie. Parmi les dieux védiques se trouve Rudra, dieu farouche, qui sera assimilé à Śiva et, comme tel, apparaît plus clairement dans les Upanishads tardifs, dans les épopées et les Purāṇas, et devient le sujet d’une vaste littérature mythologique et philosophique. Selon le Vedānta, l’absolu se présente d’une autre façon : tout dérive de l’unique brahman, principe impersonnel et infini. Il faut que l’homme reconnaisse l’illusion (māyā) du monde et reconnaisse aussi son identité avec ce prin-cipe universel qui est dénommé ‘Cela’ (tat). Selon la formule célèbre, ‘Tu est Cela’ (tat-tvam-asi). Quand on posa la question au Bouddha, ‘le Soi (ātmā) existe-t-il’, le Maître répondit par le silence, ce qui fut interprété dans différents sens par les différentes écoles. La question du Soi, du principe ultime, se pose de plusieurs façons et reçoit plusieurs réponses.&lt;br /&gt;
A cette question pérenne, le Shivaïsme du Cachemire propose sa propre solution. Le premier verset du Śiva Sūtra,[64] le texte qui fonde cette école, comporte la phrase, « La conscience est le Soi » (caitanyam-ātmā).[65] C’est-à-dire, le Soi est ‘la conscience sans objet de connaissance’. Abhinava-gupta explique: le miroir de lui-même ne comporte aucune image. Il est capable de montrer sur sa surface n’importe quel image et donc d’une certaine façon contient toutes les images. Egalement, une mass d’argile n’a d’elle-même aucune configuration – on peut en faire un plat, une vase, une brique. Dans ce sens elle contient toutes les configurations. Elle est tout est rien. De même la cons-cience suprême peut manifester toutes les formes (rūpa) mais d’elle-même n’en présente aucune.&lt;br /&gt;
La conscience est donc ‘vide’ (śūnya) dans le sens que, d’elle-même, elle est sans objet. Elle est éga-lement ‘pleine’ (pūrṇa) car en principe elle contient tout. Cette même conscience (saṁvit) est égale-ment à la base de tous les expériences et actes et paroles qui sont comme des images sur la surface du miroir. L’effort même de nier la conscience est un acte conscient. Aussi dépasse-t-elle tout et reste ‘sans égal’ (anuttara).&lt;br /&gt;
Selon le Shivaïsme du Cachemire cette conscience n’est pas impersonnelle. Elle est le Sujet qui n’est pas un sujet parmi d’autres, à l’instar d’un dieu parmi d’autres dieux, mais il est tout simplement le Sujet qui contient tout. La conscience est ‘Je’ (aham), sujet simple sans objectivité, présence pure. Rien ne peut le définir parce qu’il dépasse le mental. Il est donc ineffable (anākhya). Il est Sujet et ne peut être aperçu comme objet. Tous les mots qui voudraient le dire sont insuffisants car il ne peut être l’objet d’un discours. Il est toujours le Sujet qui parle. De cette façon, dans chaque individu qui parle c’est le Sujet infini qui s’exprime. Chaque personne individuelle est le rayonnement de la Per-sonne suprême. En connaissant son propre soi on appréhende le Soi universel.&lt;br /&gt;
La conscience, du fait qu’elle est vide, est sans bornes. Elle ne refuse rien et ne présente aucun obs-tacle. Elle est la caverne (guha). Elle connaît et comprend, elle reçoit et accueille, elle ne se détourne de rien et contient tout. Elle est le Cœur (hṛdaya) au cœur de l’être.&lt;br /&gt;
Le Shivaïsme de Cachemire est donc non-dualiste (advaita). Il n’est pas un monisme ; la Réalité ul-time n’est pas le Brahmā impersonnel dont le monde serait le jeu illusoire. Au contraire, l’Absolu est Je dont la panoplie du monde est la manifestation réelle. A ce Je qui transcende tous les noms, notre école donne le nom Śiva (‘le Propice’). De même que le danseur qui adopte une pose est réellement cette pose et en même temps ne l’est pas car il peut la changer, ainsi Śiva, le Roi de la Danse (naṭarāja), est tout ce qui est et ne l’est pas.[66]&lt;br /&gt;
Le Je, le Sujet personnel, est conscience, vide, plénitude, présence, il est sans-égal, ineffable et pré-sent en tout, il contient et dépasse tout. Tel est ‘Śiva’.&lt;br /&gt;
Une question&lt;br /&gt;
Śiva, Parvatī, les dieux et les déesses, sont-ils des personnes[67] ou des personnifications? Or, l’idée de la personne semble comporter celle de l’individu qui ensuite peut signifier un atomisme infran-chissable, cette fragmentation qui est vigoureusement rejetée par la tradition non-dualiste. En somme le personnel et l’interpersonnel, qui sont essentiels au Christianisme, semblent impliquer un dualisme inacceptable.&lt;br /&gt;
Néanmoins, dans son commentaire sur le Parātrīṃśikā[68] Abhinavagupta enseigne un genre de personnalisme. Il dit que la śakti, indissolublement conjointe à Śiva, est ‘tu’. En contemplant un ob-jet, ‘il’, Śiva le transforme en śakti, ‘tu’. C’est-à-dire, par un procès d’absorption, ‘il’ devient ‘tu’ ; il devient personnel et entre en communion. L’absorption continue et le ‘tu’ devient ‘Je’ ; tout devient Śiva. Par la grâce de Śiva ‘il’ devient ‘tu’ et finalement tout est ‘Je’.[69] Śiva dit: ‘Tu n’es pas à part; tu n’est pas autre que moi; tu es mon propre moi’. Les deux – Je et Tu – ne font qu’un. Le non-dualisme du Cachemire, selon Abhinavagupta, n’est donc pas opposé à l’interpersonnel. Toutefois ce genre de commentaire est rarissime.&lt;br /&gt;
2.B      La Parole et les paroles&lt;br /&gt;
Je         Le Je n’est pas ignorant, car il est plénitude de conscience. Il est la lumière (prakāśa) sans ombre et n’est pas obscur à lui-même. Il est conscient de lui-même par une ‘prise de conscience’ (vi-marśa). Les deux – prakāśa et vimarśa – sont inséparables, non pas divisés ou séparés mais identi-fiés. Ils sont non duels. L’un n’est jamais sans l’autre : le premier est la source du second ; le second révèle le premier. La prise de conscience est une auto-illumination, une lumière sur la lumière. Elle est la révélation primordiale. La conscience de la conscience est la Parole (vāc) suprême, éternelle, totale, simple.&lt;br /&gt;
Le Je dit ‘Je suis’. Le Je s’exprime pleinement en disant ‘Je suis’. Il le proclame une fois et éternel-lement, car tout est dit.[70] Rien n’est caché, rien n’est obscur.&lt;br /&gt;
‘Je suis’         Le ‘Je suis’ est le mantra suprême. De même qu’on ne peut opposer ou séparer prakāśa et vimarśa, ainsi le récitant (mantrī) et le récité (mantra) ne sont pas duels. Pour la même raison, ‘ce-lui qui dit’ (vācaka) et ‘ce qui est dit’ (vācya) sont un.&lt;br /&gt;
Ces termes binaires – prakāśa et vimarśa, mantrī et mantra, vācaka et vācya – sont à la base d’une réflexion approfondie sur la nature de la parole poursuivie par Abhinava dans ses œuvres principales. Ce que Padoux avère au sujet de l’Inde en général&lt;br /&gt;
L’Inde semble être, de tous les pays du monde, un de ceux – ou même, celui – où l’on a le plus an-ciennement et le plus continûment spéculé sur la parole[71]&lt;br /&gt;
est vrai aussi de la pensée abhinavaguptienne.&lt;br /&gt;
Or, la Parole est la source de toutes les paroles ; le mantra suprême est le contenu de tous les man-tras. Toute autre révélation est un prolongement de la première révélation. Plus tard, comme on verra en traitant de l’émanation du monde, le ‘Je suis’ deviendra ‘Je suis tel ou tel’ mais sous toutes ses expressions on trouve le ‘Je suis’ primordial. De cette façon tout procède de la Parole qui procède du Je.&lt;br /&gt;
La Puissance              Selon le Shivaïsme du Cachemire, la Parole suprême n’est pas inerte mais puis-sante. Elle est à l’origine de tous les mots et les mondes, les mantras et les choses. Elle est essentiel-lement dynamique et cette puissance est la śakti.[72]  Tout comme le feu et sa capacité de brûler s’impliquent, la Parole et sa śakti ne sont jamais séparées. La puissance de la Parole se distingue de la Parole et s’identifie à la Parole. De même que la lumière et son auto-illumination se distinguent mais ne se séparent pas, ainsi la Parole et la puissance de la Parole se distinguent sans se séparer. Qui voit l’une voit l’autre.&lt;br /&gt;
Śiva se plait à se manifester dans la variété du monde et le fait en union avec sa puissante śakti. La śakti est la capacité de la Parole qui, sans elle, resterait impuissante. Selon la formule célèbre, ‘si la śakti est absente Śiva n’est que śava (cadavre)’. Il ne peut rien faire seul; il peut tout avec sa con-jointe. Dans leur étreinte ils jouent leur jeu (līlā) d’amour. L’émission (visarga) du monde humain (nara) est la vibration (spanda) amoureuse du couple divin. Du fait que la Parole se manifeste dans toutes les paroles et que la Puissance se révèle dans toutes les puissances, l’univers est un vaste champ d’amants, une réunion (melaka) où dieux et déesses – reflets (pratibimba) du couple suprême – s’entrelacent. L’amour se trouve partout. L’instabilité du monde n’est que la mouvance de l’étreinte éternelle, la friction de l’amour (saṁghaṭṭa) comblé d’émerveillement (camatkāra).&lt;br /&gt;
De même qu’un homme n’est capable de procréer un être humain qu’en s’unissant à une femme, ainsi la Parole n’est la source du monde que par l’entremise de la śakti. Le monde émane de la déesse comme l’enfant naît de la femme. La femme est le symbole parfait de la śakti divine.&lt;br /&gt;
Le mot ‘kula’ signifie à l’origine ‘famille’ ou ‘clan’. Il signifie ensuite la totalité du monde. Du fait que la réalité entière émane de la déesse, la śakti aussi est dénommée ‘kula’. Partant, le dieu Śiva, dont elle est la parèdre, reçoit le nom ‘akula’, c’est-à-dire ‘celui qui n’est pas kula’, ‘celui qui n’est pas la déesse’, ‘celui qui transcende le monde’. Le couple primordial śakti-Śiva porte donc le titre ‘Kula-Akula’.&lt;br /&gt;
Le mot ‘kula’ prendra d’autres sens au fur et à mesure que la déesse se concrétise.&lt;br /&gt;
Le ‘kula’ est la śakti de Parameśa [Śiva], sa capacité, éminence, liberté, vitalité et puissance, masse, conscience et le corporel.[73]&lt;br /&gt;
Le rituel Kula qu’on verra plus tard dans ce chapitre permet au pratiquant de réaliser tous ces états.&lt;br /&gt;
Le monde        On entend dire que les trois actes – l’émanation, la permanence et la réabsorption – sont l’œuvre de la ‘trinité’ hindoue, Brahmā, Vishnou et Śiva. C’est trop simplifier les choses. Il est vrai que le mot Brahmā provient du mot ‘brahman’ qui signifie ‘croissance’, et que Vishnou con-serve l’univers, et que Śiva souvent associé au champ crématoire est en quelque sorte destructeur. Selon le Shivaïsme du Cachemire, toutefois, Śiva n’est pas un dieu parmi d’autres mais la source de tout, y compris de tous les dieux. Śiva fait émaner le monde, il le soutient et le réabsorbe; il s’obscurcit et se révèle. Ce sont les cinq actes de Śiva: émanation (sṛṣṭi), permanence (sthiti), réab-sorption (saṁhāra), obscurcissement (tirodhāna), et grâce (anugraha). Ces cinq actes ont lieu l’un après l’autre dans le grand cycle de l’univers et à chaque instant particulier. Toute la réalité du monde, le mobile et l’immobile (cara-acara), sont l’étincellement de l’étreinte éternelle, l’entourage heureux de Śiva et śakti. Selon la formule plusieurs fois répétée,&lt;br /&gt;
« Ses śaktis sont le monde entier et celui qui possède la śakti, c’est le Seigneur ».[74]&lt;br /&gt;
Par la puissance et l’autonomie (svātantrya) de sa śakti, Śiva se manifeste dans le monde. L’émanation n’est pas une création si ‘création’ signifie la production de quelque chose qui n’est pas identique avec lui. Emanation est manifestation, de même que le danseur s’exprime dans sa posture qui n’est pas autre que lui. Le dieu sans forme (niṣkala) adopte une forme (sakala).&lt;br /&gt;
Cette manifestation du dieu est en même temps un obscurcissement (tirodhāna) et une contraction (saṁkoca). L’infini est invisible ; le visible est fini. La réalité se déploie donc de l’invisible au vi-sible, du silence au son, de l’intérieur à l’extérieur, par un processus d’amoindrissement, tout comme le ténor qui se décide à chanter un cantique de louange refuse en même temps de chanter une bal-lade.&lt;br /&gt;
Śiva se ‘contracte’ en projetant le monde qui n’est pas autre que lui-même. Cela ne signifie pas le panthéisme. Nous avons à faire ici non pas avec une philosophie de l’être mais avec une philosophie de la révélation. Ce monde n’est pas un objet mais une expression. Il n’est pas une chose mais une parole. Le dieu s’exprime en ce monde ; le monde révèle le dieu. Tout comme le prophète authen-tique et son expression sont identiques, ainsi le dieu Śiva et ce monde sont un. Le connaisseur et le connu sont finalement identiques et non duels. Tout est conscience. Cela ne veut pas dire que ce monde est imaginaire, mais qu’il est la ‘coagulation’ (mūrti), l’image de l’infini.&lt;br /&gt;
La souillure          Śiva se manifeste et s’obscurcit. Il se trompe donc et cette tromperie est l’illusion (māyā), ce qui ne signifie pas que le monde est irréel mais que la compréhension en est erronée. Śiva devient individuel et se méprend. Il se fait des illusions à son propre égard et sur la réalité des choses.&lt;br /&gt;
La souillure (mala) primordiale est l’individualisme (āṇava-mala). On se dit être ‘tel’ et ‘pas autre’, accablé par la limitation (kalā), la connaissance limitée (vidyā), l’attachement (rāga), le temps (kāla) et la nécessité (niyati). Ce sont les cinq ‘cuirasses’ (kañcuka) qui contraignent et empêchent l’universalité de l’être. Prises toutes ensemble elles constituent la souillure de l’illusion (māyā-mala). L’individu se croit essentiellement limité. Il est soumis à une idée tronquée de ce qu’il est ; son soi est factice (ahamkāra). Ses actes sont donc souillés (karma-mala) et fautifs : il est coupable. Les trois souillures – l’individualisme, l’illusion et la faute – se réfèrent. Le malheureux se trouve donc aliéné de sa vraie nature et sujet au cycle des renaissances, prisonnier du va-et-vient absurde. Il est comme la bête de somme qui tourne en rond sans jamais s’avancer, une bête attelée (paśu). Tout se morcelle en parties et divisions (bheda). La lumière divine s’éteint en lui et il devient inerte (jaḍa), triste et étranger à lui-même.&lt;br /&gt;
Cela ne veut pas dire qu’il est nécessairement inactif. Au contraire, poussé par la colère et la convoi-tise il cherche à combler le vide qu’il ressent en lui-même, mais sa frénésie ne fait que l’éloigner da-vantage de son authenticité. Il ne voit pas la vanité de ses actes. Il se vante peut-être de ce qu’il fait, mais au fond il se méprend et se méprise. Il mène une vie contraire à la voie juste (dharma). C’est l’état sans grâce, l’état de péché où l’image divine est défigurée.&lt;br /&gt;
Śiva s’amuse (krīḍa) en parfaite liberté. Le Je se manifeste en tout. La totalité des choses n’est pas autre que lui. Il ne dit pas ‘Je ne suis pas cette forme ou cet aspect des choses’. Il dit tout simple-ment et à tous les égards, ‘Je suis’. En même temps sous l’effet de l’illusion il dit ‘Je suis tel et pas autre’. Śiva est tout et rien. Il est et il n’est pas (sad-asad). Il se plaît à être en même temps lumière et ténèbre. Toutes les oppositions se réconcilient en lui qui est leur origine. Il se plait à faire ‘ce qui est impossible et improbable’. Il manifeste sa toute puissance en adoptant l’impuissance : il est ca-pable de tout.&lt;br /&gt;
Le mantra              L’alphabète sanskrit consiste en cinquante phonèmes qui s’étalent de ‘A’ à ‘KṢA’. Selon le Shivaïsme du Cachemire, comme dans la pensée indienne en général, l’émanation du monde est une prononciation de la Parole suprême en ces cinquante phonèmes. La voyelle ‘A’, la première, est Śiva lui-même. Les seize voyelles de ‘A’ à ‘ì’ représentent le niveau divin ; les trente-quatre con-sonnes qui suivent, de ‘K’ à ‘KṢA’, représentent le monde objectif. Toute la réalité, donc, se trouve impliqué dans les cinquante phonèmes, tout comme l’immense banyan qui existe déjà dans la se-mence. La Parole et le réel sont un. Les choses et les sons s’impliquent. Tout est son.&lt;br /&gt;
Or, la Parole suprême et sa manifestation phonique sont non duelles. Elles sont inséparables et s’impliquent. La parole limitée qui procède de la Parole suprême est en même temps l’instrument par lequel on atteint le son originel, de même qu’en écoutant le ‘divin Mozart’ on a accès à l’harmonie céleste. Celui qui prononce ces cinquante phonèmes accède à la Parole et se trouve uni à tout ce qui existe. Il n’est séparé de rien, car la Parole comprend tout. Par les paroles on arrive à la Parole.&lt;br /&gt;
Les phonèmes sont arrangés pour former des mantras qui varient selon les traditions. Dans la tradi-tion que nous étudions ici, il y a quatre mantras principaux : Mātṛkā, Mālinī, Mātṛsadbhāva et Parā. La série normale des phonèmes, où les voyelles précèdent les consonnes et qui s’étale de A à KṢA, reçoit le nom ‘Mātṛkā’ (la maternelle) car le monde naît d’elle.[75] La série de phonèmes où les voyelles et les consonnes sont mélangées reçoit le nom ‘Mālinī’ (la guirlande).[76] Du fait que les voyelles symbolisent la semence et les consonnes représentent la matrice, Mālinī donne lieu à l’émission du monde et à l’acquisition du plaisir. Il y a Mātṛsadbhāva (l’essence de la Mère, ou l’essence du Sujet connaissant) : KHPHREM. Il y a aussi le mantra SAUḤ composé des trois pho-nèmes S, AU et Ḥ qui reçoit le nom Parā et aussi le nom ‘Trika’ car ce mantra tripartite résume tout le système du Trika.&lt;br /&gt;
En émettant le monde, le mantra suprême s’exprime en mantras de plus en plus faibles, tout comme les flammes perdent de leur intensité en se projetant hors du feu. Néanmoins, même le mantra limité, du fait qu’il provient authentiquement du mantra suprême, en possède l’essence. Le mantra est un outil, une arme, dont la vertu efficace s’appelle la ‘puissance du mantra’ (mantra-vīrya). En recevant le mantra pendant l’initiation le disciple est transformé en mantra et en reçoit toutes les qualités. Le récitant et le récité sont un. A cause de l’identité entre les phonèmes et le réel, celui qui reçoit le mantra est rendu capable de transformer le monde. Il peut donc consacrer et transsubstantier. Le récitant transmue l’objet sur lequel il projette le mantra ; l’objet devient de même nature que le man-tra. Or, du fait que le mantra est l’expression phonique de la divinité, le récitant, en projetant le man-tra sur lui-même ou sur une autre personne ou sur une offrande, les divinise.&lt;br /&gt;
Abhinavagupta enseigne que l’école Trika est supérieure aux traditions rivales de la vallée du Ca-chemire. De même il constate que les mantras principaux de la tradition Kula sont supérieurs par leur puissance et leur efficacité.&lt;br /&gt;
Ce qui s’effectue en un seul mois en utilisant un seul [mantra] de la lignée des Etres Parfaits [c’est-à-dire la tradition Kula], ne se fait pas en des milliers d’années si on se sert de la foule d’autres man-tras.[77]&lt;br /&gt;
En commentant ce texte, Jayaratha cite un verset qui le confirme :&lt;br /&gt;
Les mantras mentionnés dans les tantras de la tradition Siddhānta etc. sont tous impuissants car il leur manque la splendeur de la śakti. Par contre, les grands mantras de la tradition Kaula ont la splendeur du feu inné ; ils rayonnent de par une splendeur divine, et convainquent immédiatement.&lt;br /&gt;
Du fait que ces mantras sont aussi des déesses, c’est par le féminin que pratiquant du rituel arrive au pouvoir.&lt;br /&gt;
Les paroles           La Parole passe par quatre étapes : parāvāc, paśyantī, madhyamā  et vaikharī. A vrai dire, la Parole suprême (parāvāc) n’est pas une étape mais soutient toutes les étapes, comme l’huile se trouve partout dans le grain de sésame. Or, chez le tantrique qui sort de la richesse infinie de la Parole il y a une intuition (paśyantī) : il ‘voit’. C’est-à-dire, il expérimente une perception qui précède toute expression verbale. Ensuite, par une limitation progressive le tāntrika parvient à l’état intermédiaire (madhyamā) où les paroles commencent à se former. En quatrième lieu il arrive à l’expression en mots ordinaires (vaikharī) où la perception est enfin verbalisée. Toutefois les mots ne suffisent jamais à exprimer la perception de façon totale, et finalement ne font que la suggérer.[78]&lt;br /&gt;
Ceux qui restent entravés par les liens de l’ignorance ne font que remanier les mots de tous les jours sans témoigner d’une connaissance de la Parole suprême. Leurs paroles et la Parole ne se reflètent pas. On ne perçoit pas dans leurs paroles cette Parole qui fonde tout. Leurs mots ne suggèrent rien et restent sans poésie. Par contre, chez celui où tous les niveaux de la Parole entrent en fonction, les mots résonnent (dhvani). Les paroles du gourou, par exemple, agissent puissamment sur les disciples et les conduisent à la source de tous les mots. Ses paroles font place au silence. Il y a donc un va-et-vient incessant entre la Parole et la parole, l’une menant à l’autre.&lt;br /&gt;
Le corps             Le Shivaïsme du Cachemire, ainsi que la pensée indienne en général, voit dans le corps (deha) humain un microcosme du monde. Déjà dans le Ṛg Veda[79] tout est en quelque sorte le résultat du sacrifice de ‘l’Homme’ (puruṣa) primordial «qui est tout ce qui est, ce qui fut et ce qui sera ».[80] L’Homme contient tout ce qui est.&lt;br /&gt;
La Saṁkhyā, une des plus anciennes philosophies de l’Inde, propose vingt-cinq niveaux ou catégo-ries (tattva) qui terminent avec le couple puruṣa (‘homme’) et prakṛti (‘femme’). Le Shivaïsme du Cachemire propose onze catégories supérieures – trente-six en tout – et proclame ainsi que l’école Trika est supérieure à la Saṁkhyā et en constitue le coeur et l’essence.&lt;br /&gt;
De la tête jusqu’au pied, le corps symbolise l’émanation du monde en trente-six niveaux. La mèche (śikhā) au sommet de la tête représente la conscience, Śiva lui-même, alors que l’orteil représente la dernière étape de l’émanation : la matière (pṛthivī) inerte et sans énergie.&lt;br /&gt;
Les niveaux du corps sont reliés à des mondes divers dont celui où nous vivons actuellement n’en est qu’un exemple, de sorte qu’en s’identifiant à telle ou telle partie du corps on jouit d’un univers différent. Celui qui s’identifie au niveau du nombril, par exemple, est seigneur d’un monde plus li-mité que celui qui s’identifie au monde associé au front, et ainsi de suite. Le corps est donc un kula qui résume en lui-même la totalité des choses.[81] Pourquoi voyager ailleurs ? Pourquoi partir en pèlerinage si le corps contient tout en lui-même ?&lt;br /&gt;
Le corps n’est pas une masse confuse mais une structure où l’on trouve des points forts. Les cakras sont autant de réseaux d’énergies, des ‘lotus’ (padma) qui n’attendent qu’à se déployer pour mani-fester toute leur richesse. Le corps n’est donc pas chose à mépriser, mais richesse à découvrir. Il ne s’agit pas de renier le corps mais de l’épanouir.&lt;br /&gt;
L’être humain tout entier, ses facultés (indriya) et ses membres (aṅga), ses rapports et ses souvenirs (smaraṇa), son histoire et ses attitudes mentales (vāsanā): tout forme un système, un maṇḍala, un complexe de roues (cakra) qui s’enchevêtrent. Du cœur (hṛt) ou du nombril (nābhi) 72,000 conduits subtils (nāḍī) rayonnent dans le corps entier. Autour de la roue principale (mukhya-cakra) les roues subsidiaires (anucakra) se disposent et se réfèrent sans cesse, les unes menant aux autres. La satis-faction d’un centre subsidiaire conduit à l’ouverture d’un centre supérieur tout comme à l’apparition de l’aube le lotus s’ouvre. Par exemple, le plaisir qu’on ressent à contempler un chef d’œuvre nous laisse entrevoir une beauté éternelle. A écouter les chants, l’esprit commence à entendre une concor-dance qui dépasse ce monde. Les roues subsidiaires qui commencent à tourner finissent par mettre en jeu le centre principal, la conscience qui est souveraine. On trouve en cet aménagement la raison de l’usage tantrique du plaisir et de l’horreur, comme on va voir.&lt;br /&gt;
Le corps est une manifestation de la Parole. En se servant d’un mantra on anime les cakras. En pro-nonçant ram ou yam, par exemple, on anime le nombril ou le cœur. Egalement, le déploiement d’un cakra fait résonner un son particulier que le pratiquant entend comme un bourdon venu de nulle part, une musique venue du ciel. Le corps et la Parole se réfèrent.&lt;br /&gt;
Les niveaux de la conscience               La pensée indienne, comme celle du Cachemire, enseigne que le niveau généralement dit ‘conscient’ – celui où les mots et les choses prédominent et que tous peu-vent constater – est le niveau le moins important. C’est ‘le monde objectif’ (jāgrat). Plus personnel et plus révélateur mais moins accessible aux autres est l’état de rêve (svapna). De fait, la psychana-lyse justifie ce point de vue, car elle propose que le sous-conscient et ses rêves soient de meilleurs indices de la condition d’une personne que les circonstances concrètes où elle se trouve. Plus impor-tant encore en la pensée indienne est le sommeil profond (suṣupta), l’état sans rêve. A ce niveau on est capable, comme le nouveau né, de recevoir toutes les impressions ; on est sans formation ou dé-formation. Tout est connu in nuce, essentiellement. Plus profond encore est le ‘quatrième niveau’ (turya) qui est la puissance (śakti) primordiale, la source de tout. Et finalement il y a le ‘au-delà du quatrième’ (turyātita) préconisé par le Shivaïsme du Cachemire. Ce niveau est Śiva même qui com-prend tout ce qui est. En s’identifiant à Śiva on atteint non seulement la conscience elle-même mais, en principe, toutes les connaissances particulières qui en découlent.&lt;br /&gt;
Le disciple cesse de vivre uniquement dans ce monde objectif ; il part en pèlerinage vers l’état de Śiva (śivatā). En l’atteignant il s’identifie à tout et vit aux cinq niveaux de la conscience en même temps. Partant, il a l’esprit universel et compatissant. Formé dans une culture particulière il est quand même sans déformation et sans préjugés. Chaque point de vue lui est familier ; il le comprend. En se trouvant dans une situation insolite il se trouve quand même chez lui, car l’état de Śiva n’est étran-ger à rien. Pleinement éveillé il se sent à l’aise partout ; il ne se cramponne à rien et reste libre.&lt;br /&gt;
De même, on distingue entre kalpa, vikalpa et nirvikalpa. L’acte objectif (kalpa), si important qu’il soit, est essentiellement l’expression de la pensée (vikalpa) qui elle-même est dépassée en valeur par le non-savoir (nirvikalpa), le seuil de la vraie connaissance du soi. Les actes et les pensées font place à l’absolu qui les contient et dont ils sont la manifestation.&lt;br /&gt;
Il y a un va-et-vient constant entre ces trois. Le nirvikapa, c’est-à-dire l’orientation essentielle de la personne, s’exprime en des points de vue. Ceux-ci ensuite s’expriment en actes qui miroitent leur source. Le cœur épanoui s’exprime en actes qui épanouissent. Egalement et en sens inverse, le péché et l’erreur empêchent la largesse de l’esprit. Chez le tantrique véridique tous les trois se correspon-dent et s’impliquent. La vibration se poursuit sans heurt.&lt;br /&gt;
Finalement on distingue entre quatre niveaux de la connaissance. Le premier comprend ce qu’il y a d’objectif, de visible, de palpable : c’est le domaine du connu (prameya). Le deuxième se réfère aux moyens de la connaissance (pramāṇa) : les émotions, les facultés, la raison etc. Le troisième est le sujet connaissant (pramātṛ). Les trois niveaux s’interpellent : le sujet par les différents moyens s’exprime objectivement.&lt;br /&gt;
Mais il y a aussi le quatrième niveau qui comprend et sous-tend les trois autres : pramiti. Lorsque le sujet parfaitement conscient se rend compte que le monde objectif est lui-même, c’est le soi qui con-naît le soi par le moyen du soi. C’est-à-dire, le sujet conscient n’est pas autre que le monde qui est l’expression de son soi : en voyant le monde il se voit lui-même. Egalement, les moyens dont il se sert ne sont pas autres que lui-même. Le dualisme qui sépare sujet, moyen et objet est dépassé par le non-dualisme où tout est un. Tout n’est que le sujet (pramiti).[82]&lt;br /&gt;
Ainsi, l’homme qui est entravé par les liens de l’ignorance et qui s’identifie à ce qu’il fait ou à ce qu’on lui a fait reste inconscient du creux qui le ronge. Il agit sans réfléchir et sans comprendre. Il est automate, poussé. Egalement celui qui ignore l’intelligence (buddhi) de la conscience se limite aux idées et y trouve toute sa joie. Par contre celui qui atteint Śiva dépasse ces façons d’être et en même temps les réconcilie. Connaissant le soi universel il demeure essentiellement au delà de toute connaissance particulière. Aussi conserve-t-il une juste compréhension des idées qui lui arrivent et mène une vie juste et sait accomplir le rituel d’une façon réfléchie et sans égoïsme. Ses actes sont ‘parlants’ ; ils expriment l’Inexprimable. L’officiant n’agit plus en automate. Il accomplit le rituel sachant ce qu’il fait. Il est authentique et sans mauvaise foi. Il le fait consciemment car les actes pro-cèdent de son propre soi. Ses actes font voir la puissance de la śakti qui l’habite et qui se commu-nique par lui. Il s’exprime en tout, et tout est à lui. Il est le Seigneur universel (prabhu).&lt;br /&gt;
2.C      Initiation&lt;br /&gt;
Préliminaire&lt;br /&gt;
Le Tantrāloka se divise en deux parties. Les chapitres 1-12 donnent les bases du système alors que les chapitres 14-36 présentent le rituel, dont le rituel Kula au chapitre 29 est comme l’apogée. Dans le chapitre 13, qui réunit les deux parties comme les gonds d’un diptyque, Abhinavagupta décrit l’initiation nécessaire car seul le tāntrika qui a reçu l’initiation (dīkṣā) est autorisé à célébrer le rituel. Seul l’initié qui est identifié à la tradition (saṁpradāya) est autorisé à l’exprimer dans le rituel. La tradition et l’initié et le rituel : tous les trois sont un. Le non-initié parce qu’il n’appartient pas à la tradition reste incapable de la célébrer. S’il insiste, son acte n’est que contrefaçon.&lt;br /&gt;
Dans le chapitre 13 du Tantrāloka, Abhinavagupta décrit trois catégories d’initiation : intense (tīvra), moyenne (madhya) et faible (manda). Ces trois ont lieu sur trois niveaux, également intense, moyen et faible. Il y a donc neuf formes d’initiation. Le grand cachemirien s’intéresse surtout aux trois premiers : très intense (tīvra–tīvra), intense (tīvra) et peu intense. Dans le premier cas, le réci-pient est initié directement par la déesse et si intensément qu’il atteigne l’état de Śiva et quitte ce monde sans tarder. Dans le deuxième cas le récipient est initié directement par la déesse et, comme Abhinavagupta lui-même, se met à enseigner les hommes pour qu’eux aussi puissent arriver à l’état de Śiva. Dans ces deux premiers cas l’énergie s’abat sur le disciple même sans initiation rituelle, car la déesse est libre et agit suivant son gré. Subitement et sans raison la conscience se déploie en lui. Un tel disciple est le favori de la déesse.[83] Dans le troisième cas cependant, le récipient a besoin de trouver un gourou et se faire initier pour qu’il arrive à l’état de Śiva. Les six autres formes d’initiation sont de plus en plus faibles ; Abhinava les passe en revue assez rapidement.&lt;br /&gt;
Le chapitre 29 sur le Kula se divise aussi en deux sections.[84] La première section consiste en les rituels célébrés par l’initié ; la deuxième consiste en les rituels de l’initiation.[85] Ces deux parties se correspondent. Seul l’initié au Kula est capable de célébrer le rituel Kula ou d’initier ses disciples. C’est par ce que le Kula est une tradition, non pas une philosophie.&lt;br /&gt;
Voici la première forme d’initiation tirée de Māliniīvijayottaratantra.[86] Après s’être identifié à Śiva en pratiquant les rituels décrits en la première partie le gourou percevant l’aptitude du disciple – un seul parmi cent mille[87] – se met à l’initier.&lt;br /&gt;
Apres avoir invoqué le mantra de la déesse sur le disciple, le gourou l’amène en présence du dieu. Apres s’être fixé le regard sur les bras du disciple, le gourou les enflamme avec le mantra de la déesse. En invoquant le même mantra, le gourou place une fleur dans les mains du disciple … il les contemple comme si le mantra de la déesse les tirait … Ensuite le disciple prend le bandeau de façon spontanée. On lui couvre les yeux, et spontanément il laisse tomber la fleur. Le gourou constate, de par la chute, le kula auquel le disciple appartient. Ensuite, après que le disciple a enlevé le bandeau, le gourou le fait tomber aux pieds de la déesse du kula en lequel il a été initié.[88]&lt;br /&gt;
C’est le mantra de la déesse qui initie le disciple. Le raisonnement joue son rôle, mais finalement c’est la grâce qui le rend soudainement convaincu. L’évidence lui saute aux yeux. Le gourou projette le mantra mais c’est la déesse en sa forme phonique qui détermine les mouvements des mains et sur-tout l’endroit où la fleur tombe – sans doute sur un diagramme qui désigne les différents kula ou déesses subsidiaires. De fait, il y a plusieurs kula ou familles de yoginīs qui régissent le domaine qui leur est propre. Initié dans tel ou tel kula, le disciple est seigneur de ce domaine ; la déesse lui ac-corde tous les biens de sa famille.&lt;br /&gt;
Cette initiation est elle-même le prélude à l’initiation comme ‘Fils’ (putraka) où le disciple choisit la libération seule ou bien la libération et la jouissance (bhoga- mokṣa) toutes les deux. On peut aussi chercher ensuite la consécration (abhiṣeka) comme Adepte (sādhaka) dont la fonction est d’accorder les biens de la terre – victoire sur le champ de bataille, succès, femmes, éléphants etc. Egalement on peut accéder à la consécration comme Maître (ācārya) autorisé à enseigner et à initier ses propres disciples et leur donner à la fois libération et jouissance.&lt;br /&gt;
Abhinavagupta décrit les rituels de consécration de l’Adepte et du Maître mais il semble ne faire pas de grand cas de ces fonctions. Pour lui c’est le gourou qui compte. Le gourou dépasse toutes les variations ; il est à la fois Adepte et Maître et tout le reste.&lt;br /&gt;
Pendant l’initiation, l’énergie de la déesse descend (śakti-pāta) dans l’un ou l’autre niveau du dis-ciple. Il y a cinq signes (cihna) qui indiquent où elle se loge: la béatitude (ānanda), lorsque la des-cente a lieu dans la conscience ; le saut (udbhava), si elle a lieu dans l’espace (vyoma) ; le tremble-ment (kampa), si elle a lieu dans le souffle vital (prāṇana) ; le sommeil (nidrā), si elle a lieu dans le corps interne (antas-tanu), c’est-à-dire les facultés cognitives ; le chancellement (ghūrṇi), si elle a lieu dans le corps externe (bahis-tanu) physique. Au fur et à mesure que la śakti touche un niveau plus élevé d’autant le résultat sera plus intérieur et sans spectacle. Si l’énergie lui arrive dans un niveau inférieur le disciple ressent un effet apte à impressionner les ignorants mais qui est signe d’une grâce plus faible.&lt;br /&gt;
Il y a aussi l’initiation par la pénétration (vedha) qui est comparable à ce qui se passe au Cachemire lorsque le père voit que la mort s’approche. Il fait venir son fils et lui lègue non seulement ses biens mais toute sa personne. Il lui accorde son esprit; il lui donne sa joie et sa paix ; il lui communique son espoir et sa grâce. Tout ce qu’est le père il le fait pénétrer en son fils. De même, dans l’initiation par pénétration le maître fait venir le disciple qui s’assied devant lui. Il lui communique sa śakti ; il pro-jette toutes ses facultés dans les facultés du disciple, ses façons de voir, de penser, d’agir. De cette façon le gourou et le disciple fusionnent et sont ‘de saveur égale’ (samarasī). Le disciple s’identifie donc au ‘centre’, le moyeu (kha) de la roue, c’est-à-dire la réalité suprême dont toute chose est le rayonnement.&lt;br /&gt;
L’initiation peut se faire aussi par la vue. En voyant un maṇḍala, ou une idole (mūrti), le disciple se trouve transformé en ce qu’il contemple. Egalement, le gourou qui se manifeste au regard publique (darśana) peut provoquer la descente de la śakti. Ou bien, le gourou peut diriger son regard sur le disciple et de cette façon très simple lui communiquer la connaissance divine. Même parti ailleurs sur la terre, même hors de ce monde, le gourou peut initier. En somme, le plus l’initiation est caché, le plus elle est intense et va droit au cœur. L’invisible prévaut sur le visible.&lt;br /&gt;
L’initiation extérieure n’est pas absolument nécessaire. Toutefois, même le tantrique initié directe-ment par la déesse cherche l’initiation publique, non pas qu’il en ait besoin mais parce qu’il veut que l’initiation intérieur se manifeste dans l’initiation extérieur et que de cette façon l’intérieur et l’extérieur se conforment.&lt;br /&gt;
Toutes ces initiations font que le disciple se reconnaît comme Śiva. Il ne dit pas, selon la tradition du Śaivasiddhānta, qu’il est semblable à Śiva. Il dit qu’il est Śiva. Au sujet de son soi limité il dit&lt;br /&gt;
« Je ne suis pas, …. Je ne suis que des énergies »[89]&lt;br /&gt;
mais au sujet de son vrai soi il dit authentiquement et consciemment, ‘Je suis Śiva’ (śivo ‘ham). Il reconnaît son identité à Śiva.&lt;br /&gt;
2.D      L’union sexuelle &lt;br /&gt;
Initié soit directement par la déesse ou par l’intermédiaire du gourou, le disciple se met à pratiquer le rituel qui lui convient le mieux pour arriver pleinement à l’état de Śiva.&lt;br /&gt;
Le rituel Kula convient surtout à ceux qui suivent le deuxième moyen, le moyen de Śiva (śāmbhopāya). Abhinavagupta le dit au début du chapitre 29 :&lt;br /&gt;
Le rituel Kula convient aux gourous et disciples les plus avancés.[90]&lt;br /&gt;
Jayaratha explique que « ‘avancés’ signifie qu’ils demeurent au plus haut degré d’éveil indifférencié (nirvikalpa) ». C’est-à-dire, les pratiquants veulent exprimer et développer la pensée non duelle qu’ils ont atteinte et qui n’oppose pas le plaisir et l’horreur.&lt;br /&gt;
Le rituel est complexe. Ces quelques pages vont en signaler les idées maîtresses et examiner, à la fin, deux rituels : le rituel quotidien et quelques aspects du rituel avec la parèdre.&lt;br /&gt;
Le plaisir                 Pour l’adhérent du védisme (vaidika), comme on a vu, les trois buts – la vie juste (dharma), les biens (artha) et le plaisir (kāma) – s’opposent à la libération (mokṣa). Pour le tāntrika, par contre, jouissance (bhukti) est libération (muktī). Le tantrique ne cherche pas à se libérer de cette vie mais à devenir le ‘libéré vivant’ (jīvan-mukta) qui prend part à la vie à tous les égards, y compris l’agréable (sukha) et le désagréable (duhkha), sans perdre la conscience de son identité à Śiva. Con-trairement à l’adhérent du védisme, pour le tantrique le destin éternel s’achève dans le temps. Ce qui est limité devient le moyen d’accéder à ce qui est illimité.&lt;br /&gt;
Les plaisirs               Le tantra du Cachemire propose, donc, une spiritualité du plaisir qui est un pressentiment de la joie divine. Les mets, la musique, la famille[91] – tous accordent le plaisir qui ouvre l’esprit à la conscience infini. Par exemple :&lt;br /&gt;
La ferveur vibrante de la conscience peut être due à des substances externes, fleurs, parfums, encens qui agissent sur le souffle ; due également à des nourritures, sources de plaisir. Cette ferveur surgit encore quand le possesseur de l’énergie (le sādhaka) imagine les baisers etc. et pénètre ainsi dans la roue principale et dans les roues secondaires.[92]&lt;br /&gt;
La faculté et son objet ressemblent au couple primordial. Le rapport de l’œil et de ce qui est vu est un rapport de Śiva et śakti. L’oreille et la musique, l’œil et l’art, la langue et la saveur, tous les sens et toutes les sensations sont une participation à l’étreinte éternelle. Le rapport de Śiva et śakti se re-trouve partout. C’est le rapport du connaissant (pramātṛ) et du connu (prameya). Ce rapport est kau-la.&lt;br /&gt;
Le kaula …. est tout simplement la connaissance et l’objet de connaissance, comme il est dit dans le Traiśirasa.[93]&lt;br /&gt;
Tout acte qui mène à l’état de Śiva est donc un acte religieux, qu’il soit officiellement reconnu ou non.&lt;br /&gt;
Le plaisir sexuel          Le plaisir sexuel, toutefois, est le plus apte à donner accès à la conscience.&lt;br /&gt;
Ce qui mène à la jouissance est ‘la partie intime’ de la conscience. Aussi est-il la roue principale. Tout le reste n’est que roue subsidiaire (anucakra).[94]&lt;br /&gt;
Toutefois, on se trompe énormément en identifiant le sexe et le tantra. Parmi les 112 moyens d’arriver à la conscience, le Vijñānabhairavatantra ne présente que trois qui ont à faire avec la sexua-lité. Aussi le tantra du Cachemire accorde-t-il une place importante au rapport sexuel et en même temps le relativise. La sexualité a sa place mais d’une façon limitée et aucunement prépondérante.&lt;br /&gt;
Le deuxième de ces trois moyens se réfère au repos qui a lieu à la fin du coït.&lt;br /&gt;
La jouissance de la Réalité du brahman qu’on éprouve au moment où prend fin l’absorption dans l’énergie fortement agitée par l’union avec une parèdre (śakti), c’est elle (précisément) qu’on nomme jouissance intime.[95]&lt;br /&gt;
Le troisième verset se réfère au souvenir d’une rencontre passée.&lt;br /&gt;
O Maîtresse des Dieux ! L’afflux de la félicité se produit même en l’absence d’une énergie (une femme), si l’on se remémore intensément de la jouissance née de la femme grâce à des baisers, des caresses, des étreintes.[96]&lt;br /&gt;
Mais c’est le premier verset qui va retenir notre attention :&lt;br /&gt;
Mais qu’on fixe la pensée qui n’est plus que plaisir dans l’intervalle de feu et de poison. Elle s’isole (alors) ou se remplit de souffle (et) l’on s’intègre à la félicité de l’amour (smara).[97]&lt;br /&gt;
Ce verset se comprend de plusieurs façons. En voici deux. Le ‘feu’ signifie l’estomac, là où les mets sont consumés ; le ‘poison’ se réfère à la gorge, là où le dieu Śiva selon le mythe bien connu a avalé le poison halāhalā qui détruisait le monde et d’où il prend son sobriquet, ‘celui dont la gorge est bleu noir’ (nīlakaṇṭha). On fixe la pensée donc entre l’estomac et la gorge, c’est-à-dire dans le cœur et à la joie qui y jaillit, de sorte que cette joie devient le tremplin par lequel on aborde la joie infinie de Śiva et sa śakti. Cette interprétation est la base de tous les autres plaisirs qui sont mentionnés dans les versets 71-74 du Vijñānabhairava. La second interprétation est celle-ci : pendant le coït, on cherche à stabiliser la pensée entre l’essor de la jouissance, qui est comme un feu, et l’orgasme qui la termine, qui est comme une poison. Lorsqu’on est bien stabilisé dans cet intervalle, la conscience s’ouvre et le couple comprend qu’il est de fait Śiva et sa parèdre unis dans l’étreinte de l’amour. On voit bien que ces deux interprétations s’impliquent.&lt;br /&gt;
Jayaratha développe cette deuxième interprétation dans son commentaire au Tantrāloka 29.100b-101a qui parle du pratiquant et de sa parèdre. Il cite le texte suivant:&lt;br /&gt;
On ne célèbre pas cette parfaite expression du désir sexuel … pour arriver à la jouissance. On la célèbre pour contempler sa propre conscience: l’esprit, est-il stable ou vacillant ?&lt;br /&gt;
Une maîtrise complète du soi est requise pour rester en cet état, car il est facile de le perdre, soit en refoulant le plaisir soit en procédant à l’orgasme qui termine le plaisir, c’est-à-dire ‘la petite mort’. Il faut à la fois assentir au plaisir et en être détaché. C’est un état non-dualiste. Le plaisir devient alors le moyen de parvenir à l’état de Śiva / śakti qui est la jouissance (ānanda).[98]&lt;br /&gt;
Le plaisir trompeur                Selon le Shivaïsme du Cachemire, les plaisirs ne sont pas tous de valeur égale. Le critère de la valeur d’un plaisir se trouve en ceci : est-ce qu’il permet l’épanouissement de la conscience.&lt;br /&gt;
Le sacrifice [c’est-à-dire le plaisir], vu de l’extérieur, est dénommé ‘assouvissement’ (tarpaṇa). Le résultat en est un déploiement (vikāsa) [de la conscience.][99]&lt;br /&gt;
La fleur du lotus s’ouvre au toucher du soleil. De même la conscience se déploie sous l’effet du plai-sir. Les multiples centres enchevêtrés, qui sont comme une série de lotus, s’ouvrent successivement en une floraison. Tel plaisir ouvre la porte à tel autre, indéfiniment. C’est un jaillissement (ucchala-na), un essor (uccāra) qui atteint son apogée lorsqu’on se repose en une joie totale et sans bornes, là ou repos et activité coïncident.&lt;br /&gt;
Il y a la trajectoire opposée : une descente aux enfers.&lt;br /&gt;
Les états qui se trouvent au cercle supérieur, s’ils descendent à un niveau plus bas, il y a la posses-sion par un Piśāca, qui sûrement fait obstacle. [100]&lt;br /&gt;
On a le choix. On peut, par la grâce, chercher le déploiement sans arrêt. On peut aussi choisir le chemin néfaste où le plaisir et la conscience se séparent. Le malheureux cherche des plaisirs de plus en plus acharnés qui pourtant le laissent vide. Les plaisirs sont vite oubliés et il cherche des moyens de plus en plus exagérés. Il devient un obsédé. Loin de se plaire en tout il ne se plait de rien. Son esprit et son cœur sont rétrécis (saṁkucita). En poursuivant le chemin faux il se perd dans l’illusion, et la conscience s’obnubile.&lt;br /&gt;
Il s’en suit que d’eux-mêmes les plaisirs externes ne mènent pas nécessairement à la joie intérieure. Dans son commentaire sur Tantrāloka 29.99-100a Jayaratha cite le verset suivant:&lt;br /&gt;
« Sans gourou, sans divinité, comme des insensé, O Parameśvarī, buvant le vin et mangeant de la viande sans arrêt, ils sont des ‘bêtes de somme’. C’est certain. »[101]&lt;br /&gt;
Il est « sans gourou » car il n’a pas reçu l’initiation. Il est « sans divinité » pour la même raison. Il contrefait le rituel – « buvant le vin et mangeant de la viande sans arrêt » – il ne le célèbre pas. Il se croit heureux et ignore qu’il reste immergé dans l’existence transitoire (saṁsāra) : il est une « bête de somme ». Le fait qu’il continue à se servir de tels moyens est preuve de sa folie (moha). Les faux bonheurs sont foncièrement absurdes et condamnent leurs pratiquants à l’interminable roue des re-naissances.&lt;br /&gt;
Cette confusion est à l’origine du mauvais nom du tantra à l’heure actuelle. On pense qu’en utilisant tout simplement l’alcool, le sexe etc., on peut arriver à l’état de Śiva. Pas du tout. Ce n’est qu’en ayant, par la grâce de Śiva, déjà arrivé à l’état de Śiva qu’on peut pratiquer le tantra. Les trois M’s (makāra) – vin, viande et union sexuelle – dont on parlera bientôt, sont les moyens de réaliser ce qu’on est déjà et non pas d’atteindre ce qu’on n’est pas.&lt;br /&gt;
Dans ce tantra du Cachemire, le contraste se pose non pas entre plaisir et non-plaisir mais entre le plaisir qui procède de la conscience et celui qui est privé de conscience ; entre le plaisir qui fait jaillir la conscience et celui qui y fait obstacle. La béatitude de l’homme libéré et celle de la ‘bête de somme’ sont essentiellement différentes.&lt;br /&gt;
On peut monter au ciel par le plaisir ou descendre aux enfers par son abus. On peut aussi rester coin-cé.&lt;br /&gt;
Cependant, les [déesses] de celui qui est centré sur lui-même, du fait qu’elles cessent de régir son corps, s’arrêtent. Par conséquent son sentiment du soi reste incomplet et sans élan.[102]&lt;br /&gt;
C’est-à-dire, celui qui s’attache à une perception limitée des choses – le ‘corps’ – et surtout à l’idée du soi factice (ahamkāra) se plait jusqu’à un certain point mais reste là. Les facultés cessent de s’épanouir selon leur tendance normale. Elles se raidissent. La floraison progressive des ‘lotus’ s’arrête et l’égoïste se lasse même s’il ne s’en rend pas compte. Son esprit ne s’étale pas ; il reste sans largesse.&lt;br /&gt;
Le plaisir dans le rituel Kula               L’Inde classique propose quatre étapes de la vie (āśrama). Premièrement, après avoir quitte le foyer familial, l’adolescent célibataire (brahmacārī) poursuit ses études védiques aux pieds du gourou qu’il sert humblement. A la fin de ses études il se marie, dirige la maison (gṛhastha) et veille à l’éducation de ses enfants. Apres s’être retiré des affaires il vit avec sa femme dans la forêt (vanaprastha). Finalement, ayant tout quitté (saṁnyāsī), il part seul sur la route en pèlerinage vers l’infini.[103]&lt;br /&gt;
Cependant le rituel Kula comprend le mot ‘brahmacārī’ d’une toute autre façon. Ce terme ne signi-fie pas ‘célibataire’ mais tout au contraire ‘celui qui pratique le brahma’, c’est-à-dire qui se sert des trois ‘M’ :[104] vin (madya), viande (māṁsa) et le rapport sexuel (maithuna).&lt;br /&gt;
Que [le célébrant] emplisse le calice avec les ingrédients qui sont le résultat et les causes de la joie.[105]&lt;br /&gt;
Le vin et la viande sont « les causes de la joie » et contribuent au « résultat » qui est la jouissance sexuelle. En utilisant ces trois éléments, le tantrique expérimente le brahma, c’est-à-dire la joie su-prême, la masse de conscience (cid-ghana), la conscience pleinement déployée. C’est un renverse-ment du sens du mot brahmacārī!&lt;br /&gt;
Le célébrant du rituel Kula se sert de ces moyens, comme de tous les plaisirs, non pas pour atteindre la joie qu’il ne possède pas encore mais pour réaliser la joie qu’il connaît déjà. Ayant reçu par l’initiation l’illumination de la conscience dans le tréfonds de son esprit, il cherche à en exprimer la béatitude (ānanda). Il veut expérimenter extérieurement la joie qu’il possède intérieurement. Jayaratha explique:           &lt;br /&gt;
« Celui qui suit le chemin Kula doit utiliser [les trois M] pour la raison qu’il est entièrement engagé à manifester sa propre béatitude et rien d’autre. Il ne faut pas utiliser [les trois M] par raison de con-voitise. Si c’était le cas, comment est-ce que [l’usage des trois M] différerait des usages mon-dains. »[106]&lt;br /&gt;
Notons bien la direction: la béatitude intérieur prédomine car elle est la source. Le plaisir externe réalise ce qui existe déjà. Il s’ensuit que le yogi qui connaît la joie intérieure voudra peut-être s’exprimer en les joies extérieures. Toutefois le plaisir extérieur ne lui est pas absolument nécessaire. Il peut s’en passer et néanmoins connaître la joie la plus intense. Ce qui compte finalement n’est plus tellement l’union sexuel, mais l’expérience ; non pas l’acte mais la sensibilité.&lt;br /&gt;
L’union sexuelle           Abhinavagupta accorde un rôle important au vin et à la viande, mais il tire notre attention sur le maithuna.&lt;br /&gt;
En s’unissant, pendant la cérémonie, avec la parèdre que le gourou lui prépare pour ce rôle, le dis-ciple expérimente l’éclosion de la conscience. La compagne lui transmet le plus haut savoir directe-ment. Identifiée à la fille de Tryambaka, celle qui au début propagea la tradition Kula, la compagne est le gourou.&lt;br /&gt;
Il se peut qu’en s’unissant à la compagne sexuelle (dūtī), le yogi entende le cri de joie qui jaillit de la gorge de la bien-aimée, ce cri qui manifeste la joie éternelle du couple primordial, Śiva et śakti.[107] Le yogi suit le cours de ce cri qui s’absorbe dans le silence d’où il s’est échappé. Il entre alors dans le silence qui n’est pas l’absence du son mais sa source originelle. Il devient ainsi la Parole suprême.&lt;br /&gt;
Il y a un son indéfini [c’est-à-dire HĀ-HĀ] qui part du cœur et, à travers le sein (de l’aimée), atteint la gorge pour s’achever sur les lèvres. Celui qui l’entend … au moment où cesse l’agitation, à cet instant, [où toutes les formes audibles du son cessent] le Son divin se manifeste.[108]&lt;br /&gt;
Le yogi peut également contempler les fluides qui découlent sous l’effet de la jouissance et se trou-ver transporté ainsi jusqu’à l’état de Śiva. Le cri et les fluides, qui appartiennent au niveau dit ‘gros-sier’, symbolisent et mènent éventuellement au niveau suprême. L’émission sexuelle comprend donc toutes les catégories, de la plus élevée à la plus matérielle. Elle aussi reçoit le nom ‘kula’.&lt;br /&gt;
En premier lieu, le mot ‘maithuna’ signifie l’union sexuelle. Il peut aussi signifier l’usage des fluides (kuṇḍa-golaka) qui en résultent, ces fluides dont l’opinion dualiste considère comme impurs.[109] Il n’est donc pas nécessaire de recourir constamment à l’union sexuelle pour pratiquer le maithuna : on peut se servir des fluides qui en conservent toute la valeur.&lt;br /&gt;
Dans le Dhvānyālocana[110] Abhinavagupta étudie la résonance (dhvani), c’est-à-dire l’art de la suggestion et explique pourquoi la poésie et le spectacle théâtral transportent les assistants au niveau le plus élevé. Mais ce sont les fluides, du fait qu’ils sont naturels et non fabriqués (a-kṛtrima) et qu’ils proviennent des participants directement, qui sont d’autant plus puissants.&lt;br /&gt;
Le yogi peut donc soit s’unir à la femme ou se servir des liquides. Dans les deux cas il atteint leur origine, la divine śakti, et il acquiert l’état de Śiva qui est ‘celui qui possède la śakti (śaktimān). Le yogi a fini avec les mots qui sont faibles en comparaison, et expérimente directement. La yoginī son sexe et ses fluides sont la vraie ‘bouche’ (vaktra) qui prononce le ‘mantra’ ; elle est le gourou véri-dique qui ‘enseigne’ authentiquement. Elle n’enseigne pas par les mots sortant de la bouche du vi-sage mais par la connaissance immédiate communiquée par la ‘bouche inférieure’.[111] Elle accorde à son partenaire la conscience ultime. En connaissant cette ‘bouche’ qui est la Réalité (tattva)[112] ultime, il se reconnaît comme Śiva.&lt;br /&gt;
La béatitude                Sous-jacent à chaque plaisir se trouve le cycle des béatitudes, car la cons-cience est une vibration (spanda) qui balance entre l’invisible et le visible, entre l’émission et la réab-sorption qui sont comme les battements du cœur divin. Cette vibration bienheureuse habite le tan-trique tout comme elle caractérise Śiva lui-même. Elle s’étale sur sept étapes.[113]&lt;br /&gt;
La béatitude (ānanda) est tout d’abord expérimentée uniquement dans le soi intérieur (nija-ānanda), c’est-à-dire dans l’esprit recueilli. Mais, parce que le soi est foncièrement une vibration, il s’extériorise : le tantrique cherche la béatitude à l’extérieur. Il la trouve dans quelque chose autre que lui-même (para-ānanda), ce qui est la troisième étape. La transition – la deuxième étape – qui va de la joie purement intérieure à la joie extérieure, est une étape intermédiaire ‘sans joie’ (nir-ānanda).&lt;br /&gt;
Dans ce monde où tout est vibration rien n’est figé. Le plaisir trouvé à l’extérieur provoque un pro-cessus joyeux de retour (brahma-ānanda), tout comme celui qui prend plaisir à admirer un chef d’œuvre ressent en lui-même un essor de joie qui ne dépend plus de cet objet. Cette joie provient du soi, car la source de la joie est son propre être. C’est la cinquième, la ‘grande joie’ (mahā-ānanda). En sixième lieu la conscience elle-même est ressentie dont la nature propre est la joie. L’objet exté-rieur a su provoquer chez l’individu l’expérience de la conscience comme source de toute joie. C’est la joie de la conscience elle-même (cid-ānanda). Etant parti du soi on revient à la conscience, mais les deux étapes sont différentes. Dans la joie purement intérieure (nija-ānanda) on ressent l’essence cachée de la joie ; dans le cid-ānanda on connaît la joie de la conscience déployée.&lt;br /&gt;
Le processus n’est pas terminé. En septième lieu il y a la béatitude universelle (jagad-ānanda). On reconnaît le monde comme l’expression de son propre être. La joie de la conscience et la joie ressen-tie à la vue d’un objet sont la même joie, car le sujet et l’objet sont identiques. Tout est joyeux ; la panoplie du monde est une vision béatifique. Le cœur s’élargit et l’esprit devient universel.&lt;br /&gt;
Les sept étapes de la béatitude recommencent. Le tantrique se penche de nouveau sur un objet parti-culier et expérimente de nouveau cet essor de joie universelle. Il est comme le cygne (haṁsa) qui, planant sur la surface limpide du lac, plonge le bec dans l’eau pour en boire quelques gouttes.&lt;br /&gt;
L’horreur                L’homme ordinaire cherche le plaisant et évite le déplaisant. Le pratiquant du rituel Kula, par contre, se sert à la fois du plaisir et de l’horreur, et par ces moyens il fait voir qu’il dépasse le dualisme.&lt;br /&gt;
Le rituel Kula accorde au plaisir toute son importance car il émane de la béatitude divine et y recon-duit dans un va-et-vient constant. Le rituel accorde une importance égale à l’expérience de l’horreur. Voilà un aspect du tantra qui est négligé par les amateurs du tantrisme ! Mais pourquoi l’horreur ? La raison en est que le non-dualisme n’accepte pas que le tantrique se détourne de l’horreur par aversion et s’attache uniquement à ce qui est plaisant. Le non-dualisme surmonte les dualismes tels que le pur et l’impur, le bien et le mal, le péché et la grâce. Ces oppositions ne sont que des artifices de l’esprit. Le désagréable (duhkha) et l’agréable (sukha) sont, tous les deux, des aspects de Ïiva. Ils sont oppo-sés mais ils sont tous le deux aptes à manifester la conscience suprême. De fait, en choisissant toutes les oppositions le tantrique fait voir qu’il les dépasse.&lt;br /&gt;
La mort           En certaines traditions tantriques plus anciennes, par exemple les cultes Kāpālika et Yoginī,[114] le champ crématoire (śmaśāna) joue un rôle important. Pendant la nuit et dans l’obscurité totale de la nouvelle lune le tantrique y entre et, entouré de bûchers ardents et d’ogresses (yoginī) épouvantables, il s’assied sur un cadavre (śava) et accomplit le rituel, alors que les chacals rodent autour. C’est une scène macabre.&lt;br /&gt;
Pour Abhinavagupta le rituel pratiqué au champ crématoire était déjà vieillot. Il en adopte les sym-boles mais en change la pratique et propose un chemin plus efficace et plus simple. Pourquoi, en ef-fet, visiter le champ crématoire si on peut mieux réussir en restant chez soi. Il s’agit de se sensibiliser, non pas de se déplacer. S’il est possible, par une réinterprétation et une perception plus exacte de l’essence des rites, d’en expérimenter toute la force chez soi, pourquoi visiter les lieux à l’écart de la ville ? Le rituel domestiqué est plus aisé mais il n’en est pas plus faible : au contraire il est plus in-tense. Il ne s’agit plus d’avoir ces pouvoirs surnaturels (siddhi) qui impressionnent – de se rendre minuscule (aṇimā), invisible etc. – mais de posséder le meilleur des pouvoirs: la béatitude univer-selle. Il ne s’agit plus de transformer le monde mais de le reconnaître comme son propre soi. Ce n’est plus les yoginīs, ces ogresses, mais la partenaire sexuelle (dūtī) qui dévore le ‘sang’ et la ‘semence’. Elle bouleverse le pratiquant individualiste qui est fortement attaché à la souillure primordiale et ses convoitises. Elle élimine non pas le corps mais le soi factice. Le tantrique peut ainsi laisser de coté les crânes et les cendres, les tridents et les cadavres du culte Kāpālika. La maison devient le champ crématoire. C’est dans sa propre maison qu’il verse tout dans le feu de la conscience, et qu’il a accès à l’état de Śiva.&lt;br /&gt;
Le mot ‘citi’ signifie à la fois ‘bûcher crématoire’ et ‘conscience’. Abhinavagupta joue sur les deux sens de ce mot, car la conscience – le sujet – est un feu dévorant. Par la force de la conscience con-templative tout ce qui est opaque devient lumineux, et tout ce qui est inerte devient libre. La cons-cience réabsorbe le monde en son origine. Tout comme le sacrifiant dans le rituel védique verse le beurre clarifié (homa) dans le feu et fait l’oblation de l’univers, de même le sujet conscient par son acte de contemplation (bhāvanā) consume l’objectivité du monde. La conscience est donc une cré-mation.&lt;br /&gt;
Dans ce champ crématoire dont la forme est le vide; qui est fréquenté par les yoginīs et les Etres Par-faits; en ce champ de jeu qui est épouvantable ; qui est la forme corporelle et passagère de toutes choses ; qui est illuminé par sa propre auréole de rayons ; où le couvert de ténèbres est détruit ; qui est libre de toute pensée différenciée ; où la condition béatifique seule perdure ; qui est comblé de bûchers crématoires innombrables ; dans ce champ crématoire qui est terrible à cause de la cons-cience : qui, en entrant dans ce socle de toutes les divinités, ne deviendrait pas parfait ?[115]&lt;br /&gt;
Le héros offre à la conscience, c’est-à-dire à la déesse, tous les biens du monde. Dans le feu de la conscience, ce champ crématoire, il déverse tout son être, toutes ses pensées. La déesse reçoit non seulement son sang et sa semence mais tout ce qu’il est.&lt;br /&gt;
L’impureté                  Dans le rituel Kula le célébrant se sert de ce qui est ‘vāma’. En premier lieu le mot vāma signifie ‘le côté gauche’  mais aussi ce qui est néfaste et illicite ; vāma signifie aussi ‘la femme’ car la femme se tient normalement à la gauche de son conjoint ; il signifie ‘ce qui est émis’,[116] car la femme est la source des fluides sexuels et symbolise la śakti divine qui enfante le monde. Le tantra est donc vāmācāra – la voie gauche.&lt;br /&gt;
Selon Les Lois de Manu,[117] il est strictement défendu aux brahmanes de manger de la viande, de boire l’alcool ou d’avoir des rapports sexuels avec les femmes de caste impure.[118] Il faut bien comprendre que si le tantrique se sert des trois M, c’est parce que ces choses sont défendues ; le plaisir qui en provient est de moindre importance. Jayaratha cite un verset à ce sujet :        &lt;br /&gt;
Il faut adorer la lignée [des Etre Parfaits du rituel Kula] en utilisant des ingrédients qui sont détestés par les gens et prohibés par les textes sacrés, dégoûtants et méprisés. [119]&lt;br /&gt;
Les mets sont en effet dégoûtants. En certaines situations[120] le gourou présente au disciple une ‘oblation’ qui, explique Jayaratha, est un mélange abominable.&lt;br /&gt;
Semence mâle et urine mâle et sang menstruelle ; fèces et phlegme ; chair humaine, boeuf, chair de chèvre, poisson, volaille ; oignon et aille[121] : voilà la belle douzaine d’ingrédients.[122]&lt;br /&gt;
Et Abhinavagupta lui-même propose qu’on se serve de femmes adultères dont les maris font un tra-vail impur.&lt;br /&gt;
Leurs maris sont un hors caste, un noir, un archer, un boucher, un tanneur, un eunuque, un briseur d’os, un pécheur, un potier.[123]&lt;br /&gt;
De même qu’il ne les refuse pas par raison de caste ou d’état, également il ne les refuse pas par rai-son d’âge ou de laideur.[124] Tout lui est égal.&lt;br /&gt;
Pourquoi cette contravention des lois ? Ce n’est pas par convoitise, mais pour des raisons hautement spirituelles. Le tantrique ne ferme les yeux à rien. Il veut utiliser ce que d’autres, à cause de leur pen-sée dualistique, refusent. Il veut s’immerger dans ce qui est ‘pur et impur’ (śuddhi, aśuddhi), ‘licite et illicite’ (ṣiddha, niṣiddha), ‘agréable et désagréable’ (sukha, duhkha) pour faire voir que ces catégo-ries ne sont que des constructions mentales et ne comptent pas. Il cherche le beau et le laid ; il veut connaître le bien et le mal. Il veut tout voir et tout connaître, car la vérité se trouve partout. Le prati-quant comprend tout en lui-même et s’exprime dans toute la variété du monde.&lt;br /&gt;
Il ne refuse pas ces choses, mais il ne les désire non plus. S’il les utilise consciemment dans le rituel c’est pour faire voir qu’il n’en fait aucun cas : il les dépasse car il est Śiva.&lt;br /&gt;
Il est ainsi le héro (vīra) pour qui le pur et l’impur etc. sont égaux. Les yoginīs, incapables de le refu-ser, s’approchent et lui accordent joie et puissance. Elles qui régissent le monde se soumettent à son emprise. Il peut accomplir tout ce qu’il veut, et la déesse devient sa compagne dans une étreinte éternelle.[125]&lt;br /&gt;
Le péché          Rien n’est un obstacle à la conscience, car tout provient d’elle et tout est réabsorbé en elle. Le Sujet n’est sujet à rien ; de même le célébrant du Kula est sujet ni au devoir ni au péché. Il est libre de toute contrainte et, pleinement conscient, agit suivant son bon plaisir. Il fait ce qu’il veut. Il ne le fait pas parce que cela est bon ; cela est bon parce que il le fait. Il n’est soumis à aucune loi ; il est la source de toute loi. Vivant dans une société dominée par les règles, il les brise ; dans un monde paralysé il est une aire de liberté. Il fait témoignage de sa largesse d’esprit. Il se sert du péché pour faire preuve de l’état spirituel le plus élevé.&lt;br /&gt;
Le tantrique n’est pas pour autant un libertin. Le tantrique n’est pas la ‘bête attelée’, sujet à la folie qui provient de la souillure primordiale : l’individualisme. Le libertin par contre, hanté par ‘ses’ con-voitises, ‘ses’ désirs, ‘ses’ ambitions, est pris dans le piège du dualisme et se trompe. Il confond le libre cours du désir avec ce qui dépasse le désir. Il n’est pas libre de ses convoitises, et sans leur as-souvissement il ne sent rien. Il pense qu’en rejetant les mœurs il est maître, mais si l’utilisation des trois ‘M’ ne le rend pas automatiquement tantrique, le refus des mœurs ne le rend pas tantrique non plus.&lt;br /&gt;
Le pratiquant du rituel Kula, toutefois, n’est pas entièrement libre. Antinomien, il se croit indépen-dant de toute contrainte, mais il a besoin des lois, par exemple des Lois de Manu. Comment pourrait-il faire fi des lois s’il n’y avait pas de lois à enfreindre? La preuve de sa liberté dépend des lois. Sa liberté n’est donc pas indépendante.&lt;br /&gt;
De fait, selon la hiérarchie élaborée par Abhinavagupta, le Kula n’est pas la tradition la plus au-guste : le Trika est supérieur au Kula. Le mot ‘Trika’ se réfère surtout à la conscience pleinement épanouie. Celui qui est pleinement conscient agit en parfaite liberté et ce qu’il fait sera parfaitement compréhensible et lumineux, clair et authentique, sans erreur et sans convoitise, sans ténèbres (ta-mas) et sans illusion. Il n’y a chez lui ni doute (śaṅkhā) ni tremblement (kampa). Le pratiquant du Trika ne pense pas aux lois, ni à la moralité, ni au mental, ni à la dualité. Il est pleinement conscient de ce qu’il fait. Il agit suivant son gré et établit les lois en agissant comme il veut. Il est maître du dharma. En somme, les Vedas et les tantras inférieurs observent les lois; le Kula les enfreint; le Trika n’y pense même pas.&lt;br /&gt;
Le rituel Kula         Ayant présenté ces quelques idées maîtresses de la pense cachemirienne, on est à la page d’aborder le rituel.&lt;br /&gt;
Abhinavagupta décrit six rituels qu’il appelle ‘sacrifices’. Les six rituels suivent grosso modo la pro-cédure du premier ‘sacrifice’, qui est dénommé le ‘rituel quotidien’ (nitya).[126] En voici la version brève.[127]&lt;br /&gt;
Ayant pénétré dans la salle du sacrifice, riche en parfum et encens,&lt;br /&gt;
Déjà, alors même qu’il entre dans le lieu sacré, l’enivrement du parfum fait tourner la ‘roue’, et pro-voque l’essor de la conscience. Le plaisir des sens donne accès à la béatitude.&lt;br /&gt;
se tournant vers le nord-est,&lt;br /&gt;
L’est – la direction du lever du soleil – signifie la jouissance (kāma) et tous les biens de ce monde ; le nord – là où le soleil ne passe jamais dans son voyage à travers le ciel – signifie la libération (muk-ti) hors de ce monde. Le nord-est signifie donc l’identité de la jouissance et la libération, direction tantrique par excellence. Par l’initiation le pratiquant est déjà un libéré vivant et il le deviendra d’autant plus par le rituel.&lt;br /&gt;
il se purifie en utilisant soit Parā soit Mālinī,&lt;br /&gt;
La purification n’est pas le déblaiement d’une tache physique ou rituelle, mais l’épanouissement de la conscience. Il se purifie en se servant des vidyā[128] qu’il a reçues pendant l’initiation. Ces vidyā sont les combinaisons des phonèmes ou plutôt elles sont les déesses mêmes sous forme phonique. Les déesses invoquées de cette façon lui donnent la conscience d’être Śiva. Il se sert de Mālinī s’il désire surtout la jouissance, et de Parā s’il désire plutôt la libération. Mais les deux vidyā lui donnent et jouissance et libération. De même Mātṛsadbhāva, la troisième des grandes vidyā, lui confère à la fois jouissance et libération. Les déesses le transforment.&lt;br /&gt;
[Il se purifie] de bas en haut et de haut en bas. Cette purification consiste en ‘feu’, ‘crois-sance’, ‘embrasement’ et ‘refroidissement’. Il peut le faire également avec Mātṛsadbhāva.&lt;br /&gt;
En commençant par le bas il installe la vidyā sur les différents centres de corps. Il commence par le pied ou même l’orteil qui représente le point extrême de l’émanation, donc la matière inerte et opaque. En remontant le long du corps jusqu’au sommet de la tête et même à la mèche des cheveux, il se réabsorbe en Śiva. La réabsorption se fait par l’embrasement du feu qui détruit les semences des erreurs passées (karma) et les rend incapables de prolonger le cycle infernal de la renaissance. Etat réabsorbé en Śiva et devenu ainsi identique à Śiva, il procède à l’émanation du corps. En allant du sommet de la tête jusqu’aux pieds, il se projette de nouveau, mais de façon à ce qu’il soit complète-ment conscient. L’émanation – la croissance – est comme un refroidissement. De cette façon le pra-tiquant se régénère.&lt;br /&gt;
Ensuite, en se servant tout simplement de rudraśakti, il accorde l’immortalité aux articles qu’il faut purifier.&lt;br /&gt;
Il se sert de la vidyā qui s’appelle rudraśakti c’est-à-dire de Mālinī entourée par Parā[129] ou de Mālinī entourée par Mātṛsadbhāva.[130] En projetant la rudraśakti sur les instruments dont il va se servir pour le rituel, il les identifie à la conscience. Les articles sont reconnus eux aussi comme Śiva; eux aussi sont purifiés et immortels.&lt;br /&gt;
Ensuite il dépose dans le calice les ingrédients qui sont le résultat et les causes de la joie.&lt;br /&gt;
Il dépose dans le calice les fluides sexuels (kuṇḍa-golaka) qui émanent du corps lors de la jouissance sexuelle ; il y dépose aussi le vin et la viande qui préparent cette jouissance. Ce sont les ‘trois M’ (tri-makāra). Le calice contient donc ce qui est intimement associé avec la jouissance et ce qui est en même temps dégoûtant et illicite. Le calice contient donc le plaisir et l’horreur, l’agréable et le désa-gréable. Le ‘héros’ (vīra) ne fait aucun cas des constructions mentales. Il est non-duel.&lt;br /&gt;
Le pratiquant s’est purifié. Les articles du sacrifice sont également identifiés à Śiva. Le calice aussi est prêt.&lt;br /&gt;
A ce moment-là, en s’identifiant avec le mantra mentionné ci-dessus, il se transforme en Bhairava.&lt;br /&gt;
Les vidyā l’ont rendu parfaitement conscient, car les mantras de la tradition Kula sont splendides et « convainquent immédiatement ».[131] Il est Bhairava. Le moment vient donc d’accomplir l’essentiel du rituel.&lt;br /&gt;
Il rassasie le Soi et la multitude des déesses qui se trouvent dans le cercle principal et les cercles sub-sidiaires. Il le fait en répandant les goûtes vers le haut et vers le bas et en lui-même en buvant.&lt;br /&gt;
Il consomme ce qui est dans le calice. Alors que l’officiant du sacrifice védique présente au dieu l’offrande apte à lui plaire, le pratiquant du rituel Kula s’offre les trois M à lui-même car il est Bhai-rava. Il est le Soi. Il est le Seigneur des déesses, du monde entier qui est l’émanation du Soi. Il est entouré de śaktis.&lt;br /&gt;
Etant, de par sa propre nature, devenu le seigneur unique du Kula, il satisfait les nombreuses śaktis en s’unissant à elles.[132]&lt;br /&gt;
Tout est conscient, tout est béni, tout est à la fois projeté et libéré et rassasié.&lt;br /&gt;
En somme le rituel se poursuit en deux étapes. En premier lieu le pratiquant par la puissance du man-tra de la déesse se transforme en Śiva/Bhairava. Deuxièmement, après avoir préparé le calice qui symbolise la béatitude divine du fait qu’il contient ce qui cause la joie et ce qui en découle, il en boit et en arrose quelques gouttes autour de lui. C’est-à-dire, il projette et réabsorbe le monde, il répand la béatitude universelle et de cette façon il fait voir qu’il est Bhairava.&lt;br /&gt;
Le deuxième sacrifice est célébré avec ‘la śakti intérieur’, c’est-à-dire la kuṇḍalinī. Selon la formule souvent répétée, « Qu’ai-je besoin d’une femme extérieur, puisque j’ai une femme en moi. »[133] Toutefois, c’est le troisième sacrifice, célébré avec ‘la śakti extérieur’, c’est-à-dire avec une femme, qui semble être le rituel favori d’Abhinavagupta. Il en parle longuement dans le Tantrasāra qui est un résumé du Tantrāloka. Il le mentionne même dans le Tantroccāya qui est un résumé encore plus court du Tantrāloka, alors qu’il néglige presque entièrement les autres sacrifices.&lt;br /&gt;
En somme, l’union sexuelle du couple est d’une part l’expérience (anubhava) du maithuna éternel de Śiva et de sa śakti ; elle est aussi la source même du monde, car les mouvements du rapport sexuel reproduisent l’émanation du monde et sa réabsorption. Abhinava analyse ce sacrifice minu-tieusement et l’applique à différents personnages : celui qui cherche la libération (mumukṣu), celui qui cherche la jouissance (bubhukṣu), le savant (jñānī), l’officiant (karmī), allant du plus ‘intérieur’ au plus ‘extérieur’.&lt;br /&gt;
Abhinava consacre les versets 96-165 de Tantrāloka 29 à ce sacrifice. En verset 123b, il cite Kallaṭa, le disciple de Vasugupta le fondateur du Shivaïsme du Cachemire.&lt;br /&gt;
[Le gourou] prépare la [la parèdre] de façon rituelle car de son être même elle est supérieure au corps du gourou.&lt;br /&gt;
La parèdre est préparée (bhāvitā) de façon rituelle par le gourou mais son être même (bhāva) sur-passe celui du gourou. Lui communique par les paroles qui viennent de sa bouche; la yoginī commu-nique sans paroles (nirvikalpa) et par le centre principal (mukhya-cakra). Le gourou initie le disciple mais c’est la parèdre qui, par la ‘bouche inférieure’, lui communique la conscience immédiate qui ne peut être décrite. On voit bien que la parèdre de par son sexe même est supérieure au gourou. Elle est la forme de la fille de Tryambaka, fondatrice de la tradition Kula.&lt;br /&gt;
Le résultat en est que le pratiquant perçoit la Parole suprême, s’identifie au suprême Bhairava et devient le libéré vivant.&lt;br /&gt;
Rappelant toujours et partout l’omnipénétration (vyāpti) du mantra, à jamais sans attache, libéré vivant, il devient le suprême Bhairava.[134]&lt;br /&gt;
De sa part, la parèdre enfantera la connaissance infinie.&lt;br /&gt;
L’être extraordinaire dont le corps est procréé lors d’une semblable union est appelé « fils de yo-ginī», il est Rudra, le digne réceptacle de la Connaissance mystique spontanée. Le Vīrāvali-śāstra dit de lui que, encore enfant dans le sein de maternel, il est en vérité Śiva même.[135]&lt;br /&gt;
Dans la dédicace qu’il place au début de trois œuvres majeurs – le Tantrāloka, le Tantrasāra et le Parātriṃśikāvivaraṇa – Abhinava fait l’éloge de ses parents en les identifiant avec Śiva et Parvatī. Il suggère franchement que lui-même, conçu pendant une semblable union, est « le digne réceptacle de la Connaissance mystique spontanée », «Śiva même ». Il le suggère ; Jayaratha le dit explicitement dans son commentaire.[136]&lt;br /&gt;
‘Śiva, l’ascétique érotique’[137]                  L’acte sexuel s’exprime objectivement au niveau dit ‘grossier’ (sthūla). Le désir sexuel, les sentiments, etc. constituent le niveau dit ‘subtil’ (sūkṣma). Le niveau ‘suprême’ (para) est le soi qui expérimente tout ce qui se passe. Il est l’origine dont les deux autres niveaux sont les expressions.&lt;br /&gt;
Ces trois niveaux se réfèrent. Les amants donne libre cours à leurs sentiments et s’unissent. Dans le sens inverse, l’acte objectif provoque les émotions de l’amour et aboutit au sentiment partagé de n’être qu’un seul ‘soi’. Le jeu (krīḍa) de l’amour est une vibration, un balancement de l’émission et de la réabsorption qui finalement sont une même et seul réalité.&lt;br /&gt;
Le progrès naturel est une ascension. Le grossier mène au subtil qui finalement donne accès au su-prême. Celui qui connaît l’amour physique peut atteindre la conscience divine. Unis sexuellement les amants voltigent dans le ciel (khecārī) de la conscience.&lt;br /&gt;
Il se peut aussi que le yogi reste au niveau suprême sans chercher à connaître les autres domaines. Il ne lui est pas nécessaire de s’exprimer dans les sentiments et les actes. Il peut rester au niveau su-prême sachant qu’il pourrait, s’il voulait, aborder les deux autres. La progression de l’un à l’autre est naturelle ; elle n’est pas nécessaire. Le yogi reconnaît la valeur des autres niveaux mais ne les pour-suit pas. Il s’identifie à tous les actes dans leur variété et s’en réjouit, mais il n’est obligé de les prati-quer. Il ne sent pas le besoin de les goûter ; il est à leur source. Son choix de s’abstenir de l’acte sexuel n’est pas le refus de la sexualité. Restant stable et calme au niveau suprême, il connaît tous les niveaux inférieurs qui émanent de lui. Il y reste et éprouve une tranquillité (nistaraṅga) et se repose dans son propre soi (sva-ātma-viśrānti). Si il ne s’engage pas de fait dans les expériences subtiles et objectives, il y est prêt. Etre prêt signifie se situer à ce mi-point entre l’extériorisation et l’intériorisation. Il y a ni refoulement ni libre cours.&lt;br /&gt;
En laissant plein cours à la sexualité et en la restreignant en même temps, en habitant le mi-point (madhya) le pratiquant expérimente un mouvement ascensionnel. C’est-à-dire, en équilibrant (samāna) le mouvement extériorisant (prāṇa) et le mouvement intériorisant (apāna), le tantrique perçoit le mouvement vertical (udāna) qui s’épanche (vyāna) universellement. C’est l’essor, la lovée du ‘serpent’ (kuṇḍalinī).[138]On arrive à « la splendeur de la Réalité parfaitement évidente ».[139]&lt;br /&gt;
Le yogi se restreigne non pas par peur ou dégoût mais au contraire parce qu’il sent déjà qu’un autre élan se manifeste. Spontanément – car tout se fait par la grâce – la conscience se déploie et il se trouve comme Śiva uni à Parvatī, éternellement.&lt;br /&gt;
Śiva est ‘l’ascétique érotique’. Il est ascétique parce qu’il habite seul le mont Kailas, et de ses che-veux l’eau vive de la Gange se verse sur le monde pour le faire fructifier. Il est érotique aussi : selon la légende, Śiva danse dans la forêt ; les femmes du village et tout l’univers en sont épris et se met-tent à tourner avec lui. Le monde entier, fruit de sa śakti, s’unit à lui.&lt;br /&gt;
De même le méditant devient l’amant universel. Tout vient de lui, tout lui revient. Il s’exprime en tout et trouve son bonheur en tout.&lt;br /&gt;
2.E      L’absorption dans le Soi&lt;br /&gt;
‘Bhairava’[140] est le nom de Śiva en son aspect redoutable. Selon le mythe, il est accusé du plus grand péché: le meurtre d’un brahmane. Rejeté par les dieux, il doit errer pendant sept ans honni de tous. Il fréquente les lieux de crémation et expérimente librement leur impureté. Il agit de la sorte précisément pour capter tous les pouvoirs qui, paradoxalement, émanent du jeu de la vie et de la mort, de la pureté et de l’impureté, du plaisir et de l’horreur. Il est condamné comme impur mais ce mépris lui assure la conscience parfaitement déployée dont le fruit est la gamme entière des pouvoirs surnaturels. En n’étant rien il devient tout.&lt;br /&gt;
Bhairava projette le monde. S’il regarde le monde il se voit lui-même, car ce monde est son expres-sion. S’il regarde en son cœur il voit ce même monde, car tout provient de lui. Qu’il regarde à l’extérieur ou à l’intérieur il se voit lui-même. Rien n’est autre que lui, rien ne lui est étranger. Sa représentation iconographique montre le regard dirigé à la fois en dehors et en dedans.&lt;br /&gt;
Il dirige son regard à l’intérieur, il regard au dehors, il n’ouvre pas les yeux ni ne les ferme…[141]&lt;br /&gt;
Le regard est non duel, car le dehors et le dedans sont un. Bhairava est donc tranquille et en repos. Il demeure dans une paix (śānti) inébranlable (sthira) et débordante de joie. C’est ‘l’attitude de Bhai-rava’ (bhairava-mudrā).&lt;br /&gt;
Celui donc qui accède à l’attitude de Bhairava demeure dans un état non duel. Il est le liṅgam im-mobile dont la śakti jaillit instinctivement, source de créativité et de bénédiction. Il est le libéré vi-vant (jīvanmukta).&lt;br /&gt;
Il ne distingue pas entre sujet, moyen et objet de connaissance, car tout est conscience, tout est le sujet connaissant (pramiti). Il n’oppose pas ‘moi’ et ‘toi’. Il est le Je (aham). Il ne refuse rien ou per-sonne. Il se reconnaît en tout et tout se reconnaît en lui.&lt;br /&gt;
Les dualistes, ne sachant pas réconcilier ce qui est contradictoire, opposent le bien et le mal. Les ignorants divisent, mais le tantrique unit. Celui qui est Śiva les réconcilie en lui-même. Il est tout.&lt;br /&gt;
En tant que Réalité ultime il se trouve dans chaque objet réel. En tant que Parole il se trouve dans toutes les paroles. Le tantrique ne cesse pas d’être conscient même lorsqu’il semble inconscient et inerte. Il est présent en tout et tout est sa présence.&lt;br /&gt;
Il est sans convoitise. Que peut-il chercher car tout lui appartient ? Il ne s’éloigne de rien car il ne peut pas nier son propre soi. Il est vide, parce que sans particularité. Il est plein parce qu’il est tout.&lt;br /&gt;
Il n’oppose pas plaisir et douleur, pur et impur, péché et grâce, car tout provient de lui. Se détourner d’un malheur serait se détourner de lui-même. Il est égal donc dans la douleur et dans la joie. Il ne refuse par l’une en faveur de l’autre. Il est la vie et la mort. Il n’est ni la vie ni la mort. Il dépasse la vie et la mort. Il n’est pas sujet à la transition mais s’exprime dans ce monde transitoire. Il l’est et ne l’est pas.&lt;br /&gt;
Il ne refuse pas les rituels particuliers mais il les dépasse. Celui qui atteint l’état de Śiva n’a plus be-soin de moyens. Il est affranchi (avadhūta) de tout.&lt;br /&gt;
Il connaît toutes les émotions, la peur, l’humour etc., mais il reste toujours paisible, car les émotions sont les remous sur l’océan de sa tranquillité. Il s’exprime en tous les plaisirs et tous les plaisirs ser-vent à le ramener à sa tranquillité essentielle. Il se plait en chaque objet particulier car chaque objet est l’expression de sa béatitude infinie. Il prend plaisir en tout et ne s’attache à rien. Sa béatitude est universelle (jagadānanda). Une joie infinie déborde de lui et emplit toute la terre. Sa joie est géné-reuse : elle se communique. Elle est féconde : elle se manifeste en la variété du monde.&lt;br /&gt;
Jayaratha, interprète lucide et fidèle, cite un texte qui résume le caractère du tāntrika :&lt;br /&gt;
Il s’adonne à la grande voie celui qui s’engage à la modération ; qui est à l’aise au sujet [du vin, de la viande et des rapports sexuels] ; celui qui, même lorsqu’il s’unit à la parèdre, est parfaitement conscient, le corps tout à fait tranquille ; qui est parfaitement au courant des règles du comportement interdit ; …. qui est parfaitement illuminé ; qui à vrai dire est la conscience même ; qui est autonome à tout instant ; qui [se sert des trois M’s] en vue d’expérimenter sa propre conscience et non pas par gourmandise ; qui est sans la mentalité de la ‘bête attelée’ ; … celui dont la conduite fait voir qu’il est attentif à son propre soi, que ce soit lorsqu’il s’occupe des affaires de ce monde ou quand il pratique le rituel de la gauche …[142]&lt;br /&gt;
Chapitre 3  &lt;br /&gt;
La double appartenance&lt;br /&gt;
Préliminaire&lt;br /&gt;
Assis sur le lit d’un hôtel à Ravenne, je me demandais si j’avais raison de m’intéresser au tantra du Cachemire. Est-ce que je me trompais profondément? Assentir à ce tantra ne serait-ce pas une sou-mission au ‘père des mensonges’ et une infidélité au Christ? Mais j’éprouvais un essor de joie et un sentiment de liberté qui ne semblaient pas contraires au Christ. Il fallait donc passer par le crible du discernement pour aboutir à la coïncidence des opposés, coincidentia oppositorum. Il fallait aussi réfléchir plus profondément sur la double appartenance. Les deux termes ‘chrétien’ et ‘tantrique’ s’appartiennent-ils ou se contredisent-ils ? La question était à la fois théorique et vécue.&lt;br /&gt;
3.A      L’éloignement&lt;br /&gt;
Il fallait partir. Maintes expressions du christianisme ne me disaient plus grande chose. L’iconographie mièvre du dix-neuvième siècle rebutait. L’image du Christ agonisant convenait au vingtième siècle tourmenté, mais je cherchais autre chose. Les mots bibliques de leur part se trans-formaient en clichés, incapables de frayer un passage au ciel. Bergers, rois, temples – c’était un peu le charabia. Il fallait trouver un vocabulaire nouveau.[143] Il fallait s’échapper d’un esprit qui n’était plus sauveur. Il fallait tourner le dos à un christianisme qui cessait d’être chrétien.&lt;br /&gt;
D’autre part, il ne s’agit pas de rejeter le monde biblique révolu et d’adopter le monde médiéval ca-chemirien lui aussi dépassé. Le système des castes si important sur l’arrière plan du tantra cachemi-rien ; le vin comme péché ; l’adultère comme voie spirituelle ; la complexité des rituels : tout cela appartient au passé. On ne peut plus faire revivre le Cachemire disparu.&lt;br /&gt;
En rencontrant un système différent et authentique comme le tantra on ressent un soulagement, car on quitte les confins d’une vision limitée. On se rend compte à quel point la pensée pérenne de l’Eglise est sujette à l’histoire. On comprend que l’Evangile est alourdi par ce qui ne lui est pas es-sentiel. De fait, la fidélité exige qu’on abandonne maintes façons périmées d’être fidèle. C’est l’épuration de la vigne ; les sarments stériles sont coupés et la vigne est allégée.[144] Il faut quitter l’Egypte et ses melons délicieux.[145]&lt;br /&gt;
Le tantra authentique montre à quel point le ‘temple’ – l’édifice de coutumes et de mots – est cons-truit par les mains d’hommes.[146] Ce temple-là sera démantelé pour que le Christ puisse surgir. Seul le Christ est capable de résurrection, mais il est toujours ressuscité d’une façon à peine reconnais-sable.&lt;br /&gt;
Il faut donc partir dans le désert et rester là, indécis. Il faut discerner. On attend, on rumine, on en-trevoit. On s’est éloigné de ce qui ne satisfait plus mais on n’est pas encore aux abords de la terre promise. On piétine, observant le jeu de la consolation et de la désolation qui est le grand guide dans ce pèlerinage vers le tantra.&lt;br /&gt;
En premier lieu, on remarque qu’en lisant une seule phrase du Shivaïsme du Cachemire une sonorité vienne des profondeurs de l’âme. Le ciel s’ouvre plus largement; le mystère divin apparaît d’autant plus merveilleux. Une double résonance se fait entendre. Ou plutôt c’est une seule Résonance qui vient différemment de deux directions – des Ecritures de la foi chrétienne et des écrits du Shivaïsme du Cachemire. On éprouve alors une vitalité, une liberté, une innocence, un sentiment de salut. Les larmes qui coulent sont des larmes de joie. C’est l’épanouissement de l’Esprit.&lt;br /&gt;
Ce n’est pas comme si on adopte n’importe quel tantra, subitement et sans réfléchir. On discerne. On examine les différentes formes et rejette ce qui semble faux. On cherche à comprendre de façon exacte et claire la valeur d’un tantra authentique. On distingue entre le plaisir passager qui ressemble à ce vin de qualité médiocre qui enivre mais finit par rendre malade, et le plaisir qui jaillit du cœur et fait crier d’une joie forte et douce à la fois.&lt;br /&gt;
En deuxième lieu, la désolation est un signe utile. On remarque que la théologie et les façons vé-tustes de prier n’apportent plus la même joie. Il n’est plus possible de continuer en cette trame de vie sans amour, pleine de tristesse, sans espoir, où l’on est absent de ses engagements. La grisaille montre qu’il faut quitter cette façon de faire et de penser.&lt;br /&gt;
De plus, la pensée de ne pas suivre le tantra ressemble à un sabotage : on tuerait ce qui est devenu cher. On sent avoir tort de ne pas suivre cette voie, comme si on refusait l’inspiration divine. On prévoit un grand chagrin de l’âme, comme celle ressentie par le jeune homme riche qui avait refusé de suivre le Christ.[147]&lt;br /&gt;
Pendant ce long séjour au désert de l’incertitude il faut rester calme. On est indifférent à la contra-riété des émotions. On attend, même confus et douteux, sachant que finalement tout ira bien. On abandonne tout désir, toute volonté, et on attend. Il faut donc une confiance superbe, un immense acte de foi, don de l’Esprit. On a l’impression d’être comme une pousse qui grandit et se dirige vers le soleil. On ne change pas de conduite les jours de désolation, et on reste fidèle aux inspirations reçues les jours de consolation. On attend que la voie claire se présente et élargisse le cœur. Le rai-sonnement n’est pas absent, mais le cœur et son épanouissement se montrent les guides les plus sûrs.&lt;br /&gt;
Combien de fois on a peur, pendant cet exode, plus de soi-même que de la famille et des amis. Cette traversée du désert prend du temps, les ‘quarante années’. Comment exprimer ses pensées : on ne peut même pas les nommer. On ne comprend pas ses propres inspirations ; on est d’autant plus inca-pable de les exprimer à ceux dont on respecte l’avis. Le courage fléchit devant ces obstacles. En même temps on ressent le calme et l’assurance qui montrent que le chemin proposé est juste. On per-çoit qu’on devient plus authentique, plus joyeux, moins acerbe. On est à la fois confiant et souple, énergique et accueillant.&lt;br /&gt;
Il faut du temps pour bien discerner la vérité des choses. En fin de compte le discernement se fait en solitude, guidé par l’Esprit seul. Il va de pair avec la fidélité ecclésiale. Ce travail de discernement ne se justifie pas de lui-même. C’est le jugement de l’Eglise qui dira si on a bien agi.&lt;br /&gt;
Pendant les années de recherche je disais la messe chaque semaine chez les Christian Brothers dont la maison de retraite se trouvait tout près. En allant à pied célébrer la sainte eucharistie – en somme entre l’étude et l’autel – je me demandais si je risquais de me perdre entre ces deux mondes : le tan-tra et l’Evangile. Je risquais peut-être de ne pas devenir pleinement tantrique ni de rester authenti-quement chrétien. Ne fallait-il pas faire un choix entre les deux ? Ne risquais-je pas de mettre un vin nouveau dans de vieilles outres et de perdre les deux à la fois ?[148] Mais non, il valait mieux que les lumières s’éclaircissent mutuellement ; il valait mieux tirer « du neuf et du vieux»[149] des tré-sors cachés par Dieu au fond du monde.&lt;br /&gt;
Tant que je vivais dans l’aire catholique de ma jeunesse, je pouvais célébrer la messe sans poser de questions. Au fur et à mesure que j’entrais dans le monde tantrique les termes usuels – ‘sacrifice’, ‘mémoire’, ‘offrir’  – perdaient leur sens. J’étais absent de la messe alors même que je la disais. Je devenais automate. Cependant si je entendais ces mots d’une façon tantrique ils regagnaient leur force. Sans changer les paroles je découvrais leur sens; sans les corrompre je les investissais d’un sens accru. En effet, en m’identifiant au Christ en prononçant les paroles du Christ, j’étais le sacrifiant et le sacrifié. C’était moi qui donnais mon corps et versais mon sang. Ce n’était plus moi qui citais les mots d’un autre, c’était le Christ même qui les prononçait. Je n’étais plus in persona Christi, j’étais persona Christi. La messe devenait alors un rituel tantrique sans cesser d’être le sacrifice chrétien. Je devenais plus authentiquement prêtre catholique en devenant prêtre tantrique. Par la double apparte-nance je m’identifiais authentiquement au Christ et par lui j’arrivais au Cœur.&lt;br /&gt;
3.B      Jésus le Śiva&lt;br /&gt;
Il fallait rester là, indécis, observant le jeu de la consolation et de la désolation, pour percevoir fina-lement le chemin à prendre. Il fallait aussi comprendre d’une façon plus théologique si l’Evangile et le Shivaïsme du Cachemire sont conciliables. Les quelques réflexions qui suivent sont un premier essai de réconcilier la foi chrétienne et le tantra.&lt;br /&gt;
La théologie chrétienne a longtemps médité sur le Christ, mais en dépit d’innombrables livres et dis-cours à son sujet on ne commence qu’à toucher l’ourler de son manteau.[150] Si le Christ est Dieu-homme il faut apprendre tout ce que l’homme a dit sur Dieu pour y mettre pleinement sa foi. On ne peut négliger les religions non chrétiennes sans renier la foi chrétienne.&lt;br /&gt;
Le Shivaïsme du Cachemire ajoute-t-il au Christ ? Non, si Jésus est le Verbe primordial dont toutes les religions sont l’expression. Non, s’il est le Verbe qui s’est fait homme et qui s’incarne en toute réalité humaine. D’autre part, le Shivaïsme du Cachemire ajoute-t-il à la théologie chrétienne ? Oui, car notre connaissance du Christ est insuffisante. Elle a besoin des aperçus des autres religions pour se compléter. La foi au Christ a besoin de la foi en ce qui n’est pas le Christ.&lt;br /&gt;
Il n’est pas question d’abandonner la foi chrétienne en faveur du tantra, ni même de les réconcilier par la pensée, mais plutôt de laisser l’un élargir l’autre. Les religions de l’Inde serviront à rendre le christianisme à lui-même. Dieu visitera son peuple par l’entremise d’une religion païenne. La lumière des tantras fera ressortir plus brillamment la lumière infinie, « l’astre du matin, celui qui ne connaît pas de couchant, le Christ».[151]&lt;br /&gt;
On ne veut pas découvrir le Christ uniquement dans le christianisme, ‘chez moi’ pour ainsi dire, mais aussi dans l’inconnu. On veut que l’inconnu explique le connu. De cette façon on touche les deux et on les réunit inséparablement en soi-même.&lt;br /&gt;
Il est possible d’accepter les idées maîtresses du Cachemire sans croire aux Kālīs, par exemple. D’autre part, la déesse féroce laisse apparaître des aspects inappréciés de Marie de Nazareth. Il se peut aussi que les représentations de Śiva donnent une meilleure idée de ce qu’est le Christ. Les di-vinités de l’hindouisme peuvent frayer une nouvelle voie au Verbe incarné si on le réinterprète à leur guise. Il faut s’immerger dans d’autres cultures pour comprendre celui qui est maître de toutes les cultures.&lt;br /&gt;
Śiva n’est pas un personnage historique comme Jésus de Nazareth. Les histoires de Śiva présentées dans les Purāṇas et ailleurs sont des mythes. Cela ne signifie pas que ces histoires sont négligeables. Tout au contraire. Les mythes de La Genèse[152] ont influencé le Judéo-christianisme plus profon-dément que les exploits du roi David. Si toutefois les mythes ont une portée incontestable, les faits portent un poids encore plus grand. L’évangile permet un acte plus concret de la foi car il proclame des événements réels. L’évangile n’est pas une bonne idée mais une bonne nouvelle. Il est l’annonce de ce qui s’est passé, non pas de ce qui est imaginé. Ce que le tantra soupçonne, l’Evangile le pro-clame.&lt;br /&gt;
Parmi tous les grands personnages spirituels de l’histoire humaine, Jésus seul fut crucifié. La foi chrétienne constate qu’il a connu non seulement la détresse et la joie humaines mais le comble du bien et du mal, le ciel et les enfers. Il est le Verbe vulnérable. Mais s’il est trahi et mis à mort ce n’est pas malgré lui. Au contraire il prévoit son sort et le choisit. Ce n’est qu’en subissant les extrêmes qu’il connaîtra ce qu’il sait et qu’il deviendra ce qu’il est : la Vérité universelle. Lui seul est la Parole universelle adressée à l’humanité entière.&lt;br /&gt;
Jésus reste l’unique sauveur, car il est mort par fidélité à Celui qui le parlait ; par fidélité aux hommes à qui il fut parlé ; et par fidélité aussi à lui-même car il voyait bien qu’il était la Parole véridique. Le conflit acharné entre la vie et la mort est résolu seulement par le Christ. Il a voulu subir la mort pour être pleinement Verbe, se proclamant non seulement aux vivants mais aussi aux trépassés de tous les temps, Seigneur Universel.&lt;br /&gt;
Le Verbe qui s’est fait chair dévoile la splendeur de la chair. La Chair justifie la chair et en fait le chemin qui mène au ciel. La chair fait un puissant appel à la chair, et celui qui nous donne sa chair comme nourriture nous touche infiniment. Le cœur humain est ému par son coeur totalement hu-main. En Jésus la chair humaine entière peut atteindre le Coeur. Le Verbe fait chair fable l’Ineffable. Il nous mène dans le Silence infini.&lt;br /&gt;
La révélation est complète. Seul le Christ peut connaître totalement le Christ. Ce n’est qu’en deve-nant le Christ que le chrétien peut vraiment comprendre le Christ et y mettre totalement sa foi. En reconnaissant le Christ mort et ressuscité – le paradoxe des paradoxes – le disciple devient le Christ. Il devient un corps avec lui et par lui parvient au Cœur silencieux où seul le cœur trouve le repos.&lt;br /&gt;
Toutefois le Christ a besoin des autres religions pour être mieux compris. Le kérygme du Sauveur a besoin d’être sauvé. On comprend le Christ par ce qui n’est pas le Christ. L’Evangile proclame Jésus comme « le Christ »[153] et « le Fils de David  »[154] et « le prophète semblable à Moise ».[155] Ne peut-on pas aussi admettre Jésus comme le vrai Śiva.[156] Lui qui fut rejeté par tous adopte les traits de tous. Celui qui est Dieu-homme devient le salut de tous les hommes. Dieu qui est Homme[157] se revêt des traits de Śiva et se révèle comme le tantrique par excellence. Lui qui fut reconnu comme le nouvel Adam est aussi le nouveau Śiva, le vrai Śiva qui a vécu dans le temps et qui existe dans l’éternité. On ne cherche pas à les réduire l’un à l’autre, ni à les confondre, ni à éliminer l’un en fa-veur de l’autre, mais à les identifier. Śiva et Jésus ne sont ni comparables ni contestataires. On n’est pas obligé de choisir. Le Christ et Śiva ne sont pas duels. Jésus adopte les traits de Śiva; Śiva se trouve réellement en Jésus de Nazareth. La foi chrétienne est dirigée vers la personne de Jésus ; Śiva peut en être la forme. On a foi donc en Jésus-Christ qui est Jésus- Śiva.&lt;br /&gt;
La pensée du Cachemire nous donne ainsi les mots capables de rétablir les grands dogmes de l’Eglise sur de nouvelles bases. Ce travail se situe dans le sillage des grandes synthèses du passé, comme celle entre le platonisme et la théologie des Pères de l’Eglise, ou celle entre la pensée d’Aristote et la théologie scholastique du Moyen Age. De cette façon, le Shivaïsme du Cachemire rend possible une compréhension plus ample du Christ. La lumière de l’Evangile a besoin des lu-mières étrangères.&lt;br /&gt;
« L’Eglise catholique ne rejette rien de ce qui est vrai et saint dans ces religions»[158] et donc elle se met à l’école de la vérité shivaïte, par exemple ; elle s’engage dans cette voie sans perdre son che-min. Loin d’affaiblir la foi chrétienne, le Shivaïsme du Cachemire permet d’en apprécier la valeur.&lt;br /&gt;
Henri Le Saux (Abhishiktananda) tôt après son arrivée en Inde, est allé à Tiruvanamalai voir le cé-lèbre Rāmana Mahāṛṣi. La vue de ce saint l’a bouleversé, car il voyait chez Rāmana la manifestation hindoue de la présence divine. Sans avoir échangé un seul mot avec le saint, Henri Le Saux se sent lancé sur son périple interreligieux dramatique.[159] Il admet qu’il ne peut être tout simplement chrétien ni tout simplement hindou[160] mais il ne voyait pas comment il pouvait être les deux à la fois et remettait à l’avenir[161] la solution de son dilemme.&lt;br /&gt;
Dans mon cas je me sens capable de me nommer à la fois tantrique et chrétien. Jésus le Śiva m’attire. Je peux y croire et m’identifier. Il y a identité entre nous et je ne fais qu’un corps avec lui. Je suis chrétien tantrique ou, autrement dit, je suis tantrique chrétien. Il y a plénitude à être les deux à la fois. Il y a un jaillissement et un soubresaut. C’est comme lorsqu’on est de nouveau chez soi, à la maison natale d’où on se trouvait pendant longtemps exilé.&lt;br /&gt;
En le tantra du Cachemire je trouvais les mots aptes à résoudre les questions principales posées pen-dant ma jeunesse : comment m’identifier à Celui Qui Est ; comment m’enfoncer dans l’inconnu ; comment être la Parole de l’Ineffable ; comment enseigner avec autorité ; comment trouver le plaisir sans bornes et sans fin; comment devenir l’époux éternel ; comment être bénédiction universelle.&lt;br /&gt;
3.C      L’initiation au tantra&lt;br /&gt;
J’acceptais donc la double appartenance. J’éprouvais une joie intense à me penser à la fois chrétien et tantrique : non pas l’un ou l’autre mais les deux.&lt;br /&gt;
Baptisé de fait par mon père et officiellement par Rev. Aloysius Morgan je voulais, plus de cin-quante ans après, me faire initier comme tāntrika. Je me reconnaissais déjà comme tel mais je voulais être reconnu par d’autres, et surtout par un maître (guru). Cependant je voulais et je ne voulais pas à la fois. Je ne voulais dépendre de personne et désirais être reconnu par l’Esprit seul ou, pour re-prendre les termes du Cachemire, par la conscience elle-même qui est déesse. En même temps je voulais recevoir l’initiation tantrique car, suivant l’avis d’Abhinavagupta dont j’allais découvrir l’œuvre plus tard, je voulais que l’intérieur et l’extérieur soient d’accord ; que l’initiation secrète par la déesse soit concrétisée par l’initiation rituelle.&lt;br /&gt;
Où donc trouver le gourou tantrique ? Le tantrisme est une tradition arcanne qui se cache, à la fois pour détourner les curieux et pour mettre à l’épreuve les plus capables. Je cherchais sans réussir.&lt;br /&gt;
Pendant les années ’80 j’allais de temps en temps dans l’ashram de Swami Krishna Gautam origi-naire de l’Inde. Pendant la période de méditation ses disciples émettaient des cris et se convulsaient, tant le sentiment de kuṇḍalinī les touchait. Krishna Gautam vivait pour ses disciples ; serait-il mort pour eux ? J’y allais rarement et je ne le laissais pas savoir que j’étais prêtre, car il se moquait des prêtres. Je ne voulais pas être chassé publiquement de son ashram, ni scandaliser[162] les autres chré-tiens qui le visitaient.&lt;br /&gt;
Lors d’un pèlerinage avec un group de paroissiens en 1994 j’ai rencontré à Bénarès le Pandit Vagish Shastri. Ancien directeur de recherches à l’Université Sanskrit Sampurnand, il m’a reçu comme dis-ciple et m’a initié. La cérémonie fut correcte et je me rappelle le moment précis, où après avoir fait sortir tout le monde, il chanta à voix basse et tout près de l’oreille gauche le mantra qu’il m’accordait. Le lendemain il me demanda ce que j’avais rêvé pendant la nuit, car selon la tradition indienne le rêve indique le sens de l’expérience. Il fut déçu par ma réponse, car rien ne s’était passé. J’étais heureux de recevoir l’initiation, d’être reçu dans le ‘clan’ (gotra) du Pandit[163] et de m’intégrer à la tradition indienne, mais c’est tout. Le rapport dans un journal de Bénarès quelques jours plus tard expliquait comment un prêtre catholique avait reçu l’initiation tantrique. C’était offi-ciel, non pas senti.&lt;br /&gt;
Bien différent fut le cas la nuit après ma première entretenue avec Bettina Bäumer en 1996 où, sur la terrasse du Boner Institute, nous avions pris le thé. C’était comme si mes jambes étincelaient ; un fourmillement se faisait sentir. Notre entretien n’était pas une initiation mais une rencontre spirituelle entre deux âmes semblables, car Bettina fut initiée dans le Shivaïsme du Cachemire par le grand Laksman Joo et conservait toujours sa foi catholique.&lt;br /&gt;
Néanmoins je cherchais toujours cette renaissance comme tāntrika. En 2002 j’ai demandé à Harsa Satapathy, tāntrika à Bhubaneswar en Orissa recommandé par Bettina, de m’initier, ce qu’il a fait un soir après minuit. Même résultat : rien. Mais, lorsque je m’approchais du temple des Soixante-quatre Yoginīs à Hirapur, près de ma maison en Inde, j’avais l’impression de m’approcher de la compagnie de couples tantriques. J’étais chez moi.&lt;br /&gt;
Mais cette initiation, voulue sinon réalisée, ne serait-elle pas une apostasie ? Ne fallait-il pas plutôt reprendre les mots du psalmiste :&lt;br /&gt;
« Les divinités de cette terre, ces puissances qui me plaisaient tant, augmentent leurs ravages; on se rue à leur suite. Mais je ne leur offrirai plus de libations de sang, et mes lèvres ne prononceront plus leurs noms.»[164]&lt;br /&gt;
Comment authentiquement s’écrier ‘Śiva !’? Une influence maléfique n’allait-elle pas pénétrer en mon esprit ?&lt;br /&gt;
Pour finir, je n’ai pas reçu l’initiation tantrique extérieure. Il me reste un fonds de tristesse de ne l’avoir pas reçue. Peut-être suis-je trop têtu, trop indépendant, trop incertain. Peut-être un jour trou-verais-je un gourou authentique. Peut-être ne sera-ce que la déesse qui m’initie. En fin de compte, il faut dépendre de l’Esprit seul.&lt;br /&gt;
3.D    La rencontre interreligieuse&lt;br /&gt;
Il est logique de passer du dialogue intra-religieux personnel au dialogue inter-religieux public. Le dialogue intérieur et le dialogue extérieur s’impliquent. La double appartenance dans l’intimité de soi-même prépare la rencontre avec les membres d’une autre religion. La double appartenance et la rencontre se miroitent, l’une intérieure, l’autre extérieure.&lt;br /&gt;
Une anecdote. Lorsque nos prenions le thé après une ‘conversation’ où peut-être vingt personnes catholiques et musulmanes se sont réunies, le Scheik Fehmi Naji el-Imam, actuellement le Grand Mufti d’Australie et très respecté, nous a dit qu’il sentait qu’ « une parole s’était passée entre nous». De fait nous sentions que quelque chose de profond s’était passée. Pourrait-on dire que la Parole, le Verbe de Dieu, s’est fait entendre parmi tous le mots échangés ce jour-là ? Nous avions l’impression de nous appartenir parce que nous avions partagé la Parole. Nous nous appartenions, musulmans et chrétiens. L’appartenance était double.&lt;br /&gt;
Deuxième anecdote. Une belle photo fut publiée dans le journal diocésain Kairos.[165] Elle montre, à l’occasion de la célébration à Melbourne du 40ième anniversaire de Nostra Aetate,[166] un partici-pant déjà âgé et une jeune musulmane vêtue en hijab qui s’entretiennent sur le thème de la journée. Un regard de respect et de joie anime leurs visages. Ils communient en la Parole de Dieu, et se la communiquent. Un instant éternel les tient. Ce qui est authentique les rend authentique. Leur écoute de la Parole les rend capables d’écouter l’un l’autre. Ils ont déjà perçu en eux-mêmes une vérité éter-nelle qui les inspire tous les deux. Ils cherchent à se partager parce qu’ils font déjà parti de ce qui indivisible. Celui qui est Un les unit.&lt;br /&gt;
En premier lieu il faut comprendre ce que la rencontre n’est pas. Elle n’est pas un monologue, ni un dialogue de sourds. On cherche à percevoir la vérité de l’autre. On écoute, sans naïveté mais avec respect, sans mépris et sans peur. On est libre de cet inclusivisme irréfléchi qui ignore les contresens, et de cet l’exclusivisme arrogant qui rejette tout ce qui est différent. Il n’y ni confusion ni assimila-tion. On n’impose pas ; on ne cherche pas à convaincre. On ne masque pas ses propre défauts, et on ne ferme pas les yeux à ce qui est inacceptable chez autrui.&lt;br /&gt;
Qu’est-ce donc cette rencontre ? Elle n’est pas une menace ou une défaite mais une communication. On accueille l’autre, et on anticipe une révélation. Il y a un sentiment de révérence car on présume que la grâce divine habite chez l’autre. En effet, si on ne suppose pas qu’il y chez les participants d’une autre religion une expérience divine, la rencontre ne sera que politesse apparente et mépris caché. On présume au préalable que les autres religions donnent accès au niveau divin, quelle que soit la façon dont ce niveau est compris. On désire trouver chez l’autre la tradition auquel il appar-tient et la trouver authentiquement vécue. On écoute les enseignements et assiste aux rituels en es-sayant d’en percevoir la profondeur spirituelle.&lt;br /&gt;
Il se peut que ce processus d’éclaircissement se transforme en crise car il met en question des points de vue bien chers. On peut alors s’attacher aux expressions du Verbe pour en faire des idoles, des « temples construits par la main des hommes ».[167] On peut refuser d’entrer plus loin dans les ri-chesses de sa propre tradition inépuisable. On peut en faire un musée. La tradition devient alors un esthétisme dont les richesses ne sont que des ‘joyaux’ : beaux et durs.&lt;br /&gt;
Les expressions du Verbe sont nécessairement inadéquates car la clarté divine s’affaiblit en se pro-pageant. Si on reste au niveau des mots et si on confond la religion et la théologie, la double appar-tenance est impossible. Il faut aller au-delà des mots, si nécessaires soient-ils, pour arriver à leur source. Ceci dit, il faut aussi que l’expérience d’unité s’exprime en paroles et actes. Eventuellement on aura besoin d’un acte qui manifeste extérieurement et publiquement ce qui est ressenti au fond de l’esprit.&lt;br /&gt;
Le partage est un enrichissement. Commençons avec une analogie : un oeil seul voit les dimensions verticale et horizontale. Les deux yeux – qui ne voient pas exactement de la même façon – nous lais-sent voir la troisième dimension : la profondeur. De même, les deux oreilles qui n’entendent pas exactement de la même façon nous laissent deviner la provenance d’un son. De façon analogique, les différences irréconciliables entres les religions sont d’une valeur inestimable car elles nous font dépasser le mental pour découvrir le Verbe qui en est la source. Sans l’incompatibilité des traditions religieuses on n’arrive pas finalement à la source divine qui dépasse toute connaissance.&lt;br /&gt;
Le partage est effectivement une proto-évangélisation, car pendant la rencontre on entend une sourdre qui est le Verbe au premier stade de sa manifestation. C’est une rumeur, puissante et déli-cate en même temps. C’est la résonance de la Parole qui se manifeste au niveau de la perception avant de s’expliciter par les mots. Le Verbe résonne en nous et nous fait entendre ses résonances chez les autres. Les participants de la rencontre reconnaissent, l’un chez l’autre et chacun en soi-même, la Parole suprême de qui les rites et les paroles religieux proviennent. C’est le même Verbe qui s’est manifesté en les prophètes de tous les temps, dans l’Ancien Testament et dans tous les tes-taments, dans la gloire du monde[168] et dans les émotions du cœur humain, dans les rites et les lieux saints de toutes les religions. Refuser les expressions du Verbe chez les autres serait se détour-ner du Verbe lui-même ; ce serait une apostasie.          &lt;br /&gt;
Le Verbe qui se manifeste incessamment s’est fait chair à Bethlehem et surtout au Calvaire où il connaît d’une façon unique la réalité de la chair humaine. C’est sur la croix que Jésus expérimente les limites de la joie et de la détresse mais il devient totalement chair en dépassant les confins de la chair et en ressuscitant d’entre les morts. Le péché et la grâce, la lumière et la ténèbre, le ciel et les enfers, tous sont alors réconciliés. Toutes les barrières sont démantelées, non seulement celles entre les juifs et les gentils[169] mais celles aussi qui séparent les religions. On s’appartient tous en de mul-tiples appartenances.&lt;br /&gt;
Jésus a étendu les bras sur la croix pour embrasser le monde entier. Ses disciples l’imitent et ouvrent largement l’esprit et le cœur. Le Christ universel les rend universels. Bien établis en leur foi ils ont la capacité d’accueillir une autre tradition et d’en bénir son adhérent. Les chemins que le Verbe a frayés en eux leur ouvrent le cœur à autrui. Ils voient ce qu’il y a d’identique et de différent. La re-connaissance de cette identité se fait au-delà des mots, au niveau où le Verbe transcende les paroles. Leur reconnaissance de la valeur de l’autre tradition est donc une évangélisation, une bonne nou-velle. Les chrétiens ne parlent pas d’un Christ qui est étranger à cette tradition mais du Christ qui se fait connaître en elle. Ils proclament qu’eux et les partenaires d’une autre tradition accèdent au même Silence d’où le Verbe jaillit.&lt;br /&gt;
L’évangélisation est mutuelle aussi. On reconnaît chez l’autre la Parole suprême qu’on connaît en sa propre tradition et on se rend compte plus intensément de la Parole qui nous habite. En l’écoutant chez l’autre on se met plus consciemment en contact avec la Parole en soi-même. Les partenaires s’initient donc plus profondément dans la Parole. C’est une évangélisation mutuelle.&lt;br /&gt;
« … l’autre me révèle à moi-même et m’amène à moi-même tout comme il m’amène à lui-même. Sa présence est une proclamation de moi-même à moi-même et vice versa. Il se révèle à moi et par ce fait il me révèle à moi-même. Il est la manifestation de mon moi le plus intérieur. Je le reconnais et je me reconnais. »[170]&lt;br /&gt;
L’appartenance est personnelle avant qu’il ne soit théologique. On ouvre large les bras et on accueille le participant d’une autre tradition. On veut lui appartenir. Le partenaire est un compagnon, un ami. On veut recevoir, on veut être reçu au plus profond de l’âme, là où l’Esprit agit sur l’esprit. On es-père, on attend que l’autre vienne nous illuminer de sa vérité et entrer en rapport. On attend qu’il nous sauve. On espère qu’il réponde et que le rapport soit réciproque pour qu’il y ait communion.&lt;br /&gt;
En somme, la rencontre en fait implique une quadruple transcendance, en haut, vers Celui qui dé-passe tout ; au dehors, vers autrui ; en dedans, à l’intérieur de sa propre tradition plus amplement comprise ; en avant, vers un futur qui nous reste encore caché.[171]&lt;br /&gt;
3.E      L’arrivée au Cœur &lt;br /&gt;
Sensibilisé par l’Esprit l’on s’approche de l’autre tradition. Illuminé par le Verbe on devient capable de bien voir, d’admirer et d’aimer. Et alors, en s’ouvrant à une autre tradition, le Ciel s’ouvre en nous-mêmes. En recevant la tradition étrangère on sent que Dieu nous reçoit chez lui. Etant présent à l’autre tradition on a le sentiment d’être présent à la Présence divine. En cessant d’être refoulé sur son propre soi on cesse d’être individuel ; on devient personnel. Présent à autrui on devient présent à la Personne. En aimant le prochain comme soi-même, on commence à aimer Dieu de tout son cœur. C’est le salut.&lt;br /&gt;
Quand Tendar est venu habiter chez moi, je ne pouvais pas lui dire, ‘Sois le bienvenu, mais laisse ton cœur et ton âme à la porte’. De même pour Sannyasanand. Je les accueillais et j’accueillais leur véri-té.&lt;br /&gt;
La double appartenance n’est donc pas une infidélité mais une double fidélité. Elle n’est pas une conversion ; elle n’est pas une apostasie. Elle n’est pas un mélange irréfléchie mais une perception plus fine des actes de Dieu. On ne rejette pas sa propre tradition quand on se sent attiré par une autre. La double appartenance est un aveu d’identité. On voit que l’essence de l’un est en même temps la réalité de l’autre. Le soi de l’un est le soi de l’autre. On s’appartient car on est de la même nature. « Les semblables reconnaissent leurs semblables, les mêmes reconnaissent les mêmes. »[172] De même que les différentes christologies des quatre évangiles permettent une foi plus ample en le Christ unique, ainsi la double appartenance permet une appréciation plus vive du Verbe non duel : nous sommes au fond la même réalité, le Verbe unique.&lt;br /&gt;
En nous rencontrant de cette façon nous plongeons ensemble dans les profondeurs de la Parole pour arriver au Coeur. Nous voyons bien que nous avons le même cœur, le Cœur divin. La seule réponse suffisante à ce sentiment de communion est le silence.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Chapitre 4&lt;br /&gt;
Un tantra chrétien.&lt;br /&gt;
Préliminaire&lt;br /&gt;
Les pages suivantes rapprochent le Christianisme et le Shivaïsme tantrique du Cachemire. &lt;br /&gt;
Il n’est pas question de réfléchir sur chaque aspect de la foi chrétienne, chose impossible, ni de pré-senter toute la pensée cachemirienne. Il ne s’agit non plus de comparer les deux ni de les réduire l’un à l’autre, disant que cet aspect-ci ressemble à cet aspect-là, ou que ce terme cachemirien diffère de cet autre terme chrétien. &lt;br /&gt;
Il s’agit tout simplement de contempler les deux ensemble et ensuite de chanter «un chant nou-veau ».[173] L’effet sera en quelque sorte un évangile tantrique ou, si vous voulez, un tantra chré-tien. Ce ne sera qu’une première ébauche très incomplète.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
On pourrait protester : n’est-ce pas qu’il faut présenter les tantras objectivement tels qu’ils sont, et rien de plus ? Au contraire, la tradition indienne permet l’interprétation d’un texte par le moyen d’un autre texte pour en montrer toutes les richesses. Le gourou est censé combiner les différents élé-ments selon l’illumination qu’il a reçue. Il lui faut comprendre sa tradition, clairement et objective-ment ; il lui faut aussi la développer. Le gourou absorbe les points de vue insolites dans sa propre tradition et en donne le cœur, l’essence. De même, chaque école montre comment elle transcende les autres et propose des moyens plus simples et plus efficaces d’arriver à la libération.&lt;br /&gt;
On voit cette procédure chez Abhinavagupta qui passe en revue tous les tantras de son temps et les réinterprète selon le non-dualisme de Vasugupta. Pour lui l’essence du tantra, ‘la lumière sur les tan-tras’, est le Trika.&lt;br /&gt;
De même qu’il y a un tantra bouddhiste, il est légitime d’imaginer un tantra chrétien. Ce travail n’est pas donc seulement permis, il est attendu. Les pages suivantes proposent que l’essence du tantra – c’est-à-dire leur source et leur apogée – est l’Amour. L’évangile révèle le cœur du tantra ; le tantra révèle un autre sens de l’évangile. Les lumières ne s’obscurcissent pas mais s’illuminent.&lt;br /&gt;
Ce chapitre cherche donc à articuler, sur la base de mes expériences et d’une certaine compréhension et du Shivaïsme du Cachemire et du Christianisme, ce que serait un tantra chrétien. On remarquera à quel point le vocabulaire du Shivaïsme du Cachemire se retrouve dans cette présentation.&lt;br /&gt;
4.A      L’exode&lt;br /&gt;
Le départ         Quelle est cette parole qui annonce,&lt;br /&gt;
« Quittez, partez, laissez tout ce qui est familier et allez-vous en vers un pays inconnu, un lieu de bé-nédiction » ?[174]&lt;br /&gt;
Quel est ce vent qui vient sous les ailes et nous soulève ? La grâce divine est à l’origine du tantra chrétien. Le désir survient de partir dans le ‘désert’. C’est comme si une musique enchanteresse in-vite à partir dans l’inconnu.&lt;br /&gt;
Cet élan se déclenche de différentes façons selon les dons de la grâce. Est-ce une parole, une scène, un chant, une cérémonie qui l’inspire? Est-ce la tradition familiale ou un personnage religieux qui agit puissamment sur l’esprit ? Est-ce l’explication cohérente et parlante de la tradition qu’on appré-cie d’une façon plus claire ? Est-ce l’expérience de la paix qui s’installe, comme par magie, dans le cœur et invite à la tranquillité.&lt;br /&gt;
Le ‘non moyen’ fut accordé en toute plénitude à la Vierge Marie . Elle est pleine de grâce à tel point que dès le premier moment de son existence elle est illuminée et sans tache. Elle reçoit l’initiation la plus intense directement dans les profondeurs de son être.&lt;br /&gt;
Pour chaque disciple aussi, en fin de compte, il n’y a pas de moyen. La grâce est un don. Les œuvres sont incapables de la lui accorder et ne font que développer ce qu’il possède déjà. Il se met sur la voie la plus convenable pour le mener dans un au-delà que, obscurément, il connaît déjà.&lt;br /&gt;
Peut-être demeure-t-il dans la confiance de la foi. Il désire tout simplement de devenir pleinement ce qu’il est déjà. Il ne cherche pas à comprendre mais se repose en son être même. Il se réalise en lais-sant la grâce le posséder totalement. C’est le moyen dit ‘divin’. Peut-être cherche-t-il à comprendre ce qu’il sait. Il s’instruit et demande conseil pour que petit à petit il comprenne la joie qui l’attend et connaisse « ce que l’œil n’a pas vu … tout ce que Dieu a préparé pour ceux qui l’aiment.»[175] C’est le moyen dit ‘puissant’. Peut-être se sert-il du moyen dit ‘individuel’ par lequel, comme l’artiste, il exprime par les rites et les actes ce qu’il est déjà. De cette façon il devient clairement ce qu’il est obscurément.&lt;br /&gt;
Dans mon cas, ces quatre voies présentées par le Shivaïsme du Cachemire mettaient un peu d’ordre dans la variété des expériences. J’aimais célébrer les cérémonies, car de cette façon je devenais visi-blement et officiellement le persona Christi, malgré mes fautes. Le ‘moyen individuel’ m’était donc important. Le moyen dit ‘puissant’ était important aussi car je réfléchissais et j’essayais de com-prendre. Effectivement, si j’allais m’adonner de tout cœur à ce que j’expérimentais il me fallait com-prendre ce qui se passait et savoir également pourquoi j’avais été frappé par les textes du Cachemire. Toutefois, j’aimais surtout rester immobile dans la méditation, comme Śiva sur le Mont Kailas, et poursuivre le moyen dit ‘divin’. De temps en temps aussi le ‘non-moyen très réduit’ jouait un rôle. Je me rappelle le moment précieux où j’ai visité le tombeau de St Thomas d’Aquin à Toulouse. Le sen-timent de la grâce divine me frappait, une grâce belle et tranquille, raisonnable et harmonieuse.&lt;br /&gt;
Les divers moyens ne s’opposent pas mais s’intègrent. Si je célèbre le rituel c’est pour exprimer de façon visible ce qui se passe dans le silence de la méditation. Si je désire écrire c’est pour la même raison : apprécier plus clairement les dons de la grâce.&lt;br /&gt;
La Présence     Le silence du désert lance son appel. On quitte donc le vacarme des raisonnements et des projets. On laisse de côté le conditionnement psychologique et social, toutes les catégories et les constructions mentales. On abandonne tout et on s’avance dans le vide absolu, sans attaches, sans mots, sans rapports sauf l’un : le sentiment obscur d’une Présence mystérieuse.&lt;br /&gt;
Ce n’est pas par dégoût de la vie qu’on part, mais parce qu’on devine déjà une vie plus ample qui attend. On n’abandonne pas les plaisirs de cette vie pour les trouver dans un au-delà. Ce n’est pas pour éviter la mort et inventer une vie éternelle. On ne se fait pas d’illusions ; on les abandonne toutes dans un exode total. On part car on voit bien que la forme actuelle du monde n’est pas la seule forme possible. On quitte le monde pour le retrouver pleinement&lt;br /&gt;
En effet on est capable de tout quitter parce que déjà on connaît tout, obscurément mais vraiment. C’est la connaissance de la foi, « la preuve des réalités qu’on ne voit pas ».[176] On sait qu’il existe quelque chose d’infiniment valable qui n’est pas ailleurs mais ici, sauf qu’à présent il est caché. Déjà on se sent libre, vigoureux, authentique.&lt;br /&gt;
On plonge donc dans l’inconnu, sans peur et sans ambition. On laisse de côté toutes les connais-sances et tous les moyens de connaître. On ne se pose plus les questions : ‘Dieu, existe-t-il’ ou ‘Quel est le sens de la vie?’. On oublie les enseignements du passé. On ne se connaît plus soi-même. L’ignorance est totale. On voyage dans la nuit, sans aucune « réalité palpable ».[177] On se retire dans le silence et la solitude. On se vide pour habiter le Vide qui, on le sait déjà, est Plénitude. On arrive au début, avant que rien ne fût.&lt;br /&gt;
C’est alors que soudainement on a le sentiment d’une Présence qui s’écarte les bras sans présenter aucun obstacle. On est présent à la Présence, où il sied de se tenir coi. On est vide devant le Plein ; on est ignorant devant le mystère qui transcende tout et qui se cache au plus profond de l’âme. On est là, seul avec le Seul, comme si Adam se mettait debout sur la terre, avant que le paradis ne soit planté.[178]&lt;br /&gt;
L’arrivée n’est pas un mouvement spatial – car rien n’existe qui ne soit pas déjà présent – mais une perception. Ce qui semblait un exode à travers le désert est en effet un désaveuglement. Les œillères tombent. Les défenses disparaissent. Le mental cesse de fonctionner ; on arrive au ‘transmental’. Cette perception est le résultat non pas d’une idée ou d’un désir mais d’une Présence innommable qui se manifeste spontanément.&lt;br /&gt;
Il y a un soulagement d’être parvenu à l’Unique nécessaire. On y trouve paix et repos. Il n’y a plus rien à faire, rien à chercher. Que vouloir, que penser ? C’est l’arrivée et l’arrêt.    &lt;br /&gt;
Le Sujet n’est pas ressenti comme un nul. Il n’est pas un ‘tout’ impersonnel. Il est le Je qui se perçoit en tous les ‘moi’. La source n’est pas un rien mais un ‘qui’. Il est largesse, ampleur, accueil qui reçoit sans rien opposer. Il n’est pas absence mais présence. Il n’est absent de rien mais présent à tout. Il est le début, il est ‘sans égal’. Il est lumière incompréhensible dont l’éclat éblouit la pensée. Il est la splendeur ténébreuse. Il est conscience qui connaît tout ; il n’est ignorant de rien. Il ne peut être un objet de connaissance ; il reste toujours Sujet.&lt;br /&gt;
Or, la seule façon de connaître le Sujet est d’être sujet au Sujet et de devenir le Sujet. Pour vraiment apprécier l’eau, par exemple, il faut abandonner toute rigidité et devenir fluide et mobile.[179] On est parfaitement présent à la Présence non pas par altérité mais par identité.&lt;br /&gt;
Est-ce une illusion ? Le Vide qui se présente comme Présence, est-ce l’effet d’une angoisse devant le vide ? Mais non, car au préalable on abandonne tout désir et tout savoir. C’est la Présence qui se fait connaître spontanément. La refuser serait lui opposer une volonté factice. C’est en abandonnant tout refus qu’on accède Celui qui accueille.&lt;br /&gt;
Il faut le répéter : ce voyage se fait en délaissant le mental. Le travail des philosophes est utile mais insuffisant. Platon, Aristote, les Scholastiques, Descartes, Kant, Sartre, Derrida : leurs points de vue sont irréconciliables. Il faut passer outre et arriver au principe d’où provient le raisonnement. On ne prouve pas les axiomes ; ils sont évidents. Le raisonnement met de l’ordre dans les idées, mais tout au début c’est l’intuition qui compte. Il s’agit de ‘voir’.&lt;br /&gt;
On est présent donc à la Présence et sujet au Sujet à tel point qu’il n’y a que la Présence, le Sujet unique. Le rapport n’est pas d’objet à sujet, mis de sujet à sujet, à la fois identiques et distincts. On est conscient de soi-même en étant présent à la Présence.&lt;br /&gt;
Cette Présence est la lumière qui illumine et transforme en lumière. L’ego, l’idée du soi, les pensées, les convoitises, tout disparaît dans la clarté de la Présence. On se sent libre, purifié, vrai. Les erreurs et les péchés n’ont aucune importance. Les ténèbres et les doutes évanouissent. On est sans rival, sans menace, sans besoin. On se tait, émerveillé, satisfait, apaisé. On est présent à la Présence, hors du temps, sans future, sans passé, dans un présent éternel. Comme Elie qui arrive au Mont Horeb après avoir marché quarante jours et quarante nuits on se courbe, la tête baissée devant Dieu.[180]&lt;br /&gt;
Les apports     A l’âge de sept ans j’avais refusé la forme de dévotion qui propose un rapprochement des personnes mais rend leur séparation définitive. Elles sont toujours deux et ne seront jamais un. Il y a participation mais non pas identification. Le créé reste créé. L’abîme entre Dieu et l’homme reste infranchissable. La séparation que j’avais refusée le Shivaïsme du Cachemire la déclarait irréelle, et je m’en réjouissais. Il fait voir que la division est une illusion. Il enseigne que finalement tout est Śiva, tout est aham, ‘Je’. Le dualisme n’est qu’apparent et le monisme est sans vie : c’est le non-dualisme qui explique la nature des choses.&lt;br /&gt;
L’Evangile de sa part révèle clairement, et sans l’ambiguïté qui se trouve dans le Shivaïsme du Ca-chemire, que le je individuel peut s’adresser au Je, ce qui est l’essence de la prière. Le je est présent à la Présence. Il y a un personnalisme qui n’est une opposition entre individus, un dualisme. L’Amour proclamé par l’Evangile permet identité et rapport, unité et multiplicité. Union et communion s’impliquent.&lt;br /&gt;
4.B      Le Verbe fait chair&lt;br /&gt;
Dieu et le Verbe         Dieu n’est pas refoulé sur lui-même mais s’exprime. On voit cela lorsque, en se révélant à Moise, Dieu déclare « Je suis ». Cette déclaration faite dans le temps se fait éternellement aussi. Le Je dit «Je suis ». Cette expression du Soi, « Je suis », est la prise de conscience, le Verbe, faite en toute simplicité, pleinement, sans ignorance aucune, sans réticence ou mensonge.&lt;br /&gt;
Le « Je suis » est la parfaite expression du Je qui est Sujet. Les trois phrases du Credo sont magis-trales :&lt;br /&gt;
Il est Dieu, né de Dieu,&lt;br /&gt;
lumière, née de la lumière,&lt;br /&gt;
vrai Dieu, né du vrai Dieu.&lt;br /&gt;
Si le Sujet est dénommé « Dieu », le Verbe est « Dieu de Dieu »,[181] Dieu révélant Dieu à Dieu. Si la conscience est lumière, le Verbe est « Lumière née de la  Lumière ».[182]&lt;br /&gt;
Il arrive quelquefois, à la fin d’un filme, qu’on reste assis et comme transi par la beauté de ce qu’on vient de voir. Le filme qui sort, pour ainsi dire, du silence de l’écran nous ramène au silence d’où il est venu. C’est parce que le rapport entre le silence et la parole est riche. « Du silence Dieu ne pro-nonça qu’une Parole. » [183] Le Verbe suggère le Silence d’où il procède ; l’effable manifeste l’Ineffable. Dieu est Silence. C’est magnifique. Le Verbe est prononcé pour donner accès au Silence. Médiateur, il donne accès à l’expérience immédiate de la Présence, tout comme une fenêtre qui s’ouvre sur l’espace.&lt;br /&gt;
Le Silence se vide, pour ainsi dire, en s’exprimant totalement, car rien n’est retenu, rien n’est caché, tout est dit. De même, le Verbe fait connaître ce que les mots sont incapables de décrire. En tant que résonance du Silence, le Verbe se réfère au Silence. Si le Silence s’exprime complètement en le Verbe, ce dernier de sa part manifeste le Silence en toute transparence. Verbe et Silence vont de pair, de façon égale.&lt;br /&gt;
Selon le Shivaïsme du Cachemire, la conscience et la prise de conscience sont distinctes mais non pas séparées. La conscience n’existe pas sans la prise de conscience, et cette prise n’affaiblit pas la clarté originelle. Elle est tout ce qu’est la conscience, mais différemment. De même le Verbe ne s’oppose pas au Silence mais s’en distingue. Ils sont advaita: ni moniste, ni duel, mais non-duel.&lt;br /&gt;
Le Sujet s’exprime pleinement ; son expression ne peut être que sujet. On verra par la suite que le Sujet s’exprime en des objets – la variété du monde – mais ces expressions sont partielles et limitées. L’expression pleine du Sujet est un sujet qui est libre, autonome, égal au Sans-Egal, et en même temps sujet au Sujet d’où il procède. Si la Présence est Sujet,’Je’, le ‘Je suis’ est sujet aussi, distinct mais non pas séparé.&lt;br /&gt;
Le Verbe et l’Esprit                 Le Verbe n’est pas incapable et inactif. Il est efficace et puissant. Cette puissance (śakti) est perçue comme distincte mais inséparable du Verbe, de même que le feu et sa capacité de brûler ne sont jamais séparés. Elle est capacité pure, sans particularité, omnipotente. La Puissance va et vient suivant son propre gré.&lt;br /&gt;
« Le vent souffle où il veut, … mais tu ne sais ni d’où il vient ni où il va.».[184]&lt;br /&gt;
Si le Verbe – le ‘Je suis’ – est la lumière qui illumine la Conscience, sa Puissance est l’autonomie du Verbe.&lt;br /&gt;
Le ‘Je suis’ est comme passif et confiant, clair et sans ambages, sûr et franc, vrai et authentique, conscient de l’immensité de son pouvoir. La quiétude même du Verbe laisse émaner sa force. De même que Kālī danse sur Śiva ensommeillé, ainsi l’Esprit surgit du Verbe. Repos total et activité infinie vont de pair. La Puissance est l’autorité accordée au Verbe. Elle est le domaine infini des possibilités. Elle sera éventuellement auteur de tous les états particuliers, la mère de tout ce qui est.[185]&lt;br /&gt;
Le Verbe est conscient de sa Puissance qui est profondément sentie et accueillie; et dans cet accueil il y a un sentiment d’épousailles. Selon l’enseignement d’Abhinavagupta qui décrit le rapport entre Śiva et śakti,[186] si le Verbe est ‘Je suis’, sa Puissance est ‘Tu es’, de sorte que le ‘Je suis’ dit ‘Tu es mon propre soi’, ‘Je suis pour toi, tu es à moi’.&lt;br /&gt;
Il y a donc la ‘conscience’ qui est Dieu, et la ‘conscience de la conscience’ qui est le Verbe; et la Puissance autonome du Verbe : tous un, sans division, sans dualité.&lt;br /&gt;
Les apports     Le tantra introduit une certaine idée d’épousailles dans la Réalité divine elle-même. Les innombrables commentaires sur le Cantique de Salomon présentent l’amour de Dieu envers l’homme comme un mariage mystique, mais ce mariage a lieu uniquement entre le Créateur et le crée. La pertinence du tantra se trouve dans sa perception du mariage dans l’être même de la Sainte Trini-té.&lt;br /&gt;
C’est ce qui se passe dans la méditation. Assis, stable et tranquille, présent à la Présence, identique au Je, une vigueur émane de moi, comme les tourbillons de la grâce. Je contemple la ruée joyeuse de l’Esprit[187] qui vient de moi, qui est à moi.&lt;br /&gt;
Toutefois le tantra du Cachemire qui rejette les limitations de l’individualisme possède une idée très faible de la personne. C’est l’Evangile et surtout le dogme de la Trinité qui permettent le dévelop-pement de l’idée de la personne. En effet, l’Amour n’est révélé en sa totalité que par le mystère pas-cal.&lt;br /&gt;
«En ceci Dieu prouve son amour envers nous: Christ est mort pour nous alors que nous étions en-core pécheurs ».[188]&lt;br /&gt;
Le Verbe est l’annonce de l’amour, car Dieu est Amour.[189] C’est la bonne nouvelle de l’Evangile. Le Verbe, qui n’est qu’amour, est adressé à l’Esprit qui reçoit ‘de tout cœur’ cette annonce. L’Esprit n’est-il pas le disciple parfait ? L’écoute de l’annonce de l’amour n’est-elle pas aussi l’amour ;  la réception n’est-elle pas amoureuse ? L’Esprit évoque le Verbe. Il est le don de Dieu au Verbe pour que le Verbe puisse déclarer l’amour. La Proclamation de l’amour et l’Ecoute de l’amour se coïnci-dent. En somme, l’Amour adresse le Verbe de l’Amour à l’Amour qui écoute. L’Amour trine est un.&lt;br /&gt;
Le Verbe et le monde              Le tressaillement de joie ressenti en cet échange de l’Amour se mani-feste dans l’émission du monde. Le monde est le fruit de l’amante Trinité divine ; l’univers entier est un cri de joie.&lt;br /&gt;
Tout comme l’image sur le miroir existe déjà d’une certain façon dans le miroir, ainsi le monde existe déjà essentiellement en Dieu. Ce qui existe dans le temps existe d’une certaine façon dans l’éternité. Le Silence infini qui s’exprime pleinement en le Verbe se plaît aussi à s’exprimer partiellement dans le cosmos. Le Je, dont l’auto-conscience est ‘Je suis’, s’exprime en ‘Je suis ceci et cela’, c’est-à-dire dans le monde objectif. Le Verbe, qui est la révélation première, est le fondement de toutes les révé-lations. Il est la vérité au cœur de toutes les vérités, le mantra primordial au cœur de tous les man-tras.&lt;br /&gt;
Ce monde est l’œuvre gratuite, le jeu[190] de Celui qui est essentiellement libre. Dans ce sens Dieu est indifférent au réel car de quoi aurait-il besoin, Celui qui est plénitude ? A quoi serait-il sujet, Ce-lui qui est Sujet suprême? D’un autre côté Dieu n’est pas indifférent à ce qu’il projette. Celui qui dit tout simplement ‘Je suis’ ne saurait dire ‘Je ne suis pas’ ou ‘Je ne suis pas ceci ou cela’. Le Verbe, qui est la proclamation ‘Je suis’, dépasse toute chose limitée et, en même temps, tout existe en lui. Celui qui dit ‘Je suis’ décèle en lui-même le champ infini du possible. Le ‘Je suis’ est tout et rien à la fois. Il est et n’est pas les formes qu’il adopte.            &lt;br /&gt;
Le ‘démiurge’, selon la philosophie grecque, introduit de l’ordre dans le ‘chaos’ pour en faire le ‘cosmos’. La Bible par contre proclame que Dieu est l’origine de tout. Il ne crée pas à partir du chaos préexistent mais ex nihilo. Il n’y a rien dont Dieu ne serait pas la cause. Or, la pensée indienne ne propose ni le démiurge ni la création mais l’émanation. Ce monde n’est pas à part de Dieu ; il en est l’expression. L’univers n’est pas un objet mais une manifestation.&lt;br /&gt;
Le Verbe est l’expression parfaite de Dieu, et toute expression limitée est un aspect du Verbe. Le récit biblique de l’origine du monde étale la limitation progressive du Verbe. Dieu qui proclame ‘Je suis’, dit aussi, « Que cela soit ».[191] Le fait que Dieu ‘dit’ est déjà une limitation car il aurait bien pu ne rien faire. Encore : Dieu dit « que … », c’est-à-dire, il commande, mais il aurait pu dire autre chose ; c’est de nouveau une limitation. Ensuite Dieu dit « que la lumière soit » alors qu’il aurait pu commander autre chose. Et ainsi de suite par plusieurs étapes. Dieu se manifeste et se limite en même temps. Le réel procède donc du Verbe. La proclamation prophétique est à l’origine de tout. Le ciel et la terre sont la révélation du Verbe divin et en même temps son obscurcissement.&lt;br /&gt;
Tout cela se fait par la puissance de l’Esprit qui, en tant que śakti, est l’ouragan qui présidé à l’origine du monde.[192] Il « planait à la surface des eaux »[193] avant même que Dieu ne prophé-tise le monde. La Puissance du Verbe s’exerce sans effort. De sa spontanéité généreuse tout est né. Pour cette raison on peut comparer l’Esprit Saint à une femme, ce que fait Saint Paul lorsqu’il parle de l’enfantement du monde.[194] L’Esprit Saint est ‘vent’ et ‘feu’ et ‘torrent’, selon le symbolisme biblique. Il est créateur et destructeur à la fois. Souverainement libre il fait fi des plans, et toutes les constructions mentales sont relativisées.&lt;br /&gt;
Les apports     Le tantra fait voir qu’en s’identifiant avec le Verbe dont le monde est l’expression, on se trouve partout chez soi. Rien n’est étranger car tout est la manifestation de la Parole. Le monde et le soi sont un.&lt;br /&gt;
Egalement, en ne faisant qu’un avec le Verbe qui est la source de tous les mots il n’y a plus de sépa-ration. Ces milliers de livres qu’on ne lira jamais : on n’est pas à jamais privé de leur contenu, à l’écart des mondes qu’ils présentent. Les connaissances et la conscience coalescent. En s’identifiant avec celui qui a connu tous les paradoxes on devient cette surface limpide du lac qui révèle les pro-fondeurs et reflète les astres: tout ce qui est.&lt;br /&gt;
De même, le tantra fait voir que le monde est de fait le corps de l’homme.[195] Chaque aspect de l’homme se trouve lié à chaque aspect du monde. L’homme averti et conscient s’incarne partout.&lt;br /&gt;
La Bible évite le coté quelque peu impersonnel du Shivaïsme du Cachemire. C’est par amour que Dieu façonne Adam et lui donne tous les biens de la terre et lui présente la compagne pour qu’il ne vive plus seul mais qu’il connaisse les joies de l’amour. Le Nouveau Testament enseigne que Dieu donne le ciel aussi : le Jérusalem céleste descend sur terre, la ville sainte qui est toute belle comme une mariée.[196] Selon le tantra tout émane ; selon l’Evangile tout est don.&lt;br /&gt;
J’avais le goût des voyages. Il fallait tout savoir, tout goûter. La nuit en Papouasie, voyant la brume dans la vallée, je me sentis vêtu du monde entier. Le Shivaïsme du Cachemire justifie ce sentiment. Le monde est à moi, je suis au monde. Et dans le silence de la méditation le sentiment surgit en moi d’être uni à tout. Oui, la Ðakti qui émane de moi est la mère de tout ce qui est.&lt;br /&gt;
Le Verbe se fait chair              Le Verbe contient toutes les possibilités recelées en lui-même. Par la puissance de l’Esprit il se limite gratuitement et adopte toutes les formes du monde sans pourtant cesser d’être lui-même la plénitude première. Comme Śiva Naṭarāj, Maître de la danse, il adopte toutes les formes et n’est essentiellement aucune d’elles. Il retient son identité quelle que soit la pose qu’il adopte.&lt;br /&gt;
Le Verbe divin veut voir en réalité ce qui existe en principe. Il comprend en lui-même toutes les pos-sibilités : refuser de n’être tout qu’en principe serait effectivement n’être rien. Le Verbe se limite donc en des formes amoindries et les expérimente réellement. C’est la condescendance divine.&lt;br /&gt;
Lui qui est de condition divine n’a pas considéré comme une proie à saisir d’être l’égal de Dieu.[197]&lt;br /&gt;
Aussi le Verbe, qui est « Lumière née de la Lumière », se fait-il ténèbre. Celui qui est immensité se revêt de limites. Celui qui est plénitude se vide et se morcelle en parties et divisions. Il se manifeste différemment, tantôt en sourdine, tantôt avec éclat, dans la matière inerte comme chez le génie spiri-tuel, en la variété céleste et terrestre car le Verbe se fait corps dans tous les corps. De même le Verbe se manifeste dans les nations et dans le Peuple Choisi, dans le Torah et dans tous les écrits prophé-tiques, mais il n’est pas défini par ses particularités.&lt;br /&gt;
La Personne divine se fait individu. Le ‘Je suis’ universel se rend humain.&lt;br /&gt;
Mais il s’est dépouillé, prenant la condition de serviteur, devenant semblable aux hommes.[198]&lt;br /&gt;
Le Verbe se fait chair en Jésus de Nazareth. Le monde entier parle de Dieu, il est vrai, mais le Verbe se fait chair en un individu précis qui est, suivant la phrase d’Abhinavagupta, « le calice du sa-voir ».[199] Le Verbe qui est la proclamation simple et infinie, ‘Je suis’, se fait individuel et dit: ‘Je suis Jésus’.&lt;br /&gt;
Le deux phrases, ‘Je suis’ et ‘Je suis Jésus’, ne s’opposent pas mais se réfèrent. Le ‘Je suis’, qui re-vient souvent sur les lèvres de Jésus, se manifeste parfaitement en ‘Je suis Jésus’, et finalement sur la croix en le sentiment que ‘Je ne suis rien’.&lt;br /&gt;
Rappelons toujours que le ‘Je suis’ est l’expression du Sujet originel. Quand donc le Verbe prend chair c’est Dieu qui se manifeste ainsi. Le Verbe est incarné mais c’est pour que le Sujet soit deviné. Jésus est le Verbe qui mène au-delà de lui-même. Le ‘Fils’ ne retient pas l’attention de ses auditeurs fixée sur lui-même mais les laisse parvenir au Sujet qu’il appelle ‘Père’. Jésus est le médiateur et non pas le destin final.&lt;br /&gt;
Le Verbe se manifeste comme ‘chair’, ce qui signifie l’humanité et même la création animée entière. ‘Chair’ signifie aussi ‘faiblesse’, ‘mortalité’, ‘ignorance’ et ‘état pécheur’.&lt;br /&gt;
Le Verbe se manifeste donc, et la connaissance resplendissante se cache. En se faisant homme, Jésus se rend oublieux de son être sans bornes et, enfin, devient conscient seulement de sa nature limitée. Il ignore sa capacité infinie et se croît impuissant, marginal et temporel. En conséquence de cette ignorance les désirs et les ambitions naissent en lui. Il est entravé par les conséquences fâcheuses de l’illusion et en subit tous les malheurs. Le monde lui apparaît comme autre que lui-même. Il ignore qu’il est maître. Celui qui est la vie de tous les vivants devient mortel. Jésus est authentiquement ‘chair’.&lt;br /&gt;
Il y a toutefois une vigueur chez Jésus qui provient précisément de sa plénitude incompréhensible. Par conséquent il veut résumer en lui-même toutes les possibilités et tous les paradoxes. Il veut expé-rimenter à la fois la connaissance plénière et l’ignorance totale. Il veut savoir tout et rien ; il veut connaître les limites du bien et du mal, le temps et l’éternité. Il veut connaître la gloire d’avant tous les siècles[200] et l’humiliation de la croix, la présence divine et l’abandon. Il est grâce et devient péché ; il révèle la gloire de Dieu et devient un être asservi. Il connaît le fort et le faible, les ex-trêmes, le tout. Par ces paradoxes il veut manifester le Sujet infini qui dépasse tout.&lt;br /&gt;
Sans jamais cesser d’être le Verbe Jésus est conçu et né ; il grandit et devient adulte. Il apprend une langue, il adopte une culture précise et s’intègre dans une communauté particulière. Il s’identifie à son peuple dont l’histoire devient la sienne, et il connaît l’amitié humaine.&lt;br /&gt;
Sa nature véritable lui est connue de façon essentielle car il est la Parole, mais il doit trouver les mots pour l’expérimenter et l’exprimer, ce qu’il fait de façon progressive en passant par les niveaux de la parole : la perception, la découverte du langage, et les mots. Dans un sens contraire les bergers, ayant entendu l’annonce angélique de la naissance du Sauveur, trouvent la mangeoire et se recueillent en silence devant le Verbe fait chair. Au Temple, à l’âge de douze ans, au seuil de son adolescence, Jésus proclame sa filiation divine.[201] D’autre part, à son baptême dans le Jourdain, la Voix pro-clame: « Tu es mon Fils bien-aimé, il m’a plu de te choisir.  »[202] Il se reconnaît comme le Verbe de Dieu et résume en lui-même toutes les expressions du Verbe. Il est l’exode de ses ancêtres ; il est le Temple et les sacrifices ; il est le Torah ; il est le peuple de Dieu ; il est le monde et l’humanité en-tière. Il se sent solidaire de tous ; et les tire vers lui-même.[203]            &lt;br /&gt;
Il est reçu par les méprisés dont il partage le sort et c’est eux surtout qui comprennent la qualité ex-quise de son amour, « plein de grâce et de vérité ».[204] Etant devenu un opprimé parmi les oppri-més, Jésus entend leurs cris. Il n’accepte pas d’ignorer la misère humaine ou la malédiction des pé-cheurs. Il est comme impuissant à résister le cri des impuissants et ne sait refuser de partager leur sort. Par compassion il vient à leur aide. Il n’entendra pas dire de la part du malheureux: ‘Tu ne con-nais pas mon malheur’ mais reconnaît le misérable comme l’expression de son être même. Il ne leur dit pas ‘Va-t-en’, mais ‘Tu es mon propre soi’.&lt;br /&gt;
Se reconnaissant comme Verbe, Jésus parle au peuple. Il prophétise par ses paroles et ses actes. Sa parole est féconde. Il choisit les Douze pour faire voir que, plus encore que la virilité de Jacob, père de douze patriarches, sa parole est capable d’engendrer.[205] Lorsqu’il parle c’est de lui-même qu’il parle, et il parle de par sa propre autorité. Il est l’unique maître : celui qui parle et ce qu’il dit sont identiques. Le maître et ses mots sont un, non duel.&lt;br /&gt;
Jésus fait voir son pouvoir, mais non pas pour impressionner les incrédules. Il est vrai que Jésus touche les malades pour les guérir[206] et qu’il maîtrise la tempête[207] mais c’est pour indiquer le plus grand pouvoir, celui qui permet aux disciples d’être engendrés comme enfants de Dieu[208] et héritiers du royaume.[209] Eux aussi seront le Verbe de Dieu. Eux aussi connaîtront la joie qu’il a connue dès le début[210] et ils connaîtront surtout l’amour du Père éternel.[211]&lt;br /&gt;
Il connaît le plaisir. Il apprécie la beauté des fleurs[212] ; il aime l’homme qui a observé la loi depuis sa plus tendre jeunesse,[213] en voyant s’approcher les Samaritains, il ressent la joie que connaissent les hommes le jour de la moisson[214] ; il aime Lazare et ses deux sœurs, Marthe et Marie.[215] Il se réjouit de son propre corps aussi. Il y trouve la vie divine et humaine à tel point qu’il le présente comme nourriture. Au moment d’entrer dans sa passion il parle de sa gloire.[216]&lt;br /&gt;
La lumière qui est la grâce divine, quand enfin elle se manifeste dans ce monde d’individus ahuris et jaloux, ambitieux et effrayés n’est pas reconnue. L’ignorance voit celui seul qui lui ressemble. Les insensés ne reconnaissent pas les manifestations de la lumière. Même parmi ceux qui ont reçu la révé-lation de l’alliance au Sinaï, il y en a qui ne le reconnaissent pas. Le maître peut bien se mettre à en-seigner ; sont rares ceux qui veulent l’écouter.&lt;br /&gt;
Il y a pire. L’étincelle de la grâce, lorsqu’elle apparaît dans la pénombre de l’ignorance, provoque la crise. Les insensés préfèrent leur ignorance et les satisfactions qui en découlent. Peut-être aussi l’ignorant qui se rend compte de son ignorance refuse-t-il de se l’admettre. Sa folie devient méchan-ceté : c’est le péché, l’ignorance voulue. La ténèbre devient infernale.            &lt;br /&gt;
Jésus connaît la faiblesse. Il expérimente en lui-même toutes les contradictions et en souffre. Il n’est pas étranger à l’incertitude. Au Temple, ne sachant quel est le chemin juste, il s’écrie, « que dirai-je? Père, sauve-moi de cette heure? »[217] Au jardin il hésite devant la coupe dégoûtante de la mort.[218]&lt;br /&gt;
Jésus le Bhairava connaît aussi le péché et l’horreur. Il se laisse toucher par la femme qui souffrait d’hémorragies[219] et approcher par le lépreux[220] Il se fait ami des publicains et guérit les ma-lades le jour du sabbat de sorte qu’on finit par le traiter en pécheur.[221] Sans broncher il proclame sa filiation divine. De fait, il sera mis à mort comme blasphémateur.[222] Impur, il n’a plus le droit de cité. Il est expulsé de la Ville Sainte. Il est crucifié. Dans son être même la justice divine et l’injustice démoniaque se font face.&lt;br /&gt;
Et, reconnu à son aspect comme un homme, il s’est abaissé, devenant obéissant jusqu’à la mort, à la mort sur une croix.[223]&lt;br /&gt;
Il connaît la peur et la souffrance, il expérimente le désespoir et la damnation. L’horreur lui est plei-nement évidente car il est infiniment sensibilisé par sa vérité. Il sait ce que personne d’autre ne peut savoir, car seul le totalement pur possède la force de s’immerger dans le totalement impur. Le ciel seul peut choisir de descendre aux enfers.&lt;br /&gt;
Dieu prononce son Verbe en l’incarnation et Il le prononce parfaitement sur la croix. Jésus par ses actes et ses dits révèle le Dieu caché, mais c’est surtout le dernier cri sur la croix qui donne accès d’une façon choquante à la présence de Dieu.[224] Le cri de Jésus est la voix de Dieu.&lt;br /&gt;
L’Esprit Saint aussi exige le sacrifice. L’Esprit Saint qui écoute éternellement le message de l’amour, veut entendre la parole d’amour exprimée de façon éclatante sur la croix. L’onction à Béthanie, six jours avant la Passion lorsque Marie la sœur de Marthe et Lazare déverse le parfum[225] sur les pieds du Christ, symbolise l’engagement au sacrifice. L’Esprit Saint qui a conduit Jésus dans le dé-sert pour combattre le démon[226] l’engage à la croix pour que les plus exquises essences soient ré-pandues sur le monde. [227]&lt;br /&gt;
Marie, la mère ; Marie, la femme de Clopas ; et Marie de Migdal: toute la féminité est là. Mais c’est à sa mère que Jésus adresse la parole. Il lui dit «Femme », car elle est La Femme tout simplement. La généalogie et la pureté de la race: de toutes les raisons de l’orgueil des hommes Marie démontre l’impuissance, car c’est d’elle uniquement que le Christ est né.[228] C’est à elle, d’entre toutes les femmes, que le crucifié adresse la parole et qu’il donne comme enfant toute l’Eglise de Dieu. Elle est comme la Puissance divine, la mère de tous les vivants. C’est d’elle sur la colline impure du Cal-vaire que l’Eglise est née. Marie est la Kālī[229] qui tressaille de douleur et de joie en recevant l’Esprit de Jésus-Śiva au moment où il meurt. Marie, la vivante, donne la vie à l’Eglise. L’anéantissement et la fécondité coïncident.&lt;br /&gt;
Jésus se fait sacrifier. Il devient péché pour libérer du péché.[230] Le mal peut bien faire son pire, mais il est essentiellement limité et ne peut contraindre l’infini. Au contraire il donne à Jésus l’occasion de se manifester parfaitement. Jésus, le Śiva qui ‘se plaît à faire ce qui est impossible et improbable’, arrange que le mal devienne bienfaisant et que le vendredi du péché devienne le Ven-dredi Saint. La ténèbre infernale devient l’occasion de la pleine manifestation de la lumière. C’est la rédemption.&lt;br /&gt;
On l’enlève de la croix et le dépose au tombeau, mais de son corps il ne reste aucune trace. Le Verbe devient pleinement chair lorsqu’il cesse d’être tout simplement chair et devient esprit.[231] La révé-lation de la chair est complète lorsque il n’y a plus rien à voir.[232] Jésus est le holocauste, le sacri-fice entièrement consumé. Rien de mortel ne reste car tout est ressuscité. « Dieu l’a souverainement élevé. »[233] Le tombeau est vide.[234]&lt;br /&gt;
Jésus n’est pas étranger aux morts car il est mort réellement; il n’est pas étranger aux vivants car il est en fait ressuscité. Lui, mort et vivant, tire vers lui-même tous les vivants et les morts, ceux qui furent et ceux qui seront.&lt;br /&gt;
[Dieu] lui a conféré le Nom qui est au-dessus de tout nom, afin qu’au nom de Jésus tout genou flé-chisse, dans les cieux, sur la terre et sous la terre, et que toute langue confesse que le Seigneur, c’est Jésus Christ, à la gloire de Dieu le Père.[235]&lt;br /&gt;
Jésus est le Seigneur universel.&lt;br /&gt;
C’est par l’Esprit que Dieu ressuscite le Fils bien-aimé. La descente de l’Esprit indique l’approbation divine qui n’est pas une émotion mais une autorisation, non pas une phrase mais une Personne.&lt;br /&gt;
Les œuvres de Jésus anticipent le Royaume de Dieu. De son vivant Jésus laisse ses disciples soup-çonner sa puissance ; il reçoit maintenant toute autorité au ciel et sur la terre.[236] Par la résurrection Jésus devient ce qu’il a toujours été, le Christ de Dieu. Jésus expérimente tous les paradoxes pour que l’Esprit émane de lui.&lt;br /&gt;
L’Esprit émane de Jésus ; l’Esprit est donné à Jésus. L’Esprit, qui est descendu de son propre gré sur Jésus au moment de son baptême dans le Jourdain, descend librement et pleinement sur lui au tom-beau. A Jésus mort, abandonné et dépossédé, à ce ‘héros’, l’Esprit se communique. Comme Eve qui s’avance vers Adam assoupi, l’Esprit vient en toute liberté vers Jésus. L’Esprit se donne à lui et lui confère sa toute-puissance et sa fécondité. Un déploiement sans limites est donné à celui qui est mort dans tous les sens. Sans l’Esprit le Christ ne peut rien faire ; avec l’Esprit il est tout puissant. Il se réjouit de cet Esprit qui est comme un enivrement. Il reçoit l’Esprit qui ‘donne la vie’ et se plait de sa vivacité. La joie déborde de lui ; elle emplit le monde entier, et transporte le Christ au ciel. Par la joie il est extasié hors du monde et placé au cœur du cosmos. Assis à la droit du Père, il est arrivé, il est en paix. Il se repose au sein du Père alors que l’Esprit émane, furibond comme le vent, le feu et le fleuve, et se déverse sur le monde.&lt;br /&gt;
Les apports                 Jésus ressuscite d’entre les morts réellement et éternellement. Il a connu les paradoxes réellement et non pas mythiquement comme Śiva/Bhairava ; il a vécu à un moment précis de l’histoire et fut crucifié sous Ponce Pilate. L’incarnation et la résurrection ne sont pas les étapes d’un cycle qui se répète indéfiniment. L’incarnation n’est pas passagère ; la résurrection est un ac-quis définitif. Alors que selon le tantra l’homme est voué au cycle de la re-naissance et re-mort presque interminable, selon l’Evangile la victoire du Christ constitue une réalité disponible. Il de-vient la source permanente et universelle du salut.&lt;br /&gt;
Il s’ensuit que le moyen principal d’arriver au plein épanouissement du Soi n’est pas l’agir ou le sa-voir ou le vouloir – les trois facultés de l’homme soulignées par le Shivaïsme du Cachemire – mais la foi, c’est à dire l’identification au Christ, œuvre de l’Esprit. La foi est la voie la plus simple et effec-tive. Même les gens peu doués, même ceux qui sont instables sont capables de s’identifier à Jésus.&lt;br /&gt;
Ce procès ne se fait pas indépendamment de la communauté des disciples car c’est par leur entre-mise que le croyant est mis en contact avec le Ressuscité et c’est dans la communauté que la grâce de l’Esprit est le plus intensément reçue.&lt;br /&gt;
L’identité qui en résulte s’exprime tout naturellement en les œuvres qui manifestent cette identité. La foi et les actes – l’intérieur et l’extérieur – s’impliquent.&lt;br /&gt;
Les croyants sont donc libérés de l’absurde dès cette vie ; ils sont des libérés vivants, pour reprendre les termes du Cachemire. Partant, tous les aspects de la vie acquièrent une valeur. Les capacités, les expériences, l’histoire, le corps, les émotions, les rapports : tout est ressuscité en définitif et rendu divin. La chair et ses actes sont éternellement valables.&lt;br /&gt;
On contemple, avec raison, la passion du Christ et on se réjouit de sa résurrection mais il faut ad-mettre que de nombreux spirituels ont tendance à pencher sur la souffrance. Le plaisir fait problème dans le domaine de la spiritualité. Il faut construire une spiritualité du plaisir dont l’utilisation du vin à la Messe symbolise parfaitement la coïncidence de la joie et de la souffrance.&lt;br /&gt;
La pertinence du tantra consiste en ceci : il souligne l’importance du plaisir et surtout du plaisir sexuel comme un moyen d’accéder à la conscience divine ; il souligne aussi l’importance de l’immersion dans le péché comme moyen d’arriver à Celui qui dépasse tout. On y reviendra.&lt;br /&gt;
Le tantra tel qu’il est décrit dans les textes du Cachemire honore la femme d’une part, mais la dés-honore aussi. La femme est n’est qu’un moyen. Le Shivaïsme du Cachemire est élaboré par les hommes et adressé aux hommes. Par contre l’Evangile chrétien propose que l’homme et la femme soient de valeur égale ….&lt;br /&gt;
Il n’y a plus ni Juif, ni Grec; il n’y a plus ni esclave, ni homme libre; il n’y a plus l’homme et la femme; car tous, vous n’êtes qu’un en Jésus Christ.[237]&lt;br /&gt;
4.C      L’initiation au tantra chrétien                  &lt;br /&gt;
Initiation intérieure                Les disciples, André et son compagnon, suivent Jésus lorsque Jean-Baptiste le désigne comme « l’Agneau de Dieu ».[238] Jésus se retourne et leur demande ce qu’ils veulent. Ils répondent, « Rabbi, où demeures-tu ? » Il les invite à venir voir. Ils passent l’après-midi avec lui et comprennent qu’il est le Messie. Ils ont vu, et ils ont cru. Ce qui se passe à ce moment-là chez ces deux disciples se retrouve aussi chez les autres disciples pendant les trois années qui sui-vent.&lt;br /&gt;
Les disciples reconnaissent que Jésus est le Dit de l’Indicible. Ils voient aussi que le Crucifié est la gloire de Dieu manifestée pleinement. Ils proclament donc qu’il est le Saint de Dieu[239] donnant accès, au-delà de lui-même, au Saint des Saints. Par ses paroles et ses miracles, ils accèdent au Si-lence suprême.&lt;br /&gt;
Les disciples reconnaissent Jésus. Ce n’est pas une connaissance, comme s’ils apprenaient pour la première fois, mais une ‘reconnaissance’, pour reprendre le terme important du Shivaïsme du Cachemire. C’est comme si depuis longtemps ils le connaissaient mais qu’ils l’avaient perdu de vue. Les pèlerins d’Emmaüs au premier abord méconnaissent Jésus qui marche avec eux sur la route. Le cœur brûlant ils commencent à reconnaître, alors qu’il leur explique le Torah et le Prophètes et les Psaumes, qu’il est celui qu’ils connaissaient déjà dans les Ecritures Saintes. Mais, c’est surtout lorsqu’il brise le pain – acte typique du Maître – qu’ils reconnaissent consciemment le Christ de Dieu. Ils s’y identifient et ils le suivent sur le chemin du paradoxe de la vie et la mort.&lt;br /&gt;
La reconnaissance est le moment où le ‘gourou’ de Nazareth et ses disciples se fusionnent. La dis-tinction entre leurs personnes n’est pas écartement mais union. La présence du maître au disciple implique non pas distance mais identité. Ils reçoivent Jésus de sorte qu’ils deviennent un seul corps avec lui. La dualité disparaît et la communion universelle s’établit. Pourtant, l’être individuel du disciple n’est pas éliminé : il devient non duel de son maître. Il reconnaît que son propre soi n’est autre que Jésus lui-même. L’amour qu’il ressent envers Jésus cesse d’être une dévotion envers quelqu’un dont il est séparé, et se transforme en une identification, à l’instar de St Paul qui proclame, « Je vis, mais ce n’est plus moi, c’est Christ qui vit en moi».[240] Le disciple com-prend que l’être de son maître est le fondement de son propre soi. Il en est la manifestation, sarment de la vigne.[241] L’essence du maître constitue le cœur du disciple. L’être de l’Ami est le sien.       &lt;br /&gt;
Le disciple reconnaît son maître, et le maître reconnaît son disciple, de même que le berger et le bre-bis se reconnaissent.[242] Egalement, en voyant son maître le disciple se reconnaît lui-même. Les reconnaissances s’impliquent. Il n’est pas possible que disciple reconnaisse Jésus sans qu’il se recon-naisse lui-même. La vue du seigneur rend le disciple capable de se voir lui-même. En se reconnais-sant donc il reconnaît en même temps la folie qui l’aveuglait et le rendait pécheur. Finalement, lors-que ils se reconnaissent, il n’y a ni gourou ni disciple mais tout simplement le ‘Je suis’ non duel. Le maître et les disciples ne sont pas seulement semblables ; ils sont l’unique ‘Je suis’. La reconnais-sance est la rédemption.&lt;br /&gt;
Dieu est connaissable par tout ce qu’il a fait[243] mais cette connaissance n’est que partielle. Même le grand Moïse, protégé par le rocher, ne voit Dieu que du dos, « car l’homme ne saurait me voir et vivre».[244] Le disciple, comme Pierre, Jean et Jacques, [245] s’assoupit à la vue de Jésus transfigu-ré. C’est comme s’il mourait. Il abandonne le mental qui le possédait jusqu’alors et il accède à la Lumière. Il est transfiguré à la vue de Jésus. Illuminé par la Lumière il devient Lumière. En voyant Jésus l’Homme, le disciple s’humanise. En voyant l’Homme-Dieu il se divinise. Seul l’homme divi-nisé peut voir le Divin en toute clarté. Il est enfin satisfait.[246] Il devient ce qu’il contemple. Son propre soi est donc celui de l’Homme-Dieu. Qui voit le chrétien voit le Christ ; qui voit le Christ voit le Père.[247]&lt;br /&gt;
Cela arrive parce que l’Esprit est actif, qui est à la fois instrument du Verbe et liberté autonome, don de Dieu et libre don de soi-même. Il vient librement et de lui-même, envoyé certes mais de son propre gré aussi, car l’Esprit est Dieu.[248] Il choisit le disciple, le rendant capable de reconnaître Jésus. Le raisonnement ne suffit pas ; il faut que l’Esprit Saint survienne. La reconnaissance est une grâce ;[249] ce n’est pas la volonté humaine qui accomplit cet acte. On ne s’initie pas ; on est initié librement par l’Esprit dans le cœur duquel on se laisse aller. La reconnaissance est la connaissance de la foi[250] qui laisse savoir obscurément et vraiment. La reconnaissance est l’initiation intérieure.&lt;br /&gt;
Cette reconnaissance est le salut du monde. Chaque regard, porté n’importe où, est une visio beatifi-ca. On se rend copte que tout provient du soi; tout appartient au soi. On n’est étranger à rien parce que le Verbe et le soi ne sont pas étrangers l’un à l’autre. Tout est grâce ; tout est grâce sur grâce[251]. Le ciel et la terre, la nature et la grâce, la foi et la raison, le temps et l’éternité, Dieu et homme: toutes les dualités disparaissent pour laisser place au non-dualisme. On est Bhairava. « Dieu est tout en tous. »[252]&lt;br /&gt;
En somme, il y a grâce sur grâce. L’Esprit Saint est sa propre grâce. Il est la grâce de Dieu et du Verbe. Le Verbe prononcé par le Silence est aussi une grâce. Le disciple sort alors des contraintes de la raison et entrevoit le Sujet Ultime. Surpris par la grâce le disciple entend Jésus et sous-entend le Silence dont tout émane.&lt;br /&gt;
Dans mon cas je vois en Jésus celui qui ne s’est fermé les yeux à rien, qui, courageux et universel, a connu le pour et le contre de tout. Vigoureux et confiant, conscient de lui-même comme le Verbe de Dieu et conscient de la Présence divine qu’il adore, il ouvre le bras pour accueillir ses amis proches et le monde entier, et de cette façon unit le ciel et la terre. Aucune personne avant ou après ne lui est comparable. Je m’identifie à lui qui a connu le bien et le mal d’une façon dont je suis incapable. Je le reconnais parce qu’il m’a reconnu. Il me révèle à moi-même, ce Jésus qui est le Śiva, Jésus qui est le Bhairava. Je me reconnais en lui et je m’y identifie.&lt;br /&gt;
Initiation extérieure                Il se peut que l’Esprit initie une personne au Christ indépendamment de l’annonce de l’Evangile, sans que la personne ne sache ni le nom ni l’œuvre du Christ. L’Esprit peut, suivant son gré, faire qu’une personne s’identifie au Christ sans le connaître explicitement.&lt;br /&gt;
Cela dit, l’Esprit initie le plus souvent par la proclamation de l’Eglise fragile et pécheresse. Dans tous les cas, l’initiation intérieure précède l’initiation extérieure. Si on baptise un enfant, par exemple, ce rite extérieur, si important soit-il, attend que l’Esprit survienne, on ne sait comment, pour lui donner vie et le faire fructifier.&lt;br /&gt;
Initié par l’Esprit au plus profond de l’âme le disciple cherche à expérimenter l’initiation extérieure aussi. L’initiation intérieure demande son expression extérieure dans le rituel du baptême. L’intérieur et l’extérieur s’exigent.&lt;br /&gt;
Donc, la communauté qui reconnaît ses semblables plonge le disciple dans l’eau de la grâce. La Puis-sance divine se plaît à la vue du ‘héros’ qui s’immerge dans les eaux de la mort. Elle s’approche et se donne à lui. Comme la colombe au Jourdain, l’Esprit descend « sous une apparence corpo-relle »[253] sur celui qui sort des fonts baptismaux. A celui qui met sa foi en Jésus et s’y identifie, qui prend part à sa passion, l’Esprit vient. Alors que le disciple prend la coupe qui semble le détruire et qui le fait sentir qu’il est abandonné de tous, la venue de Esprit montre que sa douleur est digne de Dieu, et sa foi valable. Le disciple qui s’unit à Jésus dans le tombeau, reposant sur le vide à l’instar de « Śiva le suprême qui est sans support », [254] ressent comme un essor de la śakti. Il est purifié de la tache de l’ignorance et de ses effets fâcheux. Il est affranchi de la tutelle de la Loi, des contraintes sociales et religieuses, des constructions mentales et de tous les vices. Les capacités ca-chées et paralysées du disciple se déclenchent. Toutes les facultés, volonté et intelligence, corps et émotion, mémoire et vie, sont régénérées. Les ‘lotus’ fleurissent. Les ‘roues’ tournent et les effets de la grâce se manifestent. Il y a un épanouissement et un élargissement. Le ‘héros’ se sent extasié hors de ce monde inerte; il étend les ailes pour voler dans le ciel infini et s’identifie à toute la terre, aux prééminents et aux insignifiants. La Puissance divine le rend puissant. Celle qui est Liberté divine le rend libre. L’Esprit accorde ses dons et sa vigueur, son autonomie et sa confiance. C’est l’effusion de la source vive.[255]&lt;br /&gt;
Les apports                 La suprématie de la déesse dans la tradition tantrique extrême telle que le Ku-la fait voir d’une façon plus consciente le rôle de l’Esprit. On se rend compte plus clairement que l’Esprit – qui est « Seigneur et donne la vie » – est libre, à la fois en la communion trine et dans l’œuvre du salut. La Puissance divine choisit qui sera illuminé. Elle confère l’élan de la foi.&lt;br /&gt;
Ce choix vient du Vide, absolument hors de la portée humaine. Et ce choix qui est totalement libre nous laisse apercevoir le Vide le plus complet, le plus immense et obnubilant, qui nous attire dans l’immensité de son cœur et nous plonge dans l’Abîme divine.&lt;br /&gt;
Selon le Shivaïsme du Cachemire la reconnaissance est la libération. En reconnaissant qu’on est es-sentiellement Śiva, on s’affranchit de l’illusion de l’individualisme. Le soi limité est reconnu comme l’expression de son être véridique : la nature Shivaïte. L’Evangile montre que ce qui est entrevu dans le tantra est réalisé en Jésus le grand tantrique. Śiva, dont le mythe est stupéfiant, se réalise intégra-lement en Jésus.&lt;br /&gt;
Le disciple, de sa part, en reconnaissant que Jésus est le Śiva devient réellement ce qu’il est essen-tiellement. Il est capable, dans l’intimité du rapport filial, de s’écrier en toute vérité, ‘Abba, Père’.&lt;br /&gt;
 4.D     Le mariage mystique&lt;br /&gt;
Préliminaire                Dieu seul peut connaître Dieu totalement. Dieu seul peut glorifier Dieu plei-nement. De même, le don complet fait par Dieu est Dieu; le don total de Dieu ne peut être reçu que par Dieu. En somme Dieu donne Dieu à Dieu ; Dieu reçoit Dieu de Dieu ; Dieu unit Dieu à Dieu. La Réalité divine est essentiellement un mariage.&lt;br /&gt;
Ce qui se passe éternellement s’exprime dans le temps. L’Amour s’annonce éternellement. Dans le temps le Verbe annonce l’Amour à l’univers entier. Le Verbe fait chair, Jésus, déclare l’Amour au Peuple Choisi ; et il se sacrifie pour manifester l’Amour en tout temps et en tout lieu. Or, à chaque instant c’est l’Esprit qui reçoit l’annonce. La proclamation et sa réception vont de pair. Le Verbe et l’Esprit se réfèrent.&lt;br /&gt;
Vers le Verbe l’Esprit s’avance, comme Eve qui est présentée à Adam. Cette Puissance du Verbe est libre, indépendante, l’apogée de la Sainte Trinité, aimée à la fois du Père et du Fils.[256] La Puis-sance procède du Verbe, comme Eve qui procède de la côte d’Adam. Ce projet se fait comme de lui-même, tout naturellement. Il est l’expression d’une confiance totale. Tout se projette du Verbe et tout lui est donné. Le Verbe se plait à se soumettre à cette liberté, à cette Puissance qu’est l’Esprit. En même temps il est maître. Il y a donc à la fois projet et réception, autorité et soumission, élan et attente qui s’impliquent. Le rapport entre le Verbe et l’Esprit est une vibration, une oscillation de l’amour. C’est le rapport nuptial.&lt;br /&gt;
Ces quelques réflexions préliminaires sont à la base de cette section sur le mariage mystique.&lt;br /&gt;
Le disciple initié au Verbe veut faire ce que fait le Verbe. Il ne le fait pas uniquement par obéissance ou par imitation. Il le fait de son propre gré. De par sa propre autorité il fait ce qu’il veut ; et il veut être l’annonce de l’amour. De même il veut recevoir cette Puissance qui s’avance vers lui comme Eve et qui fait naître le ciel et la terre.&lt;br /&gt;
Toutefois, le disciple ressent l’écart entre son vrai Soi et son soi actuel. Sa reconnaissance est faible ; ses actes contredisent sa vraie nature. Il est tiré de part et d’autre. Alors même qu’il cherche à se purifier des souillures, l’illusion continue à s’interposer.&lt;br /&gt;
Il cherche donc les moyens de parvenir à la béatitude définitive. Il trouvera que tel ou tel moyen lui convient plus qu’un autre. Il choisira ce qui permet l’éclosion de l’esprit et rejette ce qui la réprime. Il préfère ce qui facilite la montée et refuse ce qui tourne vers le bas. Le but est unique mais les moyens et les pièges sont multiples. La sagesse lui indique la voie à prendre.&lt;br /&gt;
Toutefois, le disciple a peur de se purifier de l’ego, cette souillure si tenace. Il donne une valeur ab-solue au soi individuel, et il craint le vide qui engloutit l’individualisme. En s’ouvrant à la transcen-dance il se rend vulnérable. Cependant en acceptant de devenir « pauvre de cœur  »,[257] d’abandonner acte et pensée en faveur du non savoir, il s’enrichit par la connaissance du Soi.&lt;br /&gt;
Ce délaissement progressif est également une ascension. C’est un long voyage. En expérimentant la croix qui est la conciliation parfaite du bien et du mal, du saint et de l’immonde, le disciple expéri-mente aussi la glorification. En abandonnant toute chose et même sa vie[258] il devient le sannyāsin et suit son maître, La crucifixion, lorsque Jésus se sent totalement abandonné, est en même temps l’élévation[259] à la droite du Père.&lt;br /&gt;
Tout cela est possible si au préalable le disciple a reconnu non seulement le gourou extérieur mais aussi son propre soi. Il ne peut abandonner le visible que s’il est déjà parvenu à l’Invisible. La grâce divine permet le départ en voyage au Cœur. La confiance qui vient de la foi permet le cheminement hors du temps pour arriver au Très-Haut. La fin se trouve au début. D’une certaine façon il ne va nulle part mais il comprend où il se trouve. La reconnaissance est un pèlerinage vers soi-même. Le gourou ultime est le Soi reconnu au fond du soi. Le Coeur dans le coeur mène au Coeur.&lt;br /&gt;
Ayant décrit ce processus de façon générale, nous allons maintenant examiner plus en détail les deux voies contraires du tantra : le plaisir et l’horreur. Toutes les deux font partie intégrale du rituel Kula et toutes les deux se trouvent dans l’Evangile.&lt;br /&gt;
Le plaisir          En général&lt;br /&gt;
L’homme est construit de telle façon que l’assouvissement des facultés subsidiaires permet l’éclosion des facultés supérieures et finalement l’épanouissement de la catégorie suprême. Le plaisir, qui est l’assouvissement des facultés, est donc un moyen.&lt;br /&gt;
Les plaisirs qui proviennent de la musique et de la nourriture, du travail et du sport, servent de trem-plin. Les beaux yeux et les cris de l’amour, la fidélité conjugale et les enfants sont des pas sur la voie. De même les plaisirs qui accompagnent l’acte rituel célébré au temple ou la compréhension plus approfondie des merveilles qui nous entourent, et finalement le plaisir de ‘la docte ignorance’: tout cela sert à nous conduire à la béatitude divine. Tous les plaisirs – c’est-à-dire ceux qui permettent l’éclosion des centres supérieurs et non pas ceux qui lui font obstacle – sont des pas sur la voie sa-crée. Le jouisseur goûte profondément cette volupté et y reste tant qu’il lui plait mais sans en dé-pendre. Il accepte plaisir sur plaisir comme il reçoit grâce sur grâce. Les plaisirs sont tous des jalons de l’échelle qui relie le ciel et la terre. Le jouisseur s’écrie comme Jacob, « Vraiment, c’est le Sei-gneur qui est ici et je ne le savais pas».[260]&lt;br /&gt;
Tout de même, il arrive souvent que ceux qui expérimentent cette éclosion ignorent son importance. Ils paraissent vivre en dehors de la dimension religieuse mais ils la connaissent tout de même. Ils n’ont pas appris à reconnaître la gloire divine qui s’ouvre en eux. Ils la devinent peut-être mais ne savent pas dire pourquoi. Ils ne se rendent pas compte que tout ce qui mène à la conscience divine est un acte religieux. On ne peut pas restreindre le domaine religieux à ce qui est officiellement reli-gieux. On pourrait souhaiter que ces formes se reconnaissent.&lt;br /&gt;
Les rapports sexuels               Les amants restent unis, tranquilles, pleinement conscients, sensibles l’un à l’autre, pénétrant de plus en plus, de niveau à niveau, s’enfonçant l’un dans l’autre, dans les profondeurs du corps, de l’âme et de l’esprit, infiniment. Ils savent aimer car ils se sentent aimés. Ils voient les cakras s’ouvrir pour révéler d’autres cakras : c’est le grand couloir de l’amour. Ils savent à la fois permettre l’éclosion d’un centre et passer outre, sans le refuser et sans s’y attacher. Ils pénè-trent de plus en plus dans l’inconnu pour en connaître les délices et puis s’enfoncer encore plus loin, éternellement.&lt;br /&gt;
Le rapport s’intensifie. On cesse d’être particulier et on devient universel. On devient Śiva et śakti, les époux dont l’union est éternelle et dont l’étreinte est l’origine du monde. Ils se rendent compte alors que leur amour réciproque est fondé sur l’Amour tout simplement. Ils se communiquent cet Amour qui demeure en eux et qui constituent leur essence. Ils se disent : ‘Tu es Amour’, ‘Nous sommes Amour’, et finalement tout simplement : ‘Amour’.&lt;br /&gt;
Il y a aussi le rayonnement universel. L’union physique se transforme en joie universelle. La béati-tude établie au fond de l’âme s’étend de toutes parts. On reconnaît son propre soi et reconnaît éga-lement que le monde entier est la manifestation de son soi. On regarde le monde et on se voit soi-même ; en contemplant son propre soi on y aperçoit le monde. On est à la fois universel et indivi-duel, incompréhensible et connu, en rapport avec tout ce qui est, avec les astres et les profondeurs de la mer ; le tout est son corps même. On est chez soi n’importe où qu’on se trouve. C’est l’attitude de Bhairava où l’intérieur et l’extérieur cessent d’être duels et se coïncident.&lt;br /&gt;
Le processus continue. On n’a plus besoin de se toucher ; on n’a plus besoin d’être touché. Même éloigné par le temps et l’espace on est uni sexuellement. L’union fait place à l’abstinence qui n’est pas manque de sexualité mais son achèvement. On cherche cette permanence de joie qui ne dépend de rien de limité ; on veut ce plaisir sans trêve où tout devient l’épouse. On écarte les bras pour rece-voir tout le monde. On sait et on sent qu’on est éternellement uni à la parèdre. On devient l’époux universel.&lt;br /&gt;
On comprend que cette étreinte éternelle est la fondation de toute activité sexuelle particulière. Même le rapport entre une faculté et son objet – l’œil et la vue par exemple – est un cas analogique de l’union sexuelle. L’univers entier et chaque plaisir même le plus simple sont l’expression de la pulsation de la communion trinitaire. La sexualité est universelle et se trouve au ciel comme sur terre.&lt;br /&gt;
Les apports                 La tradition chrétienne a toujours accordé une place importante au plaisir – voire la beauté du chant, de l’architecture, des fastes liturgiques – car la joie mène au ciel. Trop sou-vent, par contre, on a tourné le dos au plaisir sexuel. Une certaine spiritualité du désert, face aux excès d’un empire romain finissant, a exagéré l’importance de la pénitence, si utile soit elle. Ascèse et sainteté étaient jumelées. Le manichéisme et le jansénisme, parmi d’autres, ont provoqué un di-vorce entre le corps et l’esprit dont les résultats sont funestes car ils encouragent une ruée vers les plaisirs de plus en plus effrénés. Le janséniste et l’hédoniste, tous les deux, comme les « bêtes de somme » attelées au moulin, tournent en rond sans aller nulle part.&lt;br /&gt;
Les scènes de l’Apocalypse[261] où les chœurs célestes chantent éternellement la gloire de Dieu et de l’Agneau touchent profondément mais elles sont insuffisantes. Où est l’amour ? Si le mariage est le sacrement de Dieu, comment peut-il être absent du ciel ? On n’accepte pas que l’amour physique ne dure que quelque temps, et on veut que l’étreinte de l’amour soit éternelle.&lt;br /&gt;
Le Shivaïsme du Cachemire propose que la Réalité ultime soit essentiellement un rapport sexuel. Voilà la grande pertinence du tantra. Egalement, le Shivaïsme enseigne que chaque plaisir – celui qui épanouit la conscience et ne la déprime pas – mène à l’expérience de cette Réalité infinie. Eclairé par ces enseignements le tantra chrétien cherche à réconcilier le plaisir et la spiritualité. Il propose que l’union soit établie non pas seulement entre la faculté et son objet, ou au niveau du corps et du men-tal, mais finalement entre les personnes – on a déjà vu que le tantra retient une idée très incomplète de la personne. Dans l’amour (agapê) évangélique les personnes s’unissent et s’avèrent non duelles. C’est parce que Dieu est trine et un. Voilà le plus grand plaisir.&lt;br /&gt;
Il y a plus. Tous les commentaires sur Le Cantique des Cantiques présentent Dieu comme l’époux et le Peuple Choisi comme l’épouse. Le Shivaïsme du Cachemire de sa part montre comment devenir l’époux. Le chrétien, qui est Verbe, reçoit le monde comme son épouse. De cette façon le célibat et l’érotisme sont réconciliés, et on arrive à l’union sexuelle éternelle.&lt;br /&gt;
Dans mon cas, je comprends pourquoi il me faut connaître les joies de la terre : les voyages, les arts, les connaissances, les amitiés etc.; et pourquoi je ne peux pas m’isoler en permanence dans les con-fins d’un monastère. Je veux tout connaître et voyager dans le monde entier, car tout cela est la compagne. Or, c’est surtout dans la solitude de la méditation, quand je me tiens immobile et attentif, uni au monde qui d’une certain façon émane de moi, ne rejetant rien, embrassant tout, paisible et confiant : c’est alors que l’Esprit descend. Le monde entier devient la bien-aimée. « Ses śaktis sont l’univers entier ……. »[262] Je prends plaisir en tout. Etant le Verbe, je me sens autorisé et j’embrasse le monde formé de mon propre soi. Dans le silence de la méditation j’entre dans la chambre nuptiale. Et dans cette union du Verbe et de l’Esprit, la Conscience infinie se déploie. Je suis à la fois matériel et spirituel, non duel.&lt;br /&gt;
L’horreur&lt;br /&gt;
Après le vingtième siècle abominable – guerres mondiales et génocides, disettes et chômage, idéolo-gies et mensonges, dictatures et avortements : comment trouver aucune justification du péché? Les échecs et la vieillesse, les trahisons et l’isolement, la haine et l’orgueil, l’angoisse et la peur : com-ment y trouver rien de valable ? Il semble ridicule de parler de la justice divine ou de la Présence divine.&lt;br /&gt;
Il faut bien distinguer les choses. Les égoïstes cherchent le plaisir qui ne fait que les immerger dans les ténèbres. Ils sont pris dans le cycle infernal de l’absurde. Leurs plaisirs, basés sur l’illusion ne font qu’ajouter à la misère humaine. Le tantrique chrétien n’a rien à faire avec ce genre de plaisir qui, à vrai dire, n’est que douleur.&lt;br /&gt;
D’autre part, ceux qui vivent à l’écart du péché, comme Simon le Pharisien,[263] ne connaissent pas la grâce. Ils se sentent opprimés par les lois. Ils voient surgir en eux les tentations. St Paul en parle longuement dans l’Epître aux Romains. Ces tentations indiquent que leur rectitude est effectivement rétrécie et limitée. Ils se sentent entravés. Succomber à la tentation est donc un moyen de tourner le dos au légalisme. Leurs péchés d’omission ou de commission, privés ou publics, personnel ou social, servent comme voie de libération. En même temps ils perçoivent, obscurément peut-être, qu’il y a un niveau plus élevé qui dépasse les distinctions entre le bien et le mal, le péché et la grâce, la vertu et le vice. Toutefois ce moyen est équivoque. St Paul s’écrie qu’il est un homme malheureux, tourmenté par le conflit entre la Loi et le péché qui se combattent en lui.[264] Mais le tantrique chrétien cherche une autre voie.&lt;br /&gt;
Une anecdote. La Bienheureuse Mère Teresa de Calcutta allait dans les dépôts d’ordures prendre les mourants dans ses bras pour les soigner et les nourrir. Abandonnés de tous ils trouvaient enfin quelqu’un qui les aimait. Un mourant lui dit un jour alors même qu’il mourrait dans ses bras, ‘Je ne sais si je crois en Dieu, mais je crois en toi’. Malgré la désolation spirituelle où elle a vécu la plupart de sa vie, elle manifestait un amour incomparable. Il n’est pas question ici de justifier ou d’expliquer le mal mais de constater qu’il est le contexte où l’amour se fait voir de façon éclatante. En effet, on imagine difficilement comment la splendeur de l’amour pourrait se révéler de façon si claire si non dans la nuit du mal. On finit par se réjouir de la catastrophe qui est transformé en bénédiction.&lt;br /&gt;
S’il ne visite pas le champ crématoire, le chrétien tantrique descend au tombeau par les eaux du bap-tême. Mort avec le Christ qui a connu tous les paradoxes, il partage la détresse humaine. Il ne fait aucun cas des classes et des conditions mais au contraire se plait à devenir l’ami des malheureux et des malhonnêtes. La pureté et l’impureté rituelles sont sans importance pour lui. Il fait voir qu’il est tantrique en goûtant le plaisir et en fréquentant l’impur. Il manifeste la liberté du chrétien.[265] En cela il suit l’exemple de son maître qui s’est approché du démoniaque qui habite les tombeaux[266] et s’est laissé toucher par la femme pécheresse[267] et adresser par la païenne.[268] Reconnaissant qu’il est maintenant le Verbe qui sanctifie toute chose, le tantrique ne refuse pas ce que d’autres ap-pellent impur. Il ne fait aucun cas, soit de la vertu ou du vice, ni chez lui-même ni chez les autres. Il s’approche des affligés et se met à leur service sans se demander s’ils sont pécheurs ou non. Il ne craint pas, à la vue de ceux qui souffrent et dont le soi est son propre soi, d’en partager le sort. Il se débat à leur égard pour les libérer de ce qui les opprime. Les oppresseurs aussi sont opprimés. Eux aussi ont besoin de se libérer de la folie qui les entrave. En s’immergeant dans la misère humaine, en prenant sur soi le péché du monde, en entrant dans la passion des autres par compassion, sans aucun sentiment de vertu ou de sainteté, tout simplement parce que cela lui semble normal : c’est alors que chrétien tantrique dépasse les constructions mentales dualistiques et que la lumière divine se mani-feste. Il réalise la conscience divine, l’Amour. Le tantrique chrétien est le suprême tantrique.&lt;br /&gt;
Les deux en profitent : le tantrique chrétien devient réellement universel et le malheureux devient occasion de grâce. Le mal devient donc le chemin du salut ; il est transformé et devient le bien. « Il fallait le péché d’Adam …. Heureuse était la faute qui nous valut pareil Rédempteur.»[269]&lt;br /&gt;
Les apports               Le tantra aborde consciemment le problème de l’horreur et du péché. Il s’en sert, de façon rituelle certes, pour parvenir à la conscience suprême. Voilà la pertinence du tantra. Cette pratique jette une clarté nouvelle sur la révélation chrétienne. Le disciple profite du fait que son maître a connu les extrêmes du bien et du mal pour les dépasser, mais il ne s’excuse pas de le suivre sur son chemin. St Paul le dit clairement : en sa propre chair il complète ce qui manque aux épreuves du Christ.[270] Lui aussi cherche à connaître les paradoxes. Eveillé il n’imite pas les insen-sés mais en partage le sort, sans orgueil mais parce que la Vérité se trouve chez eux aussi.&lt;br /&gt;
Pendant les années au séminaire je passais la nuit du samedi au dimanche dans l’asile dirigé par les sœurs de la Mère Teresa. C’est en partageant leur sort que je voyais le ciel se dégager plus largement. L’immense pitié divine se faisait sentir.&lt;br /&gt;
Dans la paroisse une communauté de L’Arche vient de s’installer où des personnes handicapées du point de vue physique ou mental et ceux qui ne son sont pas handicapés vivent en amitié. Mais qui sont les handicapés ? C’est bien la question que pose Jean Vanier, fondateur de L’Arche. Nous sommes tous handicapés si l’amour n’est pas entièrement déployé. De fait, ceux que l’opinion géné-rale désigne comme ‘handicapés’ nous permettent de découvrir l’amour véridique. Jésus le dit au sujet de l’homme né aveugle : il fut né ainsi pour que la gloire de Dieu soit manifestée.[271] Ce qui est un malheur se transforme en grâce. Les membres de L’Arche justifient la paroisse.&lt;br /&gt;
Le rituel&lt;br /&gt;
Chaque église prend l’aspect d’un lieu d’horreur car l’image du crucifié s’y trouve. La croix est le liṅgam dressé sur le monde. La sainteté et le péché s’y rencontrent. L’horreur et le plaisir s’y récon-cilient. De fait, au fur et à mesure que le Verbe est annihilé, le parfum de la grâce se répand sur la terre. Le sang et l’eau vivifiants sortent de son côté. Muet, immobile, abandonné, il dépasse toutes les limites et se manifeste pleinement comme Verbe. De celui qui est anéanti totalement la puissance émane totalement. La laideur de la croix[272] est une étrange beauté.&lt;br /&gt;
C’est en ce lieu à la fois impur et saint que se rassemblent les baptisés. La Parole proclamée parmi eux vient du plus profond des abîmes. Surgissant de la liberté de Dieu, et en passant par les étapes de la parole qu’on a vues, elle se révèle comme mot. Le prédicateur proclame les actes de Dieu au peuple de Dieu. Il est la Parole lui-même au milieu de l’assemblée, non pas duel, non pas séparé, mais l’expression de l’Inexpressible. Peut-être le peuple, en écoutant les paroles inspirées, sera-t-il transporté en Dieu de sorte que celui qui proclame la Parole et ceux qui évoquent la Parole puissent tous se réunir en une communion éternelle.&lt;br /&gt;
Renouvelée par la Parole, l’assemblée tantrique prend, par les mains du prêtre, le pain et le vin. Le prêtre, devenu lui-même le Verbe fait chair, proclame, « Ceci est mon corps ». Les mots et les gestes du célébrant agissent effectivement et font ce qu’ils signifient. Le pain et le vin acquièrent l’être même du Christ qui prononce ces mantras.&lt;br /&gt;
Ensuite l’assemblée se nourrit – chose ahurissante – du corps et du sang de son maître. Quand ses adversaires discutent fort entre eux, Jésus insiste,&lt;br /&gt;
« En vérité, en vérité, je vous le dis, si vous ne mangez pas la chair du Fils de l’homme et si vous ne buvez pas son sang, vous n’aurez pas en vous la vie.».[273]&lt;br /&gt;
En faisant ce qui semble à la fois impossible et affreux, les tantriques chrétiens accèdent à la vie di-vine.&lt;br /&gt;
Lui qui estime ses disciples à tel point qu’il leur offre ce qui est dégoûtant et attirant à la fois – la chair humaine qui est divine – il leur commande de faire de même.&lt;br /&gt;
Les apports          La pertinence du tantra se trouve en ceci : elle aide à recevoir la communion eu-charistique plus consciemment, car de fait on mange réellement du corps du Christ et on boit réelle-ment de son sang. On a besoin du tantra pour redécouvrir le côté fort de la tradition chrétienne.&lt;br /&gt;
La tradition tantrique, et surtout le Kula, se pratiquait en cachette. Aucune question de proposer une réforme des mœurs à la base du tantra. Les pratiquants se conformaient aux normes de la société ; ils acceptaient le manque de cohérence entre leur vie publique et le rituel privé. Le chrétien tantrique, par contre, est prophète et élève la voix pour contester tout ce qui déshumanise. Il proteste contre tout ce qui retient les hommes en leur condition de ‘bête de somme’ Il exige que le milieu social fa-vorise les plaisirs aptes à éveiller la conscience divine.&lt;br /&gt;
 4.E   L’accès à l’Amour&lt;br /&gt;
Lorsque le long voyage touche à sa fin on cesse de voir comme « dans un miroir et de façon con-fuse ».[274] On abandonne le soi factice qui se définit comme ‘noir’ ou ‘blanc’, ‘riche’ ou ‘pauvre’. On sait être riche ou pauvre, fêté ou honni.[275] Abandonnant la volonté, la connaissance et le soi on succombe au sommeil[276] de l’amour, et le rideau est tiré sur la multiplicité des choses. Oui, la nuit tombe doucement lorsqu’on s’immerge l’un dans l’autre. Le mental est dissout ; il ne reste que le feu de l’amour. Si on contemple la panoplie du monde extérieur ou le soi intime, c’est le même amour qu’on voit. Il n’y a plus de ‘dedans’ ou de ‘dehors’. L’extérieur et l’intérieur, l’individuel et l’universel se coïncident. Rien n’est étranger. Rien n’est refusé. On se rattache à tout et ne dépend de rien. On reçoit tous les états particuliers car on se repose au cœur. On est expansif et recueilli en même temps, actif et tranquille, engagé et détaché : tous les contrastes se retrouvent.&lt;br /&gt;
L’individu, reconnaissant que le Soi est le vrai soi, est déjà ressuscité alors même qu’il vit. Il est le libéré vivant. C’est la naissance d’en haut.[277] Il n’y a plus que le Sujet, ‘Je’. Le disciple est l’expression de Dieu. Identifié au ‘Je suis’ le disciple aussi est ‘Je suis’. Il ne vit plus dans un val de larmes, ne cherchant qu’à s’en échapper pour trouver le bonheur dans un au-delà. Il évite le dualisme foncier: Dieu, homme ; ciel, terre ; péché, grâce ; plaisir, horreur ; église, état ; vie, mort ; créateur, créature. Il réconcilie tous les points de vue. Il est non duel. C’est ce que dit St Paul au sujet du Christ :&lt;br /&gt;
« Il est l’image du Dieu invisible, Premier-né de toute créature,&lt;br /&gt;
car en lui tout a été créé, dans les cieux et sur la terre,&lt;br /&gt;
les êtres visibles comme les invisibles,&lt;br /&gt;
Trônes et Souverainetés, Autorités et Pouvoirs.&lt;br /&gt;
Tout est créé par lui et pour lui, et il est, lui, par-devant tout;&lt;br /&gt;
tout est maintenu en lui, et il est, lui, la tête du corps, qui est l’Eglise.&lt;br /&gt;
Il est le commencement, Premier-né d’entre les morts,&lt;br /&gt;
afin de tenir en tout, lui, le premier rang.&lt;br /&gt;
Car il a plu à Dieu de faire habiter en lui toute la plénitude et&lt;br /&gt;
de tout réconcilier par lui et pour lui, et sur la terre et dans les cieux, ayant établi la paix par le sang de sa croix. »[278]&lt;br /&gt;
Pour celui qui est identifié au Christ, le ciel et la terre, le présent et l’avenir lui appartiennent, à lui qui se reconnaît maintenant comme leur source et leur destin. En toute liberté et de par sa propre autorité autonome il recrée le ciel et la terre. Plus besoin de quitter ce monde car le monde même est le paradis ; le Royaume est ici-bas, advenu en toute plénitude ; le péché est rendu saint. Chaque mot qu’on prononce est mantra et tout geste est mudrā sacrée. Le chrétien tantrique est à la fois le Vide et le Plein. Il est sans loi, sans contrainte, sans peur, sans compulsion, car il est bénédiction, il est Amour.&lt;br /&gt;
Le Verbe est l’annonce de Dieu qui est Amour. L’Esprit reçoit cette annonce, mais n’est-il pas aussi Amour car seul l’Amour sait entendre l’Amour? L’Amour, la Parole de l’Amour et l’Ecoute de l’Amour, se compénètrent et s’identifient. Comment distinguer entre l’Amant, l’Aimé et Amour. Tout est Amour.&lt;br /&gt;
L’Amour n’est pas pétrifié. En accédant à l’Amour on n’arrive pas à une Réalité figée mais au bat-tement du Cœur divin, la vibration éternelle. La grande fournaise de l’Amour se manifeste inces-samment en des formes infiniment variées. Son rayonnement donne lieu à ce monde pour que les amours humains reflètent l’Amour trine, et y parviennent.&lt;br /&gt;
Les amants s’approchent donc. Ils se laissent prendre, émerveillés. L’amour leur donne le courage d’abandonner ce qui n’est pas amour. L’amant et l’aimée se donnent l’un à l’autre, et en se donnant dévoilent des capacités d’amour inattendues qui s’ouvrent sans cesse, continûment, éternellement. Ils deviennent plus authentiquement eux-mêmes en devenant l’autre. Ils montent en vrille, au-delà du temps et au plus profond de eux-mêmes. Ils dépassent toute différentiation. Qui est l’amant, qui est l’aimé ? Ils cessent de penser ‘J’aime’ ou ‘Tu es aimable’. Leur compénétration est une fusion parfait, non pas indifférence mais communication totale. Ils s’assoupissent dans l’Amour qui seul peut les guider par les chemins et les détours jusqu’à l’Amour même. L’accès à l’amour continue infiniment toujours plus loin dans l’Amour inconnu. Comment distinguer donc entre amant, aimé et amour? Finalement les amants savent qu’il n’y a qu’Amour. Du cœur gonflé s’élance au plus haut des cieux un seul mot de reconnaissance: ‘Amour’.&lt;br /&gt;
Celui Qui Est se manifeste comme celui qui est Amour. Si Dieu dit ‘Je suis’, c’est parce qu’il dit ‘J’aime’. Le Soi est conscience[279] parce que Dieu est Amour.[280] L’essence du tantra est Amour.&lt;/div&gt;</summary>
		<author><name>78.224.74.40</name></author>
		
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		<updated>2021-05-04T14:43:14Z</updated>

		<summary type="html">&lt;p&gt;78.224.74.40 : &lt;/p&gt;
&lt;hr /&gt;
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&lt;br /&gt;
'''INTRODUCTION  GENERALE''' &lt;br /&gt;
L'objectif de ce wiki est de créer et partager un espace sur les thèmes de l’éveil de conscience spiritualité psychologie spirituelle .&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
En voici la liste (non-exhaustive) :&lt;br /&gt;
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&lt;br /&gt;
=== PREAMBULE ===&lt;br /&gt;
*[[INTRODUCTION  GENERALE]]&lt;br /&gt;
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*[[MA PROPRE STRUCTURE-AVERTISSEMENT-PORTES D'ENTREES]]&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
=== ALPHABETIQUE ET PORTES D'ENTREES ===&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
SUIVI  DES RESSOURCES EN COURS &lt;br /&gt;
ASSO  SPIRITUALITE  PAGE 15 GO ON RUC ASSO;GOUV&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
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*[[POLITIQUE-CHANGER LE MONDE OU PARTICIPER-KARMA YOGA ETC]]&lt;br /&gt;
*[[POSITIF]]&lt;br /&gt;
*[[le PRINCIPE  DIVIN, L'UN-TROIS-DOUZE]]&lt;br /&gt;
* [[PSYCHOLOGIE-PSYCHOTHERAPIE-ETC]]&lt;br /&gt;
*Puissance&lt;br /&gt;
*[[QQ GENERIQUE]] &lt;br /&gt;
*[[QUESTIONNEMENT]]&lt;br /&gt;
*[[QUI  SUIS  JE]]&lt;br /&gt;
*[[RR  GENERIQUE]]&lt;br /&gt;
*[[RELIGION]] &lt;br /&gt;
*[[Réponse]]&lt;br /&gt;
*[[REALISATION]]&lt;br /&gt;
*[[SS  GENERIQUE]] &lt;br /&gt;
* [[SADHANA - CHEMIN]]&lt;br /&gt;
*[[Sagesse]]&lt;br /&gt;
*[[SECTES]]&lt;br /&gt;
*[[SENSIBILITE - voir a PERCEPTION ausssi]]&lt;br /&gt;
*[[SEPARATION- NON-SEPARATION]]&lt;br /&gt;
*[[SPIRITUALITE]] &lt;br /&gt;
*[[TT  GENERIQUE]] &lt;br /&gt;
*Tao&lt;br /&gt;
*Totalité&lt;br /&gt;
*Tout Autre&lt;br /&gt;
*[[TRACT]]&lt;br /&gt;
*[[UU  GENERIQUE]] &lt;br /&gt;
*UNITÉ &lt;br /&gt;
*[[VV  GENERIQUE]] &lt;br /&gt;
*Vérité&lt;br /&gt;
*[[WXYZ GENERIQUE]] &lt;br /&gt;
* [[Yoga-Union]]&lt;br /&gt;
*Zen - Tao&lt;/div&gt;</summary>
		<author><name>78.224.74.40</name></author>
		
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		<title>Accueil</title>
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		<updated>2021-05-04T14:34:37Z</updated>

		<summary type="html">&lt;p&gt;78.224.74.40 : &lt;/p&gt;
&lt;hr /&gt;
&lt;div&gt;==== Bienvenue sur Wiki Conscience Terre et Ciel ====&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
'''INTRODUCTION  GENERALE''' &lt;br /&gt;
L'objectif de ce wiki est de créer et partager un espace sur les thèmes de l’éveil de conscience spiritualité psychologie spirituelle .&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
En voici la liste (non-exhaustive) :&lt;br /&gt;
''(Texte et lien d'exemple)''&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
=== PREAMBULE ===&lt;br /&gt;
*[[INTRODUCTION  GENERALE]]&lt;br /&gt;
*[[INTRODUCTION - AVERTISSEMENTS - PORTES D ' ENTREES]]&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
*[[SPIRITUALITE  SCIENCE ]]&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
*[[PREMIER  CHAPITRE ]]&lt;br /&gt;
*[[DEUXIEME  CHAPITRE]]&lt;br /&gt;
*[[MA PROPRE STRUCTURE-AVERTISSEMENT-PORTES D'ENTREES]]&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
=== ALPHABETIQUE ET PORTES D'ENTREES ===&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
SUIVI  DES RESSOURCES EN COURS &lt;br /&gt;
ASSO  SPIRITUALITE  PAGE 15 GO ON RUC ASSO;GOUV&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
SPIRA L INTIMITE DE L AMOUR &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
MAIEUTIQUE L EVEIL  DU COEUR &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
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* [[action|ACTION]]&lt;br /&gt;
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*[[CHEMIN - Chemin Spirituel]]&lt;br /&gt;
*[[CHRIST - CHRISTIANISME - JESUS -ETC]]&lt;br /&gt;
*[[CHRISTOPHE  ALLAIN]]&lt;br /&gt;
*[[COMBAT  SPIRITUEL]]&lt;br /&gt;
*[[COMPLOTISME]]&lt;br /&gt;
*[[CONSCIENCE]]&lt;br /&gt;
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*[[DIX  PRINCIPES ET // avec LOIES  SERIES]]&lt;br /&gt;
*[[DOUCEUR]]&lt;br /&gt;
*[[DUALITE]]&lt;br /&gt;
*[[EE  GENERIQUE]] &lt;br /&gt;
*EMERVEILLEMENT &lt;br /&gt;
*EMOTIONS&lt;br /&gt;
*ENERGIE&lt;br /&gt;
*[[FF  GENERIQUE]] &lt;br /&gt;
*[[FOI]]&lt;br /&gt;
*[[GG GENERIQUE]]&lt;br /&gt;
*GRANDEUR&lt;br /&gt;
*Gratitude&lt;br /&gt;
*[[GRILLE  UNIVERSELLE]]&lt;br /&gt;
*[[HH GENERIQUE]]&lt;br /&gt;
*HUMILITE&lt;br /&gt;
*[[II GENERIQUE]] &lt;br /&gt;
*[[INTELLECTUALISME , MENTAL ET INTELLECT EVEILLE OU SUPERIEUR ETC.]]&lt;br /&gt;
*INTÉRIORITÉ &lt;br /&gt;
*[[JJ KK GENERIQUE]]&lt;br /&gt;
*[[JEU - JEU DIVIN - LEELA]]&lt;br /&gt;
*JOIE&lt;br /&gt;
*[[JOURNAL, BROUILLON, ETC]] &lt;br /&gt;
*[[LL  GENERIQUE]] &lt;br /&gt;
*[[LIBERTE D EXPRESSION]]&lt;br /&gt;
*[[LOIES SERIES]]&lt;br /&gt;
*[[MM  GENERIQUE]]&lt;br /&gt;
*[[MADMAGZ A NE pas OUBLIER]]&lt;br /&gt;
*[[MANIFESTATION , UNIVERS , NATURE , LOI-SERIE DE ...]]&lt;br /&gt;
*[[MYSTIQUE VOIR AUSSI A NOETIQUE]]&lt;br /&gt;
*[[NN GENERIQUE]]&lt;br /&gt;
*Négativité&lt;br /&gt;
*[[NOETIQUE 1 DE NON DUALITE-VOIR A MYSTIQUE ?]]&lt;br /&gt;
*[[NOETIQUE 2 QUENTIN DISNEUR]]&lt;br /&gt;
*[[NOETIQUE- TANTRA CHRETIEN]]&lt;br /&gt;
*[[NON  DUALITE]] &lt;br /&gt;
*NON SEPARATION &lt;br /&gt;
*[[NOUVEL AGE (LE)-New Age]]&lt;br /&gt;
*[[OO GENERIQUE]] &lt;br /&gt;
*Orgueil&lt;br /&gt;
*Oubli, +ou-..&lt;br /&gt;
*[[PP GENERIQUE]] &lt;br /&gt;
*[[le PÉCHÉ -voir aussi SEPARATION]]&lt;br /&gt;
*PENSÉES - INTELLECT - MENTAL &lt;br /&gt;
*[[PERCEPTION - LOI-SERIE]]&lt;br /&gt;
*PHILOSOPHIE &lt;br /&gt;
*[[POÉSIE ET LITTÉRATURE MYSTIQUE]]&lt;br /&gt;
*[[POLITIQUE-CHANGER LE MONDE OU PARTICIPER-KARMA YOGA ETC]]&lt;br /&gt;
*[[POSITIF]]&lt;br /&gt;
*[[le PRINCIPE  DIVIN, L'UN-TROIS-DOUZE]]&lt;br /&gt;
* [[PSYCHOLOGIE-PSYCHOTHERAPIE-ETC]]&lt;br /&gt;
*Puissance&lt;br /&gt;
*[[QQ GENERIQUE]] &lt;br /&gt;
*[[QUESTIONNEMENT]]&lt;br /&gt;
*[[QUI  SUIS  JE]]&lt;br /&gt;
*[[RR  GENERIQUE]]&lt;br /&gt;
*[[RELIGION]] &lt;br /&gt;
*[[Réponse]]&lt;br /&gt;
*[[REALISATION]]&lt;br /&gt;
*[[SS  GENERIQUE]] &lt;br /&gt;
* [[SADHANA - CHEMIN]]&lt;br /&gt;
*[[Sagesse]]&lt;br /&gt;
*[[SECTES]]&lt;br /&gt;
*[[SENSIBILITE - voir a PERCEPTION ausssi]]&lt;br /&gt;
*[[SEPARATION- NON-SEPARATION]]&lt;br /&gt;
*[[SPIRITUALITE]] &lt;br /&gt;
*[[TT  GENERIQUE]] &lt;br /&gt;
*Tao&lt;br /&gt;
*Totalité&lt;br /&gt;
*Tout Autre&lt;br /&gt;
*[[TRACT]]&lt;br /&gt;
*[[UU  GENERIQUE]] &lt;br /&gt;
*UNITÉ &lt;br /&gt;
*[[VV  GENERIQUE]] &lt;br /&gt;
*Vérité&lt;br /&gt;
*[[WXYZ GENERIQUE]] &lt;br /&gt;
* [[Yoga-Union]]&lt;br /&gt;
*Zen - Tao&lt;/div&gt;</summary>
		<author><name>78.224.74.40</name></author>
		
	</entry>
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		<id>https://wiki-conscience.terretciel.com/index.php?title=NOETIQUE_1_DE_NON_DUALITE-VOIR_A_MYSTIQUE_%3F&amp;diff=209</id>
		<title>NOETIQUE 1 DE NON DUALITE-VOIR A MYSTIQUE ?</title>
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		<updated>2021-05-04T14:25:47Z</updated>

		<summary type="html">&lt;p&gt;78.224.74.40 : Page créée avec « Tiré du site &amp;quot;non dualité&amp;quot; titré &amp;quot;le bonheur est en soi&amp;quot; -2005 -     Préambule   Voici le récit de l'expérience non-duelle d'un contemporain. Comment, pour la premi... »&lt;/p&gt;
&lt;hr /&gt;
&lt;div&gt;Tiré du site &amp;quot;non dualité&amp;quot; titré &amp;quot;le bonheur est en soi&amp;quot; -2005 -  &lt;br /&gt;
  Préambule &lt;br /&gt;
 Voici le récit de l'expérience non-duelle d'un contemporain. Comment, pour la première fois, il ne vit dans la réalité que &amp;quot; non-deux &amp;quot;, qu'un océan sans limite ni frontière, ni catégories, ni objet, ni sujet. Puis il décrit la nouvelle façon dont il perçoit la vie quotidienne, à la suite de ce bouleversement intérieur. Ce préambule indique comment il faut lire et recevoir ce qui est conté là. En particulier, avoir conscience que ces paroles s'adressent davantage à votre inconscient, à votre cœur, qu'à votre conscient ou votre tête… qu'est-ce à dire ? Qu'il faut laisser infuser dans votre cœur ces paroles qui alors peuvent planter des germes de non-dualité qui écloront plus tard… Si vous lisez intellectuellement, certes vous comprendrez un certain nombre de choses, mais l'essentiel va vous échapper. C'est ainsi. Si vous ouvrez votre cœur, laissez de côté l'esprit comparatif et critique, vous laisserez s'entrouvrir la porte de l'intériorité qui vibre à l'appel de l'autoperfection. Également quelques indications sur la façon dont l'esprit apparaît à l'auteur vous permettront de mieux saisir le texte. Ce que l'on nomme habituellement inconscient n'est aux yeux de l'auteur que l' indifférencié ou peu différencié de l'esprit. Prenons l'image d'un arbre. Le tronc représente l'aspect foncier de l'esprit, tandis que les grosses branches, les branches puis les feuillages la façon dont l'esprit se scinde en profond et superficiel, les feuillages sont les pensées virevoltantes à la surface consciente de l'esprit. Ce qui est décrit dans les lignes qui suivent sont en fait la sève qui monte des racines et du tronc principal, avant même d'être différencié… si vous pouvez saisir les mots dans leur émergence naturelle, alors ces mêmes couches profondes vibreront en vous et vous comprendrez de l'intérieur ce dont il est question ici. Autant lire lentement, en laissant infuser les idées... &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
 1. AU PRINTEMPS DE L'ÉTERNITÉ. En Juillet 1976, je feuilletais le Tao-Te-King (traité sur le Principe et son action), ouvrage chinois de Lao-Tseu , écrit voici vingt-cinq siècles, dont le sujet évoque le Principe originel ou Tao et sa force productive, Teï, mère de l’univers. Cette approche du monde fut tellement inédite pour moi que je perdis tous mes repères intérieurs et fus jeté, vide, sur la rive de l’inconnaissable. Je posai le livre et, par la fenêtre, contemplais le crachin monotone bruinant sur l’église Saint-Mathieu à Quimper, quand soudain la pensée s’arrêta. Dans ce corps figé, une immobilité intérieure totale se fit. Un silence insondable m’engloutit. Un flot transparent de conscience et d’amour imprégnait tout dans le champ de vision. On ne sentait aucune mesure, aucune limite, aucune séparation. Instant absolu d’atemporalité. Plénitude, béatitude, liberté, plus rien ne manquait... C'était comme si tous ces toits luisants sous la bruine étaient conscience. L'impression de percevoir la transparente conscience en toute chose et tout être, sur un fond de bonheur à nul autre pareil.  Et d'écrire : Je pleure d'une immense joie : le ROC est touché. Croyant nager à la recherche du rocher salvateur, voici que je SUIS ce rocher. Dans cette recherche, je courais à l'Etre. La paix est au Non-Être, pas théoriquement, mais vraiment : quand je ne suis plus rien, alors je peux être un avec tout ; immobile dans la course, immobile dans l'amour. Non-agir... pour mieux agir... Non-aimer pour mieux aimer ! Que de vérité!    Je me demandais pourquoi l'humilité? Et aujourd'hui c'est clair : n'être rien. Étant devenu rien, ayant constaté mon néant foncier, que peut-il m'arriver ? N'étant rien, tout s'accomplit à travers ce corps-ci, sans l'interférence de la personne peureuse et désireuse. La vie éclate alors de ses milles énergies !! Le cauchemar est fini. Le temps est arrêté. A présent, laid ou beau, riche ou pauvre, sain ou malade, qui reste-t-il pour souffrir encore ? Personne.  Tant et tant de préceptes, de commandements, de permissions et surtout d'interdits, de dualités pavaient mon chemin intérieur que le Tao-Te-King, dans sa limpidité naturelle est venu volatiliser tous ces conditionnements. Relier les paires de dualités, le chaud parce que le froid, le mal parce que le bien, le bien parce que le mal, le riche parce que le pauvre, le laid parce que le beau, le grand parce que le petit, le léger parce que le lourd, le plaisir parce que la souffrance, le désir parce que la peur, la peur parce que le désir... tout cela s'est articulé dans cette conscience brusquement infinie pour ne laisser qu'un champ vierge et transparent, une lumière intérieure doucement teintée d'amour, de compassion, d'une subtile radiance bienveillante, d'un sentiment de totale perfection.  Un rire joyeux se jouait de mes lourdes tentatives de comprendre Cela, l'Inaccessible, de mes méditations préhensives qui voulaient forcer la porte du Nirvana. Il n'y a que l'abandon, le si mal compris et surexprimé « lâcher-prise » qui ouvrent la porte du Nirvana, en effet. Mais je vous avoue que je n'étais pas vraiment dans une démarche de lâcher prise, mais juste concentré à comprendre cette dualité. Et c'est l'assemblage du puzzle duel qui me révéla (ce que je ne savais pas encore se nommer) la Non-Dualité. Le Tao m'était si nouveau à l'esprit que nul réseau ne venait enchaîner un envol vers l'inconditionné. Comment un tel esprit venait-il d'être touché par la Grâce ? Peut-on seulement parler de Grâce? N'est-ce pas simplement le Hasard ?...  Cette expérience semble sans cause, tellement loin de notre volonté et de nos capacités individuelles. Oui, on ne peut que constater sa propre impuissance en face de Cela. Mon regard était neuf, tel le nouveau né. Une nouvelle naissance, oui ; on peut dire cela. Et ce poids du passé, tous ces conditionnements sont soufflés comme une simple bougie par l'Éveil Soudain. Mille ans d'erreur sont dissipés en une seconde... Quel jeu, cette vie... Comme dit le Shin Jin Mei, « une fleur de vacuité.... pourquoi souffrir pour saisir cette illusion ? »  La particularité de cette révolution intérieure est qu'elle est incompréhensible. Ce que l'on cherche est ce que l'on EST depuis l'origine, sans le savoir, mais plus bizarrement encore, elle se livre dans un non-savoir, dans un vécu qui déconnecte toute tentative d'analyse et de compréhension intellectuelle. « On » ne comprend rien, réellement. Cela se saisit Soi-même dans une Union parfaite et absolue. Aucune trace d'illusion. Aucune trace d'ignorance non plus. Plus aucune ombre en Cela. Les tribulations humaines semblent des rêves d'enfants dans une cour d'école. Si le temps arrêté nous délivre de l'âge, il nous livre l'alpha et l'omega de tout ce qui est et sera à jamais. Nous sommes enfin libres de ne rien faire. Il n'y a plus rien vers quoi tendre. Quelle paix ! Mais quelle peur pour les troublions de l'activisme impénitent !! Il faut souvent qu'ils tombent pour entrevoir cette voie du milieu, du non-savoir, du non-être, du non-devenir et du non-agir...  2. Existe-t-il une Voie pour &amp;quot;aller à Dieu&amp;quot;?  Vous commencez à l'entrevoir, mais il n'y a aucune voie pour aller à Dieu, parce qu'il n'y a pas de voie, mais ça tombe bien, vous êtes déjà &amp;quot;arrivés&amp;quot; , sauf qu'il n'y a pas réellement de &amp;quot;vous&amp;quot;.... C'est indispensable de bien intégrer cela. C'est ici précisément que la Non-Dualité se distingue pratiquement de toutes les autres approches dites progressives. Dans les voies progressives, le &amp;quot;je&amp;quot; n'est pas nié d'emblée, et donc ce je peut cheminer, oui.... faire des techniques, des méditations, des rituels pourquoi pas, en vue d'un but : la libération, le Nirvana, Sat -Chit Anand et autres éveils ..... ou simplement une place au Paradis des justes. Quand on se déshabille le soir, il n'est pas question de &amp;quot;voie du déshabillage, n'est-ce pas? Eh bien se déshabiller du &amp;quot;moi&amp;quot; ne demande pas plus de voie ou de moyen de transport, mais juste quitter ces fausses identifications.   Comme Arnaud Desjardins disait &amp;quot;vous êtes déjà nus sous vos vêtements&amp;quot;, signifiant que la nudité est déjà acquise, en quelque sorte, totalement, mais qu'elle n'est pas manifestée. Idem pour notre nature parfaite. Elle est déjà là, sous des voiles apparents auxquels nous nous identifions en général, et ne pourra pas être plus parfaite, que les voiles soient ou non par dessus. Il n'y a et ne pourrait pas y avoir de voie pour aller à ce que nous sommes déjà de toute éternité.  Et pourtant, n'est-il pas question de tout côté d'une voie, d'un moyen d'une technique pour sortir de notre modeste condition? En fait il est clair que les religions organisées ont perdu l’âme ; elles sont lettres mortes, cul de sac pour l’aspirant à l’Infini, quand elles ne nourrissent pas des nids de frelons intégristes. Les voies spirituelles foisonnantes des temps modernes s’alourdissent souvent de tradition, de techniques méditatives au lieu de promouvoir la «substantifique moelle», l’essence pure et simple ; certaines se révèlent être des sectes ; il est dur de trouver une Voie authentique dans ces spiritualités encombrées de savoir, où l’on peut se perdre avant de distinguer la moindre fronce de l’habit numineux du Créateur. Au milieu de cet écheveau, et en pleine époque de matérialisme commercial, une fleur endormie depuis des lustres a bourgeonné, toute nimbée de pureté: la non-dualité. C'est vraiment incroyable qu'aujourd'hui, cette voie, cette attitude intérieure pour mieux dire, trouve expression, alors qu'elle fut si longtemps gardée prudemment secrète. C'est donc une bénédiction sans égal d'en avoir connaissance aujourd'hui. Avouons quand même que la Non-Dualité est mise à toutes les sauces, surtout dans moultes voies new age. Et du coup cette perle incomparable, ce diamant nécessite souvent un petit nettoyage avant d'être apprécié dans sa pureté.  Pourtant la Non-Dualité constitue l’essence de toutes les religions vivantes, surtout en Asie, de l’Advaïta Vedanta, du Bouddhisme, du Chan, et enfin du Zen . Mais elle réside dans le temple sacré, au coeur de ses enseignements qui préfèrent la laisser goûter à quelques élus seulement. Ce n'est que tout récemment que le Dzogchen, joyau non-duel du Bouddhisme tibétain fut révélé entre autres par Sogyal Rinpoche. Il pense que les temps sont mûrs, pour semer les graines dans cette fange féconde que nous voyons quotidiennement. Si elle en constitue l'essence, la non-dualité , n'en garantit pas les doctrines qui peuvent très vite s'opposer en inconciliable, j'en veux pour preuve le Soi de l'Hindouisme, opposé à l'absence de Soi du Bouddhisme, alors qu'il est évident pour les praticiens de terrain que tous parlent de la même expérience de conscience fondamentale, qu'ils soient Bouddhistes, Taoïstes, Vedantistes, Yogis ou Soufis. C'est dire au passage combien les formes sont multiples dès que nous rentrons dans la manifestation, même pour évoquer notre Source à tous. Pour ce qui concerne cet exposé, nous éviterons de prêter le flanc à la faconde intellectuelle pour discerner l'indiscernable, et au contraire mettrons en avant l'unicité de toutes les voies.  Revenons sur ce qu'est la Non-Dualité : Ce n’est pas une Voie, car on ne chemine plus guère; plutôt une attitude, à la fois mentale, affective et physique devant la vie, fondée sur le constat de notre inexistence séparée. Et comment entrevoir cette inexistence? En observant la dualité justement. Cette position intérieure se conçoit comme le dépassement de toutes les paires de dualité, non par une volonté personnelle factice, mais par la compréhension. Cette soudaine relation entre toutes les paires de dualités nous happe en tant que personne. L'ego est fondé sur ces paires et leur mise en perspective réduit sa réalité &amp;quot;personnelle&amp;quot; à néant. Ce constat engendre un éveil abrupt, la découverte par l’individu de l'absence de &amp;quot;moi&amp;quot;, de l'autre, et la fin de la souffrance morale d’être séparé du monde et des êtres vivants. Alors bien sûr, cela peut sembler bien incompréhensible. &amp;quot;J'existe bien, moi !!&amp;quot; &amp;quot;Comment pourrais-je bien découvrir que je n'existe pas??&amp;quot; Par l'observation régulière de notre conscience. Par la mise en évidence que souvent, nous n'avons aucun sentiment d'être &amp;quot;je&amp;quot;. C'est dans l'après coup que nous nous réapproprions les actes et les pensées, les décisions pour les faire &amp;quot;nôtres&amp;quot;. Je me mets en colère, je deviens tout rouge et je débite des injures par wagonnets... pour finir penauds et nous excuser en disant que &amp;quot;cela nous a dépassé&amp;quot;... En fait, la colère nous a balayé comme un fétu de paille, normal puisque nous n'existons tout simplement pas... Nous nous pensons de temps en temps, voilà tout. Et puis nous généralisons notre existence comme certaine et continue. Comme nous généralisons bien d'autres opinions qui ne s'adressent qu'à des situations ponctuelles. &amp;quot;La colère s'est emparée de ce corps-ci et des paroles injurieuses ont été proférées en réponse à une situation particulière&amp;quot;. Voilà les faits au fond. Pas d'ego là dedans. D'ailleurs nous en avons presque l'intuition quand nous nous affirmons dépassés par les événements émotionnels. Mais il nous faut bien justifier la continuité du moi et endosser la responsabilité d'une colère qui nous est étrangère. Alors on entérine : je me suis mis en colère, je ne sais pas pourquoi et je te prie de m'excuser, je ne recommencerai plus !!&amp;quot;.... enfin, chacun sourira à lisant ces lignes, n'est-ce pas... ;-)  C'est bien là, dans cette observation du quotidien que nous pouvons nous démontrer l'inexistence d'une personnalité continue et stable. Ce n'est pas devenir schizophrène de renoncer à être quelqu'un, c'est juste observer ce qui est.  La non-dualité n’est pas inconnue des mystiques occidentaux; certains, comme Jean de La Croix, en ont parlé à mots couverts, « certes il faut vider l’esprit des choses mondaines, mais aussi des choses spirituelles... ». D’autres saints, Maître Eckhart pour ne pas le nommer, l’ont évoquée en termes impersonnels, propres à ne pas égratigner le dogme: la « Déité ». Bref, toutes les religions et toutes les voies spirituelles tendent vers la non-dualité, laquelle se goûte l’esprit innocent et inculte, pourrait-on dire, dépoussiéré des couches mortes de manuscrits savants concrétées par l’intellect accapareur de l’homme.  Chercher Dieu hors de soi, en observant l’univers, la vie, évoque une main divine créatrice, au bout du compte insaisissable. En revanche, scruter l’intérieur offre un début de réponse: présence en Soi, évidence de l’être. Il faudra finalement abandonner à la fois la notion d'extériorité et d'intériorité, car nous n'avons absolument aucun effort à faire pour être totalement nous-même et finalement l'introspection comme la concentration sur un objet extérieur ne sont qu'exercices du mental..  Au départ, nous sommes rivés aux sens extérieurs, noyés dans les phénomènes, et oublieux de l’Essence. Une mutation totale de notre façon d’envisager le monde et nous-mêmes peut nous réintégrer à notre source. Voyons comment. L’être est à la source des phénomènes, le monde des formes le fuit dans son mouvement universel. Aussi, retourner à l’origine suppose que nous abandonnions la poursuite effrénée où la vie nous entraîne. Au lieu de considérer l’objet de la conscience, tournez-vous vers le sujet, l’observateur. Non pas qu’il ait plus de réalité que l’objet observé, mais il cache la réalité non dualiste, laquelle découle de la disparition de l’idée « il y a bien un observateur ». Plus précisément: cet observateur est-il personnel, coloré d’envies et de peurs ? Vous êtes encore un ego, simple objet de l’esprit ; se révèle-t-il impersonnel, c’est-à-dire délivré des opinions individuelles ? Il est le Soi, lequel se conçoit comme le principe universel fondateur de l’univers, être, conscience impersonnelle (sans observateur personnel), source de l’énergie universelle et aussi, pour chacun de nous, notre nature profonde. A nous le dépouillement progressif de la personne jusqu’à l’impersonnalité, et l’éveil abrupt au dernier sous-vêtement! Et au fond, il n'y a pas plus d'intérieur que l'extérieur, n'est-ce pas....Ces notions de personnel et d’impersonnel, de sujet et d’objet constituent le nœud majeur de la dualité.  Le Soi ne s’oppose pas au « non-Soi », comme on le définit en psychologie. Il ne se distingue pas davantage de l’univers qu’il transcenderait d’une altitude métaphysique, tel un sujet absolu. Incluant tout sans limitation, le principe résume le lieu (ou non-lieu?) où se développe l’espace-temps, la « non-texture » qui donne le champ à l’énergie et la conscience. Le Soi est Tout! Non-être sur lequel fleurit l’être, la conscience et l’univers, le Principe prête vie à l’expérience humaine. Lao-Tseu disait: Le principe que l’on peut nommer n’est pas le principe originel. Ne nous attachons donc pas au terme « Soi », indifféremment remplacé par les termes impersonnels « Principe, Dieu, Tao, Shunyata, Sat-Chit-Ananda, Bouddha, Être, Non-Etre, Ainsité, Absolu, Infini, Purusha/Prakriti, Shiva/shakti, Brahman... », bien que des puristes savent faire des distinctions dans cette unité-là! Mais notre expérience vécue de la déité est impersonnelle. Il n’est donc pas question de relation personnelle entre Dieu le Père et nous, pauvres pêcheurs! L’impersonnel donne sans doute le vertige ; en revanche, il nous garantit la liberté! Il n’attend pas d’obéissance. Ses lois sont universelles et personne ne les gouverne!  *  2 . Que signifie donc « Réaliser le Soi »? C'est constater l'absence de &amp;quot;moi&amp;quot;. Prendre conscience de notre réalité essentielle, de notre nature la plus immédiate, sans intermédiaire, ni transcendance. Il ne s’agit pas d’élargir notre perception à l’univers entier, d’être omniprésents et informés de tout événement à l’horizon de la galaxie, mais juste de voir les choses comme elles sont, depuis ce corps limité : les images de moi comme des compilations facultatives, les images des autres comme des souvenirs ou des projections incertaines. Finalement laisser toutes ces images, adhérer au monde dans une bienheureuse unité. Réaliser le Soi (ou l'absence absolue, ce qui revient au même) épanouit le coeur et le rend innocent, vulnérable, ouvert, spontané, aimant, intelligent, pur, transparent, lumineux, numineux, léger, large, généreux et enfin, compatissant. La réalisation de Soi est accessible à chacun, en dévoilant la simplicité foncière, l'éternelle Unité des choses et des êtres ; elle est non seulement accessible, mais déjà installée ici et maintenant.  Vous découvrirez comment on peut rêver ce monde de contraste et de multitude, rêver posséder un corps humain, une existence séparée, alors que l’on n’est jamais né, puisqu’infini à jamais. La négation du pseudo-sujet, le moi, donne lieu à cette unification. Être simplement soi, (constater l’inexistence du moi...) nous relie à notre source, et au-delà, à tout ce qui est ; installe l’être loin de toute idée de séparation, de limite, de naissance et de mort, d’univers; c’est en quelque sorte l’essence primordiale avant le jaillissement universel. Cette source est toujours là, intouchée, inconnaissable, inaccessible sauf à vous-mêmes. Vous êtes cela. (Ou « cela est », puisque « vous » n’êtes pas.) Aucune technique; aucun maître ne pourront vous installer dans votre propre nature.  (Vous) y êtes déjà! (VOUS) ÊTES CE RÉEL, (VOUS) ÊTES DÉJÂ CELA, mais inconsciemment! Pour vous intégrer dans le Soi, vous n’allez pas rendre conscient ce qui est au-delà de la conscience ou de l’inconscience ; vous ne pouvez que vous laisser fondre dans l’inconnu, l’indéfini, l’illimité, sans carte et sans guide ; vous ne pourrez que disparaître quand l’éveil frappera à votre porte! En un éclair d’abandon, vous comprenez être déjà cela depuis l’origine, embrassant le tout; le moi semblait exister, c’était un mirage! Vous êtes indissolublement cela quoi que vous fassiez, dormir, manger, faire la guerre ou bien l’amour... Vous êtes toujours cela. Vous ne pourrez jamais rien faire pour être davantage cela, ou pour l’être moins ; comment dire? C’est plus proche de votre coeur que votre péricarde ...  Rien ne vous sépare jamais de votre nature profonde, essentielle, rien, rien, rien. Ici le langage achoppe: rien ne vous sépare jamais de votre nature essentielle, oui, cependant seule la disparition du « vous » offrira le trône à la Présence, la (votre) nature essentielle n’est pas «ce vous» auquel vous êtes identifiés, ce vous que le cerveau interprète comme « existant »... Serions-nous plus clair d’évoquer « cela » sans rien ajouter d’autre? Ne soyez pas déstabilisés, nous ne nions aucunement la réalité du corps physique individuel, mais la notion du « je ». C’est ce que l’on appelle identification à ce corps, la croyance au « moi ». En dehors de cette référence au corps physique, existe-t-il un donjon apte à protéger le « je »? Pourquoi dit-on encore que les choses et les êtres n’existent pas « en eux-mêmes »? Ils existent seulement dans la conscience de l’observateur. Sans cette conscience distinguant des différences, on ne voit qu’être , être et toujours être, illimité. Cette prise de conscience nécessite un renoncement à nos chaînes adorées. Nous voulons bien attraper la lune, mais tout en gardant les pieds dans les pantoufles! Il faudra laisser nos habitudes conventionnelles de pensées, d'actions, de sentiments, bref; de vie, car elles structurent la conception que nous avons de nous-mêmes et du monde, laquelle finit par nous éloigner de la rive de l'Unité, de la Réalisation du Soi et de l'illumination, hors d'atteinte de notre pensée, de notre intellect, de notre savoir, de notre conscience relative. Le Soi éclôt loin des idées étriquées.  *  La Voie est simple, très simple puisqu'elle nous parle de l'INDIFFÉRENCIÉ. Qu’y a-t-il de plus simple que l'Indifférencié? Nous ne comprenons pas ce qu'est l'Indifférencié: c'est normal, il n'y a rien à comprendre! Nous pouvons comprendre seulement les choses différenciées, et les rapports entre les choses, les êtres et les rapports entre les êtres. L'INDIFFÉRENCIÉ EST INCONNAISSABLE. Mais si nous ne pouvons pas le connaître, nous pouvons l'être. (NOUS) SOMMES CET INCONNAISSABLE, CE NON-DIFFÉRENCIÉ, CETTE UNITÉ. (Tout en rappelant qu’il n’y a jamais eu de « nous »...) L’indifférencié gisant dans notre inconscient, ne cherchons donc pas une manifestation consciente pour constater que le Soi est là; il est bien là, mais en-deçà de notre conscient. La distinction conscient/ inconscient n’a plus cours ici. L’indifférencié semble inconscient, alors qu’en fait, il est conscience de l’indifférencié... Il est conscience sans objet. Autant dire non-conscience... Êtes-vous encore là? Si vraiment vibre en nous la flamme transparente, l'ardeur de la découverte fondamentale, si cette recherche est vitale pour nous, bénis sommes-nous! Il ne faut rien d'autre pour « ne plus jamais partir hors de Soi... » *  3. LA CONNAISSANCE DE L'ABSOLU.  La réalisation de l'Absolu ne passe pas par le langage et la pensée. Il les précède, les transcende, les englobe. Sa nature est insaisissable. Au lieu de saisir, nous devons nous ouvrir, comprendre et lâcher prise. Rien ne peut être séparé de l'Absolu, aussi n’avons-nous rien à faire pour le saisir mais juste à comprendre que (nous) sommes déjà totalement absolus, inconsciemment.  Réfléchissez sur cette présence dans votre inconscience... ou sur votre absence dans votre conscience... Cette recherche est donc doublement inédite: elle n'est pas du domaine de la pensée et du langage; elle est insaisissable, mais heureusement elle est déjà dans le creux de notre main ! Pas la peine de faire le tour de la planète pour découvrir la vérité. Comme dit Papaji, un disciple de Ramana Maharshi, &amp;quot;just be quiet&amp;quot;. Restez tranquille, là où vous êtes. Tout est là, déjà, parfaitement accompli. Si ce n’est pas une question de langage et de pensée, qu’est-ce donc? Une question d’observation, de vigilance, d’état de conscience, d’état d’inconscience, d’intelligence du coeur: L’écoute, l’ouverture inconditionnelle, libre et bienveillante, le « oui à ce qui est », le centrage intérieur, la fluidité émotionnelle, affective, basée sur l’acceptation, tout cela tisse la toile de notre Présence. Une écoute neuve, innocente, ne fait pas référence au passé et à la connaissance acquise pour établir des comparaisons, et ne se projette pas non plus dans le futur par des projets, intentions, anticipations.  Au total, la disparition pure et simple de toute référence à &amp;quot;moi-je&amp;quot;. Alors seulement, nous pourrons surprendre les vieux mécanismes du mental prompts à nous ramener dans le connu et la sécurité, les ailes coupées. Quand nous serons « comme l’être infini », sans motivation, sans désir et sans peur, comme inconscient, alors, il effleurera notre tête de ses élytres aux couleurs d’absence.  4. LE GRAND DOUTE.  Notre nature foncière est déjà complètement présente ici et maintenant, puisque c'est grâce à elle que vous lisez ces lignes !! Comprenez -vous? Nous la croyions gisant au fond de notre inconscience, recouverte par l’activité de notre conscience relative, fonctionnelle, c’est-à-dire de nos conceptions du monde extérieur et intérieur, orientées plutôt vers les oppositions, les choix et les refus, les désirs et les peurs, et elle était en fait totalement exposée, évidente dès lors que notre regard se tournait vers &amp;quot;ce qui voit&amp;quot;. Mais nous sommes si noyés bien souvent dans des opinions non vérifiées par nous-mêmes, l'expérience des autres, le vécu culturel de la société que nous vivons sur un ramassis d'idées, d'opinions de seconde main.  Découvrir cette réalité de nous-mêmes inchangeante, libre, insaisissable, impose de questionner tout ce que nous avons tenu pour réel jusqu'à maintenant. Il ne faudra pas ménager notre effort pour nous dégager des on-dit, des lieux communs, du consensus tacite qui pave notre chemin. Rien ne devra être accepté par nous sans vérification par expérience directe, en particulier l’existence de l’ego, consensus chimérique...  Même l'essentiel est encombré d'opinions personnelles surimposées à la tradition déjà lourde. Là encore, mettre en doute absolument nous ouvrira la porte du Réel. C’est à ce prix que nous nous libérerons, car se libérer est avant tout se débarrasser des acquits du passé culturel, philosophique, spirituel que nos sociétés maintiennent, assez mal d'ailleurs, faute de nous donner à découvrir la Réalité directement. Au fond, sur quoi repose cette main mise de la dualité? Posez-vous la question et marquez un temps d’arrêt. Ne vous jetez pas sur la réponse qui suit... Elle n’éclora dans votre coeur que si vous vous interrogez réellement, profondément.  Le nom et la forme, la limitation des choses et des êtres résulte d’un seul acte de l’esprit: celui de projeter sa propre subjectivité sur l’environnement, donnant de la sorte à ces soi-disant objets et êtres une densité qu’ils n’ont aucunement. La présence des êtres individuels existe uniquement dans le cerveau des témoins, au point que chacun, devant la glace, finit par se prendre pour un être séparé, doué d’existence, par interprétation du regard des autres... Un jeu de miroir. Observez cela. N’est-ce pas vrai? Chacun n’aspire-t-il pas à exister dans le regard d’autrui? Comme s’il savait déjà sa nature de néant. Je vous en prie, ceci est de la plus extrême importance. Voyez cela. A l’instant, les choses et les êtres retrouvent leur nature foncière: L’être sans trait. Aucune chose n’est, en elle-même, séparée. La séparation naît dans l’esprit qui contemple. Si ce dernier découvre la fausseté de cette projection universelle, alors... Envisagez cela! profondément, totalement, et le monde se vide de la dualité...  Douter, ce sera observer le monde et distinguer ce voile subtil dont nous l'enveloppons. Voile du sens de l'univers, du sens des événements (« il n’y a pas de hasard! »); interprétation des choses du vécu, projection dans ce paysage pour séparer, puis accaparer ou repousser, qualifier ou nier. Percevoir notre monde et pas le monde. Voir nos contemporains à travers le prisme des préjugés, et non pas les considérer comme ils sont réellement, sans mes concepts personnels, ma vision des choses. Ce sera découvrir une montagne presque gigantesque de préjugés hâtivement enregistrés, prompts à nous induire sur la pente glissante de la bêtise. Notre conception du monde conditionne notre perception, à concepts dualistes, vision dualiste. Toute cette activité de la conscience dualiste ensemence l’inconscient et maintient le trésor caché...  Douter, en accordant plus de valeur au soi-disant inconscient plutôt qu’à la conscience de veille, tant cette dernière est souillée de la dualité. Notre inconscient est également sali de dualité, mais par sa nature peu différenciée, il rapproche davantage du Soi. Le jeu se gagne dans l’inconscient, si l’on se rend compte alors du vide réel des choses et des êtres, puisque sans l’inconscient des spectateurs et sa capacité à discriminer, point d’existence séparée. Rien que l’être sans limite.  Douter, même d'exister, nous ouvrira à cette profondeur insondable dont on ne sait si c'est l'Etre ou le Néant... Si nous sommes convaincus que le monde est, alors nous nous privons de l'accès au Néant. Poser l’être du monde comme objet nous pose en tant que sujet. En revanche, ni être ni néant, ni objet ni sujet, et voici ouverte la bulle universelle, fleur de vacuité... Qualifier emprisonne l'objet. Si en revanche nous évitons la qualification, le monde prend un caractère de livre ouvert sans rien écrit dessus, d'une ouverture inconditionnelle à ce-qui-est, à « je ne sais pas... ». Cette ouverture est amour.  5. A-T-ON BESOIN D'UN MAITRE POUR DÉCOUVRIR L'ABSOLU ?  Donner le pouvoir à autrui de nous révéler l'Absolu est comme chercher dans la rue celui qui a les clefs de chez nous... Toutes les voies spirituelles efficaces aboutissent à un point singulier. Seul on rentre dans le coeur du temple. Au seuil de l'Absolu, plus de Dieu, plus de guru, plus de disciple. Un seul rond ondoie sur le lac immobile, et s’efface pour que Cela soit. Le rôle du guide se résume ainsi à nous dire : « Tu n'existes pas... comment veux-tu arriver à te libérer de toi-même? Non seulement il n'y a pas de chemin, mais il n'y a pas non plus de voyageur!!» Alors le chercheur rentre dans une grande perplexité, passage incontournable de notre quête. Il doit rester serein dans cette perplexité. Certains maîtres Soufis intensifient encore cette perplexité chez le disciple, dans le dessein de lui enlever toute référence à quoi que ce soit.  La souffrance survient pour nous réveiller, faisant germer la volonté de se libérer. Elle pousse à l'éveil. Alors on fait des efforts, avec ou sans techniques, avec des résultats encourageants. Cependant tôt ou tard on tourne en rond. Il n'y a pas de changement radical. La quête d’un résultat, fût-ce l’illumination, nous prive de l’éveil. Quand nous aurons intégré la vanité de toute recherche personnelle, un pas décisif sera franchi. Et toujours cette soif inextinguible d'absolu... Attendez, cher disciple, je vais vous initier à une nouvelle technique de méditation, pour franchir le Nirvikalpa Samadhi ... Moyennant 10000 dollars!.. Comment gérer cette soif avec l’absence de but? Petit à petit, notre passion centrifuge se transforme en vigilance, observation pure, compréhension et enfin, dépassement de ce paradoxe apparent. Comprenez bien. Vous n’êtes jamais nés, vous n’avez pas de corps , ni de mental, ni de coeur. Vous avez simplement accepté le consensus ignorant... Le regard des autres vous a fourvoyé, vous a fait croire à une existence individuelle. Tout effort vers l’avoir, mais aussi vers l’être , éloigne le pèlerin. Quand on se conforme à l’être, d’où viendrait l’impulsion d’agir, de vouloir, d’obtenir, de convoiter? D’où viendraient la comparaison, l’opposition, la lutte? Comprenez et ne luttez plus, mieux, lâchez prise! Quant à rester là, éveillé, et sans intention? Si nous n’étions pas totalement enracinés dans l’Absence, cela ne se pourrait pas... Ne vous perdez plus. Vous êtes déjà libres. Cessez de croire qu'il y a un sauveur ...  6. LIBRE DU GOUROU.  Elle s'approcha et dit: « Le petit groupe spirituel que je fréquente depuis des années vient d'éclater. » Elle en ressentait comme une libération. Le gourou s'était montré sous un jour inattendu pour un être dit équilibré. Les rancoeurs accumulées avaient fini par briser &amp;quot;l'oeuvre de lumière&amp;quot; que ce gourou prétendait instaurer. Suivre quelqu'un pour se trouver soi-même est comme descendre dans un gouffre pour trouver le soleil. Si le maître est un tant soit peu honnête, il vous renvoie à vous-mêmes. Rares sont les gens qui ont cette flamme discrète de l'humilité. Au contraire, la soif de pouvoir des uns conjuguée au besoin d'obéir des autres amène souvent des groupes spirituels à voir le jour - la nuit devrait-on dire- Cette association est funeste pour la découverte du Réel. Celui-ci n'est la propriété de personne, aussi quiconque prétend le détenir ne le détient pas, par définition .  Le Réel nous saisit parfois, jamais il n'est saisi ! Soyons clairs avec nous-mêmes. Que cherchons-nous au fond ? Est-ce la reconnaissance de notre personne par autrui ? La relation dominant-dominé donne de la sécurité, mais pas la liberté. Il ne faut craindre ni la solitude, ni l'adversité pour voir la vérité de ce-qui-est.  7. L'ESSENCE &amp;quot;EST DEJÂ LA&amp;quot; !  Seulement, je masque dans mon esprit cette réalité impersonnelle, par des pensées et des vagues diverses, centrées autour du moi, lequel, fuyant son néant, nourrit l’intention, la recherche éternelle qui signe notre fuite du Paradis. Que de clarté ! Que de bonheur dans la compréhension de cette affirmation ! Il n'y a aucun effort à faire. Mon but est déjà totalement là ! Je ne pourrai jamais ressentir davantage cette Source Originelle. ELLE EST LÂ COMPLETEMENT ! Plus proche de moi-même que mon propre souffle. Plus proche que mes yeux. Plus proche que mes pensées. ELLE EST ..  Mais précisons : De l'Essence Absolue, on ne peut dire qu'elle &amp;quot;est&amp;quot;, puisque incomparable, &amp;quot;déjà&amp;quot;, rapport au temps, impossible aussi, et &amp;quot;là&amp;quot;, rapport à l'espace : néant. C'est pourquoi souvent on l'a évoquée en disant &amp;quot;non-être&amp;quot;... et comme on constate qu'il y a bien quelque chose sous nos yeux, on énonce &amp;quot;à la fois être et non-être&amp;quot;.... autant n'en rien dire, non?...  L’essence est immobile, étrangère à toute intention. Notre moi est une mosaïque de souvenirs, un réservoir des refus et des désirs accumulés par l’histoire personnelle. Il vit du temps, du devenir, de la projection vers la victoire, dans la crainte de la défaite... Il se nourrit de la distinction, s’appuie sur le mythe d’exister en soi. Lorsque le moi s’empare de la spiritualité, il pense pouvoir l’atteindre comme un but temporel. Mais tous ses efforts ne feront même pas de ride sur le lac essentiel. L’ego, ce puzzle morcelé, n’est pas une personne, mais la sédimentation des images du corps à travers le temps. Mettez-vous en quête de lui, d’une entité fixe; vous ne la trouverez pas. L’ego n’a jamais été présent...  8. De l'esprit indifférencié.  Quand l'esprit n'est pas soumis aux différenciations, il s'éveille naturellement à l'unité des choses. Shin-jin-mei. Pour être non-deux, il faut comprendre que la moindre distinction nous fait perdre l'Eden. Nous croquons le fruit de la connaissance discriminante, laquelle amène avec elle, infailliblement, la conscience &amp;quot; du Bien et du Mal&amp;quot;, d'un choix possible et donc d'une erreur possible; de l'angoisse de se tromper... Ainsi naît la souffrance de la dualité. Retournons donc à la Conscience Indifférenciée qui s'offre à nous. La dualité requiert un effort ; se tenir dans le berceau originel de l'indifférencié est beaucoup plus facile, ergonomique . La détente complète de l'esprit et du corps nous fait sentir spontanément cet état. Mais sans comparaison à établir, nous avons l'impression d'être inconscient. Nous estimons que pour exister il faut penser. Cogito ergo sum. En fait c'est « cogito ego sum » c'est-à-dire « je pense, je suis &amp;quot;moi&amp;quot;! », ce moi qui nous éloigne par ses choix continuels de l'état-sans-choix puisque sans différences . Nous sommes inconsciemment &amp;quot;un&amp;quot;. Comment l’Un pourrait-il être conscient? La conscience suppose une dualité... Regardez bien, ne cherchez-vous pas un absolu de conscience? Voyant cela constatez avec moi que nous sommes effectivement uni dans l’inconscience. Mais au contraire, nous donnons prééminence à la conscience, laquelle, structurée par la dualité matérielle de l’ombre et la lumière, nous chasse hors de notre bienheureuse nature essentielle, indifférenciée et inconsciente...  9. UNE VISION CHAMPETRE.  Je travaillais, par une belle journée de plein air, à construire des cabanes, et la vision indifférenciée pointa. j'avais profité d'une activité mécanique, laissant libre l'esprit, pour glisser vers la conscience de l'Un. Si l'on regarde un château de sable, en conscience relative, on voit une bastille avec des tours, des fossés et un pont-levis, là où l’oeil nirvanique ne voit que du sable. Une vision chasse l'autre. Nirvana et Samsara sont deux façons de percevoir l'univers. Nirvana est la vision de l'Indifférencié, du foncier. Pas de spectateur différent du spectacle. Juste: CELA. VISION. La distinction existe à titre d’orientation temporospatiale, mais les objets ne sont pas distincts aux yeux d’un sujet particulier. Pas de sujet, pas d’objet. Au sens strict, Nirvana désigne l'extinction de toute séparation. Samsara est la vision des choses comme étant objectives , différentes, avec des aspects agréables ou abjects, attirants ou repoussants, ou bien au-delà de la sphère émotionnelle, des choses simplement différenciées, distinctes les unes des autres ; maniables comme concepts, ces objets de l’esprit.  La pensée naît de la conscience discriminante, dont le rôle dans la vie courante est utile; en revanche, elle ne doit en aucun cas répondre à la question: « Qui suis-je? » N’avons-nous pas tendance à espérer une réponse pensable, discible? Notre nature est impensable, au-delà de toute détermination. Quittons sans crainte la rive du limité. A regarder un paysage, nous pouvons parcourir les différentes étapes de la conscience vers le dénuement, vers son immolation sur l’autel du sans borne. Une première étape: renoncer à cette image chérie de nous-mêmes, elle nous sépare de notre visage originel. Le moi doit mourir pour que le sans limite soit. Derrière le masque, le vide! En général, si la perception est orientée, l'ego est en activité. &amp;quot;En vérité, parce que nous voulons saisir et rejeter, nous ne sommes pas libres&amp;quot; (SHIN-JIN-MEI).  Regardez les problèmes que vous avez: Où y a-t-il saisie et rejet ? Tous les problèmes naissent avec notre infatigable volonté personnelle de désirer les choses autrement qu'elles sont. Ceci ne signifie pas stagnation et abandon du progrès, contrairement à l'exemple que nous donne l'Orient qui a négligé longtemps le progrès matériel, illusoire à ses yeux. Au contraire, voir les choses comme elles sont permet de bâtir plus sûrement des ponts et des routes, des maisons solides, bref, des projets qui aboutissent. On cerne mieux les difficultés à venir et par là leur solution. Tout peut être changé, mais pas après pas. Vouloir les choses différemment, provoque trop souvent une vision voilée de leur véritable nature, des conclusions hâtives, des actions qui échouent.  La vision non-dualiste, au delà de l'unité, est comme un champ ouvert. Cristallin. Vierge. L'homme ne peut y entrer. Tel un pantin de sel qui se baigne dans l'océan, il fond . Nous n'avons à comprendre qu'une seule chose: jamais le SOI ne sera pris dans les rets de l'intellect. Nous sommes Cela qui est l'insaisissable, sans limites. Où diantre accrocher les mains pour le saisir? Qui suis-je? Cette question n'aura pas de réponse. Le questionneur disparaîtra au seuil de la réponse. La réponse, c'est la disparition du questionneur; la dualité se résout. La liberté est de se situer au-delà du sujet, de la conscience fonctionnelle ; il faut transcender le sujet et l'objet à la fois. L'Absolu n'est pas seulement sujet universel mais à la fois sujet et univers. Dépasser le sujet implique aussi d’abandonner l’objet. Les deux sont corrélatifs. Garder le sujet sans objet maintient un vide devant le sujet : Rejetons les deux. Nous comprendrons l'Etre et le Néant, en les transcendant tous les deux, sans avoir pour cela à nous replier à l'intérieur de l'esprit. Il ne sera pas nécessaire de méditer assis, les jambes croisées, pour découvrir le Néant, l'Absence Absolue. Cela se réalise les yeux grands ouverts sur le monde des contrastes et l’esprit unifié.  10. DU PARTICULIER Â L'INFINI.  Tant que la conscience s'occupe des choses différenciées, les réactions naissent d'après les schémas du passé. En effet, la différenciation se base sur la mémoire. On insistera donc sur l'extinction du passé pour que puisse survenir la vision globale et innocente du premier jour. Le passé est un fardeau pour l'esprit qui entend s'affranchir de la dualité. Ce passé, fondement de l'expérience, se concrétise dans notre conception des choses, laquelle conditionne notre comportement, nos pensées, nos sentiments. Le passé gît dans l’inconscient, aussi croyons-nous que l’inconscient est uniquement le réservoir du passé. Nous ne pensons pas utile de nous ouvrir à sa dimension profonde pour découvrir ce qui est libre du temps... Pourtant, c’est ainsi. L’atemporel dort dans notre inconscience.  Donc se libérer du passé n’implique aucunement de se libérer de l’inconscient, puisque ce dernier est la porte de l’indifférencié, de l’illimité. Les souvenirs personnels se rapportent en fait au corps, impersonnellement. L’histoire d’un corps individuel vidé de son locataire fantôme. La mémoire n’est pas effacée, au contraire, puisque le refoulement protecteur de la personne n’a plus lieu d’être. Cette perception dégagée du passé, neuve et innocente est amour. Une telle ouverture inconditionnelle du coeur permet seule une réelle communion entre les êtres.  11 EXPÉRIENCE de la REALITE.  Je voudrais revenir à un niveau de perception plus brut: la réalité cristalline absolue en-deçà ou au-delà des mots, de la pensée; cet amour condensé et sans frontière, sans personne qui aime et personne à aimer. Cette expérience est très fragile, fugace et dès que l'on en parle trop, elle s'éclipse discrètement. Aussi belle que diaphane. Ténue comme l'espace lui-même. Elle emplit le coeur, le corps et la conscience. Mais elle s'y fait toute petite, bien qu'on la sente partout, elle reste là, ne dit rien; on est fondu d'amour; on reste coi, lourd à côté de cet éther vibrant. Puis on ne pense plus; on préfère boire à plein' esprit cette béatitude. On est statue. On est Bouddha. La quiétude est matérialisée, si dense qu'on la touche. L’extase mystique est une fleur sur le chemin. Si elle nous donne son parfum, sachons ne pas la cueillir, pour qu’elle vive encore...  12 LES CAUSES DE NOTRE SOUFFRANCE.  La souffrance? Mais de qui? Effectivement la souffrance est toujours la souffrance de quelqu’un. Si ce quelqu’un pouvait disparaître, resterait-il une souffrance? Je ne veux pas dire que la mort du corps soit le traitement de la souffrance, mais plutôt la mort de l’ego individuel, ce principe qui nous fait dire « c’est mon malheur à moi!! » Que voyons-nous? Les causes de souffrance et de plaisir sont relatives à chacun, et à l’instant. Ce que nous croyons un malheur se révèle un grand bonheur quelques temps plus tard... Rien n’est jamais heureux ou dramatique absolument. Alors? La souffrance est donc relative. Relative à chacun, relative au temps et aux circonstances. Nous souffrons aussi parce que nous attendons un résultat qui ne vient jamais... Personne ne nous oblige à attendre un résultat ; alors, si nous prenions conscience que cette attente engendre la souffrance, nous arrêterions, non? Et bien non, souvent nous renforçons notre attente en lui trouvant des circonstances nouvelles.  La leçon n’est pas facile. Ainsi notre souffrance ne vient jamais du monde, mais de nous-mêmes. Nous souffrons de ce que nous croyons indispensable de surajouter et non pas de ce qui est. C'est une découverte immense et prometteuse de libération. Parce qu’alors, la façon dont nous envisageons la vie peut être changer, alors que les événements présents, non. (Les événements futurs, oui) Habituellement petits bonheurs et broutilles bornent notre vie; et c'est là, dans ces faits quotidiens, que nous devons dépasser la condition humaine. Voir la réalité nue. Détecter notre réaction à cette réalité, notre acquiescement ou notre refus. Alors, petit à petit, d'observation en observation, une façon nouvelle d'envisager le réel s'offre à nous.  Et cette nouvelle manière de vivre est béatitude. Un champ sans limite s'ouvre devant nos yeux. Tout y est fluide, sans heurt, harmonieux quel que soit le vécu. Nous laissons loin derrière le conditionnement personnel et socioculturel. Les refus et les désirs sont vus dans leurs impersonnalités, c’est-à-dire morcelés, et non pas cristallisés dans une pseudo-entité égotique. L'édifice social reflète à merveille la complexité humaine et l’art déployé par l'homme pour s'emprisonner. Aussi, la seule action intelligente pour chacun est de prendre conscience personnellement de notre condition afin de la comprendre. Si une révolution est possible, durable, elle ne peut être qu'individuelle. Et c'est la somme de tous les individus éveillés à leur profondeur qui amènera l'émergence tant et tant attendue et tant de fois déçue d'un âge d’or de notre civilisation.  A présent, nous avons plutôt l'impression désagréable de nous enfoncer dans un supermarché cosmique et creux, où les rayons ne sont pas à l'abri de l'effondrement, et où le tintamarre ambiant mixe notre intelligence pour la transformer en boîte-à-pub. Devant ce spectacle le sage est rempli de patience. Il sait qu'au bout du compte, la pellicule de ce film n’est là que pour révéler la lumière du projecteur. Pour lui, la pellicule est déjà décollée du projecteur, et dans le présent, il reste serein. Nous nous mortifions tous les jours d'être incapables de mourir au relatif car nous ne buvons plus à la source inconditionnée de notre être. Nous sommes répandus, morcelés par des choses triviales; et pour vraiment penser au paradis perdu, il faut que nous soyons terrassés moralement. Ce serait d'ailleurs l'opportunité de réaliser l'unité foncière, si nous étions prêts à regarder la vérité en face.  13 CHEMINER SUR LA VOIE. LE LANGAGE DU CORPS. Notre corps est le miroir de notre état. Est-il détendu et léger? Nous sommes près de notre source. Epaules contractées, respiration superficielle et irrégulière, notre posture fausse indique que nous sommes dans les méandres de la peur, du désir, de l’ego isolé et quémandeur. Sachons observer et prendre mieux conscience de nos tensions, de nos peurs, de nos désirs, afin de les neutraliser, les comprendre, les dépasser si nécessaire, ou les réaliser au besoin. Nous voici donc spectateurs.  Quelle doit être notre position? Devons-nous choisir, repousser ce qui nous déplaît, et garder ce qui nous plaît? Non point. Si nous voulons voir sans aucune distorsion le champ de conscience, nous devons le regarder impersonnellement, sans refus ni justification. Alors la causalité apparaîtra plus facilement que si nous intervenons. Et voir, c'est comprendre, comprendre c'est se libérer de ce qui est observé. Tous ces désirs et toutes ces peurs sédimentent dans l’esprit impersonnellement. Le prisme de la conscience égotique leur redonne une couleur personnelle. Voilà le fard. Nous n'insisterons jamais assez sur ce point crucial. Il représente la clé de voûte de l'édifice de la non-dualité. Observation neutre. Tant que nous sommes identifiés à une couche polarisée de notre esprit, à notre moi, notre vision sera tronquée. En revanche, se situer au-delà des préférences et des refus, est tout simple: il suffit d'accepter de les voir! Et de ne pas interférer.  Le « moi » est une interprétation du passé comme appartenant à une personne, avec toutes ses expériences sympathiques ou désagréables propres à conditionner le présent, en imposant un choix en fonction des résultats antérieurs. Laissons cette interprétation fausse pour rendre au passé son impersonnalité. L'esprit innocent et neuf. Dans cette nouveauté le temps a disparu, les limites s'évaporent, tout est fondu dans le cristal absolu. La réalisation doit se poursuivre chaque jour de la vie courante, sur un fond de détente intérieure. Tous les événements seront vus dans leur nudité et leurs nuances colorées sans l'intervention d'une censure. Ils prennent alors la juste place dans le puzzle et ne peuvent plus nous obliger à réagir. L’expérience de ce corps (le nôtre) ne peut plus nous aveugler. La moindre distorsion apparaît sur le miroir de la conscience non-impliquée. Nous voici enfin adultes, enfin libres. La quête est terminée. Il apparaît que nous n'avons jamais quitté le giron absolu. Et d'ailleurs, comment cela serait-il possible ? Non pas que notre ronde au sein de la dualité ne soit qu'un rêve; elle a lieu réellement. Mais ce ne sont que des vagues à la surface d'un océan infini. *  14. FAUT-IL PERDRE DE VUE LE MONDE POUR SE FONDRE DANS L'ABSOLU?  L'idée qu'il faut un repli des sens vers l’intérieur pour percevoir l'absolu est couramment répandue dans les voies spirituelles. Ce repli vise à se couper du monde extérieur, source de la dualité. On imagine l'absolu transcendant le monde des formes. Méditons alors profondément pour retourner à la source de la psyché par un retournement des sens. A cet instant, les techniques yoguiques entrent en jeu. Car il faut effectuer un mouvement artificiel dans le système neuro-sensoriel pour l'amener à un tarissement de l'activité perceptive tout en restant éveillé. Sinon ce serait facile puisque le sommeil est un excellent moyen d'arrêter toute activité des sens. La perception n'est pas dualiste comme on pourrait le penser au premier abord. Même si ses diverses modalités, l'ouïe, la vue, le toucher sont autant de canaux différents; en pratique la perception est globalisée par le sujet. Et une observation aigüe amène à prendre conscience de l'unicité de la perception; le percipient, l'action de voir et l'objet perçu constituent en fait un seul et unique acte impersonnel : vision. Le sujet n’est pas absolu, ni l'objet, mais les deux ensemble le sont.  Autrement dit, le sujet et l’objet n’existent tout simplement pas. Ils dérivent d’une mauvaise interprétation de la réalité. Cet aspect est primordial. Nul besoin de retrait à l'intérieur de nous-mêmes. Mais juste, vision ici et maintenant. Pas besoin donc de fuir le monde pour vivre l'Absolu. Au contraire, il faut rester les prunelles grand ouvertes car l'Absolu est là, sous nos yeux. Ne partez pas le chercher ailleurs; vous ne le trouverez jamais.  Quand il n'y aura plus aucun refus du présent, aucune projection dans l'avenir, le temps arrêté dévoilera Cela, le sans limites. Vous aurez disparu; mais ce sera la béatitude. L'accès à cette expérience apparaît simple dès que l'on a compris son principe. Simple, mais fugace, tant que vous n’aurez pas constaté votre inexistence. Nous naviguons sur la mer des tempêtes depuis trop longtemps pour gagner d’un coup et sans retour la mer de la tranquillité. Mais cette première croisière laisse un souvenir divin et rend impatient de recommencer, au risque d’évoquer trop d’intentions. Jour après jour, la mer se calmera, les vagues auront perdu leur pouvoir de fascination, et nous nous fixerons dans la paix des profondeurs.  15 MUSHOTOKU.  &amp;quot;EN VÉRITÉ, PARCE QUE NOUS VOULONS SAISIR OU REJETER NOUS NE SOMMES PAS LIBRES.&amp;quot; La condition primordiale de l'esprit de la non-dualité est mushotoku: sans désir de profit, ni refus. Toute intention fait fuir l'Absolu. L'ego est le lieu privilégié de l'intention. Tendre vers... Mais vers quoi, si on est déjà arrivé? L’envie de saisir signe un manque. Pourquoi le Soi fuit-il à notre approche? Telle notre ombre est l’image du Soi fuyant devant nous; à jamais hors de portée... Le Soi réel se révèle à la disparition de notre volonté égotique. Comment l'oeil pourrait-il se voir lui-même ? Comprenons bien cet aspect métaphysique. Il est simple, évident, et pourtant nous agissons dans notre quête comme si nous ne l'avions pas compris. Nous ne nous verrons jamais!  Voir son visage originel, c'est surtout comprendre notre subjectivité ou plutôt notre inexistence personnelle. La conscience essaie de se retourner sur elle-même et ne trouve que le vide... Puis elle comprend sa nature intouchable. Nous regardons le miroir, et puis un jour, au lieu de notre visage familier, nous ne voyons que le vide. Pas un vide objectif, mais le signe de l’absence absolue... Assis à méditer, nous saisissons à quel point l'intention est un obstacle. La volonté de saisir (le samadhi en l’occurrence) disparaît, l'équilibre se fait, les tensions (reflet des intentions) du corps s'évanouissent, et bientôt la sensation de plénitude prend le relais de celle d'un manque, d'une séparation.  En cas de tensions, que faire? Surtout ne pas désirer leur disparition, puisque cela créerait un vecteur de plus dans le champ du mental. Juste constater, sans les quitter des yeux, et ne rien faire. Avec quelle facilité les problèmes se dissipent dès que nous n'interférons plus! Toutes les pensées parasites disparaissent faute d'énergie. Cet acteur irréel, l’ego fait partie des problèmes qu’il prétend résoudre. Voir l’inexistence de l’ego, ce sujet apparent, volatilise toute objectivité du réel. Tout passe, comme une hirondelle filant dans l'azur, sans laisser de traces. Et d'un coup: L'Absolu.  16 NIRVANA  L'expérience du Nirvana surgit dans la conscience quand nous identifions, bloquées à la lisière du subconscient, les pensées qui chargent la perception du poids de la personnalité, de l'ego. La cristallité du sans-limite surgit, et, d'une gangue épaisse et gluante, nous émergeons dans l'éther lumineux. Nous saisissons à peine la raison de notre emprisonnement. L’ego est un mirage au pouvoir de fascination infini. Le Nirvana nous plante dans le présent au point d’oublier le passé. Plus de comparaison, de mesure dans cet état, mais juste l’impression d’un mouvement fluide éternel. Mais la chute douloureuse dans les eaux boueuses du mental survient dès la diminution de notre vigilance. Chaque aller-retour au pays de la non-dualité renforce l'énergie qui nous maintiendra définitivement hors de la portée du « Diable ou de Maya », au moment où nous aurons constaté l’inexistence de l’ego. « J’ai cherché l’ego et ne l’ai point trouvé... »  L'éveil de l'esprit à la Non-dualité dénoue le corps. Les tensions disparaissent, il devient léger, vaste à l'intérieur avec une sensation d'expansion de la poitrine, la colonne vertébrale se rectifie spontanément; nos gestes sont plus précis; les sens plus acérés. La voix se pose. On se sent plein d'une énergie douce et subtile. La méditation spontanée, sans technique, et surtout, sans opposition avec l’action dans le monde éclaire nos perceptions de la société et de nos occupations habituelles. La prise de conscience instantanée d'un conditionnement nous recentre et nous délivre de l'idée du &amp;quot;moi&amp;quot;, &amp;quot;je suis ce corps&amp;quot;, &amp;quot;ce sont mes idées&amp;quot;, &amp;quot;je suis triste&amp;quot;. Cela ne veut pas dire que nous devons passer tout notre temps à réfléchir à l'éveil, ou aux moyens de l'obtenir. Nous devons simplement mettre tout notre coeur à comprendre la Voie, c’est-à-dire à nous comprendre. Si notre énergie est morcelée par divers points d'attraction, c'est sûr que nous ne pourrons pas résoudre l'équation de la Dualité.  Nous devons travailler avec notre inconscient et notre subconscient. S'ils sont impliqués dans une recherche de résultat dans des domaines triviaux, l'énergie nécessaire à l'émergence de l'éveil sera bloquée. En revanche, si notre profondeur est constamment tournée vers sa source, tandis que le conscient vaque à ses occupations, la verticalité grandit et le fruit de l’éveil murit.  **  17 AU BORD DU GOUFFRE. HOMMAGE Â HENRI MICHAUX. L'expérience mystique côtoie les limites de la raison humaine, au bord de la psychose. Certains professeurs de psychiatrie, n'ayons pas peur de le dire, pensent que les mystiques sont de leurs clients... Pourquoi cette parenté avec la folie ? L'expérience mystique fait éclater les limites du moi. Et sans moi, d'après les psychiatres qui sommes-nous ? Des schizophrènes! Essayons d'aller plus loin. La schizophrénie débute par un sentiment de dépersonnalisation, d'étrangeté en face de soi-même, devant un miroir, par exemple. Si cela vous est arrivé, pas d’inquiétudes! il faut d'autres symptômes. Le cortex frontal, chef d’orchestre du cerveau, est déficitaire. La pensée n'est plus contrôlée. Un délire paranoïde s'installe. Dans cette forme de délire, on peut voir apparaître du mysticisme. Est-ce suffisant pour conclure que le mystique est fou? Non, cependant le pas a été franchi par certains. Aux yeux du sage, personne ne possède d’ego, aussi n’est-il pas question de perdre cet ego... seulement la croyance en l’ego.  Le moi, pilier de la personnalité d'après les critères de la psychologie occidentale peut disparaître sans faire naître de délire. Fondre dans l'Absolu ne rend pas inadapté. Au contraire, on verra les choses avec plus de vérité que quiconque. A côté d'un éveillé à l'Absolu, nous sommes tous des délirants! Nous ne voyons pas souvent les situations comme elles sont, mais colorées suivant nos espoirs et nos craintes. Le sage n'attend plus rien du tout de quelque situation, aussi prend-il note impersonnellement. Ce n'est pas le mystique qui est fou; mais nous de vouloir un monde autre, et d’agir d'après nos rêves. Le mystique ne rêve plus; il a réalisé le plein de la conscience, tous les désirs sont comblés, et toutes les peurs volatilisées.  Où y aurait-il la place dans l'esprit non-dualiste pour un autre, ennemi? Il n'y a pas deux. Le mystique, en vidant son esprit, trouve Cela qui comble le coeur, non pas le vide métaphysique transcendantal, mais le plein ici et maintenant, sans limite, comme si l'espace cristallisait en un continuum transparent. Mais gardons-nous d’en faire un objet, ou même un sujet: il transcende à la fois sujet et objet... L'aventurier spirituel est un jour confronté au gouffre du tarissement des pensées reliées au moi. Ici, plus d’un fera demi-tour. Le persévérant a bientôt le goût de la mort en bouche. L’ego imagine bien des stratagèmes pour contourner cette fin. Pourtant un jour, il sera vu impersonnellement comme une dissipation d'énergie, une collection d’idées, un abonné absent.  Cette absence dévoilée donne à l'esprit l’impression de naître à nouveau. Le passé s’envole avec le sujet. Avancez sur la voie et ne craignez pas la folie. L'esprit de la non-dualité ne pourra jamais vous égarer sur ce sentier. Vous connaissez cette histoire? Le fou et le sage nage dans le même océan sans borne. Mais alors que le fou se débat et s’y noie, le sage nage avec le courant...  -Que pensez-vous des drogues, en tant que stimulants de l’éveil?&lt;br /&gt;
-Les drogues sont susceptibles de volatiliser les concepts de notre esprit et ainsi de nous faire entrevoir l’état sans concepts... Cela dit, le souffle chimique ne peut installer au-delà de l’ego par la compréhension, seule capable de nous libérer réellement et pour toujours de la dualité. J’en profite pour ajouter que les drogues « douces » comme le café, le tabac, l’alcool, ont un effet sur le cerveau, sur la conscience, dans le sens de la fuite en avant. On se fuit Soi-même, sûr alors de ne pouvoir se poser dans sa Nature Profonde. Constatez cela et choisissez... La conscience éveillée incite à éviter toutes les interférences chimiques sur le cerveau. Les médicaments sans effet psychotrope peuvent être utilisés pour se soigner.  18. Proverbes...  VOUS ÊTES NON-NES et ne pouvez donc jamais être noyé dans ce qui est manifesté. Restez serein quand les flots battent la digue. Vous n'êtes rien qui puisse être détruit. La tempête ne dure jamais longtemps...  DONNEZ ET VOUS RECEVREZ. Et le meilleur don est l'ouverture aux autres.  19. LE HASARD  « Il n’y a pas de hasard » entend-on souvent chez les adeptes de la spiritualité. Ils supposent que la Providence veille sur leur humble personne, dresse devant eux les obstacles qu’ils méritent, choisit les rencontres à venir, bref, contrôle toute la vie dans ses moindres détails, car pourquoi Dieu s’arrêterait-il en si bon chemin? Est-ce une juste conception? Voyons ensemble... Si le hasard n’existe pas, cela implique une gestion de l’univers dans ses manifestations les plus infimes, jusqu’au grain de sable, (car l’on sait qu’une poussière dans une puce électronique peut changer la trajectoire d’un missile,) aux ordres d’une entité cosmique omnisciente.  Où est la liberté dans tout cela? Et le libre arbitre? Dans le Plan du Créateur, à supposer de le pourvoir connaître, où se trouve la place de l’homme désobéissant? En enfer? Mais il n’est pas responsable, Seigneur, de ses erreurs... L’homme n’a pas choisi au départ cette prison virtuelle. Il a voulu une protection cosmique, sans penser au revers de médaille. La peur d’être seul responsable et libre, de constater l’inexistence de la Providence, le maintient loin du Lac Impersonnel, lequel peut seul lui garantir la liberté. Le hasard exclut toute destinée. Et sans destinée? Pas de gloire, de reconnaissance.  Le destin, c'est l'oeil de Dieu sur notre petite personne; je bombe le torse! Alors que le hasard nous réduit à un grain de sable dans l'infini, sur une plage sans limite, brassée par une mer inconsciente... mais libre!  20. LA DESTINÉE.  Sous l’empire du hasard, point de destinée. Pas plus que de Providence... Du coup, pas de destinée négative, non plus. Tout est possible dans notre vie; tout choix entièrement libre. Point de &amp;quot;karma&amp;quot; (loi universelle de rétribution des actes, à la fois acte et résultat de l’acte) ici bas. En revanche, le mongolisme, translocation chromosomique malencontreuse, devient le pur fruit du hasard. C'est le prix de la liberté. En revanche, le karma, comme poids du passé, existe par le souvenir des bonheurs et malheurs vécus qui nous conditionnent, infléchissent notre pensée et nos comportements actuels. Se libérer de ce karma requiert la lucidité de surprendre le passé en train de s’infiltrer dans le présent. Alors, nous pouvons compenser, comprendre ce poids de l’enfance, des traumatismes, des plaisirs de la vie d'antan, par un regard impersonnel en arrière. Ces souvenirs, en eux-mêmes, ne sont pas reliés à notre petite personne, mais à notre corps. L’identification à ce corps détermine le poids du passé.  A la fin de la conférence, cette jeune femme s'approcha pour parler de sa vie. Elle avait fait le choix de nier le hasard, prenant les rencontres comme déjà écrites... C'est ainsi qu'elle s'était mariée, avait fait des enfants, et accepté beaucoup de choses au nom du destin. Bien sûr, l'idée que tout cela venait de son opinion personnelle et pas d’un sens profond, d’une destinée, lui posait maintes réflexions sur son vécu.  - Je suis dans une grande incertitude, dit-elle, quand je considère toutes les conséquences de ce que vous avez dit. Je sens malgré tout une vérité en cela. Aurais-je une vie si différente pour autant, je n'en suis pas sûre. Je recherche avant tout l'Absolu, même si cela remet en question ce que j'ai pensé jusqu'à maintenant.  - Voyez-vous distinctement comment les opinions masquent la réalité? Quand vous avez pensé que le hasard n'existe pas, vous avez fait des choix dans votre vie en fonction de ça. Maintenant, vous devez renoncer à suivre les opinions de qui que ce soit, même les miennes. Les opinions d'autrui doivent être passées au crible de votre propre expérience. Quand on se voit se taper sur les doigts avec un marteau, on arrête!  - Mais, maintenant comment vais-je supporter la vie que je mène? Tout ce conditionnement...&lt;br /&gt;
- Vous êtes mariée, vous avez deux enfants, vous êtes impliquée vis-à-vis d'eux. Vous dites par ailleurs que ce qui compte le plus dans votre vie, c'est l'Absolu; alors vivez cet Absolu, cette Unité, rien de ce que vous vivez n'a besoin d'être changé pour ce faire. Cette Unité inclut votre vie personnelle, vos enfants, votre mari. Il ne faut surtout pas croire que l'Absolu est quelque chose de différent de la vie de tous les jours. Mais si nous pouvons vivre l'Unité dans la vie de tous les jours, nous devons avoir une vigilance, un sens du sacré, une profondeur susceptible d’infuser l’Incréé dans le quotidien pour le renouveler constamment.  21 LA MÉDITATION  &amp;quot;Dans le corps, il n'y a aucun endroit où aller et demeurer.&amp;quot; Shin-Jin-Mei. Telle est l'essence de la méditation. Tout le contenu de la méditation, pratiquée dans le flot de la vie, ou assis tranquillement, consiste à dénouer les racines du différencié. Le corps est un lieu infini, quand nous le laissons être, et arrêtons de le penser. La méditation survient par le lâcher-prise, et fuit l’intention d’obtenir tout résultat. Elle prend sa source et évolue dans l’inconscient, dont la lumière se dévoile au persévérent à la disparition de son « moi méditant ». Dans l'activité, nous autres occidentaux sommes centrés sur la pensée et il nous est bien difficile d’abandonner cette position cérébrale quand, assis, dans le silence, nous essayons de percevoir mieux notre être foncier, notre centre impensable, indifférencié, notre énergie fondamentale. L’être gît en bas du corps et pas au niveau des pétales de la fleur cérébrale. Le réservoir d'énergie non-polarisée dort dans notre ventre, sous le nombril, le hara, en japonais.  En acupuncture, il existe un point sous l'ombilic nommé &amp;quot;Chi Rae&amp;quot;, la mer de l'énergie. A ce niveau-là, se noue le contact avec l’être foncier, en-deçà du mental, des émotions, des distinctions, dans le centre de gravité, telle une porte sur l’illimité qui s’ouvre et se ferme au rythme du souffle... Noyé de pensées, de sentiments conflictuels, que faire pour intégrer notre racine corporelle, notre source intérieure? Rien, mais d’une façon totale, absolue, comme si l’action n’avait jamais existé, ainsi pouvons-nous dépasser le conflit et réintégrer l’être. Pour retrouver la fluidité foncière, les tensions doivent disparaître. La libre circulation doit s'instaurer entre les divers niveaux de notre corps, de notre colonne vertébrale, l'arbre de vie.  Bien sûr, la désintégration des noeuds conflictuels demande un travail sur ceux-ci en dehors des moments de silence durant lesquels on peaufine leur anéantissement. Là encore, une des clefs consiste à prendre conscience de la puissante illusion qui naît de notre propre cerveau, dans sa conception des choses, dans sa façon de traiter les événements, de sorte que nous puissions faire la part entre le fait impersonnel relatif au conflit et l’ajout personnel.  Un exemple à dessein immonde illustrera mes propos: quand mon père a tué ma mère et que petit enfant de six ans, je regardais, caché, le monstre sans pleurer de peur d’être assassiné aussi, où est le fait, et l’ajout personnel? Car c’est facile de traiter du sujet dans les faits anodins. Mais là? L’horreur est horreur seulement si nous lui donnons le pouvoir de l’être, dans notre for intérieur. Respirer calmement, se fondre dans le néant à l'expiration, laisser renaître le souffle ascendant le long de la colonne vertébrale; tel est le cycle qui couronne le sans forme. Petit à petit, les frontières corporelles s'estompent; le moi perd pied; nous percevons seulement le va-et-vient de la respiration dans le néant de forme. Parfois, des expériences supra-physiques surviennent lors de la méditation assise. Nous ne devons ni les craindre, ni les rechercher.  Voici plus de quinze ans, encore étudiant, j'ai vécu spontanément une expérience intérieure. Il était onze heures du soir. Je ressentis une sorte de langueur; une impression de méditer les yeux ouverts. Je m'assis sur le lit, dos calé par des coussins, et commençai sans le vouloir à respirer bruyamment à pleins poumons, comme si je ronflais. Et ce ronflement me suggéra &amp;quot;tu es cela qui observe le sommeil profond&amp;quot;. Mentalement, je me noyais dans mon centre de gravité, en suivant l'expiration. A mesure de la descente en moi-même, un courant phosphorescent ascendant vibra au long de la colonne vertébrale, jusqu'au dessus de mon crâne, me donnant l'impression de surplomber ma posture. Cela me surprit, à la limite de la peur; ma respiration s'accéléra ainsi que le rythme cardiaque. Cependant je restais confiant devant la stabilité de cette force à présent lumineuse qui semblait envelopper le corps et le figer comme une statue. Parallèlement, il s'était produit une activation énergétique en bas de la colonne vertébrale provoquant des distorsions somesthésiques et spatiales, comme si l'espace se contractait et se dilatait successivement, tandis que j'entendais un vacarme inarticulé, et voyais se dessiner devant mes yeux des gribouillis zigzaguants sur fond noir. Je conservais le langage et la pensée, mais ceux-ci semblaient décollés de la conscience lumineuse densifiée et flottaient à mi-hauteur, au niveau de la poitrine, comme une dentelle. Quand &amp;quot;je&amp;quot; me situais dans la tête, j'avais le sentiment soi, être. Plus bas, étaient la pensée et le langage auxquels je ne pouvais plus m'identifier; puis la base vertébrale avec ce déferlement inarticulé, indiscernable. Le corps, tel la toile sur lequel tout se dessinait, demeurait figé dans la lumineuse conscience bleutée. L'expérience dura presque une heure, et s'estompa quand je décidais d'ouvrir les yeux &amp;quot;pour voir si ça allait continuer!&amp;quot; Le vacarme passa comme une caravane. Ajoutons les précautions d'usage: Je ne me droguais ni à l'époque, ni maintenant, d'ailleurs. Je pratiquais déjà une méditation spontanée, de loin en loin. Ce type d'expérience ne s'est plus reproduite depuis des années. Le déferlement inarticulé m'a fait pensé à la crevaison d'un abcès contenant des impressions de la toute première enfance. Car s'il m'arrivait de ressentir des impressions semblables quoique très atténuées avant de m’endormir des années avant cette manifestation, cela a disparu depuis. Pour conclure, une telle expérience m'a permis de mieux comprendre notre physiologie subtile.  Actuellement, il ne me semble pas du tout obligatoire d’avoir des expériences d'éveil de l'énergie pour réaliser la conscience non-dualiste. Le principal est de se laisser porter. Si de telles expériences croisent votre chemin, accueillez-les, puis laissez-les repartir. La libération n'est pas un samadhi interminable, mais une conscience naturelle de l'unité, un constat de l’inexistence du « je » séparateur. Dans cette expérience de méditation spontanée, les mouvements doivent se faire sans effort, sans intention; c'est la clé, la condition sine qua non. Alors, la délocalisation s’instaure naturellement, notre nature foncière devient évidente. Tout se passe sans technique par l’abandon, le glissement sans effort vers notre centre de gravité, vers le hara, lac de l'énergie indifférenciée. Si nous n'arrivons pas à nous abandonner, constatons ce fait sans le refuser, et dépassons-le sans l'alimenter. Porter l'attention sur le souffle, en-deçà du mental est alors une aide. Faut-il une position particulière quand nous méditons assis? Oui. L'expérience des anciens est parlante sur ce fait. La position la plus stable, facile à garder longtemps, est la meilleure. Celle du zazen convient. Les positions yoguiques du lotus, du siddhasana ou simplement « en tailleur » peuvent être adoptées également. Le but est de garder la colonne vertébrale droite, les lombes cambrées, afin de faciliter le non-effort. Le corps ne peut pas rester immobile dès la première fois, il faut l'entraîner. Si vous êtes bien sur une chaise, droits et relaxés, la posture est bonne. Cela dit, la méditation assise n'est pas indispensable sur la Voie. La marche dans la nature nous offre d’atteindre parfois un silence intérieur total. L'abandon seul est primordial. Au nom du Guru, de Dieu, de Jésus, là n’est pas l’important, ce sont tous des formes du sans forme... Nous n'avons aucun effort à faire; nous sommes déjà arrivés! Mieux encore, nous sommes absents depuis l’origine...  Résumons-nous. La méditation assise repose sur plusieurs piliers: le non-effort, la stabilité, respiration spontanée, l'attention se portant par l’intérieur plutôt vers le bas-ventre, entre le pubis et le nombril. L’essentiel est la vigilance globale et sans choix. Cette vigilance permet de ne pas s’endormir bien sûr, et surtout de ne pas se laisser aller à la rêverie. Cette rêverie se produit facilement dès la fermeture des yeux. Tous les événements mentaux émergeant de notre esprit doivent être regardés avec neutralité, associations d'idées, et autres scénarios. A nous de nous fixer au niveau de l'écran sur lequel le film est projeté et ne jamais nous laisser emporter par les images. Parfois, d'autres niveaux de conscience se manifestent; cela est normal et sans danger. Au retour d’une telle expérience, nous reprendrons le cours de notre observation impersonnelle. Il faut garder vivement à l'esprit l'unité des choses; et ne pas mettre de barrières entre la méditation au repos et celle dans l'activité. Sinon le champ de la vie se cloisonne, au détriment de notre bonheur de le voir sans limite. De la même façon, nous devons éliminer la distinction entre la méditation et les autres activités. Tout doit être fondu en un. Méditer, c'est perdre tous les repères séparateurs. Krishnamurti a dit une chose très belle sur la méditation: &amp;quot;Ce qu'il y a d'extraordinaire avec la méditation, c'est qu'on ne sait à aucun moment où on est, où on va, et quel en sera le terme.&amp;quot; C'est le sens du dépassement des limites. L'esprit a perdu toute mesure. Un matin, je me réveillais, avec un arc-en-ciel au-dessus de moi; écrit en lettres d’or « meditation only ». Dieu parlerait-il anglais? Sans doute un clin d’oeil d’un guru anglophone... Quoi qu'il en soit, la méditation doit être spontanée et non pas programmée.  22. L’ICEBERG. DU CONNU à L’INCONNU  Le moi est la partie émergée de l’iceberg mental qui considère le réel comme différencié, excluant toutes les expériences non-différenciées de la réalité. L’avantage de cette vision tient dans la cohésion sociale du sujet vivant, car l’ouverture à la profondeur immergée de l’iceberg suppose de changer la réalité, de donner priorité à l’indifférencié, à l’Inné, à la conscience non-discriminante, que d’aucun appelle inconscient, et la société où nous vivons ne considère pas du tout ce point de vue global, unitaire. Elle le fuit, pour tout dire. Elle le craint. Car ses petites valeurs bourgeoises ne reposent que sur le consensus de l’avoir, de la possession, pour dire mieux, des biens de consommation nourrissant l’ego, sécrétant une vision étriquée du réel. Ce n’est donc pas une mince affaire de changer les critères de réalité, cela suppose changer de société également. Mais n’est-ce pas au fond ce que cette société sans racine engendre? Elle meurt d’économisme. L’homme a souvent besoin d’un coup sur la tête pour comprendre les choses, n’est-ce pas? Et s’il n’en périt pas, sa compréhension fera des merveilles!  23 VANITÉ DES VANITÉS. TOUT EST VANITÉ ET POURSUITE DU VENT.  Voilà le plus sage des chapitres bibliques. De quoi souffrons-nous ? Du temps qui passe... L'ego ne peut pas se résoudre à la fuite du temps. Les richesses chéries amassées durant des années pourront se trouver comme des feuilles mortes, dissipées par le vent. Les êtres aimés irons au cimetière, un jour; et nous aussi. Le sage accepte ce temps qui nous rapproche de la mort, adhère à l’impermanence. Qui est né doit mourir. Pourquoi s'attacher et souffrir de la disparition des êtres et des choses? L’amour n’est pas l’attachement. La fluidité de l'esprit filant comme le vent lui permet de suivre le cours du temps.  L’esprit libre des choses et des êtres accueille la mort. Il meurt à chaque seconde pour renaître la seconde d'après. Cela n'empêche pas d’apprécier les gens ni de les aimer. Ce vécu n’engendre pas l’inaction; mais au contraire l’action intense, si nécessaire. Devant l’impermanence des choses, plaisirs, et souffrances, l’homme peut trouver la force d'âme pour affronter la vie, les difficultés, en se situant dans l'unité des choses, au-delà du bien et du mal, du plaisir et de la peur, dans Cela qui ne passe pas. *  24 L'ORDRE EXTÉRIEUR ET L'ORDRE INTÉRIEUR L'ouverture de la conscience à sa source inconditionnée entraîne une harmonisation de l’énergie corporelle, émotionnelle et mentale; et cette harmonisation est ordre. L'ordre ne doit pas être imposé. Cela ne sert à rien, et de toute façon ne sera pas durable. L’ordre imprègne aussi bien notre corps, qui est ressenti comme léger et fluide, sans tension musculaire inutile, dans une attitude juste, que l'intellect qui apparaît prompt à répondre adéquatement au challenge du réel. Tout est réglé immédiatement, autant que possible. On voit parfois une incapacité à rejeter les déchets se manifester à la fois matériellement (je laisse s'accumuler les ordures ménagères) et moralement (je ressasse des pensées). En revanche on voit les deux processus se régler simultanément dès que mon énergie se fluidifie à nouveau. Il est capital de rester vigilant dans l'activité banale quotidienne afin de voir si nous sommes fluides ou pas.  Dès l’apparition des obstacles, répondons immédiatement. Alors nous naviguons le vent en poupe, tout spinnaker dehors, et surfons sur les lames adverses. Prenons un exemple: J'ai cette facture à payer demain, et n’en ai pas le premier sou. Je fais sans attendre la démarche pour faire différer le paiement, puis pour trouver cet argent. Ne pas payer provoque un blocage qui m'empêche de me sentir fluide, ronge ma mémoire en arrière plan et me prive d’apprécier une soirée occasionnelle entre amis. Ou bien, je fuis, mais cela m'éloignera de ma nature profonde qui est immobile. Un jour la fuite doit cesser... Enfin, peut-être le temps est venu de voir l’huissier saisir les meubles, (tiens, justement, la commode laide de belle-maman va enfin partir!) sans joie et sans rancoeur.  L’ordre intérieur se projette à l'extérieur. Le désordre freine notre énergie, en revanche, l'ordre produit la paix, la légèreté, la fluidité. S’il nous appartient de nous accorder intérieurement à notre source non-duelle, les effets résultants ne nous concernent plus. Ils se font tout seuls, comme la vie coule et nous porte.  25 WEEK-END Â ST MALO.  L'automne était arrivé, après plusieurs mois de soleil radieux. Cette après-midi-là, le vent était frais; la mer d'un bleu-vert froid, à marée haute, léchait la digue, tandis que petits et grands se pressaient pour voir sauter les vagues. Le soleil couchant finissait de donner à ce tableau l'aspect féerique d'un rêve heureux. Le reflux des vagues formait avec le flux un mur d'écume jaillissant à plusieurs mètres de hauteur. Quatre garçons téméraires, surfaient sur ces lames jusqu'à être jetés à flan de digue. Ils transformaient l'obstacle en jeu. Nous marchions en nous esclaffant, amusés par le spectacle.  Que l'esprit est beau d’observer sans intention de saisir ni d'accaparer la vie. Trop souvent, nous regardons comme à travers un appareil photo, sacrifiant l'instant présent pour l'image à garder, ne voyant plus ce soleil couchant, mais déjà la photo qu'il donnera. Il nous faut surfer sur la vague du présent; lui coller à l'écume. Car elle ne cesse d'être en mouvement, toujours neuve à chaque seconde. Si nous essayons de conserver une trace du passé en nous retournant, c’est le plongeon! Les difficultés n'existent que si nous ne faisons plus corps avec le réel. La réflexion n’est pas utile à la vie. Comparer le présent avec les expériences révolues ne nous fait pas pénétrer notre vécu en profondeur.  _Comment voir la réalité quand ma vie se complique jusqu'à l'inextricable? Je n'ai même plus l'énergie pour penser. &lt;br /&gt;
_Observer ce fait d'être confuse et ne pas le fuir, voilà ce qui permet le centrage. Votre vie est la résultante de votre activité. Pourquoi rajouter à votre destin, malheurs ou joies, des réflexions personnelles, des peut-être, des oui-mais, ou des « non-non-non »? Votre esprit peut rester simple et serein dans la plus grande tourmente, par l’accueil de ce-qui-est, sans désir de victoire ni peur de défaite. &lt;br /&gt;
_ J'ai pourtant l'impression d'accepter de voir ce-qui-est. Mais en profondeur, tout continue de tourbillonner. &lt;br /&gt;
_ Rappelez-vous, le vent ne fait pas avancer l'iceberg; mais le courant marin, oui. Votre acceptation est restée superficielle; le subconscient ne l'a pas écoutée. Prenez-le par les sentiments! Si votre coeur est occupé ailleurs, il n'écoutera pas les dires de la pensée; s’il écoute, persuadez-le d'accepter la souffrance pour mieux l’observer. Alors le oui sera plus profond, le centrage plus complet, la compréhension de l’univers, plus limpide. L’important n’est pas de résoudre les difficultés, même si cela heurte la logique, mais de voir les choses comme elles sont. Il ne s’agit pas de laisser aller. En fait, les problèmes sont les problèmes pour l’ego. La solution découle d’une vision juste et non pas du désir, de la volonté, d’expulser ledit problème.  Mais qui peut vraiment prêter l’oreille à ce langage? Pas l’ego en effet, à moins d’y voir une méthode pour réaliser un dessein particulier, mais l’être en nous, seul à même d’écouter et appliquer naturellement cette vision. L’être agit sans désir du résultat, voit sans interférence; ses effets sont donc positifs. Regardez, quand vous attendez une réponse prégnante, pendu aux lèvres d’un quidam qui vous raconte par le détail ses dernières vacances aux Antilles; vraiment, pouvez-vous l’écouter? Ou au contraire n’êtes-vous pas assourdis par l’exigence intérieure? L’être, bien sûr, ne va pas résoudre les problèmes dans le désir de l’ego; il va répondre à la situation par une action spontanée, et peut-être ne pas répondre du tout. Cela inclut donc une attitude de lâcher prise intelligente, sans préoccupations personnelles, au profit d’une ouverture impersonnelle au monde et aux êtres.  Une telle réalisation intérieure découle du constat de l’inexistence de l’ego et vient couronner un cheminement persévérant vers le dépassement des rouages « autolâtres ». Un pas de plus, sans vouloir brouiller les cartes. Parler de l’être comme d’un sujet reflète de manière tronquée son statut; il faut comprendre « vision impersonnelle, sans sujet ni objet ». Cela n’implique pas absence de perception. Il y a bien perception, reconnaissance des objets (qui ne sont plus stricto sensu des objets, puisque sans sujet), mais sans personne pour percevoir; choisir, refuser. Reste le « voir ». Vision...  26. LE CHANT INTÉRIEUR DE LIBERTÉ.  Un fin courant d'eau vive et subtile coule au fond de nous, et nous maintient en vie. Ce fil lumineux ne nous apparaît pas spontanément. Il jaillit à la source de notre pensée. Et tant que nous pensons, impossible de le voir. Que de beauté, de sublime dans cette énergie plus-que-subtile! Que d'innocence, de vulnérabilité, et d'amabilité. Sans ce courant ténu, l'homme ne vaut pas la bête. J'ai bien peur que ce fût souvent le cas... A la télévision, ce soir, Nuremberg. Les camps de concentration. L'horreur faite homme quand celui-ci se coupe de sa source de compassion. La guerre, de quelque côté qu'on l'envisage, démontre à l'extrême le mal de la pensée idéologique. Cette pensée cristallise l’ego individuel, lequel principe ego fonctionne aussi au niveau des nations. Les conflits naissent toujours de la lutte pour un but, au lieu de répondre naturellement à la situation sans déchirement avec les voisins.  Le mirage du gouvernement d’une nation est tout-à-fait semblable à l’intronisation de l’ego roi, et la vraie révolution s’incarnerait dans une anarchie, une décapitation définitive de toute forme de pouvoir, à l’instar de la chute de l’ego lors de l’éveil... Une nouvelle forme d’autogestion s’incarnerait alors si chacun vivait la conscience non-intentionnelle. Autant dire qu’un millénaire passera avant cela!  L’économisme doit finir son parcourt. Le courant subtil est le chant de la liberté. C'est le chant de l'amour. Pas de l'amour humain, mais de l'amour qui n'a pas de nom. Qui est ouverture sans condition. Regard de compassion. Compréhension au sens englobant. Mais toujours dans le respect de l'autre. Même si pour cette conscience, il n'y a pas d'autre. Seul, l'amour peut rendre supportable ce regard sur l'horreur dont l'homme abuse quand il a perdu de vue sa nature profonde. Car cette déchéance chante les louanges du Sublime.  _C’est horrible, ce que vous dites là: les horreurs perpétrées par les hommes chantent les louanges du Sublime! Cela me révolte. &lt;br /&gt;
_L’oubli de notre nature essentielle peut disparaître devant l’horreur, comme si nous crevions la pellicule du film et que la lumière jaillissait, mais cela ne peut survenir qu’au-delà de la révolte. Alors l’être crève l’écran, si l’on peut dire, et l’amour fait loi.  *  27. LE BONHEUR.  La quête du bonheur tourne le dos au bonheur. Paradoxe? Quand l’homme aboutit dans sa recherche, par exemple avoir une belle maison, une Mercédès, une femme amoureuse et sexy, des enfants mignons, intelligents, travailleurs et obéissants (et pleins d’humour!), est-il vraiment heureux? Souvent non. S’il n’est déjà parti dans un nouveau projet, il se rend bien compte du manque de « quelque chose » d’indéfinissable. Il demeure perplexe. Seul, le contact avec son vrai moi donne le bonheur durable . Et l'homme refuse de s'ouvrir à sa nature profonde non-dualiste, par peur et par méconnaissance. Par peur, parce qu’un regard vers le fond de soi donne le vertige, par méconnaissance, car peu entendent la possibilité d’ouverture de la conscience. Cependant, cette coupure en lui-même va lui faire accumuler des problèmes jusqu'à l'insurmontable. Si la vie l'épargne, il ne se rendra compte de rien. Si, en revanche, il est noyé dans les difficultés, le cercle infernal va se boucler, aucune réaction susceptible de le rompre ne va intervenir spontanément.  Seule, la grâce de rencontrer la verticalité peut dénouer ses chaînes, en un éclair intemporel. Cette rencontre sera peut-être une parole, une phrase dans un livre, un être à l’écoute, un sourire dans le métro; pas forcément pointant vers le Réel, mais cristallisant notre façon déviée d'envisager les événements, telle une caricature. Mille ans de souffrance seront volatilisés en un clin d'oeil. La vie est si simple quand on la regarde à nu. Ne cherchons pas si loin, la transcendance; ni la rémanence; ni la conscience; ni le non-être; ni le samadhi; ni le nirvana; ni sat-chit-anand , ni même tout simplement le bonheur.  Lavons notre esprit d'une vie de complication, de préjugés, de connaissance &amp;quot; de Dieu&amp;quot;. Si nous voulons voir la Voie Parfaite se réaliser sous nos yeux, ne concevons nulle pensée, ni pour, ni contre. (SHIN-JIN-MEI). Le bonheur naît avec cette attitude de lâcher prise, sans ramollissement, dans la vigilance quotidienne. La quête du bonheur est poursuite d’une ombre; jamais on ne peut l’atteindre. En revanche le lâcher prise, l’ouverture vigilante engendre le bonheur inconsciemment, durablement par l’assise intérieure « en sa propre nature ». Le bonheur est comme le sommeil, si l’on court après, il fuit!  * * *  28. DEPENDANCE / INDEPENDANCE: la dualité majeure de l’ego.  La liberté suppose une rupture des chaînes. L’ego, confronté à la dualité relationnelle dépendance / indépendance, avec en arrière fond sa fragilité en face des autres vécus comme forts, recourt à de nombreux subterfuges afin de survivre sans écartèlement. Situons notre degré de dépendance et d’indépendance dans nos relations, tant familiales, qu’amicales, que professionnelles, sociales (couches), ou nationales... Sous cet angle tout est relation et qui dit relation dit dépendance / indépendance. Et observons la façon dont nous fuyons les relations d’un côté et la solitude de l’autre. Peut-être n’avons nous pas de déséquilibre dans les relations familiales, avec notre femme ou notre mari; ou avec nos enfants, nos propres parents...  Est-ce dans notre situation sociale que nous sommes trop liés ou au contraire trop distants?.. Tout cela doit être éclairci afin de regarder ces liens avec sérénité dans une conscience d’acceptation. La fragilité du moi en face des autres est le facteur causal de ces problèmes. Dépendant naturellement et menacé d’étouffement si les proches répondent à ces besoins de chaleur humaine, l’ego essaie de se frayer un chemin médian, entre la peur de l’abandon et celle de l’étouffement, génératrice d’angoisse, de panique. Cette situation est particulièrement dramatique chez l’adolescent. Il sort de l’enfance et donc de la dépendance pour aller vers l’autonomie, et si les mouvements intérieurs se font grinçants, l’angoisse, l’instabilité pointe leur dard. Cette équation n’est pas facile à résoudre dans cette période de mouvance. L’absence d’ego rime avec neutralisation de cette équation dépendance/ indépendance. La juste distance, ni trop près, ni trop loin, s’établit naturellement, sans attirance ni répulsion...  29 LE CONSCIENT, L’INCONSCIENT. Le différencié et l’indiffériencié.  Notre conscience temporelle, relative, ne voit dans l’indifférencié qu’inconscience insaisissable. Comme le consensus social nous pousse également à nous considérer en tant qu’être conscient, reléguant l’inconscient au rang de magasin de souvenir, voici fermée la porte de notre nature profonde, du Soi, de l’Absolu qui gît caché là. Il est donc de la plus grande importance de nous ouvrir à la dimension inconsciente de notre être, de ne plus nous considérer comme des êtres uniquement conscients. La vérité est que nous sommes en majorité inconscience, laquelle engendre une conscience relative. Si la conscience relative ne connaît plus sa source, elle souffre, et finit par retomber épuisée dans le berceau de l’inconscience, ne serait-ce que par le sommeil profond, ou par la dépression. Ces mots de subconscient et d'inconscient sont en fait pratiquement des synonymes du mot &amp;quot;coeur&amp;quot;, tel qu'on l'évoque en disant &amp;quot;l'intelligence du coeur&amp;quot;. L'éveil passe par le coeur.  Autrement dit, convaincre notre coeur, nous convaincre en profondeur de l'unité fondamentale, prend du temps. Ce coeur est lent à comprendre. Mais ce qu'il comprend, il l'applique à fond et notre vision du monde s'en trouve chamboulée. De quoi nourrissons-nous notre coeur, d'habitude? Trop souvent de fadaises, de conflits médiocres, d'espoirs déçus. Forcément, une telle vision engendre de la souffrance. Une réalisation intelligente imprégnera peu à peu notre inconscient et fera germer nos semailles. Quand la graine de non-dualité bourgeonnera, &amp;quot;mille soleils&amp;quot; se lèveront à l’horizon.  Le contrôle de nos pensées est donc important: Elles se réverbèrent dans notre for intérieur et conditionnent notre bonheur ou notre malheur. Tel est notre &amp;quot;karma&amp;quot; et point autre chose. Si nous pensons à longueur de journée ceci est mieux que cela, je préfère Tahiti à La Baule, Kim Bassinger à ma femme, comment voulez-vous que le soir venu, un instant de recueillement ne reste pas vain? Nous devons nous sentir engagés sur le chemin de la non-dualité constamment. Â chaque instant, nous créons notre manière d'appréhender le monde. Alors l'unité infusée rejaillira dehors avec splendeur. Nous serons noyés dans le cristal absolu, les yeux écarquillés de bonheur. La lucidité s'installera sans effort pour nous inspirer le juste faire, le juste penser, le juste aimer.  30 VOIR.  Le froid était arrivé, avec ses matins givrés et ses brumes fantomatiques. Les corbeaux croassaient dans les champs labourés. L'esprit semblait gelé comme l'air tout autour. Les idées ne venaient pas; il y avait juste le voir, et rien d'autre. Le voir est communion avec l'ensemble. On ne se met pas en marge du spectacle; on en fait partie. Dans cette unité du voyant et du vu est la paix. Voir ne se provoque pas; le danger de la séparation du voyant et du vu, avec son cortège de conflits, incite l'esprit à renoncer à la dualité. Croire à l’existence réelle du témoin, du sujet, crée l’objet et la dualité dans la perception. Voir apparaît alors sans effort. C'est un état naturel. C'est la fondation de notre être et de notre conscience, à laquelle nous surajoutons la pensée, le langage, la discrimination.  Â tout moment, nous pouvons retourner à ce niveau basique de notre être. Voir est Absolu. C'est la source de notre énergie. Quand la course dans le monde a déchargé nos batteries, plongeons dans cette profondeur de nous-mêmes. Nous serons recréés. N'ayons pas peur de perdre nos repères habituels, car cette peur est le principal frein à l'ouverture en profondeur. Nous ne devons plus préjuger de tel ou tel fonctionnement. Flottons sur l'onde et l'énergie rechargera les canaux vitaux.. Pas de centrage dans une partie du corps, surtout dans la tête, lieu privilégié de la pensée, de l'ego. Descendons dans notre ventre, puis disparaissons, naturellement. Sans penser, où sommes-nous ? Nulle part. Mais beaucoup ont l'habitude de se situer derrière les yeux. Il faut que se soient vos tripes qui voient par vos yeux! Et non pas votre moi.  *  31 LA VIE EST UNITÉ.  L'hiver n'était pas encore arrivé, pourtant l'air était froid et vif, fouettant le visage. La matinée ensoleillée finissait de dissiper les brumes. Les oiseaux se réchauffaient, perchés sur des îles sableuses inaccessibles aux hommes. Dans leurs ébats, vous sentiez la vie, la même énergie-conscience qui soutient tout, nous fait digérer, parler, penser et voler les oiseaux. Alors, il n'y a plus &amp;quot;d'autre&amp;quot; séparé de nous ; la même chit-shakti fait tourner le monde, la même conscience agit chez les oiseaux, avec sa simplicité cristalline et sa qualité d'amour. Une conception particulière de votre intellect serait incapable de produire une telle expérience, vécue directement dans votre être dilaté. Cela ne vous donnait pas la possibilité de gouverner le vol des canards. Cette conscience laisse la vie suivre son cours; sans intention particulière. Le défaut d’innocence repousse l'unité du monde dans les rêves. La subtilité, l'intensité de la vigilance, une immobilité complète, non forcée mais fruit du respect passionné de l'environnement naturel, de la vie sous toutes ses formes, sont nécessaires à l'émergence de cette qualité de conscience non-duelle, à ce doute salutaire qui ravive les vieilles façons. Jamais le doute n'effleure les gens qui marchent sur les fleurs... On partage l’être, inconsciemment et non pas une conscience objective; on ne voit pas par les yeux des oiseaux. On est oiseau « de l’intérieur ».  32 Dieu est là...  Ce courant limpide au fond de nous a souvent du mal à émerger de nos préoccupations quotidiennes. Nous sommes baignés à chaque seconde par ce courant d'amour et de félicité inconsciemment. Mais ce ruisseau divin respecte notre vie, même si ce respect nous prive du sentiment extatique de le vivre. Le plus grossier voile le plus sublime. C'est ainsi. Le moindre petit nuage peut cacher le soleil, du moins quand on est sur terre (pour le soleil, rien ne change). Quand nous sommes dans la peine, rappelons-nous qu'au fond tout est parfaite béatitude, si nous laissons notre ciel intérieur s'épurer des nuages de la pensée. Dieu est déjà là, totalement. Nous n'avons qu'à Lui laisser un peu de place...  33. UNE VISION D'ENSEMBLE DE LA VIE.  La vision de l'unité du monde s'établit au départ en prenant conscience du mouvement de l'énergie cosmique universelle, lequel ne sied pas dans le mental de l’être humain, mais au contraire en-deçà de son mental dans les sphères inconscientes de l'activité automatique en lui, des mouvements instinctifs, mais aussi et surtout dans le domaine de l’indifférencié, là où toutes les ondes enregistrées se fondent dans les limbes de l’indéfini, là où se construit la conception du monde sous-tendant notre perception. Les animaux vivent l'unité mais ne peuvent pas en avoir conscience. Il faut le miroir &amp;quot;j'ai conscience que je pense&amp;quot;, faculté humaine par excellence, soit présent. Quand l'homme observe et ne recouvre pas ce miroir par des pensées, il peut jouir de la perception de l'unité.  Donc au départ, la perception de ce niveau primaire en nous ouvre la porte de la perception du non-limité. Cette énergie que nous voyons alors chez les êtres vivants est la même partout. Cela donne le sentiment d'un corps immense fait de cellules disparates, comme des globules sanguins, circulants dans le même espace sans se toucher; mais un même corps, une même conscience englobant tout. Notre perception habituelle, focalisée sur l'intellect discriminant, ignore le plus souvent cette vision globale. Au contraire, elle accentue les distinctions entre les choses, entre les gens, et nous donne le sentiment de séparation nommé ego .  L'ego est cet agent intégrateur de tous les mécanismes de comparaison, de discrimination, d'analyse, de choix, facultés indispensables de l'intelligence, oui, mais qui doit se cantonner à son niveau et ne pas priver l'individu de la vision naturelle du non-différencié, du foncier, qui lui restitue son unité en lui-même et unité avec le monde. Notre culture nous fait nous identifier avec notre moi temporel, notre conscience de surface, relative, alors que notre être dort dans les limbes de la profondeur, étranger aux querelles de la dualité de l’existence.  Or, que ce passe-t-il maintenant dans le monde ? L'ego est devenu le roi. Les pays sont l'incarnation de cet ego-roi. Ils réagissent avec la même négation de l'harmonie universelle que le ferait un individu isolé. La guerre, la domination, la violence sont douces dans le monde animal à côté de ce que l'homme peut faire. Les lois de la nature, telle la dominance, par exemple, comme on le voit dans la lutte de deux mâles éléphants-de-mer pour gouverner le troupeau et féconder toutes les femelles, dont on sait les avantages génétiques, est reprise par l'homme pour en faire un holocauste. Quand l'un des mâles s'est déclaré vaincu, l'autre ne le terrasse plus; l'homme, pour sa part, n'hésitera pas à tuer le vaincu. Et au niveau d'un peuple, cela s’appellera génocide...  Le monde a pris cette tournure folle par la domination du principe ego. Et comme au niveau individuel, la vision impersonnelle amène à rejeter l'ego, source de la souffrance, de même, au niveau mondial, faudra-t-il se rendre compte de la perversion engendrée par ce même principe directeur. Cela dit, les lois de réaction levées par l'ego en produiront tôt ou tard l'annihilation. Ainsi fonctionne l'ensemble, l'unité restera la loi première. On peut dire que la démocratie représente un pas décisif vers la liberté des peuples, par rapport à une dictature. Mais l'avenir de l'humanité sera de retrouver le sens de l'énergie foncière qui la porte depuis toujours et lui inspirera l'ordre général et pacifique propice à l'épanouissement de tous et de chacun. La clé, c'est que chacun doit comprendre d'abord à son niveau individuel, pour qu'ensuite l'ensemble de la société suive le mouvement naturel. Il n'y a donc pas de frustration de l'individu en face de la société; c'est l'individu lui-même qui construit l'édifice social, et non pas une fois, mais seconde après seconde; il reste le maillon inspirateur éternel. Rien, en effet ne sera écrit de cette loi-là. La Loi restera vivante par ce jaillissement constant en chaque individu. Jean-Jacques Rousseau n'a sans doute pas rêvé d'autre chose; mais il fallait l'accès à cette perception directe de l'énergie cosmique, de l'ordre de la Nature, une vie en l’Etre, pour que l'homme soit effectivement bon.  34 LA TEMPETE ET LA COLERE.  La tempête faisait rage depuis deux jours. La mer sautait par dessus la digue et atteignait les jardins des maisons en bordure. On pouvait à peine marcher sans tomber tant le vent soufflait fort. D'ailleurs, il n'eût pas été prudent de s'aventurer le long de la digue. Le spectacle grandiose donnait le frisson. Les tempêtes de la nature semblent laver le paysage de la présence humaine. Elles restituent le neuf, le frais. C'est une récréation au sens propre du terme. Marcher sur une plage un lendemain de tempête donne le sentiment du renouveau, d'un printemps; la lumière elle-même semble immaculée. L'air pur et frais nous redonne la vie. Parfois la colère, comme la tempête, redonne l'innocence du nouveau-né. Souvent aussi, la colère témoigne d'une distorsion entre le fond et la surface de l'esprit. Le fond ne se laissera jamais gouverner par la surface. Tôt ou tard, il explose si on contrecarre son mouvement.  Alors pourquoi ne pas écouter la profondeur de notre être et ainsi éviter toute distorsion? Notre bonheur dépend de notre accord avec notre intériorité. Comprendre les passions enfouies libère des pulsions. Certaines d'entr'elles représentent des manifestations instinctives déjà programmées avant notre naissance, et qui concernent la survivance de l'espèce, par exemple. Quand on les regarde de la sorte, elles ne s'imposent jamais, elles suggèrent que la situation se prête à telle ou telle acte spécifique. Mais il ne faut pas les occulter, car elles resurgiraient avec une puissance insurmontable, parfois déviées de leur finalité de départ. Vivre les manifestations de la nature sans s'y opposer, permet de percevoir subtilement les opportunités. L'énergie sous son aspect impersonnel se projette parfois pour connaître l'état vibratoire d'une personne ou d'un animal, par exemple.  Suivant la loi d'harmonie universelle, les rencontres s'effectuent naturellement, sans forcing. Elles n'apportent alors que satisfaction et bonheur. On peut percevoir chez quelqu'un la fausseté quand on est limpide soi-même, sans aucune intention, que l'on regarde simplement, ou encore identifier l’intention, même voilée. Cette perception est basée sur l’apparence, mais aussi, intuitivement, par ce niveau d'énergie qui n'a pas de frontière, on peut prendre conscience de couches plus profondes. Il faut rester innocent en cette matière. Toute intrusion de la volonté, par exemple de savoir, fausse la perception naturelle et sans effort. La vision de l'avenir peut parfois se manifester. L'avenir existe à l'état potentiel, mais rien n'est encore inéluctable dans l'instant présent.  35 L'EGO SE MEURT...  L'ego se meurt. Il se meurt quand tout bascule, qu’un sentiment d'abandon, de lâcher-prise monte de la profondeur, suite à la vision du fonctionnement de l'ego. Le constat d’une indicible fourberie congénitale du dictateur ego interpelle le sublime. Nous sentons alors monter le pur diamant de l’incréé, lequel rejette un fonctionnement egotique. La buddhi, cette fonction du mental indépendante de l'ego, observe ses faits et gestes, et tôt ou tard, constate son inexistence, impersonnellement. Cela se fait sans une intervention volontaire; on ne peut pas dire &amp;quot;je vais rejeter mon ego&amp;quot;, car qui dirait cela ? L'ego ! Croyant par là atteindre l'absolu inconditionné.  L’ego est une interprétation erronée. Le dictateur prétend diriger la nouvelle constitution... Il doit mourir pour que la liberté soit ! Nous sommes ce dictateur. Alors ne nous leurrons pas sur le sens de la révolution. Nous serons fusillés en premier. Nous n'aurons pas de place dans le futur gouvernement. L'ego ne sera jamais à la tête de l'inconditionné; être inconditionné, c'est ne plus avoir de tête !  36. LE PLAISIR ET LA SOUFFRANCE.  Nous voulons le plaisir et refusons la souffrance. Tel est le noeud de la dualité. Le monde est plaisir et souffrance. Ils sont inséparables, comme l'ombre et la lumière. Nous poursuivons notre rêve d'un monde où le plaisir existerait sans la douleur, et sommes déstabilisés quand cette dernière s'acharne sur notre dos. Chaque peine contient un bonheur, et chaque bonheur contient sa peine. Telle est la réalité. Bonheur-souffrance. Souffrance-bonheur. Un jour, il faudra bien regarder cela en face. Nous ne serons jamais heureux dans la fuite. Quelque part, cette vérité est inscrite en nous. Quand j'ai découvert cette dualité inséparable, que je l'ai vue en face, l'ai acceptée comme inéluctable dans la manifestation, ce fut comme une extase de compréhension. J'étais devenu libre en acceptant la prison.  Nous ne souffrons jamais de ce-qui-est. Nous souffrons de notre refus de ce-qui-est. Voir cela, et la souffrance qui résulte de notre réaction, c'est dépasser cette réaction. Mais nous ne devons pas refuser notre réaction; cela ne mènerait à rien. Nous resterions dans l'arène. Il faut voir ce-qui-est. Dedans, dehors, le monde et notre affectivité. Quand tout cela est vu comme unité, c’est-à-dire accepté foncièrement, alors nous sommes libres. Nous n'avons pas à créer cette unité; elle préexiste à l'apparente dualité. Il nous faut voir la dualité en tant que dualité, l’ego comme également duel, le sujet inexistant.  Voir l’ego comme inexistant, révèle un pur sujet, lequel disparaît bientôt tout comme l’objet. Il ne reste alors que la perception sans personne qui regarde ni objet (littéralement « jeté devant »); autrement dit, l’objet se trouve recentré par la disparition du vecteur polarisant sujet objet. C'est tout. Je suis libre de ce que je connais. Qui refuse le malheur et cherche le bonheur? L’ego. Il s’impose comme chef, essayant de paraître différent de la dualité; de surplomber le mental, alors qu’il est dualité, qu’il coure dans l’arène, ballotté au gré des courants de peur et de désir. L’unité s’établit dans la constatation de l’inexistence de l’ego en tant qu’entité stable et libre...  * * *  37 FAIRE POUR RIEN...  Voici un des noeuds majeurs de l'union au Principe. Nous faisons tout pour quelque résultat. Nous trouvons absurde de faire sans intention. Cela nous est même impossible à imaginer. Nous faisons un acte en vue d'un résultat, sinon, pourquoi agir? Or voici, le Principe agit sans agir; sans aucune trace de volonté, ni but. Nous voici désarmés devant l'innocence foncière. Le jeu cosmique de déroule sans scénario. Il ne semble pas y avoir de règles préétablies. Sauf dans le cadre qui sous-tend la manifestation. Il y a bien les forces fondamentales de la physique universelle, qui tendent l'écran de l'espace-temps, mais il est clair qu’elles sont apparues par sélection spontanée, et non consciente. Des milliards d’univers ont peut-être avortés jusqu’à ce que la vingtaine de constantes universelles soient justement réglées ensemble. Dans l'expérience subjective de la conscience, tout ce passe comme si le foncier était uniquement impersonnel. Tant que nous restons accrochés à notre conscience personnelle, nous ne pouvons pas en effet accéder à des niveaux profonds. Par contre, dès que nous laissons fondre notre moi dans le sans borne, dans l’indéterminé, nous nous unissons ipso facto au cosmique. Et l'accès à cette impersonnalité nous donne une vision de la marche universelle qui nous semble alors la seule réelle. Ainsi, tant que nous courons après l'illumination comme un objectif, nous nous coupons à coup sûr de la réalisation. C'est au contraire par la compréhension du principe, en particulier dans son aspect non-intentionnel, innocent, que toute volonté en cette matière nous quitte et qu'alors nous réalisons l'absolu. C'est dire pourquoi l'ego est un tel obstacle à la réalisation; pour lui il n'y a que suite de choix, attraction, répulsion. La compréhension du Principe le transcende complètement. Pour le Principe, qu'y aurait-il à espérer encore?  * L'esprit reste vide et pourtant les lignes se remplissent. Elles sortent directement du Néant. Le corps est bien campé, stable et serein. Les doigts courent sur le clavier. Qu'est-ce qui pousse à écrire dans la stabilité, dans le plein de l'instant? Ça écrit, comme le coeur bat. C'est la Vie qui va. Sans but. *  38. C'EST NOUS QUI TENONS LES VANNES DE L'ILLUMINATION. N'est-ce pas étonnant de lire, &amp;quot;c'est nous qui tenons les vannes de l'illumination&amp;quot;? C'est pourtant la vérité que nous choisissons notre statut mental. Pendant un temps, nous avons rassemblé les éléments de compréhension de la Voie. Nous avons fait le tour de tout ce que nous pouvons en dire... Ce qui se résume à ceci: 1/ INDIFFÉRENCIATION.  2/ NOUS NE POUVONS QU'ABANDONNER LA DISTINCTION; abandonner le sujet prétendu, l’ego, et la dualité sujet objet. NOUS NE POUVONS PAS SAISIR L'INDIFFÉRENCIÉ.  3/ ALORS, NOUS RÉALISONS L'UNITÉ.  4/ NOUS SOMMES LIBRES DANS UN ESPACE-TEMPS INFINI, DANS UNE ATEMPORALITÉ DE L'INSTANT PRÉSENT.  5/ LA VIE IMPERSONNELLE ET SON ACTION SPONTANÉE COULE Â TRAVERS NOUS, NOUS LAISSANT INDIFFÉRENTS QUAND AU RÉSULTAT DE CE QUI SE FAIT. NOUS N'AVONS PLUS D'INTENTION PERSONNELLE, CAR LA VOLONTÉ DE L'EGO NOUS PRIVERAIT DE L'UNITÉ. NOUS AVONS LE SENTIMENT DE VIVRE LE JEU COSMIQUE.  Seule notre compréhension nous amène à la réalisation et infuse dans nos couches profondes cette vérité. C'est à nous d'ouvrir les vannes de l'illumination. Les résistances à l'ouverture coexistent avec une compassion pour notre faiblesse, telle une mère envers son enfant... Avec cette compassion naît une patiente infinie. Nous regardons le petit enfant en nous accepter de s'ouvrir au monde. Et même si cela prend du temps, nous avons l'éternité devant nous...  39. Neurophysiologie de l’éveil.  L’éveil pourrait correspondre à un changement de dominance hémisphérique. Nous savons que chaque hémisphère possède son propre centre de la volonté, l’hémisphère gauche chez le droitier traitant l’analyse, le langage, les mathématiques, et domine le droit, lequel s’occupe de l’espace, de la musique, de la globalité. L’éveil semble donner la prévalence aux qualités qui relève de l’hémisphère dit mineur: vision globale, synthétique, absence d’intention... Cela suggère un transfert de dominance, ou une disparition de la dominance. Cela dit, l’être ne dépend pas du cerveau humain, seule la conscience relative est conditionnée par la physiologie du système nerveux central. On retrouve sur le cortex cérébral des zones qui gouvernent le sens du soi et du non-soi. Une hémiplégie peut exclure la moitié du corps du soi: Alors le malade demande: « qui est couché dans le lit à côté de moi? » Intéressant, non? Evidemment, quand le neurologue parle du soi et du non-soi, il parle du moi et du non-moi, bien sûr...  40 ECLIPSE... DE L'HUMILITÉ.  « Voici maintenant plusieurs jours, presque semaines que je ne goûte pas le nectar du Divin... Dès que la vie m'emporte dans son tourbillon, au troisième tour je suis perdu. Ces éclipses de la conscience de l'Unité sont prévisibles, mais pas forcément évitables dans la vie que je mène. Le surmenage intellectuel, des préoccupations qui envahissent le champ de l'esprit, et la conscience s’obscurcit. J'ai beau réfléchir, retrouver le chemin de la non-dualité; je reste vide de la Présence. Vraiment l'ego reprend vite ses prérogatives. Il faut que j'appelle &amp;quot;au secours!&amp;quot; La finesse intellectuelle ne suffit pas à rouvrir la source incréée. Il faut que le coeur languisse du Suprême. S'Il n'entend que le jacassement de la réflexion, il ne bouge pas. Il attend que le coeur L'appelle. » Nous ne reconnaissons pas facilement notre impuissance. En face de Ce qui est libre, nous sommes impuissants. Nous ne pouvons rien forcer, rien provoquer, rien attraper. Et c'est le constat de cette impuissance qui fait que nous nous abandonnons. Et dans l'abandon, il y a Cela qui est libre du devenir... Libre de l'intention. Je n'ai plus qu'à pleurer devant la lutte de l'ego, toujours vive, vaincue un jour, reconstituée le lendemain. C'est le sens de l'humilité. Dieu ne sourit qu'aux humbles. « Tant que je courre à la recherche d'un moyen de retrouver la liberté, elle m'échappe. Eh bien sûr qu'elle m'échappe! Comment pourrait-il en être autrement? Ce ne serait pas la liberté si je pouvait la capturer, moi, le preux ego! » La porte de l'Infini n'est nulle part ailleurs. Le secret c'est l'humilité du coeur et de l'esprit. Mea culpa, mea culpa, mea maxima culpa... Dieu ne te punit pas d'être fier, orgueilleux, prétentieux et sûr de toi; simplement, Il ne vient pas en ton coeur. Il aime le doux et le simple, l'absence d'artifice. « L'humilité m'a toujours semblé pauvre. Je l'ai fui autant que j'ai pu. Aujourd'hui, elle m'a rattrapé. Je ne pourrai pas regagner la douce demeure de mon Père si je suis orgueilleux. C'est sans aucun doute le plus grand écueil de voir renaître l'ego de ses cendres devant la gloire du Suprême, pour celui qui a vu Dieu; c'est moi qui ai vu Dieu! Evidemment que cela coupe du même coup l'expérience. Alors, celui qui ne sait pas pourquoi elle le fuit risque de se taper la tête contre les murs quelques temps. » L'ego ne peut pas faire semblant d'être humble; c'est le coeur qui juge. Il n'y a personne à l'extérieur pour le voir. Et si l'ego feint, il ne se passe rien! La porte reste désespérément fermée. Alors, au bout d'un temps certain, il renonce, il pleure; il s'abandonne, disparaît, et la porte s'ouvre en grand. L’éveil s’installe définitivement en constatant l’inexistence de l’ego, le mirage disparaît et ne peut se reconstruire. Condition sine qua non. D'une façon ou d'une autre, ce mouvement est incontournable. Que ce soit par la compréhension de la non-intention foncière, de la non-différenciation, de l'unité, si nous ne sommes pas faits humbles, point de salut! C'est le pourquoi de la flagellation qui a eu court dans les milieux religieux, chez quelques yogis également. L’humilité est la marque du non-ego.  41 LA CAVALIERE.  Cette patiente venait me voir pour un problème de luxation qu'elle s'était faite lors d'une chute de cheval. Pendant que je lui délivrais des soins, la conversation roula sur le contact qu'elle établissait avec le cheval. Elle connaissait bien cet animal depuis son enfance. C'est un animal très sensitif, me dit-elle, qui sent les moindres faiblesses de son cavalier, la peur en particulier. Lors de steeple-chases, le trac la paralysait et se transmettait au cheval. Sans vouloir gagner les compétitions, elle voulait faire corps avec le cheval, pour donner le meilleur d'elle-même et du pur-sang, et non pas transmettre la peur. Je lui parlais alors de la source en nous, ce berceau de notre énergie primale et sans limite; en deçà de l'image de nous-mêmes, à laquelle nous pouvons nous unir. _&amp;quot;Pour faire corps avec le cheval, vous devez retrouver en vous le niveau du foncier; nous n'avons pas besoin de le créer, il existe spontanément. Et vous communierez avec votre monture dès que vous serez capables de sentir la même vie onduler en vous comme en lui. Mais pour vous laisser couler dans le fond du gouffre, ou du moins, de ce qui nous semble un gouffre, nous devons faire confiance, ne pas avoir peur. La peur, telle la gargote sur le parvis d'une cathédrale, nous chasse de l’Eden. Quand nous surmontons cette peur, nous sommes mûrs pour goûter le nectar divin.&amp;quot;  42 COMMENT FAIRE POUR ETRE HUMBLE?  L'ego &amp;quot;spirituel&amp;quot; recherche des moyens pour atteindre la libération. Cela n'a pas de fin. Dès que nous lui parlons d'humilité, aussitôt se presse-t-il de trouver comment être humble... La compréhension seule mène à la réelle humilité. Nous devons voir tous les stratagèmes que le mental emploie pour rechercher un résultat. Tant que nous pensons qu'il est possible d'atteindre l'illumination par la réflexion de notre intellect, nous devons pousser notre idée à fond. Si nous restons en-deçà de notre effort pour percer le secret, nous ne pourrons pas voir les limites du mental. Ce n'est que quand nous avons poussé notre intellect dans ses derniers retranchements qu'il se produit l'arrêt nécessaire à la montée depuis la profondeur de notre psyché, de la conscience non-conditionnée. Cet arrêt nous confronte à notre impuissance absolue en face de la conscience illimitée. La constatation ainsi faite nous rend humble. Hier, nous avons parlé de l'humilité, cette porte incontournable vers la béatitude. Je voudrais y revenir tant est importante la compréhension qui en découle. L'humilité qui ouvre les portes du paradis ne peut pas être provoquée; elle découle de la compréhension de notre absence, de notre inexistence en face de l’Absolu. Là, nous devenons vraiment humbles. Et cette humilité n'est pas le simple opposé d'orgueil, mais un état d'innocence, de fraîcheur, d'amour. Ce ne peut être un moyen de parvenir à l'éveil. Toute recherche de moyen est triviale, egotique, s’agissant de « la chose » essentielle. D'ailleurs une démarche d'humilité provoquée de donnerait aucun effet. Quand notre coeur pleure son égoïsme, il devient vraiment humble. Telle est sa beauté; et la Voie vers le Divin. Quand nous avons entrevu, ne serait-ce qu'une seule seconde, la Sublime Transparence Foncière, nous ne pouvons plus vivre sans elle! Un tel trésor vaut plus que tout l'or du monde réuni. Tout amour humain n'est qu'un pâle reflet de la compassion que nous ressentons quand nous sommes en communion avec le Foncier. Aussi, quand le coeur se remplit de béatitude, nous ne pouvons plus être en lutte contre le monde qui est nôtre désormais. Mais nous continuons de jouer pour l'amour de l'humanité. 43 TOUT EST DIEU. Nous voici au bout du chemin... Nous avons parcouru des milliers de kilomètres, à l'intérieur de nous-mêmes. La source est connue. Unité. Mais la vie de tous les jours n'est pas éclairée comme on pourrait le penser. Nous devons poursuivre encore et encore :&amp;quot;tout est Dieu, tout est Dieu!&amp;quot; Pour que toutes les couches en nous s'illuminent de cette suprême vérité. Tel un chapelet infiniment répété, nous devons infuser cette unité dans les moindres recoins de notre esprit. Tout est Dieu, tout est Dieu, tout est Dieu...&amp;quot; N'est-ce pas là la conclusion de notre démarche? Maintenant réjouissons-nous! C'est arrivé: TOUT EST DIEU. Encore et encore répétons-nous: tout est Dieu; même si nous avons compris cette vérité sublime, des parties de notre être ne sont pas encore illuminées de ce fait. La compréhension d'aujourd'hui doit infuser dans le passé, remonter jusqu'à notre naissance et même avant pour crier le message: tout est Dieu! C'est le sens de la descente aux enfers du Christ; c'est la bonne nouvelle. Tous doivent l'entendre. Beaucoup sont encore occupés dans des barricades. &amp;quot;Tout est Dieu!&amp;quot; Ne luttez plus, il n'y a pas d'ennemi! Jetez vos armes! Toutes les poches de résistances doivent écouter la nouvelle: tout est Dieu.  44 UNE AUTRE RENCONTRE.  Elle venait d'être quitté par l'homme &amp;quot;qu'elle a dans la peau&amp;quot;. Tout s'arrêtait pour elle. La vie n'avait plus de raison de continuer. Son visage trahissait des sentiments variés, fugaces, opposés même; quelques mimiques d'enfants semblaient appeler une aide paternelle de ma part. _&amp;quot;C'est une opportunité de découvrir ce qui est libre en vous;&amp;quot; lui dis-je. Vous avez eu, je crois un échec cuisant sur le plan sentimental. Essayez de ne pas reproduire le même schéma dans l'avenir. Pour ce faire, vous devez voir votre demande intérieure de sécurité, d'amour, et voir que cette demande risque de masquer la réalité de votre être, votre vision des gens que vous rencontrez. Les gens ne veulent pas donner; ils veulent recevoir. Si vous avez l'air de vouloir prendre, ils vont fuir. Si vous avez l'air d'être comblée, d’avoir beaucoup à donner, alors les autres vont venir spontanément rechercher votre présence et votre affection. Mais il ne s'agit pas seulement d'avoir l'air; il faut réaliser complètement ce don de soi. Prendre n'a jamais rendu quelqu'un heureux; donner, oui.&amp;quot; _&amp;quot;Mais je me sens vide! Comment puis-je donner quoique ce soit si je me sens vide? J'ai une peur affreuse de la solitude; je ne peux même pas rester chez moi seule. Je sors dehors, je traîne...&amp;quot; _&amp;quot;Rassemblez votre énergie. C'est le moment de saisir le bonheur sans condition. Si vous êtes capable de regarder votre image de femme abandonnée, et de ne rien faire intérieurement, aucun mouvement de fuite; alors vous découvrirez en une seconde cette conscience qui est libre de toute image. Votre énergie se trouve recentrée, vous ne vous sentez alors plus vide mais au contraire remplie d'une énergie nouvelle et stable.&amp;quot; _&amp;quot;Je ne comprends rien à ces paroles! Je souffre et je veux en sortir. je n'ai même pas la force de trouver un nouvel appartement. Même mon travail s'en ressent et je crains d'être licenciée.&amp;quot; _&amp;quot;Pourquoi lutter tant pour vous en sortir? Je vous dis que la solution à tous ces problèmes est déjà là en vous! Vous ne trouverez pas la solution miracle à l’extérieur. Regardez en face ce-qui-est. Et ce-qui-est promeut une vision claire, impersonnelle et une action globale, étrangère au moi qui lutte.&amp;quot; Sans la vigilance, la vision dénuée d’ego de ce-qui-est, le dérapage commence et nous dépasse de manière incontrôlable. Restons au coeur du présent, avec la certitude intelligente, la compréhension que nous ne pouvons faire autrement. Notre énergie, notre corps vibre de façon à nous confirmer la juste position de notre être.  45. La simplicité de l’enfant est dans l’axe du Principe.  L'enfant est naturellement vertical. Sa simplicité, sa spontanéité, son innocence en témoignent. L'enfant est tout près de la source jaillissante de la Vie. Cette source ne nous est accessible que lorsque nous acceptons de traverser les couches psychiques de notre enfance. « Redevenez semblables à de petits enfants... » Alors nous pouvons retrouver un fonctionnement plus naturel, des sentiments frais; il ne faut pas craindre de devenir infantile; si nous voulons rester adultes, d'après ce que nous croyons, nous ne pourrons pas accéder à cette limpidité foncière. Cette ouverture au foncier ne va pas nous rendre enfantin, au contraire nous aurons l'impression d'être des centenaires nourris à la sève éternelle. Il faut donc lâcher prise, là encore. Lever tous les blocages dont nous nous sommes bardés comme d'une armure. La peur nous empêche de laisser tomber notre garde. Nous croyons à l'unité: tout est moi, et nous faisons comme si nous avions peur de nous-mêmes! Il n'y a pas d'ennemi! Nous refusons l’unité aux différents niveaux, physique, affectif, et mental, pour survivre individuellement. Cette prise de conscience est capitale pour dépasser ces refus, ces défenses, et préparer le chemin de l'éternité. Ces refus sont normaux dans l'optique individuelle; mais nous sommes dans l'optique suprême; bas la garde! Et si nous constatons que nous sommes incapables de baisser la garde, alors acceptons notre statut jusqu'à ce que la compréhension devienne suffisante pour que notre for intérieur diminue les résistances. Nous ne devons pas essayer de lutter pour enlever volontairement ces résistances. La profondeur doit renoncer elle-même. Aucun forcing en cette matière ne donnera de résultats.  46 LE COURANT DIVIN AU FOND DE NOTRE ENFANCE. Rappelez-vous quand vous étiez enfant; vous n'aviez pas conscience de vous-même. Il n'y avait pas d'interface, de soi, mais rien que la vie, océan des événements, et une joie de vivre inextinguible. Nous avons tous la nostalgie de cette prim'enfance et de sa plénitude. A juste titre. Car nous vivions alors l'unité de la vie jaillissante et spontanée. Voyez-vous, cette source n'est pas tarie. La même source jaillissant jadis nous maintient en vie, et nous l’utilisons aujourd’hui dans toutes nos activités. Nous pouvons la retrouver aussi innocemment qu'aux premiers instants de notre naissance. Seulement, nous devons accepter de laisser tomber une certaine image de nous-mêmes, forgée au fil du temps; à laquelle nous nous sommes peu à peu habitués, pour nous rassurer. Si quelque chose intervient pour la changer, nous sommes perdus. Ce visage sans forme d'avant notre naissance est caché par celui d'aujourd'hui. A nous de jeter ce masque. Tout se joue là. Les pleutres tourneront les talons. Au commencement, nous voyons la Vie dans sa limpidité primale. Puis voyons apparaître cette fameuse interface de notre regard sur nous-mêmes; à travers celui de nos proches, au départ, de nos parents, professeurs, camarades... Nous nous identifions naturellement à nos limites, d'autant que le regard des autres ne nous laisse pas d'alternative, enfin, nous plongeons dans l’oubli de l’infini. Nous avions l'impression d'être des empereurs; image bientôt refusée par les autres. Petit à petit, nous avons rabattu nos prétentions. Non seulement nous perdons l'unité foncière, mais en plus nous atterrissons, si l'on peut dire, dans un cadre forcé qui ressemble vite à une prison. Nous nous accoutumerons aussi à cette prison; après tout, ça protège, la prison. Ca protège contre les autres... Et ainsi, de jalons en jalons, nous tissons autour de nous un cocon que rien de pourra ébranler si ce n'est... la souffrance! La souffrance et l'amour. Au cours du temps, ces sensations de la toute première enfance, cette plénitude, se sont fissurés peu à peu, à mesure de l’émergence du moi. Cette conscience toute neuve est toujours à notre disposition grâce à la suspension du moi, temporaire ou définitive. Nous avons créer le moi, par une fausse interprétation de notre psychisme; nous pouvons le congédier et ce faisant, sentir immédiatement le flux si frais de la vie, regoûter la plénitude de l'enfance, avec cette fois-ci, les capacités de l'adulte. Nous élevons tous les jours des enfants, voyons leur conscience se cristalliser dans la séparation; la spontanéité se ternir, la joie simple se compliquer; bref, la structure lourde de l'ego poindre. Que faire? Vivre cette unité avec les enfants. Ils ne s'y trompent pas d'ailleurs. Ils vous regardent avec l'air surpris de voir une grande personne manifestant cette vie claire qu'ils commençaient à oublier, les yeux brillant de partager avec vous la Vie retrouvée.  47 LA MORT D'UN PèRE.  Elle avait perdu son père depuis trois ans, sans pouvoir faire son deuil. Toutes les nuits, ou presque, elle rêvait de lui. Après des années de cauchemars, elle faisait maintenant des rêves plutôt heureux. La souffrance cachée dans son coeur disparaissait aux yeux des autres. Elle avait pris le parti de faire bonne figure. D'ailleurs, elle avait réellement bonne figure. Comme elle m'interrogeait sur l'origine de sa colopathie, je lui répondais qu'il était possible que ce trouble reflétât symboliquement la disparition de son père, et bien sûr, que le traitement serait plus radical si nous prenions en compte cet aspect. C'est parfois délicat de mettre le doigt sur ce genre de somatisation qui sont finalement de bons exutoires; mais je sentais possible chez cette jeune femme la libre expression qui mettrait fin à son trouble. Par expression je n'entends pas seulement verbalisation, mais plutôt dérépression de noeuds bloquant la circulation harmonieuse de l'énergie. Je lui montrais cette possibilité que nous avons de laisser de côté notre image, celle des autres pour rejoindre la source de notre psyché qui est indifférenciée. &amp;quot;Si nous restons lié à la culpabilité de dépasser l'image du disparu, nous ne pouvons aller plus en profondeur.&amp;quot; Nous devons accepter notre propre disparition de notre paysage intérieur pour goûter à l'incréé, à l’union susceptible de panser la souffrance de la séparation. La difficulté réside là. Nous sommes tellement conditionnés à être ceci ou cela, que n'être rien est non seulement incompréhensible, mais redoutable. Elle pleurait doucement. &amp;quot;C'est la vie dans son unité qui coule au fond de nous; pour elle la mort n'existe pas, croyez-vous que nous devrions vivre sur le passé? Acceptez cette souffrance, ce refus de la perte de votre père&amp;quot;. &amp;quot;je pense que personne ne peut accepter la mort d'un être cher,&amp;quot; me dit-elle. &amp;quot;Si nous restons au niveau de nos images respectives, c'est vrai. Mais si nous sommes capables de descendre comme je l'ai évoqué, au fond de notre coeur, à la source indifférenciée de la vie, alors qui est séparé de qui? Il n'y a que la Totalité; la Plénitude, l'Extase de l'Unité. Je comprends combien il est difficile de nous sentir libéré; nous nous sentons injustes aux yeux de nos proches, ou de ceux, imaginaires, du disparu. Les morts nous souffleraient à l'oreille s'ils pouvaient: &amp;quot;Soyez heureux! La Vie est Joie.&amp;quot; Nous n'avons pas à nous sentir coupables de nous libérer de la sorte; car l’accès à la source foncière est payé de notre propre mort intérieure. Aussi n'y a-t-il aucun sentiment d'abandon de l'être cher, mais au contraire de communion. Nous pouvons de la sorte nous unir à lui définitivement, et à la Vie dans son ensemble d’un même mouvement, loin de la souffrance de séparation. Mais rappelons-nous que cette mort à soi-même est la mort de toute intention en nous. C'est un point capital. La source se répand sans aucune finalité. Elle est, c'est suffisant. Et si nous gardons le désir de nous unir à la Vie pour retrouver le disparu, alors point d'union possible; juste la souffrance supplémentaire de rester à la porte du temple. La mort n'a pas d'intention non plus. Elle nous emporte sans le vouloir. Elle n'est que la face cachée de la vie. Voyons combien la volonté personnelle est morbide en face de la mort. La fuite légitime est toujours possible. Mais nous resterons assujettis à la Camarde. Osons la regarder en face, jusqu'à ce qu'elle nous révèle son vrai visage: celui de la vie qui n'a pas de fin. Le décès de quelqu'un nous rend souvent moins superficiels. Nous nous mettons à prendre conscience de la richesse de la vie... Mais nous devons éviter de nous jeter à corps perdu dans le mouvement comme pour nous saouler. Si nous restons avec le fait lui-même, sans rien lui surimposer, alors nous découvrons la vraie profondeur impersonnelle. La non-intention qui se manifeste par notre abandon nous situe directement au coeur de l'Infini. &amp;quot;Je sens que quelque chose s'est débloqué&amp;quot; dit-elle en me quittant. La mort est un trésor à qui sait l'écouter...  48 LA CRISTALLISATION INTÉRIEURE.  Ce jeune homme venait de temps en temps dialoguer. Le contact direct dans une relation d’éveil induit sans effort le recentrage intérieur. A chacun ensuite la vigilance afin de demeurer dans cette paix. On ne sait jamais à l’avance le contenu de l’entretien. Il jaillit spontanément, après l’écoute de la demande. « Depuis quelques jours, la cristallisation intérieure s'intensifie. &amp;quot;Dieu met de l'ordre&amp;quot;. Tout est revu aux yeux de l'unité. Les opinions passées, les choix, les rejets; tout est passé au crible de l'unité. &amp;quot;Est-ce vraiment ça que tu veux?&amp;quot; Demande-t-on à l'ego...&amp;quot; Oui&amp;quot;, répond-il, &amp;quot;dusse-je en mourir&amp;quot;. C'est finalement l'ego lui-même qui s'efface devant le Suprême. Je ne peux plus faire quoi que ce soit sans que la motivation soit regardée par l'unité. Le processus impersonnel prend les rennes en mains. L'ego est en liberté provisoire... » « Que vais-je faire ce week-end? Quand &amp;quot;tu es Dieu&amp;quot;, que vas-tu faire? C'est étonnant de voir comment nous vivons d'habitude; ce après quoi nous courons sans que cela soit clairement conscient. Nous ne pouvons plus tricher maintenant. Tout apparaît en évidence. La verticalité qui était un fil tendu vers l'Absolu est maintenant un torrent qui balaie tout sur son passage. Je suis emporté. La vie d’antan semble s'éloigner. Les rouages egotiques sont démontés. Tout, tout, tout est démonté. Mais le mécanicien a la main sûre du Parfait. C'est un peu comme si la statue de terre était polie au point qu'elle se mette à briller. Tout ce qui était sombre devient brillant. Tout ce qui était passé devient présent. Tout ce qui était bloqué devient vibrant. Tout devient cristal parfait. Il n'y a plus que le Parfait. Je ne vois plus personne d'autre, plus rien d'autre. » L’ego n’existe pas. Ne croyez donc pas en lui. Cela peut le maintenir à vos yeux. Attention à votre langage. Les mots structurent notre perception et notre conception du monde. Votre expérience très positive appelle la chute. La cristallisation intérieure débouche sur la vision de l’inexistence de l’ego. Demandez-vous comment cet ego illusoire semble présent dans votre mental. Dans l’instant, est-il vraiment là? Sans les images du passé relative à cet individu, à ce corps-ci, peut-on encore parler d’ego? Laissez de côtés les opinions des autres qui vous ont peut-être traité d’égoïste. L’apparence n’est pas l’essence. Le consensus familial, social fait obstacle à cette vision immédiate: l’ego n’existe pas, il n’a jamais existé. Tout le contenu mental ne disparaît pas, simplement la croyance d’être « moi ». L’ego peut s’effacer devant le Suprême. Si vous ne comprenez pas comment, il renaît et vous laisse désemparé. Tant que l’évidence de l’inexistence de l’ego n’a pas transpercé votre intelligence, les retours en dualité seront probables. Comprenez bien: l’ego ne va pas mourir, s’effacer. Il n’est pas, n’a jamais été.  49 « IF YOU WANT TO BE FREE, BE FREE!... » Comme dit la chanson. Les vérités les plus fondamentales sont souvent chantées sur la place publique. « If you want to be free, be free! » Si tu veux être libre, sois libre. Libère-toi! Nul autre que toi te retient prisonnier. La liberté est notre héritage fondamental. S'il nous semble que non, c'est par oubli de nos choix antérieurs. Tout est là. Un jour nous nous sommes identifiés à ce corps physique, avec son contenu affectif et mental; avons cumulé les souvenirs de cet individu afin de lui offrir de la durée, puis, par l’attachement à quelqu'un, à quelque chose, au devenir, à l’avoir; nous avons choisi de nous emprisonner! La possession est devenue notre loi, jusqu’à noyer l’être sans trait, créant un sac de noeuds inextricable à l'intérieur, tout cela pour échapper au néant, sans voir la nature de ce néant: notre propre nature foncière... Il y a les attaches et les refus, les fuites. Eux aussi nous emprisonnent. Apparemment, nous n'avons pas choisi nos refus, nos peurs. Et pourtant, regardons bien, à toute peur correspond une attache: peur de la mort= attache à la vie, à l'intégrité physique. Il n'y a jamais de peur en soi. La peur est toujours le pendant négatif de quelque chose de positif, ou apparemment positif. Si nous lâchons nos attaches, les peurs n'auront plus de prise sur nous. Au fond, les désirs et les peurs ne visent-elles le maintient de l’ego? Ce mirage mental semble exister seulement par la continuité de sa quête personnelle, au prix d’une énergie immense. Cette jeune femme revenait après un mois. Elle avait été abandonnée par &amp;quot;l'homme de sa vie&amp;quot; quelques temps avant. Ça n'allait par très fort. &amp;quot;je suis à deux doigts de quitter mon travail. Je suis incapable d'assumer les responsabilités qui m'incombent.&amp;quot; Elle travaillait dans le social. &amp;quot;J'ai plus de problèmes que les gens que je dois aider!&amp;quot; Manifestement, elle était redevenue enfant. Dépendante d'aide et d'affection. &amp;quot;Je n'ai plus l'énergie pour gérer les problèmes de tous les jours. Tout me semble une montagne. Je ne peux plus me concentrer; bref, je suis à plat.&amp;quot; &amp;quot;Regardez ce qui se passe: vous avez choisi d'être comme une enfant perdue sur le bord de la route, vous disant &amp;quot;je vais bien trouver un papa! Je vais sûrement faire pitié. On ne laisse pas pleurer une petite fille perdue, toute seule au bord du chemin.&amp;quot; Et bien sûr que tout votre comportement doit être demande et dépendance, sinon le plan ne marche pas. Donc vous renoncez à gérer correctement votre travail; vous vous laissez couler. Prenez conscience que c'est votre choix, que c'est uniquement vous qui pouvez changer cela! Est-ce qu'une petite fille du passé doit choisir votre liberté, votre travail du présent? Ne luttez pas contre ce fait; simplement prenez note impersonnellement.&amp;quot; _ &amp;quot;Ça va prendre des années pour me libérer de mes demandes.&amp;quot; _&amp;quot;Qui vous a dit que cela prenait des années? Cela peut se faire en quelques minutes! Les émotions vous conditionnent dans la seconde; pourquoi la profondeur ne lâcherait-elle pas prise aussi vite? Laissez de côté toutes les pensées au sujet de la psychologie. Ouvrez-vous à la nouveauté, l'instantanéité. Je vous le répète: c'est vous qui tenez les barreaux de la prison intérieure, lâchez donc prise!&amp;quot;  50 PRÉSENT ABSOLU.  La paix de l'esprit que procure l'état naturel de l'unité nous donne l'impression d'être pour la première fois présent. Nous nous rendons compte que sans cette conscience de l'unité, nous pensons la Réalité, mais nous ne la vivons pas. Avec ce présent, vient la lucidité totale que jamais nous n'avons connue avant. Le contraste est saisissant. Nous sentons toutes les couches de notre esprit à l'écoute. Dans une conscience habituelle, nos couches profondes sont toujours occupées à quelques recherches de résultats.  *  51 &amp;quot;LE DEUX RETOURNE Â L'UN; NE VOUS ATTACHEZ PAS Â L'UN.&amp;quot; Shin-Jin-Mei.  L'unité, mieux nommée « non-dualité », fascine l'esprit, active notre volonté de liberté, pousse notre élan vital dans la quête de la non-dualité. Mais le Principe est non-intentionnel, non-discriminant. Devant l’unité, la joie, l’impatience de fondre en elle... bref, l’intention de la saisir trouble notre vision du Réel. Et bientôt, cet Eden non-duel, un instant pressenti, nous échappe à nouveau. L’énergie unitive manque dès que surgit la volonté personnelle. Telle est notre croix. Nous devons mourir à notre soi-disant libre-arbitre. Mais pas mourir par offrande à Dieu, mais par la compréhension jusque dans nos couches inconscientes que la volonté personnelle, fût-elle de saisir l'unité, est éloignement de l'unité. Voir l’inexistence de la personne, de l’ego, nous ouvre à l’Un, car dans ce cas également, l’intention disparaît. Si l'intention ressort de notre for intérieur, prenons garde! Le Karma, ce n'est rien d'autre que cela: j'ai compris et pourtant, en moi, des désirs sans rapport avec l'union au Principe viennent restreindre l’ouverture du coeur. Le corps demande, et l’ego s’empare de ce désir naturel pour exister durablement. Le désir, en lui-même, est impersonnel. Mais la façon dont l’individu saisit cette occasion pour en faire un light-motiv, un pilier de son être, témoigne d’un processus courant de la mentalité egotique. A nous de nous libérer de la dualité et de la souffrance. Nous devrons lutter longtemps contre nos habitudes décennaires de fuir et de désirer pour avoir l'impression de vivre. L'arrêt de la dualité est vécu par certaines strates de notre esprit comme leur propre mort. Les strates du désir et de la peur vivent grâce à la dualité. L'effort de vigilance, cet effort à nul autre pareil, fruit de notre compréhension, débouchera sur le non-effort de la vision entière et spontanée de ce-qui-est. La Voie n'est pas difficile, en revanche, tout le reste est complexe. Mais nous sommes tellement imbibés de complexes que nous ne les voyons plus quand nous sommes en plein dedans. C'est l'unique problème. Tous les soirs, avant de nous endormir, demandons-nous: « qu'est-ce que je voudrais bien avoir, être? » Si le silence est la seule réponse, nous sommes mûrs pour embrasser le Principe ... Nous devons être alors en état de mort relative au monde quand nous nous endormons. En revanche, si nous avons le moindre projet qui nous tient à coeur, s'en est fait de l'unité, du Tao. Notre mental est petit. Parfois très bien fait, mais petit quand même. Il ne peut à la fois nous centrer dans le Principe en ayant compris ses limites, et donc en restant inactif dans la perspective essentielle évidemment, et nous permettre de courir les lièvres de la vie relative. Nous devons choisir entre la Non-dualité, et le monde des contrastes et de la souffrance. Notre énergie va nous permettre cette mutation mentale vers la liberté quand nous sentirons que la non-dualité est l'aventure de notre vie. Si nous portons un attrait pour la libération spirituelle, mais qu'elle ne nous semble pas essentielle, jamais nous n'atteindrons autre chose qu'une conception philosophique de la Réalité, certes inspirante pour l'intellect, mais inapte à produire la métanoïa libératrice. Nous ne devons par craindre la révolution de l'esprit. Elle ne va pas faire de nous quelques prêcheurs en haillons, mendiant la pièce dans la rue en criant la bonne parole... La révolution sera avant tout intérieure. Notre conduite sociale pourra se perpétuer telle quelle. Il se peut aussi que nous abandonnions la vie que nous menons. Cette révolution est l'institution de l'ordre naturel. Tout se fera au mieux de nos possibilités, et des besoins de l'environnement.  52 LE MAHABARATHA.  Le MAHABARATHA. En son coeur: le dialogue entre Krishna et Ardjuna: &amp;quot;Quand tu verras également du sable et de l'or, un mendiant et un maharaja, un sage et un porc, un chien et l'homme qui mange le chien (!), alors tu connaîtras l'UN.&amp;quot; Voici qui nous rappelle: &amp;quot;Quand l'esprit n'est pas soumis à la différenciation, il reste serein dans l'unité des choses.&amp;quot; Shin-Jin-Mei. Krishna ajoure: &amp;quot;Ne t'attache pas aux résultats de tes actions, mais seulement à l'action elle-même. On ne pourra pas tuer la vie qui est en toi; mais si ton corps meurt, ton esprit débarrassé des illusions contemplera l'Infini. Une fois établi dans l'Unité, retourne dans l'action; Moi-même, dit Krishna, Je continue d'agir sans fin. La victoire compte autant que la défaite. Regarde-les du même oeil.&amp;quot; Nous retrouvons les thèmes majeurs de la Non-dualité. La sagesse millénaire de l'Inde témoigne...  53 RETROUVER SON AME D'ENFANT.  Quand nous retrouvons un espace intérieur libre, nous redécouvrons notre âme d'enfant. L'enfant n'est pas encore conditionné par le monde des pensées, de l'interprétation, de la comparaison. Son espace intérieur est vierge, sans limite. C'est l'enfant de l'infini. Il vit le sans-limite comme un état naturel. Petit à petit, l'espace s'encombre. L'enfant n'y prend pas garde, puisque ce sont des adultes qui lui proposent ou lui imposent des &amp;quot;meubles intérieurs&amp;quot;, soi-disant indispensables pour vivre dans le monde! Un jour l'ex-enfant se réveille adulte, il a même oublié cet espace vierge; il gardera pourtant une certaine nostalgie de la conscience lumineuse de l'enfance, celle-là même qui n'était pas embarrassée... Mais il a oublié que cette lumière intérieure est celle du vide. Nous sommes tous les enfants de l'infini. Pourquoi avons-nous renié à ce point cette liberté intérieure au profit... d'aucun profit!!! Rien ne nous empêcherait de vivre notre société de consommation dans la liberté intérieure. Le capitalisme n'a pas à craindre la liberté intérieure de l'homme. Est-ce uniquement l'habitude, la mauvaise éducation culturelle, un penchant biologique, la pression sociale, que sais-je encore, qui nous détourne de l'intériorité? La rutilance de l'environnement nous projetterait-elle au dehors? Nul besoin, c’est heureux, ne s’impose de retrouver les causes pour apporter le remède en cette matière. Encore faut-il apporter le remède! Laissons les enfants dans le non-conditionnement; remplissons doucement leur cerveaux pour que le vide intelligent ne disparaisse pas dans les meubles. Respectons l'espace intérieur; notre richesse humaine réside là. La crise d'adolescence est sans doute une dernière réaction pour chasser l'encombrement; un dernier sursaut avant l’essoufflement. L'adulte reconnaît parfois dans les événements de la vie, dans des films ou des livres ce parfum inimitable de la liberté primale... Encore quelques regrets et la vie suit son cours . Secouons-nous, tant qu'il est encore temps, que nous ne sommes pas tout-à-fait endormis dans les meubles voilant l'espace illimité de notre monde intérieur. Réveillons-nous! Je revoyais cette jeune femme après quelques mois... Elle m'apprit vouloir tout plaquer à la suite de la découverte de ce champ de liberté intérieure. Ses enfants, son travail, son mari, sa maison... Elle ne supportait plus la moindre contrainte; Dieu sait si la vie d'une mère de famille avec les enfants en bas âge, le travail, l’absence de loisir, est contraignante! Elle me dit spontanément « faire sa crise d'adolescence! » Elle se voyait partir en Indes comme tant de jeunes dans les années soixante. C'est très dur, me dit-elle de résister à cet appel de liberté. Mais elle était toujours là, avec sa petite famille, son mari et ses amis qui ne comprenaient pas du tout comment une femme comblée matériellement, avec de beaux enfants, pouvait rêver d'autre chose. Elle partait se promener dans la nature toute seule. Elle retrouvait ses impressions d'enfant, quand elle s'allongeait par terre pour communier avec les plantes, les arbres, les odeurs, les fleurs, les papillons... Le bonheur. Devenir &amp;quot;une grande personne&amp;quot; rime encore trop avec &amp;quot;carcan&amp;quot;. Notre société atteindra l'âge d'or quand elle saura produire des adultes avec un coeur d'enfant, une ouverture intérieure, une sensibilité corollaire de cette espace libre; bref une compassion, une intelligence du coeur qui a peu cours de nos jours. L'enfant est le secret d'une telle société. Les adultes font avec peine le pas vers la liberté intérieure, leur sensibilité est trop émoussée, ce n'est souvent qu'une sensiblerie. Les plus aptes à faire appliquer des changements dans l'éducation, dans les habitudes, sont trop pris dans l'action pour faire eux-mêmes la démarche de retrait nécessaire à la prise de conscience intérieure. Les retraités ont le temps, mais leurs habitudes mentales et affectives ne seront-elles pas trop lourdes à soulever? Tout n'est pas perdu. La liberté amène elle-même à repousser les conditionnements pour peu que l'environnement ne soit pas trop répressif, encore que certains seront plus stimulés dans la répression que dans une liberté de pensée et d'expression. Et plus que cela, l'homme libre est heureux. Cela gage d'une future émergence du non-conditionné, de la liberté intérieure retrouvée. &amp;quot;Ne restez pas à ce niveau de la réaction&amp;quot;, lui dis-je, &amp;quot;vous avez parfaitement observé ce qui se passe en vous. C'est le cheminement normal. Cette redécouverte de la liberté de l'enfant peut réveiller quelques passions vigoureuses. Mais ce n'est pas l'adolescente du passé qui doit gouverner votre vie actuelle. Vous devez laisser passer cette pression passionnelle tout en la regardant sereinement. C'est un déblocage de votre énergie.&amp;quot; Elle dit: &amp;quot;Mais je ressens toutes les passions refoulées qui remontent: j'ai envie de faire de la danse, de la peinture.&amp;quot; &amp;quot;Vous redevenez créative, c'est très positif et naturel, mais l'expression ne doit pas être pulsionnelle. Quand vous aurez laissé monter tous ces déblocages d'énergie, vous sentirez une nouvelle inspiration calme et profonde, expression de votre nature intime, et non pas des couches réprimées qui n'ont pas pu être entendues dans le passé.&amp;quot; &amp;quot;C'est pour moi une véritable révolution; une découverte sans égal; je suis sûre maintenant que je resterai sur cette voie.&amp;quot; Conclut-elle. La Voie a le goût de la vérité. Nous reconnaissons tous notre nature profonde sans limite dès qu’elle nous saisit. Cette nature nôtre parle d'elle même au coeur; nous inspire l'action juste, accomplie sans effort et sans but, et reconnue comme la plus adéquate. Cette action spontanée inspirée par l'espace intérieur libéré nous remplit de joie.  54 UNE VISION D'ENSEMBLE DES ACTIVITÉS HUMAINES. La vision de l'unité du monde s'établit au départ par la prise de conscience du mouvement de l'énergie cosmique universelle. Le niveau de perception de cette énergie dans chaque être humain se situe en-deçà de son mental, dans la sphère instinctive. Les animaux vivent l'unité mais ne peuvent pas en avoir conscience, sans le miroir très humain « j'ai conscience que je pense ». Quand l'homme observe et ne recouvre pas ce miroir par des pensées, il peut jouir de la perception d’une énergie vitale unique chez les êtres vivants comme dans toute la nature. Cela donne le sentiment d'un corps immense fait de cellules disparates, comme des globules sanguins, circulants dans le même espace sans se toucher; mais participant d’un même corps, d’une même conscience englobant tout. Notre perception habituelle, focalisée sur l'intellect discriminant, ignore le plus souvent cette vision globale. Au contraire, elle accentue les distinctions entre les choses, entre les gens, et nous donne le sentiment de séparation nommé ego. L'ego est cet agent intégrateur de tous les mécanismes de comparaison, de discrimination, de projection, d'analyse, de choix, facultés indispensables de l'intelligence, oui, mais qui, se projetant dans le temps, fait croire à sa durée au point de priver l'individu de la vision naturelle du non-différencié, du foncier, de son unité en lui-même et unité avec le monde, laquelle s’épanouit hors du temps. Or, que ce passe-t-il maintenant dans le monde ? L'ego est devenu le roi. Les pays sont l'incarnation de cet ego-roi. Ils réagissent avec la même négation de l'harmonie universelle que le ferait un individu isolé. La guerre, la domination, la violence sont douces dans le monde animal à côté de ce que l'homme peut faire. Les lois de la nature, telle la dominance, par exemple, comme on le voit dans la lutte de deux mâles éléphants-de-mer pour gouverner le troupeau et féconder toutes les femelles, dont on sait les avantages génétiques, prennent chez l'homme une intensité et une cruauté exceptionnelle dans la nature . Quand l'un des mâles s'est déclaré vaincu, l'autre ne le terrasse plus; l'homme, pour sa part, n'hésitera pas à tuer le vaincu. Constatons tout de même que les barbares humains sont peu nombreux, mais malheureusement suivis par beaucoup d’autres, par peur, convention, bêtise... Le monde a pris cette tournure folle par la domination du principe ego. Et comme au niveau individuel, la vision impersonnelle amène à rejeter l'ego, source de la souffrance, de même, au niveau mondial, faudra-t-il se rendre compte de la perversion engendrée par ce même principe directeur. Cela dit, les lois de réaction levées par l'ego en action produiront tôt ou tard l'annihilation de ce même ego. Ainsi fonctionne l'ensemble, l'unité restera la loi première. On peut dire que la démocratie représente un pas décisif vers la liberté des peuples, par rapport à une dictature. Mais l'avenir de l'humanité sera de retrouver le sens de l'énergie foncière qui la porte depuis toujours et qui lui inspirera l'ordre général et pacifique propice à l'épanouissement de tous et de chacun. La clé doit se comprendre d'abord au niveau individuel, et ensuite de la société. Il n'y aura donc pas de frustration de l'individu en face de la société; car l'individu lui-même construira l'édifice social, non pas une fois, mais seconde après seconde; et restera le maillon inspirateur éternel. Rien, en effet ne sera écrit de cette loi-là. La Loi restera vivante par ce jaillissement constant en chaque individu. Jean-Jacques Rousseau n'a sans doute pas rêvé d'autre chose; mais il fallait l'accès à cette perception directe de l'énergie cosmique, de l'ordre de la Nature, pour que l'homme soit effectivement bon. (ANGERS, LE 17/12/89)  55 PRINCEPS DE LA VOIE DU MILIEU.  La Voie du Milieu nous permet de retrouver l'état d'indifférenciation de la conscience foncière. La moindre singularité fait disparaître cette conscience. Nous ne pouvons pas saisir l'Indifférencié. Nous ne pouvons que renoncer à faire des distinctions. Notre vigilance doit s'appliquer à rechercher en nous toute singularité pour l'abandonner. Même ce qui nous semble juste, vrai, doit être laissé avec leurs opposés. Quant à l’ego, il semble exister par une confusion des perceptions, une interprétation fausse de l’existence d’un être, d’un acteur chapeautant les couches de l’esprit. En fait, ce n’est qu’un agglomérat de souvenirs épars relatifs au corps, qu’une anticipation du futur, du résultat. Une vision juste constate son inexistence, et la disparition des conflits liés à sa présidence illusoire. L’ego est une conclusion hâtive de l’intellect. C'est pourquoi, nous devons dépasser: -le langage et la pensée, l'analyse et la comparaison. -le temps également, le passé, le futur doivent disparaître pour que le présent devienne atemporalité. -l'espace ; la dualité intérieur/extérieur. L'espace corporel intérieur est alors illimité; nous ne repoussons pas les perceptions sensorielles, nous ne recherchons pas le vide; nous ne nous tournons pas non plus vers le sujet, ce qui est vain, l'oeil ne se voit pas lui-même; nous sommes en équilibre entre l'extérieur et l'intérieur qui sont alors imperceptibles. Extérieurement, nous abolissons les limites, les barrières qui nous protègent; nous dépassons même l'être et le non-être du monde. -La dualité sujet objet. Aussi illusoire que l’existence de l’ego, lequel s’appuie effectivement sur celle-ci en faisant croire à un sujet absolu et personnel. Le sujet et l’objet sont également inexistants, encore une interprétation dualiste de l’unique « mouvement de voir, d’écouter... » sans personne à l’écoute ni objet perçu. -Enfin, nous ne distinguons plus l'essence universelle, le non-manifesté, telle une divinité transcendantale, un plan divin, du monde manifesté. Tout cela constitue un seul et même champ absolu. Alors s’installe la liberté totale et inconditionnée de notre esprit. Il n'y a plus aucune règle à observer. Tout se fait sans notre intervention volontaire; sans effort. Nous sommes toujours dépendant des lois universelles, mais nous les vivons avec un sentiment de participer à un jeu divin. C'EST LA VIE QUI AGIT EN NOUS. Nous avons un sentiment d'égalité envers tout ce qui peut se produire, événements, rencontres, vivant sereinement l'impermanence des choses et des êtres, avec une impression d'invulnérabilité, non pas par protection, mais simplement parce que nous ne sommes plus rien; qu'y aurait-il alors à détruire? Le sens du Réel est donc particulier: Impression de non-être alors que nous sommes manifestement plongés dans l'être. En fait, ni être ni non-être; cette distinction-là est tombée aussi. Le passé ne pèse plus. Nous avons une sensation de densification de notre énergie interne, accompagnée de transparence. Un sentiment de liberté, de compassion, d'infinitude... TELLE EST LA VOIE DU MILIEU.  56. LA FORCE VIENT DE L'INDIFFÉRENCIÉ.  Notre ouverture à l'indéfini donne le sentiment de la liberté. Effectivement, seul l'indifférencié fait éclater les limites dont nous jalonnons notre route. L'idée même de liberté est une prison pour la conscience qui est réellement libre. L'abandon de toutes les références de la pensée laisse le champ vierge et fécond. La peur de l'inconnu peut nous faire reculer devant tant de liberté. C'est là que nous voyons combien nous aimons les limites établies. Mais ces limites emprisonnent bien plus qu'elles ne sécurisent. Plus encore, nous regardons notre état conditionné comme un puzzle fini qui nous prive de l'air du large. On nous a trop répété la connaissance du monde, des autres et de nous-mêmes, ce qui est un comble! Et cette connaissance a obturé notre intelligence. L'intelligence, c'est « lire entre ». Entre quoi? Lire entre les pensées, entre les bribes du puzzle qui finissent de nous donner une fausse vision de continuité. Lire les pensées n'a jamais été une marque de l'intelligence; mais lire entr'elles, voilà le véritable challenge. Lire l'espace de liberté entre les choses conditionnées. Nous ne pouvons pas respirer de l'eau. De même, nous ne sommes pas fait pour respirer mentalement la connaissance, mais uniquement l'espace non-conditionné qui donne la vie. La fraîcheur de l'enfance vient essentiellement de cette non-oblitération des espaces de liberté entre les mots, la pensée, les perceptions. Avec le temps, nous voyons le champ se couvrir jusqu'à masquer toutes les fentes entre les objets connus. Cela est insensible. Nous n'avons pas de méfiance devant ce remplissage sournois. Et un jour, nous nous réveillons avec l'impression de tout savoir; le champ est totalement connu. Mais le champ est totalement mort! Car la vie est liberté et vide, ouverture; la mort est au contraire remplissage statique, encombrement de la conscience, insensibilité. Retournons à cette liberté foncière, notre héritage toujours présent et le plus souvent recouvert. Nous avons besoin de cet espace intérieur régénéré pour être heureux.  57 VANITAS VANITATIS.  Vanité des vanités, tout est vanité et poursuite du vent.(Ecclésiaste). Tout est éphémère. Pourquoi s'attacher alors à ce qui ne dure pas? Celui qui ne s'attache pas à l'éphémère connaît bientôt l'indifférencié. Celui qui connaît l'indifférencié connaît l'Unité. Celui qui connaît l'Unité est un sage. Tout ce qui est né doit mourir. Ainsi va la vie. Nous pouvons jouir de la vie qui passe, mais pas nous attacher. Nous pouvons profiter de l'instant, mais nous incliner quand il passe. Celui qui vit l'Unité, ne connaît plus l'éphémère. Les objets ne sont plus différenciés, c'est pourquoi leur apparition ou leur disparition ne laisse aucune trace, telles les vagues dans l’océan. Bienheureuse impermanence.  58 L'ETRE EST IMMOBILE.  L'Etre se révèle dans l'innocence la plus totale. Sans intention, Il donne corps et embrasse l'univers qui s'étend sans but aux confins de l'infini. L'ETRE EST IMMOBILE! Ou mieux: L'ETRE N'A PAS DE MOBILE. Nous le voyons écrit et pourtant nous allons faire une effort pour le chercher. Cela fait trop longtemps que nous cherchons des choses relatives. Quand nous nous tournons vers l'Etre, nous usons des mêmes outils rustres que pour attraper un zèbre! NOUS DEVONS ETRE SEMBLABLES AU PRINCIPE: IMMOBILES. Alors, seulement, nous serons...rien: Non-être... On est moins tenté de rajouter quelque chose. Nous ne devons pas faire un effort pour être immobiles. Nous devons comprendre le Principe Immobile. Alors, sans effort, abandonnés, nous sommes saisis par l'Insaisissable. Mieux encore, nous constatons que l’être ne nous a jamais dessaisis depuis l’aube des temps...  59 LA RELIGIEUSE  Cet après-midi, en consultation, une religieuse. D'apparence laïque, elle est enseignante. Elle me dit qu'en ce moment, elle a du mal à vivre. Elle vit dans l'attente d'une inspection qui ne vient pas. Nous en venons à parler de la Présence Intérieure. Elle connaît bien cette expérience. Mais elle n'a pas connaissance des clés de ce vécu. Si l'Énergie la quitte, elle ne sait plus quoi faire pour la retrouver. Alors elle attend. Sa patience la sauve. Q_&amp;quot;J’ai envie de dire, je sens bien que l'anxiété est superficielle, et que l'expérience de Dieu est toujours au fond; mais je ne la sens plus en surface, et j'en suis malheureuse. Je ne peux plus donner aux enfants ce que je donne d'habitude: la découverte de leurs potentialités. Je ne peux pas être moi-même.&amp;quot; R_&amp;quot;Regardez cette tension sans fuir. Au contraire, prenez-la à bras-le-corps. Vous découvrirez sa source et vous pourrez rétablir l'équilibre intérieur. Vivre dans une attente hypothétique comme vous le faites est une dépense d'énergie inutile. Adhérez à votre peur en face d’un événement imprévisible, en une seconde, vous pourrez retrouver la sérénité. Mais ABANDONNEZ-VOUS, pas au futur, mais uniquement au présent! Savez-vous le futur? L’humilité seule nous permet d’accueillir cette incertitude; laquelle n’est-elle pas au fond une bénédiction, un gage de liberté?&amp;quot; Q_&amp;quot;Vous avez raison, je ne m'abandonne pas.&amp;quot;(silence) R_&amp;quot;Peut-être avez-vous besoin de vous abandonner à quelqu'un, plutôt qu'à l'Impersonnel?&amp;quot; Q_&amp;quot;Jusqu'à présent, c'est ce que j'ai vécu. Mais la vision impersonnelle que vous m'avez décrite vibre en moi d'une promesse de liberté plus grande...&amp;quot; R_&amp;quot;Une relation personnelle nous ramène trop souvent à nous-mêmes; un nous-mêmes serviteur, peut-être, mais un personnage encombrant le ciel limpide du Sans-limite. Tant que nous sommes là, soyons serviteur de l'Impersonnel, mais tôt ou tard, il nous faut dépasser toute relation pour rentrer dans l'Illimité.&amp;quot;  60 L’UNITE OU LE DIABLE...  Le sentiment de l'unité ne vient pas de la superficie de l'esprit; mais de sa profondeur. Tant que nous restons attachés à la surface, nous ne pouvons vraiment ressentir la globalité du monde. Mais si nous acceptons de nous ouvrir à la source de notre être, alors, le trésor, la perle cachée se révèle à nos yeux ébahis. Ce n'est pas notre conscience qui peut embrasser le cosmos, mais bien notre inconscient qui par nature, contient déjà l'infini des possibles. Nous ouvrir à ce trésor inestimable de notre coeur et de notre âme, c'est accepter de disparaître en face de ce qui n'a pas de frontière, du sans limite, de l'infini. Sans quoi, notre petit moi se maintient et nous prive de l'air des cimes Himalayennes.  61. HEUREUX DANS LA S0UFFRANCE...  A la seconde où nous collons au réel, nous sommes heureux. Quel que soit ce réel. Habituellement, nous collons à la réalité quand elle nous plaît. C'est une découverte fantastique de voir la joie apparaître uniquement parce que nous adhérons à ce-qui-est. Simplement, prenons conscience qu'il nous faut adhérer à la réalité même si elle nous déplaît. Pourquoi nous priver de ce bonheur non dépendant, ou disons dépendant de notre capacité à dire oui à ce-qui-est? Ce mouvement unique est vraiment divin. C'est le signe que nous ne sommes pas sur terre pour souffrir, puisque nous pouvons être heureux même dans la souffrance. Cette adhésion à ce-qui-est vient quand nous voyons combien il est vain de repousser ce-qui-est. C'est déjà là, alors à quoi rime le refus? Ceci ne nous empêche pas de changer les choses, autant qu'elles puissent l'être; mais avant tout, nous en sommes libres immédiatement. C'est quasiment miraculeux. Physiquement, nous ressentons une intégration de l'énergie qui devient comme compacte. Alors que quelques secondes avant, nous nous sentions vides. La vision de tout ce qui nous déplaît, et qui est plus ou moins conscient, était ravivée; la lumière de la vigilance nous faisait prendre conscience de ce poids que nous supportions par manque d'observation. Dès que nous voyons cela, nous mettons de l'ordre pour une meilleure utilisation de l'énergie. En un instant nous sommes centrés, libérés des contingences d’événement.  62. QUI EST CELUI QUI VOIT?  Bassui, maître japonais zen, du millénaire précédent résumait la Voie à ceci: &amp;quot;QUI EST CELUI QUI VOIT?&amp;quot; Pour lui, quiconque se posait cette question avec l'intensité nécessaire voyait bientôt son visage originel. C'est-à-dire qu'au delà de la conscience fonctionnelle, avec la disparition de l'objet et du pseudo-sujet, l’ego, se révèle LA PRÉSENCE.  63 . LA MORT.  La mort m'a rattrapé. Sa face de néant a broyé mes dernières illusions. Le gouffre; le trou noir. Je la sens physiquement; comme un souffle qui part du ventre et remonte jusqu'à mes lèvres. Ma bouche, telle l'entonnoir de ce trou noir, pousse un cri de silence. Je n'ai plus d'yeux pour pleurer, plus de mains crispées sur la vie qui s'en va... La glorieuse unité du monde, jeu de la conscience-énergie se laisse entraîner inexorablement dans le gouffre néantiel. Je meurs.  64. L'IMPOSSIBLE &amp;quot;JE&amp;quot;.  La vie est devenue impossible pour ce &amp;quot;moi&amp;quot;. IMPOSSIBLE! Je n'en peux plus, ce monde est absurde pour le &amp;quot;moi&amp;quot;; écartelé entre le désir et la peur. La vie n'a un sens que pour le cosmique. Le &amp;quot;je&amp;quot; sera toujours dans la fournaise. Et voici qu'il éclate en lambeaux, se morcelle. La vision cosmique apparaît comme la seule possibilité viable. PLUS DE &amp;quot;JE&amp;quot;, PLUS DE &amp;quot;JE&amp;quot;, PLUS DE &amp;quot;JE&amp;quot;! Le « je » n’a jamais existé. Il est un mirage dans le désert du pur esprit. La mort efface toutes les limites, ouvre la dernière porte. Ainsi soit-il!  65 LE VIDE.  L'esprit est prompt à se remplir. C'est une éponge. Et pourtant, qu'il est doux de se sentir vide. Tel un réceptacle limpide, un canal pur, l'esprit vidé peut alors se laisser traverser par le nectar divin, lequel nectar n'est pas sauvage; mais s’offre à nous tout le temps. Mais jamais nous ne lui laissons l'opportunité de se manifester. Nous avons trop peur d'affronter le vide intérieur, affronter la mort, la mort de l'ego. Dans le vide, l'ego ne peut pas rester le maître. L'uniformité est la fin de l'ego. Sans choix à faire, le dictateur ne peut pas s'imposer. Le flou de l'indifférencié désarçonne le moi. La dépression le guette. S'il est capable un jour d'affronter ce vide, il pourra découvrir le trésor caché au fond de lui, c’est-à-dire constater son absence...  66. LE COURANT DE LA VIE.  Je revoyais après de longs mois ce directeur de banque. Il avait apparemment tout pour plaire aux autres et à lui-même. Grand, élégant, les yeux azurs, les cheveux argentés, on aurait pu le placer au sommet sans qu'il dépare. Cet homme était pourtant venu me trouver parce qu'il avait peur. Non pas de quelques traquenards politiciens, mais simplement de l'avancement que ses hautes fonctions allaient impliquer prochainement. Il doutait de ses capacités. Une terreur d'enfant lui serrait les tripes à l'idée de monter à Paris où ses nouvelles fonctions allaient l'appeler. Pourtant, après trente ans d'activité professionnelle, il aurait pu comme tant d’autres savourer l'avancement qui couronnerait sa carrière. Pour lui, c'était l'horreur. Ses grandes capacités intellectuelles lui décrivaient par le menu le pourquoi du comment de son état sans que celui-ci semble s'améliorer. Toute sa vie montrait une incapacité à lutter. Jusqu'à présent, il s'était laissé porter par les événements. Et maintenant qu'il aurait à prendre des décisions importantes, il se sentait démuni. Ce n'était qu'un manque de confiance en lui-même, car il avait à l'évidence les facultés requises. Son enfance avait dû influencer cette inhibition, ce manque de combativité. Des parents très rigides. Il finissait de décrire froidement sa situation, puis ajouta: _&amp;quot;j'ai cru comprendre cet état de liberté que vous m'avez décris naguère, pourtant aujourd'hui je suis sans force devant le constat de ma faiblesse. Je suis écartelé par le choix qui s'offre à moi. Partir pour cette promotion qui m'effraie, ou rester ici, si j'ai le choix, pour être mis un jour au rebut.&amp;quot; _Avez-vous essayer de vous laisser porter par le courant de la vie? _&amp;quot;J'imagine que si j'étais un je-m'en-foutiste cela serait facile comme décision à prendre, car au fond, qu’est-ce que je risque?&amp;quot; _Je ne vous propose pas de faire fi de tout. La différence entre le laisser aller et suivre le courant de la vie est subtil à distinguer. C'est un point important à éclaircir pour ça. La vie soutient des milliards d'individus dans les différents règnes depuis des milliards d'années avec succès. Nos cellules fonctionnent en harmonie sans que nous y soyons pour quelque chose, et cela se fait très bien. Pourquoi ne pas confier notre vie personnelle à cette force qui fait tourner la Terre? _&amp;quot;Mais comment percevoir cette force?&amp;quot; _Quand on renonce à faire des catégories, des séparations artificielles dans notre perception du monde, le mouvement général apparaît et il n'y a plus qu'à le suivre. Dans cet état de conscience, il n'y a pas de choix. Nos perceptions sont tellement aiguës que le bon choix s'impose de lui-même. Dans votre cas, il faut voir ce-qui-est. Toutes les implications du passé, par exemple devront être vues dans la décision à prendre. Devez-vous réagir en fonction d'un passé révolu? Vos capacités actuelles sont une référence plus sûre. La décision que vous prendrez seul sera la résultante de toute votre intériorité déployée. Alors, vous ne pourrez jamais regretter quoi que ce soit. _&amp;quot;Je comprends ce que vous me dites. Mais je ne perçois toujours pas ce mouvement dont vous parlez. Il ne me reste plus que quelques jours avant de donner une réponse. Cela sera-t-il suffisant pour découvrir ce dont vous parlez?&amp;quot; _Voyez la vérité que vous êtes entièrement démuni. Laissez ce vide vous gagner. Un abandon. Si vous vous abandonnez sans arrière pensée, innocemment, alors ce mouvement atemporel vous envahira; la question disparaîtra, la solution naîtra simplement dans le champ de conscience. Mais qu'il est difficile de s'abandonner quand sa propre vie, celle de ses enfants et de son épouse est en cause!... _&amp;quot;Vous appuyez cruellement le fait!&amp;quot; _Constatez avec moi cette difficulté presque insurmontable et ne faites aucun mouvement pour fuir ce fait. Que ce passe-t-il? _&amp;quot;J'ai envie de pleurer.&amp;quot; _Laissez-vous aller; c'est le début de l'abandon. Vous sentirez bientôt le roc foncier vous soutenir, dans votre vie et dans votre choix. N'ayez pas l'impression de sombrer dans la dépression. Soyez confiant en la Nature des choses.  67 POEME J'ouvre mes ailes blanches tant recroquevillées  Depuis l'aube des temps que j'ai peur de voler  Mais j'ai bu si longtemps le Duel et la ciguë  Qu'enfin libre l'esprit s'enfuit vers l'Absolu.  Derrière moi sont restés les tout derniers attraits  Que l'ego aveuglé et jouisseur recherchait  Aujourd'hui, j'y repense alors que le jour point  Et ce n'est plus pour moi qu'un cauchemar lointain.  Le coeur est éclaté, embrassant l'Infini;  L'univers doucement s'étend et se replie.  Ma voix emplit le Tout, soutenant les étoiles,  Et noyant ta conscience, c'est Dieu qu'elle te dévoile.  Petit homme, viens à Moi, et tu seras ravi !  Mes bras n'ont point cessé de d'étreindre, même si  Dans la nuit de tristesse tu m'avais oublié;  C'est l'aurore, mon enfant, il faut te réveiller.  68 HYGIèNE DE VIE ET SPIRITUALITÉ  Quand nous sommes saisis par le pouvoir impersonnel; nous éloignons naturellement les aliments et substances nocives soit à notre conscience, soit à notre santé. Fumer est nocif à la santé. Les excitants de toute sorte, les drogues psychotropes, ces drogues d’action puissante sur le système nerveux central, les tranquillisants sont directement nocifs à la conscience de l'éveil. Cette conscience nécessite en effet que le cerveau soit libre de percevoir et d'agir dans tel ou tel sens. Les psychotropes modifient notre conscience, nos perceptions, nos pensées, notre comportement et sont donc à éviter impérativement quand on chemine sur la Voie. Cela dit, j’ai connu des maîtres authentiques qui buvaient à l’occasion de nombreux verres de saké! Toutes les voies spirituelles se proposent de vous donner des conseils hygiéno-diététiques qui finissent par alourdir très sérieusement la vie de tous les jours. La recherche de liberté est en fait compatible avec une totale absence de contrainte; quoi de plus logique? Nous devons simplement remettre en question les habitudes que notre corps a pris, et laisser celles qui sont en accord avec notre coeur vigilant. Notre corps choisit instinctivement ce qui lui convient. Le sport, par exemple, sera pratiqué avec modération. L'esprit de compétition est dans la nature et ne s’oppose pas à la conscience de l'Unité. La quête d’un résultat, en revanche, c’est-à-dire la victoire ou la défaite, est une pure invention de l’ego. Nous voyons là les limites franchies par la mentalité sportive aujourd’hui. La compétition sportive peut exister sans esprit de but, cela semble incroyable, non? La compétition crée souvent une émulation propice au développement, dans tous les domaines de l’activité humaine. Dans la nature, les différentes espèces sont en compétition pour survivre, et la sélection existe bien. Mais les différentes formes de vie se combattent sans désir de victoire et sans peur de défaite. L’extinction d’une espèce laisse le champ à une espèce plus adaptée, plus efficace. Nous devons faire confiance à notre instinct, à notre sensibilité dès que nous devenons conscients que l'énergie impersonnelle guide nos pas. C'est Dieu en nous qui agit.  69. L 'ARBRE DE L'INDIFFÉRENCIATION.  L'image de l'arbre représente bien ce que nous pouvons percevoir de la réalité extérieure et intérieure. Tout au fond, il y a le tronc, unique, stable, puissant, inébranlable; ce tronc se ramifie en grosses branches primaires. Elles sont les premiers principes de la différenciation. Nous voyons ainsi la Conscience Primitive, se décoller de l’énergie indifférenciée et apparaître avec l'espace et le temps; le dedans et le dehors. Après ces branches souches, nous trouvons les grosses branches qui correspondent à des courants intérieurs plus différenciés: attraction, répulsion, produisant eux-mêmes les divers sentiments... Puis, ces branches se divisent encore, donnent des brindilles qui portent elles-mêmes le feuillage. Ce feuillage est mobile comme la pensée; un rien le fait bouger. Le plus souvent nous restons conscients uniquement du feuillage de la pensée et des brindilles de l'affectif. Nous ne saisissons que les courants les plus différenciés. Nous ne sommes pas familiers avec notre intériorité. En effet, celle-ci est surtout indifférenciée. Ce qui ne l'empêche pas de projeter dans le conscient des objets mentaux très particuliers, distincts. Le &amp;quot;moi&amp;quot; sépare tout ce qui est ce corps de ce qui ne l'est pas, et se projette sur l'environnement: c'est &amp;quot;à moi!&amp;quot; Ce &amp;quot;moi&amp;quot; est tramé du feuillage, et des plus fines brindilles, mais pas des branches souches, ni même du tronc. C'est une sorte de gui, un parasite. Quand nous nous tournons vers l'intérieur, il est important de prendre conscience de ce flou normal que nous rencontrons. Nous devons considérer que nous ne sommes pas flous, mais que nous voyons du flou. Cette différence d'approche est essentielle à la compréhension de nous-mêmes. Même si à un niveau plus profond nous ne nous distinguons plus guère de ce qui est vu. Nous pourrons nous sentir vigilants même dans le non-différencié. Souvent, nous avons besoin de calme intérieur. C'est normal. Si nous nous considérons uniquement sous un aspect différencié, nous disparaissons dès que nous tombons hors de la pensée. C'est un comble! Nous devons voir qu'au contraire nous ne sommes ni le différencié, ni le flou d'ailleurs: nous ne sommes rien! Nous sommes insaisissables, inexistants, en dehors du champ manifesté; c'est pourquoi nous sommes foncièrement libres. Alors nous restons présents quels que soient les états de conscience, de la vigilance à la rêverie, de la pensée analytique à la perception du foncier indéfini, du rêve au sommeil, nous sommes. Juste ETRE. La porte est l'ouverture à l'Indifférencié. Nous laissons de côté notre image, l'image des autres, du monde; tout se fond dans l'UNITÉ. Cette vision de l'arborescence du Foncier nous permet de comprendre nos couches dites subconscientes et inconscientes. Les principes qui gouvernent le mouvement intérieures de ces couches sont plus ou moins différenciés. Ce dont nous avons conscience en surface n'est que la superposition de ces divers principes qui recouvrent la lumière du Soi. Voici une image qui illustre bien ces rapports: la lumière du Soi est au fond du lac. Elle projette à la surface du lac tous les objets et poissons qui nagent dans l'eau. L'observateur est à l'extérieur du lac, il ne voit que ce qui paraît en surface. Ainsi, tous les principes que nous voyons sur le lac sont la somme de plusieurs vecteurs conjugués. Quand nous plongeons dans le lac, en renonçant à la distinction, nous découvrons les superpositions successives qui engendrent le conscient. Voir cela nous fait identifier le pourquoi du fonctionnement analogique de notre esprit. Puisque les principes sont communs à plusieurs groupes de pensées, de perceptions, au niveau du feuillage. En plongeant, nous nous unifions avec notre intériorité.  70. COMME LE VOL DES OIES SAUVAGES...  Q_&amp;quot;Pendant un mois, Docteur, j'ai vécu mes problèmes avec une sérénité étonnante. Mais, depuis quelques jours, je suis retombée dans la grisaille et les conflits des mois précédents. Cela m'a donné une migraine épouvantable!...&amp;quot; R_&amp;quot;Vous avez pu expérimenter avec bonheur la liberté intérieure... Il est normal qu'elle ne soit pas établie complètement dès le départ; que vous fassiez quelques &amp;quot;rechutes&amp;quot;. Mais vous avez goûté à cette liberté, c'est l'essentiel. Quand vous perdez pied, ne luttez pas contre vous-même; adhérez à vos réactions; elles dureront moins longtemps, et même, elles se volatiliseront en un instant.&amp;quot; Q_&amp;quot;J'ai réussi à relever le moral d'une amie, et pourtant, je suis retombé. Les problèmes dans mon travail d'enseignante sont redevenus ce qu'ils étaient; du coup, je me suis accrochée avec mon mari.&amp;quot; R_&amp;quot;Il faut garder la vigilance. Elle vous permet de voir naître des réactions latentes. Ainsi, vous ne les laissez pas s'accumuler. Leur infiltration dans votre for intérieur à votre insu, leur permet de resurgir sans contrôle. Collez à ce-qui-est, vous resterez alors unie en vous-même, unie au monde qui vous entoure. Si votre centre de gravité intérieur ne correspond plus à ce-qui-est, alors naissent les tensions. Quand vous avez réagi à la situation, adhérez à votre réaction en déplaçant votre centre de gravité vers la réaction elle-même, en tant qu'elle est aussi &amp;quot;ce-qui-est&amp;quot;. Vous devez rechercher le niveau de moindre tension intérieur. Je vais vous raconter une histoire qui parle de ce niveau de moindre tension. Il s'agit d'un reportage télévisé. Aux USA, Bill, un homme passionné par le vol des oiseaux depuis l'enfance, s'était promis de voler un jour avec les oiseaux. Pilote d'ULM, ces avions ultra-légers, il a entrepris d'élever une couvée d'oies sauvages, se faire adopter par elles, et enfin voler avec elles. Au départ, les petites oies n'avaient pas appris à voler avec leur mère. Leur mère était un homme en ULM! Elles ont donc appris à voler toutes seules, instinctivement, en suivant l'ULM. Et, qu'avons-nous découvert? Jour après jour, ces petites oies ont expérimenté le vol en formation. Elles se sont mises spontanément en &amp;quot;V&amp;quot;; elles ont trouvé les positions de vol qui consomment le moins d'énergie. La vie en elles a choisi l'équilibre le plus grand, le point de moindre effort.  De la même façon, nous devons trouver en nous-mêmes le point de moindre effort, ce point de non-tension qui s'établit quand notre centre de gravité fait &amp;quot;un&amp;quot; avec ce-qui-est. Ce point de moindre tension s'établit de lui-même quand nous restons vigilants. Si nous réagissons aux situations, adhérons à notre réaction.&amp;quot;  71. DIEU NOUS PREND TOUT.  Nous sommes arrivés à la porte du temple. Nous devons rentrer nus. Tout laisser derrière nous. La connaissance: abandonnée! La discrimination aussi. Surtout. Notre volonté de servir doit être implacable. Mais servir qui? Effectivement, quand on parle de non-dualité, il n'y a pas d'autre. Alors? Nous avons utilisé à dessein un langage dualiste. Au niveau non-duel, tout est inclus. On peut tolérer un langage personnel, poétique, lyrique même, tout en restant conscient de son caractère relatif. Dieu nous prend tout ; nous ne pourrons être saisis par Cela qu’en laissant la place complètement vierge. La Grâce ne visite pas les préoccupés. Autant le savoir! De quitter nos intérêts mondains, nous aurons peut-être l'impression de rentrer au convent. C'est un peu vrai... Mais ce couvent-là inclut au lieu de rejeter au dehors. Il englobe tout ce que nous avons soigneusement expulser de notre vie. Notre force intérieure devra être entière pour observer sans indigence la moindre de nos tentations. Nous avons le droit de tout vouloir, certes, mais de savoir ce que nous voulons. Le dimanche matin ne suffira pas pour &amp;quot;cultiver la Voie&amp;quot;. Toute notre vie devra être envisagée sous la lumière de la Vérité. Aucun terrain ne pourra rester au dehors, je le répète. Ceci ne nous empêchera pas de faire des choses très variées; il ne s'agit pas de penser à la Voie à tout moment. Mais nous devrons tout faire, à tout moment, &amp;quot;à la grâce de Dieu&amp;quot;. Ce Dieu-là nous invite seulement à rester présent dans l'unité des choses. Accueillant. Tout le temps. Nous découvrirons des préoccupations loin du spirituel. Oui, j’aime faire la cour à ma voisine, au lieu de vivre l'Unité. Pourquoi opposer la Voie à l’amour humain? Ne sont-ils pas tous deux fruits de la Providence? Vivre nos points de vue egotiques en toute conscience, aller au bout de projets personnels avec vigilance, pourquoi pas? Un jour, la compassion nous place au-delà des griffes du mental, pas en fuyant, mais en observant paisiblement... Au loin, une cornemuse geint. C'est inattendu en Touraine, une après-midi d’Ascension. Cette intégration de toute notre vie dans la Voie va l'enrichir, l'épanouir. Notre force ravivée manifestera le jeu divin. Parfois, au contraire, nous nous sentirons inexorablement tirés vers la dualité, la lutte intérieure, le choix inextricable, le conflit profond. Restons alors sereins, adhérant de parti-pris; l'orage ne durera pas toute la nuit... La prochaine fois, nous regarderons avec plus de précision la naissance du conflit intérieur. Quel résultat ai-je donc visé? Qu’ai-je voulu refuser? Il y a toujours une solution; observons le problème de près. L'observation pure est dégagée du conflit. Aussi la solution est-elle adéquate. Il n'y a jamais de problème en soi. Il n'y a que des ego en lutte contre le monde. Quand le monde et moi sommes un, le problème disparaît. S'il y a quelque chose à faire, ça se fait. Soyez sûrs que c'est ainsi. La volonté de tout intégrer dans la Voie naît avec le sentiment de l'urgence absolue de s'éveiller et non pas de la quête d’un exutoire. C’est davantage une affaire d'amour entre Dieu et Dieu. Dieu en nous se cherche. Qui d'autre pourrait-il trouver que Lui-même? L'ego apprend vite que la libération se fera sans lui: cette expérience volatilise l'ego. La passion intérieure nous fait courir après tous les mirages du bonheur mais dès qu’elle entrevoit l'horizon du Divin, elle ne veut plus rien d’autre . Cette passion, cette énergie, est la Divine Shakti qui fait tourner le monde, chanter les oiseaux, fleurir les coquelicots. En nous, elle soit s’éveiller à sa propre dimension divine. Prisonnière des mondanités, cette énergie n’aura jamais le goût du nectar. Dans notre corps, l'union de la Shakti avec la Conscience est la béatitude cachée depuis l'origine. Nous ne fuyons donc à aucun moment le monde et ses travers. Nous épousons la vague de la manifestation. Tous les phénomènes témoignent de cette même évolution vers la perfection. Tous les désirs visent la Divinité. Dans notre for intérieur, dégagé de tous les aspects positifs ou négatifs, la Vie nous apparaît comme l’oeuvre d'une seule et unique Divinité impersonnelle, d'un Principe Universel tout-englobant. Tout est un. Nous devons refléter dans notre vie quotidienne cette réalisation. La réalisation mentale ne suffit pas, car, au fond, nous nous croirons toujours séparés du Principe. Q_&amp;quot;Mais, comment allons-nous vivre l'Unité si nous ne savons pas ce qu'elle est? Et pour vivre ce qu'elle est, nous sommes sensés repousser la dualité...en vivant l'unité! N'est-ce pas là un paradoxe, un serpent qui se mord la queue? R_&amp;quot;Vous reposez à juste titre la question: quelle est la fin, quel est le moyen? La fin, vous le savez, c'est l'unité. Le moyen, c'est la non-dualité. Ce qui n'est pas tout-à-fait la même chose. La non-dualité est de prendre conscience des paires d'opposés qui gisent dans notre esprit; qui d'habitude luttent les unes contre les autres, gaspillant l'énergie. Prendre conscience des paires de dualité et ne rien faire pour changer quoique ce soit, telle est l'application de la non-dualité. La réponse viendra de l’impersonnel. Pas de l'ego. Les paires d'opposés sont donc vues dans leur réalité dualiste. Et nous voyons bien que nous ne sommes pas cela. Autrement dit, nous nous dé-identifions de notre image egotique habituelle. L'ego qui choisit, qui oppose, qui lutte, ne capte plus notre énergie consciente. Et ainsi, l'ego laisse la place à l'impersonnalité, l'unité en nous. Nous n'avons donc pas à savoir ce qu'est l'unité pour la réaliser; mais à voir la dualité. Voir la dualité est relativement facile au début, par l’observation des gros mécanismes. Toutes les interdépendances doivent être identifiées. Par exemple: j'aime les motos. En voiture derrière un poids-lourd pendant des kilomètres sur une route de montagne, par 40°, j'imagine qu'en moto, j'aurais pu le dépasser. Je souffre de la comparaison. Si je me rends compte d’avoir posé l'a priori: je rêve de moto au lieu ma voiture; alors, impersonnellement, le choix est remis en question. Ca renonce en moi à la moto. Je revis au présent: en voiture, dégoulinant mais content! La comparaison tue, à l’évidence. En prenant conscience de cela, nous pouvons être réunifiés. Le secret revient à se situer au milieu des plateaux de la balance universelle, d'où nous contemplerons les choses dans leur vérité et en serons libres. Parfois, nous refusons inconsciemment de nous libérer de nos chaînes, sans même en avoir conscience. Dépassons cet obstacle délicat, sûrs d’être capables rompre ces chaînes, même inconscientes. La liberté gît déjà au for... Mais, pour ce faire, nous devons nous familiariser avec le fonctionnement de nos couches inconscientes. La volonté directe est impossible. Mais, à la manière d'un bio-feedback, nous pouvons semer des suggestions dans l'inconscient. Ses couches ne nous sont pas inaccessibles. Simplement, elles fonctionnent différemment des zones claires de notre conscience. Ainsi, le fait qu'elles ne réagissent pas &amp;quot;au doigt et à l'oeil&amp;quot; ne montre pas que nous ne sommes pas dedans. Cela montre qu'elles réagissent d'une autre façon. Le fait de ne rien avoir d'objectif pour nous repérer à ce niveau inconscient pose également quelques difficultés. Passons donc ces barrières et avançons. Nous pouvons nous situer au niveau inconscient en nous abandonnant, en quittant la sphère habituelle de la polarisation et en nous laissant couler comme une feuille morte dans l'étalité, sans flux ni reflux; comme au moment où le respiration se suspend. Sentir ce lieu profond dévoile nos rouages mieux qu’à la surface de l'esprit, afin de saisir les racines conflictuelles jusqu'à leur source et les identifier. L'énergie qu'elles recèlent pourra être ainsi récupérée et réutilisée pour l'action libre en surface. Quand le chrétien prie, il fait agir en lui cette facette impersonnelle d'autant mieux qu'il a la foi en la réussite. C'est la Déité qui agit en lui. Lorsque nous nous sommes abandonnés à la profondeur de notre être, nous revivons l'unité indifférenciée dans sa face sombre, dans son aspect non-manifesté. Nous nous perdons dans la nuit. Et pourtant, au fond de cette nuit sans lune, nous allons découvrir la lumière incréée. Cet abandon nous fait prendre conscience de toutes les tensions que nous avons engrangées au fil du temps. Nous pouvons les dénouer. Il faut tout pardonner, dit-on, c'est uniquement pour ça, dénouer les chaînes du passé. Pardonner, c'est se libérer soi-même. La liberté est une de nos aspirations fondamentales, de même que l'amour. Aussi, à voir nos chaînes, il n'y a point de discussion pour choisir. Ainsi, nous nous unifions intérieurement, et cette unité réalisée doit maintenant se projeter en surface, sur l'extérieur. Sans cette confrontation avec l'extérieur, nous ne pouvons pas savoir si notre intériorité est unie ou pas. Les tendances latentes de refus n'apparaîtront pas si les objets du refus ne sont pas présents. Tandis que lorsque nous descendons au fond de nous, les refus peuvent être sentis en l'absence de l'objet. Ceci permet de mieux se connaître. Tel le Christ descendant aux enfers, nous apporterons la lumière du pardon dans la caverne de notre coeur.  72. LA CRÉATIVITÉ  La créativité découle de l'élan naturel jaillissant au fond de nous. Ce flux divin traverse continuellement notre corps, nos sens, notre affectivité, nos pensées. L’artiste connaît son élan naturel et le mène sans effort aux confins de la pensée discriminante, à l'orée de la lumière illimitée. Pourtant, bien peu reconnaissent la source de leur art, où jaillit le pur joyau, dont un éclat transforme la vie de celui qui l'entrevoit. Reconnaître la source de la créativité ouvre à la vie-même, dans sa nudité, son innocence, sa spontanéité. L'inspiration devrait être un offertoire sur l'autel de la Divinité. Comment imaginer qu'il en soit autrement? L'inspiration, d'une façon détournée ou bien directe, vient toujours de la source. Mais combien va-t-elle perdre de limpidité en chemin? La crise de créativité témoigne de la précarité de l'inspiration egotique. Seule la joie de l'énergie primitive est inépuisable. Seule, elle peut nous rendre familier avec les dieux, les muses, nous faire entrevoir le Cristal Inconnaissable qui pénètre en un éclair intemporel au coeur de la création pour en élucider les rouages. Bref, qui s'en détourne, la méconnaît, se coupe les pieds, se coupe les mains. Qui la vit, se sent porté, dans la tourmente comme dans la béatitude, vers les rives incréées où rien n'est attendu. L'artiste doit fuir la comparaison s'il veut laisser le flux primitif se manifester en lui, jaillissant de la mer fondamentale non encore différenciée en conscience, énergie et matière. Toute comparaison tue l'unité foncière, tue la création artistique. Les peintres Zen savent projeter ce niveau brut de la création à travers certaines calligraphies. Plus nous avons affaire à un plan différencié, sophistiqué, plus nous perdons de vue le foncier, et plus la créativité nous quitte. L'élan vital est spontanément créatif à tous les niveaux de l'art. Trop souvent, notre vie nous occupe au point de nous faire perdre de vue cette capacité d’engendrer des productions artistiques. A tout moment nous pouvons refaire le chemin vers le centre, et avec lui retrouver l'élan créatif originel.  73. L'UNITÉ APRèS LA TEMPETE.  Enterrement dans un petit village des Pyrénées. Le beau temps des jours précédents a cédé la place à un temps couvert qui sied mieux à la mise en terre d'une amie... puis je suis allé assister au repas de noces de mon oncle qui a soixante-et-onze ans. La vie nous fait parfois des associations si contrastées! Combien l'unité peut être dure à réaliser! Ces circonstances le démontrent à merveille. Tout est Dieu, souviens-toi. C'est justement la meilleure leçon que je pouvais recevoir en ces heures de réalisation intérieure... Nous avons souvent besoin de contraste pour prendre conscience des choses. Nos sens émoussés par trop de stimulation ne réagissent plus à de simples sensations. Nous avons besoin de toujours plus de contraste, d’intensité, toujours plus... Ce n'est pas dans le « plus » que nous pouvons retrouver l'unité; au contraire. Elle naît quand nous redevenons simples dans nos perceptions, dans nos comportements. L'&amp;quot;hyper&amp;quot;, le &amp;quot;super&amp;quot; nous éloignent de la nature foncière. Je remonte les marches vers l'unité. Chaque marche est bien identifiable. Quand j'abandonne le dernier bastion de résistance à l'unité, il n'y a plus rien. Plus aucune comparaison possible. Plus aucune pensée analytique. Juste &amp;quot;être&amp;quot; sans limite. La paix. L'arrêt du mental est ce qui frappe le plus. Il n'y a guère que l'unité qui lui donne la paix. C'est un peu notre sauvegarde; tant que le mental tourne, c'est que nous n'avons pas trouvé le foncier. Nous ne devons faire aucun effort pour arrêter le mental; il s'arrêtera de lui-même quand nous serons arrivé à bon port!  74. CHERCHE LE ROYAUME DES CIEUX D'ABORD... C'était une jeune femme blonde que je voyais pour la première fois en consultation. Ses yeux bleus profonds et ses cheveux longs lui donnaient l'air d'une petite fille sage. Elle avait deux enfants. Elle se mit à parler de ses problèmes de santé. Divers troubles qui se rattachaient en définitive à des problèmes psychologiques. Ce n'était pas un parti pris de ma part, une conclusion hâtive; c'était elle-même qui me le confiait. En effet, à la suite d'une psychothérapie dans le passé, elle avait déjà surmonté de semblables difficultés. On sentait dans son débit de paroles une longue expérience de dialogue thérapeutique. Tout en regardant la fenêtre, comme si elle rêvait, elle décrivait ses états d'âme. Elle gardait une nostalgie de la période qui suivait sa psychothérapie. Elle m'apprit que son état de conscience d'alors était semblable à l'état de celui qui est libéré de la dualité. Les situations de la vie ne pouvaient plus lui causer de peine; elle se sentait libre des choses et des êtres. D'ailleurs, sa famille et ses proches essayaient de la faire retomber dans un statut mental plus accessible, plus proche de leurs difficultés. Pour eux, elle demeurait intouchable... -Mais, depuis cette période bénie, je n'ai plus retrouvé la liberté intérieure. Maintenant, je souffre dans mon corps de ces troubles, la colonne vertébrale me fait mal; je me sens mal à l'aise. Je déprime. -Avez-vous senti comment le conflit naît dans votre esprit? -Non. -C’est le point capital pour prévenir le retour dans la dualité. Vous devez voir comment surgit la lutte intérieure. Prenons un exemple, pour faciliter la compréhension. Je suis musicien. Je souffre de ne pas être reconnu en tant que tel. Tant que je m'en tiens à cette approche, je continue de souffrir jusqu'à ce que je sois couvert de gloire. Mais si je me rends compte dès le départ que c'est moi qui ai posé: je dois être reconnu en tant que musicien, alors je renonce; non pas à la musique, mais à une demande de valorisation egotique. A l'inverse, si je ne pose aucun préalable, aucune demande de reconnaissance de quoi que ce soit; l'art musical que je déploie peut se révéler susceptible de m'apporter la gloire. Ou au contraire rien du tout; mais ce n'est plus une demande particulière qui gouverne ma musique; c'est le jeu de la nature en moi; c'est la nature qui fait de la musique. Je ne suis pas concerné par une reconnaissance extérieure pour bien jouer. Cela joue en moi, pourrait-on dire. Plus globalement, nous voyons qu'il existe deux types de réponses aux événements de la vie. Soit nous faisons en sorte de satisfaire autant que possible nos demandes, et nous protéger de nos peurs; soit nous dépassons le mécanisme psychologique qui nous conditionne pour nous libérer à la fois de nos désirs et de nos peurs. Ce qui ne nous empêche pas de satisfaire les désirs qui concourent à l'équilibre physiologique. Une autre façon d'énoncer cela. Si je m'attarde dans le passé sans tenir compte du présent; ne voyant pas les données de la vie comme elles sont, je ne pourrai pas m'adapter au mieux de l'intérêt général et particulier. Je ressasse un échec au lieu d'analyser la réalité et le pourquoi de cet échec. Objectivement, que se passe-t-il? Que ferait une autre personne à ma place? Si on faisait une enquête scientifique ou policière, quels seraient les faits? Telles sont quelques unes des questions que l'on peut se poser pour prendre de la distance avec les opinions personnelles et sentir la réponse impersonnelle à la situation... Il faut partir de la liberté; nous sommes déjà libres. Nous ne devons pas attendre de voir telle ou telle chose pour nous déclarer libres. Nous n'avons pas besoin de connaître tous les rouages de nos conflits intérieurs pour nous en libérer. Mais nous devons nous centrer hors de la dualité. A partir de là, nous sommes à même de voir la liaison de choses entr'elles. Nous ne voyons souvent qu'un seul côté des événements. Celui qui nous plaît ou nous déplaît. Quand nous voyons les deux côtés, nous pouvons en être libres. L'énergie qui soutient les plateaux de la balance intérieure se retire en même temps de l'un et de l'autre. Tant que nous ne voyons qu'un aspect, l'énergie en nous ne peut pas se situer en dehors du conflit, si conflit il y a. _Je sais tout ce que vous dites; mais parfois je ne retrouve pas le cheminement psychologique qui libère... Je reste dans l'ombre et la tristesse, sans comprendre ce qui se passe. _Il n'y a pas de secret; nous devons d'abord sortir de la dualité. Pour ce faire, nous devons nous abandonner aux conditions de la manifestation. Si nous sommes capables de faire ce lâcher-prise, alors les cieux s'ouvrent. Pourquoi lutter contre les conditions de notre vie? Si elles sont ainsi, c'est que nous l'avons cherché, d'une façon ou d'une autre. (C'est dur de reconnaître cela, en général.) Ayant lâché prise, nous nous retrouvons centrés de nouveau, sans avoir eu à analyser la situation. A partir de là, notre vie va prendre une nouvelle direction, et nous devons laisser fonctionner le courant impersonnel à travers ce corps et ce cerveau. Quand nous nous abandonnons, tout est possible. Nous n'avons pas à nous libérer par une analyse complexe de notre conditionnement. -C'est justement le point qui m'intéresse le plus: sortir du conditionnement sans passer par le chemin laborieux de l'analyse psychologique. Comment réaliser ce lâcher-prise dont vous parlez, je ne me sens pas prête à m'abandonner sans savoir à qui, à quoi... -Quand l'intelligence a fait le tour du principe &amp;quot;ego&amp;quot;, et comprit son inanité, alors le lâcher-prise est possible. Ou bien, sans que nous ayons compris l'ego, nous pouvons appliquer une technique de centrage de notre énergie; une forme de méditation, par exemple. Bien sûr, sous l'angle de la non-dualité pure, il n'est jamais question de technique. On doit se hisser au-dessus de la dualité à la seule force de la compréhension. Hors, celle-ci peut être difficile, voire impossible à certains d'entre nous. Il est alors légitime de proposer une technique de méditation, de centrage intérieur, de lâcher-prise provoqué. Notons au passage que le sommeil profond est un lâcher-prise qui s'effectue naturellement chaque jour, ce n'est donc pas un événement exceptionnel. Ce qui est exceptionnel est le lâcher-prise conscient. -Que me proposez-vous dans ces conditions? Suis-je d'après vous à même de comprendre directement la non-dualité, ou dois-je passer par une technique? -Qui doit répondre à cette question? N'est-ce pas à vous de voir cette réalité particulière?(...) Quand votre compréhension ne fonctionne plus, alors, vous devez vous résoudre à utiliser une technique de méditation. Ne serait-ce que passagèrement. Dès que vous verrez les choses avec clarté, alors, vous pourrez apprécier la liberté directement. Cela revient au même de dire: si vous pouvez lâcher prise immédiatement, alors, faites-le. Sinon, soyez vigilants sur votre fonctionnement egotique jusqu'à ce que l'énergie impersonnelle en vous renonce à l'ego. Ou encore, pratiquez une technique qui vous centrera rapidement et vous permettra de voir &amp;quot;ce qui est&amp;quot; sans effort. &amp;quot;Ce qui est&amp;quot; égale vision impersonnelle, égale action impersonnelle... Tant que le langage impersonnel ne vous est pas accessible, alors essayez de comprendre les choses et les êtres, en vous aidant éventuellement de la lucidité méditative. Ce langage impersonnel, non-dualiste, parlera à votre coeur à un moment ou à un autre. Vous avez pensé d'une certaine façon pendant longtemps, votre cerveau ne peut pas changer cela en une seconde. Il me semble que pour le moment, je dois m'aider d'une technique. Que proposez-vous? -Je vous propose d'utiliser un mantra. C'est finalement la technique la plus facile et la plus efficace. La racine mantrique la plus employée en Inde est &amp;quot;Om&amp;quot;. Les principaux mantras contiennent &amp;quot;om&amp;quot;. &amp;quot;Om mani padme hum&amp;quot;. &amp;quot;Om namah Shivaya&amp;quot;, &amp;quot;om namoh Bagavaté&amp;quot;. C'est ce dernier que vous répéterez, en considérant qu'il représente, qu'il est lié, qu'il est l'état de non-conditionnement, l'Absolu, au-delà des contraires et des limites. Vous le répéterez d'abord à haute voix, puis l'intérioriserez mentalement. Il doit devenir automatique. C'est comme une barque qui mène du limité au sans limite. Sur l'océan infini, le mantra flotte doucement. Bientôt, vous vous fondez dans l'infini; le mantra coule... -Dois-je respecter un rythme? -Il n'est pas nécessaire de suivre le rythme de la respiration. Mais vous verrez que naturellement, le mantra prend place dans l'expiration, et meurt avec le souffle. Nous devons laisser renaître le mantra ainsi que le souffle. Sans effort, nous laisser porter par la mélodie. Cette mélodie-là ne fait pas de vagues, c'est pourquoi elle nous révèle l'océan sous-jacent aux vagues. -Vous m'avez répété pendant des jours que la non-dualité ne souffrait pas de technique. Comment conjuguez-vous cela aujourd'hui? -Je ne conjugue rien. L'expérience évolue. Ce qui semblait inadéquat hier se révèle utile aujourd'hui. L’important est de suivre le courant impersonnel de la Vie en vous. A l'un elle inspire tel ou tel fonctionnement; à tel autre, elle enjoint telle pratique. La vie ne s'arrête pas à une théorie, fût-ce la meilleure. Elle fait avec ce qui est. Le bonheur croissant est le meilleur indicateur que la liberté s'accroît. En définitive, on ne doit rien opposer à la non dualité. Elle englobe tout. Toutes les pratiques y mènent. Le fond commun à toutes ces pratiques est la confiance et l'abandon qui en résulte. C'est par cet abandon que l’ouverture à l'inconditionné est réalisée. Quelle que soit la raison que nous nous sommes donnée, l'important est de dépasser les limites.  75. C'EST UNE AVENTURE MERVEILLEUSE...  L'action spontanée du courant divin nous traverse quand nous nous abandonnons, et nous donne un sentiment de bonheur et de plénitude. Nous pouvons vivre ce courant spontané sans nous en rendre compte. Il coule et nous ne le contrôlons pas; c'est d'ailleurs pourquoi nous pouvons ne pas y prendre garde. Souvent la souffrance nous rappelle à l'ordre. Alors, nous voyons la distance qui nous sépare de la béatitude de l'abandon. C'est le signal d'alarme. Tant que nous sommes liés à la Source, nous ne pouvons pas souffrir. Même si le monde s’écroule... Dès que nous souffrons, c'est que nous avons quitté le berceau de l'unité. -J'ai passé une semaine passionnante. Je sens que la découverte de la liberté, tel que vous la décrivez, par l'ouverture au courant spontané de la vie, est une aventure sans limite. Je me suis surprise à donner des conseils de sagesse à ma directrice, moi qui ne me serait jamais permis une telle conduite il y a seulement quelques mois. Mes inhibitions disparaissent. Et le plus merveilleux de tout cela est que je ne produis aucun effort, cela se fait tout seul! -Effectivement, sans effort, sans réflexion, la Vie se manifeste. Si nous nous demandons comment nous devons faire pour laisser couler la vie, c'est que nous nous sommes perdu. L'état de dévotion réel est cet abandon des préoccupations personnelles et de se fondre dans le courant impersonnel. -J'ai entendu parler de différentes voies du Yoga: la voie de la connaissance, de la dévotion et des oeuvres. Comment situez-vous ces approches variées dans la non-dualité? -Elles sont toutes les trois en action quand nous suivons le courant impersonnel de la non-dualité. La connaissance correspond à cette conscience que nous avons de l'unité des choses; la dévotion est le sentiment de compassion que nous avons d'une part pour tous les êtres et les choses du monde, et d'autre part pour le Soi, l'Etre Divin dont l'entrevue d'un seul rayon nous transforme en adorateurs transis. Ces deux approches dévotionnelles n'en sont qu'une, en fait. L'Etre infuse complètement l'univers. Nous pouvons Le voir à travers les objets et les êtres innombrables. De même, la connaissance du Divin va de pair avec l'amour, l'état d'amour que l'on ressent dans l'unité. Enfin, les oeuvres qui sont accomplies par notre intermédiaire, dans l'humilité et l'effacement de l'ego, sont les conséquences naturelles de la conscience de l'unité, de la compassion et de la dévotion au Divin Enchanteur. La non-dualité englobe donc à la fois le Yoga de la connaissance, Jnana, celui de la dévotion, Bhakti, et enfin celui des oeuvres, Karma.  76 Tout au fond de ton coeur.  Tout au fond de ton coeur, une lumière luit. Elle est douce apaisante et se voit dans la nuit. Avant de t’endormir, il faut t’abandonner Si tu veux un instant pouvoir la contempler.  Abandonner la haine, la violence et l’amour Le vouloir et l’argent sont autant de détour. Qui aujourd’hui voit clair, dans ce monde perdu? Où le commerce a pris la place de la vertu...  C’est vrai le Paradis ne semble être sur Terre. Et pourtant si nos yeux embrassent l’univers, Comme le corps glorieux de Dieu manifesté De l’enfer surgira l’extase de la Beauté.  77 L’INNOCENCE DEVANT LA VIE...  Nous devons rester innocents en face de la vie. Alors seulement elle prend toute sa profondeur. Tout savoir sur les fonctionnements de la nature, comme on peut les connaître en science est un obstacle à l'accès direct au Réel. Il nous faut tout oublier, au contraire de ce que nous savons. Tout savoir est un piège pour la conscience. Elle reste alors prisonnière de la pensée, des mots. L'ouverture inconditionnelle est impossible sans la mort des mots et des pensées. C'est une pseudo-spiritualité, celle qui vous propose une science spirituelle, une connaissance verbale ou symbolique de notre nature essentielle et de celle du monde. C'est vouloir attraper de l'eau avec une passoire! Outre le fait que l'intention de saisir est inadéquate, la nature même du Transcendant, du Non-manifesté, celui-ci incluant l'univers manifesté dans l'Unité; cette nature est insaisissable pour la pensée et les mots, pour la mesure. A la fin de la conférence, cette jeune femme s'approcha pour parler de sa vie. Elle avait suivi cette position qu'il n'y a pas de hasard, pensant que les rencontres qu'elle faisait devait se faire... C'est ainsi qu'elle s'était mariée, avait fait des enfants, bref, elle avait accepté des choses au nom du sens que le non-hasard donnait à sa vie. Bien sûr, l'idée que tout cela avait peut-être comme source son opinion personnelle et pas un sens profond, une destinée lui posait quelques réflexions sur son vécu. - Je suis dans une grande incertitude, dit-elle, quand je considère toutes les conséquences de ce que vous avez dit. Je sens malgré tout une vérité en cela. Aurais-je une vie si différente pour autant, je n'en suis pas sûre. Je recherche avant tout l'Absolu, même si cela remet en question ce que j'ai pensé jusqu'à maintenant. - Voyez-vous distinctement comment les opinions masquent la réalité? Quand vous avez pensé que le hasard n'existe pas, vous avez fait des choix dans votre vie en fonction de ça. Maintenant, vous devez renoncer à suivre les opinions de qui que ce soit, même les miennes. Voir que les opinions d'autrui doivent être passées au crible de votre propre expérience doit s'imposer à votre esprit. Quand on voit que l'on se tape sur les doigts avec un marteau, on arrête! - Mais, maintenant comment vais-je supporter la vie que je mène? Tout ce conditionnement... - Vous êtes mariée, vous avez deux enfants, vous êtes impliquée vis-à-vis d'eux. Vous dites par ailleurs que ce qui compte le plus dans votre vie, c'est l'Absolu; alors vivez cet Absolu, cette Unité, rien de ce que vous vivez n'a besoin d'être changé pour ce faire. Cette Unité inclut votre vie personnelle, vos enfants, votre mari. Il ne faut surtout pas croire que l'Absolu est quelque chose de différent de la vie de tous les jours. Mais si nous voulons vivre l'Unité dans la vie de tous les jours, nous devons avoir une vigilance, un sens du sacré, une profondeur qui puisse infuser dans le quotidien pour qu'il soit neuf chaque jour.  78 Le KARMA.  Le karma, au sens que les hindous lui ont donné, s’entend, une loi de rétribution des actes individuels, disant « qui tue par l’épée périra par l’épée », n’existe pas. Une loi de justice universelle non plus. Constatons simplement que deux événements dans l’univers n’ont jamais pu exactement se reproduire, c’est dire que personne ne pourrait recevoir en retour exactement la même force qu’il a émise, comme une onde se réverbère sur les rives d’un étang et revient vers sa source. Si le karma existait, il faudrait de surcroît qu’un nombre infini d’événements se reproduise au moins une fois, autant dire que le cosmos semblerait tourner en rond!! Si on dit que l’histoire est un éternel recommencement, dans le détail, rien ne revient exactement, pour les mêmes mobiles, que dans le passé. Ajoutons encore à cela combien le bien et le mal sont relatifs à chaque situation, un bien se révélant un mal et vice versa, comment la providence pourrait-elle gérer un tel système? La nature créée continuellement du neuf, alors que faire du vieux karma?... Je vois déjà les questions pressantes venir, « comment pouvez-vous d’un seul trait balayer toute une tradition sans apporter la moindre preuve?... ». Je vous répondrai: « Il est légitime de s’en tenir à notre propre expérience de la vie. Et à ce niveau immédiat et simple, le seul karma dont nous pouvons constater la présence réside dans l’obscurcissement que produit un fonctionnement inadéquat de la pensée, des sentiments. Le conditionnement des comportements constitue vraiment un poids pour l’avenir. Cela tient à la structure du cerveau, véritable réservoir aux souvenirs, aux savoirs faire. » L’éveil vient chambouler ce bel ordonnancement. Les comportements ne vont pas disparaître d’un coup. Il faudra la vigilance pour désherber tous les sombres sillons dont les semis se feront sentir des mois après... Mais, au moins, nous ne semons plus de nouvelles graines.  79 SEJOUR AU MONASTèRE DE LANDEVENNEC.  Perché au flan de la presqu'île de Crozon, le monastère de Landevennec m'avait tendu les bras pour que je puisse faire une coupure dans l'habitude. Même s'il est illusoire de vouloir se couper du monde turbulent pour se fondre à la paix, le mouvement naturel de repli dans le silence du coeur et de l'esprit nous est suggéré, comme lorsque nous partons nous coucher dans un endroit tranquille pour dormir... La lecture de mystiques chrétiens me confirma combien la voie est unique dans le coeur. Tenir son esprit nu devant l'éternel n'est pas autre chose que se défaire de tout ce qui encombre le terrain de la conscience pour que Dieu puisse y demeurer. Que l'on fasse cette démarche au nom de la non-dualité ou de l'humilité aboutit au même résultat. L'esprit est vidé de son contenu, dualités ou attachement au monde, désir et peur, renoncement à la richesse, à la connaissance. St Jean de-la-Croix commandait de se vider à la fois des choses mondaines bien sûr, mais aussi des choses spirituelles, ce qui est plus original et proche de ce que nous connaissons de l'abord direct et impersonnel. Quand le mystique-apprenti avait fait cette démarche, il se retrouvait dans la nuit de l'âme. C'est-à-dire que le monde et l'esprit l'avaient quitté, et que Dieu ne l'avait toujours pas rempli. On retrouve cette nuit de l'âme dans plusieurs traditions spirituelles. Même dans le Zen, on connaît cet état de la conscience quand on est libéré de la dualité, mais non encore investi de l'Unité. L'énergie est en repli dans le tréfonds de notre esprit, et ne se reprojette pas encore en surface, vers la perception habituelle du monde. Nous sommes alors dans un état indéfini, sans repères d'aucune sorte; terne sans que cela soit gris; d’autant plus confortable que l'on n’espère plus rien. Mais, si l’abandon est incomplet, cela ressemble aussi à l'ennui; à la dépression. C'est là que le guide intérieur doit être présent pour maintenir le cap. Quand nous voyons notre énergie en baisse, nous fuyons ce qui la déprime. La tentation est alors grande de retourner vers la mondanité qui ravive notre tonus; nous sommes prêts à troquer la liberté contre la joie de vivre. Si nous avons la patiente, nous récupérerons les deux. Il faut tenir, c'est l'enjeu absolu. Notre réalisation passe par là. Ce n'est pas qu'elle soit conditionnée par cet état indéfini; c'est que cet état constitue la base de la conscience de l'Unité, et le témoignage que le terrain est bien libre. Cette nuit de l'âme explique pourquoi beaucoup considèrent que la voie est impossible à suivre sans aide extérieure. Le moment où nous n'avons plus aucun repère peut nous voir tourner de mille façons. C'est là que les tendances latentes peuvent se révéler plus fortes que nous le soupçonnions. Mais ne perdons pas confiance, le maître est avant tout intérieur, le maître impersonnel bien sûr. L'énergie-conscience qui se révèle à elle-même suit un certain processus; il suffit de faire confiance à cette nature. Ne pas désespérer, si l'on peut employer ce mot dualiste. Foi en l'Unité. Nous sommes déjà Un; ce n'est que le rêve de se croire plusieurs qui doit se terminer. Le chant des moines rassemblés dans l'église un peu froide au petit matin de l’automne semblait faire corps avec l'espace, dans une continuité transparente. Ces hommes rassemblés là, vouant leur vie à Dieu, unis dans leur chant, savent-ils leur bonheur d'être protégés de la violence et de la peur, de l'envie, de la faim, de la soif? Mais est-ce vraiment un bonheur? En ces jours de quête pacifique, j'aurais juré que oui. Maintenant que quelques mois sont passés, ajoutant ces quelques lignes, je me le demande encore. Il me semble au contraire que nous ne devons jamais nous démarquer de la vie courante. Nous goûterons alors la plénitude la Non-dualité, son énergie en plein essor, apte à gouverner le monde des contrastes pour ne pas dire des luttes. Aux yeux de l'Un, ce monde n'est que félicité, amour et perfection.  80. IL N'Y A PAS DE SUJET ABSOLU, UNIVERSEL. Nous rejoignons là la science physique. Il n'y a pas de témoin universel. Dieu n'est pas une conscience transcendante qui observe le monde... Nous avons vu que notre recherche du sujet absolu est vaine. Quand nous gagnons l’horizon de la conscience et que nous nous approchons de ce qui voit; nous nous trouvons devant l'impossibilité de nous voir: nous sommes le seul témoin; il ne peut se voir lui-même. C'est là que nous sommes tentés de conceptualiser le sujet. Bien qu'impalpable, nous lui accordons l'existence. C'est là que nous risquons de nous fourvoyer dans la dualité. En fait, il n'y a pas de sujet. Celui-ci n'est qu'une extrapolation, qu'une interprétation du mental dans le champ de conscience. La seule réalité est ce champ de conscience indifférencié, qui comprend le monde et tous les objets qui le remplissent, les êtres vivants, et l'apparence d'un témoin de cette vie qui évolue. Témoin individuel et multiple. Comme dit Krishnamurti, le témoin essaie de se différencier de ce qui est vu pour gagner une existence autonome; c'est une erreur; c'est l'erreur qui est la source de toutes les autres erreurs d'interprétation de la réalité. Il n'y a pas de conscience transcendantale. Il n'y a que cela, indéterminable, indifférencié, innommable, et inconnaissable. C'est là. Point à la ligne! Que pourrons-nous dire d'autre? La vigilance fondamentale n'est pas autre chose que de voir cela. Et donc d’arrêter de se concevoir en tant que sujet, tant individuel qu'universel. Mais, alors que nous nous concevons d'habitude comme une personne; rien ne doit nous pousser à une telle conclusion. Si je ne pense rien à mon sujet, qui suis-je? Ai-je quelque chose qui me permette de me distinguer du monde qui m'entoure, des êtres et des choses? Honnêtement, non. L'arrêt de la machine à penser produit à la fois la disparition du sujet, mais aussi de ma propension à me situer en tant qu'individu, séparé de l'environnement. C’est-à-dire que le monde apparaît comme un &amp;quot;phénomène&amp;quot; particulier, que l'on peut interpréter de différentes façons, dès que l'on pense la réalité au lieu de la vivre. Dès que l'on se contente de la vivre, elle n'est que cela... Il en a fallu des rondes et des rondes pour se libérer de la croyance subjective... Il faut dire que le consensus nous y pousse, nous y a toujours poussés. -Je suis fasciné par ce que vous dites, et au fond j’aurais tendance à aimer cette vision. Mais intervient mon sens des responsabilités. Que devient-il dans une telle noyade intérieure? Comment être adulte, responsable, et disparaître en tant que sujet? Toute notre psychologie veut renforcer notre statut d’adulte, libre, alors qu’ici, si j’ai bien compris, on fait fi des responsabilités, non? Je suis loin des envolées métaphysiques, mais la vie de tous les jours me touche beaucoup plus. -Il n’est point d’envolée métaphysique qui ne doive atterrir. Je suis contre les envolées abstraites. S’agissant de la responsabilité de l’ego, il y a plusieurs éléments à décrire. Responsabilité implique choix. Choix implique liberté. Liberté implique non-ego, car l’ego n’est pas libre de choisir, il est contraint par le passé, le conditionnement qu’il a lui-même créé. Ses refus et ses peurs lui permettent-ils d’être libre? Bien. On ne peut vraiment être responsable que dans la liberté du non-ego. Voilà une réponse pratique. Il est bien clair que le non-ego n’est pas un état infantile de dépendance, d’action spontanée et irresponsable, de pulsion, voire de compulsion! Au contraire, la vision claire met en lumière les conséquences de l’action pour chacun en particulier comme pour tous, de façon générale et sans parti pris. L’adulte le plus clairvoyant, mais encore egotique ne peut y prétendre tout-à-fait. Son conditionnement, à son insu, viendra sans doute tronquer la vision et l’action impersonnelle.  81. COMME LA LUMIERE DU PROJECTEUR.  Il y a deux façons de montrer la conscience de l'unité. Prenons l'image du projecteur de cinéma. Le monde habituel, supposons, est le film que nous voyons à l'écran. Si le film est coupé par inadvertance, nous ne voyons plus que la lumière pure sur l'écran immobile. Le temps est arrêté, le mouvement aussi. Il ne reste plus que la lumière incréée du Soi. Pour connaître cet arrêt de l'espace-temps, nous devons rentrer en transe profonde, pour que nos sens soient éteints. Il faut ce fameux retrait des sens que le Raja-yoga décrit. C'est la première possibilité. Voyons maintenant la seconde. Nous sommes toujours dans la salle de cinéma, et je vous dis: &amp;quot;Est-ce que vous percevez la lumière au-delà des images mouvantes? Fixez votre attention non plus sur les mouvements apparents des objets qui apparaissent à l'écran, mais sur la lumière qui les portent tous.&amp;quot; Vous faites alors la mise au point nécessaire pour ne percevoir que la lumière en délaissant le plaisir de voir le scénario. Et effectivement, au bout de quelques minutes, vous ne voyez plus que la lumière, même quand le film continue. Nous n’avons pas à débrayer les sens pour opérer ce changement de mise au point. Cette analogie est assez fidèle du mouvement de conscience qui nous est proposé pour &amp;quot;être saisi par l'Unité&amp;quot;. Nous pourrions développer certains aspects autres à partir de cette image du film et du projecteur. L'essentiel est surtout de voir ce mouvement de conscience, ce changement de niveau dans la perception, et le besoin de replier les sens ou pas... Dans la vie courante, il n'est pas aussi facile que nous l'avons décrit de faire ce changement de mise au point. Non seulement, c'est difficile, mais périlleux. Si nous ne sommes plus attentifs à ce qui se déroule sous nos yeux et que nous ne voyons plus de différence; que nous sommes absorbés par l'Unité; nous nous exposons à des absences de réactions qui pourraient laisser nos contemporains dans le désarroi. Comment réagir en effet quand tout devient une seule et même évidence au sein de laquelle rien ne peut être distingué? Nous devons en conséquence garder une certaine conscience distinctive...sur un fond d'unité. Ne pas nous attacher uniquement au film comme fait tout bon spectateur, mais avoir conscience de la lumière incréée qui soutient tout. En fait, nous n'avons aucun effort à faire pour garder cette position subtile de la distinction dans l'Unité. C'est la façon naturelle dont nous vivons dès que nous cessons de courir après la dualité. C'est le point fixe, le centre de gravité que nous pouvons ressentir dès que nous renonçons à tout effort. C'est notre conscience normale. Si nous nous absorbons dans l'unité, c'est que nous nous laissons aller vers le non-différencié, que nous coulons en profondeur comme nous coulons quand nous nous endormons. De l'autre côté, si nous poursuivons le mouvement qui se présente, c'est-à-dire la course habituelle que nous connaissons bien, du moins que nous pratiquons sans cesse; nous sommes pris dans le mouvement dualiste, la souffrance de la lutte entre ce qui est et ce qui devrait être... Quelle que soit la solution que nos trouvons dans le film, nous ne pourrons saisir la lumière, ce n’est pas au niveau du scénario que nous réaliserons. C'est donc tout simple: nous ne devons ni courir après les phénomènes, ni après l'essence.  82. LA PEUR DE LA MORT.  C'était un jeune étudiant suisse, brillant et sympathique. Accompagné de sa jeune épouse, il venait me rendre une visite amicale. Après avoir regardé à la TV une émission sur la décadence des USA, nous en vînmes à parler de la Voie. C'était surtout pour comprendre ce qui pouvait motiver quelqu’un à chercher un dépassement de la condition ordinaire. Il était d'avis que seul un motif névrotique pouvait pousser un individu au dépassement de lui-même. Il se trouvait très bien dans sa vie et ne voyait aucun motif pour changer quoique ce soit. J'évoquais alors le fait que notre fonctionnement habituel n'est pas exempt de névrose. Mais cette névrose légère est un consensus. Je montrais également comment nous agissons en fonction de préjugés qui nous enferment dans des rapports superficiels. Nous ne sommes jamais en contact avec nos interlocuteurs. Nous utilisons les images de ces interlocuteurs que nous percevons et agissons selon. Nous ne savons pas écouter sans comparer. Enfin, je démontrais que le sage n'est pas perdu dans un rêve intérieur stérile, mais est au contraire plus en contact avec le monde que quiconque. Le sage ne rêve pas. Nous rêvons quand nous pensons la réalité au lieu de la voir comme elle est. Mes interlocuteurs se montraient critiques avec des objections constructives. Finalement, cet ami nous dit: «je suis sûr qu'il n'y a rien après la mort!&amp;quot; Je lui fis remarquer que cette attitude n'était pas scientifique. L'affirmation scientifique est &amp;quot;je ne sais pas s'il y a quelque chose après la mort.&amp;quot; Mais notre ami avait décidé que &amp;quot;tant qu'on ne lui démontrerait pas qu'il y a quelque chose après la mort&amp;quot;, il s'en tiendrait à la première hypothèse. Je cherchais à élucider le pourquoi de cette affirmation. Un matérialiste n'est pas sensé conclure sur ce point. &amp;quot;J'ai peur de la mort!&amp;quot; finit-il par dire. C'était bien là ce qui apparaissait... Pourquoi avoir peur de la mort quand on croit que tout va se terminer avec? Nous ne pourrons pas souffrir si nous n'avons plus de corps... &amp;quot;Oui, mais à cet instant, je trouve affreux l'idée de mourir un jour!&amp;quot; Qui va mourir, un jour? &amp;quot;Moi! Vous tous.&amp;quot; Pourquoi penser à la mort? Est-ce que nous avons peur de la mort quand nous n'y pensons pas? Mes amis ne comprenaient pas pourquoi la pensée est un obstacle à la perception directe. Cela leur semblait un appauvrissement de la condition humaine. D’ailleurs, le monde n'allait-il pas dans un sens complètement opposé sans espoir de retour? Toute l'humanité semble entraînée dans une course folle où la non-pensée n'a pas de place... Pourquoi ne pas penser? C'est ce que nous avons de mieux à faire, non? Regardons les faits. Nous ne repoussons pas la pensée utilitaire. Nous repoussons la pensée qui prétend se substituer à notre être profond. Nous ne sommes pas de la pensée! Tant que nous collons à la réalité que nous avons sous les yeux, nous ne risquons pas de perdre de l'énergie. Il n'y a aucune césure entre la perception du monde et la réponse au monde. Par contre, lorsque nous pensons, nous ouvrons la porte à la dispersion de l'énergie. Voir ce qui est sans aucune interférence nous promet la meilleure réponse dans l'action qui est à faire... Nous pouvons prendre conscience que ce fonctionnement est le plus adéquat simplement par le bien-être physique ressenti pendant et après l'action. Depuis quelques jours, je n'avais pas eu le temps de remettre mon énergie à zéro. La saturation n'était pas loin. Je décidais de m'asseoir et de prendre conscience des tensions accumulées. Sans que je puisse identifier les tenants et les aboutissants, je m'abandonnais au sans-forme. Le mantra &amp;quot;Om namoh Bagawate&amp;quot; qu'emploie les disciples d'Aurobindo, s'imposa comme le vecteur harmonisant. Je ne suis pas fanatique des mantras, cependant, je dois avouer qu'ils ont un pouvoir de recentrage excellent, pour peu que l'on ait conscience qu'ils ne sont pas une fin en soi. Bref, dans la tourmente, ils ont leur place. Et ce soir-là, la tourmente n'était pas loin... Quelle ne fut pas ma surprise de me réveiller le lendemain en pleine possession de mes capacités. L'ordre se mit dans tout ce qui attendait un règlement. La force impersonnelle fonctionnait à merveille. Je n'avais pas dénoué les noeuds dans le mental, &amp;quot;ça fonctionnait par dessus.&amp;quot; Je ne voyais pas alors l'intérêt de regarder en arrière. Tous les domaines qui devaient influer sur la déprime énergétique s'étaient trouvés corrigés sans que je sois intervenu volontairement. L'organisation du travail, par exemple fut réorchestrée d'emblée magistralement. Ce jeu merveilleux de la force impersonnelle s'impose par sa clarté et sa pertinence. Rien à ajouter ou à retrancher. J'avais pensé jusqu'à présent que l'on devait se libérer en prenant connaissance des obstacles intérieurs. Ma stupéfaction était grande devant l'ordre harmonieux qui s'était réinstauré spontanément. Seul le sentiment de perfection était présent. Je n'avais pourtant pas vu le pourquoi du décentrage. Pourquoi demander comment la voiture fonctionne quand elle file comme le vent? Elle roule. Point. Le dérapage peut être évité par la méditation régulière, pas forcément assise, mais la vigilance. Cette vigilance doit idéalement être présente tout le temps. Si ce n'est pas le cas, nous pouvons néanmoins faire le point quand nous sentons que nous perdons le fonctionnement impersonnel limpide. C'est donc un point capital que nous venons d'évoquer. La différence fondamentale d'avec la psychothérapie tient dans le fait que nous possédons un moyen de retrouver l'équilibre sans faire intervenir l'analyse. Ce moyen est l'abandon de toute volonté personnelle. Cet abandon restitue une vision claire de la réalité, celle-ci engendre elle-même l’action nécessaire. 83. PERCER LA FLèCHE DU TEMPS.  Comment veux-tu percer la flèche du temps à courir ainsi? A moins de t'arrêter, jamais son souffle zénithal ne rafraîchira ton esprit... Il te faut être en face du gouffre néantiel, sentir son aura froide caresser tes joues; ne pas fuir surtout! Immobile et serein, sans attente, tiens-toi là, et regarde. Langage tari, souffle suspendu, tu sens proche, imminent, l'éclatement du moi. Il ne résiste pas à la dépression de l'être vers le néant... Mais tu n'as pas peur; tout est gelé dans l'espace vide; stable, presque mort. Et le vent du néant souffle sur ta mémoire; tu ignores qui tu es, qui tu fus. Dans cet arrêt total, le temps est suspendu; l'horizontal n'est plus; tu revois dans les limbes l'espace-temps, l'homme, le monde comme un rêve. Tu perçois évident cette dentelle du réel reposer hors de l'existence, y prendre sa source, y retourner. Si son jeu semble vrai, c'est qu'elle brille sur le lac de l'absence... Maintenant, la folie a cessé de se perdre en mouvant sur la vague manifeste. Quelle image de toi pourrait demeurer là, qui prêterait le front à l'outrage? Les griffes du destin, les mensonges à venir n'auront plus prise à rien. Tu es libre. Baptisé d'infini. Ton coeur serein rend grâce.  84 VISION CHAMPETRE.  Assis sous un chêne, je méditais, les yeux grands ouverts, la conscience immobile. &amp;quot;j'ai besoin d'un pilote de tracteur&amp;quot;, dit mon frère en venant à mes côtés. Je me levais et le suivais. Mon attention restait libre pour méditer au volant du tracteur en première. &amp;quot;Qui est celui qui voit?&amp;quot; par notre regard sur le monde... A cet énoncé, notre conscience effectue un mouvement de recul semblable à celui de la conscience de l'Unité. Ce mouvement apparent de recul est en fait un centrage dans le vecteur sujet/objet, à ce point défini; &amp;quot;vision&amp;quot;. Notre être est rassemblé, dans la juste position de l'équilibre intérieur de la conscience. Cela nous conduit au-delà du par-delà...sans quitter notre place, dans le non-espace et le non-temps. Devant un paysage, sachons retrouver cette vision non dualiste. Elle embrasse et fond tout dans l'Unité. Nous ne pouvons rien attraper; alors, ouvrons-nous! Nous sommes naturellement identifiés à l'objet vu. Seule, la fonction ego nous fait revendiquer une distinction entre l'objet et notre image intérieure, fruit de notre expérience. La reconnaissance cognitive nous emprisonne dans la dualité. Regarder sans l'effort de reconnaissance, c'est se dégager de la discrimination. Nous réintégrons alors notre nature essentielle immédiatement accessible derrière le mouvement de saisie intérieure habituel. Idiot, dans le vague; nous devons éviter de rêvasser. Apprécions cette réalité incernable, fluide, floue: c'est nous! Tout se déroule dans cette conscience illimitée. De vague, sans contours, presque sans lumière, cette réalité se révèle dense, cristalline si nous lui laissons le champ libre. Il n'y a rien d'autre à faire: simplement être... L'innocente posture de l'être nous ravit. Elle enchante notre coeur, éclaire notre esprit. Pourquoi le monde ne peut-il suivre cet influx? Les hommes bloquent plus ou moins consciemment l'infusion de l'être et son action spontanée. Nous avons sentie cette action spontanée; elle nous avait fait pleurer de joie. Nous nous sommes ressaisis, avons mis un mouchoir sur notre sentimentalité; et avons poursuivi la route rude et impitoyable de l'adulte responsable... La société de consommation implique le bien-être de l'homme. A ce titre, nous connaîtrons un jour à coup sûr la liberté; elle est le suprême bien-être attendu depuis l'aube des temps.  85. ARTISTE-CARROSSIER...  Un jeune homme romantique venait me voir pour que je l'aide dans les problèmes importants qui lui incombaient. Quand il me dit qu'il avait un brevet de carrossier, je ne le compris pas. &amp;quot;Il faut bien manger!&amp;quot; C'était sage... De gros problèmes avec son père le rongeaient. Ce dernier était devenu psychotique et irresponsable. Très dur pour un adolescent de dépasser l'image d'identification habituelle de son père pour cause &amp;quot;de non-conformité&amp;quot;. -Depuis que j'ai ces problèmes, il m'est impossible de peindre. C'est le vide total! -La source créative vient de notre profondeur. Si nous sommes coupés de notre profondeur pour cause de souffrance, nous nous coupons du même coup de l'élan créatif. Aussi, quand nous prenons conscience de cela, et que nous nous laissons aller à la souffrance légitime, pourrions-nous dire, nous pouvons retrouver le courant limpide de la vie et de la créativité. Vous faites douloureusement la découverte de cette source. Mais si vous n'aviez pas connu cette passe difficile, vous seriez peut-être passé toujours à côté de la dimension essentielle de la vie. Beaucoup d'artistes ne mettent pas en pratique l'inspiration de leur nature profonde; ils suivent la simple projection hasardeuse de leurs pulsions inconscientes, de ce qu'ils croient être eux-mêmes. -Je m'inspire souvent du rêve, est-ce une mauvaise façon de créer? -Le rêve est la manière dont notre esprit règle les choses des jours précédents que nous avons vécus et qui nous ont impressionnés. Ce n'est en aucune façon le jeu libre de la créativité; tout au plus un puzzle conditionné. L'artiste qui voit cela ne peut pas se contenter d'un tel langage. -Que pouvons-nous faire pour quitter ce rivage conditionné? -Vous devez retrouver en vous cet état, ce non-état, qui ne dépend de rien d'objectif. Il est simple de le voir dès que nous savons qu'il n'y a rien à saisir. Nous devons rester vigilants, sans rien faire ni penser volontairement; mais juste laisser couler la vie en nous sans interférence. Pour l'artiste, cela suppose un abandon qu'il n'est pas souvent amené à pratiquer. Il part plus volontiers de &amp;quot;que vais-je exprimer?&amp;quot; La juste position veut que nous nous considérions comme des canaux de la vie qui se manifeste en nous. Mais cette vie coule sans réflexion, sans soi-conscience, sans intention. Comme elle est, elle fait. L'ego apparaît quand le courant de la vie fait plusieurs plis, interfaces qui créent un effet de miroir, une conscience de soi dans l'action. La conscience de soi rapportée au corps physique, telle est l'ego. L'ego n'est pas autre chose qu'une complication de la manifestation, un tourbillon qui se coupe de la source. Il n'est d'ailleurs indésirable que parce qu'il se coupe de la source; en tant qu'interface réflexive, il n'est pas pathologique... Pour en revenir à la créativité, elle ne peut exister durablement que lorsque nous nous accordons à notre profondeur indifférenciée, à la vie qui jaillit, claire, limpide et joyeuse.  Encore un mot; trop souvent, l'inspiration est dite promue par la souffrance, quand ce n'est pas par la névrose, voire la psychose! C'est faire fis de tout ce que l'homme possède de grandeur et de divinité quant aux possibilités de créer à partir du non-conditionné.  -C'est très important, ce que vous dites là! Je vois que jusqu'à présent, je n'ai pas suivi ce courant de la vie; moi qui considérais que le rêve était la source de la créativité, vous m'avez fait découvrir une dimension insoupçonnée. Merci. Puissé-je me souvenir de tout cela demain! -Vous ne pourrez vous rappeler que de ce que vous devez éviter; la limpidité foncière n'est pas du domaine de la mémoire. Mais elle sera là dès que vous lui laisserez le champ.  86. LA VIE MONASTIQUE.  La vie monastique est le refuge naturel pour réaliser la conscience de l'unité. Aujourd'hui, la vie moderne que nous menons ne permet que difficilement le rassemblement de notre énergie. Nous sommes attirés de toutes les façons à l'extérieur, et bien que nous sachions que l'unité n'est ni à l'extérieur ni à l'intérieur, mais au-delà des localisations, la projection vers l'extérieur mobilise notre énergie dans des activités triviales et mondaines. Aussi est-il préférable de se tourner vers l'intérieur pour centrer notre énergie vers sa source, le Soi, la conscience non-conditionnée.  Arrive le moment fatidique où nous devons choisir: passer sur l'autre rive, ou rester ici. Rester, c'est vivre la limite en étant conscient que nous avons refusé de sauter le pas. Se jeter à l'eau, c'est trouver la vie éternelle, le sans-limite, l'immensurable. Nous n'avons pas le choix, en fait. Nous sommes bénis à ce stade. Pas de retour possible dans la vie mondaine. Simplement le cri de plus en plus intense de l'appel divin. Nous nous demandons si cet appel est celui de l'ego qui recherche l'illumination; mais non. C'est la loi qui s'accomplit. Le Fils devient le Père. Tout se fond en Un. Avec ce retrait des affaires du monde, nous sentons le besoin de silence, d'immobilité, de méditation. Tout est clair. Le mental et l'ego sont vus comme jamais auparavant. Leur fonction perturbante apparaît définie, et telle une tumeur qui est bien cloisonnée, on peut la retirer sans mettre la vie en péril.  C'est aussi le sentiment d'un grand voyage qui arrive à son terme. Un tour du monde qui se termine... Un peu de nostalgie. Nous sommes enfin réveillés. Les rêves sont évanouis. Ils furent des milliers. Nous avons couru après notre ombre pendant des siècles. Nous avons recherché à travers les objets et les êtres ce visage sans ride qui sourit à jamais, cette lumière sans ombre qui baigne la création et se cache derrière... Nous avons recherché, et nous avons compris que ce reflet sublime dans l'eau objectivée, est notre visage propre. Nous nous sommes arrêté, et nous avons pleuré. Que de méprises, que de souffrances aurions-nous évitées, si nous avions compris dans les temps reculés ce message d'amour et de félicité! L'Absolu est ici, sous nos yeux dessillés. Nous restons silencieux, assis à méditer. L'impression que mille ans ont duré l'espace d'une journée...  87. LA CLARTÉ SANS ÉGAL.  La non-dualité ne tolère pas le moindre élément de progrès, de comparaison, de technique. Les différentes techniques de yoga sont ainsi mises à l'index. Dans la maison de cristal, il n'y a pas de place pour l'ombre. Nous sommes allés dans le midi pour assister à l'inhumation d'un ami. A cette occasion, nous avions pensé rencontrer un Swami hindou. Mais, en fait, des réflexions d’amis proches de lui, évoquant « sa passion » pour les compétitions sportives, nous révélèrent que ledit swami était loin d'avoir dénoué tous les liens qui entravent l'illumination. Nous avons vu combien le désir du disciple d'avoir un guru peut lui occulter l'évidence de la fausseté, du pseudo-guru. Il est vrai, les sages authentiques ne font pas la promotion de stages lucratifs, dans la campagne française. Seuls les maîtres ès plan psychique peuvent trouver l'intention de faire de telles prestations techniques. Ce sont des fakirs, mais pas des êtres réalisés, lesquels se contentent de répondre à la question des âmes en recherche profonde.  La Voie Parfaite est sans fard. Elle n'attire pas les yeux. Elle ne scintille pas. Elle ne tinte pas à nos oreilles. Elle est transparente. On peut passer à côté et ne pas la voir. Nous sommes tellement habitués aux couleurs violentes que la limpidité nous est invisible. La liberté n'a pas besoin de publicité. Elle est. Qui ne la voit pas perd son âme, mais ne le saura pas.  La clarté de l'Etre infini n'aveugle pas celui qui voit. Ce qui peut luire, c'est la lumière des couches intermédiaires. Voilà pourquoi nous avons l'impression que les êtres réalisés ont quitté la surface du globe. Non, simplement, ceux-ci ne courent pas après les disciples. Ils vivent secrètement, hors des sentiers battus, loin des yeux curieux. Vous pourrez les croiser et pas les reconnaître; leur lumière intérieure n'apparaît pas au jour. On ne peut même pas dire qu'ils veillent sur l'humanité; ils sont en unité... La sagesse ne bougera pas d'un pouce pour sauver les humains de quelques catastrophes. Pour elle, il n'y aura jamais de catastrophe. Ce qui peut être cassé dans le monde n'est pas sacré; alors... La Voie Parfaite ne vient pas vous chercher. Un jour, c'est vous qui comprenez que vous avez de tout temps demeuré en son sein. Mais vous avez vécu comme un prisonnier, et ça, vous comprenez que c'est fini. A vous la liberté!  88. Dialogue à propos de la « LA CONNAISSANCE DE L'ABSOLU »  -J’aimerais que tu commentes ce que tu as écrit à propos de l’Absolu. Je te cite : « La connaissance de l'Absolu est à la portée de la main. La main de l'innocence. Nous avons été formés à connaître le monde au moyen du langage et de la pensée, et naturellement, nous nous tournons vers la suprême connaissance, l'Absolu, comme s'il s'agissait d'acquérir un savoir. Mais l'Absolu n'est nullement un savoir ; il transcende à la fois le langage et la pensée. Il est insaisissable. Nous devrons apprendre de nouvelles règles pour approcher l'Absolu. » C'est tellement incroyable... On nous a toujours appris que c'est sacrilège de vouloir être Dieu. -Heureusement, nous découvrons très vite que Absolu signifie non-séparé. Non-séparé de nous, du monde, bref, de tout. Le grand tout, l'Un. Donc, nous le sommes déjà totalement ; nous ne saurions l'être davantage. &lt;br /&gt;
-Révélation! Je suis l'Absolu! &lt;br /&gt;
-&amp;quot;Tu&amp;quot; n'es pas l'Absolu ; ce n'est pas une personne... personne ne peut être l'Absolu, la vague ne peut prétendre couvrir l'océan. &lt;br /&gt;
-Ne suis-je pas aussi réel que l'océan? &lt;br /&gt;
-Seul l'océan est réel, les vagues sont irréelles. Autrement dit, l’océan peut exister sans vagues, alors que les vagues ne peuvent exister sans océan. L’irréel est une onde sur le réel, une onde transitoire. &lt;br /&gt;
-Veux-tu dire que si l'océan est là, nous, en tant que personnes humaines, disparaissons? &lt;br /&gt;
-Oui. &lt;br /&gt;
-C'est affreux! je veux rester présent pour connaître Dieu. Sinon, quel est l'intérêt d'une telle quête? &lt;br /&gt;
-Tu penses que c'est affreux comme beaucoup d'autres chercheurs de vérité que l'on voit faire volte-face devant cette incontournable condition d'accès: disparaître. La chenille doit disparaître pour que le papillon apparaisse. Cela dit, nous pouvons prendre conscience de l’océan sans que les vagues disparaissent de la surface de l’océan. &lt;br /&gt;
-Si nous sommes noyés dans l'Absolu, comment se fait-il que la plupart d'entre nous n'ait pas conscience d'y être? Qu'au contraire, nous agissions comme des êtres éloignés de leur nature profonde, que nous soyons capables, tous les jours, d'être parfaitement sauvages, meurtriers, et fiers à la fois? Cette question fondamentale m'interpelle. Est-ce l'illusion cosmique, la maya des hindous, c'est-à-dire une cause à l'extérieur de nous, la source de l'oubli de notre nature profonde, ou bien n'est-ce pas nous-mêmes, tous seuls, qui voilons inconsciemment, involontairement cette glorieuse réalité foncière? &lt;br /&gt;
-Nous seuls cachons cet Unité fondamentale par une production de notre mental individuel, à l'instar de nuages qui occultent le ciel bleu. Nous sommes les auteurs uniques de la noyade dans le Relatif, le multiple, le différencié, et donc les seuls à pouvoir défaire le charme qui nous montre des vagues au lieu de l'océan. &lt;br /&gt;
-Maintenant, pourquoi l’océan peut-il faire croire à l’existence des vagues? Comment la vague tissée d’océan peut-elle ignorer la nature de l’eau, n’est-ce pas, c’est un peu cela la question? &lt;br /&gt;
-Cette question est effectivement incontournable, fondamentale. Et la réponse est folle: il n’y a jamais eu de vagues pour l’océan, voyez-vous, aucun second, rien que Lui... Si bien que nous pouvons questionner en tant que vague, mais la réponse, sur l’autre rive, rend impossible toute approche intellectuelle: une seule porte, l’absolu. Une seule réponse: l’absence de questionneur. Tel une poupée de sel rentrant dans l’océan nous fondons dès que nous nous y baignons. &lt;br /&gt;
-La tradition juive, la Kabbale, dit que Dieu a fait une sorte de trou dans son corps, d’où il s’est absenté pour laisser place à l’univers et aux hommes. Toute réponse dans le relatif éloigne de l’éveil. C’est une façon d’entériner la création, la dualité, comme une chose en soi. Alors que l’univers est précisément tout sauf « en soi » . Il est en Soi. Dans le Réel. Regardez bien ceci, c’est encore une brèche dans la pensée.  -Par où commencer cette quête? Y a-t-il des moyens pour arracher les nuages devant le soleil? &lt;br /&gt;
-Faut-il que nous jouions, à l'intérieur du rêve, à nous éveiller? Ne faut-il pas au contraire partir du début : nous sommes l'Absolu, puisque nous ne pouvons pas ne pas l'être! Il nous faut arrêter de faire comme si nous ne l'étions pas ; comme si nous étions des êtres humains sujets à la mort... Quand le rêve prend fin, nous ne nous sommes jamais endormis... non seulement, il n'y a jamais eu de rêve, mais encore moins de &amp;quot;nous&amp;quot;. La transparence infinie.  -Attends! maintenant, tu veux nous dire que la mort n'existerait plus? &lt;br /&gt;
-Je veux dire si tout est un, es-tu encore un corps particulier? Es-tu jamais né? Qui donc est né, et qui meurt? Vois-tu l'enjeu de tout cela? &lt;br /&gt;
-Non, je suis complètement perdu. Reviens en arrière. &lt;br /&gt;
-Comment sais-tu que tu es ce corps? &lt;br /&gt;
-Quand je me regarde le matin dans la glace... enfin, je suis sûr que je suis ce visage-là ; pourquoi en serait-il autrement? Quand je lève la main, c'est bien moi qui lève la main, non? &lt;br /&gt;
-Tu lèves la main par réaction, dans une chaîne d'interactions, dont le début et la fin ne t'appartiennent souvent même pas. Mais tu t'identifies au mouvement immédiat, sans voir les tenants et les aboutissants. La plupart des mouvements internes se font involontairement. « Tu » ne lèves pas la main; c’est ton corps qui lève la main, est-ce que tu saisis la nuance? Regarde par exemple ta respiration. Est-ce toi qui respires? &lt;br /&gt;
-Bien sûr! &lt;br /&gt;
-Observe encore. Si tu peux respirer volontairement, n'est-ce pas en fait involontairement que &amp;quot;cela&amp;quot; respire dans ta poitrine? &lt;br /&gt;
-Mais c'est dans mon corps que cela ce passe... C'est forcément moi qui respire! &lt;br /&gt;
-Ne te laisse pas abuser par l'habitude de tes pensées. Essaie de découvrir ce qui se passe comme si c'était la première fois que tu voyais un homme respirer. Il faut que tu remettes en question tout ce que tu crois connaître, car ton savoir est de seconde main. Vois par toi-même. Ne laisse personne penser ou dire pour toi. Demande-toi pourquoi ce corps est tien ; cette respiration est-elle vraiment tienne? &lt;br /&gt;
-Qu’est-ce que la réalité du monde? &lt;br /&gt;
-Qui t'a dit: &amp;quot;le monde est réel ? Le monde est objectif ?&amp;quot; &lt;br /&gt;
-Bien sûr le monde est réel! &lt;br /&gt;
-Ta certitude est basée sur quoi? Réfléchis bien. Prends ton temps. Est-ce que vraiment, tu peux dire de ton fait que le monde est réel? &lt;br /&gt;
-Ce sont les scientifiques qui le disent. Même quand on ferme les yeux, le monde continue d'exister... Je sais bien que certains philosophes des temps passés affirmaient que le monde est illusoire, comme s'il n'existait que dans notre pensée, qu'il disparaissait quand nous cessions de le penser... Mais nous devons mettre en doute une telle affirmation ; les scientifiques ont montré aujourd'hui que la matière existe indépendamment de la conscience de l'observateur individuel. Quant à la conscience impersonnelle comment démontrer un jour qu’elle est séparée de la matière? Cela ne se peut. Elle est la matière... &lt;br /&gt;
-Les scientifiques ne disent pas toujours que les fondements théoriques de la Science sont des postulats. Ils postulent de la réalité: On va dire que les particules élémentaires, briques fondamentales qui cimentent l'univers sont &amp;quot;réelles&amp;quot;. Mais le comportement de ces particules est plus proche de l'illusion que du vrai. L'univers n'est peut-être que le rêve, la subjectivité d'une seule conscience... Cela n'est pas contredit par la science. Au contraire, ne touches-tu pas du doigt que sans autre, le réel est indéterminable? Il faut deux choses, dont l'une est qualifiée de réelle et une autre en comparaison de fausse. Toi, sans référence à quiconque, peux-tu dire si l'univers est une réalité objective? &lt;br /&gt;
-Non. Je ne sais pas. Après tout, dans mes rêves, les choses semblent bien réelles...(silence) Ne vais-je pas devenir fou, si je ne sais plus ce qui est réel, ce qu'est mon corps ; je me sens chanceler devant une telle perspective... &lt;br /&gt;
-Tu as raison, la folie côtoie l'extase. On a dit que la différence entre le schizophrène et le saint est la suivante : le fou et le sage sont dans le même océan impersonnel, mais tandis que le sage nage en paix, le fou se noie angoissé. Au-delà de cette image, précisons les choses: le changement de statut intérieur que connaît l'éveillé défit la description. Il est devenu sans référence, inconnaissable, même pour lui-même. Absolu ne se connaît pas lui-même ; comment pourrait-il le faire? Il faut être deux pour connaître, un sujet et un objet... Il faut être séparé de ce que l'on voit. Quand on a les yeux collés sur l'image, on ne voit plus rien. L'oeil ne peut se voir lui-même. Tout cela est essentiel pour comprendre l'inaccessibilité du Principe Absolu. On ne peut que l'être, impersonnellement ; on ne peut jamais le voir, le sentir... Cela doit faire cesser les tentatives folles de le saisir, le comprendre, l'atteindre. Nous sommes déjà totalement fondus dans le lac absolu, alors ne rêvons plus d'être coupé de lui. 89. VOIE DU COEUR  L'extase de l'union non-duelle ressemble à l'étreinte amoureuse. &amp;quot;Je suis amoureux de Dieu&amp;quot; aurais-je pu dire alors. Et pourtant, force est de constater qu'il n'y a pas de &amp;quot;Dieu&amp;quot;, en cela. Pour qu'il y ait Dieu, il faut être deux, et l'expérience indiscible nous démontre qu'il n'y a qu'Un Seul. Ramakrishna disait parfois : &amp;quot;je préfère être en dehors du sucre pour pouvoir le goûter&amp;quot;. Mais ce n'était qu'un jeu d'amoureux. L'altitude de l'aigle solitaire revenait lui dire que le jeu ne peut durer longtemps, et que Dieu n'est pas, en tant que séparé de Soi-même. Il n'y a que &amp;quot;Cela&amp;quot;. Comprenez moi ; cet athéisme-là accueille l'Absolu ! D'ailleurs, dans l'union des corps, ne sommes-nous pas volatilisés? N'y a-t-il pas ces corps vibrants et personne &amp;quot;dedans&amp;quot;? Et nest-ce pas justement cela qui, dans la &amp;quot;petite mort&amp;quot;, nous fait goûter l'extase?  90. IL AVAIT RETROUVÉ LE CHEMIN DE LA MÉDITATION...  Il avait retrouvé le chemin de la méditation et avec lui la bénédiction d'exister. Depuis quelques mois, le souffle pur et impersonnel avait eu beaucoup de mal à se faire sentir, au-delà de la carapace du mental; carapace de certitude, d'images de soi, de volonté, d'intentions variées, de désirs et de peurs. Quand le mental s'arrête, c'est une pure bénédiction. Enfin l'espace a un sens, la liberté est là. L'inintention naît, et avec elle le bonheur de vivre dans la spontanéité. Heureusement, la dislocation intérieure est douloureuse; sinon nous pourrions rester enchevêtrés dans le conditionnement sans nous en rendre compte. Le centrage intérieur donne une sensation de chaleur interne, comme si les cellules communiquent entr'elles. La plénitude d'un cocon qui rappelle le sommeil profond, un peu comme si nous étions profondément endormis, et en même temps bien éveillés. Une douce présence nous enveloppe. Une qualité de l'énergie immobile. Il voulait aller au-delà du mental, ignorant que notre énergie basique, fondamentale, vitale, se situe en-deçà. Flottant en surface de l’esprit, la douce profondeur fuit. Involontairement, il avait quitté le berceau de la non-dualité. La souffrance vînt lui rappeler la condition de l'humain qui refuse le silence et l'incommensurable de sa nature. Finalement, il lâcha les prétentieuses perspectives poursuivies, pour se plonger de nouveau dans sa source. Quand les tribulations de l'être humain sont plutôt neutres ou heureuses, il ne fait jamais l'effort d'échapper au conditionnement. Il faut vraiment la souffrance pour le réveiller, tel un rustre animal que le pic du berger fait sortir de son rêve illusoire. Tout au long de ces mois, il n'avait pas pu refermer le gouffre de néant qu'il se savait être. Forcément, les chocs de la vie ne pouvaient pas l'enferrer; seulement lui faire un peu peur. Très vite, ce visage sans forme et sans limite, tel un cri de silence, s'était rappelé à lui. Les quelques photos qu'il avait laissées s'accumuler en soi furent soufflées par le vent de l’absence. Qui suis-je? Personne ne répondit... Quand il entendit parler d'hypnose, la force vibra en lui. Elle reconnaissait une de ses manifestations. Le sujet hypnotisé descend sans le savoir ni le vouloir dans son for intérieur, d'où il est possible de contrôler ou de produire des phénomènes bizarres qui témoignent du pouvoir immense de notre intériorité. Le contrôle sur le corps en est un exemple. Se manifeste ce que le sujet croit se manifester. Mais la grande distorsion réside dans le fait que cette intériorité est coupée du réel. C'est un état de rêve semi-éveillé, guidé par la suggestion. La conscience de l'unité est une ouverture de cette force intérieure au réel, comme un embrassement total et sans condition. Voici la différence fondamentale d’avec l’hypnose. La force qui rêve est ouverte au réel. On sent bien à la vivre qu'elle peut transfigurer la perception. Les hallucinés en font la pathologique expérience. Elle qui peut nous faire voir n'importe quoi, épouse alors la stricte et parfaite réalité sous nos yeux, mais une réalité encore plus dénudée que nous la percevons habituellement. Il n'y a même plus de reconnaissance perceptuelle, mais une plénitude sans faille. Impossible de sentir quelque vide que ce soit, dans cela. C'est par amour qu'elle peut épouser le réel. Sinon, la peur la maintient au fond de l'être cachée, insoupçonnée, même. Telle est notre histoire. Tant que nous sommes incapables de nous abandonner, nous laissons scellée dans notre coeur la conscience de l'extase, la perception non-duelle qui bouscule notre champ de vision rétréci habituel. Notre visage imaginaire disparaît. Nous sommes alors &amp;quot;le grand dragon&amp;quot; à la gueule de néant... Notre énergie doit rester hors du temps. Dès qu'elle s'investit dans le temps, nous sommes bientôt emprisonnés. Un pied dans le temps, un pied hors du temps...  91. LA MORALE ET L'AMOUR.  La morale vient combler le manque d'amour. Si nous aimions tous les hommes et tous les êtres vivants; il n'y aurait aucun besoin de morale. La morale dit &amp;quot;non&amp;quot;, &amp;quot;ne pas&amp;quot;; l'amour dit oui! La morale a perdu maintenant ses racines transcendantes religieuses. &amp;quot;Aimez-vous les uns les autres&amp;quot; est une façon de dire &amp;quot;à mort la morale!&amp;quot; -Mais si tout est pareil, identique, à quoi cela sert-il d'être secourable avec son prochain? De ne pas le tuer? De ne pas le voler? Puisque l'avoir n'existe pas, ce n'est plus &amp;quot;mal&amp;quot; de détrousser son prochain, alors?&lt;br /&gt;
-Ces lois fonctionnent au niveau relatif. Et elles sont justifiées par un équilibre entre les individus, et les groupes d'individus. La loi de réciprocité, par exemple. Quand on reçoit quelque chose, on se sent naturellement enclin à redonner quelque chose en échange, peut-on dire. Y a-t-il besoin de penser pour que cela se manifeste? Et ces lois fonctionnent entre les individus qui restent fascinés par l'avoir. Entre les êtres qui ne sont plus identifiés à l'avoir, ces lois n'ont plus cours... Et les nombreux conflits qui en découlent non plus.  92. VIVRE INCONSCIEMMENT DANS LA SOURCE.  Voilà ce que je peux dire aujourd'hui. Trahis par les mots, je ne veux plus rien dire que ça, rester dans le principe originel sans le savoir, coi. Agir sans savoir que l'on agit. Non-agir? Quelque chose comme cela; autant que l'on puisse s'en rendre compte. Un pilier: la méditation assise. Un toit: la voûte étoilée; un plancher: le silence. C'est vite criant, autrement. Cela grince. La réaction des choses nous poste immédiatement au bon endroit. Quand on sent ce lieu qui ne connaît pas la réaction; on ne peut plus le quitter. Seulement, parfois on ne sait plus où est ce lieu. Il n'est pas dans la mémoire. Il faut le vivre, le sentir pour aller s'y rafraîchir. Hommage à Krishnamurti qui a su ne pas en parler... Paradoxe, n'est-ce pas? Quand on ne le connaît pas. Mais peut-on vraiment ignorer ce lieu? Ne sommes-nous définitivement dedans sans le savoir? Mieux: Ne sommes-nous pas ce lieu sans le savoir?  93. LA CONSCIENCE EPANOUIE AU-DELA DES TROIS MONDES  _Quel est le rapport de la conscience avec les trois corps, le corps physique, le corps émotionnel, et le corps mental, dans une perspective d’éveil? -D’abord, je ne soutiens pas l’idée de corps distincts pour désigner le véhicule physique, l’affectivité et enfin le mental. Je parlerais plutôt de différentes couches de fonctionnement, physique, affective et mentale. Le premier mouvement de conscience est d'observer notre corps physique, notre sphère affective, et notre pensée, pour y détecter les tensions, refus ou attraction, sans chercher à les faire disparaître par un effort volontaire. Seulement observer. Le réseau d’attraction répulsion se dessine, et sa trame emprisonnante se révèle être un tout, l’ego. Dès lors, notre nature profonde qui ne dépend de rien, devient évidente dans sa liberté en regard du mouvement de l’interdépendance egotique. Cette divine nature repose secrètement entre les mailles du filet de la dualité, véritable mer transparente et cachée à l’esprit avide de poissons et aveugle à l’eau scintillante. Que se passe-t-il donc pour la conscience qui voit les différentes couches de notre perception? Elle prend conscience d'elle-même! La conscience de Soi apparaît. C'est ce mouvement qui termine la manifestation. Individuellement. C'est-à-dire que nous n'avons plus besoin de vivre des expériences conditionnées pour avoir le sentiment d'être. C'est pourquoi nous sommes libres par la suite des contingences matérielles. Nous nous « connaissons » comme l'inconnaissable. La quête sans fin que nous avions connue par le passé arrive à son terme. La dualité apparente manifesté/être conscience est résorbée à son tour dans l'inconnaissable, tant l’implosion spirituelle absorbe avec elle le monde extérieur. Les mailles du filet ne sont plus que des fils « de la vierge » gelés dans le petit matin blême hivernal. Tout est Etre, Conscience, Amour.  94. LA CORDE ET LE SERPENT  -J’ai entendu dire que les émotions empêchent de vivre la sagesse, est-ce vrai et cela implique-t-il que les sages soient insensibles comme des pierres? -L’émotion, c’est quoi? Un écho physique d’une perception externe ou interne. Une participation neurovégétative au vécu. Le coeur bat plus vite, le souffle aussi, les muscles se tendent... Les émotions ont un rôle à jouer dans notre vie. Certaines émotions concernent la survie, l’amour. Elles colorent les événements de telle sorte que nous nous rappelions mieux les faits. Malheureusement, cette coloration déforme souvent notre perception des faits, et là est le problème « spirituel ». Elles accentuent la dualité dans notre esprit. -Comment naissent les émotions? -La pensée prend racine dans la conception et enfin dans la perception, voyons cela ensemble. Parlons de la peur. Si vous n’avez jamais vu de serpent, que vous ignorez tout des dangers que ces animaux font courir, lorsque vous voyez une corde dans la pénombre, vous n’avez aucune émotion de peur ou de fuite car vous ne pouvez imaginer qu’il s’agit peut-être d’un serpent. Vous voyez bien que dans cet exemple la conception conditionne directement les émotions. Maintenant, cherchons si certaines émotions sont indépendantes des concepts et des percepts. Les émotions guerrières sont-elles indépendantes des conceptions? Là encore moins qu’ailleurs, on voit bien que la pensée d’appartenir à une tribu, une nation, est un préalable à une émotion, telle le sentiment d’être agressé par un ennemi; pour être agressé, il faut être deux. Si vous ne voyez pas deux, y a-t-il agression? -Prenons la jalousie, par exemple, où est la pensée, la conception? -D’abord dans l’idée d’être distinct de la personne dont on est jaloux. Si vous supposez que vous participez de la même vie, son expérience est celle de la vie, comme la vôtre; aucune raison de préférer son expérience à la vôtre, la vie s’enrichit dans les deux cas... Ensuite, jaloux de quoi? De l’argent que possède cette personne? De sa belle maison? De sa femme ou de son mari? De ses enfants? De son intelligence? Outre le sentiment d’individualité, nous voyons les conceptions de l’argent, de la beauté, de l’intelligence... qui sous-tendent la jalousie. Toujours une pensée à la base. C’est à vous de découvrir si toutes les émotions sont dérivées de la pensée, de la conception. Vous verrez alors que toutes les conceptions se résument à celle que j’évoquais: l’idée d’être un individu séparé des autres, autrement dit, l’ego. Effectivement, il cristallise tout le fonctionnement créateur de la souffrance, de la dualité dans le monde. Votre vision doit comprendre cet ego pour dépasser vraiment les idées et les émotions de désir et de peur qui sont nés avec lui.  Ainsi, nous observons la source de notre affectivité et de notre action. Quand cette affectivité concerne des éléments agréables, nous ne nous posons pas la question de savoir comment faire disparaître la cause. En revanche, quand nous souffrons de la réaction émotionnelle, nous cherchons avec vigueur une solution pour éviter cela. C'est bien sûr un tort de dissocier le plaisir et la souffrance, car les deux sont liés dans les mécanismes de contrôle de notre esprit. Nous ne pourrons contrôler la souffrance sans prendre une certaine distance d'avec le plaisir. Que se passe-t-il quand nous voyons avec certitude que notre pensée est à l'origine des troubles émotionnels? Eh bien nous évitons naturellement de nous taper sur les doigts! Et nous pensons de façon à éviter de telles cascades émotionnelles. C'est-à-dire qu'au lieu de percevoir le serpent, nous nous demandons &amp;quot;n'est-ce-pas une corde?&amp;quot; Nous nous méfions de notre automatisme perceptif. C'est le principe des psychothérapies dites &amp;quot;cognitives&amp;quot; de faire prendre conscience de la façon dont nous percevons le monde et l'interprétons pour choisir des pensées qui n'entraînent pas les cascades affectives désagréables.  En ce qui concerne la Voie, cette approche &amp;quot;cognitive&amp;quot; ne vise pas autre chose que prendre conscience du conditionnement que nous promouvons nous-mêmes, et dont nous pouvons nous prémunir avec un minimum de lucidité. L'observation de la pensée et de son retentissement sur notre affectivité nous permet de ne plus subir, mais de contrôler à la fois la pensée et l'affectivité. Notre pensée provoque des réactions en nous, jusque dans des couches profondes de notre psyché, et en définitive, nous fait souffrir. Cela compris, nous évitons l’affliction et contrôlons la pensée et son pouvoir de mobilisation intérieure. Au-delà de ce contrôle des émotions, l'enjeu de cette observation au regard de la Voie de l'unité est de saisir que toute notre souffrance vient de notre interprétation erronée de la réalité, en particulier dans son aspect séparateur et dualisant. Partant de là, nous corrigeons notre vision pour embrasser l'unification de la conscience et une vision holistique, mot très galvaudé actuellement, mais qui a sa place ici. Ainsi, nous sommes partis de la pensée, source de l’émotion, et plus particulièrement de notre interprétation erronée qui engendre la souffrance, puis nous avons pris conscience au-delà, du caractère dualisant de notre perception habituelle; aussi nous semble-t-il nécessaire de contrôler à la source ce phénomène en cascade. Il est plus facile de contrôler la pensée naissante que l'émotion éclatée, comme de déraciné un gland à peine germé qu’un chêne centenaire. Nous sommes maîtres de la façon dont nous envisageons la réalité, tout puissants pour rester en prison ou pour nous évader. -Au bout du compte, les sages ne ressentent-ils aucune émotion? -Les « bonnes émotions », non basées sur une conception dualiste du monde, mais au contraire sur l’unité universelle, nous les nommons « sentiments », lesquels vibrent toujours au coeur des sages, leur magnifiant la beauté de la vie sans les fourvoyer dans une vision fausse.  95. ENCORE UN PAS...  Je me demande encore comment il nous est possible de nous perdre dans la dualité, puisque nous sommes au bon endroit dès le premier instant? Qu'est ce qui fait que nous en venons à souffrir? Courir après les phénomènes? Est-ce à dire que nous ne sommes jamais perdus? Sans doute, seulement, nous croyons être perdus... La fascination est toujours présente dans les choses de ce monde, nous plongeons dans les affres de la douleur sans la voir venir. Mais au fond, pourquoi fuir la douleur? Elle fait partie de l'unité. Quoi qu'il arrive nous sommes libres et le resterons, quoi que nous fassions, quoi que nous pensions. Tel est le vrai sens, inaliénable. Nous pouvons faire n'importe quoi, alors? Je n'ose répondre oui! L'Etre est sûrement intouché par les vicissitudes, les pérégrinations de chacun de nous. Pas une ride qui naît sur le lac absolu. Devant l'illimitation de notre être, tout désir, toute peur nous quitte. Un beau matin, éveillé d’un songe de prisons et de chaînes, nous constaterons que ces liens n'étaient que des fils de la vierge à l’aurore de l'éternité.  96. NOUS SOMMES LE FRUIT DE LA NÉGATION.  Etre heureux signifie être dans l'unité. Notre conscience n'est pas très éveillée dans ce cas. Dans le malheur, en revanche nous devenons vigilants et la vigilance est l'aube de l'éveil, donc du retour à l’Un. Dans la souffrance, nous refusons les événements tels qu'ils sont. Le « non » nous densifie. Nous prenons conscience de notre individualité dans la lutte bien plus que dans le bonheur. Nous seuls nous privons de l’unité, et ainsi du bonheur de la non-séparation. Même dans la douleur, nous pourrions rester dans l'unité; mais nous sommes poussés par l’expérience à refuser de souffrir. Et paradoxalement, c'est la fuite qui produit le plus de souffrance, et non pas la douleur elle-même. Ouvrons-nous à la souffrance, et nous connaîtrons ce bonheur non dépendant qui transcende à la fois la souffrance et le ...bonheur, lesquels sont indissolublement liés. Pourquoi sommes-nous contraints de fuir devant la souffrance? N’est-ce pas notre passé biologique? La souffrance dans notre chair signifie le risque de perdre la vie, l'intégrité physique. Aussi sommes-nous programmés pour fuir ou combattre en cas de douleur. Psychologiquement, nous suivons par analogie le même fonctionnement. Quand nous souffrons dans notre âme, nous fuyons moralement et physiquement. Voilà le conditionnement somatopsychique. Puis les rouages intérieurs se complexifient de fuite en fuite. Si nous devenons capables de rester unis à la souffrance, sans fuir intérieurement, alors nous découvrons l'unité et la joie qui demeure, même dans la tourmente.  97 ETRE CONSCIENCE, cerveau...  La réalisation passe par le coeur. Le coeur de l’inconscience foncière. Cela ne doit pas devenir conscient, cela restera toujours dans la face cachée de l’être. C’est ainsi, et à comprendre cela, on se repose sur ce lit de silence...  -Pourquoi ne peut-on pas être conscient de l’être? -Etre conscient signifie entrer dans le relatif, c’est-à-dire voir naître un sujet et un objet. Etre conscient implique toujours un objet. Alors que, s’agissant de l’être, peut-on encore parler d’objet? Percevoir un objet requiert une action du cerveau, laquelle suit un apprentissage. La conscience dépend du passé, n’est-ce pas là la marque de la dualité? S’agissant de l’être, ne parlons donc pas d’objet. L’être échappe au passé, au conditionnement. Faut-il parler de sujet? Nous avons déjà abordé cette question aux confins du langage... Plonger dans l’Etre dépend d’un changement de dimension. Il y a un saut, un changement de point de vue. On sort du relatif, autrement dit, on quitte tous les points de vue simultanément. La dualité sujet objet disparaît. On pourrait dire aussi on change de principe: au lieu de voir à partir d’un point, on voit à partir de l’ensemble. - « Voir à partir de l’ensemble », notre vision passe quand même par le cerveau, n’est-ce pas, donc d’un point particulier, lequel envisage le monde avec tout le poids de son conditionnement. Je voyais l’autre jour une émission sur le cerveau à la TV. D’éminents scientifiques nous ont appris que le cerveau est très actif dans le processus de la conscience. Il s’active pour percevoir, en quelque sorte. Il projette, anticipe, suivant son apprentissage, lequel peut conditionner entièrement sa capacité à voir tel ou tel type d’objet, par exemple les lignes verticales, les objets en mouvement. Si le cerveau n’a pas appris à être conscient de ces objets, il peut devenir incapable de les reconnaître par la suite; pour lui ils n’existent tout simplement pas... Ce qui m’amène à vous poser la question suivante: L’absolu est-il reconnu par le cerveau, celui-ci a-t-il appris à le percevoir? -C’est une question importante, il est vrai... Le principe originel est constamment présent lors de l’apprentissage du système nerveux. Ce dernier ne peut faire l’impasse de méconnaître l’écran qui permet son déploiement. Il est également vrai que tout notre apprentissage scolaire, culturel, familial, personnel, est rarement orienté vers l’expérience de l’être. On en fait un objet nommé Dieu, ce qui est la meilleur façon de lui tourner le dos. Les religions ont été conscientes de ce travers et ont parfois, comme l’islam, enjoint de ne jamais représenter Dieu. Mieux aurait été d’ajouter « ni de le nommer, de le penser »... Mais c’est ainsi, nous n’avons pas tourner notre conscience vers sa source. Le vécu originel d’avant la conscience est toujours présent en nous, pas à l’état de souvenir, mais actuel. Le changement de point de vue dont je faisais état précédemment, pourrait correspondre à un dépassement du relais cérébral. Je vous rappelle que le cerveau est un gérant de l’action. Il ne gère pas le silence, l’immobilité. Même lorsque nous dormons, il continue sous une forme subjective à agir. Il n’arrête pas de courir. Goûtant le calme foncier, nous ressentons un abandon de toute matérialité.  98. L’EGO N’EXISTE PAS, qui peut se libérer dans ces conditions?  99 Le soi en évidence.  Le Soi n'est pas un savoir. On ne peut le mettre en mots, ni en pensées. On peut le nommer &amp;quot;être&amp;quot;, sans différences. On peut le nommer &amp;quot;non-être&amp;quot; car tout ce qui est est conditionné et le Soi est libre, inaccessible. Si nous n'étions déjà totalement le Soi, il resterait à jamais hors d'atteinte. Réaliser le Soi est constater l'Unité foncière sous-jacente à notre capacité mentale de discrimination. Aucun effort n'est requis pour ce faire, aucun pouvoir extérieur à notre conscience ne peut y changer quoi que ce soit. Le maître de la Voie est toi-même, tout-puissant sur l'illusion qui t'emprisonne. La seule indication que tu puisses entendre est donc: &amp;quot;Ôte les mains de tes yeux et tu verras.&amp;quot; La source est indifférenciée. Mais nous ne pouvons pas saisir l'indifférencié; nous ne pouvons qu'abandonner la distinction, la comparaison. Alors, nous réalisons l'un, bientôt saisis par son flot d'énergie impersonnelle. Et notre coeur se remplit... Il n'y a aucune distinction dans la Réalité; où donc placer l'ignorance et l'illumination, moi et le monde? L'être et le néant? Le temps et l'essence hors du temps... Qui donc irait vers quoi pour se libérer, et de quoi? Méditer, lâcher prise, ne plus savoir, laisser les pensées fuir, les perceptions s'estomper, n'être rien, s'abandonner enfin au sans-forme qui veille sur notre sommeil profond. Statue de bouddha, pas d'espace où demeurer; rien que l'infini. Dans ce vide, y a-t-il encore place pour l'observateur? Voir sans le passé, sans la pensée, sans percevoir de différences, le cristal temporel. Alors, nul besoin de fermer les yeux et boucher ses oreilles pour être sans limite...  L'Absolu sous nos yeux, à l'instant. Mais ni sujet, ni objet. Seulement voir. &amp;quot;En vérité, parce que nous voulons saisir et rejeter, nous ne sommes pas libres.&amp;quot; Toute intention fait fuir l'Absolu. Sans intention, le sentiment de l'égalité point dans notre coeur qui se dégèle devant le jaillissement de l'amour sans objet, ou plutôt pour l'Objet Cosmique. Tant que nous visons l'illumination comme un objectif, nous nous coupons à coup sûr d'elle. Là réside la clef, ne l'oublie pas. L'ego est ce principe intérieur qui gère l'avoir. Avoir peur, avoir envie, surtout. Il croit même qu'il est, par identification au corps, aux possessions matérielles; il pense à demain et à hier; il veut savoir et pouvoir. Il veut choisir. Mais l'être lui échappe et lui échappera toujours, car ce dernier n'appartient à personne, et demeure sans rapport avec l'avoir. &amp;quot;Notre&amp;quot; être ne nous appartient aucunement; il n'y a pas d'être personnel, seulement l'être sans forme. Ce que nous croyons être est en fait avoir. Avoir des limites. Une illusion.  L'humilité est la porte de l'abandon. Elle ne peut être provoquée, mais naît de la constatation de l'impuissance totale de notre pouvoir egotique en face de l'illimité, de notre nullité personnelle devant la vie cosmique. Si ce n'est par la compréhension, nous saisirons cela par la souffrance... Quand nous nous abaissons, Dieu nous élève, pourrait dire un mystique. C'est pourquoi Il a dit &amp;quot;Quiconque sert son prochain sera grand à mes yeux.&amp;quot; Tout est Dieu, tout est Dieu, tout est Dieu. Vraiment tout? Tout. Ne luttez plus, il n'y a pas d'ennemi. Toutes les poches de résistances doivent entendre la nouvelle: tout est Dieu. Mais pas le Dieu personnel, &amp;quot;Cela&amp;quot;, l'Absolu sans trait.  100. Ce chapitre vous appartient... à vous de l’écrire...  Annexe : voici quelques textes fondamentaux de la non-dualité.  SHIN JIN MEI .  Pénétrer la Voie n'est pas difficile. Mais il ne faut ni amour ni haine, ni choix ni rejet. Il suffit qu'il n'y ait ni amour ni haine, Pour que la compréhension apparaisse, spontanément claire, Comme la lumière du jour dans une caverne. S'il se crée dans l'esprit Une singularité aussi infime qu'une poussière, aussitôt, Une distance illimitée sépare le ciel et la terre. Si nous réalisons l'Unité ici et maintenant, Les idées de juste et de faux ne doivent plus pénétrer notre Esprit. Ne cherchez pas la vérité, Seulement, n'ayez pas de préjugés. Ne demeurez pas dans les deux préjugés, Ne recherchez pas le dualisme. S'il nous reste un tant soit peu de notion de juste et de faux, Notre esprit sombre dans la confusion. Le deux dépend de l'un, Ne vous attachez pas à l'un. Dans la Loi Naturelle, pas de différenciation, Mais l'homme crée lui-même des oppositions. Dans notre conscience, la lutte entre le juste et le faux débouche sur la maladie de l'esprit. Le gain, la perte, le juste, le faux, Je vous en prie, abandonnez-les. La Conscience Cosmique Originelle est insaisissable. Nous ne pouvons comprendre que les choses différenciées. Dans le monde cosmique de la réalité telle qu'elle est, Il n'y a ni ego ni autres différences. Si vous voulez réaliser le un, Cela n'est possible que dans le non-deux. Comme cela est non-deux, Toutes les choses sont identiques, semblables, Tolérant les contradictions. Si nous ne pouvons pénétrer à la source des choses, notre Esprit s'épuisera en vain. Si l'esprit n'analyse pas, Toutes les existences du cosmos sont une. Si nous regardons toutes les existences avec équanimité, Nous retournons à notre nature originelle. Si nous considérons l'unité, Rien ne peut être comparé.  La Voie est ronde, en paix, large comme le vaste cosmos, Parfaite; sans la moindre notion de saisie ou de rejet. En vérité parce que nous voulons saisir ou rejeter Nous ne sommes pas libres. Le sage n'est pas lié à l'action, L'homme fou aime et s'attache lui-même à l'action. Ne courez pas après les phénomènes; Ne demeurez pas dans la vacuité. Si notre esprit demeure tranquille, il s'évanouit spontanément. .... Si nous demeurons aux deux extrémités, Comment pouvons-nous comprendre l'un? Si l'on ne se concentre pas sur l'originel, Les mérites des deux extrémités seront perdus. Si nous acceptons seulement une existence, Nous tombons dans cette seule existence. Si nous suivons le Vide, Nous devenons alors le Vide. Même si nos paroles sont justes; Même si nos pensées sont exactes; Cela n'est pas conforme à la vérité. L'abandon du langage et de la pensée Nous mènera au-delà de tout lieu. Si l'on ne peut abandonner le langage et la pensée, Comment résoudre la Voie? Si nous retournons à la racine originelle, Nous touchons l'essence. Si nous suivons les reflets, Nous perdons l'originel. Si le sujet ne se manifeste pas, Les phénomènes seront sans erreur. Pas d'erreur, pas d'objet, pas d'objet, pas de sujet. Le sujet s’évanouit en suivant l'objet, L'objet sombre en suivant le sujet. L'objet peut être réalisé en tant que véritable objet Par la dépendance avec le sujet, Le sujet peut être réalisé en tant que véritable sujet Par la dépendance avec l'objet. Si vous désirez comprendre le sujet et l'objet, Finalement vous devez réaliser que les deux sont vides. Un vide identique à l'un et à l'autre Inclut tous les phénomènes. Ne discriminez pas entre le subtil et le grossier, Il n'y a aucun parti à prendre. La substance de la Grande Voie est généreuse, Elle n'est ni difficile ni facile. Les intellectuels tombent dans le doute. Dans notre corps, il n'y a aucun lieu où aller et demeurer. Si notre corps réalise profondément l'unité, Nous pouvons couper instantanément toutes les relations. Si nous désirons prendre le suprême véhicule, Nous ne devons pas haïr les perceptions sensorielles. Si nous ne haïssons pas les perceptions sensorielles, Nous pouvons atteindre l'état de Bouddha. Se servir de l'esprit avec l'esprit, Est-ce grande confusion ou harmonie? L'esprit aliéné est sujet à L'exaltation ou la torpeur. Dans la conscience de l'unité, L’exaltation et la torpeur n’existent pas. ... Nous voulons trop réfléchir à l'aspect dualiste du monde. Comme un rêve, un fantôme, une fleur de vacuité, Ainsi est notre vie. Pourquoi devrions-nous souffrir Pour saisir cette illusion? Si nos yeux ne dorment pas, Tous nos rêves s'évanouissent. Le deux étant impossible, L'un l'est également. Finalement, en dernier lieu, Il n'y a ni règle ni régulation. Si l'esprit coïncide avec l'esprit, Le conditionnement des actions passées s'évanouit. Le doute n'existant pas, Les passions disparaissent complètement, Et soudain apparaît la foi. Tous les éléments étant impermanents, Il n'y a aucune trace dans la mémoire. Illuminer sa propre intériorité par la lumière du vide Ne nécessite pas l'usage de la puissance de l'esprit. Les sages, l'humanité toute entière Vont vers l'enseignement de la Source Originelle. Un moment de conscience devient dix mille années. Ni existence ni non-existence, Partout devant nos yeux. Le minimum est identique au maximum, Nous devons effacer les frontières des différents lieux. L'infiniment grand est égal à l'infiniment petit, Nous ne pouvons voir les limites de l'espace. L'existence elle-même n'est plus distincte de l'essence. L'essence elle-même n'est plus distincte de l'existence. Si c'est ainsi, Vous n'avez rien à protéger. Le un lui-même est toutes choses, Toutes choses elles-mêmes sont un. Si c'est ainsi, Est-il nécessaire de réfléchir sur l'Infini? L'esprit de foi est non-deux, Non-deux est l'esprit de foi. Finalement, les mots seront brisées, Et passé, présent, futur ne seront plus limités. .... Si nous exprimons l'unité librement, nous sommes naturels. Si nous faisons confiance à la nature, Nous pouvons être en harmonie avec la Voie.  ***  YOGA CHITTA VRITTI NIRODHA.  Premier aphorisme des Yogas Sutras de Patanjali. « Le yoga est l’effacement des vagues sur le lac mental ». « Alors, le spectateur s’installe dans sa propre nature. Sinon, il est identifié avec l’objet vu. »  Résumé magistral de la Voie.  Il persiste néanmoins un dualisme fondamental entre le Témoin, Purusha, et la Nature, Prakriti. Le témoin se replie sur lui-même afin de se libérer des lois de la Nature qui l’emprisonne.  LE TAO-TEI-KING.  Le TAO-TEI-KING fut écrit en cinq cents avant J.C. par Lao-Tseu. &amp;quot;Traité du Principe et de son Action&amp;quot;. La première fois que j'ai lu le Tao-Teï-King, j'ai &amp;quot;réalisé&amp;quot;. L'exposé est très étranger à toute notre mentalité occidentale judéo-chrétienne. Il fit une brèche décisive dans mon esprit qui dépassa à cet instant le relatif. Je vais donc rassembler ici tous les éléments qui furent déterminant dans cette expérience, à mon sens. Ce n'est pas autre chose que j'ai exposé dans le reste de ce livre; mais je restitue ici le texte-même de Lao-Tseu, du moins les quelques bribes qui me semblent essentielles. « Le principe est simple, humble, amiable, lumineux, dépourvu de forme, sans attribut, unique, immuable, omniprésent, indéterminé, inaltérable, vide. Il est complètement désintéressé dans son action. Si nous l'imitons, tout nous réussit. La connaissance que l'homme a du principe dépend de son état d'esprit. Habituellement libre des passions, l'esprit connaît sa mystérieuse essence, habituellement passionné, il n'en connaît que les effets. (le monde des phénomènes). Tout le monde a la notion du beau, et par elle celle du laid; la notion du bon et par elle celle du mauvais. Ainsi, être et néant, difficile et facile, haut et bas, long et court, chaud et froid, sombre et clair, léger et lourd sont des notions corrélatives, dont l'une étant connue révèle l'autre. Ne pas faire cas de l'habilité aurait pour résultat que personne ne se pousserait plus. Ne pas priser les objets rares ferait que personne ne volerait plus. La politique du sage consiste à vider l'esprit des hommes et à remplir leur ventre. Il n'est rien qui ne s'arrange par la pratique du non-agir. Aucun extrême ne peut être maintenu longtemps. A toute apogée succède nécessairement la décadence. Le plus appelle le moins, l'excès le déficit. Renoncez à toute science, et vous serez libres de tout soucis. Qu'est-ce que la différence entre le bien et le mal, le beau et le laid? L'être et le non-être? Tout cela empêche la liberté de l'esprit, lequel doit être libre pour s'unir au Principe. Le sage est simple, naturel, a peu d'intérêts particuliers, et peu de désirs. Il s'en tient à l'Unité. Il sert sans agir, enseigne sans parler; il laisse les êtres devenir sans les contrecarrer, vivre sans les accaparer, agir sans les exploiter. Il ne s'attribue pas les effets produits, et par suite, ses effets demeurent.  Le sage donne car plus il donne, plus il a. Plus il agit pour les hommes, plus il peut. Il imite le ciel, fait du bien à tous, ne s'opposant à personne. Comme il ne tient à rien, qu'il laisse tout aller, rien ne lui échappe. Chercher la pureté et la paix dans la séparation d'avec le monde est exagération. Elles peuvent s'obtenir dans le trouble du monde par le calme intérieur à condition qu'on ne se chagrine pas de l'impureté du monde et que l'on suive le mouvement universel sans désirer qu'il s'arrête. Avoir conscience de sa virilité et se tenir néanmoins dans l'état inférieur de la femelle, c'est montrer que l'on conserve intact en soi la vertu primordiale. Se savoir éclairé et se faire passer volontairement pour un ignare montre que l'on est uni au Principe. Se savoir digne de gloire et rester dans l'obscurité prouve que l'on possède encore intacte l'abnégation originelle, la simplicité naturelle. C'est du non-sensible, du vide que vient l'efficacité, le résultat.(cf.) Celui qui est arrivé au maximum du vide sera fixé solidement dans le repos du non-être. Les êtres innombrables sortent du non-être et je les vois y retourner, puis renaître encore, et mourir à nouveau. C'est l'alternance de la vie et de la mort. Connaître les autres est sagesse; se connaître soi-même est sagesse supérieure. Imposer sa volonté aux autres est force; se l'imposer à soi-même est force supérieure. Se suffire de son destin est la vraie richesse, se maîtriser le vrai caractère. Rester à sa place fait durer longtemps. Après la mort, ne pas cesser d'être est la vraie longévité, résultat de la conformité à la nature et au destin. Se conformer au Principe, c'est s'atténuer chaque jour pour revenir à la simplicité primordiale. Celui qui parle ne connaît pas le Principe. Celui qui connaît le Principe ne parle pas. Il tient sa bouche close, retient sa respiration, émousse son activité, se délivre de toute complication; tempère sa lumière, se confond au vulgaire. Il est insensible au gain et à la perte, à l'exaltation comme à l'humiliation. Etant tel, il n'y a rien de plus noble au monde. Tout savoir et croire qu'on ne sait rien, voilà le vrai savoir. Ne rien savoir et croire que l'on sait tout, voilà le mal commun des hommes. Le sage laisse aller tous les êtres d'après leurs natures diverses. Les agiles et les lents, les apathiques et les ardents, les forts et les faibles, les persévérants et les instables. Il se borne à réprimer les excès qui sont nuisibles à l'ensemble des êtres, comme la puissance, la richesse et l'ambition, en se rappelant la nature innommée, simplicité primordiale. Dans cet état primordial, pas de désirs, tout est en paix, l'état se gouverne lui-même. Quand le gouvernement est simple, le peuple abonde en vertu. Quand le gouvernement est politique, le peuple manque de vertu. Pour coopérer avec le ciel dans le gouvernement des hommes, l'essentiel est de tempérer son action. Cette modération doit être le premier soucis. Elle procure l'efficacité parfaite, laquelle réussit à tout, même à gouverner l'empire.  Si un grand état s'abaisse, comme ces creux dans lesquels les eaux confluent, tout le monde viendra à lui. Il sera comme la femelle universelle. Dans sa passivité et son infériorité apparentes, la femelle est supérieure au mâle. A condition de savoir s'abaisser, le grand état gagnera les petits états, qui s'abaissant aussi rechercheront son protectorat. Mais il faut que les grands daignent s'abaisser vers les petits. Dans l'antiquité, ceux qui se conformaient au Principe ne cherchaient pas à rendre le peuple intelligent, mais visaient à le faire rester simple. Quand le peuple est difficile à gouverner, c'est qu'il en sait trop long. Celui qui prétend procurer le bien d'un pays en y répandant l'instruction, celui-là se trompe et ruine le pays. Tenir le peuple dans l'ignorance, voilà le salut de ce pays. C'est la formule de l'action mystérieuse, de grande profondeur, de longue portée. Elle n'est pas du goût des êtres, mais grâce à elle, tout vient à bien paisiblement. Partout et toujours, c'est le mou qui use le dur. Le non-être pénètre même là où il n'y a pas de fissure. Je conclus de là l'efficacité du non-agir. En ce monde, rien de plus souple et de plus faible que l'eau; cependant aucun être quelque fort et puissant qu'il soit, ne résiste longtemps à son action. Les vagues de l'océan viennent à bout des falaises les plus dures; et pourtant, nul ne peut se passer d'eau. De même, l'homme qui vient de naître est souple et faible. Quand il devient fort, solide, raide, la mort le gagne... Celui qui est fort et puissant est marqué par la mort, celui qui est faible et flexible est marqué par la vie. Est-il assez clair que la faiblesse vaut mieux que la force et que la souplesse prime la raideur? »mais plein d'indifférencié; cet indifférencié qui se fond dans l'être primordial, conscience-énergie infinie. De l'indifférencié dans la matière, nous passons à l'indifférencié sujet+objet.  ZEN  Nous avons rassemblé ici quelques unes des paroles les plus édifiantes du Zen.  BUNAN:&amp;quot; LA VOIE SUPREME N'EST PAS DIFFICILE, SEULEMENT IL NE FAUT AUCUNE DISCRIMINATION. Si l'on parle tant soit peu, cela tombe ou bien dans la discrimination, ou bien dans la clarté. Je ne demeure même pas dans la clarté.&amp;quot;  GUDO:&amp;quot; ORIGINELLEMENT, IL N'Y A RIEN!&amp;quot; BANKEI:&amp;quot;DEMEURER DANS L'ESPRIT DE NON-NAISSANCE&amp;quot;.  TA-HOUEI:&amp;quot;LE CHEMIN DE LA RÉFLEXION PENDANT LA MOBILITÉ EST DES MILLIARDS DE FOIS SUPÉRIEUR AU CHEMIN DE LA RÉFLEXION PENDANT L'IMMOBILITÉ.&amp;quot;  BASSUI:&amp;quot;QUI EST CELUI QUI VOIT ET QUI ENTEND?&amp;quot;  TCHAO-TCHEOU:&amp;quot;NÉANT!&amp;quot;  HAKUIN:&amp;quot;DEUX MAINS CLAQUENT, QUE FAIT UNE SEULE MAIN?&amp;quot;  TOREI:&amp;quot;POUR SAUVER LES ETRES VIVANTS IL FAUT ACCUMULER TOUTES LES SORTES DE RAISONNEMENTS POSSIBLES EN NOUS. POUR AVOIR TOUTES LES SORTES DE RAISONNEMENTS, IL FAUT D'ABORD VOIR DANS NOTRE PROPRE ESSENCE.&amp;quot;  TETSUGEN:&amp;quot;TOUS LES PHÉNOMèNES DE L'UNIVERS, TRANSFORMÉS, SONT DES YEUX. LA TERRE ET LE CIEL MANIFESTENT LA LUMIèRE FONCIèRE. SI L'ON ÉLOIGNE INSTANTANÉMENT ET Â JAMAIS DE LA DUALITÉ DU VOYANT ET DU VU, LE MONDE DES DHARMAS SANS LIMITE EST LE DIAMANT. &amp;quot;POURQUOI LE PUR SUBSTANTIEL DES ORIGINES SE RÉVèLE-T-IL SOUDAINEMEMT COMME LE FAIT LA NATURE SOUS NOS YEUX?&amp;quot;  HOUEI-NENG:&amp;quot;QUI AURAIT PENSER QUE LA PROPRE NATURE EST INTRINSèQUEMENT PURE, LIBRE DE PRODUCTION ET D'ANNIHILATION, SUFFISANTE Â ELLE-MEME, LIBRE DE TOUS LES CHANGEMENTS, ET MANIFESTE TOUS LES PHÉNOMèNES?  RETOUR accueil avec cadres&lt;/div&gt;</summary>
		<author><name>78.224.74.40</name></author>
		
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		<id>https://wiki-conscience.terretciel.com/index.php?title=INTRODUCTION_GENERALE&amp;diff=208</id>
		<title>INTRODUCTION GENERALE</title>
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		<updated>2021-05-04T13:25:17Z</updated>

		<summary type="html">&lt;p&gt;78.224.74.40 : &lt;/p&gt;
&lt;hr /&gt;
&lt;div&gt;LA VIE dans toutes ses dimensions . La Conscience dans tous ses niveaux, qu'elle soit &amp;quot;matérialiste &amp;quot; ou &amp;quot;sacrée&amp;quot; ,  l'Humain dans toutes ses dimensions, la Vie en Moi , en mes proches , tel est le sujet de ce livre , de cet &amp;quot; essai &amp;quot; .&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Avec une nouveauté, une originalité ? Oui et non ...&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Oui j'èspère , dans les directions suivantes : une certaine SIMPLICITE , qualité de SYNTHESE , ouverture a différents &amp;quot; types ou niveaux &amp;quot; de LECTEURS , et j'èspère une certaine Originalité ( ? ).&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Non, et j'y reviendrais , &amp;quot;parce que rien de neuf, tout a été dit &amp;quot; ( avec quelques différences - nouveautés dans la Cristallisation de la vie dans la Forme ) .&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Quelques thèmes abordés , pour vous donner envie ou ..., voir ci dessous à ''W'.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
PREMIERE PROPOSITION -AIDE A S ORIENTER :&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Lire avec l'ordre suivant :&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
 l' intro , l avertissemnt  et prémices ( ou autres mots - lois-séries comme :...) , les portes d entrées et alphabétique .&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
AHH le langage, sacré langage-avertissement ?&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Du Coeur originel de la Vie est apparu toutes choses, l'objet de ce site est ainsi de découvrir toute la dynamique, les mouvements, qui vont du Coeur Originel a tout ce qui est, &amp;quot;le rien et le tout &amp;quot;, et de la Vie multiple et diverse vers sa Source.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Et l'humain, fruit de la Vie, parlons de meme de son coeur originel et de toutes ses dimensions .Trouvons une image...L'homme est un peu comme un batiment, avec différents étages, chacun sa fonction...Nous proposons le canevas suivant , qui sera un peu l'ordre des chapitres ou bien des portes d'entrées.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Avant d'entrer dans ce batiment , cet humain, nous proposons :&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
-Sommes nous pret ?  &lt;br /&gt;
                                                                                                      &lt;br /&gt;
-Et que ce soit oui ou pas sur, Par quel(s) chemin(s) ?&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Laisser découvrir par vous meme est aussi un objectif de ce site .&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Les grands étages , de &amp;quot;bas&amp;quot; en &amp;quot;haut&amp;quot; , avec des a-priori que nous expliquerons, sachant que &amp;quot;tout est en tout il y a peu de &amp;quot;linéaire&amp;quot;, fractal, etc etc.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
-le corps : le corps physique,la personnalité,les émotions, l'intellect &amp;quot;basique&amp;quot;,la nature,le cosmos visible, la science, la psychologie  ...&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
-l'ame : le lien entre le corps tel que décris ci dessus, et l'Esprit- Qu'est ce que l'Ame - la joie la paix - le corps (les corps) Subtils &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
-L'Esprit : la spiritualité ( religion ?) la source  le tout autre l'au dela de tout ou au dela de la pensée discursive ; la philosophie &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Encore une fois il y a &amp;quot; densité&amp;quot;, par ex la psychologie le science peuvent s'employer pour les etages ame -esprit !! ??&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Les challenges que nous souhaitons développer :&lt;br /&gt;
*la simplicite&lt;br /&gt;
*la synthese&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
ET SI ON SYNTHETISAIT TOUTE LA VIE CA POURRAIT DONNER CELA , NON ?&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
-tout le positif&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
-tout le negatif&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
-l harmonisation oule depassement ou la maitrise des deux &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
-le corps (humain et animal et tous les regnes et l  univers )&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
-l'humain&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
-la religion, la transcendance ( ok ok, que ce soit vrai ou pas )&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Ecrire un livre est a l'image de la vie, elle meme &amp;quot;a l'image et a la ressemblance &amp;quot; de dieu :&lt;br /&gt;
etre joyeux, aventureux, relationnel , pole positif et pole negatif, expansion et manifestation : donc expansion dans le bien ..et le mal ..., toujours encadré de l'Englobant et de Tout se Transforme ...,a coté de l'Immobile-Tout Autre.&lt;/div&gt;</summary>
		<author><name>78.224.74.40</name></author>
		
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		<id>https://wiki-conscience.terretciel.com/index.php?title=AMOUR&amp;diff=207</id>
		<title>AMOUR</title>
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		<updated>2021-04-30T20:08:43Z</updated>

		<summary type="html">&lt;p&gt;78.224.74.40 : &lt;/p&gt;
&lt;hr /&gt;
&lt;div&gt;01-DANS WIKIPEDIA &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
1- ERICH FROMM&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
2-&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
***********************************&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
01-WIKI¨PEDIA &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
-Amour&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
L'amour désigne un sentiment intense d'affection et d'attachement envers un être vivant ou une chose qui pousse ceux qui le ressentent à rechercher une proximité physique, intellectuelle ou même imaginaire avec l'objet de cet amour. &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
 l'amour renvoie la plupart du temps à un profond sentiment de tendresse et d'empathie envers une personne.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
 Toutefois, même cette conception spécifique de l'amour comprend un large éventail de sentiments différents, allant de la passion amoureuse et de l'amour romantique, à la tendre proximité sans sexualité de l'amour familial ou de l'amour platonique et à la dévotion spirituelle de l'amour religieux. L'amour sous ses diverses formes agit comme un facteur majeur dans les relations sociales et occupe une place centrale dans la psychologie humaine, ce qui en fait également l'un des thèmes les plus courants dans l'art.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Le verbe français « aimer » peut renvoyer à une grande variété de sentiments, d'états et de comportements, allant d'un plaisir général lié à un objet ou à une activité (« j'aime le chocolat », « j'aime danser ») à une attirance profonde ou intense pour une personne (« Roméo aime Juliette ») ou plusieurs personnes (« Il aime ses enfants »). Cette diversité d'emplois et de significations du mot le rend difficile à définir de façon unie et universelle, même en le comparant à d'autres états émotionnels.&lt;br /&gt;
Sommaire&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
    1 Un sentiment riche et complexe&lt;br /&gt;
    2 Historique&lt;br /&gt;
        2.1 Étymologie&lt;br /&gt;
        2.2 Grèce antique&lt;br /&gt;
        2.3 Société américaine des années 1960&lt;br /&gt;
    3 Approche philosophique&lt;br /&gt;
    4 Approche psychologique&lt;br /&gt;
        4.1 Psychanalyse&lt;br /&gt;
        4.2 Comblement d'un manque&lt;br /&gt;
        4.3 Psychologie&lt;br /&gt;
            4.3.1 Typologies&lt;br /&gt;
        4.4 Amour délirant ou psychotique&lt;br /&gt;
    5 Approche biologique&lt;br /&gt;
        5.1 Zoologie (comportements hominoïdes amoureux)&lt;br /&gt;
        5.2 Neurologie et biochimie&lt;br /&gt;
    6 Approche anthropologique&lt;br /&gt;
        6.1 Amour et famille&lt;br /&gt;
        6.2 Relations sexuelles&lt;br /&gt;
        6.3 Comportement amoureux dans le monde&lt;br /&gt;
        6.4 Comportement et langage&lt;br /&gt;
    7 Arts&lt;br /&gt;
        7.1 Dans les arts plastiques&lt;br /&gt;
        7.2 Dans la littérature&lt;br /&gt;
    8 Religions&lt;br /&gt;
        8.1 Dans le judaïsme&lt;br /&gt;
        8.2 Dans le christianisme&lt;br /&gt;
            8.2.1 Amour révélé&lt;br /&gt;
            8.2.2 Amour partagé : amour du prochain&lt;br /&gt;
            8.2.3 Précisions sur ce qu'est l'amour&lt;br /&gt;
        8.3 Dans l'islam&lt;br /&gt;
        8.4 Dans le bouddhisme&lt;br /&gt;
        8.5 Dans l'hindouisme&lt;br /&gt;
    9 Annexes&lt;br /&gt;
        9.1 Bibliographie&lt;br /&gt;
            9.1.1 Littérature&lt;br /&gt;
            9.1.2 Philosophie&lt;br /&gt;
            9.1.3 Histoire et sociologie&lt;br /&gt;
            9.1.4 Religion&lt;br /&gt;
        9.2 Articles connexes&lt;br /&gt;
        9.3 Liens externes&lt;br /&gt;
    10 Références&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Un sentiment riche et complexe&lt;br /&gt;
Articles détaillés : Être amoureux et Crush amoureux.&lt;br /&gt;
Le couple emblématique Roméo et Juliette, tableau de Frank Dicksee (1884).&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Le mot français « amour », comme le verbe « aimer » qui lui est relatif, recouvre une large variété de significations distinctes, quoique liées. Ainsi, le français utilise le même verbe pour exprimer ce que d'autres langues expriment par des verbes différents : « j’aime ma femme » et « j’aime les sucreries » par exemple (alors qu'en anglais, on dira respectivement « to love » et « to like » et, en espagnol, « querer » ou « amar » et « gustar »). On constate aussi une telle variété pour le mot « amour », par exemple dans la pluralité des mots grecs désignant l’« amour ». Les différences culturelles dans la conception de l'amour redoublent donc la difficulté d'en donner une définition universelle.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Le substantif « amour » a néanmoins une extension moins large que le verbe « aimer » : on parlera rarement, par exemple, d'« amour » des sucreries, même si l'on dit les « aimer ». Le sens du verbe « aimer », qui peut aussi exprimer l'amitié, ou plus simplement une affection pour quelque chose qui est source de plaisir, est donc plus large que celui du mot « amour ».&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Bien que la nature ou l’essence de l'amour soit un sujet de débats, on peut éclaircir plusieurs aspects de cette notion en s'appuyant sur ce que l'amour n'est pas. En tant qu'il exprime un sentiment fort et positif, on l'oppose communément à la haine, voire à l'indifférence, la neutralité ou l'apathie. En tant que sentiment, plus spirituel que physique, on l'oppose souvent au sexe ou au désir sexuel. En tant que relation privilégiée et de nature romantique avec une personne, on le distingue souvent de l'amitié, bien que l'amitié puisse être définie comme une forme d'amour, et que certaines définitions de l'amour s'appliquent à une proche amitié1.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
L'amour désigne un fort attachement affectif à quelqu'un ou à quelque chose. S'il renvoie souvent, dans l'usage courant, aux relations humaines, et plus précisément à ce qu'une personne ressent pour une autre, l'amour peut néanmoins aussi être « impersonnel » : il est en effet possible de dire qu'une personne éprouve de l'amour pour un pays (par exemple son propre pays : voir Patriotisme), pour la nature, ou encore pour un principe ou un idéal, si elle lui accorde une grande valeur et qu'elle s'y sent très attachée. De même, on peut ressentir de l’amour pour un objet matériel, un animal ou une activité, si l'on entretient des liens affectifs forts ou étroits avec ces objets (ou qu'on s'identifie à eux). Lorsque l'amour d'un objet devient exclusif, voire excessif ou pervers, on parle de fétichisme ou d'idolâtrie.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
L'amour entre les personnes, quant à lui, est un sentiment généralement plus intense qu'un simple sentiment amical ou affectueux. Il peut cependant se présenter sous différentes formes et à des degrés d'intensité divers, de la simple tendresse (quand on dit « aimer » les enfants, par exemple) au désir le plus ardent (chez les amants passionnés par exemple). Ainsi, l'amour entre les membres d'une même famille n'est pas le même qu'entre des amis ou au sein d'un couple d'amoureux. Quand il est ressenti avec une grande intensité et qu'il exerce un fort pouvoir érotique (ou une attirance sexuelle), on parle d'amour « passionnel » ou de « passion amoureuse », utilisant souvent l'image de la flamme ou de la brûlure pour décrire l'effet qu'il exerce sur les sens et l'esprit. Quand cette passion provoque une identification si étroite avec une personne qu'elle tend à unifier les deux amants, on parle d'amour « fusionnel ».&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
L'apparition plus ou moins subite de l'amour passionnel est décrite dans la langue courante comme un dessaisissement (« tomber amoureux », « coup de foudre »), provoquant chez celui qui l'éprouve des comportements destinés à séduire l'être aimé et visant à obtenir la réciprocité de cet amour, qui s'exprimera le cas échéant par des actions et des gestes amoureux – parmi lesquels les caresses, les baisers et les rapports sexuels, ces derniers étant désignés dans plusieurs langues par l'expression « faire l'amour ». Ces pratiques et ces gestes sont en partie culturels et peuvent faire l'objet – tout comme l'étude des interdits liés à l'amour – d'une approche anthropologique ou sociologique.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Outre les différences culturelles dans les pratiques liées à l'amour, les idées et les représentations sur l'amour ont également beaucoup changé selon les époques. L'amour platonique, l'amour courtois et l'amour romantique sont ainsi des conceptions distinctes et apparues à des époques précises de l'Histoire. Il existe aussi un certain nombre de désordres psychiques liés à l'amour, et étudiés par la psychologie, comme l'érotomanie ou le narcissisme. Certaines formes d'amour sont par ailleurs perçues comme des perversions ou des déviances (voir paraphilie), telles que la pédophilie (attirance sexuelle pour les enfants) et la zoophilie (attirance sexuelle pour les animaux). De telles amours peuvent être étudiées aussi bien par la psychologie que par les sciences humaines et sociales.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
À cause de la nature complexe et difficile à saisir de l'amour, les discours sur l'amour se réduisent souvent à des clichés, que l'on retrouve dans un certain nombre de dictons sur l'amour, depuis la phrase du poète Virgile : « L'amour triomphe de tout (omnia vincit amor) », jusqu'au célèbre : « L'amour rend aveugle ». Le philosophe Leibniz en donnait, lui, cette définition : « Aimer, c'est trouver plaisir au bonheur d'autrui »2.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Dans l'Histoire, la philosophie et la religion (ainsi que la théologie qui lui est liée) ont beaucoup médité sur le phénomène amoureux, source constante d'inspiration pour les arts plastiques, littéraires et musicaux. La psychologie, au siècle dernier, a renouvelé les réflexions sur le sujet. Ces dernières années, des sciences telles que la biologie, la neurologie et les neurosciences, mais aussi la zoologie[réf. souhaitée] et l'anthropologie[réf. souhaitée], ont amélioré notre compréhension de la nature et de la fonction de l'amour.&lt;br /&gt;
Historique&lt;br /&gt;
Étymologie&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Le terme est employé au XIIIe siècle en langue française sous la forme amor venant de l'ancien occitan et se prononçant &amp;quot;amour&amp;quot;3. On le note dès les Serments de Strasbourg (842) dans une forme romane dans la locution Pro deo amur (pour l'amour de dieu)4.&lt;br /&gt;
Grèce antique&lt;br /&gt;
Éraste et Éromène, détail d'une coupe attique du Ve siècle av. J.-C. (musée du Louvre).&lt;br /&gt;
Article détaillé : Éros (philosophie).&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Le terme amour recouvre quatre sentiments distincts de la Grèce antique : l'éros, la philia, l'agapè et la storgê.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
La storgê est l’amour entre parent et enfant, particulièrement l'amour mère-enfant.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
La philia se rapproche de l'amitié telle qu'on l'entend aujourd'hui, c'est une forte estime réciproque entre deux personnes de statuts sociaux proches, qui mène aussi à l'entraide. Elle ne pouvait exister à l'époque qu'entre deux personnes du même sexe, du fait de l'inégalité entre les sexes.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
L’agapè est l'amour du prochain proche de l'altruisme aujourd'hui, le don désintéressé. Il se caractérise par sa spontanéité, ce n'est pas un acte réfléchi ou une forme de politesse, mais une réelle empathie pour les autres qu'ils soient inconnus ou intimes. Dans la tradition chrétienne des pères de l'Église, ce mot est assimilé au concept de charité, bien que celui-ci soit plus proche d'une relation matérielle établie avec des personnes en souffrance. L’agapè originelle ne revêt pas cette connotation morale de responsabilité devant une autorité divine.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
L’éros, lui, est l'amour au sens d’être amoureux, l'amour des poètes pour ainsi dire. Cet amour est parfois romantique ou passionné, et s'accompagne presque toujours de désir sexuel. Dans la pensée platonicienne, il est parfois vu comme l'une des passions néfastes que produit l’épithumia (ou « appétit »), mais aussi comme une « divine folie » qui est « la cause des plus grands biens pour les hommes »5. Cependant il pouvait se mêler à la philia à travers la pédérastie6, qui liait un amant d'âge mûr (« éraste ») à un jeune aimé (« éromène »).&lt;br /&gt;
Société américaine des années 1960&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
D'après la revue Planète, les relations amoureuses aux États-Unis, selon leur type, s'exprimaient dans les années 1960 par trois mots : « love », le sentiment amoureux ; « sex », les rapports sexuels sans préjuger des sentiments, présents ou non ; et « fun », le simple échange de relations intersexe allant du simple flirt à des relations plus poussées, mais sans intention d'engagement ni d'une part ni de l'autre.&lt;br /&gt;
Approche philosophique&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Les réflexions philosophiques se développent sur des vécus différents. Citons l'amour reçu des parents, l'amitié, la passion amoureuse. L'amour reçu des parents est idéalement vécu d'abord comme un donné inconditionnel, mais fusionnel ; puis de plus en plus comme responsabilisant (l'enfant reconnu dans son altérité doit fonder son propre foyer) ; pour se poursuivre, à travers des conflits plus ou moins aigus dans une nécessaire distance où l'enfant s'assume dans une relation dont il se sent responsable, qu'il peut vivre avec d'autres comme amitié. La passion amoureuse se vit d'abord comme une aliénation, elle nait de l'émotion, vise la possession. Elle peut se prolonger dans un engagement de volonté, comme don de soi dans la fidélité.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Certains philosophes ont développé le concept d'amour comme fusion. Empédocle imaginait l'amour et la haine comme les deux forces originaires de l'être. L'amour, pour lui, est le contraire de la haine qui sépare. L'idée d'unité, voire de fusion, sous-tend sa notion d'amour. Dans la même veine, Aristophane, dans le Banquet de Platon, imagine l'amour comme une aspiration à l'unité originelle. Étendu à sa dimension cosmique, l'amour ne semble plus qu'un leurre pour nous faire participer à la dynamique cosmique. Arthur Schopenhauer, inspiré par le bouddhisme, en arrive ainsi à un pessimisme métaphysique : puisque l'amour nous fait entrer dans un cycle cosmique sans cesse répété, dans un cycle de souffrances menant à une unité impersonnelle, ne vaut-il pas mieux renoncer au désir, à l'amour ? Schopenhauer avance que l'amour n'est qu'une illusion du Vouloir-Vivre (l'essence de toute chose selon lui) qui est défini comme le désir inconditionnel d'une espèce de subsister et de se perpétuer elle-même à travers la reproduction. Schopenhauer déclare d'ailleurs au sujet de l'amour: &amp;quot;L'amour n'est qu'un piège tendu à l'individu pour perpétuer l'espèce&amp;quot;.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Socrate va au-delà du concept d'amour-fusion. Il comprend l'amour comme étant l'enfant de Pénia, le dénuement, et Poros, la ressource. Aimer, c'est désirer ce qu'on n'a pas7. L'amour, à la différence du besoin, est une insatisfaction radicale : enfant de dénuement. L'amour cherche la contemplation de la beauté, et ultimement de la beauté absolue. Cet amour est aussi riche en ressources - enfant de Poros -, donc fécond, non dans la possession, mais dans la créativité, car né de la différence entre le même et l'autre, il est source d'imprévisible nouveauté.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Aristote conceptualise la différence entre eros et philia, mettant en valeur cette dernière. La philia idéale est celle où on s'unit non par intérêt ou plaisir, mais comme recherche du bien de l'autre sans rien attendre en retour. La joie de ces 'amis' vient de l'amitié elle-même. Aristote introduit dans l'idée d'amour l'idée d'opposition entre amour de soi et amour de l'autre. Cependant il résout l'opposition dans l'idée que l'amour de soi bien pensé demande de s'attacher à la « partie supérieure de l'âme », à rechercher le Bien supérieur, à vivre harmonieusement en commun, et cette harmonie qui est le bien vivre, qui est le cœur de l'être, ne peut se vivre qu'en vivant l'amour de l'autre qui fait sentir la joie de l'être à travers l'existence de l'autre. L'autre est nommé par lui « alter ego » : j'ai besoin de l'autre pour me comprendre.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Pour répondre à cette question : « l'homme est-il à la source de l'amour qu'il vit ou l'amour est-il un concept naturel qui s'impose à l'homme ? », le philosophe Baruch Spinoza, qui s'est sérieusement penché sur la question, notamment dans son Éthique, définit ainsi que : « L'amour n'est autre chose que la joie, accompagnée de l'idée d'une cause extérieure ; (...) Nous voyons également que celui qui aime s'efforce nécessairement de se rendre présent et de conserver la chose qu'il aime8. » Il semble que c'est par le biais de la littérature que le thème de l'amour a été traité par les philosophes à partir de la Renaissance. Pensons à Rousseau, Goethe, Voltaire, etc. Sur le déplacement de l'interrogation sur l'agapé grec vers la littérature, nous renvoyons à Derrida.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Emmanuel Levinas a développé le thème de l'altérité notamment dans : Le Temps et l'autre, Totalité et Infini. Il porta l'éthique au rang de philosophie première, réel bouleversement dans le rationalisme occidental.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Le XXe siècle ressuscite aussi une conception hédoniste de l'amour, notamment à travers le mouvement hippie :&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
« Vivre d'amour et d'eau fraîche ». Ni guerre ni labeur ; uniquement l'amour. « Peace and Love » (« Paix et amour »). Plaisir de la séduction, de l'érotisme et des divertissements sexuels mêlé de pacifisme.&lt;br /&gt;
Approche psychologique&lt;br /&gt;
Amour maternel (Facchinetti).&lt;br /&gt;
Élégie et manque d'amour&lt;br /&gt;
peinture utopique de William Bouguereau.&lt;br /&gt;
Psychanalyse&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Sur le plan psychique, la psychanalyse considère que les premières relations parents-enfants sont déterminantes dans l'esprit d'une personne et de sa perception de l'amour. Les relations mère-fils ou père-fille, notamment, sont particulièrement marquantes. Les relations parents-enfants sont généralement déséquilibrées : le parent répond aux besoins de l'enfant. Il est dit dans ce cas que l'amour de l'enfant est captatif et celui des parents oblatif.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
En grandissant l'enfant apprend à rééquilibrer ces relations. Cet apprentissage peut échouer à tel ou tel moment, et l'adulte en garder un manque de maturité (s'il n'en prend pas conscience) et une perception de l'amour plus ou moins blessée. Les relations de ses parents entre eux seraient aussi importantes dans la construction de cette idée de l'amour.&lt;br /&gt;
Comblement d'un manque&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
L'amour peut être perçu essentiellement comme la quête d'un manque, lorsque la notion oblative ne s'est pas développée. L'amour apporté à un individu ou un objet naîtrait par ce qu'il apporte à un individu ou qu'il serait susceptible de lui apporter. « Aimer » ne serait autre qu'une façon inconsciente d'avouer sa propre impuissance à l'autonomie pour un besoin particulier à un moment donné. Besoin d’aimer ou besoin de se sentir aimé ne serait autre qu'un besoin égoïste, qu'une attente de la personne qui pourrait combler les ‘manques’ immatériels ou matériels qu'elle ne serait pas capable de satisfaire par elle-même. Par exemple, en Occident, le besoin d'un enfant entraînerait le besoin d’une compagne ou d’un compagnon à nos côtés, besoin qui nourrit un sentiment d’amour ou de besoin d’amour pour la personne attendue pour concevoir cet enfant.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
La réalité psychique du besoin d’enfant résiderait plus dans un besoin de sécurité motivé apparemment par le bien de l'enfant : le nourrir et l'accompagner vers l’âge adulte. Mais cette attitude, apparemment généreuse, sous-tendrait en fait un désir caché chez certains parents d'être accompagné vers la vieillesse. Dans ce type de situation, « aimer » ou dire « je suis amoureux(se) », serait une façon inconsciente de dire : « j’espère que la personne pour laquelle j’éprouve des sentiments amoureux m’apportera les choses que j’attends d’elle ». Tant qu'il est senti chez la personne aimée la présence des choses attendues de sa part, le sentiment perdure, mais si la personne aimée perd ou ne dispose pas d'une partie de ce que l'autre attend, le sentiment d’amour s’estompe ou s’éteint. Lorsque ce sentiment s'estompe, il n'est pas rare d’entendre : « Nos deux chemins se sont séparés » car « mes besoins ont changé », « nous n'avons pas suivi la même route », etc. À ce moment, la personne qui se sent « en danger » peut être sujette à des crises d'anxiété. La personne quittée peut y être plus ou moins indifférente ; si tel n’est pas le cas celui qui est « abandonné » aura probablement un sentiment de tristesse, de jalousie, de colère ou même de haine…&lt;br /&gt;
Psychologie&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Selon l'universitaire Nicolas Favez, l'amour a longtemps été absent en psychologie du couple, à la fois pour des raisons morales et en raison de la difficulté à aborder l’objet9.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Isaac « Zick » Rubin (1970) est considéré comme le précurseur des recherches empiriques et psychométriques en la matière ; ses travaux s'appuient sur une théorie de l’amour compris comme « une attitude qui prédispose l’individu à penser, ressentir et agir d’une façon particulière envers un objet d’amour », vision semblable à l’attachement romantique.&lt;br /&gt;
Typologies&lt;br /&gt;
Théorie triangulaire de l'amour de Robert Sternberg.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Plusieurs typologies ont été proposées comme celle du sociologue John Alan Lee (en) dans Les couleurs de l’amour en 1970 (déclinée en plusieurs « styles » de « Eros » à « Agape ») ou encore la théorie dite « triangulaire » (1977) du psychologue Robert Sternberg (où l’amour est constitué de trois composants : la passion, l’intimité et l’engagement, dimensions susceptibles de varier en intensité, représenté sous forme d’un triangle, et qui donne sept styles de l’« affection » à l’« amour accompli »)9.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Si conceptualiser l’amour au niveau psychologique est déjà difficile, le mesurer est plus compliqué encore, et la plupart des chercheurs ont renoncé devant la difficulté à trouver des critères le rendant quantifiable (Rubin, 1988). Quelques tentatives ont cependant eu lieu : en 1986, Elaine Hatfield et Susan Sprecher, respectivement psychologue et sociologue américaines, élaborent la Passionate Love Scale (PLS) (« échelle d'amour passionnel »), un test visant à mesurer le degré d'intensité de l'amour porté par un individu pour un autre ; celui-ci intègre des composants cognitifs, émotionnels et comportementaux10,11. Le protocole est ensuite réutilisé par de nombreux chercheurs dans les décennies suivantes11,12. D'autres échelles sont ensuite élaborées : la Love Attitudes Scale (« échelle d’attitudes amoureuses ») (C. Hendrick &amp;amp; S. Hendrick, 1990; C. Hendrick, S. Hendrick &amp;amp; Dicke, 1998) et la Triangular Love Scale (« échelle d'amour triangulaire ») (Sternberg, 1997)9.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
En 1999, les universitaires Roy F. Baumeister et Ellen Bratslavsky exposent une théorie selon laquelle l'amour est la dérivée première de l'intimité mesurée dans le temps, ce qui signifie que si le sentiment amoureux est peu intense lorsque l'intimité est stable (qu'elle soit forte ou faible), il va en se renforçant dès que l'intimité va croissant13,14. En 2003, les chercheurs Anne Falconi et Étienne Mullet déterminent la « structure algébrique exacte » de l'amour tout au long d'une vie adulte en attribuant un facteur multiplicateur à chacune des trois grandes composantes de l'amour : 0,51 pour la passion, 0,29 pour l'intimité et 0,20 pour l'engagement15,14.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Selon Nicolas Favez, la principale critique concernant l'appréhension générale de l'amour en psychologie « est l’indétermination de leur objet : il n’est jamais très clair si l’on parle, avec ces styles d’amour, de la personnalité des individus – leur inclinaison à aimer d’une certaine façon, ce qui en ferait donc un trait de personnalité, ou si l’on parle de relations – le style serait une qualité émergente de la rencontre entre deux personnes. [...] Or, la question est de savoir dans quelle mesure nous avons deux systèmes séparés, l’un d’amour et l’autre qui évalue l’importance de la relation et pilote le premier, ou si l’importance que nous attribuons à une relation ne dépend pas justement de l’amour ressenti »9.&lt;br /&gt;
Amour délirant ou psychotique&lt;br /&gt;
Article détaillé : Érotomanie.&lt;br /&gt;
Article détaillé : Traque furtive.&lt;br /&gt;
Approche biologique&lt;br /&gt;
Article détaillé : Bases biologiques de l'amour.&lt;br /&gt;
Zoologie (comportements hominoïdes amoureux)&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Zoologiquement, la vie et le comportement sexuels des êtres humains présentent de nombreux points communs avec ceux des primates, et plus généralement avec l'ensemble des mammifères. L'observation de autres grands singes suggère que l'amour chez l'homme ne serait qu'une forme culturellement complexifiée d'un phénomène existant déjà chez ces animaux.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Physiologiquement, le coït tel qu'il est observé chez l'Homo sapiens ne diffère guère de l'accouplement chez les grands singes. En revanche, la séquence amoureuse, des premières approches, de la séduction jusqu'à l'accouplement, semble avoir évolué parallèlement à l'hypertrophie du cortex cérébral dont a été dotée notre espèce au cours de son évolution récente. Les aptitudes à l'idéation, l'imagination, l'anticipation et à la stratégie qui en résultent ont complexifié le processus à l'extrême.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Les zoologues se sont en outre intéressés à l'avantage concurrentiel, du point de vue de l'espèce, que donne l'amour tel qu'il se manifeste chez les êtres humains. Il apparaîtrait comme nécessaire à la sécurisation du couple durant la période d'extrême vulnérabilité des jeunes, elle-même suivie de la phase de développement de l'intelligence d'un adulte, moments qui, rapportés à leurs équivalents chez les espèces proches, sont extrêmement longs.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
En outre, les comportements sexuels se manifestent de manière extrêmement variable chez les animaux16. D'un point de vue évolutif, la grande variété des comportements amoureux influencerait la diversité des espèces.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Concernant la relation maternelle chez les animaux, une intervention dans un processus naturel comme l'accouchement perturbe l'attachement de la femelle envers son petit. Ainsi, « des brebis parturientes ayant subi une anesthésie péridurale ne manifestent pas de comportement maternel »17.&lt;br /&gt;
Neurologie et biochimie&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Chez l’humain, l’attachement « romantique » met en jeu globalement les mêmes régions cérébrales, ainsi que certaines structures impliquées dans le système de récompense18. Des psychiatres et chercheurs en psychologie comparent les effets de la passion amoureuse et du plaisir qu'elle procure, avec ceux d'une drogue comme l'alcool, pouvant générer une « dépendance » ou « addiction » à la personne « aimée », et conduire à des états de « manque » lorsqu'elle est inaccessible19,20,21. Différents composés chimiques sont évoqués dans les processus d'attirance, d'attachement, et de sexualité, tels que la phényléthylamine, la dopamine, les endorphines, et l'ocytocine22,23. L’anthropologue Helen Fisher va jusqu'à assimiler la puissance de ce sentiment à une addiction proche de la cocaïno-dépendance24. Plusieurs auteurs ont souligné la ressemblance entre certains aspects de la passion amoureuse (altération de l’état mental, exaltation de l’humeur, pensées intrusives de l’objet aimé…) et certains troubles psychiques (observés par exemple dans les troubles bipolaires et obsessionnels-compulsifs)25.&lt;br /&gt;
Approche anthropologique&lt;br /&gt;
Cette section a besoin d'être recyclée (août 2018).&lt;br /&gt;
Une réorganisation et une clarification du contenu sont nécessaires. Améliorez-le ou discutez des points à améliorer.&lt;br /&gt;
Amour et famille&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Dans son dernier ouvrage, Le Premier Amour (Plon, 1999), les enfants sont de grands passionnés et savent très tôt ce qu'aimer veut dire, on aime à trois ans comme on aimera toute sa vie, explique le psychosociologue Francesco Alberoni26.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Le lien originel serait la première histoire d’amour selon les chercheurs, une continuation de quête à toutes les histoires amoureuses convoitées. L’attachement sexuel présenterait dès la naissance une activité neurophysiologique qui se maintiendrait dans l'enfance pour déborder physiquement sur l’âge adulte avec l’afflux d’hormones provoquant des réponses physiologiques à l'adolescence. Jean-Pol Tassin, neurobiologiste au Collège de France, indique que les histoires d'amour sont des éléments émotionnels dans le processus cérébral qui sont un prolongement du lien maternel. « Dès la naissance, un rapport à la mère fondé sur la recherche de plaisirs sensoriels se crée, explique-t-il. Avec ce premier rapport hédoniste, l'enfant au cours de son développement se bâtit ce que l'on peut appeler un « bassin attracteur » : il intègre petit à petit ses satisfactions premières et va passer sa vie à rechercher chez les autres des stimuli analogues. »27&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
La famille est un lieu riche en relations amoureuses : amour conjugal, amour maternel, et de manière plus générale, parental, amour filial, fratrie.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
L'importance de l'affection des membres d'une même famille entre eux est illustrée par l'émotion vécue dans les grands évènements tels qu'une naissance, un mariage, un succès, une épreuve, un accident, un décès.&lt;br /&gt;
Relations sexuelles&lt;br /&gt;
Article détaillé : Rapport sexuel.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
L'amour ne diffère pas fondamentalement dans les diverses cultures humaines, les parades de séduction restant à la base les mêmes en Afrique, en Orient, en Europe ou en Amérique du Nord[réf. nécessaire]. C'est plutôt l'attitude à l'égard du désir féminin, dont la répression est fréquente dans beaucoup de sociétés (voir aussi Comportement et langage), qui change de forme extérieure. Il semble qu'un abandon de soi permet la délivrance ou l'expression d'un aboutissement à autrui.&lt;br /&gt;
Comportement amoureux dans le monde&lt;br /&gt;
Le baiser, un trait culturel.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Le comportement sexuel varie fort peu suivant les diverses sociétés humaines. Les modes de séduction, de contacts, les parades et les expressions faciales ne présentent que des différences mineures et très extérieures.[réf. nécessaire] L'Europe n'a plus le monopole de la représentation massifiée du comportement amoureux ; pourtant, les deux grandes industries cinématographiques du monde, occidentale et indienne[réf. nécessaire], montrent de manière saisissante le caractère uniforme des représentations collectives de la sexualité dans des cultures différentes, a fortiori sachant que ces deux cinémas ont chacun une aire d'influence qui va bien au-delà de leurs sphères géographiques propres. Les films indiens sont depuis longtemps projetés dans tous les cinémas du Moyen-Orient et du monde arabe, tandis que le cinéma occidental a depuis longtemps fait la conquête du Japon et de la zone d'influence chinoise.[réf. nécessaire]&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Néanmoins, certains détails comportementaux sont culturellement acquis. Le baiser avec la langue, par exemple, qui semble naturel en Occident, en Chine, dans le monde arabe, en Inde, était probablement inconnu en Afrique subsaharienne avant l'arrivée des Européens[réf. nécessaire]. Dans Ma vie secrète, un anonyme licencieux de l'époque victorienne rapporte qu'il a dû enseigner cette pratique, qui n'allait pas de soi. Il s'agirait donc d'un trait culturel, mineur, mais réel.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
L'éthnolinguistique, l'anthropologie linguistique et les études en traduction mettent en question la démarche anthropologique qui consiste à analyser le rapport entre les êtres humains et l'amour dans diverses langues-cultures. L'éthnolinguistique de Underhill (2012) montre par exemple que l'amour est représenté en termes métaphoriques, et que les cadres et les configurations métaphoriques diffèrent en anglais, français et tchèque. Mais si on va au-delà de la langue et on entre dans le discours, on ne peut maintenir le modèle d'un individu qui incarne sa culture et sa langue. On constate que les individus adoptent, adaptent et résistent les cadres culturels qu'ils trouvent dans la langue. L'anthropologie qui focalise sur les études multilingues montre que la langue n'est que le modèle qui est entretenu par les discours et par les « stratégies discursives ». L'amour se négocie en langage. Et souvent les locuteurs résistent ou rejettent les métaphores conceptuelles selon lesquelles l'amour serait « fusion », le « centre » ou le « but » de la vie. L'humour ne cesse d'innover à partir de paradigmes traditionnels. La vulgarité aussi (voir Underhill 2012).&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
L'homosexualité est un comportement attesté depuis la plus haute Antiquité et fort bien documenté. D'un point de vue psychologique, l'amour entre homosexuels ne diffère pas significativement de l'amour hétérosexuel.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Internet a modifié quelque peu les relations amoureuses dans le monde en facilitant les contacts à distance. De nombreux couples issus de continents différents se sont formés grâce à ce nouveau média.[réf. nécessaire]&lt;br /&gt;
Comportement et langage&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Paradoxalement, l'acte le plus naturel du monde (la reproduction) tout comme certaines fonctions corporelles (la défécation) sont accompagnés chez les êtres humains d'interdits sociaux visibles au niveau du langage et du comportement. Il existe dans toutes les sociétés humaines des tabous relatifs à ces fonctions. Par exemple l'homme est la seule créature[réf. nécessaire] qui se réunit en groupe pour manger mais, dans certaines cultures, s'isole pour déféquer. De même, l'acte sexuel se fait de préférence dans l'isolement (l'amour en groupe est considéré comme déviant). Le langage est lui-même empreint de ces valeurs morales qui distinguent ce qui est « propre » de ce qui est « sale ». La plupart des religions ont considéré comme nuisible pour la vie de l'individu le fait de vouloir satisfaire toutes les pulsions sans critères de limite (voir libertinage, célibat, abstinence) ou au contraire pour en faire le centre de leur philosophie dans certaines sectes (le gourou s'adjuge toutes les femmes du groupe). Le langage distingue ainsi dans toutes les langues du monde plusieurs niveaux pour désigner la copulation : poétique (union), vulgaire (baiser et une infinité d'autres termes), médical-scientifique (coït), etc. Quelques exemples d'euphémismes évitent d'être trop explicite comme faire l'amour ou coucher avec quelqu'un.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Le choix du partenaire résulte en fin de compte d'un équilibre subtil entre l'attirance consciente ou culturelle (goûts ou passions communs, niveau de langage, richesse, comportement social, etc.) et l'attirance inconsciente ou naturelle (physique, odeur, sentiment de sécurité, etc.) Il est naturel d'exprimer métaphysiquement ses envies, désirs et besoins.&lt;br /&gt;
Arts&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
De toute époque, l'amour, comme « désir », a inspiré les artistes de toutes les disciplines artistiques. C'est un thème récurrent et majeur avec le temps ; conséquences de la naissance, de la vie et la mort.&lt;br /&gt;
Dans les arts plastiques&lt;br /&gt;
Psychè et L'Amour, par William Bouguereau (1889).&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
L'amour a toujours été un thème de prédilection dans l'histoire de la peinture et de la sculpture, par la représentation de situations amoureuses ou par la symbolique ou l'allégorie, faisant intervenir des personnages mythologiques.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Certains thèmes ou personnages mythologiques ou historiques reviennent :&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
    Éros (ou Cupidon), dieu des amours profanes, est souvent représenté dans des scènes comme sujet principal, ou comme personnage secondaire pour évoquer la présence symbolique de l'amour. Enfant ou adolescent espiègle et capricieux, ailé et portant un arc avec lequel il tire des flèches d'or dans les cœurs humains, ce qui leur apportent amour et désir d'amour. Les scènes les plus représentées sont : l'amour d'Éros pour Psyché, Éros l'enfant turbulent désarmé par sa mère Aphrodite, la victoire de l'amour sur les œuvres humaines (voir la célèbre version du Caravage) ou la lutte entre l'amour profane et l'amour sacré.&lt;br /&gt;
    Aphrodite (ou Vénus), déesse de l'amour, mère de Éros/Cupidon, inspire souvent les peintres, notamment pour l'épisode de sa naissance. Elle apparaît au monde déjà adulte, nue et sortant de la mer : les versions de Botticelli (cf. La naissance de Vénus), Cabanel, Fantin-Latour ou Bouguereau comptent parmi les plus célèbres.&lt;br /&gt;
    La vie amoureuse tumultueuse de Zeus/Jupiter a également fait l'objet de nombreuses représentations : l'enlèvement de Léda, d'Europe ou de Ganymède sont parmi les thèmes les plus souvent traités.&lt;br /&gt;
    Les grandes histoires d'amour de l'histoire ou de la littérature comme Tristan et Yseult, Roméo et Juliette, Ulysse et Pénélope et bien d'autres ont été traitées en peinture, surtout dans les périodes romantiques (préraphaélisme, romantisme, etc.).&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Par ailleurs, nombre de scènes amoureuses de la vie quotidienne des hommes ont été représentées, depuis la cour faite à l'être aimé au drame amoureux, en passant par le baiser langoureux ou le libertinage. Un exemple est le tableau de Jean-Honoré Fragonard nommé le Verrou.&lt;br /&gt;
Dans la littérature&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
L'art poétique et le roman sont, avec la chanson, quelques-uns des moyens de prédilection de l'expression verbale de l'amour. À travers les âges, la littérature a reflété des tendances de l'amour, des divinités mythologiques à l'amour réaliste de notre époque.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Le français présente une curiosité grammaticale : le mot amour est ordinairement au masculin au singulier, mais souvent au féminin au pluriel (« Un amour mort » / « Des amours mortes »)28, mais il peut également être au féminin au singulier (« La belle amour, la vraie amour »).&lt;br /&gt;
Religions&lt;br /&gt;
Victoire de l'Amour sacré sur l'Amour profane, tableau de Giovanni Baglione (vers 1602).&lt;br /&gt;
Dans le judaïsme&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Une des principales lois du judaïsme dicte d'aimer l’Éternel « de tout son cœur, de toute son âme et de toutes ses forces »29. Elle est régulièrement citée par les pratiquants lors du Chema Israël (« écoute Israël »), prière quotidienne.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Un autre commandement concernant l'amour est « tu aimeras ton prochain comme toi-même »30. Le judaïsme distingue trois types d'amour31 : physique, charitable et spirituel. L'amour physique est manifesté dans le récit de la Création où Eve naît à partir d'une côte d'Adam.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Selon la conférencière Gila Manolson32, l'amour dans le judaïsme est avant tout spirituel (le partage des valeurs et la bonté à déceler chez les autres est ce qui importe le plus). C'est également un amour qui se démontre par des actes, ainsi que l'écrit Jill Murray33 : « L'amour est un comportement. » Ce comportement implique la Tsedaka, charité pratiquée par les juifs. D'après l'essai sur la Bonté du Rav Eliashou Dessler[réf. incomplète], « donner nous conduit à aimer. » La Tsedaka est donc une cause de l'amour, et non pas une conséquence. Ainsi, se comporter de manière juste (notamment en respectant les mitzvot et les lois) permet de manifester son amour envers Dieu et son prochain.&lt;br /&gt;
Dans le christianisme&lt;br /&gt;
Amour révélé&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Le christianisme « se définit comme religion du Verbe incarné et de l'amour révélé »34.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
La révélation chrétienne tient en ceci : « Dieu est Amour » et rien d'autre35 (1Jn4, 8.16). Cet énoncé constitue le cœur du discours chrétien sur Dieu : « Dieu interprété comme amour ; en cela consiste l'idée chrétienne36 »&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Selon Laurent Gagnebin, « dans les religions en général, [Dieu] commence avant tout par être compris comme un Dieu terrifiant, redoutable, très éloigné du Dieu d'amour révélé par Jésus-Christ et qui caractérise aujourd'hui encore tout le christianisme37. »&lt;br /&gt;
Amour partagé : amour du prochain&lt;br /&gt;
Article détaillé : Charité.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
L'amour du prochain est la réponse à cet amour reçu :&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
    « Je vous donne un commandement nouveau : aimez-vous les uns les autres ; comme je vous ai aimés, vous aussi, aimez-vous les uns les autres. À ceci tous connaîtront que vous êtes mes disciples, si vous avez de l'amour les uns pour les autres. »&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
— Jn 13, 34-35&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Lorsqu'un Juif demande à Jésus : qui est mon prochain ? Jésus, par la parabole du bon Samaritain, signifie que le prochain est aussi l'étranger, l'ennemi, sans considération de religion. (Cfr Luc 10, 29-37). Ailleurs Jésus appelle à l'amour des ennemis : « Aimez vos ennemis et faites du bien à ceux qui vous haïssent. Bénissez ceux qui vous maudissent, priez pour ceux qui vous diffament. » (Luc 6, 27-28).&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Le christianisme se différencie d'autres religions par l'abandon des lois et règles : seul le commandement de l'amour est sacré, est volonté de Dieu38. Tout le reste est rendu relatif à ce seul commandement. L'évangile selon Matthieu, notamment, l'exprime nettement lorsqu'un docteur de la Loi s'adresse au Christ :&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
    « Et l'un d'eux, docteur de la loi, lui demanda pour l'embarrasser :&lt;br /&gt;
    « Maître, quel est le plus grand commandement de la Loi ? »&lt;br /&gt;
    Il lui dit : « Tu aimeras le Seigneur ton Dieu de tout ton cœur, de toute ton âme et de tout ton esprit.&lt;br /&gt;
    C'est là le plus grand et le premier commandement.&lt;br /&gt;
    Un second lui est égal : tu aimeras ton proche comme toi-même.&lt;br /&gt;
    En ces deux commandements tient toute la Loi, et les Prophètes. » »&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
— Mt 22, 35, 40&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
La recherche de l'amour du prochain, inextricablement liée à l'amour de Dieu, est le fondement de la relation humaine dans la Bible. Le rôle de l'Église et des Écritures est d'ouvrir le cœur des êtres humains (leur conscience) pour qu'il puisse vivre cet amour toujours plus profondément.&lt;br /&gt;
Précisions sur ce qu'est l'amour&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Pour certains[Qui ?], l'amour du prochain se définit comme une force intérieure qui pousse un être humain à rechercher la paix et à la partager avec les autres. Le désir d'amour se traduit par celui d'être avec l'autre ou les autres, celui d'accepter de recevoir et de donner, celui de dialoguer, de vivre avec, de comprendre, d'accompagner, etc.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Selon saint Paul : « Si je n’ai pas d’amour je ne suis rien. L'amour est patient, il est plein de bonté ; l'amour n'est point envieux, il ne se vante point, il ne s'enfle pas d'orgueil. Il ne fait rien de malhonnête. Il ne cherche point son intérêt, il ne s'irrite point, il ne soupçonne point le mal. Il ne se réjouit point de l'injustice, mais il se réjouit de la vérité. Il excuse tout, il croit tout, il espère tout, il supporte tout. L'amour ne meurt jamais39. »&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
L'amour dont parle le christianisme se nomme parfois charité (du latin caritas), terme qui le distingue de l'amour érotique ou de l'amitié, et qui comporte, dans son sens religieux initial, une dimension transcendante. Il ne dépend pas du sentiment, mais de la volonté40 en lien avec l'intelligence. Benoît XVI proclame : « Ce n'est que dans la vérité que l'amour resplendit et qu'il peut être vécu avec authenticité. (...) Dépourvu de vérité, l'amour bascule dans le sentimentalisme. (...) Il est alors la proie des émotions et de l'opinion contingente des êtres humains ; il devient un terme galvaudé et déformé jusqu'à signifier son contraire. La vérité libère l'amour des étroitesses de l'émotivité qui le prive de contenus relationnels et sociaux, et d'un fidéisme qui le prive d'un souffle humain et universel41. » (La charité a parfois pris le sens d'une sorte de pitié paternaliste : ce sens est très loin du sens de l’Évangile).&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Lanza del Vasto précise : « La Charité est un amour conscient partant de la connaissance de soi et de la reconnaissance de soi en autrui. (...) C'est un amour « théologal », c'est-à-dire « découlant de la connaissance de Dieu ». C'est la découverte dans l'âme de tout homme de &amp;quot;l'image et ressemblance de Dieu&amp;quot;(cfr Genèse 1, 26) déposées en elle comme en nous-mêmes42 ». « Apprends à aimer non parce que ton cœur incontinent déborde, mais pour répondre au commandement de Dieu. Apprends la charité virile qui possède des paroles sévères pour ceux qui t'aiment, sereines pour ceux qui te combattent, chaudes pour ceux qui faiblissent, fortes pour ceux qui souffrent, claires pour les aveugles, écrasantes pour les orgueilleux, un seau d'eau et un bâton pour ceux qui dorment. L'amour qui demande et qui pleure, tue-le ; l'amour qui étreint et qui force, tue-le. Apprends l'amour qui n'attend rien du monde mais rayonne de par sa vertu propre, l'amour qui insuffle force à la personne aimée, et l'amène à la délivrance43. »&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Le pape François a rappelé ce commandement en conclusion de son message pour la Journée mondiale de la paix 2014, en soulignant que l'amour se traduit par la fraternité, qui est « fondement et route pour la paix »44, qui est avec la liberté et l'égalité, l'une des trois vertus républicaines fondatrices de la conception contemporaine des droits de l'homme, comme l'a souligné Jean-Paul II dans une homélie lors de son premier voyage en France en 198045.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
L'étude de l’Évangile selon Marc amène Benoît et Ariane Thiran à préciser ce qu'est l'amour vécu-enseigné par Jésus-Christ46. L'amour, ils le définissent à partir du regard (intérieur) posé sur l'autre et soi-même, regard qui cesse d'être binaire et en opposition, par exemple lorsque je me pose comme le bon, le pur, le méritant face à « l'autre » qui ne l'est pas47. L'amour exige d'exister, de s'affirmer, mais sans écraser, d'interpeller l'autre mais en partant du respect le plus grand pour l'autre et en étant prêt à souffrir à l'instar du Maître48.&lt;br /&gt;
Dans l'islam&lt;br /&gt;
Articles détaillés : Miséricorde (islam) et L'amour dans le soufisme.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
L'amour est un sujet qui, principalement, &amp;quot;apparaît dans la pensée musulmane que sous l’impulsion des soufis qui lui connaissent diverses formes et en recherchent les germes coraniques&amp;quot;49.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Le texte coranique associe plusieurs termes du champ lexical de l'amour à Dieu. « Dieu se qualifie dans le Coran de « Miséricordieux par essence » (Rahmân en arabe) et de « Miséricordieux d'une façon existentielle et efficiente » (Rahîm en arabe) : 329 occurrences ; Il est « le plus Miséricordieux des miséricordieux » ; [Les mots] Rahmân et Rahîm dérivent de la racine RHM qui renvoie à la matrice de la mère : rahim. Dieu est la matrice de l'univers, et aime Ses créatures d'un amour matriciel »50. La traduction du premier sens, aujourd'hui traduit par &amp;quot;miséricordieux&amp;quot; n'est pourtant pas assurée à l'époque de la rédaction du Coran. En effet, le terme Rahmân n'acquiert la signification de clément, de celui qui fait pitié, absente du champ sémantique de Rahman dans le Coran51, qu'à partir de l’époque islamique52.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
« L'islam est la religion de la « rah mah », [un mot arabe] qu'on rendrait par charité, amour, clémence, bienveillance et générosité dans tous les sens de ce dernier mot ; c'est cette « rah mah » qui fonde l'éthique islamique »53. Cet amour, cité dans le Coran, concerne principalement Allah, sauf trois fois où le terme est utilisé pour des humains :« les fils envers leurs père et mère (XVII, 24), les époux entre eux (XXX, 21), les Chrétiens entre eux (LVII, 27). »54. Dans sa définition, l'amour divin coranique pour les hommes n'est pas &amp;quot;inconditionné&amp;quot; mais est lié à la conduite morale de ceux-ci. Il aime &amp;quot;ceux qui agissent pour le mieux&amp;quot;, &amp;quot;ceux qui accomplissent de belles actions&amp;quot;55.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
L'amour pour les hommes, dans le Coran, est teinté d'une connotation négative, celui-ci pouvant être source de conflits, s'il n'est pas enraciné dans &amp;quot;l'amour véritable que l'on doit porter à Dieu&amp;quot;. Pour l'islam, l'amour entre les hommes n'a aucune valeur s'il n'est pas lié à la foi. Ainsi le Coran déclare que le croyant doit aimer ses proches mais aussi que le non-croyant ne peut avoir d'amis sincères55. L'amour entre époux est, quant à lui, une injonction divine55.&lt;br /&gt;
Dans le bouddhisme&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Dans les bouddhismes Mahayana et Vajrayana (bouddhismes vietnamiens, chan, zen, lamaïsme), l'Amour est l'une des quatre qualités d'être que le pratiquant doit développer, l'un des « Quatre Infinis » ou « Quatre Incommensurables » : l'amour, la compassion, la joie et l'équanimité. Les tibétains définissent l'amour comme un souhait du bonheur de l'autre ; la compassion, comme un souhait de cessation de la souffrance de l'autre ; la joie, comme une participation à son bonheur ; l'équanimité comme le fait d'être attentif de façon semblable à tout être et toute chose sans établir un attachement privilégié. Tout pratiquant du bouddhisme Mahayana doit souhaiter la « bodhicitta » - « l'esprit d'éveil » - : souhaiter obtenir l'éveil ou les qualités spirituelles pour le bien des êtres, et ultimement, libérer définitivement les souffrances humaines. Karuna (sansk.), est traduit par « compassion » en français et « loving-kindness » en anglais, une activité d'attention aimante envers l'autre. Au Tibet, la compassion est décrite comme l'attitude de la mère attentive face à ses enfants.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Dans le bouddhisme Mahayana, d'une façon générale, la compassion, ou « amour-tendresse » est à développer conjointement à la sagesse (compréhension de la nature réelle, objective des phénomènes, philosophie du non-soi, etc.). La sagesse permet de s'affranchir de l'idée du soi, donc de toute tendance égotique ou narcissique. En cela, elle participe à l'émergence d'une « compassion infinie ». De même, la sagesse exige une grande compassion pour être actualisée : l'extinction de l'illusion du soi, pour les bouddhistes, exige une infinie dévotion, une immense abnégation. Aussi, pour les bouddhistes du Tibet, sagesse et compassion (ou « amour-tendresse ») se développent l'un l'autre jusqu'à conduire le pratiquant dans une « Terre pure » de bodhisattva - c'est-à-dire jusqu'à l'actualisation du potentiel humain d'amour, de joie, de compassion et d'équanimité.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Dans le bouddhisme ancien, selon l'enseignement du Bouddha, cette vision de l'amour n'apparaît pas. Le Bouddha insiste surtout sur le détachement qui conduit à la suppression du « désir » (Taṇhā), et donc au bonheur durable (cessation de la souffrance, nirvana). Ce n'est qu'entre les Ier et IVe siècles apr. J.-C. qu’émergera le bouddhisme Mahayana pour lequel l’action de compassion et d’amour envers l’autre prime sur l’ascèse et la méditation.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Pour les bouddhismes issus des développements du Mahayana et du Vajrayana, amour, joie et compassion ne sont pas des émotions mais de véritables qualités d'êtres. Les émotions telles la colère, la jalousie, la peur, l'avidité, l'orgueil, passion, ne sauraient durer, elles sont passagères et proviennent de l'attachement et du désir. Au contraire, l'amour, la joie et la compassion peuvent se développer infiniment et sans être nécessairement dépendantes d'un objet ou de la présence d'un être. Le pratiquant peut les porter en lui, les développer infiniment et au-delà de tout attachement. &lt;br /&gt;
-&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
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&lt;br /&gt;
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1-L AMOUR  PAR ERICH FROMM &amp;quot;L ART D AIMER &amp;quot;  Le 1er chapitre ou bien introduction ---&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
voir PLUS BAS  sous les   ****************************** erreur de copie&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
échec et d’étudier lasignification de l’amour.La  première  démarche  qui  s’impose  est  de  prendreconscience que l’amour est un art, tout comme vivre estun art ; si nous voulons apprendre comment aimer, nousdevons procéder de la même manière que pour appren-dre  n’importe  quel  autre  art,  à  savoir  la  musique, lapeinture, la charpenterie, ou l’art de la médecine ou de lamécanique.Quelles  sont  les  étapes  nécessaires  à  l’apprentissagede tout art ?On peut par commodité distinguer deux parties dansle  processus  d’apprentissage  d’un  art :  la  maîtrise  de  lathéorie et la maîtrise de la pratique. Si je désire apprendrel’art de la médecine, il me faut d’abord connaître les faitstouchant  au  corps  humain  et  aux  diverses  maladies.Lorsque j’ai acquis cet ensemble de connaissances théo-riques, je ne suis encore compétent en aucune façon dansl’art de la médecine. Je ne deviendrai un maître dans cetart qu’après une longue pratique, jusqu’à ce  que  finale-ment  les  résultats  de  ma  connaissance  théorique  et lesrésultats de ma pratique fusionnent en un tout - mon in-tuition,  essence  de  la  maîtrise  de  tout  art.  Mais, outrel’apprentissage  de  la  théorie  et  de  la  pratique,  il  y  a  untroisième facteur nécessaire pour devenir un maître dansquelque  art  que  ce  soit  -  la  maîtrise  de  l’art  doit  êtrel’objet  d’une  préoccupation  ultime ;  il  importe  que  rienau  monde  n’ait  plus  d’importance  que  l’art.  Ceci  vautpour  la  musique,  la  médecine,  la  charpenterie  -  et pourl’amour. Et, peut-être, trouvons-nous ici la  réponse  à  laquestion de savoir pourquoi les membres de notre cultureessaient si rarement d’apprendre cet art, en dépit de leurséchecs manifestes : c’est que, malgré un insatiable appé-tit d’amour, profondément enraciné, presque tout le restepasse pour plus important : le succès, le prestige, l’argent,le pouvoir - nous consacrons la presque totalité de notreénergie  à  apprendre  comment  atteindre  ces  objectifs,  etnous n’en réservons quasi pas à apprendre l’art d’aimer.Serait-ce  que  les  seules  choses  considérées  commevalant la peine d’être apprises sont celles qui permettentde gagner de l’argent ou du prestige, tandis que l’amour,qui  profite  « seulement »  à  l’âme,  mais  n’est  d’aucunprofit  au  sens  moderne,  serait  un  luxe  auquel  nousn’avons  pas  le  droit  de  consacrer  beaucoup  d’énergie ?Quoi qu’il en soit, la discussion qui suit traitera de l’artd’aimer  en  se  référant  aux  distinctions  déjà  mention-nées : d’abord, je discuterai de la théorie de l’amour - etceci occupera la majeure partie de ce livre ; après quoi, jediscuterai de la pratique de l’amour - du peu qui puisseêtre dit sur la pratique en cette matière, comme d’ailleursen toute autre.IILa théorie de l’amour1L’amour,réponse au problème de l’existence humaineToute  théorie  de  l’amour  doit  commencer  par  unethéorie  de  l’homme,  de  l’existence  humaine.  Certes,nous  rencontrons  l’amour,  ou  plutôt  un  équivalent  del’amour, chez les animaux, mais leurs attachements relè-vent   surtout   de   leur   équipement   instinctuel ;   chezl’homme,  par  contre,  seuls  des  vestiges  de  cet  équipe-ment  instinctuel  apparaissent  encore  en  action.  Ce qui,précisément,  est  essentiel  dans  l’existence  de  l’homme,c’est qu’il a émergé du règne animal, de l’adaptation ins-&lt;br /&gt;
4 / 9tinctive,  qu’il  a  transcendé  la  nature  -  bien  qu’il  ne  laquitte  jamais ;  il  en  fait  partie  -  mais  aussi,  qu’une  foisarraché à la nature, il ne peut la réintégrer ; dès l’instantoù il est éjecté du paradis - cet état d’unité originelle avecla nature - des chérubins aux épées de flammes lui barre-raient la route s’il essayait d’y revenir. L’homme ne peutavancer  qu’en  développant  sa  raison,  en  trouvant  uneharmonie  nouvelle,  et  qui  soit  humaine,  au  lieu  del’harmonie préhumaine qui est irrémédiablement perdue.De  par  sa  naissance,  l’homme,  entendez  la  race  hu-maine aussi bien que l’individu, est expulsé d’une situa-tion  qui  était  déterminée,  aussi  déterminée  que  les  ins-tincts, dans une situation qui est indéterminée, incertaineet ouverte. Il n’y a de certitude que sur le passé - et surl’avenir dans la mesure où il porte la mort.L’homme  est  doué  de  raison ;  il  est vie  consciented’elle-même ; il a conscience de lui-même, de son sem-blable,  de  son  passé,  et  des  possibilités  de  son  avenir.Cette conscience de lui-même comme entité séparée, laconscience de la brièveté de sa propre vie, du fait qu’il aété engendré sans sa volonté et qu’il meurt contre sa vo-lonté, qu’il mourra avant ceux qu’il aime, ou eux avantlui,  la  conscience  de  sa  solitude  et  de  sa  séparation,  deson  impuissance  devant  les  forces  de  la  nature  et  de  lasociété, tout ceci fait de son existence  séparée,  désunie,une prison insupportable. Il sombrerait dans la folie s’ilne pouvait s’évader de cette prison et tendre vers l’avant,s’unir sous une forme ou sous une autre avec les  hom-mes, avec le monde extérieur.Angoisse de la séparationet besoin de la surmonterL’expérience  de  séparation  suscite  l’angoisse ;  elleest,  à  vrai  dire,  la  source  de  toute  angoisse.  Etre  séparésignifie  être  coupé  de,  sans  être  du  tout  en  mesured’exercer  mes  facultés  humaines.  Dès  lors,  être  séparésignifie être démuni, incapable de saisir le monde - objetset  personnes  -  activement ;  cela  signifie  que  le  mondepeut m’envahir sans qu’il soit en mon pouvoir de réagir.En ce sens, la séparation est source d’extrême angoisse.De plus, elle suscite un sentiment de honte et de culpabi-lité :  sentiment  qui  s’exprime  dans  l’histoire  bibliqued’Adam  et  Eve.  Après  avoir  mangé  de  l’« arbre  de  laconnaissance du bien et du mal », après avoir désobéi (iln’y a ni bien, ni mal, à moins qu’il n’y ait liberté de dés-obéir), après être devenus humains en s’étant affranchisde l’harmonie animale originelle avec la nature, c’est-à-dire après leur naissance comme êtres humains - ils  vi-rent « qu’ils étaient nus - et ils eurent honte ». Pourrions-nous supposer  qu’un  mythe  aussi  ancien  et  élémentaireque celui-ci témoigne de cette moralité prude, caractéris-tique  du  dix-neuvième  siècle,  et  que  le  point  importantenseigné  par  cette  histoire  soit  la  confusion  d’Adam  etEve  lorsqu’ils  s’aperçurent  que  leurs  organes  génitauxétaient visibles ? Il peut difficilement en être ainsi, et eninterprétant l’histoire dans un esprit victorien, nous man-quons le point principal, qui semble le suivant : devenusconscients d’eux-mêmes et l’un de l’autre, l’homme et lafemme prennent aussi conscience de leur séparation et deleur différence, dans la mesure où ils appartiennent à dessexes différents. Mais tout en reconnaissant leur sépara-tion,  ils  restent  étrangers  parce  qu’ils  n’ont  pas encoreappris à s’aimer l’un l’autre (ce qui est aussi mis en lu-mière  par  le  fait  qu’Adam  se  défend  en  blâmant  Eveplutôt qu’en essayant de la défendre). La conscience dela  séparation  humaine,  sans  réunion  par  l’amour  -  estsource de honte. Elle est en même temps source de cul-pabilité et d’angoisse.Ainsi donc, le besoin le plus profond de l’homme estde surmonter sa séparation, de fuir la prison  de  sa  soli-tude.  L’échec  absolu  à  atteindre  cet  objectif  signifie  lafolie, car comment surmonter la panique d’une complètesolitude, sinon par un retrait si radical du monde que lesentiment  de  séparation  disparaît  -  parce  que  le  mondeextérieur, dont on est séparé, a lui-même disparu.L’homme, - de tout âge et de toute culture - se trouveconfronté  à  la  solution  d’un  seul  et  même  problème :comment  surmonter  la  séparation,  comment  accomplirl’union, comment transcender sa propre vie individuelleet trouver l’unicité ? Le problème se  pose  dans  les  mê-mes termes pour l’homme primitif vivant dans lescavernes, pour le nomade qui veille sur ses troupeaux,pour le paysan d’Egypte, pour le commerçant phénicien,le soldat romain, le  moine  du  Moyen-Âge,  le  samouraïjaponais, remployé de bureau et l’ouvrier modernes. Leproblème est le même, car il jaillit du même sol : la si-tuation humaine, les conditions de l’existence humaine.Certes,  la  réponse  varie.  Le  culte  animal,  les  sacrificeshumains  ou  les  conquêtes  militaires,  la  complaisancedans le luxe, le renoncement ascétique, le travail obses-sionnel, la création artistique, l’amour de Dieu et l’amourde   l’Homme,   voilà   autant   de   solutions   différentes.Néanmoins, si nombreuses soient les réponses - le cata-logue en est l’histoire humaine - elles ne sont pas innom-brables.  Au  contraire,  dès  qu’on  néglige  les  différencesminimes qui relèvent plus de la périphérie que du centre,on découvre qu’il y a seulement un nombre limité de ré-ponses qui furent données et pouvaient être données parl’homme  dans  les  différentes  cultures  où  il  a  vécu.L’histoire de la religion et de la philosophie est l’histoirede ces réponses, de leur diversité, aussi bien que de leurlimitation numérique.Les réponses dépendent, dans une certaine mesure, dudegré  d’individuation  atteint  par  un  individu.  Chez  lejeune enfant, le moi n’est encore que peu développé : ilcontinue à se sentir un avec la mère et n’éprouve pas lesentiment d’être séparé aussi longtemps qu’elle est pré-sente.  A  son  impression  de  solitude  remédient  la  pré-sence physique de la mère, ses seins, sa peau. Mais à me-sure  que  l’enfant  développe  son  sens  de  séparation etd’individualité, la présence physique de la mère ne suffit&lt;br /&gt;
5 / 9plus et le besoin se fait  jour  de  surmonter  la  séparationpar d’autres voies.De même, la race humaine dans son enfance se sentencore  une  avec  la  nature.  La  terre,  les  animaux,  lesplantes sont encore le monde de l’homme. Il s’identifieavec les animaux, ce qui se traduit par le port de masquesd’animaux,  par  le  culte  d’un  animal  totem  ou  de  dieuxanimaux. Mais plus la race humaine émerge de ces liensprimitifs, plus elle se sépare du monde naturel, plus  in-tense devient le besoin de découvrir de nouvelles maniè-res d’échapper à la séparation.Première solution partielle :les états orgiaques (abolition du moi séparé)Une des manières de réaliser cet objectif consiste entoutes  sortes  d’états  orgiaques.  Ils  peuvent  se  présentersous forme d’une extase auto-provoquée, parfois à l’aidede  drogues.  Bien  des  rituels  en  honneur  dans  les  tribusprimitives offrent une image vivante de ce genre de so-lution.  Dans  un  état  transitoire  d’exaltation,  le  mondeextérieur disparaît, et avec lui, le sentiment d’en être sé-paré.  Dans  la  mesure  où  ces  rituels  se  pratiquent  encommun,  s’ajoute  une  expérience  de  fusion  avec  legroupe, qui rend cette solution d’autant plus efficace. Acette  solution  orgiaque  est  intimement  liée,  et  souventconfondue  avec  elle,  l’expérience  sexuelle.  L’orgasmepeut  produire  un  état  similaire  à  celui  engendré  parl’extase ou comparable  aux  effets  de  certaines  drogues.Des rites d’orgies sexuelles collectives faisaient partie denombreux rituels primitifs. Après l’expérience orgiaque,il semble que l’homme puisse continuer pour un tempssans trop souffrir de sa séparation. Et lorsque peu à peurenaît la tension de l’angoisse, l’accomplissement réitérédu rituel lui sert à nouveau d’exutoire.Aussi longtemps que ces états orgiaques sont affairede pratique commune dans une tribu, ils ne produisent niangoisse,  ni  culpabilité.  Agir  de  la  sorte  est  correct,  etmême vertueux, car c’est là une voie empruntée par tous,approuvée,  et  recommandée  par  les  guérisseurs  ou  lesprêtres ; il n’y a donc aucune raison de se sentir coupableou honteux. Il en va tout autrement lorsque la même so-lution est adoptée par un des membres d’une culture quia  délaissé  ces  pratiques  communes.  L’alcoolisme  et latoxicomanie sont les formes que choisissent les individusdans  une  culture  non-orgiaque.  En  contraste  avec  ceuxqui participent à une solution érigée en modèle social, ilssouffrent  de  culpabilité  et  de  remords.  Alors  qu’ils  ten-tent  d’échapper  à  la  séparation  en  se  réfugiant  dansl’alcool ou les drogues, ils se sentent encore plus séparéslorsque  l’expérience  orgiaque  a  pris  fin,  si  bien  qu’ilssont poussés à y recourir avec une fréquence et une in-tensité  croissantes.  De  ceci  diffère  peu  le  recours  à  unesolution orgiaque de nature  sexuelle.  Dans  une  certainemesure,  il  s’agit  d’une  forme  naturelle  et  normale poursurmonter  la  séparation,  et  d’une  réponse  partielle  auproblème de la solitude. Néanmoins, chez bien des indi-vidus  dont  le  sentiment  de  séparation  ne  trouve  aucunsoulagement   par   d’autres   voies,   la   recherche   del’orgasme revêt une fonction qui ne la différencie guèrede  l’alcoolisme  et  de  la  toxicomanie.  Elle  devient unetentative désespérée d’échapper à l’angoisse de la sépa-ration, mais n’aboutit qu’au sentiment toujours croissantd’être séparé, compte tenu que l’acte sexuel sans amourne comble jamais la distance entre deux êtres  humains,sinon pour un instant.Toutes les formes d’union orgiaque ont trois caracté-ristiques :  elles  sont  intenses,  même  violentes ;  ellesmettent enjeu la personnalité totale, esprit et corps ; ellessont  transitoires  et  périodiques.  Il  en  va  exactement  ducontraire pour cette forme d’union que, dans le passé etle présent, l’homme a choisie comme solution de loin laplus  fréquente :  l’union  fondée  sur  le conformisme  augroupe,  à  ses  coutumes,  pratiques  et  croyances.  Ici,  en-core, nous constatons un développement considérable.Deuxième solution partielle : le conformismeDans une société primitive, le groupe est restreint ; ilse compose de ceux avec qui l’on  partage  le  sang  et  laterre. Avec l’essor croissant de la civilisation, le groupes’élargit : la citoyenneté d’une polis, la citoyenneté d’ungrand  état,  les  membres  d’une  église,  en  deviennent  lamesure. Même pauvre, un Romain éprouvait de la fiertéparce qu’il pouvait dire : « civis romanus sum » ; Romeet l’Empire étaient sa famille, son foyer, son monde. Demême,   dans   la   société   occidentale   contemporaine,l’union  au  groupe  constitue  la  façon  prévalente  de sur-monter la séparation. C’est une union où, dans une largemesure,  le  soi  individuel  disparaît,  et  dont  le  but  estd’appartenir à la foule. Si je ressemble à quiconque, si jen’ai ni sentiments, ni pensées qui m’en distinguent, si jeme  conforme  aux  coutumes,  usages  vestimentaires  etidées,  au pattern  du  groupe,  je  suis  sauvé ;  sauvé  del’expérience effrayante de la solitude. Les systèmes dic-tatoriaux recourent aux menaces et à la terreur pour in-duire ce conformisme ; les pays démocratiques à la sug-gestion et à la propagande. Il y a, en effet, une différenceimportante  entre  les  deux  systèmes.  Dans  les  démocra-ties, l’anti-conformisme s’avère possible et en fait, n’estjamais entièrement absent ; dans les systèmes totalitaires,par contre, on ne peut attendre que de quelques héros etmartyrs  exceptionnels  qu’ils  refusent  de  se  soumettre.Néanmoins, en dépit de cette différence, les sociétés dé-mocratiques font preuve de conformisme à un point ex-cessif. La raison en est qu’il doit y avoir une réponse à laquête  de  l’union  et  qu’à  défaut  d’une  solution  autre  ou&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
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L ’ a r t   d ’ a i m e r(Introduction)1956ER IC H  FR O MMLa  révolution  de  l'amour  est,  pour  Erich  Fromm  (1900-1980)  -  une  des  grandes  figures  de  l'Ecole  deFrancfort et lecteur averti de Freud et Marx -, l'unique alternative à la destruction de l'humanité. Une psy-chanalyse adaptée au social, un socialisme humanitaire, une grande confiance dans l'homme qui peut cons-truire une société différente, fondée sur le respect de la vie et sur l'amour, telles sont les idées maîtresses decet humaniste. C'est le propos de son Art d'aimer : un art, l'art même qui fait l'homme libre.Traduit de l’américain par J.-L. Laroche et Françoise Tcheng, 1968, Ed. Desclée De Brower, 2007, 22ECelui qui ne sait rien, n'aime rien. Celui qui n'est capable de rien ne comprend rien.Celui qui ne comprend rien est sans valeur.Mais celui qui comprend, celui-là aime, observe, voit...Plus on en sait sur une chose, plus grand est l'amour...Qui imagine que tous les fruits mûrissent en même temps que les fraises ne sait rien des raisins.ParacelseAvant-proposOn s'exposerait à la déception en n'attendant de ce livre que de faciles recettes sur l'art d'aimer. Ce quenous voulons montrer en effet, c'est que l'amour n'est pas un sentiment à la portée de n'importe qui : il dé-pend de notre niveau de maturité. Que le lecteur soit bien persuadé que tous ses efforts en ce domaine sontvoués à l'échec s'il ne s'essaie pas assidûment à épanouir sa personnalité en vue d'une orientation  produc-tive ; que l'amour individuel ne peut être source de satisfactions si l'on n'est pas capable  d'aimer  ses  sem-blables, si l'on manque d'humilité, de courage, de foi, de discipline vraie. Dans une culture où ces qualitéssont  rares,  un  amour  accompli  doit  être  exceptionnel  :  demandons-nous  seulement  combien  nous  avonsconnu de personnes réellement aimantes.Que la tâche soit ardue n'est pas une raison pour s'abstenir d'en explorer les difficultés et les conditionsde réalisation. Pour ne pas compliquer inutilement les choses, nous nous sommes efforcé de traiter le pro-blème dans une langue aussi peu technique  que  possible  et  nous  nous  en  sommes  tenu  à  un  minimum  deréférences à la littérature sur l'amour.&lt;br /&gt;
2 / 9IL’amour est-il un art ?L’amour est-il un art ? En ce cas, il requiert connais-sance  et  effort.  Ou  bien  l’amour  est-il  une  sensationagréable, dont l’expérience est affaire de hasard, ce dansquoi  l’on  « tombe »  si  la  chance  vous  sourit ?  Ce  petitlivre se fonde sur la première prémisse, bien que sans nuldoute  la  plupart  des  gens  croient  aujourd’hui  en  la  se-conde.Non point que les gens s’imaginent que l’amour soitsans  importance.  Ils  en  sont  affamés,  ils  vont  voird’innombrables films sur des histoires d’amour heureu-ses et malheureuses, ils écoutent des centaines de chan-sons  d’amour  des  plus  médiocres  -  et,  cependant,  pres-que personne ne pense avoir tant soit peu à apprendre surl’amour.Cette attitude singulière relève de plusieurs prémissesqui, séparément ou conjointement, tendent à la soutenir.Pour  la  plupart,  le  problème  essentiel  de  l’amour  estd’être aimé plutôt que d’aimer, d’être capable d’amour.Dès lors, leur problème est de savoir comment être aimé,comment  être  aimable.  En  quête  de  ce  but,  ils  suiventdifférentes  voies.  L’une  d’elles,  plus  masculine,  est  deremporter  des  succès,  de  s’affirmer  en  puissance  et  ri-chesse dans les limites de sa position sociale. Une autre,plus féminine, est de chercher à plaire, en cultivant soncorps,  sa  toilette,  etc.  D’autres  moyens  de  séduire  sontcommuns  aux  deux  sexes :  développer  des  manièresavenantes,  une  conversation  agréable,  se  montrer  atten-tionné, modeste, inoffensif. Bien des façons de se rendreaimable  sont  identiques  à  celles  qui  sont  utilisées  pourremporter des succès, pour « se faire des amis et agir surautrui ». A vrai dire, ce que la plupart des gens dans notreculture  entendent  par  être  aimable,  consiste  essentielle-ment en un mélange de popularité et de sex appeal.Une seconde prémisse sous-jacente à l’attitude selonlaquelle  il  n’y  a  rien  à  apprendre  sur  l’amour  revient  àsupposer  que  le  problème  de  l’amour  est  un  problèmed’objet, et non un problème de faculté. Les gens pensentqu’il  est  simple  d’aimer,  mais  qu’il  est  difficile de  dé-couvrir le « bon objet » à aimer - ou qui les aimera. Cetteattitude  découle  de  plusieurs  raisons  enracinées  dans  ledéveloppement  de  la  société  moderne.  Mentionnons,entre autres, le changement important qui se produisit auvingtième siècle quant au choix d’un « objet d’amour ».A  la  période  victorienne,  l’amour  n’était  que  rarementune  expérience  personnelle  spontanée  pouvant  ensuitemener  au  mariage.  Au  contraire,  le  mariage  était  con-tracté  par  convention  -  soit  par  les  familles  respectives,soit par un médiateur, soit sans l’aide de tels intermédiai-res ; il était conclu sur la base de considérations sociales,et   l’on   supposait   que,   le   mariage   conclu,   l’amours’épanouirait.  Au  cours  des  quelques  dernières  généra-tions, le concept d’amour romantique est devenu presqueuniversel  dans  le  monde  occidental.  Aux  Etats-Unis,bien  que  des  considérations  de  nature  conventionnellen’aient    pas    complètement    disparu,    c’est    surtoutl’« amour romantique » que l’on recherche, l’expériencepersonnelle de l’amour qui, ensuite, conduira au mariage.Ce  nouveau  concept  de  liberté  dans  l’amour  doit  avoirfortement rehaussé l’importance de l’objet au détrimentde l’importance de la fonction.Un autre trait caractéristique de la culture contempo-raine est étroitement lié à ce facteur. Toute notre culturese fonde sur un appétit d’achat, sur l’idée d’un échangemutuellement profitable. L’homme moderne trouve sonbonheur  à  regarder  avec  frénésie  les  vitrines  des  maga-sins  et  à  acheter  tout  ce  que  ses  moyens  lui  permettentd’acquérir, en argent comptant ou à tempérament. Il (ouelle) regarde les gens de la même façon. Pour l’homme,une fille attrayante - et pour la femme, un homme sédui-sant - sont les prix qu’ils convoitent. « Attrayant » signi-fie d’habitude un joli paquet de qualités qui jouissent depopularité  et  sont  recherchées  sur  le  marché  de  la per-sonnalité.  Ce  qui  spécifiquement  rend  une  personne at-trayante  dépend  de  la  vogue  du  temps,  au  physiquecomme  au  moral.  Durant  les  années  vingt,  une  femmequi  buvait  et  fumait,  rude  et  sensuelle,  était  attrayante ;aujourd’hui,   la   mode   exige   plus   de   réserve   etd’attachement au foyer. A la fin du dix-neuvième et audébut  de  ce  siècle,  on  attendait  d’un  homme  qu’il  soitagressif et ambitieux - aujourd’hui, il doit être sociable ettolérant - afin d’être un « paquet » séduisant. En tout cas,la  sensation  de  tomber  amoureux  ne  se  développed’habitude  qu’en  regard  de  ces  denrées  humaines  quisont à la portée des possibilités d’échange propres à cha-cun. J’entreprends une affaire ; l’objet doit être désirablequant à sa valeur sociale et en même temps doit me dési-rer, considération faite à la fois de mes biens et de mesvirtualités  manifestes  et  latentes.  Ainsi  deux  personnestombent-elles  amoureuses  lorsqu’elles  ont  le  sentimentd’avoir découvert le meilleur objet disponible sur le mar-ché,  compte  tenu  des  limitations  de  leur  propre  valeurd’échange.  Souvent,  comme  lors  de  l’achat  d’une  pro-priété immobilière, les potentialités cachées qui peuventêtre  développées  jouent  un  rôle  considérable  dans  cettetransaction.Dans  une  culture  où  prévaut  l’orientation  commer-ciale et dans laquelle le succès matériel constitue la va-leur  éminente,  il  n’y  a  guère  de  quoi  s’étonner  que  lesrelations amoureuses suivent le même modèle d’échangeque celui qui gouverne le marché des affaires et du tra-vail.La  troisième  erreur  amenant  à  supposer  qu’il  n’y  a&lt;br /&gt;
3 / 9rien  à  apprendre  sur  l’amour  réside  dans  la  confusionentre  l’expérience  initiale  de  « tomber »  amoureux  etl’état permanent d’être amoureux, ou  mieux  encore,  de« se  tenir »  dans  l’amour.  Si  deux  personnes  qui  sontétrangères,  comme  nous  le  sommes  tous,  laissent  sou-dainement s’abattre le mur qui les séparait, et se sententproches, se sentent une, ce moment d’unicité est une desexpériences les plus vivifiantes et les plus émouvantes dela vie. Il est d’autant plus merveilleux et miraculeux pourles personnes qui ont vécu séparées, isolées, sans amour.Ce  miracle  de  soudaine  intimité  est  souvent  facilité  s’ils’associe à, ou est suscité par, l’attraction et la consom-mation sexuelles. Cependant, de par sa nature même, cetype  d’amour  n’est  pas  durable.  Les  deux  personness’accoutument l’une à l’autre, leur intimité perd de plusen  plus  son  caractère  miraculeux,  jusqu’à  ce  que  leurantagonisme,  leurs  déceptions,  leur  ennui  mutuel,  tuentce qui a pu subsister de l’émoi initial. Mais voilà, au dé-but elles ne se doutent de rien : elles prennent, en effet,l’intensité de l’engouement, cet état d’être « fou » l’un del’autre,  pour  une  preuve  de  l’intensité  de  leur  amour,alors que cela ne fait que révéler le degré de leur solitudeantérieure.Cette attitude - selon laquelle rien n’est plus facile qued’aimer - est restée l’idée dominante sur l’amour malgréles  témoignages  accablants  du  contraire.  Il  n’y  a  guèred’activité,  d’entreprise,  dans  laquelle  on  s’engage  avecdes  espoirs  et  attentes  aussi  démesurés,  et  qui  pourtantéchoue aussi régulièrement que l’amour. Si tel était le caspour toute autre activité, les gens seraient avides de con-naître les raisons de cet échec et d’apprendre comment yremédier - ou bien ils renonceraient à cette activité. Puis-que  le  second  terme  de  cette  alternative  est  impossibledans  le  cas  de  l’amour,  il  semble  qu’il  n’y  ait  qu’uneseule  façon  efficace  de  surmonter  l’échec  de  l’amour  -c’est d’examiner les raisons de cet échec et d’étudier lasignification de l’amour.La  première  démarche  qui  s’impose  est  de  prendreconscience que l’amour est un art, tout comme vivre estun art ; si nous voulons apprendre comment aimer, nousdevons procéder de la même manière que pour appren-dre  n’importe  quel  autre  art,  à  savoir  la  musique, lapeinture, la charpenterie, ou l’art de la médecine ou de lamécanique.Quelles  sont  les  étapes  nécessaires  à  l’apprentissagede tout art ?On peut par commodité distinguer deux parties dansle  processus  d’apprentissage  d’un  art :  la  maîtrise  de  lathéorie et la maîtrise de la pratique. Si je désire apprendrel’art de la médecine, il me faut d’abord connaître les faitstouchant  au  corps  humain  et  aux  diverses  maladies.Lorsque j’ai acquis cet ensemble de connaissances théo-riques, je ne suis encore compétent en aucune façon dansl’art de la médecine. Je ne deviendrai un maître dans cetart qu’après une longue pratique, jusqu’à ce  que  finale-ment  les  résultats  de  ma  connaissance  théorique  et lesrésultats de ma pratique fusionnent en un tout - mon in-tuition,  essence  de  la  maîtrise  de  tout  art.  Mais, outrel’apprentissage  de  la  théorie  et  de  la  pratique,  il  y  a  untroisième facteur nécessaire pour devenir un maître dansquelque  art  que  ce  soit  -  la  maîtrise  de  l’art  doit  êtrel’objet  d’une  préoccupation  ultime ;  il  importe  que  rienau  monde  n’ait  plus  d’importance  que  l’art.  Ceci  vautpour  la  musique,  la  médecine,  la  charpenterie  -  et pourl’amour. Et, peut-être, trouvons-nous ici la  réponse  à  laquestion de savoir pourquoi les membres de notre cultureessaient si rarement d’apprendre cet art, en dépit de leurséchecs manifestes : c’est que, malgré un insatiable appé-tit d’amour, profondément enraciné, presque tout le restepasse pour plus important : le succès, le prestige, l’argent,le pouvoir - nous consacrons la presque totalité de notreénergie  à  apprendre  comment  atteindre  ces  objectifs,  etnous n’en réservons quasi pas à apprendre l’art d’aimer.Serait-ce  que  les  seules  choses  considérées  commevalant la peine d’être apprises sont celles qui permettentde gagner de l’argent ou du prestige, tandis que l’amour,qui  profite  « seulement »  à  l’âme,  mais  n’est  d’aucunprofit  au  sens  moderne,  serait  un  luxe  auquel  nousn’avons  pas  le  droit  de  consacrer  beaucoup  d’énergie ?Quoi qu’il en soit, la discussion qui suit traitera de l’artd’aimer  en  se  référant  aux  distinctions  déjà  mention-nées : d’abord, je discuterai de la théorie de l’amour - etceci occupera la majeure partie de ce livre ; après quoi, jediscuterai de la pratique de l’amour - du peu qui puisseêtre dit sur la pratique en cette matière, comme d’ailleursen toute autre.IILa théorie de l’amour1L’amour,réponse au problème de l’existence humaineToute  théorie  de  l’amour  doit  commencer  par  unethéorie  de  l’homme,  de  l’existence  humaine.  Certes,nous  rencontrons  l’amour,  ou  plutôt  un  équivalent  del’amour, chez les animaux, mais leurs attachements relè-vent   surtout   de   leur   équipement   instinctuel ;   chezl’homme,  par  contre,  seuls  des  vestiges  de  cet  équipe-ment  instinctuel  apparaissent  encore  en  action.  Ce qui,précisément,  est  essentiel  dans  l’existence  de  l’homme,c’est qu’il a émergé du règne animal, de l’adaptation ins-&lt;br /&gt;
4 / 9tinctive,  qu’il  a  transcendé  la  nature  -  bien  qu’il  ne  laquitte  jamais ;  il  en  fait  partie  -  mais  aussi,  qu’une  foisarraché à la nature, il ne peut la réintégrer ; dès l’instantoù il est éjecté du paradis - cet état d’unité originelle avecla nature - des chérubins aux épées de flammes lui barre-raient la route s’il essayait d’y revenir. L’homme ne peutavancer  qu’en  développant  sa  raison,  en  trouvant  uneharmonie  nouvelle,  et  qui  soit  humaine,  au  lieu  del’harmonie préhumaine qui est irrémédiablement perdue.De  par  sa  naissance,  l’homme,  entendez  la  race  hu-maine aussi bien que l’individu, est expulsé d’une situa-tion  qui  était  déterminée,  aussi  déterminée  que  les  ins-tincts, dans une situation qui est indéterminée, incertaineet ouverte. Il n’y a de certitude que sur le passé - et surl’avenir dans la mesure où il porte la mort.L’homme  est  doué  de  raison ;  il  est vie  consciented’elle-même ; il a conscience de lui-même, de son sem-blable,  de  son  passé,  et  des  possibilités  de  son  avenir.Cette conscience de lui-même comme entité séparée, laconscience de la brièveté de sa propre vie, du fait qu’il aété engendré sans sa volonté et qu’il meurt contre sa vo-lonté, qu’il mourra avant ceux qu’il aime, ou eux avantlui,  la  conscience  de  sa  solitude  et  de  sa  séparation,  deson  impuissance  devant  les  forces  de  la  nature  et  de  lasociété, tout ceci fait de son existence  séparée,  désunie,une prison insupportable. Il sombrerait dans la folie s’ilne pouvait s’évader de cette prison et tendre vers l’avant,s’unir sous une forme ou sous une autre avec les  hom-mes, avec le monde extérieur.Angoisse de la séparationet besoin de la surmonterL’expérience  de  séparation  suscite  l’angoisse ;  elleest,  à  vrai  dire,  la  source  de  toute  angoisse.  Etre  séparésignifie  être  coupé  de,  sans  être  du  tout  en  mesured’exercer  mes  facultés  humaines.  Dès  lors,  être  séparésignifie être démuni, incapable de saisir le monde - objetset  personnes  -  activement ;  cela  signifie  que  le  mondepeut m’envahir sans qu’il soit en mon pouvoir de réagir.En ce sens, la séparation est source d’extrême angoisse.De plus, elle suscite un sentiment de honte et de culpabi-lité :  sentiment  qui  s’exprime  dans  l’histoire  bibliqued’Adam  et  Eve.  Après  avoir  mangé  de  l’« arbre  de  laconnaissance du bien et du mal », après avoir désobéi (iln’y a ni bien, ni mal, à moins qu’il n’y ait liberté de dés-obéir), après être devenus humains en s’étant affranchisde l’harmonie animale originelle avec la nature, c’est-à-dire après leur naissance comme êtres humains - ils  vi-rent « qu’ils étaient nus - et ils eurent honte ». Pourrions-nous supposer  qu’un  mythe  aussi  ancien  et  élémentaireque celui-ci témoigne de cette moralité prude, caractéris-tique  du  dix-neuvième  siècle,  et  que  le  point  importantenseigné  par  cette  histoire  soit  la  confusion  d’Adam  etEve  lorsqu’ils  s’aperçurent  que  leurs  organes  génitauxétaient visibles ? Il peut difficilement en être ainsi, et eninterprétant l’histoire dans un esprit victorien, nous man-quons le point principal, qui semble le suivant : devenusconscients d’eux-mêmes et l’un de l’autre, l’homme et lafemme prennent aussi conscience de leur séparation et deleur différence, dans la mesure où ils appartiennent à dessexes différents. Mais tout en reconnaissant leur sépara-tion,  ils  restent  étrangers  parce  qu’ils  n’ont  pas encoreappris à s’aimer l’un l’autre (ce qui est aussi mis en lu-mière  par  le  fait  qu’Adam  se  défend  en  blâmant  Eveplutôt qu’en essayant de la défendre). La conscience dela  séparation  humaine,  sans  réunion  par  l’amour  -  estsource de honte. Elle est en même temps source de cul-pabilité et d’angoisse.Ainsi donc, le besoin le plus profond de l’homme estde surmonter sa séparation, de fuir la prison  de  sa  soli-tude.  L’échec  absolu  à  atteindre  cet  objectif  signifie  lafolie, car comment surmonter la panique d’une complètesolitude, sinon par un retrait si radical du monde que lesentiment  de  séparation  disparaît  -  parce  que  le  mondeextérieur, dont on est séparé, a lui-même disparu.L’homme, - de tout âge et de toute culture - se trouveconfronté  à  la  solution  d’un  seul  et  même  problème :comment  surmonter  la  séparation,  comment  accomplirl’union, comment transcender sa propre vie individuelleet trouver l’unicité ? Le problème se  pose  dans  les  mê-mes termes pour l’homme primitif vivant dans lescavernes, pour le nomade qui veille sur ses troupeaux,pour le paysan d’Egypte, pour le commerçant phénicien,le soldat romain, le  moine  du  Moyen-Âge,  le  samouraïjaponais, remployé de bureau et l’ouvrier modernes. Leproblème est le même, car il jaillit du même sol : la si-tuation humaine, les conditions de l’existence humaine.Certes,  la  réponse  varie.  Le  culte  animal,  les  sacrificeshumains  ou  les  conquêtes  militaires,  la  complaisancedans le luxe, le renoncement ascétique, le travail obses-sionnel, la création artistique, l’amour de Dieu et l’amourde   l’Homme,   voilà   autant   de   solutions   différentes.Néanmoins, si nombreuses soient les réponses - le cata-logue en est l’histoire humaine - elles ne sont pas innom-brables.  Au  contraire,  dès  qu’on  néglige  les  différencesminimes qui relèvent plus de la périphérie que du centre,on découvre qu’il y a seulement un nombre limité de ré-ponses qui furent données et pouvaient être données parl’homme  dans  les  différentes  cultures  où  il  a  vécu.L’histoire de la religion et de la philosophie est l’histoirede ces réponses, de leur diversité, aussi bien que de leurlimitation numérique.Les réponses dépendent, dans une certaine mesure, dudegré  d’individuation  atteint  par  un  individu.  Chez  lejeune enfant, le moi n’est encore que peu développé : ilcontinue à se sentir un avec la mère et n’éprouve pas lesentiment d’être séparé aussi longtemps qu’elle est pré-sente.  A  son  impression  de  solitude  remédient  la  pré-sence physique de la mère, ses seins, sa peau. Mais à me-sure  que  l’enfant  développe  son  sens  de  séparation etd’individualité, la présence physique de la mère ne suffit&lt;br /&gt;
5 / 9plus et le besoin se fait  jour  de  surmonter  la  séparationpar d’autres voies.De même, la race humaine dans son enfance se sentencore  une  avec  la  nature.  La  terre,  les  animaux,  lesplantes sont encore le monde de l’homme. Il s’identifieavec les animaux, ce qui se traduit par le port de masquesd’animaux,  par  le  culte  d’un  animal  totem  ou  de  dieuxanimaux. Mais plus la race humaine émerge de ces liensprimitifs, plus elle se sépare du monde naturel, plus  in-tense devient le besoin de découvrir de nouvelles maniè-res d’échapper à la séparation.Première solution partielle :les états orgiaques (abolition du moi séparé)Une des manières de réaliser cet objectif consiste entoutes  sortes  d’états  orgiaques.  Ils  peuvent  se  présentersous forme d’une extase auto-provoquée, parfois à l’aidede  drogues.  Bien  des  rituels  en  honneur  dans  les  tribusprimitives offrent une image vivante de ce genre de so-lution.  Dans  un  état  transitoire  d’exaltation,  le  mondeextérieur disparaît, et avec lui, le sentiment d’en être sé-paré.  Dans  la  mesure  où  ces  rituels  se  pratiquent  encommun,  s’ajoute  une  expérience  de  fusion  avec  legroupe, qui rend cette solution d’autant plus efficace. Acette  solution  orgiaque  est  intimement  liée,  et  souventconfondue  avec  elle,  l’expérience  sexuelle.  L’orgasmepeut  produire  un  état  similaire  à  celui  engendré  parl’extase ou comparable  aux  effets  de  certaines  drogues.Des rites d’orgies sexuelles collectives faisaient partie denombreux rituels primitifs. Après l’expérience orgiaque,il semble que l’homme puisse continuer pour un tempssans trop souffrir de sa séparation. Et lorsque peu à peurenaît la tension de l’angoisse, l’accomplissement réitérédu rituel lui sert à nouveau d’exutoire.Aussi longtemps que ces états orgiaques sont affairede pratique commune dans une tribu, ils ne produisent niangoisse,  ni  culpabilité.  Agir  de  la  sorte  est  correct,  etmême vertueux, car c’est là une voie empruntée par tous,approuvée,  et  recommandée  par  les  guérisseurs  ou  lesprêtres ; il n’y a donc aucune raison de se sentir coupableou honteux. Il en va tout autrement lorsque la même so-lution est adoptée par un des membres d’une culture quia  délaissé  ces  pratiques  communes.  L’alcoolisme  et latoxicomanie sont les formes que choisissent les individusdans  une  culture  non-orgiaque.  En  contraste  avec  ceuxqui participent à une solution érigée en modèle social, ilssouffrent  de  culpabilité  et  de  remords.  Alors  qu’ils  ten-tent  d’échapper  à  la  séparation  en  se  réfugiant  dansl’alcool ou les drogues, ils se sentent encore plus séparéslorsque  l’expérience  orgiaque  a  pris  fin,  si  bien  qu’ilssont poussés à y recourir avec une fréquence et une in-tensité  croissantes.  De  ceci  diffère  peu  le  recours  à  unesolution orgiaque de nature  sexuelle.  Dans  une  certainemesure,  il  s’agit  d’une  forme  naturelle  et  normale poursurmonter  la  séparation,  et  d’une  réponse  partielle  auproblème de la solitude. Néanmoins, chez bien des indi-vidus  dont  le  sentiment  de  séparation  ne  trouve  aucunsoulagement   par   d’autres   voies,   la   recherche   del’orgasme revêt une fonction qui ne la différencie guèrede  l’alcoolisme  et  de  la  toxicomanie.  Elle  devient unetentative désespérée d’échapper à l’angoisse de la sépa-ration, mais n’aboutit qu’au sentiment toujours croissantd’être séparé, compte tenu que l’acte sexuel sans amourne comble jamais la distance entre deux êtres  humains,sinon pour un instant.Toutes les formes d’union orgiaque ont trois caracté-ristiques :  elles  sont  intenses,  même  violentes ;  ellesmettent enjeu la personnalité totale, esprit et corps ; ellessont  transitoires  et  périodiques.  Il  en  va  exactement  ducontraire pour cette forme d’union que, dans le passé etle présent, l’homme a choisie comme solution de loin laplus  fréquente :  l’union  fondée  sur  le conformisme  augroupe,  à  ses  coutumes,  pratiques  et  croyances.  Ici,  en-core, nous constatons un développement considérable.Deuxième solution partielle : le conformismeDans une société primitive, le groupe est restreint ; ilse compose de ceux avec qui l’on  partage  le  sang  et  laterre. Avec l’essor croissant de la civilisation, le groupes’élargit : la citoyenneté d’une polis, la citoyenneté d’ungrand  état,  les  membres  d’une  église,  en  deviennent  lamesure. Même pauvre, un Romain éprouvait de la fiertéparce qu’il pouvait dire : « civis romanus sum » ; Romeet l’Empire étaient sa famille, son foyer, son monde. Demême,   dans   la   société   occidentale   contemporaine,l’union  au  groupe  constitue  la  façon  prévalente  de sur-monter la séparation. C’est une union où, dans une largemesure,  le  soi  individuel  disparaît,  et  dont  le  but  estd’appartenir à la foule. Si je ressemble à quiconque, si jen’ai ni sentiments, ni pensées qui m’en distinguent, si jeme  conforme  aux  coutumes,  usages  vestimentaires  etidées,  au pattern  du  groupe,  je  suis  sauvé ;  sauvé  del’expérience effrayante de la solitude. Les systèmes dic-tatoriaux recourent aux menaces et à la terreur pour in-duire ce conformisme ; les pays démocratiques à la sug-gestion et à la propagande. Il y a, en effet, une différenceimportante  entre  les  deux  systèmes.  Dans  les  démocra-ties, l’anti-conformisme s’avère possible et en fait, n’estjamais entièrement absent ; dans les systèmes totalitaires,par contre, on ne peut attendre que de quelques héros etmartyrs  exceptionnels  qu’ils  refusent  de  se  soumettre.Néanmoins, en dépit de cette différence, les sociétés dé-mocratiques font preuve de conformisme à un point ex-cessif. La raison en est qu’il doit y avoir une réponse à laquête  de  l’union  et  qu’à  défaut  d’une  solution  autre  oumeilleure,  l’union  par  conformisme  à  la  foule  devientalors  prédominante.  On  ne  peut  s’expliquer  l’emprisequ’exercé  la  peur  d’être  différent,  la  peur  de  s’éloignerdu  troupeau  ne  fût-ce  que  de  quelques  pas,  sinon  encomprenant à quelle profondeur se situe le besoin de nepas être séparé. Parfois, cette peur de l’anti-conformisme&lt;br /&gt;
6 / 9est  rationalisée  en  une  peur  des  dangers  pratiques quipourraient  menacer  l’anti-conformiste.  Mais  en  fait,  lesgens veulent  se  conformer  à  un  degré  bien  plus  élevéqu’ils n’y sont contraints, du moins dans les démocratiesoccidentales.La plupart des gens ne sont même pas conscients deleur  besoin  de  conformisme.  Ils  vivent  avec  l’illusionqu’ils suivent leurs propres idées et penchants, qu’ils sontindividualistes, que les opinions auxquelles ils sont arri-vés représentent l’aboutissement de leur propre réflexion-  et  que,  si  leurs  idées  rejoignent  celles  de  la  majorité,c’est en quelque sorte une coïncidence. Le consensus detous  sert  de  preuve  à  la  justesse  de  « leurs »  idées.Comme persiste malgré tout un besoin de ressentir quel-que individualité, ils le satisfont sur des différences mi-neures ; les initiales sur le sac à main ou le tricot, la pla-que portant le nom du caissier de banque, l’appartenanceau  parti  démocrate  par  opposition  au  parti  républicain,aux Elks plutôt qu’aux Shriners, deviennent l’expressiondes   différences   individuelles.   Le   slogan   publicitaire« c’est  différent »  révèle  ce  besoin  pathétique  de diffé-rence,  alors  qu’en  réalité  c’est  à  peine  s’il  en  subsistequelqu’une.La tendance croissante à l’élimination des différencesest  intimement  liée  au  concept  et  à  l’expérience  del’égalité  telle  qu’elle  est  en  train  de  se  développer  dansles sociétés industrielles les plus avancées. Egalité avaitsignifié,  dans  un  contexte  religieux,  que  nous  sommestous des enfants de Dieu, que tous nous participons à lamême substance humano-divine, que nous sommes tousun. Il signifiait aussi que les différences véritables entreles  individus  devaient  être  respectées,  que  s’il  est  vraique nous sommes tous un, il est également vrai que cha-cun d’entre nous constitue une entité unique, un cosmospar  lui-même.  Une  telle  conviction  de  la  singularité  del’individu  s’exprime  par  exemple  dans  l’affirmation  duTalmud : « Celui qui sauve une seule vie est comme s’ilavait sauvé le monde entier ; celui qui détruit une seulevie  est  comme  s’il  avait  détruit  le  monde  entier ».L’égalité   comme   condition   de   développement   del’individualité, c’est également le sens que la philosophieoccidentale des lumières conférait à ce concept. Il signi-fiait (Kant en a donné la formulation la plus claire) quenul ne doit se servir d’autrui comme moyen de ses pro-pres fins. Que tous les hommes sont égaux dans la me-sure où ils sont des fins, et seulement des fins, et jamaisdes moyens l’un pour l’autre. S’inspirant des idées de laphilosophie des lumières, des penseurs socialistes de dif-férentes écoles définirent l’égalité comme l’abolition del’exploitation, de l’utilisation de l’homme par l’homme,qu’elle soit cruelle ou « humaine ».Dans  la  société  capitaliste  contemporaine,  la  signifi-cation de l’égalité s’est transformée. Par égalité on se ré-fère à une égalité d’automates ; d’hommes qui ont perduleur individualité. Aujourd’hui égalité signifie« similitude » plutôt que « singularité ». C’est une simi-litude  d’abstractions,  d’hommes  qui  exécutent  les  mê-mes travaux, qui s’adonnent aux mêmes loisirs, qui lisentles  mêmes  journaux,  qui  nourrissent  les  mêmes  senti-ments et les mêmes idées. A cet égard, il nous faut aussiconsidérer  avec  quelque  scepticisme  certaines  réalisa-tions que l’on vante en général comme des signes de no-tre  progrès,  notamment  l’égalité  des  femmes.  Cela  vasans dire, je ne prends pas parti contre l’égalité féminine ;mais ce qu’il y a de positif dans cette tendance à l’égaliténe doit pas nous abuser. Elle fait partie de ce courant quiporte à l’élimination des différences. L’égalité s’achète àce prix même : les femmes sont égales parce qu’elles nesont  plus  différentes.  La  proposition  de  la  philosophiedes lumières, l’âme n’a pas de sexe (en français dans letexte) est devenue une pratique générale. La polarité dessexes est en voie de disparaître, et avec elle l’amour éro-tique, qui se fonde sur cette polarité. Les hommes et lesfemmes  deviennent  les  mêmes,  non  des  égaux  en  tantque pôles opposés. La société contemporaine prêche cetidéal d’égalité non-individualisée parce qu’elle a besoind’atomes humains, tous semblables, pour les faire fonc-tionner dans un vaste agrégat, doucement, sans frictions ;tous  obéissant  aux  mêmes  ordres,  mais  chacun  étantnéanmoins convaincu qu’il suit ses propres désirs. Toutcomme la production moderne en grande série requiert lastandardisation des produits, ainsi le processus social re-quiert la standardisation de l’homme, et cette standardi-sation, on l’appelle « égalité ».L’union par conformisme n’est ni intense ni violente ;elle est calme, dictée par la routine, et pour cette raisonmême, suffit rarement à pacifier l’angoisse de la sépara-tion.  L’incidence  de  l’alcoolisme,  la  toxicomanie, lasexualité compulsive,  et  le  suicide  dans  la  société  occi-dentale contemporaine sont des symptômes de cet échecrelatif du conformisme à la foule. De plus, cette solutionconcerne  surtout  l’esprit  et  non  le  corps,  et  dès  lorss’avère également déficiente en regard des solutions or-giaques.  Le  conformisme  à  la  foule  ne  présente  qu’unseul  avantage ;  il  est  permanent,  et  non  spasmodique.Dès l’âge de trois ou quatre ans, l’individu est introduitdans le pattern de conformisme, et par la suite, ne perdjamais son contact avec la  foule.  Même  ses  funérailles,qu’il anticipe comme sa dernière grande affaire sociale,demeurent en stricte conformité avec le pattern.Outre  le  conformisme  comme  un  des  moyens  desoulager l’angoisse jaillissant de la séparation, il importede considérer un autre facteur de la vie contemporaine :le rôle de la routine du travail et du plaisir. L’homme de-vient un « huit heures - midi, deux heures - six heures »,il fait partie de la force de travail ou de la force bureau-cratique des employés et directeurs. Il a peu d’initiative,ses  tâches  sont  régies  par  l’organisation  du  travail ;même  entre  ceux  qui  se  situent  au  haut  et  au  bas  del’échelle, la différence est restreinte. Tous accomplissentdes  tâches  prescrites  par  la  structure  d’ensemble  de&lt;br /&gt;
7 / 9l’organisation,  à  une  vitesse  prescrite,  et  d’une  façonprescrite.  Les  sentiments  eux-mêmes  sont  prescrits :gaieté,  tolérance,  honnêteté,  ambition,  et  capacité  des’accommoder avec tout le monde, sans frictions. De fa-çon  similaire,  quoiqu’avec  moins  de  rigueur,  les  loisirssont routines. Les livres sont choisis par les clubs de li-vres, les programmes de cinéma par les distributeurs defilms et les propriétaires de salles, avec l’appui de la pu-blicité qu’ils financent ; le reste est tout aussi uniformisé :la promenade dominicale en voiture, la séance de télévi-sion, la partie de cartes, les réceptions. De la naissance àla  mort,  du  lundi  au  lundi,  du  matin  au  soir  -toutes  lesactivités  sont  routinées  et  préfabriquées.  Comment unhomme  pris  dans  ce  filet  de  routine  n’oublierait-il  pasqu’il est un homme, un individu unique, qui n’a reçu quecette seule chance de vivre, avec des espoirs et des dés-illusions,  avec  des  peines  et  des  craintes,  avec  le  désirnostalgique de l’amour et la terreur du néant et de la sé-paration ?Troisième solution partielle :le travail créateurUne troisième manière d’atteindre l’union réside dansl’activité  créatrice,  que  ce  soit  celle  de  l’artiste  ou  del’artisan.  Dans  toute  espèce  de  travail  créateur,  la  per-sonne qui crée s’unit avec son matériau, qui représente lemonde  en  dehors  d’elle.  Qu’il  s’agisse  d’un  menuisierconfectionnant  une  table  ou  d’un  orfèvre  une  pièce debijouterie, qu’il s’agisse du paysan qui cultive son grainou du peintre qui réalise un tableau, dès qu’il y a activitécréatrice   le   travailleur   et   son   objet   deviennent   un,l’homme  s’unit  avec  le  monde  dans  le  processus  decréation.  Ceci  n’est  vrai,  cependant,  que  du  travail  pro-ductif, du travail où j’organise, élabore, contemple le ré-sultat  de  mon  labeur.  En  effet,  dans  la  démarche  mo-derne   à   laquelle   est   astreint   l’employé   de   bureau,l’ouvrier réduit à n’être que le maillon d’une chaîne in-terminable, il ne reste que bien peu de cette qualité unifi-catrice du travail. Le travailleur devient un appendice dela machine ou de l’organisation bureaucratique. Il a cesséd’être  lui-même  -  dès  lors,  au-delà  de  l’union  par con-formisme, aucune autre n’est possible.L’amour seule solution humaineL’unité  qui  se  réalise  dans  le  travail  productif  n’estpas  interpersonnelle ;  dans  la  fusion  orgiaque,  l’unitéreste  temporaire ;  quant  à  l’unité  par  conformisme,  ellene constitue qu’une pseudo-unité. Aussi ne s’agit-il quede réponses partielles au problème de l’existence. La ré-ponse plénière réside dans l’accomplissement de l’unioninterpersonnelle,  de  la  fusion  avec  une  autre  personne,dans l’amour.Ce désir de fusion interpersonnelle est le plus puissantdynamisme en l’homme. C’est la passion la plus fonda-mentale,  c’est  la  force  qui  maintient  la  cohésion  de  larace  humaine,  du  clan,  de  la  famille,  de  la  société.L’échec  à  le  réaliser  signifie  folie  ou  destruction  -  des-truction  de  soi  ou  destruction  des  autres.  Sans  amour,l’humanité ne pourrait survivre un seul jour. Encore que,si nous entendons par « amour » la réalisation de l’unioninterpersonnelle, nous nous heurtons à une sérieuse diffi-culté. Il y a, de fait, bien des manières de réaliser la fu-sion  -  et  les  différences  entre  les  diverses  formes  del’amour ne sont pas moins significatives que ce qui leurest  commun.  Faut-il  alors  donner  à  toutes  l’appellationd’amour ? Ou devons-nous réserver seulement le termed’« amour » à une forme spécifique d’union, à celle qui,durant  les  quatre  derniers  millénaires  de  l’histoire  occi-dentale  et  orientale,  fut  considérée  comme  la  vertuexemplaire par toutes les grandes religions humanistes etconceptions philosophiques ?De même que pour toute difficulté sémantique, on nepeut  trancher  que  par  l’arbitraire.  Ce  qui  importe,  c’estque nous sachions de quelle sorte d’union nous nous en-tretenons  lorsque  nous  parlons  de  l’amour.  Nous  réfé-rons-nous à l’amour en tant que réponse plénière au pro-blème  de  l’existence,  ou  bien  visons-nous  ces  formesimparfaites de l’amour que l’on peut appeler union sym-biotique ?  Dans  les  pages  qui  suivent,  je  ne  désigneraipar amour que le premier terme de cette alternative, maisje vais entreprendre la discussion sur l’« amour » en par-tant du second.Les formes imparfaites de l’amourpar union symbiotiqueL’unionsymbiotique a son modèle biologique dans larelation entre la mère enceinte et le fœtus. Ils sont deux,et   pourtant   ne   font   qu’un.   Ils   vivent   « ensemble »(symbiosis),  ils  ont  besoin  l’un  de  l’autre.  Le  fœtus  faitpartie  de  la  mère,  il  reçoit  d’elle  ce  dont  il  a  besoin,  lamère est en quelque sorte son monde ; elle le nourrit, leprotège, mais sa propre vie en est aussi valorisée. Dansune union par symbiose psychique,  les  deux  corps  sontindépendants, mais le même genre d’attachement se re-trouve au niveau psychologique.La forme passive de l’union symbiotique est la sou-mission,  ou  pour  utiliser  un  terme  clinique,  le maso-chisme. Le masochiste échappe au sentiment insupporta-ble d’isolement et de séparation en se faisant partie inté-grante  d’une  autre  personne  qui  le  dirige,  le  guide,  leprotège, qui en est comme la vie et l’oxygène. Le pou-voir  de  la  personne  à  qui  l’on  se  soumet,  qu’il  s’agissed’un humain ou d’un dieu, est surestimé ; elle est tout, jene suis rien, sinon dans la mesure où j’en fais partie. Entant que partie, je participe à sa grandeur, à son pouvoir, àsa  certitude.  Le  masochiste  n’a  pas  à  prendre  de  déci-sions,  n’a  pas  à  assumer  le  moindre  risque ;  il  n’est  ja-mais seul - mais il n’est pas indépendant ; il n’a aucuneintégrité ;  il  n’est  pas  encore  pleinement  né.  Dans  uncontexte  religieux,  l’objet  de  culte  s’appelle  une idole ;dans  le  contexte  profane  d’une  relation  d’amour  maso-&lt;br /&gt;
8 / 9chiste,  le  mécanisme  essentiel,  celui  de  l’idolâtrie,  estidentique. Lorsqu’à la relation masochiste se mêle le dé-sir  sexuel,  il  ne  s’agit  plus  d’une  soumission  à  laquelleseul  l’esprit  participe,  mais  tout  le  corps  également.  Ilpeut y avoir soumission masochiste au destin, à la mala-die, à la musique rythmique, à Pétât orgiaque déclenchépar des drogues ou sous hypnose - dans tous ces cas, lapersonne renonce à son intégrité, se fait l’instrument dequelqu’un ou de quelque chose en dehors d’elle ; elle n’apas besoin de résoudre le problème de la vie par une ac-tivité productrice.La forme active de la fusion symbiotique est la domi-nation ou, pour utiliser un terme psychologique qui cor-responde  à  masochisme,  le sadisme.  Le  sadique  veutéchapper    à    sa    solitude    et    à    son    impressiond’emprisonnement  en  faisant  d’une  autre  personne  unepartie intégrante de lui-même. Il se surestime et se valo-rise par incorporation d’une autre personne qui lui rendun culte.La personne sadique  est  aussi  dépendante  de  la  per-sonne soumise que la seconde l’est de la première ; au-cune des deux ne peut vivre sans l’autre. La seule diffé-rence  est  que  le  sadique  commande,  exploite,  blesse,humilie,  tandis  que  le  masochiste  est  commandé,  ex-ploité, blessé, humilié. Sans doute est-ce une différenceconsidérable  d’un  point  de  vue  réaliste,  mais  dans unsens émotionnel plus profond, cette différence n’est pasaussi importante que ce qui est commun à tous deux : lafusion  sans  intégrité.  Si  l’on  comprend  ce  point,  on  nesera pas surpris non plus de constater qu’habituellementune personne réagit à la fois de manière sadique et maso-chiste, en général envers des objets distincts. Hitler réa-gissait de façon sadique vis-à-vis du peuple, mais de fa-çon  masochiste  vis-à-vis  du  destin,  de  l’histoire, du« pouvoir supérieur » de la nature. Sa fin - le suicide ausein de la destruction générale - est aussi caractéristiqueque l’était son rêve de succès - une totale domination1.L’amour accompli,pouvoir actif de participationEn  contraste  avec  l’union  symbiotique,  l’amour  ac-compli  est  une union  qui  implique  la  préservation  del’intégrité, de l’individualité. L’amour est chez l’hommeun pouvoir actif ; un pouvoir qui démantèle les murs sé-parant  l’homme  de  ses  semblables,  qui  l’unit  à  autrui ;l’amour lui fait surmonter la sensation d’isolement et deséparation,  tout  en  lui  permettant  d’être  lui-même,  demaintenir son intégrité. Le paradoxe de l’amour réside ence  que  deux  êtres  deviennent  un  et  cependant  restentdeux.Si nous disons de l’amour qu’il est « activité », nous1  Cf.  l’étude  plus  détaillée  de  E.  Fromm  sur  le  sadisme  et  lemasochisme dans Escape from Freedom, Rinehart &amp;amp; Compa-gny, New York, 1941.nous heurtons à une difficulté qui tient à la significationambiguë  de  ce  terme.  Par  « activité »,  selon  l’acceptionmoderne de ce mot, on entend d’habitude une action qui,par  une  dépense  d’énergie,  opère  un  changement  dansune situation existante.  Ainsi  considère-t-on  un  hommecomme actif s’il fait des affaires, étudie la médecine, tra-vaille  à  la  chaîne,  construit  une  table,  ou  se  livre  auxsports. Toutes ces activités ont ceci en commun qu’ellesvisent  un  but  extérieur  à  atteindre.  Ce  dont  il  n’est  pastenu compte, c’est de la motivation de l’activité. Consi-dérons, par exemple, un homme poussé à un travail in-cessant par un sentiment d’insécurité et de solitude pro-fondes ; ou un autre poussé par l’ambition ou la soif del’argent. Dans tous ces cas, l’individu est esclave d’unepassion, et son activité est en fait une « passivité » parcequ’il  est  poussé ;  il  est  victime,  non  « acteur ». D’autrepart, un homme qui se tient tranquille et qui contemple,sans autre intention ou objectif que de faire l’expériencede lui-même et de son unicité avec le monde, on le con-sidère  comme  « passif »  parce  qu’il  n’est  pas  « en trainde faire » quelque chose. En réalité, cette attitude de mé-ditation  concentrée  représente  la  plus  haute  activité  quisoit, une activité de l’âme, qui n’est rendue possible quepar  la  liberté  intérieure  et  l’autonomie.  Ainsi  donc,  ausens  moderne,  le  concept  d’activité  se  réfère  à  une  dé-pense d’énergie en vue de la réalisation d’objectifs exter-nes, tandis qu’en un autre sens, il se réfère à la mise enœuvre de pouvoirs inhérents à l’homme, sans se soucierqu’ait lieu un changement extérieur. Ce second sens duconcept d’activité, Spinoza l’a formulé très clairement. Ildistingue parmi les affects ceux qui sont actifs et passifs,les  « actions »  et  les  « passions ».  Dans  l’exercice  d’unaffect actif, l’homme est libre, il est maître de son affect ;dans  l’exercice  d’un  affect  passif,  l’homme  est  poussé,objet  d’une  motivation  dont  il  n’est  pas  lui-même  con-scient. Ainsi Spinoza en vient-il à affirmer que la vertu etle  pouvoir  sont  une  seule  et  même  chose2.  L’envie,  lajalousie,  l’ambition,  toute  espèce  de  cupidité,  sont  despassions ; l’amour est  une  action,  la  pratique  d’un  pou-voir humain qui ne peut s’exercer que dans la liberté etjamais sous l’effet d’une contrainte.L’amour est une activité, non un affect passif ; il estun « prendre part à », et non un « se laisser prendre ». Demanière très  générale,  on  peut  en  expliciter  le  caractèreactif  en  disant  ceci :  l’amour  consiste  essentiellement  àdonner, non à recevoir.... / ...2 Spinoza, Ethique IV, Def.8&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
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&lt;br /&gt;
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&lt;br /&gt;
2-AMOUR VERS L' AUTRE&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
3-1- AMOUR ET SERVICE ET &amp;quot;CHANGER LE MONDE ET LES AUTRES &amp;quot; &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
4-1- LA CHARITE &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
1-&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
2- L AMOUR POUR L  AUTRE&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
L'Amour que vous devez avoir pour autrui doit être libre de tout attachement.&lt;br /&gt;
Ne peuvent confondre Amour et attachement, ou bien les croire indissociables, que ceux qui manquent sérieusement d'introspection. Observez ce qui se passe en vous.&lt;br /&gt;
Constatez lorsque vous souffrez d'une séparation, de telle ou telle attitude d'un être aimé, ou bien lorsque vous désirez que ceci ou cela arrive ou n'arrive pas que ce n'est pas de l'Amour qui se manifeste, mais de l'inquiétude, du désir, de la frustration et que tout cela n'est qu'un mouvement du mental. Mouvement accapareur et passionné que vous confondez abusivement avec l’Amour.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
L'Amour en lui-même est un flux silencieux, qui trouve son bonheur et sa récompense dans sa propre expression. L'éloignement géographique, la mort ou la séparation, la conduite d'autrui, fut-elle particulièrement négative à notre égard, ne gêne aucunement l'amour. Certes, une telle attitude est étrangère à bien des habitudes, cependant qui apprend le pur Amour devient bientôt capable de l'étendre à toutes choses.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Nul doute qu'à première lecture certains trouveront le pur Amour, dégagé des mouvements mentaux de l'appropriation, de la convoitise, de l'inquiétude et de la frustration, impossible à pratiquer. Et cependant, quoi de plus simple il suffit de dépouiller l'Amour de tout ce qui ne lui appartient pas et se cache frileusement derrière ce mot. Il suffit de voir clair en soi-même. Ayez le courage d'observer et de constater, sans vous mentir, la différence qui existe entre l'Amour et la convoitise, entre le sentiment d'Amour et le sentiment de frustration, entre la plénitude de l'Amour et l'orgueilleuse jouissance de l'appropriation, entre la crispation inquiète et le flux chaud et généreux de l'Amour, il ne s'agit pas d'accepter conventionnellement une différence somme toute évidente. Il faut recenser et analyser, par une observation de soi-même intense, toutes les caractéristiques de l'irréductible différence. En la pleine perception de cette différence, l'Amour et les sentiments mentionnés se révèlent appartenir à deux ordres de réalité totalement différents. Seuls le manque d'intériorisation et les abus généralisés du langage et de la littérature ont permis de les confondre.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Apprenez à découvrir en vous-même qu'il y a des moments où vous aimez, et qu'il y en a d'autres où vous vous inquiétez, d'autres où vous convoitez et vous appropriez, d'autres encore où vous regrettez et souffrez. Le contenu de ces moments est totalement différent ; même si parfois les uns succèdent aux autres très rapidement.&lt;br /&gt;
Admettez-le, et constatez-le.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Les moments d'Amour, de vrai Amour, ne sont meublés par aucun sentiment inférieur. Cessez de tricher avec le mot Amour, de tout excuser par lui, de tout recouvrir pudiquement de son manteau. Lorsque vous savez par l’observation de vous-même que le fait d'Aimer est complètement différent du fait de s'inquiéter, de convoiter ou de regretter, cessez de dire : je m'inquiète, je désire ou je souffre parce que j'aime. Cette justification est fausse. C'est comme si vous disiez : je parle parce que je ne me tais pas.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
À tout moment vous avez la possibilité d'Aimer au lieu de vous inquiéter, convoiter ou regretter soyez honnête : inquiétude, convoitise et regret ne sont pas l'Amour et ne viennent pas de l’Amour. Ils viennent de l'ego, c'est l'ego qui veut posséder, qui souffre de la privation de possession et la redoute. L'Amour lui ne prend rien, il donne, il ne connaît aucune privation possible, car rien ne peut vous empêcher d'Aimer. Ni la séparation, ni le temps n'ont de prise sur l'Amour véritable sur l'Amour dépouillé des scories de l'ego, sur l'Amour éternel.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Comment Aimer notre ennemi, celui qui nous insulte, nous dénigre, nous agresse, nuit à ceux qui nous sont proches, ou nous trahit ?&lt;br /&gt;
C'est une simple question d'entraînement, et le début de cet entraînement c'est l'Amour des objets. Par cet Amour, tel qu'il a été décrit, vous apprenez à aimer volontairement, chose qui vous était inconnue. Dès lors les clefs du coeur sont en votre possession, vous ouvrez les portes d'écarlate chaque fois que vous le désirez.&lt;br /&gt;
Vous apprenez à Aimer pour le plaisir, sans rien attendre en retour, et voici que votre Amour se dépouille de l’égoïsme. Vous apprenez à Aimer des objets anodins et laids, et votre Amour ne dépend plus des attirances psychologiques. Lorsque ceci est obtenu le pas qu'il reste à franchir pour parvenir à Aimer vos ennemis d'une manière effective, n'est plus un plus de géant. C'est un petit effort supplémentaire. Un effort qui en sa répétition détruit les barrières de l'ego. Quand les barrières égotiques sont tombées, la spontanéité en pur Amour s'installe. À tout instant vous pouvez penser à quelqu'un ou le regarder et l'Aimer silencieusement. C'est l'homme qui convoite, s'approprie, regrette... Tous ces mouvements du mental humain ne sont pas l'Amour. Ils ne sont qu'apitoiement de l'ego sur lui-même ou avidité.&lt;br /&gt;
Cela n'a rien à voir avec l'Amour qui est le don d'une effusion qui n'attend rien en retour. Discriminez de manière à bien distinguer les mouvements de souffrance, d'angoisse, d'avidité ou de désir du mental, de l'Amour lui-même. Sachez par l'observation introspective au sein de la vie quotidienne : ceci est une pure effusion Amoureuse ; ceci est une effusion Amoureuse accompagnée de la pensée ; ceci est une simple pensée utilisant le mot amour... Le jour où grâce à vos efforts de discrimination fréquemment rejetés, vous distinguez clairement ce qu'est le pur Amour dépouillé de tout mouvement du mental, vous commencez à réaliser que l'Amour dépasse l'homme.&lt;br /&gt;
C'est quelque chose qui le traverse sans lui appartenir.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Apprendre le pur Amour c'est apprendre à Aimer sans cause ni raison, sans rien attendre, espérer, convoiter ou regretter. Sans non plus se préoccuper, de quelque manière que ce soit, du fait que notre Amour soit partagé ou non partagé, perçu ou non perçu par autrui. Aimer en s'immergeant entièrement dans la béatitude qui résulte du fait d'Aimer.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Pour bien comprendre en quoi consiste cet Amour suprême il faut nous poser la question fondamentale : qu'est-ce que l'Amour ?&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Qui travaille à l'éclosion de son coeur selon la méthode indiquée s'aperçoit peu à peu que l'Amour est plus que la pensée. Il se peut qu'en ses balbutiements du début le néophyte confonde pensée et Amour. Pour lui aimer un objet par exemple, signifiera penser avec une charge affective plus ou moins grande : « j'aime cet objet ». Une telle bévue est très fréquente et parfois inévitable chez le débutant, elle se dissout cependant par une pratique persévérante. Au commencement la pensée peut être l'huissier qui frappe à la porte du coeur. Mais qui travaille au niveau du coeur s'aperçoit assez rapidement que la pensée « j'aime », et le fait d'Aimer, sont deux choses bien différentes. Quand vous pensez, « j'aime », vous ne faites que formuler quelque chose mentalement, avec plus ou moins de sincérité. Mais lorsque vous Aimez, que cela s'accompagne ou non de pensée, quelque chose de bien différent se produit :&lt;br /&gt;
un courant indescriptible s'extravase de vous. Une fraîcheur vivifiante, une force enveloppante, une chaleur protectrice, une luminosité invisible, un baume apaisant, une allégresse communicative... Quelque chose, quelque chose de merveilleux sort de vous, et cela certes n'est pas de la pensée. La pensée peut susciter, enrober, accompagner l'Amour ou découler de lui, mais la pensée n'est pas l'Amour. L'Amour est un flux inexprimable et silencieux qui coule au travers de l'homme.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Celui qui progresse sur le sentier du coeur s'aperçoit que la pensée, qui au début pouvait constituer une aide, devient un obstacle. Il réalise que la pensée trahit l'Amour, le limite, l'étouffe. Il constate qu'en l'absence de toute pensée son Amour est plus fort, plus vaste, plus vrai, plus subtil et plus lumineux. Ainsi, peu à peu, il apprend à Aimer dans un silence intérieur total, et ce faisant, il dépasse le mental.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
L'Amour, par une décantation subtile, doit se libérer de la pensée. Par cette décantation, celui qui ne connaissait peut-être que des pensées affectives parvient à l'expression d'une pure affectivité rendue vierge de toute formulation mentale.&lt;br /&gt;
Apprendre à Aimer sans penser. Apprendre un Amour dans lequel s'éteignent les formulations mentales, constitue le summum de l'Amour. Initiez-vous à cet arcane :&lt;br /&gt;
regardez autrui, ou bien évoquez mentalement son existence, puis désintéressez-vous de la pensée, et immergez toute votre attention dans l'ineffable qui de vous coule vers l'autre.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Émettre vers autrui la paix, la lumière spirituelle et la béatitude qui brille dans vous, c'est cela le suprême Amour. Ne pensez pas à la paix à la lumière ou à la béatitude, sentez qu'au-delà des formulations mentales « Cela » va vers autrui, qu'il soit ou non physiquement présent.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Celui qui s’éveille a la perception de la présence en lui-même de la Conscience Divine. Qui à chaque instant demeure en tant que le Témoin éternel, universel, transcendant, libre et inaffecté des pensées et des perceptions de l'homme.&lt;br /&gt;
Celui qui réalise que sa propre Conscience, indépendamment de tout ce qui traverse le champ de sa perception, est indissociable de l'unique Conscience du Divin, connaît la suprême Béatitude. Lorsque cette Béatitude coule vers autrui, le suprême Amour se manifeste. Ce suprême Amour n'est pas dissociable de la Grâce Divine. Voici pourquoi celui qui apprend à Aimer sans penser devient un canal de la Grâce Divine qui déverse sa lumière sur le monde ; et travaille à la Rédemption universelle.&lt;br /&gt;
Aussi longtemps que vous pensez : « j'aime », « j'aime comme ceci ou comme cela », « parce que ceci ou cela », c'est un homme qui éprouve des sentiments égotiques, et les projette vers l'extérieur.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Mais lorsque vous abandonnez la pensée et laissez l'ineffable Amour seul vous traverser ; c'est Dieu qui au travers de vous Aime l'homme, et la Création entière, sans aucune possibilité d'exclusive.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
*******************************&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
-3-1  AMOUR  ET SERVICE  ET &amp;quot;CHANGER LE MONDE ET LES AUTRES &amp;quot; &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
-Lorsque la capacité d'Aimer gratuitement tout ce qui vit pour le simple plaisir de l'Aimer aura été cultivée qu'allez-vous faire ?&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Le monde est plein d'horreur et de purulence. Que pouvez-vous faire en face de toutes ces souffrances ?&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Vous ne pouvez pas faire grand-chose. Le monde est ce qu'il est et vous n'avez pas le pouvoir de le changer. L'humanité, ce prolongement évolutif de l'animalité, est inévitablement pleine des violences et des égoïsmes animaux. En elle le psychisme émerge de l'animalité. En elle l'homme lutte et se débat avec ses propres contradictions.&lt;br /&gt;
L'individualisation balbutiante, obscure et inférieure, le commencement d'individualisation égoïste, violente et vorace, obtenue chez certains animaux supérieurs doit s'épurer ; et s'engager dans la voie du devenir menant à une individualité accomplie libre, indépendante vis-à-vis des instincts et pulsions de l’espèce ou collectives. La naissance d'une individualité supérieure et lumineuse, tel est l'accomplissement de la condition humaine. Qui parvient à cet accomplissement ne revient plus ici bas.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Sauf exceptions souvent motivées par la compassion et la nécessité qu'il y a d'éduquer spirituellement les hommes. Les meilleurs s'en vont. I Après l'homme l'ange ou le dieu, tel est le devenir évolutif individuel du psychisme. Ne reviennent inlassablement en la condition humaine, de vie en vie successive, que les psychismes qui ne sont pas encore capables de s'épurer suffisamment pour dépasser cette condition. Dès lors comment l'humanité, ce nécessaire bac de décantation, ce bouillon tourmenté dans lequel s'opèrent les indispensables transmutations, pourrait-elle être différente de ce qu'elle est ?&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Cependant, même si nous avons compris cela nous continuons à nous demander : « Que pouvons-nous faire ? »&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Voici une première réponse. Une réponse toute simple, qu'il faudra mettre en pratique d'une manière effective avant de pouvoir aller plus loin. Cette réponse c'est la constatation suivante : vous pouvez apporter l'Amour autour de vous. Vous pouvez établir une zone d'Amour dans le cercle de vos relations. Après l'avoir cultivé en VOUS, vous pouvez manifester l'Amour. Aucun de nous ne peut changer le monde, mais chacun de nous est responsable d'un petit monde.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Vous pouvez apporter par votre affection du bonheur à votre conjoint et à vos enfants. À vos parents et à vos amis. C'est un programme concret. Qui ne l'applique pas reste au niveau d'une spiritualité verbale. N'osez pas parler d'initiation n'osez surtout pas vous prendre pour un initié, si vous n'êtes pas capable de faire cela ! L'initiation n'est pas le fait des grands discours. Elle se réalise par une pratique humble et sincère, dans le secret de l'intériorité. Élargissez, approfondissez, illuminez votre Amour vis-à-vis de ceux que vous côtoyez. Faites de ce qui n'était peut être que sentimentalité égoïste et attachée un Amour large, désintéresse, purgé de tout esprit possessif. Apprenez à Aimer pour le plaisir d'Aimer, puis ensemencez les fruits de l'Amour effectif, de l'Amour se traduisant par des actes. Multiples doivent être les attentions, les sollicitudes, les dévouements par lesquels vous devez instaurer autour de vous le règne de l'Amour. Instaurer ce règne dans votre famille, dans vos relations, dans votre travail et votre voisinage.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
C'est une oeuvre de longue haleine, qui nécessite une volonté quotidienne, qui engage la totalité de vos attitudes. Mais c'est l’oeuvre qui vous incombe.&lt;br /&gt;
Aussi longtemps que l'Amour ne vous est pas aussi naturel et spontané que la respiration, il faut faire effort pour Éveiller le coeur et transfigurer votre conduite à sa lumière.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Comprenez que vous pouvez apporter du bonheur à quelques personnes et que cela en soi est grandiose, soyez attentif, ne vous contentez pas de sentiments généraux, cherchez quotidiennement à manifester votre Amour à ceux que vous côtoyez. Non point par d'absurdes et grandiloquentes déclamations verbales, mais par la préoccupation concrète de ce qui fait leur bonheur.&lt;br /&gt;
Ne vous projetez pas sur autrui. Demeurez attentif, l'autre est différent, ses aspirations ne sont pas forcément les vôtres.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Le véritable Amour donne, respecte l'indépendance et aide la croissance de tout ce qui est beau. L'amour erroné pollué par la projection égotique, s'approprie fictivement autrui, cherche à le façonner et à lui imposer une façon de voir. De l'Amour erroné viennent tous les sectarismes. Purgez-vous de son erreur. L'Amour erroné sert de prétexte à une volonté de puissance de l'ego, qui utilise fallacieusement le mot Amour.&lt;br /&gt;
Bien que l'épanouissement spirituel soit la destinée finale de l'homme, ne peuvent y venir que ceux qui sont mûrs. L'homme, ce vicaire de Dieu, ne peut que contribuer à favoriser chez autrui l'épanouissement de ce que la Providence a déjà déposé en lui. Comprendre cela c'est cesser de se projeter sur autrui, en plaquant sur lui le reflet de nos propres aspirations, puis en s'imaginant stupidement que la meilleure chose qui puisse lui arriver est de les réaliser. Comprendre cela c'est savoir la nécessité qu'il y a de rester extrêmement attentif à l'autre, pour discerner la spécificité de sa différence. Acceptez et respectez la différence, même de ceux qui vous sont très proches. Engagez sur la voie spirituelle partagez votre spiritualité avec qui s'y trouve prédisposé, et Aimez les autres tels qu'ils sont, sans chercher à les convertir ; mais en aidant la croissance des caractéristiques positives qui leur sont individuellement propres.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Bien que l'expression concrète de l'Amour autour de soi constitue la base indispensable de tout authentique Éveil du coeur, nous ne pouvons en rester là. Nous ne pouvons limiter notre Amour des hommes à la petite et chaude aire de nos relations. Impossible de rester indifférent à ce qui se passe dans le monde. Nous voici sensibilisés à ce que toute catégorie d'homme peut subir. Que d'injustices, que d'atrocités nous font alors intérieurement frémir ! Notre coeur s'est ouvert, nous avons cassé le petit cocon douillet des préoccupations personnelles et égocentriques. Les souffrances de l'humanité sont nos souffrances. Aucune notion de race, de patrie, de religion, de classe sociale ou d'ethnie, n'enferme notre Amour. Nous aimons tous les hommes, et nous souffrons avec eux.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Vous aviez un petit coeur mesquin, hypocrite et morose, et voici que votre coeur devenant chaud, lumineux, vaste et généreux, atteint les dimensions du monde. Quelle force ! Quelle joie ! Quelle extase ! Quel poids ! Quelle détresse ! Que de tourments s'engouffrent en vous ! Acceptez-les, puis dépassez-les. La Lumière absorbe toujours les ténèbres. Votre coeur, qui était le champ où combattaient les joies et les souffrances personnelles, est devenu l'espace où s'affrontent les extases et les détresses collectives. Ouvrez votre coeur aux dimensions de l'humanité. Rien ne vous est étranger.&lt;br /&gt;
Tout est en vous. Tout résonne en vous. Ouvrez votre coeur aux dimensions de l'humanité. Osez le faire sans crainte, puis en votre coeur devenu universel, faites triompher l'Amour.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
La souffrance est un appel et inlassablement l'Amour répond. Qui devient torturé par les souffrances de l'humanité a atteint la réceptivité, mais n'a pas atteint le parfait Amour. Sa sensibilité autrefois enfermée dans l'ego englobe maintenant la terre entière.&lt;br /&gt;
C'est une extension du moi, mais le moi existe toujours, et c'est pourquoi il souffre. Avec le dépassement du moi vient la fin de la souffrance.&lt;br /&gt;
Lorsque vous avez compris que les souffrances de l'humanité sont vos souffrances, lorsqu'elles résonnent en vous, lorsque vous faites corps avec elles, réalisez, à la manière d'une déchirure que le fait de vous appesantir sur elles, de les ressasser, de les recenser, c'est une forme de complaisance envers vous-même.&lt;br /&gt;
Envers ce vous-même, sentimentalement élargi aux dimensions de l'humanité.&lt;br /&gt;
Voici pourquoi le stade d'homme de souffrance n'est qu'un préliminaire à celui d'homme d'Amour.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Vous souffrez parce que vous n'Aimez pas assez. Qui Aime dépasse complètement les souffrances personnelles et collectives. Il est absorbé par l'épanchement de son Amour. Les mouvements de son mental se dissolvent dans le rayonnement silencieux de son Amour. Lorsque les mouvements du mental s'arrêtent, il n'y a plus personne pour souffrir, car l'ego constitué par un ensemble de pensées d'identification, d'appropriation, de convoitise et de frustration, a disparu. Sans l'ego pas de souffrance.&lt;br /&gt;
Puissiez-vous retenir cela et en tirer toutes les conclusions qui s'imposent.&lt;br /&gt;
Chez celui qui se désintéresse de l'ego hystérique, pleurnicheur, vantard et possessif, pour immerger son attention dans l'Amour ; ce flot intarissable qui sort de lui porte sa conscience et plus il Aime, moins son attention s'attarde sur le fait de détailler morbidement, la nature de la souffrance individuelle ou collective.&lt;br /&gt;
Chaque fois que votre attention s'enlise dans la souffrance, la convoitise ou l'angoisse, sortez-la du cloaque psychologique, et plongez-la dans la silencieuse effusion Amoureuse.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Qui souffre est passif, il subit. Qui Aime est actif, il donne. La souffrance d'autrui motive la compassion, mais s'attarder, impuissant, dans sa contemplation est une attitude stupide. Il faut noyer votre moi dans un fleuve d'Amour. Détournez-vous des pensées de désirs et de souffrances. Dans tous vos rapports réels ou imaginaires avec autrui, contentez-vous d'Aimer. Tout autre sentiment n'est qu'une distraction et un affaiblissement de l'Amour. Aimer et oubliez le reste. Que tous vos actes et toutes vos pensées adressés à autrui soient imprégnés d'Amour. Avec le désintérêt et le rejet de tout ce qui n'est pas imprégné et porteur d'Amour vient la fin de l'ego et le commencement de la plénitude.&lt;br /&gt;
Devenez partie intégrante du baume éternel qui coule sur les plaies de l'humanité. Alors bien que les souffrances de l'humanité soient plus hautes que dix mille montagnes, absorbé dans votre Amour vous connaîtrez la paix intérieure ; tandis qu'extérieurement votre insertion dans la trame du temps aura pour but d'opérer les oeuvres concrètes de l'Amour.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Il faut agir, et la destinée de chacun désigne la place qu'il peut assumer pour contribuer concrètement, dans la mesure de ses moyens, au soulagement des souffrances de l'humanité. Par l’Éveil du coeur, la vie individuelle prend un sens. Qui cherche à participer au labeur collectif trouve sa place.&lt;br /&gt;
Les oeuvres de l'Amour se rangent en deux catégories. Les oeuvres inférieures consistent à participer à l'amélioration des conditions de vie. Les conditions idéales étant celles où toutes les aspirations humaines trouvent leur épanouissement. Les oeuvres supérieures consistent à diffuser la connaissance spirituelle. Par les oeuvres inférieures, une amélioration et un soulagement momentanés peuvent être obtenus. Par les oeuvres supérieures, une libération définitive de la souffrance est octroyée. En aidant spirituellement quelqu'un, vous l'aidez au regard de l’Éternité. C'est pourquoi le don de la Vérité spirituelle, qui consiste à ouvrir le chemin vers la Vérité, surpasse tout autre don. Négliger les oeuvres temporelles est cependant une erreur, car il faut que l'homme soit établi dans les meilleures conditions d'existence possible, pour qu'aucune vocation ne se perde. Se laisser absorber par les oeuvres temporelles et négliger l'essentiel est également une erreur. Aimer intégralement l'homme c'est aimer ces deux aspects, son aspect temporel et son aspect éternel. Qui sait cela équilibre en son action les oeuvres inférieures et supérieures.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Lorsque le coeur est réveillé, les puissances qui gisent en lui se dressent. Vous devenez ce flot d'Amour éternel qui se déverse sur le monde, sur tous les êtres, et sur l'homme qui est en train de lire. Vous êtes Cela. Vous le devenez de jour en jour plus profondément. Plus votre sentiment d'être l'Amour lui-même se développe et s'intensifie ; plus vous savez d'une connaissance sûre et indiscutable que vous n'êtes pas cet homme auquel vous vous identifiiez autrefois ; et qui pour vous n'est plus qu'un objet de perception sur lequel se déverse votre Amour ; un objet de perception parmi des milliers d'autres.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
L'Amour de cet homme, lorsque la conscience enfermée dans le psychisme s'y identifie, est cause de l'esclavage temporel. Mais lorsque l'Amour englobe tout l'univers, le fait d'Aimer cet homme comme un simple élément de l'ensemble, un élément vis-à-vis duquel toute identification est abolie, cet Amour-là est libérateur.&lt;br /&gt;
En votre conscience d'exister, soit vous êtes un homme qui aime, et en ce cas c'est une ombre et un ruisselet d'Amour qui s'expriment. Soit, vous êtes l'Amour qui Aime le monde, ainsi que cet homme au travers duquel vous percevez le monde. Un tel Amour libérateur ne contient aucun attachement vis-à-vis de l'homme ; simple instrument momentanément utilisé pour accomplir les oeuvres et le jeu de l'Amour. Ceci est la dernière station de l'Amour. C'est l'Amour ultime, qui implique un total dépassement de l'homme.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Dieu est Amour, et par l'Amour suprême vous devenez une parcelle de ce Dieu d'Amour. Dès lors il n'y a plus pour vous naissance ou mort, car éternellement l'Amour se déversera sur les univers successifs, et éternellement vous qui, dans le suprême Amour, avez perdu votre identité humaine, vous vous déverserez sur les mondes. Fondez-vous dans l'Amour, faites un avec lui. Ne soyez plus l'homme qui capte plus ou moins médiocrement l'Amour, soyez l'Amour qui utilise l'homme. Faire un avec l'Amour, c'est être éternel en la Conscience d'Amour. Votre conscience demeure avec ce qui l'enrobe. Si l’égoïsme humain l'enrobe, elle s'éteint avec la seconde mort qui clôture la vie post-mortem. Mais si la conscience individuelle est fondue dans l'Amour éternel, elle demeure éternellement en lui.&lt;br /&gt;
Nous avons vu ce qu'était en nous l'animal : cette bête vorace, mue par des instincts divers. Préoccupée par la nourriture, le sommeil, la copulation. Ce mâle ou cette femelle, orgueilleuse ou craintive, aux réactions et jouissances corporelles et viscérales.&lt;br /&gt;
Attachée à son territoire domestique ou national. Entretenant des rapports de force, et parfois de violence avec les autres animaux. Ayant clairement perçu ce qu'était l'animal en nous, nous avons appris à l'Aimer et à le maîtriser. Ayons maintenant une claire vision de l'homme qui demeure en nous : l’homme c'est cette psyché présente dans le corps, et séparée du corps au moment de la mort physique. Ce n'est pas l'aspect inférieur de cette psyché, peuplée par les pulsions et les instincts animaux. C'est son aspect supérieur qui pense, qui raisonne qui analyse, qui s'émeut, crée les arts et les techniques, qui appréhende le monde par la science et la philosophie.&lt;br /&gt;
Qui perçoit clairement ce qu'est en lui l'animal et l'homme sait qu'il n'est ni l'un ni l'autre. Il est ce qui perçoit l'animal et l'homme interne. Et qui perçoit tout cela ? C'est la conscience. Sans conscience, pas de perception. La constatation de cette évidence l'amène à comprendre : « Je suis conscience pure ».&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Par cette conscience toutes les perceptions internes ou externes, ainsi que toutes les absences de perception sont connues. Or toutes les limitations qui font de nous des créatures se trouvent au niveau des perceptions. La pure conscience en elle-même est infinie, unique, universelle. Cette pure conscience présente en toutes les formes de vie, et présente en nous-mêmes, ne connaît ni la naissance ni la mort. Elle transcende le temps et l'espace, elle est Dieu lui-même. De ce fait, aussi longtemps que notre conscience s'identifie par la pensée à la créature qui est perçue, nous sommes sujets à la naissance et à la mort. Mais lorsque dans la pensée cette identification obnubilante prend fin, la conscience perçoit sa propre nature ; et goûtant le nectar de L'indissociabilité qui la relie la Conscience Absolue de Dieu elle participe à sa gloire et à son éternité.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
De la pure Conscience infinie qui demeure en la béatitude de son repos inaltérable, surgit le rêve du monde phénoménal. Dans ce rêve la Conscience infinie se reflète, à la manière de la lune qui se reflète dans la multiplicité des vaguelettes d'un étang.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Par la démultiplication de son propre reflet, la Conscience unique se trouve insérée à la trame de la mouvance phénoménale. Ainsi l'unique conscience devient dans le monde la multiplicité des consciences individuelles. L'Unique devient le multiple, pour permettre au multiple ainsi créé de participer à sa béatitude. Voici pourquoi la Création est un acte d'Amour.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Comment l'Unique peut-il ramener vers lui le multiple et lui permettre de participer à sa gloire ? En déversant sur lui la Grâce de son Amour.&lt;br /&gt;
Par Amour, Dieu crée le monde ; par l'Amour qu'il déverse sans cesse sur le monde créé, il amène peu à peu les individualités qui le peuplent à l'ineffabilité de l'union mystique. Voici pourquoi Dieu en sa manifestation est amour ; tandis qu'en sa non-Manifestation, il demeure en la Transcendance immaculée de sa pure Conscience.&lt;br /&gt;
Toute réalisation spirituelle intégrale contient deux aspects complémentaires :&lt;br /&gt;
le premier aspect consiste à faire l'expérience de l'ineffabilité, qui résulte du fait de se sentir exister en tant que pure Conscience éternelle. Le deuxième aspect résulte du rayonnement vers l'extérieur de l'ineffabilité Divine.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Il est possible d'élargir en nous la capacité de rayonnement de l'Amour Divin, tout en ignorant que ce rayonnement émerge de la béatitude du Transcendant, qui en tant que Conscience pure demeure en nous. Il est également possible de s'absorber dans la transcendance de la Conscience unique et infinie, qui demeure derrière le mental humain, sans faire de l'homme un pôle de rayonnement de la béatitude ainsi obtenue.&lt;br /&gt;
Ces deux voies sont incomplètes, et une réalisation intégrale résulte d'un double travail pouvant se résumer de la sorte : Conscience Transcendante dans le Non Manifesté, Amour dans le Manifesté..&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
**************************************************************&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
-4-1-  LA  CHARITE &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
-L'accomplissement ou le non-accomplissement effectif d’oeuvres charitables constitue un test fort intéressant, permettant de juger la validité de la spiritualité professée par certains.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
En effet, il est des personnes qui se considèrent comme spirituellement évoluées parce qu'elles ont lu de multiples ouvrages et pratiqué un ensemble de disciplines contemplatives ; mais si on leur propose d'aider les gens dans le besoin, si on touche à leur portefeuille, elles se dérobent prestement tout en se justifiant par divers arguments.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Les arguments importent peu, car le mental est suffisamment habile pour justifier ou excuser n'importe quoi. Ce qui compte ce sont les faits, et les faits sont les suivants : ces personnes n'apportent aucune aide charitable à autrui.&lt;br /&gt;
Bien plus, sollicitées de le faire, comme elles le sont par exemple dans ce texte, elles refusent de s'exécuter concrètement.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Observez les réactions de votre mental en lisant ce que nous écrivons. Si vous ne pratiquez aucune bienfaisance active, si vous sentez devant l'injonction : « Soyez charitable », une obscure résistance, un refus obstiné et délibéré, prêt à utiliser divers arguments pour se justifier. Si vous sentez cela, vous pouvez vous inquiéter sur la validité de votre spiritualité.&lt;br /&gt;
Le refus d'être concrètement charitable prouve que le noyau de votre ego demeure bien solide ; et en ce cas toute réalisation spirituelle demeure aléatoire.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
L’ego adore les spiritualités décoratives, permettant à peu de frais de se donner une bonne opinion de lui-même.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Le mental peut jouer avec tout un ensemble de notions spirituelles. Cultivant l’expression mentale de ces notions, il se donnera l'illusion d'être spirituellement très évolué. Il aimera tous les hommes, il sentira son unité avec eux, et avec le cosmos. Mais si on lui propose d'aider concrètement autrui, ça ne l'intéresse pas.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Ainsi la charité active constitue une pierre d'achoppement, nous permettant de juger la validité de certaines belles déclarations, pensées ou sentiments. Si vous refusez de traduire en acte ce que vous prétendez ressentir, cela prouve indubitablement que ce que vous ressentez n'est pas authentique. Il s’agit d'une contrefaçon de l’ego.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Si vous sentez une résistance intérieure, s'il y a en vous quelque chose qui refuse de sacrifier du temps et de l'argent pour aider les déshérités, analysez lucidement la nature de cette résistance, observez-la quand elle se manifeste, et vous découvrirez au fond du mental un égoïsme profond et viscéral. Au cas où vous auriez compris que la réalisation spirituelle nécessite l’effacement des structures égotiques ; vous savez désormais que la charité concrète est une aide précieuse sur le chemin de la réalisation.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Une telle manière de parler de la charité peut sembler paradoxalement égoïste.&lt;br /&gt;
Mais c’est volontairement que nous la préférons, car l'ego peut également s'enfler avec une facilité grandiloquente sur le thème : « Je suis généreux, j'aide les autres ». En fait, il s'agit là d'un autre type de piège.&lt;br /&gt;
L'égoïsme est la manifestation d'un ego fermé, replié sur lui-même. L'altruisme est la manifestation d'un ego gonflé, rayonnant, pharisaïque. Certes, nous préférons les ego altruistes aux ego égoïstes, mais notre but demeure d'effacer l'ego. Les redondances altruistes n'ont aucun rapport avec l'effacement. Elle fortifie l'ego au même titre que l’égoïsme, quoique d'une manière inverse.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
C’est pourquoi nous vous disons : abandonnez l'égoïsme et abandonnez l'altruisme.&lt;br /&gt;
Refusez à l’ego le repliement sur lui-même et la conservation de l'avarisme. Mais refusez-lui également le gonflement orgueilleux de celui qui se dit, et se prouve à lui-même qu'il est généreux et altruiste.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Si vous dites : « Je pratique la charité pour casser mon ego », vous avez une juste vision des choses. Sachant que tout bien que l'on fait aux autres, c’est une bénédiction qui retombe sur nous. Nous ne sommes pas égoïstes puisque nous donnons ; mais nous ne tombons pas dans le piège des théories et des sentiments altruistes.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Une telle attitude sera valable aussi longtemps que votre coeur ne sera sas ouvert. C’est lorsque le coeur est ouvert qu'apparaît la vraie charité.&lt;br /&gt;
Lorsque le coeur est ouvert, l'égoïsme est détruit et les théories altruistes ne sont pas utilisées. Nous aidons les autres naturellement, spontanément, parce que leur souffrance est notre souffrance. Ne pas les aider serait pour nous une terrible privation.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
De nombreuses personnes négligent les fondements de la vie spirituelle, et c’est pourquoi leur élévation vers les sommets reste inconstante et problématique. La charité active et concrète constitue une base indispensable à toute progression spirituelle.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Combien ne voit-on pas de faux ésotériques au coeur fermé qui négligent complètement l'action charitable. Certains vont même jusqu'à y voir une activité inférieure, bonne pour les profanes.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Quelle stupidité ! Si votre ego ne se casse pas, vous ne comprendrez jamais le premier mot de la Réalité ésotérique.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Par la charité l’ego se casse, et le coeur libéré de sa carapace s'ouvre.&lt;br /&gt;
Cependant, la vraie charité provient spontanément de l'ouverture du coeur. Ceci n'est point paradoxal. Nous commencerons par une charité volontaire et imparfaite, qui ouvrira notre coeur ; pour ensuite connaître une charité parfaite et spontanée, qui résultera de cette ouverture.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
La charité est donc tout à la fois moyen et conséquence de l'ouverture du coeur.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Multiples sont les organisations humanitaires et charitables auxquelles vous pouvez participer. N'attendez donc pas. Concrètement - ponctuellement - mensuellement - aidez les autres dans la mesure de vos moyens, par des dons financiers et du bénévolat.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Si vous ne faites pas cela, la spiritualité n'est pour vous qu'une théorie.&lt;br /&gt;
Lorsque votre charité deviendra effective quelles en seront les limites ?&lt;br /&gt;
Car il faudra lui donner des limites. Ne peut se permettre une charité sans limites que celui qui renonçant au monde ne garde pour lui que le strict nécessaire pour manger et se vêtir.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Une vocation intra-mondaine ne peut s’accommoder d'une telle perspective. Il ne s’agit pas d'être moins charitable. Il s'agit d'une charité différente.&lt;br /&gt;
Votre charité doit obéir à un certain ordre. L'édifice social, tout édifice social, est fondé sur un ordre. Si vous acceptez le monde et demeurez en lui, votre action dans son ensemble, et donc vos actes de bienfaisance, doivent également obéir à un ordre prédéterminé.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
L'ordre auquel doit se soumettre la charité est celui des devoirs. Pour celui qui demeure dans le monde, il y a trois cercles concentriques de devoirs. Au centre et en premier lieu se situe les devoirs envers soi-même, en second les devoirs envers la famille, et ensuite les devoirs envers l'humanité.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
« Charité bien ordonnée commence par soi-même ». C'est une fausse charité qui fait dire avec un attachement et une humilité souvent hypocrite : « Alors je passe en dernier ». Vous devez passer en premier. Ne pas comprendre cela, c'est ne pas savoir pourquoi vous êtes né.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Vous êtes venu sur terre pour faire descendre la lumière dans le véhicule physique et psychologique, dans lequel et par lequel vous vous incarnez.&lt;br /&gt;
Ceci est un premier point qu'il importe de comprendre d'une manière exhaustive.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Votre premier devoir et votre première charité doivent s'exercer vis-à-vis de cet homme dans lequel vous êtes incarné.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Ce véhicule humain est quelque chose d'impur, de vil. Et l'ignorant. Il faut donc l'instruire et le purifier. Il s'ensuit que le premier devoir de tout homme consiste à se réaliser spirituellement. Il s'agit d'un devoir essentiel. C'est principalement pour accomplir ce devoir que vous êtes venu sur terre.&lt;br /&gt;
La charité envers le véhicule humain doit s'exercer selon trois degrés hiérarchiques. Le premier et le plus élevé de ces degrés est celui de la réalisation spirituelle. Le deuxième degré celui de l’épanouissement psychologique. Le troisième degré concerne la santé physiologique.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Telle est la triple compréhension qui doit régir la charité exercée envers le soi-même humain. En premier la réalisation spirituelle. Rien ne doit se substituer à cet impératif. Tout ce qui s'y oppose doit être éliminé.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
L'épanouissement psychologique doit être subordonné à la réalisation spirituelle. Il ne doit pas y avoir confusion des valeurs : il ne faut pas s'imaginer qu'une certaine créativité artistique, par exemple, constitue la réalisation spirituelle. La réalisation spirituelle relève du domaine de la conscience, l'épanouissement psychologique relève du domaine de l'action. La Réalisation spirituelle est une prise de conscience inactive. Bien que l'aboutissement spirituel soit une prise de conscience inactive, le cheminement spirituel, qui s'effectue par l'accomplissement un ensemble de lectures, de dialogues, d'exercices contemplatifs ou autres, relève également du domaine de l'action.&lt;br /&gt;
L'épanouissement psychologique consiste à réaliser notre, ou bien nos vocations temporelles, elles-mêmes déterminées par nos prédispositions et aspirations personnelles. Accomplir tel ou tel travail, réaliser telle ou telle étude, fonder un foyer, cultiver tels ou tels types de relations humaines, se livrer à telle ou telle activité culturelle, littéraire ou artistique, etc. Tout cela relève des vocations individuelles. De telles activités sont indépendantes de la Réalisation spirituelle. La Réalisation spirituelle concerne l'état de conscience avec lequel nous nous livrons à ces activités.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
La subordination de l'épanouissement psychologique à la réalisation spirituelle est double. D'une part, les activités contribuant à l'épanouissement psychologique ne doivent jamais empiéter sur le temps qui doit être réservé à la recherche de la Réalisation spirituelle. L'ordre des valeurs existentielles devant être respecté.&lt;br /&gt;
D'autre part, le degré de Réalisation spirituelle orientera et imprégnera nos choix existentiels.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Votre premier but dans l'existence en général et dans le contexte de chaque journée doit être de vous Réaliser spirituellement. La recherche concrète de ce premier but, qui constitue la plus haute charité que l'on puisse exercer vis-à-vis du véhicule humain,étant établi et enraciné dans l'existence quotidienne, l'ensemble de vos activités doit tendre vers l'épanouissement psychologique.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
La recherche de l'épanouissement psychologique consiste à essayer, dans la mesure du possible, à permettre à l'homme d'accomplir les aspirations qui lui sont chères. Cette recherche de l’épanouissement psychologique déterminera : le style de vie que nous mènerons, le genre de travail que nous accomplirons, la manière dont nous organiserons nos loisirs.&lt;br /&gt;
Tout ceci s'effectuera dans la mesure du possible, et dans la mesure où nos aspirations sont raisonnables, saines et positives.&lt;br /&gt;
Il faut bien comprendre qu'en passant de la recherche de la Réalisation spirituelle à celle de l'épanouissement psychologique, nous sommes descendus du domaine des choses primordiales, a celui des choses contingentes et relatives.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Voici pourquoi la réalisation spirituelle doit s'effectuer à tout prix ; tandis que l'épanouissement psychologique doit être recherché dans la mesure du possible.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Le dernier degré de la charité envers le soi-même-humain, c'est-à-dire ce que nous sommes en tant que manifestation temporelle, et ceci indépendamment de ce que nous sommes au niveau essentiel et ontologique, le dernier degré de cette charité doit s'exercer vis-à-vis du corps.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Le moi corporel doit être le serviteur du moi psychologique, lequel moi psychologique doit à son tour servir le transcendant, qui constitue la Réalité spirituelle.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Le corps étant l'instrument le plus extérieur, sa soumission à ce qui lui est supérieur doit être totale. Une vie basée sur le boire, le manger, le dormir et le copuler, n'est pas une vie humaine, c'est une vie qui se situe au niveau animal.&lt;br /&gt;
La vie devient humaine avec la recherche de l'épanouissement psychologique, qui détermine la création et la connaissance des sciences et des arts. La vie devient surhumaine avec l’Éveil vis-à-vis de la Réalité Divine.&lt;br /&gt;
Étant donnée la relation hiérarchique que nous devons établir entre les différents aspects de nous-mêmes, à tout instant le corps doit être prêt à affronter la mort, et à être sacrifié si la défense de la Cause des causes, c'est-à-dire la recherche spirituelle, l'exige.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Le corps est un serviteur, mais il ne doit pas être un esclave. Si la soumission du corps vis-à-vis du spirituel et du psychologique doit être maintenue sans concessions, afin que la satisfaction des besoins corporels ne devienne jamais une préoccupation démesurée, dont l'importance éclipserait, ou reléguerait au second plan, le spirituel ou le psychologique, il n'empêche que la recherche de l'épanouissement physiologique est un devoir.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Le mépris du corps est une erreur commise par de nombreuses personnes animées d'une forte vocation spirituelle ; ainsi que par certaines animées d'une vocation de moindre importance, scientifique ou littéraire par exemple.&lt;br /&gt;
Mépriser le corps c'est construire un édifice sur de mauvaises fondations. Le corps insatisfait se venge sournoisement en faisant apparaître de multiples obstacles sur le sentier spirituel. La base doit être en harmonie avec le sommet.&lt;br /&gt;
Deux extrêmes sont à éviter : la suprématie des besoins corporels, et la brimade de ceux-ci.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Satisfaire d'une manière raisonnable, et contrôler les besoins du corps au niveau de la nourriture, du sommeil et du sexe, constitue la meilleure politique afin de ne pas être dérangé par les exigences corporelles, et pouvoir consacrer notre vie à l'essentiel, qui est la recherche de Dieu.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Avoir un corps sain et fort c'est être en possession d'un véhicule en bon état. La recherche de la santé corporelle, par la médecine et l'exercice, est évidemment soumise aux impératifs du destin. C'est donc dans la mesure où la chose est possible que nous devons chercher à obtenir un corps solide et sain. Si le véhicule physique est irrémédiablement mauvais, ou devient défectueux, nous nous en contenterons sans lamentations puériles.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Ayant étudié les trois degrés de la hiérarchie au travers de laquelle la charité doit s'exercer vis-à-vis de notre véhicule humain, nous allons maintenant envisager l'exercice de la charité vis-à-vis de notre famille.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Il faut, préalablement rappeler, que la charité que nous exercerons vis-à-vis de notre famille sera subordonnée à la charité que nous devons exercer vis-à-vis de nous-mêmes.&lt;br /&gt;
En premier lieu, nous devons être prêts à rompre toute espèce de liens familiaux lorsque ceux-ci constituent un obstacle patent vis-à-vis de la Réalisation spirituelle. Qui n'est pas prêt à quitter ses parents, sa femme et ses enfants pour Dieu ne connaîtra pas Dieu.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Les choses doivent être claires dans votre esprit : le but de votre existence doit être la Réalisation spirituelle, et tout ce qui se dresse devant l'obtention de ce but doit être écarté. Aucune espèce de considération, aucune sensiblerie affective ne doivent vous empêcher d'écarter ce qui constitue un obstacle sur le chemin spirituel.&lt;br /&gt;
Si tel n'est pas le raisonnement qui sous-tend votre démarche, vous n’êtes pas un soldat de Dieu, et vous n'entrerez pas dans la citadelle du Soi.&lt;br /&gt;
Plus on est faible, plus on est opprimé. Voilà ce que doivent comprendre ceux qui souffrent d'un milieu familial spirituellement défavorable.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Que vos proches se le tiennent pour dit : vous demeurez avec eux dans la mesure où ils n'essayent pas de vous détourner de la quête spirituelle. Par contre, s'ils s'interposent volontairement à la concrétisation de votre démarche spirituelle, vous êtes prêt à les quitter immédiatement, et sans un regard en arrière.&lt;br /&gt;
Si votre attitude est ferme et déterminée, vous n'aurez pas de « problèmes familiaux » faisant obstacle à votre spiritualité.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Il est absolument nécessaire que votre famille, si elle ne la partage pas, respecte votre démarche spirituelle. De même d'ailleurs que vous les respecterez s'ils ne s'intéressent pas à la spiritualité. Ce respect doit, en ses manifestations concrètes, inclure votre droit à l'isolement, afin de vous livrer en toute quiétude à la contemplation, et à l'étude d'ouvrages spirituels. Qui ne peut approfondir la spiritualité à cause du milieu familial doit le quitter.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Aucun approfondissement spirituel n'est possible dans un milieu familial hostile à la spiritualité, excessivement bruyant et querelleur. Vous avez droit à des moments de calme, de silence et d'isolement. Organisez donc votre vie familiale en conséquence, ou bien rompez avec cet obstacle.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Votre goût pour l'isolement et le silence ne devra cependant pas être excessif.&lt;br /&gt;
Sachez faire la part des choses, et consacrez une partie de votre temps aux rapports familiaux. La voie intra-mondaine est toujours celle du juste milieu.&lt;br /&gt;
La charité est indispensable, mais son exercice doit suivre un ordre rigoureux. La charité désordonnée engendre une mortelle confusion. Mettre la charité familiale avant la charité que l'on se doit à soi-même, et qui consiste en premier chef à se Réaliser spirituellement, c'est commettre une faute très grave. Le manque de charité envers la famille est une faute contre les hommes. Nais si, ne voulant pas manquer de charité envers votre famille, vous sacrifiez ou compromettez votre Réalisation spirituelle, vous commettez un péché contre Dieu. C'est la présence Divine qui gît en vous-même que vous tuez, si vous ne vous Réalisez pas spirituellement. La charité ne doit pas être confondue avec la sensiblerie.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
La sensiblerie est une pulsion instinctive qui ne connaît point d'ordre. À l'opposé, la vraie charité s'identifie dans son exercice à l'Ordre de l'univers, et dans cet Ordre la suprématie du spirituel sur le temporel et l'humain demeure un principe inaltérable.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Le mal n'est qu'une forme du désordre individuel et Cosmique. Certains ont seulement compris la notion de l'Ordre interne et Cosmique : leur vision du monde et de l'homme est devenue froide. D'autres n'ont compris que l'aspect charité, mais faute de hiérarchiser son expression, ils ont nivelé les choses à partir du bas. La charité c’est la puissance transformatrice qui doit couler à travers les structures de l'Ordre divin, qui est intrinsèque à la création.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Le devoir de charité envers soi-même incluant dans l'ordre hiérarchique : la Réalisation spirituelle, l'épanouissement psychologique et l'épanouissement physique ; et ce devoir ayant priorité sur le devoir de charité envers la famille ; vous devez d'abord penser à vous-même avant de penser aux autres. Voici qui peut paraître étrange à ceux qui croient que la vertu consiste à s’oublier soi-même.&lt;br /&gt;
Un peu de réflexion fait comprendre l'absurdité d'une morale et d'une charité, fondées sur l'oubli de soi-même. C'est dans la mesure où l'on possède que l'on peut donner. Ainsi, c’est en vous Réalisant spirituellement que vous pouvez aider autrui à se Réaliser spirituellement. C’est en étant psychologiquement épanoui et équilibré que vous pourrez aider psychologiquement les autres. Et enfin si vous avez un corps solide, celui-ci sera un instrument d'action dynamique et utilisable pour le bien d'autrui.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Ceci dit, tout but est une question d'équilibre. Entre penser à soi-même de manière à accomplir les devoirs que nous avons envers le véhicule humain et penser à soi-même d'une manière excessive, qui néglige autrui et se résume à l'égoïsme, il n'y a qu'une différence de mesure. Cette mesure ne saurait être fixée d'une manière rigide, car la mesure est chose mouvante.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Pour que l'équilibre entre l’accomplissement personnel et les devoirs familiaux trouve un juste milieu, il suffit que soit réalisée une double prise de conscience, englobant à la fois ce que je dois accomplir vis-à-vis du véhicule humain, et ce que je dois apporter à ma famille. Il y a déséquilibre si l'une de ces prises de conscience manque.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Une prise de conscience manque chez ceux qui cultivent la charité erronée de l'oubli de soi-même. Ces personnes là se font absorber, manger, vampiriser. Par le milieu ambiant, qu'il soit social ou familial. Certes, elles ont « très bon coeur », comme on dit communément, mais ce faisant elles commettent un grave péché envers elles-mêmes en ne réalisant pas ce que Dieu attendait d'elle.&lt;br /&gt;
Une autre prise de conscience manque quand l'individu se renferme sur luimême, se désintéresse des relations familiales, professionnelles ou amicales. Quand il ne comprend pas que toute acquisition personnelle doit aboutir à un accroissement de notre capacité de don.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Plus nous serons Réalisés spirituellement, plus nous pourrons aider autrui à se Réaliser. Plus nous aurons étudié telle science ou tel art, plus nous pourrons apporter aux autres quelque chose en ce domaine. Tel est le fondement des relations humaines.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Nous devons nous aimer nous-mêmes. Cet amour n'inclura aucune identification limitative vis-à-vis de l'homme, car nous savons que notre Réalité, bien qu'englobant l'homme, le dépasse infiniment. L'homme est nous-même en tant que manifestation temporelle individualisée, mais ce que nous sommes en notre globalité métaphysique, c'est la totalité du Monde manifesté, et la totalité du non-Manifesté.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Si nous ne nous aimons pas, il y a quelque chose d'aigri, de blessé en nous. Il faut être conscient de nos faiblesses et imperfections humaines, mais malgré cela il faut s'aimer soi-même. Il faut nous aimer au niveau de notre manifestation humaine. Si nous ne nous aimons pas nous-mêmes, notre amour pour autrui sera forcément incomplet.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
L'amour de soi-même et l'amour d'autrui dépendent l'un de l'autre. C'est un grand et merveilleux mystère : autrui n'est pas fondamentalement différent de nous. Et c'est pourquoi si je méprise quelque chose en moi-même, je le mépriserai chez les autres.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
L'orgueilleux n'a aucune difficulté à s'aimer. Il s'aime, car il se surestime. Mais si vous êtes lucide envers vous-même. Si vous avez attentivement observé les pensées et les sentiments du véhicule humain. En un mot si vous marchez sur le sentier de l’Éveil, vous constatez qu'il faut beaucoup d'indulgence pour aimer ce que nous sommes en tant que manifestation humaine.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Par notre observation, par la compréhension et la lucidité qu'elle a engendrées, nous connaissons toutes les faiblesses toutes les imperfections, toutes les mesquineries du véhicule humain. Nous les connaissons et nous essayons d'y remédier. S'aimer soi-même c'est donc accepter la médiocrité humaine, l'accepter totalement avec indulgence et compassion.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Il y a beaucoup d'humilité dans une telle acceptation. Cette humilité est une humilité véritable, elle est véritable, car elle est objective. Nous constatons que nous sommes peu de chose. Et si nous parvenons à aimer la petite chose qu'est cet homme dans lequel nous sommes incarnés, alors il nous sera facile d'aimer tous les hommes.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
L'orgueil n'est qu'un masque avec lequel on se dissimule la réalité. Les hommes sont des créatures médiocres et imparfaites. C'est un fait évident. Il suffit de s'observer attentivement pour s'en rendre compte. De cette prise de conscience résulte l'humilité. Comme l'humilité est une chose désagréable pour l'ego, beaucoup de gens sont essentiellement préoccupés par le fait d'essayer de se prouver que dans tel ou tel domaine ils sont supérieurs. Une telle soif de supériorité cache une peur profonde. Cette peur est celle d'une vision objective et lucide de soi-même, en laquelle on se voit tel que l'on est, en la médiocrité qui est inhérente à la nature humaine.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Lorsque vous avez constaté votre médiocrité, deux possibilités s'offrent à vous : vous pouvez vous dégoûter de vous-même et peut-être finir par vous haïr. En ce cas vous ne parviendrez jamais à aimer profondément et généreusement les autres hommes. Car toute cette médiocrité constatée en vous-même vous la retrouverez chez les autres. Vous n'aimerez pas les hommes tels qu'ils sont, vous pourrez tout au plus aimer un homme idéal et inexistant. Vous serez un censeur toujours en train de critiquer et de condamner. La charité ne vous sera pas connue.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
L'autre possibilité consiste à vous accepter et à vous aimer tel que vous êtes. Non point sans chercher à évoluer, mais tel que vous êtes véritablement, sans vous confondre avec l’idéal que vous voulez devenir. S'accepter c'est se voir en tant que créature imparfaite, aspirant à la perfection. Cet amour de soi-même qui voit l'homme comme un être en devenir contient une grande indulgence ; indulgence qui n'est pas justification passive de l'inférieur, mais acceptation de l'Ordre évolutif des choses.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Pas de charité sans indulgence. Pas de charité sans compréhension profonde. Les autres sont le miroir de nous-mêmes. Pour aimer les autres tels qu'ils sont, il faut aimer notre propre condition humaine.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Celui qui fixé sur un idéal spirituel, ne s'aime pas lui-même tel, qu'il est, en son imperfection évidente, ne pourra jamais véritablement aimer les autres. S'accepter et s'aimer tel que l'on est, en notre temporaire manifestation humaine, demande une grande indulgence. Plus je me méprise, plus je mépriserai autrui. Tous les défauts que je puis trouver en moi-même, je les retrouverai chez autrui. Si sous prétexte de mon absence de conformité à tel ou tel idéal, je n'aime pas l'homme que je suis en ma manifestation temporelle, mon absence d'indulgence, qui n'est qu'une conséquence de mon absence d'amour rejaillira sur autrui. Je serai toujours prêt à critiquer, sermonner et réformer autrui : aimer, c'est aimer l'autre tel qu'il est.&lt;br /&gt;
Cela ne veut pas dire que nous ne devons pas aider autrui à évoluer. Cela signifie que toute aide efficace présuppose la compréhension, et l'acceptation de ce qu'il est, au niveau de ses caractéristiques individuelles.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Notre amour familial sera donc teinté de compréhension indulgente. Il n'est pas question d'être une espèce de despote religieux qui impose aux autres sa spiritualité. Dans la famille comme ailleurs l'enseignement ne doit être donné qu'à ceux qui cherchent. Vouloir convertir, c'est manquer de respect et d'amour vis-à-vis d'autrui.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Bien qu'elle soit dépourvue de toute volonté de conversion forcée, notre charité familiale obéira au même ordre hiérarchique que la charité envers nous-mêmes.&lt;br /&gt;
Notre premier devoir charitable envers les membres de notre famille consiste à enseigner spirituellement ceux qui présentent des prédispositions spirituelles.&lt;br /&gt;
Vis-à-vis des enfants cela veut dire : dans la petite enfance, les ouvrir à la dimension spirituelle, et par la suite respecter les caractéristiques de leur individualité, en enseignant ceux qui le désirent et en laissant les autres tranquilles.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Notre second devoir charitable envers les membres de notre famille se rapportera à l'épanouissement psychologique. Ce qui signifie chercher, dans la mesure de nos moyens, à les aider à épanouir leurs virtualités positives.&lt;br /&gt;
Notre troisième devoir charitable envers les membres de notre famille concernera l'épanouissement physiologique : soins, nourriture, etc.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Le même ordre hiérarchique sera respecté vis-à-vis de l'ensemble de l'humanité.&lt;br /&gt;
En premier lieu, nous devons nous préoccuper de l’épanouissement spirituel de l'humanité. L'accomplissement de ce devoir oblige toute personne ayant reçu un enseignement spirituel à le transmettre à d'autres, ou bien si elle n'en est pas capable, a aider ceux qui le transmettent. Étant donné que cette transmission est une manifestation de charité, il ne saurait être question de faire payer un enseignement spirituel. La commercialisation du spirituel est une des abjections de notre époque, qu'il faut dénoncer avec toute la vigueur requise.&lt;br /&gt;
En second lieu, nous devons nous préoccuper de l'épanouissement psychologique de l'humanité. Ce qui signifie qu'il faut favoriser les structures sociales permettant l'épanouissement des potentialités humaines positives. À cet égard, observons que toute espèce de dictature, qu'elle soit capitaliste, marxiste ou religieuse, a pour caractéristique de brimer l'expression de tout un ensemble de vocations humaines positives, et ceci au nom d'une idéologie bornée.&lt;br /&gt;
En troisième lieu nous devons nous préoccuper du confort physiologique. Ce qui inclut une juste répartition de la nourriture, des soins, de l'éducation, etc.&lt;br /&gt;
Le fait qu'une partie de l'humanité s'accapare la richesse, tandis qu'une autre est sous-alimentée, constitue une honte qui pèse lourdement sur l'humanité.&lt;br /&gt;
Qui n'essaye pas, dans la mesure de ses moyens, d'aider les pays sous-développés fait de son coeur une pierre. Si ensuite cette personne parle de spiritualité, il s'agit d'une plaisanterie inconsciente.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
L'amour envers l'humanité nous entraîne à participer à la politique. Et l'on peut dire que tout spiritualiste s'enfermant dans une tour d'ivoire apolitique manque tout simplement de charité. Ceci indépendamment de certaines vocations particulières, et pourrait-on dire spécialisées.&lt;br /&gt;
La bassesse de nombreux leaders politiques n'est pas une excuse, car meure si l'on doit choisir entre plusieurs mauvaises solutions, il y aura toujours une solution moins mauvaise que les autres.&lt;br /&gt;
Notre charité ne pouvant se limiter à l'espèce humaine débordera sur la création tout entière. Elle s'exercera également vis-à-vis des animaux. Comment ne pas se préoccuper des conditions de vie de nos frères inférieurs ! Elle s'épanchera également vis-à-vis du règne végétal, et de l'ensemble de la nature.&lt;br /&gt;
Il est exact que la vie s'entretient grâce à la mort, et que nous devons tuer des plantes et des animaux pour survivre. Toute sensiblerie à cet égard n'est que faiblesse. Mais par ailleurs toute souffrance inutilement exercée sur un animal et une plante est un crime.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
La manifestation concrète de notre charité globale et affective, doit se concrétises par des actes, du temps et de l'argent.&lt;br /&gt;
La charité doit s’exercer envers notre manifestation humaine par des actes concrets. Nous devons consacrer du temps, et l'argent nécessaire,pour notre Réalisation spirituelle, notre épanouissement psychologique, et l'entretien de notre corps.&lt;br /&gt;
La charité doit s'exercer envers notre famille par des actes concrets. Nous devons consacrer du temps, et l'argent nécessaire, pour aider les membres de notre famille à se Réaliser spirituellement, à s'épanouir psychologiquement, et à donner à leur corps les soins nécessaires.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
La charité doit s'exercer envers l'humanité par des actes concrets. Nous devons consacrer du temps et de l'argent à la contribution de l'épanouissement spirituel, psychologique et physique, de l'ensemble des hommes.&lt;br /&gt;
L'ordonnance de notre charité présuppose qu'en tout domaine la primauté du spirituel soit affirmée.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Primauté du spirituel ne veut pas dire oubli et négligence vis-à-vis des aspects psychologiques et physiques.&lt;br /&gt;
L'ordonnance de notre charité présuppose que les devoirs envers l'humanité ou la famille ne prennent jamais le pas sur le devoir envers nous-mêmes. Ainsi les faux dévouements sont éliminés. Qui s'occupe plus de sa famille ou de l'humanité que de lui-même pèche contre son devoir essentiel.&lt;br /&gt;
Si l'accomplissement de nos devoirs envers nous-mêmes passe en premier ; les devoirs envers notre famille ont priorité sur les devoirs envers l'humanité dans son ensemble.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Il serait stupide de négliger vos enfants sous prétexte de vous préoccuper du tiers-monde.&lt;br /&gt;
L'ordonnance hiérarchique que nous venons d'établir peut à tout instant être pervertie par l'ego. Il est aisé en effet, sous prétexte que les devoirs envers soi-même ont priorité, d'avoir une attitude purement et simplement égoïste vis-à-vis de la famille ou de l'humanité. De même, sous prétexte que la famille a priorité sur l'humanité, il est aisé de justifier n'importe quel égoïsme familial. La lucidité est requise pour dénoncer les pièges de l'ego.&lt;br /&gt;
Celui qui aime véritablement ressent l'Ordonnance charitable comme une limitation. Limitation inhérente à la condition humaine. Je ne puis aider spirituellement, psychologiquement, et physiquement qu'un nombre d'hommes limité, car moi-même je possède un véhicule humain limité. Accepter la condition humaine, c'est accepter ses limitations, et accepter l'ordonnance des valeurs qui la caractérise.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Bien que mon premier devoir soit de me Réaliser spirituellement, je ne peux me consacrer exclusivement à cette recherche, car ceci m’entraînerait à négliger mes devoirs envers ma famille et l'humanité.&lt;br /&gt;
Bien que mes devoirs envers ma famille priment sur mes devoirs envers l'humanité, je ne puis enfermer mon action charitable dans le cercle étroit de ma famille, et je dois nécessairement aider l’ensemble de l'humanité dans la mesure de mes moyens.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
L'application de l’ordonnance charitable réside toute entière dans la notion de mesure et d'équilibre. Cette mesure et cet équilibre ne possèdent aucune norme fixe, elle résulte d'une création permanente au sein de chaque journée.&lt;br /&gt;
Pour qui s'exerce à la charité, la vie entière dévie en tous ses aspects, une expression de charité. Ainsi se réalise l'adage selon lequel : « L'amour seul doit motiver nos actes ».&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Si l'Amour n'est pas ordonné par la Raison, son expression risque de dégénérer en simple sensiblerie, et de s'emprisonner dans les identifications et possessions égotiques.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Quel rapport tout ceci a-t-il avec l’Éveil ?&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
L’Éveil ne se situe pas au niveau de l'action. Par contre, charité envers soi-même, la famille et l'humanité elle relève du domaine de l'action.&lt;br /&gt;
Nos actes doivent résulter d'une harmonie entre l'Amour et la Raison. Quant à l’Éveil, il concerne l'état de conscience en lequel les actes sont accomplis.&lt;br /&gt;
Plus notre Éveil sera intense, profond et constant ; plus il s'emparera et réagira automatiquement tous les aspects de notre vie. Dès lors Amour et Raison deviennent des instruments d'expression pour l’Éveil.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Ayant commencé par imprégner notre vie d'une charité résultant de l'harmonie entre l'Amour et la Raison, nous parvenons, avec l'avènement de l’Éveil à une charité spontanée.&lt;br /&gt;
Étant naturelle et spontanée notre activité cesse de s'appeler charitable. En la Lumière de l’Éveil, nous agissons selon l'inspiration du moment, sans nous poser de question, sans nous donner de règle ou d'obligation. Raison et Amour se sont fondus dans la spontanéité inspirée de l’Éveil.&lt;br /&gt;
En notre expérience, nous cessons d'utiliser le concept de charité. Regardant en nous-mêmes nous ne voyons rien qui corresponde à ce que l'on appelle charité. En nous, il y a seulement l’Éveil et la spontanéité qui en découle. C'est tout ; observant notre attitude les gens disent : « Vous êtes charitable ». Mais nous en notre expérience nous ne connaissons aucune formulation de cette motion de charité. La spontanéité est la spontanéité. Toute définition, ou toute cogitation, tendant à déterminer tels ou tels types de spontanéité, détruit la spontanéité. Le chemin ne doit pas être confondu avec son aboutissement. Aussi longtemps que vous n'êtes pas Éveillé, vous êtes sur le chemin. Quand vous êtes sur le chemin : pratiquez la charité. Lorsque vous êtes Éveillé : oubliez le chemin, oubliez la notion de charité, contentez-vous de demeurer en Éveil, et laissez-vous guider par l'inspiration du moment.&lt;br /&gt;
Ceci est la suprême reddition du moi au Seigneur.&lt;br /&gt;
En son activité, l’Éveillé ne connaît rien qui se rapporte au mot charitable.&lt;br /&gt;
Ignorant la vertu de charité, il réalise la suprême charité.&lt;br /&gt;
Ceci est vrai pour toutes vertus. Il y a la vertu du « brave homme », qui s'efforce d'être vertueux, qui est conscient de sa vertu ou bien de son manque de vertu. Cette vertu-là est une vertu inférieure.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Par ailleurs il y a la vertu de l’Éveillé, ce dernier ne s’efforce pas d'être vertueux, il n'a conscience de l’expression d'aucune vertu, ni d'aucun péché. Il agit en toute conscience, « comme bon lui semble », parfaitement lucide et attentif il ne fait appel à aucune Règle, aucune norme, aucun principe. Sa spontanéité est une inspiration perpétuelle, et c'est pourquoi lui seul exprime la Vertu supérieure.&lt;br /&gt;
Commencez par la vertu inférieure, puis élevez-vous à la Vertu supérieure.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
*****************************************************&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
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		<summary type="html">&lt;p&gt;78.224.74.40 : &lt;/p&gt;
&lt;hr /&gt;
&lt;div&gt;1-L AMOUR  PAR ERICH FROMM &amp;quot;L ART D AIMER &amp;quot;  Le 1er chapitre ou bien introduction ---&lt;br /&gt;
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échec et d’étudier lasignification de l’amour.La  première  démarche  qui  s’impose  est  de  prendreconscience que l’amour est un art, tout comme vivre estun art ; si nous voulons apprendre comment aimer, nousdevons procéder de la même manière que pour appren-dre  n’importe  quel  autre  art,  à  savoir  la  musique, lapeinture, la charpenterie, ou l’art de la médecine ou de lamécanique.Quelles  sont  les  étapes  nécessaires  à  l’apprentissagede tout art ?On peut par commodité distinguer deux parties dansle  processus  d’apprentissage  d’un  art :  la  maîtrise  de  lathéorie et la maîtrise de la pratique. Si je désire apprendrel’art de la médecine, il me faut d’abord connaître les faitstouchant  au  corps  humain  et  aux  diverses  maladies.Lorsque j’ai acquis cet ensemble de connaissances théo-riques, je ne suis encore compétent en aucune façon dansl’art de la médecine. Je ne deviendrai un maître dans cetart qu’après une longue pratique, jusqu’à ce  que  finale-ment  les  résultats  de  ma  connaissance  théorique  et lesrésultats de ma pratique fusionnent en un tout - mon in-tuition,  essence  de  la  maîtrise  de  tout  art.  Mais, outrel’apprentissage  de  la  théorie  et  de  la  pratique,  il  y  a  untroisième facteur nécessaire pour devenir un maître dansquelque  art  que  ce  soit  -  la  maîtrise  de  l’art  doit  êtrel’objet  d’une  préoccupation  ultime ;  il  importe  que  rienau  monde  n’ait  plus  d’importance  que  l’art.  Ceci  vautpour  la  musique,  la  médecine,  la  charpenterie  -  et pourl’amour. Et, peut-être, trouvons-nous ici la  réponse  à  laquestion de savoir pourquoi les membres de notre cultureessaient si rarement d’apprendre cet art, en dépit de leurséchecs manifestes : c’est que, malgré un insatiable appé-tit d’amour, profondément enraciné, presque tout le restepasse pour plus important : le succès, le prestige, l’argent,le pouvoir - nous consacrons la presque totalité de notreénergie  à  apprendre  comment  atteindre  ces  objectifs,  etnous n’en réservons quasi pas à apprendre l’art d’aimer.Serait-ce  que  les  seules  choses  considérées  commevalant la peine d’être apprises sont celles qui permettentde gagner de l’argent ou du prestige, tandis que l’amour,qui  profite  « seulement »  à  l’âme,  mais  n’est  d’aucunprofit  au  sens  moderne,  serait  un  luxe  auquel  nousn’avons  pas  le  droit  de  consacrer  beaucoup  d’énergie ?Quoi qu’il en soit, la discussion qui suit traitera de l’artd’aimer  en  se  référant  aux  distinctions  déjà  mention-nées : d’abord, je discuterai de la théorie de l’amour - etceci occupera la majeure partie de ce livre ; après quoi, jediscuterai de la pratique de l’amour - du peu qui puisseêtre dit sur la pratique en cette matière, comme d’ailleursen toute autre.IILa théorie de l’amour1L’amour,réponse au problème de l’existence humaineToute  théorie  de  l’amour  doit  commencer  par  unethéorie  de  l’homme,  de  l’existence  humaine.  Certes,nous  rencontrons  l’amour,  ou  plutôt  un  équivalent  del’amour, chez les animaux, mais leurs attachements relè-vent   surtout   de   leur   équipement   instinctuel ;   chezl’homme,  par  contre,  seuls  des  vestiges  de  cet  équipe-ment  instinctuel  apparaissent  encore  en  action.  Ce qui,précisément,  est  essentiel  dans  l’existence  de  l’homme,c’est qu’il a émergé du règne animal, de l’adaptation ins-&lt;br /&gt;
4 / 9tinctive,  qu’il  a  transcendé  la  nature  -  bien  qu’il  ne  laquitte  jamais ;  il  en  fait  partie  -  mais  aussi,  qu’une  foisarraché à la nature, il ne peut la réintégrer ; dès l’instantoù il est éjecté du paradis - cet état d’unité originelle avecla nature - des chérubins aux épées de flammes lui barre-raient la route s’il essayait d’y revenir. L’homme ne peutavancer  qu’en  développant  sa  raison,  en  trouvant  uneharmonie  nouvelle,  et  qui  soit  humaine,  au  lieu  del’harmonie préhumaine qui est irrémédiablement perdue.De  par  sa  naissance,  l’homme,  entendez  la  race  hu-maine aussi bien que l’individu, est expulsé d’une situa-tion  qui  était  déterminée,  aussi  déterminée  que  les  ins-tincts, dans une situation qui est indéterminée, incertaineet ouverte. Il n’y a de certitude que sur le passé - et surl’avenir dans la mesure où il porte la mort.L’homme  est  doué  de  raison ;  il  est vie  consciented’elle-même ; il a conscience de lui-même, de son sem-blable,  de  son  passé,  et  des  possibilités  de  son  avenir.Cette conscience de lui-même comme entité séparée, laconscience de la brièveté de sa propre vie, du fait qu’il aété engendré sans sa volonté et qu’il meurt contre sa vo-lonté, qu’il mourra avant ceux qu’il aime, ou eux avantlui,  la  conscience  de  sa  solitude  et  de  sa  séparation,  deson  impuissance  devant  les  forces  de  la  nature  et  de  lasociété, tout ceci fait de son existence  séparée,  désunie,une prison insupportable. Il sombrerait dans la folie s’ilne pouvait s’évader de cette prison et tendre vers l’avant,s’unir sous une forme ou sous une autre avec les  hom-mes, avec le monde extérieur.Angoisse de la séparationet besoin de la surmonterL’expérience  de  séparation  suscite  l’angoisse ;  elleest,  à  vrai  dire,  la  source  de  toute  angoisse.  Etre  séparésignifie  être  coupé  de,  sans  être  du  tout  en  mesured’exercer  mes  facultés  humaines.  Dès  lors,  être  séparésignifie être démuni, incapable de saisir le monde - objetset  personnes  -  activement ;  cela  signifie  que  le  mondepeut m’envahir sans qu’il soit en mon pouvoir de réagir.En ce sens, la séparation est source d’extrême angoisse.De plus, elle suscite un sentiment de honte et de culpabi-lité :  sentiment  qui  s’exprime  dans  l’histoire  bibliqued’Adam  et  Eve.  Après  avoir  mangé  de  l’« arbre  de  laconnaissance du bien et du mal », après avoir désobéi (iln’y a ni bien, ni mal, à moins qu’il n’y ait liberté de dés-obéir), après être devenus humains en s’étant affranchisde l’harmonie animale originelle avec la nature, c’est-à-dire après leur naissance comme êtres humains - ils  vi-rent « qu’ils étaient nus - et ils eurent honte ». Pourrions-nous supposer  qu’un  mythe  aussi  ancien  et  élémentaireque celui-ci témoigne de cette moralité prude, caractéris-tique  du  dix-neuvième  siècle,  et  que  le  point  importantenseigné  par  cette  histoire  soit  la  confusion  d’Adam  etEve  lorsqu’ils  s’aperçurent  que  leurs  organes  génitauxétaient visibles ? Il peut difficilement en être ainsi, et eninterprétant l’histoire dans un esprit victorien, nous man-quons le point principal, qui semble le suivant : devenusconscients d’eux-mêmes et l’un de l’autre, l’homme et lafemme prennent aussi conscience de leur séparation et deleur différence, dans la mesure où ils appartiennent à dessexes différents. Mais tout en reconnaissant leur sépara-tion,  ils  restent  étrangers  parce  qu’ils  n’ont  pas encoreappris à s’aimer l’un l’autre (ce qui est aussi mis en lu-mière  par  le  fait  qu’Adam  se  défend  en  blâmant  Eveplutôt qu’en essayant de la défendre). La conscience dela  séparation  humaine,  sans  réunion  par  l’amour  -  estsource de honte. Elle est en même temps source de cul-pabilité et d’angoisse.Ainsi donc, le besoin le plus profond de l’homme estde surmonter sa séparation, de fuir la prison  de  sa  soli-tude.  L’échec  absolu  à  atteindre  cet  objectif  signifie  lafolie, car comment surmonter la panique d’une complètesolitude, sinon par un retrait si radical du monde que lesentiment  de  séparation  disparaît  -  parce  que  le  mondeextérieur, dont on est séparé, a lui-même disparu.L’homme, - de tout âge et de toute culture - se trouveconfronté  à  la  solution  d’un  seul  et  même  problème :comment  surmonter  la  séparation,  comment  accomplirl’union, comment transcender sa propre vie individuelleet trouver l’unicité ? Le problème se  pose  dans  les  mê-mes termes pour l’homme primitif vivant dans lescavernes, pour le nomade qui veille sur ses troupeaux,pour le paysan d’Egypte, pour le commerçant phénicien,le soldat romain, le  moine  du  Moyen-Âge,  le  samouraïjaponais, remployé de bureau et l’ouvrier modernes. Leproblème est le même, car il jaillit du même sol : la si-tuation humaine, les conditions de l’existence humaine.Certes,  la  réponse  varie.  Le  culte  animal,  les  sacrificeshumains  ou  les  conquêtes  militaires,  la  complaisancedans le luxe, le renoncement ascétique, le travail obses-sionnel, la création artistique, l’amour de Dieu et l’amourde   l’Homme,   voilà   autant   de   solutions   différentes.Néanmoins, si nombreuses soient les réponses - le cata-logue en est l’histoire humaine - elles ne sont pas innom-brables.  Au  contraire,  dès  qu’on  néglige  les  différencesminimes qui relèvent plus de la périphérie que du centre,on découvre qu’il y a seulement un nombre limité de ré-ponses qui furent données et pouvaient être données parl’homme  dans  les  différentes  cultures  où  il  a  vécu.L’histoire de la religion et de la philosophie est l’histoirede ces réponses, de leur diversité, aussi bien que de leurlimitation numérique.Les réponses dépendent, dans une certaine mesure, dudegré  d’individuation  atteint  par  un  individu.  Chez  lejeune enfant, le moi n’est encore que peu développé : ilcontinue à se sentir un avec la mère et n’éprouve pas lesentiment d’être séparé aussi longtemps qu’elle est pré-sente.  A  son  impression  de  solitude  remédient  la  pré-sence physique de la mère, ses seins, sa peau. Mais à me-sure  que  l’enfant  développe  son  sens  de  séparation etd’individualité, la présence physique de la mère ne suffit&lt;br /&gt;
5 / 9plus et le besoin se fait  jour  de  surmonter  la  séparationpar d’autres voies.De même, la race humaine dans son enfance se sentencore  une  avec  la  nature.  La  terre,  les  animaux,  lesplantes sont encore le monde de l’homme. Il s’identifieavec les animaux, ce qui se traduit par le port de masquesd’animaux,  par  le  culte  d’un  animal  totem  ou  de  dieuxanimaux. Mais plus la race humaine émerge de ces liensprimitifs, plus elle se sépare du monde naturel, plus  in-tense devient le besoin de découvrir de nouvelles maniè-res d’échapper à la séparation.Première solution partielle :les états orgiaques (abolition du moi séparé)Une des manières de réaliser cet objectif consiste entoutes  sortes  d’états  orgiaques.  Ils  peuvent  se  présentersous forme d’une extase auto-provoquée, parfois à l’aidede  drogues.  Bien  des  rituels  en  honneur  dans  les  tribusprimitives offrent une image vivante de ce genre de so-lution.  Dans  un  état  transitoire  d’exaltation,  le  mondeextérieur disparaît, et avec lui, le sentiment d’en être sé-paré.  Dans  la  mesure  où  ces  rituels  se  pratiquent  encommun,  s’ajoute  une  expérience  de  fusion  avec  legroupe, qui rend cette solution d’autant plus efficace. Acette  solution  orgiaque  est  intimement  liée,  et  souventconfondue  avec  elle,  l’expérience  sexuelle.  L’orgasmepeut  produire  un  état  similaire  à  celui  engendré  parl’extase ou comparable  aux  effets  de  certaines  drogues.Des rites d’orgies sexuelles collectives faisaient partie denombreux rituels primitifs. Après l’expérience orgiaque,il semble que l’homme puisse continuer pour un tempssans trop souffrir de sa séparation. Et lorsque peu à peurenaît la tension de l’angoisse, l’accomplissement réitérédu rituel lui sert à nouveau d’exutoire.Aussi longtemps que ces états orgiaques sont affairede pratique commune dans une tribu, ils ne produisent niangoisse,  ni  culpabilité.  Agir  de  la  sorte  est  correct,  etmême vertueux, car c’est là une voie empruntée par tous,approuvée,  et  recommandée  par  les  guérisseurs  ou  lesprêtres ; il n’y a donc aucune raison de se sentir coupableou honteux. Il en va tout autrement lorsque la même so-lution est adoptée par un des membres d’une culture quia  délaissé  ces  pratiques  communes.  L’alcoolisme  et latoxicomanie sont les formes que choisissent les individusdans  une  culture  non-orgiaque.  En  contraste  avec  ceuxqui participent à une solution érigée en modèle social, ilssouffrent  de  culpabilité  et  de  remords.  Alors  qu’ils  ten-tent  d’échapper  à  la  séparation  en  se  réfugiant  dansl’alcool ou les drogues, ils se sentent encore plus séparéslorsque  l’expérience  orgiaque  a  pris  fin,  si  bien  qu’ilssont poussés à y recourir avec une fréquence et une in-tensité  croissantes.  De  ceci  diffère  peu  le  recours  à  unesolution orgiaque de nature  sexuelle.  Dans  une  certainemesure,  il  s’agit  d’une  forme  naturelle  et  normale poursurmonter  la  séparation,  et  d’une  réponse  partielle  auproblème de la solitude. Néanmoins, chez bien des indi-vidus  dont  le  sentiment  de  séparation  ne  trouve  aucunsoulagement   par   d’autres   voies,   la   recherche   del’orgasme revêt une fonction qui ne la différencie guèrede  l’alcoolisme  et  de  la  toxicomanie.  Elle  devient unetentative désespérée d’échapper à l’angoisse de la sépa-ration, mais n’aboutit qu’au sentiment toujours croissantd’être séparé, compte tenu que l’acte sexuel sans amourne comble jamais la distance entre deux êtres  humains,sinon pour un instant.Toutes les formes d’union orgiaque ont trois caracté-ristiques :  elles  sont  intenses,  même  violentes ;  ellesmettent enjeu la personnalité totale, esprit et corps ; ellessont  transitoires  et  périodiques.  Il  en  va  exactement  ducontraire pour cette forme d’union que, dans le passé etle présent, l’homme a choisie comme solution de loin laplus  fréquente :  l’union  fondée  sur  le conformisme  augroupe,  à  ses  coutumes,  pratiques  et  croyances.  Ici,  en-core, nous constatons un développement considérable.Deuxième solution partielle : le conformismeDans une société primitive, le groupe est restreint ; ilse compose de ceux avec qui l’on  partage  le  sang  et  laterre. Avec l’essor croissant de la civilisation, le groupes’élargit : la citoyenneté d’une polis, la citoyenneté d’ungrand  état,  les  membres  d’une  église,  en  deviennent  lamesure. Même pauvre, un Romain éprouvait de la fiertéparce qu’il pouvait dire : « civis romanus sum » ; Romeet l’Empire étaient sa famille, son foyer, son monde. Demême,   dans   la   société   occidentale   contemporaine,l’union  au  groupe  constitue  la  façon  prévalente  de sur-monter la séparation. C’est une union où, dans une largemesure,  le  soi  individuel  disparaît,  et  dont  le  but  estd’appartenir à la foule. Si je ressemble à quiconque, si jen’ai ni sentiments, ni pensées qui m’en distinguent, si jeme  conforme  aux  coutumes,  usages  vestimentaires  etidées,  au pattern  du  groupe,  je  suis  sauvé ;  sauvé  del’expérience effrayante de la solitude. Les systèmes dic-tatoriaux recourent aux menaces et à la terreur pour in-duire ce conformisme ; les pays démocratiques à la sug-gestion et à la propagande. Il y a, en effet, une différenceimportante  entre  les  deux  systèmes.  Dans  les  démocra-ties, l’anti-conformisme s’avère possible et en fait, n’estjamais entièrement absent ; dans les systèmes totalitaires,par contre, on ne peut attendre que de quelques héros etmartyrs  exceptionnels  qu’ils  refusent  de  se  soumettre.Néanmoins, en dépit de cette différence, les sociétés dé-mocratiques font preuve de conformisme à un point ex-cessif. La raison en est qu’il doit y avoir une réponse à laquête  de  l’union  et  qu’à  défaut  d’une  solution  autre  ou&lt;br /&gt;
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L ’ a r t   d ’ a i m e r(Introduction)1956ER IC H  FR O MMLa  révolution  de  l'amour  est,  pour  Erich  Fromm  (1900-1980)  -  une  des  grandes  figures  de  l'Ecole  deFrancfort et lecteur averti de Freud et Marx -, l'unique alternative à la destruction de l'humanité. Une psy-chanalyse adaptée au social, un socialisme humanitaire, une grande confiance dans l'homme qui peut cons-truire une société différente, fondée sur le respect de la vie et sur l'amour, telles sont les idées maîtresses decet humaniste. C'est le propos de son Art d'aimer : un art, l'art même qui fait l'homme libre.Traduit de l’américain par J.-L. Laroche et Françoise Tcheng, 1968, Ed. Desclée De Brower, 2007, 22ECelui qui ne sait rien, n'aime rien. Celui qui n'est capable de rien ne comprend rien.Celui qui ne comprend rien est sans valeur.Mais celui qui comprend, celui-là aime, observe, voit...Plus on en sait sur une chose, plus grand est l'amour...Qui imagine que tous les fruits mûrissent en même temps que les fraises ne sait rien des raisins.ParacelseAvant-proposOn s'exposerait à la déception en n'attendant de ce livre que de faciles recettes sur l'art d'aimer. Ce quenous voulons montrer en effet, c'est que l'amour n'est pas un sentiment à la portée de n'importe qui : il dé-pend de notre niveau de maturité. Que le lecteur soit bien persuadé que tous ses efforts en ce domaine sontvoués à l'échec s'il ne s'essaie pas assidûment à épanouir sa personnalité en vue d'une orientation  produc-tive ; que l'amour individuel ne peut être source de satisfactions si l'on n'est pas capable  d'aimer  ses  sem-blables, si l'on manque d'humilité, de courage, de foi, de discipline vraie. Dans une culture où ces qualitéssont  rares,  un  amour  accompli  doit  être  exceptionnel  :  demandons-nous  seulement  combien  nous  avonsconnu de personnes réellement aimantes.Que la tâche soit ardue n'est pas une raison pour s'abstenir d'en explorer les difficultés et les conditionsde réalisation. Pour ne pas compliquer inutilement les choses, nous nous sommes efforcé de traiter le pro-blème dans une langue aussi peu technique  que  possible  et  nous  nous  en  sommes  tenu  à  un  minimum  deréférences à la littérature sur l'amour.&lt;br /&gt;
2 / 9IL’amour est-il un art ?L’amour est-il un art ? En ce cas, il requiert connais-sance  et  effort.  Ou  bien  l’amour  est-il  une  sensationagréable, dont l’expérience est affaire de hasard, ce dansquoi  l’on  « tombe »  si  la  chance  vous  sourit ?  Ce  petitlivre se fonde sur la première prémisse, bien que sans nuldoute  la  plupart  des  gens  croient  aujourd’hui  en  la  se-conde.Non point que les gens s’imaginent que l’amour soitsans  importance.  Ils  en  sont  affamés,  ils  vont  voird’innombrables films sur des histoires d’amour heureu-ses et malheureuses, ils écoutent des centaines de chan-sons  d’amour  des  plus  médiocres  -  et,  cependant,  pres-que personne ne pense avoir tant soit peu à apprendre surl’amour.Cette attitude singulière relève de plusieurs prémissesqui, séparément ou conjointement, tendent à la soutenir.Pour  la  plupart,  le  problème  essentiel  de  l’amour  estd’être aimé plutôt que d’aimer, d’être capable d’amour.Dès lors, leur problème est de savoir comment être aimé,comment  être  aimable.  En  quête  de  ce  but,  ils  suiventdifférentes  voies.  L’une  d’elles,  plus  masculine,  est  deremporter  des  succès,  de  s’affirmer  en  puissance  et  ri-chesse dans les limites de sa position sociale. Une autre,plus féminine, est de chercher à plaire, en cultivant soncorps,  sa  toilette,  etc.  D’autres  moyens  de  séduire  sontcommuns  aux  deux  sexes :  développer  des  manièresavenantes,  une  conversation  agréable,  se  montrer  atten-tionné, modeste, inoffensif. Bien des façons de se rendreaimable  sont  identiques  à  celles  qui  sont  utilisées  pourremporter des succès, pour « se faire des amis et agir surautrui ». A vrai dire, ce que la plupart des gens dans notreculture  entendent  par  être  aimable,  consiste  essentielle-ment en un mélange de popularité et de sex appeal.Une seconde prémisse sous-jacente à l’attitude selonlaquelle  il  n’y  a  rien  à  apprendre  sur  l’amour  revient  àsupposer  que  le  problème  de  l’amour  est  un  problèmed’objet, et non un problème de faculté. Les gens pensentqu’il  est  simple  d’aimer,  mais  qu’il  est  difficile de  dé-couvrir le « bon objet » à aimer - ou qui les aimera. Cetteattitude  découle  de  plusieurs  raisons  enracinées  dans  ledéveloppement  de  la  société  moderne.  Mentionnons,entre autres, le changement important qui se produisit auvingtième siècle quant au choix d’un « objet d’amour ».A  la  période  victorienne,  l’amour  n’était  que  rarementune  expérience  personnelle  spontanée  pouvant  ensuitemener  au  mariage.  Au  contraire,  le  mariage  était  con-tracté  par  convention  -  soit  par  les  familles  respectives,soit par un médiateur, soit sans l’aide de tels intermédiai-res ; il était conclu sur la base de considérations sociales,et   l’on   supposait   que,   le   mariage   conclu,   l’amours’épanouirait.  Au  cours  des  quelques  dernières  généra-tions, le concept d’amour romantique est devenu presqueuniversel  dans  le  monde  occidental.  Aux  Etats-Unis,bien  que  des  considérations  de  nature  conventionnellen’aient    pas    complètement    disparu,    c’est    surtoutl’« amour romantique » que l’on recherche, l’expériencepersonnelle de l’amour qui, ensuite, conduira au mariage.Ce  nouveau  concept  de  liberté  dans  l’amour  doit  avoirfortement rehaussé l’importance de l’objet au détrimentde l’importance de la fonction.Un autre trait caractéristique de la culture contempo-raine est étroitement lié à ce facteur. Toute notre culturese fonde sur un appétit d’achat, sur l’idée d’un échangemutuellement profitable. L’homme moderne trouve sonbonheur  à  regarder  avec  frénésie  les  vitrines  des  maga-sins  et  à  acheter  tout  ce  que  ses  moyens  lui  permettentd’acquérir, en argent comptant ou à tempérament. Il (ouelle) regarde les gens de la même façon. Pour l’homme,une fille attrayante - et pour la femme, un homme sédui-sant - sont les prix qu’ils convoitent. « Attrayant » signi-fie d’habitude un joli paquet de qualités qui jouissent depopularité  et  sont  recherchées  sur  le  marché  de  la per-sonnalité.  Ce  qui  spécifiquement  rend  une  personne at-trayante  dépend  de  la  vogue  du  temps,  au  physiquecomme  au  moral.  Durant  les  années  vingt,  une  femmequi  buvait  et  fumait,  rude  et  sensuelle,  était  attrayante ;aujourd’hui,   la   mode   exige   plus   de   réserve   etd’attachement au foyer. A la fin du dix-neuvième et audébut  de  ce  siècle,  on  attendait  d’un  homme  qu’il  soitagressif et ambitieux - aujourd’hui, il doit être sociable ettolérant - afin d’être un « paquet » séduisant. En tout cas,la  sensation  de  tomber  amoureux  ne  se  développed’habitude  qu’en  regard  de  ces  denrées  humaines  quisont à la portée des possibilités d’échange propres à cha-cun. J’entreprends une affaire ; l’objet doit être désirablequant à sa valeur sociale et en même temps doit me dési-rer, considération faite à la fois de mes biens et de mesvirtualités  manifestes  et  latentes.  Ainsi  deux  personnestombent-elles  amoureuses  lorsqu’elles  ont  le  sentimentd’avoir découvert le meilleur objet disponible sur le mar-ché,  compte  tenu  des  limitations  de  leur  propre  valeurd’échange.  Souvent,  comme  lors  de  l’achat  d’une  pro-priété immobilière, les potentialités cachées qui peuventêtre  développées  jouent  un  rôle  considérable  dans  cettetransaction.Dans  une  culture  où  prévaut  l’orientation  commer-ciale et dans laquelle le succès matériel constitue la va-leur  éminente,  il  n’y  a  guère  de  quoi  s’étonner  que  lesrelations amoureuses suivent le même modèle d’échangeque celui qui gouverne le marché des affaires et du tra-vail.La  troisième  erreur  amenant  à  supposer  qu’il  n’y  a&lt;br /&gt;
3 / 9rien  à  apprendre  sur  l’amour  réside  dans  la  confusionentre  l’expérience  initiale  de  « tomber »  amoureux  etl’état permanent d’être amoureux, ou  mieux  encore,  de« se  tenir »  dans  l’amour.  Si  deux  personnes  qui  sontétrangères,  comme  nous  le  sommes  tous,  laissent  sou-dainement s’abattre le mur qui les séparait, et se sententproches, se sentent une, ce moment d’unicité est une desexpériences les plus vivifiantes et les plus émouvantes dela vie. Il est d’autant plus merveilleux et miraculeux pourles personnes qui ont vécu séparées, isolées, sans amour.Ce  miracle  de  soudaine  intimité  est  souvent  facilité  s’ils’associe à, ou est suscité par, l’attraction et la consom-mation sexuelles. Cependant, de par sa nature même, cetype  d’amour  n’est  pas  durable.  Les  deux  personness’accoutument l’une à l’autre, leur intimité perd de plusen  plus  son  caractère  miraculeux,  jusqu’à  ce  que  leurantagonisme,  leurs  déceptions,  leur  ennui  mutuel,  tuentce qui a pu subsister de l’émoi initial. Mais voilà, au dé-but elles ne se doutent de rien : elles prennent, en effet,l’intensité de l’engouement, cet état d’être « fou » l’un del’autre,  pour  une  preuve  de  l’intensité  de  leur  amour,alors que cela ne fait que révéler le degré de leur solitudeantérieure.Cette attitude - selon laquelle rien n’est plus facile qued’aimer - est restée l’idée dominante sur l’amour malgréles  témoignages  accablants  du  contraire.  Il  n’y  a  guèred’activité,  d’entreprise,  dans  laquelle  on  s’engage  avecdes  espoirs  et  attentes  aussi  démesurés,  et  qui  pourtantéchoue aussi régulièrement que l’amour. Si tel était le caspour toute autre activité, les gens seraient avides de con-naître les raisons de cet échec et d’apprendre comment yremédier - ou bien ils renonceraient à cette activité. Puis-que  le  second  terme  de  cette  alternative  est  impossibledans  le  cas  de  l’amour,  il  semble  qu’il  n’y  ait  qu’uneseule  façon  efficace  de  surmonter  l’échec  de  l’amour  -c’est d’examiner les raisons de cet échec et d’étudier lasignification de l’amour.La  première  démarche  qui  s’impose  est  de  prendreconscience que l’amour est un art, tout comme vivre estun art ; si nous voulons apprendre comment aimer, nousdevons procéder de la même manière que pour appren-dre  n’importe  quel  autre  art,  à  savoir  la  musique, lapeinture, la charpenterie, ou l’art de la médecine ou de lamécanique.Quelles  sont  les  étapes  nécessaires  à  l’apprentissagede tout art ?On peut par commodité distinguer deux parties dansle  processus  d’apprentissage  d’un  art :  la  maîtrise  de  lathéorie et la maîtrise de la pratique. Si je désire apprendrel’art de la médecine, il me faut d’abord connaître les faitstouchant  au  corps  humain  et  aux  diverses  maladies.Lorsque j’ai acquis cet ensemble de connaissances théo-riques, je ne suis encore compétent en aucune façon dansl’art de la médecine. Je ne deviendrai un maître dans cetart qu’après une longue pratique, jusqu’à ce  que  finale-ment  les  résultats  de  ma  connaissance  théorique  et lesrésultats de ma pratique fusionnent en un tout - mon in-tuition,  essence  de  la  maîtrise  de  tout  art.  Mais, outrel’apprentissage  de  la  théorie  et  de  la  pratique,  il  y  a  untroisième facteur nécessaire pour devenir un maître dansquelque  art  que  ce  soit  -  la  maîtrise  de  l’art  doit  êtrel’objet  d’une  préoccupation  ultime ;  il  importe  que  rienau  monde  n’ait  plus  d’importance  que  l’art.  Ceci  vautpour  la  musique,  la  médecine,  la  charpenterie  -  et pourl’amour. Et, peut-être, trouvons-nous ici la  réponse  à  laquestion de savoir pourquoi les membres de notre cultureessaient si rarement d’apprendre cet art, en dépit de leurséchecs manifestes : c’est que, malgré un insatiable appé-tit d’amour, profondément enraciné, presque tout le restepasse pour plus important : le succès, le prestige, l’argent,le pouvoir - nous consacrons la presque totalité de notreénergie  à  apprendre  comment  atteindre  ces  objectifs,  etnous n’en réservons quasi pas à apprendre l’art d’aimer.Serait-ce  que  les  seules  choses  considérées  commevalant la peine d’être apprises sont celles qui permettentde gagner de l’argent ou du prestige, tandis que l’amour,qui  profite  « seulement »  à  l’âme,  mais  n’est  d’aucunprofit  au  sens  moderne,  serait  un  luxe  auquel  nousn’avons  pas  le  droit  de  consacrer  beaucoup  d’énergie ?Quoi qu’il en soit, la discussion qui suit traitera de l’artd’aimer  en  se  référant  aux  distinctions  déjà  mention-nées : d’abord, je discuterai de la théorie de l’amour - etceci occupera la majeure partie de ce livre ; après quoi, jediscuterai de la pratique de l’amour - du peu qui puisseêtre dit sur la pratique en cette matière, comme d’ailleursen toute autre.IILa théorie de l’amour1L’amour,réponse au problème de l’existence humaineToute  théorie  de  l’amour  doit  commencer  par  unethéorie  de  l’homme,  de  l’existence  humaine.  Certes,nous  rencontrons  l’amour,  ou  plutôt  un  équivalent  del’amour, chez les animaux, mais leurs attachements relè-vent   surtout   de   leur   équipement   instinctuel ;   chezl’homme,  par  contre,  seuls  des  vestiges  de  cet  équipe-ment  instinctuel  apparaissent  encore  en  action.  Ce qui,précisément,  est  essentiel  dans  l’existence  de  l’homme,c’est qu’il a émergé du règne animal, de l’adaptation ins-&lt;br /&gt;
4 / 9tinctive,  qu’il  a  transcendé  la  nature  -  bien  qu’il  ne  laquitte  jamais ;  il  en  fait  partie  -  mais  aussi,  qu’une  foisarraché à la nature, il ne peut la réintégrer ; dès l’instantoù il est éjecté du paradis - cet état d’unité originelle avecla nature - des chérubins aux épées de flammes lui barre-raient la route s’il essayait d’y revenir. L’homme ne peutavancer  qu’en  développant  sa  raison,  en  trouvant  uneharmonie  nouvelle,  et  qui  soit  humaine,  au  lieu  del’harmonie préhumaine qui est irrémédiablement perdue.De  par  sa  naissance,  l’homme,  entendez  la  race  hu-maine aussi bien que l’individu, est expulsé d’une situa-tion  qui  était  déterminée,  aussi  déterminée  que  les  ins-tincts, dans une situation qui est indéterminée, incertaineet ouverte. Il n’y a de certitude que sur le passé - et surl’avenir dans la mesure où il porte la mort.L’homme  est  doué  de  raison ;  il  est vie  consciented’elle-même ; il a conscience de lui-même, de son sem-blable,  de  son  passé,  et  des  possibilités  de  son  avenir.Cette conscience de lui-même comme entité séparée, laconscience de la brièveté de sa propre vie, du fait qu’il aété engendré sans sa volonté et qu’il meurt contre sa vo-lonté, qu’il mourra avant ceux qu’il aime, ou eux avantlui,  la  conscience  de  sa  solitude  et  de  sa  séparation,  deson  impuissance  devant  les  forces  de  la  nature  et  de  lasociété, tout ceci fait de son existence  séparée,  désunie,une prison insupportable. Il sombrerait dans la folie s’ilne pouvait s’évader de cette prison et tendre vers l’avant,s’unir sous une forme ou sous une autre avec les  hom-mes, avec le monde extérieur.Angoisse de la séparationet besoin de la surmonterL’expérience  de  séparation  suscite  l’angoisse ;  elleest,  à  vrai  dire,  la  source  de  toute  angoisse.  Etre  séparésignifie  être  coupé  de,  sans  être  du  tout  en  mesured’exercer  mes  facultés  humaines.  Dès  lors,  être  séparésignifie être démuni, incapable de saisir le monde - objetset  personnes  -  activement ;  cela  signifie  que  le  mondepeut m’envahir sans qu’il soit en mon pouvoir de réagir.En ce sens, la séparation est source d’extrême angoisse.De plus, elle suscite un sentiment de honte et de culpabi-lité :  sentiment  qui  s’exprime  dans  l’histoire  bibliqued’Adam  et  Eve.  Après  avoir  mangé  de  l’« arbre  de  laconnaissance du bien et du mal », après avoir désobéi (iln’y a ni bien, ni mal, à moins qu’il n’y ait liberté de dés-obéir), après être devenus humains en s’étant affranchisde l’harmonie animale originelle avec la nature, c’est-à-dire après leur naissance comme êtres humains - ils  vi-rent « qu’ils étaient nus - et ils eurent honte ». Pourrions-nous supposer  qu’un  mythe  aussi  ancien  et  élémentaireque celui-ci témoigne de cette moralité prude, caractéris-tique  du  dix-neuvième  siècle,  et  que  le  point  importantenseigné  par  cette  histoire  soit  la  confusion  d’Adam  etEve  lorsqu’ils  s’aperçurent  que  leurs  organes  génitauxétaient visibles ? Il peut difficilement en être ainsi, et eninterprétant l’histoire dans un esprit victorien, nous man-quons le point principal, qui semble le suivant : devenusconscients d’eux-mêmes et l’un de l’autre, l’homme et lafemme prennent aussi conscience de leur séparation et deleur différence, dans la mesure où ils appartiennent à dessexes différents. Mais tout en reconnaissant leur sépara-tion,  ils  restent  étrangers  parce  qu’ils  n’ont  pas encoreappris à s’aimer l’un l’autre (ce qui est aussi mis en lu-mière  par  le  fait  qu’Adam  se  défend  en  blâmant  Eveplutôt qu’en essayant de la défendre). La conscience dela  séparation  humaine,  sans  réunion  par  l’amour  -  estsource de honte. Elle est en même temps source de cul-pabilité et d’angoisse.Ainsi donc, le besoin le plus profond de l’homme estde surmonter sa séparation, de fuir la prison  de  sa  soli-tude.  L’échec  absolu  à  atteindre  cet  objectif  signifie  lafolie, car comment surmonter la panique d’une complètesolitude, sinon par un retrait si radical du monde que lesentiment  de  séparation  disparaît  -  parce  que  le  mondeextérieur, dont on est séparé, a lui-même disparu.L’homme, - de tout âge et de toute culture - se trouveconfronté  à  la  solution  d’un  seul  et  même  problème :comment  surmonter  la  séparation,  comment  accomplirl’union, comment transcender sa propre vie individuelleet trouver l’unicité ? Le problème se  pose  dans  les  mê-mes termes pour l’homme primitif vivant dans lescavernes, pour le nomade qui veille sur ses troupeaux,pour le paysan d’Egypte, pour le commerçant phénicien,le soldat romain, le  moine  du  Moyen-Âge,  le  samouraïjaponais, remployé de bureau et l’ouvrier modernes. Leproblème est le même, car il jaillit du même sol : la si-tuation humaine, les conditions de l’existence humaine.Certes,  la  réponse  varie.  Le  culte  animal,  les  sacrificeshumains  ou  les  conquêtes  militaires,  la  complaisancedans le luxe, le renoncement ascétique, le travail obses-sionnel, la création artistique, l’amour de Dieu et l’amourde   l’Homme,   voilà   autant   de   solutions   différentes.Néanmoins, si nombreuses soient les réponses - le cata-logue en est l’histoire humaine - elles ne sont pas innom-brables.  Au  contraire,  dès  qu’on  néglige  les  différencesminimes qui relèvent plus de la périphérie que du centre,on découvre qu’il y a seulement un nombre limité de ré-ponses qui furent données et pouvaient être données parl’homme  dans  les  différentes  cultures  où  il  a  vécu.L’histoire de la religion et de la philosophie est l’histoirede ces réponses, de leur diversité, aussi bien que de leurlimitation numérique.Les réponses dépendent, dans une certaine mesure, dudegré  d’individuation  atteint  par  un  individu.  Chez  lejeune enfant, le moi n’est encore que peu développé : ilcontinue à se sentir un avec la mère et n’éprouve pas lesentiment d’être séparé aussi longtemps qu’elle est pré-sente.  A  son  impression  de  solitude  remédient  la  pré-sence physique de la mère, ses seins, sa peau. Mais à me-sure  que  l’enfant  développe  son  sens  de  séparation etd’individualité, la présence physique de la mère ne suffit&lt;br /&gt;
5 / 9plus et le besoin se fait  jour  de  surmonter  la  séparationpar d’autres voies.De même, la race humaine dans son enfance se sentencore  une  avec  la  nature.  La  terre,  les  animaux,  lesplantes sont encore le monde de l’homme. Il s’identifieavec les animaux, ce qui se traduit par le port de masquesd’animaux,  par  le  culte  d’un  animal  totem  ou  de  dieuxanimaux. Mais plus la race humaine émerge de ces liensprimitifs, plus elle se sépare du monde naturel, plus  in-tense devient le besoin de découvrir de nouvelles maniè-res d’échapper à la séparation.Première solution partielle :les états orgiaques (abolition du moi séparé)Une des manières de réaliser cet objectif consiste entoutes  sortes  d’états  orgiaques.  Ils  peuvent  se  présentersous forme d’une extase auto-provoquée, parfois à l’aidede  drogues.  Bien  des  rituels  en  honneur  dans  les  tribusprimitives offrent une image vivante de ce genre de so-lution.  Dans  un  état  transitoire  d’exaltation,  le  mondeextérieur disparaît, et avec lui, le sentiment d’en être sé-paré.  Dans  la  mesure  où  ces  rituels  se  pratiquent  encommun,  s’ajoute  une  expérience  de  fusion  avec  legroupe, qui rend cette solution d’autant plus efficace. Acette  solution  orgiaque  est  intimement  liée,  et  souventconfondue  avec  elle,  l’expérience  sexuelle.  L’orgasmepeut  produire  un  état  similaire  à  celui  engendré  parl’extase ou comparable  aux  effets  de  certaines  drogues.Des rites d’orgies sexuelles collectives faisaient partie denombreux rituels primitifs. Après l’expérience orgiaque,il semble que l’homme puisse continuer pour un tempssans trop souffrir de sa séparation. Et lorsque peu à peurenaît la tension de l’angoisse, l’accomplissement réitérédu rituel lui sert à nouveau d’exutoire.Aussi longtemps que ces états orgiaques sont affairede pratique commune dans une tribu, ils ne produisent niangoisse,  ni  culpabilité.  Agir  de  la  sorte  est  correct,  etmême vertueux, car c’est là une voie empruntée par tous,approuvée,  et  recommandée  par  les  guérisseurs  ou  lesprêtres ; il n’y a donc aucune raison de se sentir coupableou honteux. Il en va tout autrement lorsque la même so-lution est adoptée par un des membres d’une culture quia  délaissé  ces  pratiques  communes.  L’alcoolisme  et latoxicomanie sont les formes que choisissent les individusdans  une  culture  non-orgiaque.  En  contraste  avec  ceuxqui participent à une solution érigée en modèle social, ilssouffrent  de  culpabilité  et  de  remords.  Alors  qu’ils  ten-tent  d’échapper  à  la  séparation  en  se  réfugiant  dansl’alcool ou les drogues, ils se sentent encore plus séparéslorsque  l’expérience  orgiaque  a  pris  fin,  si  bien  qu’ilssont poussés à y recourir avec une fréquence et une in-tensité  croissantes.  De  ceci  diffère  peu  le  recours  à  unesolution orgiaque de nature  sexuelle.  Dans  une  certainemesure,  il  s’agit  d’une  forme  naturelle  et  normale poursurmonter  la  séparation,  et  d’une  réponse  partielle  auproblème de la solitude. Néanmoins, chez bien des indi-vidus  dont  le  sentiment  de  séparation  ne  trouve  aucunsoulagement   par   d’autres   voies,   la   recherche   del’orgasme revêt une fonction qui ne la différencie guèrede  l’alcoolisme  et  de  la  toxicomanie.  Elle  devient unetentative désespérée d’échapper à l’angoisse de la sépa-ration, mais n’aboutit qu’au sentiment toujours croissantd’être séparé, compte tenu que l’acte sexuel sans amourne comble jamais la distance entre deux êtres  humains,sinon pour un instant.Toutes les formes d’union orgiaque ont trois caracté-ristiques :  elles  sont  intenses,  même  violentes ;  ellesmettent enjeu la personnalité totale, esprit et corps ; ellessont  transitoires  et  périodiques.  Il  en  va  exactement  ducontraire pour cette forme d’union que, dans le passé etle présent, l’homme a choisie comme solution de loin laplus  fréquente :  l’union  fondée  sur  le conformisme  augroupe,  à  ses  coutumes,  pratiques  et  croyances.  Ici,  en-core, nous constatons un développement considérable.Deuxième solution partielle : le conformismeDans une société primitive, le groupe est restreint ; ilse compose de ceux avec qui l’on  partage  le  sang  et  laterre. Avec l’essor croissant de la civilisation, le groupes’élargit : la citoyenneté d’une polis, la citoyenneté d’ungrand  état,  les  membres  d’une  église,  en  deviennent  lamesure. Même pauvre, un Romain éprouvait de la fiertéparce qu’il pouvait dire : « civis romanus sum » ; Romeet l’Empire étaient sa famille, son foyer, son monde. Demême,   dans   la   société   occidentale   contemporaine,l’union  au  groupe  constitue  la  façon  prévalente  de sur-monter la séparation. C’est une union où, dans une largemesure,  le  soi  individuel  disparaît,  et  dont  le  but  estd’appartenir à la foule. Si je ressemble à quiconque, si jen’ai ni sentiments, ni pensées qui m’en distinguent, si jeme  conforme  aux  coutumes,  usages  vestimentaires  etidées,  au pattern  du  groupe,  je  suis  sauvé ;  sauvé  del’expérience effrayante de la solitude. Les systèmes dic-tatoriaux recourent aux menaces et à la terreur pour in-duire ce conformisme ; les pays démocratiques à la sug-gestion et à la propagande. Il y a, en effet, une différenceimportante  entre  les  deux  systèmes.  Dans  les  démocra-ties, l’anti-conformisme s’avère possible et en fait, n’estjamais entièrement absent ; dans les systèmes totalitaires,par contre, on ne peut attendre que de quelques héros etmartyrs  exceptionnels  qu’ils  refusent  de  se  soumettre.Néanmoins, en dépit de cette différence, les sociétés dé-mocratiques font preuve de conformisme à un point ex-cessif. La raison en est qu’il doit y avoir une réponse à laquête  de  l’union  et  qu’à  défaut  d’une  solution  autre  oumeilleure,  l’union  par  conformisme  à  la  foule  devientalors  prédominante.  On  ne  peut  s’expliquer  l’emprisequ’exercé  la  peur  d’être  différent,  la  peur  de  s’éloignerdu  troupeau  ne  fût-ce  que  de  quelques  pas,  sinon  encomprenant à quelle profondeur se situe le besoin de nepas être séparé. Parfois, cette peur de l’anti-conformisme&lt;br /&gt;
6 / 9est  rationalisée  en  une  peur  des  dangers  pratiques quipourraient  menacer  l’anti-conformiste.  Mais  en  fait,  lesgens veulent  se  conformer  à  un  degré  bien  plus  élevéqu’ils n’y sont contraints, du moins dans les démocratiesoccidentales.La plupart des gens ne sont même pas conscients deleur  besoin  de  conformisme.  Ils  vivent  avec  l’illusionqu’ils suivent leurs propres idées et penchants, qu’ils sontindividualistes, que les opinions auxquelles ils sont arri-vés représentent l’aboutissement de leur propre réflexion-  et  que,  si  leurs  idées  rejoignent  celles  de  la  majorité,c’est en quelque sorte une coïncidence. Le consensus detous  sert  de  preuve  à  la  justesse  de  « leurs »  idées.Comme persiste malgré tout un besoin de ressentir quel-que individualité, ils le satisfont sur des différences mi-neures ; les initiales sur le sac à main ou le tricot, la pla-que portant le nom du caissier de banque, l’appartenanceau  parti  démocrate  par  opposition  au  parti  républicain,aux Elks plutôt qu’aux Shriners, deviennent l’expressiondes   différences   individuelles.   Le   slogan   publicitaire« c’est  différent »  révèle  ce  besoin  pathétique  de diffé-rence,  alors  qu’en  réalité  c’est  à  peine  s’il  en  subsistequelqu’une.La tendance croissante à l’élimination des différencesest  intimement  liée  au  concept  et  à  l’expérience  del’égalité  telle  qu’elle  est  en  train  de  se  développer  dansles sociétés industrielles les plus avancées. Egalité avaitsignifié,  dans  un  contexte  religieux,  que  nous  sommestous des enfants de Dieu, que tous nous participons à lamême substance humano-divine, que nous sommes tousun. Il signifiait aussi que les différences véritables entreles  individus  devaient  être  respectées,  que  s’il  est  vraique nous sommes tous un, il est également vrai que cha-cun d’entre nous constitue une entité unique, un cosmospar  lui-même.  Une  telle  conviction  de  la  singularité  del’individu  s’exprime  par  exemple  dans  l’affirmation  duTalmud : « Celui qui sauve une seule vie est comme s’ilavait sauvé le monde entier ; celui qui détruit une seulevie  est  comme  s’il  avait  détruit  le  monde  entier ».L’égalité   comme   condition   de   développement   del’individualité, c’est également le sens que la philosophieoccidentale des lumières conférait à ce concept. Il signi-fiait (Kant en a donné la formulation la plus claire) quenul ne doit se servir d’autrui comme moyen de ses pro-pres fins. Que tous les hommes sont égaux dans la me-sure où ils sont des fins, et seulement des fins, et jamaisdes moyens l’un pour l’autre. S’inspirant des idées de laphilosophie des lumières, des penseurs socialistes de dif-férentes écoles définirent l’égalité comme l’abolition del’exploitation, de l’utilisation de l’homme par l’homme,qu’elle soit cruelle ou « humaine ».Dans  la  société  capitaliste  contemporaine,  la  signifi-cation de l’égalité s’est transformée. Par égalité on se ré-fère à une égalité d’automates ; d’hommes qui ont perduleur individualité. Aujourd’hui égalité signifie« similitude » plutôt que « singularité ». C’est une simi-litude  d’abstractions,  d’hommes  qui  exécutent  les  mê-mes travaux, qui s’adonnent aux mêmes loisirs, qui lisentles  mêmes  journaux,  qui  nourrissent  les  mêmes  senti-ments et les mêmes idées. A cet égard, il nous faut aussiconsidérer  avec  quelque  scepticisme  certaines  réalisa-tions que l’on vante en général comme des signes de no-tre  progrès,  notamment  l’égalité  des  femmes.  Cela  vasans dire, je ne prends pas parti contre l’égalité féminine ;mais ce qu’il y a de positif dans cette tendance à l’égaliténe doit pas nous abuser. Elle fait partie de ce courant quiporte à l’élimination des différences. L’égalité s’achète àce prix même : les femmes sont égales parce qu’elles nesont  plus  différentes.  La  proposition  de  la  philosophiedes lumières, l’âme n’a pas de sexe (en français dans letexte) est devenue une pratique générale. La polarité dessexes est en voie de disparaître, et avec elle l’amour éro-tique, qui se fonde sur cette polarité. Les hommes et lesfemmes  deviennent  les  mêmes,  non  des  égaux  en  tantque pôles opposés. La société contemporaine prêche cetidéal d’égalité non-individualisée parce qu’elle a besoind’atomes humains, tous semblables, pour les faire fonc-tionner dans un vaste agrégat, doucement, sans frictions ;tous  obéissant  aux  mêmes  ordres,  mais  chacun  étantnéanmoins convaincu qu’il suit ses propres désirs. Toutcomme la production moderne en grande série requiert lastandardisation des produits, ainsi le processus social re-quiert la standardisation de l’homme, et cette standardi-sation, on l’appelle « égalité ».L’union par conformisme n’est ni intense ni violente ;elle est calme, dictée par la routine, et pour cette raisonmême, suffit rarement à pacifier l’angoisse de la sépara-tion.  L’incidence  de  l’alcoolisme,  la  toxicomanie, lasexualité compulsive,  et  le  suicide  dans  la  société  occi-dentale contemporaine sont des symptômes de cet échecrelatif du conformisme à la foule. De plus, cette solutionconcerne  surtout  l’esprit  et  non  le  corps,  et  dès  lorss’avère également déficiente en regard des solutions or-giaques.  Le  conformisme  à  la  foule  ne  présente  qu’unseul  avantage ;  il  est  permanent,  et  non  spasmodique.Dès l’âge de trois ou quatre ans, l’individu est introduitdans le pattern de conformisme, et par la suite, ne perdjamais son contact avec la  foule.  Même  ses  funérailles,qu’il anticipe comme sa dernière grande affaire sociale,demeurent en stricte conformité avec le pattern.Outre  le  conformisme  comme  un  des  moyens  desoulager l’angoisse jaillissant de la séparation, il importede considérer un autre facteur de la vie contemporaine :le rôle de la routine du travail et du plaisir. L’homme de-vient un « huit heures - midi, deux heures - six heures »,il fait partie de la force de travail ou de la force bureau-cratique des employés et directeurs. Il a peu d’initiative,ses  tâches  sont  régies  par  l’organisation  du  travail ;même  entre  ceux  qui  se  situent  au  haut  et  au  bas  del’échelle, la différence est restreinte. Tous accomplissentdes  tâches  prescrites  par  la  structure  d’ensemble  de&lt;br /&gt;
7 / 9l’organisation,  à  une  vitesse  prescrite,  et  d’une  façonprescrite.  Les  sentiments  eux-mêmes  sont  prescrits :gaieté,  tolérance,  honnêteté,  ambition,  et  capacité  des’accommoder avec tout le monde, sans frictions. De fa-çon  similaire,  quoiqu’avec  moins  de  rigueur,  les  loisirssont routines. Les livres sont choisis par les clubs de li-vres, les programmes de cinéma par les distributeurs defilms et les propriétaires de salles, avec l’appui de la pu-blicité qu’ils financent ; le reste est tout aussi uniformisé :la promenade dominicale en voiture, la séance de télévi-sion, la partie de cartes, les réceptions. De la naissance àla  mort,  du  lundi  au  lundi,  du  matin  au  soir  -toutes  lesactivités  sont  routinées  et  préfabriquées.  Comment unhomme  pris  dans  ce  filet  de  routine  n’oublierait-il  pasqu’il est un homme, un individu unique, qui n’a reçu quecette seule chance de vivre, avec des espoirs et des dés-illusions,  avec  des  peines  et  des  craintes,  avec  le  désirnostalgique de l’amour et la terreur du néant et de la sé-paration ?Troisième solution partielle :le travail créateurUne troisième manière d’atteindre l’union réside dansl’activité  créatrice,  que  ce  soit  celle  de  l’artiste  ou  del’artisan.  Dans  toute  espèce  de  travail  créateur,  la  per-sonne qui crée s’unit avec son matériau, qui représente lemonde  en  dehors  d’elle.  Qu’il  s’agisse  d’un  menuisierconfectionnant  une  table  ou  d’un  orfèvre  une  pièce debijouterie, qu’il s’agisse du paysan qui cultive son grainou du peintre qui réalise un tableau, dès qu’il y a activitécréatrice   le   travailleur   et   son   objet   deviennent   un,l’homme  s’unit  avec  le  monde  dans  le  processus  decréation.  Ceci  n’est  vrai,  cependant,  que  du  travail  pro-ductif, du travail où j’organise, élabore, contemple le ré-sultat  de  mon  labeur.  En  effet,  dans  la  démarche  mo-derne   à   laquelle   est   astreint   l’employé   de   bureau,l’ouvrier réduit à n’être que le maillon d’une chaîne in-terminable, il ne reste que bien peu de cette qualité unifi-catrice du travail. Le travailleur devient un appendice dela machine ou de l’organisation bureaucratique. Il a cesséd’être  lui-même  -  dès  lors,  au-delà  de  l’union  par con-formisme, aucune autre n’est possible.L’amour seule solution humaineL’unité  qui  se  réalise  dans  le  travail  productif  n’estpas  interpersonnelle ;  dans  la  fusion  orgiaque,  l’unitéreste  temporaire ;  quant  à  l’unité  par  conformisme,  ellene constitue qu’une pseudo-unité. Aussi ne s’agit-il quede réponses partielles au problème de l’existence. La ré-ponse plénière réside dans l’accomplissement de l’unioninterpersonnelle,  de  la  fusion  avec  une  autre  personne,dans l’amour.Ce désir de fusion interpersonnelle est le plus puissantdynamisme en l’homme. C’est la passion la plus fonda-mentale,  c’est  la  force  qui  maintient  la  cohésion  de  larace  humaine,  du  clan,  de  la  famille,  de  la  société.L’échec  à  le  réaliser  signifie  folie  ou  destruction  -  des-truction  de  soi  ou  destruction  des  autres.  Sans  amour,l’humanité ne pourrait survivre un seul jour. Encore que,si nous entendons par « amour » la réalisation de l’unioninterpersonnelle, nous nous heurtons à une sérieuse diffi-culté. Il y a, de fait, bien des manières de réaliser la fu-sion  -  et  les  différences  entre  les  diverses  formes  del’amour ne sont pas moins significatives que ce qui leurest  commun.  Faut-il  alors  donner  à  toutes  l’appellationd’amour ? Ou devons-nous réserver seulement le termed’« amour » à une forme spécifique d’union, à celle qui,durant  les  quatre  derniers  millénaires  de  l’histoire  occi-dentale  et  orientale,  fut  considérée  comme  la  vertuexemplaire par toutes les grandes religions humanistes etconceptions philosophiques ?De même que pour toute difficulté sémantique, on nepeut  trancher  que  par  l’arbitraire.  Ce  qui  importe,  c’estque nous sachions de quelle sorte d’union nous nous en-tretenons  lorsque  nous  parlons  de  l’amour.  Nous  réfé-rons-nous à l’amour en tant que réponse plénière au pro-blème  de  l’existence,  ou  bien  visons-nous  ces  formesimparfaites de l’amour que l’on peut appeler union sym-biotique ?  Dans  les  pages  qui  suivent,  je  ne  désigneraipar amour que le premier terme de cette alternative, maisje vais entreprendre la discussion sur l’« amour » en par-tant du second.Les formes imparfaites de l’amourpar union symbiotiqueL’unionsymbiotique a son modèle biologique dans larelation entre la mère enceinte et le fœtus. Ils sont deux,et   pourtant   ne   font   qu’un.   Ils   vivent   « ensemble »(symbiosis),  ils  ont  besoin  l’un  de  l’autre.  Le  fœtus  faitpartie  de  la  mère,  il  reçoit  d’elle  ce  dont  il  a  besoin,  lamère est en quelque sorte son monde ; elle le nourrit, leprotège, mais sa propre vie en est aussi valorisée. Dansune union par symbiose psychique,  les  deux  corps  sontindépendants, mais le même genre d’attachement se re-trouve au niveau psychologique.La forme passive de l’union symbiotique est la sou-mission,  ou  pour  utiliser  un  terme  clinique,  le maso-chisme. Le masochiste échappe au sentiment insupporta-ble d’isolement et de séparation en se faisant partie inté-grante  d’une  autre  personne  qui  le  dirige,  le  guide,  leprotège, qui en est comme la vie et l’oxygène. Le pou-voir  de  la  personne  à  qui  l’on  se  soumet,  qu’il  s’agissed’un humain ou d’un dieu, est surestimé ; elle est tout, jene suis rien, sinon dans la mesure où j’en fais partie. Entant que partie, je participe à sa grandeur, à son pouvoir, àsa  certitude.  Le  masochiste  n’a  pas  à  prendre  de  déci-sions,  n’a  pas  à  assumer  le  moindre  risque ;  il  n’est  ja-mais seul - mais il n’est pas indépendant ; il n’a aucuneintégrité ;  il  n’est  pas  encore  pleinement  né.  Dans  uncontexte  religieux,  l’objet  de  culte  s’appelle  une idole ;dans  le  contexte  profane  d’une  relation  d’amour  maso-&lt;br /&gt;
8 / 9chiste,  le  mécanisme  essentiel,  celui  de  l’idolâtrie,  estidentique. Lorsqu’à la relation masochiste se mêle le dé-sir  sexuel,  il  ne  s’agit  plus  d’une  soumission  à  laquelleseul  l’esprit  participe,  mais  tout  le  corps  également.  Ilpeut y avoir soumission masochiste au destin, à la mala-die, à la musique rythmique, à Pétât orgiaque déclenchépar des drogues ou sous hypnose - dans tous ces cas, lapersonne renonce à son intégrité, se fait l’instrument dequelqu’un ou de quelque chose en dehors d’elle ; elle n’apas besoin de résoudre le problème de la vie par une ac-tivité productrice.La forme active de la fusion symbiotique est la domi-nation ou, pour utiliser un terme psychologique qui cor-responde  à  masochisme,  le sadisme.  Le  sadique  veutéchapper    à    sa    solitude    et    à    son    impressiond’emprisonnement  en  faisant  d’une  autre  personne  unepartie intégrante de lui-même. Il se surestime et se valo-rise par incorporation d’une autre personne qui lui rendun culte.La personne sadique  est  aussi  dépendante  de  la  per-sonne soumise que la seconde l’est de la première ; au-cune des deux ne peut vivre sans l’autre. La seule diffé-rence  est  que  le  sadique  commande,  exploite,  blesse,humilie,  tandis  que  le  masochiste  est  commandé,  ex-ploité, blessé, humilié. Sans doute est-ce une différenceconsidérable  d’un  point  de  vue  réaliste,  mais  dans unsens émotionnel plus profond, cette différence n’est pasaussi importante que ce qui est commun à tous deux : lafusion  sans  intégrité.  Si  l’on  comprend  ce  point,  on  nesera pas surpris non plus de constater qu’habituellementune personne réagit à la fois de manière sadique et maso-chiste, en général envers des objets distincts. Hitler réa-gissait de façon sadique vis-à-vis du peuple, mais de fa-çon  masochiste  vis-à-vis  du  destin,  de  l’histoire, du« pouvoir supérieur » de la nature. Sa fin - le suicide ausein de la destruction générale - est aussi caractéristiqueque l’était son rêve de succès - une totale domination1.L’amour accompli,pouvoir actif de participationEn  contraste  avec  l’union  symbiotique,  l’amour  ac-compli  est  une union  qui  implique  la  préservation  del’intégrité, de l’individualité. L’amour est chez l’hommeun pouvoir actif ; un pouvoir qui démantèle les murs sé-parant  l’homme  de  ses  semblables,  qui  l’unit  à  autrui ;l’amour lui fait surmonter la sensation d’isolement et deséparation,  tout  en  lui  permettant  d’être  lui-même,  demaintenir son intégrité. Le paradoxe de l’amour réside ence  que  deux  êtres  deviennent  un  et  cependant  restentdeux.Si nous disons de l’amour qu’il est « activité », nous1  Cf.  l’étude  plus  détaillée  de  E.  Fromm  sur  le  sadisme  et  lemasochisme dans Escape from Freedom, Rinehart &amp;amp; Compa-gny, New York, 1941.nous heurtons à une difficulté qui tient à la significationambiguë  de  ce  terme.  Par  « activité »,  selon  l’acceptionmoderne de ce mot, on entend d’habitude une action qui,par  une  dépense  d’énergie,  opère  un  changement  dansune situation existante.  Ainsi  considère-t-on  un  hommecomme actif s’il fait des affaires, étudie la médecine, tra-vaille  à  la  chaîne,  construit  une  table,  ou  se  livre  auxsports. Toutes ces activités ont ceci en commun qu’ellesvisent  un  but  extérieur  à  atteindre.  Ce  dont  il  n’est  pastenu compte, c’est de la motivation de l’activité. Consi-dérons, par exemple, un homme poussé à un travail in-cessant par un sentiment d’insécurité et de solitude pro-fondes ; ou un autre poussé par l’ambition ou la soif del’argent. Dans tous ces cas, l’individu est esclave d’unepassion, et son activité est en fait une « passivité » parcequ’il  est  poussé ;  il  est  victime,  non  « acteur ». D’autrepart, un homme qui se tient tranquille et qui contemple,sans autre intention ou objectif que de faire l’expériencede lui-même et de son unicité avec le monde, on le con-sidère  comme  « passif »  parce  qu’il  n’est  pas  « en trainde faire » quelque chose. En réalité, cette attitude de mé-ditation  concentrée  représente  la  plus  haute  activité  quisoit, une activité de l’âme, qui n’est rendue possible quepar  la  liberté  intérieure  et  l’autonomie.  Ainsi  donc,  ausens  moderne,  le  concept  d’activité  se  réfère  à  une  dé-pense d’énergie en vue de la réalisation d’objectifs exter-nes, tandis qu’en un autre sens, il se réfère à la mise enœuvre de pouvoirs inhérents à l’homme, sans se soucierqu’ait lieu un changement extérieur. Ce second sens duconcept d’activité, Spinoza l’a formulé très clairement. Ildistingue parmi les affects ceux qui sont actifs et passifs,les  « actions »  et  les  « passions ».  Dans  l’exercice  d’unaffect actif, l’homme est libre, il est maître de son affect ;dans  l’exercice  d’un  affect  passif,  l’homme  est  poussé,objet  d’une  motivation  dont  il  n’est  pas  lui-même  con-scient. Ainsi Spinoza en vient-il à affirmer que la vertu etle  pouvoir  sont  une  seule  et  même  chose2.  L’envie,  lajalousie,  l’ambition,  toute  espèce  de  cupidité,  sont  despassions ; l’amour est  une  action,  la  pratique  d’un  pou-voir humain qui ne peut s’exercer que dans la liberté etjamais sous l’effet d’une contrainte.L’amour est une activité, non un affect passif ; il estun « prendre part à », et non un « se laisser prendre ». Demanière très  générale,  on  peut  en  expliciter  le  caractèreactif  en  disant  ceci :  l’amour  consiste  essentiellement  àdonner, non à recevoir.... / ...2 Spinoza, Ethique IV, Def.8&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
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&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
2-AMOUR VERS L' AUTRE&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
3-1- AMOUR ET SERVICE ET &amp;quot;CHANGER LE MONDE ET LES AUTRES &amp;quot; &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
4-1- LA CHARITE &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
1-&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
2- L AMOUR POUR L  AUTRE&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
L'Amour que vous devez avoir pour autrui doit être libre de tout attachement.&lt;br /&gt;
Ne peuvent confondre Amour et attachement, ou bien les croire indissociables, que ceux qui manquent sérieusement d'introspection. Observez ce qui se passe en vous.&lt;br /&gt;
Constatez lorsque vous souffrez d'une séparation, de telle ou telle attitude d'un être aimé, ou bien lorsque vous désirez que ceci ou cela arrive ou n'arrive pas que ce n'est pas de l'Amour qui se manifeste, mais de l'inquiétude, du désir, de la frustration et que tout cela n'est qu'un mouvement du mental. Mouvement accapareur et passionné que vous confondez abusivement avec l’Amour.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
L'Amour en lui-même est un flux silencieux, qui trouve son bonheur et sa récompense dans sa propre expression. L'éloignement géographique, la mort ou la séparation, la conduite d'autrui, fut-elle particulièrement négative à notre égard, ne gêne aucunement l'amour. Certes, une telle attitude est étrangère à bien des habitudes, cependant qui apprend le pur Amour devient bientôt capable de l'étendre à toutes choses.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Nul doute qu'à première lecture certains trouveront le pur Amour, dégagé des mouvements mentaux de l'appropriation, de la convoitise, de l'inquiétude et de la frustration, impossible à pratiquer. Et cependant, quoi de plus simple il suffit de dépouiller l'Amour de tout ce qui ne lui appartient pas et se cache frileusement derrière ce mot. Il suffit de voir clair en soi-même. Ayez le courage d'observer et de constater, sans vous mentir, la différence qui existe entre l'Amour et la convoitise, entre le sentiment d'Amour et le sentiment de frustration, entre la plénitude de l'Amour et l'orgueilleuse jouissance de l'appropriation, entre la crispation inquiète et le flux chaud et généreux de l'Amour, il ne s'agit pas d'accepter conventionnellement une différence somme toute évidente. Il faut recenser et analyser, par une observation de soi-même intense, toutes les caractéristiques de l'irréductible différence. En la pleine perception de cette différence, l'Amour et les sentiments mentionnés se révèlent appartenir à deux ordres de réalité totalement différents. Seuls le manque d'intériorisation et les abus généralisés du langage et de la littérature ont permis de les confondre.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Apprenez à découvrir en vous-même qu'il y a des moments où vous aimez, et qu'il y en a d'autres où vous vous inquiétez, d'autres où vous convoitez et vous appropriez, d'autres encore où vous regrettez et souffrez. Le contenu de ces moments est totalement différent ; même si parfois les uns succèdent aux autres très rapidement.&lt;br /&gt;
Admettez-le, et constatez-le.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Les moments d'Amour, de vrai Amour, ne sont meublés par aucun sentiment inférieur. Cessez de tricher avec le mot Amour, de tout excuser par lui, de tout recouvrir pudiquement de son manteau. Lorsque vous savez par l’observation de vous-même que le fait d'Aimer est complètement différent du fait de s'inquiéter, de convoiter ou de regretter, cessez de dire : je m'inquiète, je désire ou je souffre parce que j'aime. Cette justification est fausse. C'est comme si vous disiez : je parle parce que je ne me tais pas.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
À tout moment vous avez la possibilité d'Aimer au lieu de vous inquiéter, convoiter ou regretter soyez honnête : inquiétude, convoitise et regret ne sont pas l'Amour et ne viennent pas de l’Amour. Ils viennent de l'ego, c'est l'ego qui veut posséder, qui souffre de la privation de possession et la redoute. L'Amour lui ne prend rien, il donne, il ne connaît aucune privation possible, car rien ne peut vous empêcher d'Aimer. Ni la séparation, ni le temps n'ont de prise sur l'Amour véritable sur l'Amour dépouillé des scories de l'ego, sur l'Amour éternel.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Comment Aimer notre ennemi, celui qui nous insulte, nous dénigre, nous agresse, nuit à ceux qui nous sont proches, ou nous trahit ?&lt;br /&gt;
C'est une simple question d'entraînement, et le début de cet entraînement c'est l'Amour des objets. Par cet Amour, tel qu'il a été décrit, vous apprenez à aimer volontairement, chose qui vous était inconnue. Dès lors les clefs du coeur sont en votre possession, vous ouvrez les portes d'écarlate chaque fois que vous le désirez.&lt;br /&gt;
Vous apprenez à Aimer pour le plaisir, sans rien attendre en retour, et voici que votre Amour se dépouille de l’égoïsme. Vous apprenez à Aimer des objets anodins et laids, et votre Amour ne dépend plus des attirances psychologiques. Lorsque ceci est obtenu le pas qu'il reste à franchir pour parvenir à Aimer vos ennemis d'une manière effective, n'est plus un plus de géant. C'est un petit effort supplémentaire. Un effort qui en sa répétition détruit les barrières de l'ego. Quand les barrières égotiques sont tombées, la spontanéité en pur Amour s'installe. À tout instant vous pouvez penser à quelqu'un ou le regarder et l'Aimer silencieusement. C'est l'homme qui convoite, s'approprie, regrette... Tous ces mouvements du mental humain ne sont pas l'Amour. Ils ne sont qu'apitoiement de l'ego sur lui-même ou avidité.&lt;br /&gt;
Cela n'a rien à voir avec l'Amour qui est le don d'une effusion qui n'attend rien en retour. Discriminez de manière à bien distinguer les mouvements de souffrance, d'angoisse, d'avidité ou de désir du mental, de l'Amour lui-même. Sachez par l'observation introspective au sein de la vie quotidienne : ceci est une pure effusion Amoureuse ; ceci est une effusion Amoureuse accompagnée de la pensée ; ceci est une simple pensée utilisant le mot amour... Le jour où grâce à vos efforts de discrimination fréquemment rejetés, vous distinguez clairement ce qu'est le pur Amour dépouillé de tout mouvement du mental, vous commencez à réaliser que l'Amour dépasse l'homme.&lt;br /&gt;
C'est quelque chose qui le traverse sans lui appartenir.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Apprendre le pur Amour c'est apprendre à Aimer sans cause ni raison, sans rien attendre, espérer, convoiter ou regretter. Sans non plus se préoccuper, de quelque manière que ce soit, du fait que notre Amour soit partagé ou non partagé, perçu ou non perçu par autrui. Aimer en s'immergeant entièrement dans la béatitude qui résulte du fait d'Aimer.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Pour bien comprendre en quoi consiste cet Amour suprême il faut nous poser la question fondamentale : qu'est-ce que l'Amour ?&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Qui travaille à l'éclosion de son coeur selon la méthode indiquée s'aperçoit peu à peu que l'Amour est plus que la pensée. Il se peut qu'en ses balbutiements du début le néophyte confonde pensée et Amour. Pour lui aimer un objet par exemple, signifiera penser avec une charge affective plus ou moins grande : « j'aime cet objet ». Une telle bévue est très fréquente et parfois inévitable chez le débutant, elle se dissout cependant par une pratique persévérante. Au commencement la pensée peut être l'huissier qui frappe à la porte du coeur. Mais qui travaille au niveau du coeur s'aperçoit assez rapidement que la pensée « j'aime », et le fait d'Aimer, sont deux choses bien différentes. Quand vous pensez, « j'aime », vous ne faites que formuler quelque chose mentalement, avec plus ou moins de sincérité. Mais lorsque vous Aimez, que cela s'accompagne ou non de pensée, quelque chose de bien différent se produit :&lt;br /&gt;
un courant indescriptible s'extravase de vous. Une fraîcheur vivifiante, une force enveloppante, une chaleur protectrice, une luminosité invisible, un baume apaisant, une allégresse communicative... Quelque chose, quelque chose de merveilleux sort de vous, et cela certes n'est pas de la pensée. La pensée peut susciter, enrober, accompagner l'Amour ou découler de lui, mais la pensée n'est pas l'Amour. L'Amour est un flux inexprimable et silencieux qui coule au travers de l'homme.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Celui qui progresse sur le sentier du coeur s'aperçoit que la pensée, qui au début pouvait constituer une aide, devient un obstacle. Il réalise que la pensée trahit l'Amour, le limite, l'étouffe. Il constate qu'en l'absence de toute pensée son Amour est plus fort, plus vaste, plus vrai, plus subtil et plus lumineux. Ainsi, peu à peu, il apprend à Aimer dans un silence intérieur total, et ce faisant, il dépasse le mental.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
L'Amour, par une décantation subtile, doit se libérer de la pensée. Par cette décantation, celui qui ne connaissait peut-être que des pensées affectives parvient à l'expression d'une pure affectivité rendue vierge de toute formulation mentale.&lt;br /&gt;
Apprendre à Aimer sans penser. Apprendre un Amour dans lequel s'éteignent les formulations mentales, constitue le summum de l'Amour. Initiez-vous à cet arcane :&lt;br /&gt;
regardez autrui, ou bien évoquez mentalement son existence, puis désintéressez-vous de la pensée, et immergez toute votre attention dans l'ineffable qui de vous coule vers l'autre.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Émettre vers autrui la paix, la lumière spirituelle et la béatitude qui brille dans vous, c'est cela le suprême Amour. Ne pensez pas à la paix à la lumière ou à la béatitude, sentez qu'au-delà des formulations mentales « Cela » va vers autrui, qu'il soit ou non physiquement présent.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Celui qui s’éveille a la perception de la présence en lui-même de la Conscience Divine. Qui à chaque instant demeure en tant que le Témoin éternel, universel, transcendant, libre et inaffecté des pensées et des perceptions de l'homme.&lt;br /&gt;
Celui qui réalise que sa propre Conscience, indépendamment de tout ce qui traverse le champ de sa perception, est indissociable de l'unique Conscience du Divin, connaît la suprême Béatitude. Lorsque cette Béatitude coule vers autrui, le suprême Amour se manifeste. Ce suprême Amour n'est pas dissociable de la Grâce Divine. Voici pourquoi celui qui apprend à Aimer sans penser devient un canal de la Grâce Divine qui déverse sa lumière sur le monde ; et travaille à la Rédemption universelle.&lt;br /&gt;
Aussi longtemps que vous pensez : « j'aime », « j'aime comme ceci ou comme cela », « parce que ceci ou cela », c'est un homme qui éprouve des sentiments égotiques, et les projette vers l'extérieur.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Mais lorsque vous abandonnez la pensée et laissez l'ineffable Amour seul vous traverser ; c'est Dieu qui au travers de vous Aime l'homme, et la Création entière, sans aucune possibilité d'exclusive.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
*******************************&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
-3-1  AMOUR  ET SERVICE  ET &amp;quot;CHANGER LE MONDE ET LES AUTRES &amp;quot; &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
-Lorsque la capacité d'Aimer gratuitement tout ce qui vit pour le simple plaisir de l'Aimer aura été cultivée qu'allez-vous faire ?&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Le monde est plein d'horreur et de purulence. Que pouvez-vous faire en face de toutes ces souffrances ?&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Vous ne pouvez pas faire grand-chose. Le monde est ce qu'il est et vous n'avez pas le pouvoir de le changer. L'humanité, ce prolongement évolutif de l'animalité, est inévitablement pleine des violences et des égoïsmes animaux. En elle le psychisme émerge de l'animalité. En elle l'homme lutte et se débat avec ses propres contradictions.&lt;br /&gt;
L'individualisation balbutiante, obscure et inférieure, le commencement d'individualisation égoïste, violente et vorace, obtenue chez certains animaux supérieurs doit s'épurer ; et s'engager dans la voie du devenir menant à une individualité accomplie libre, indépendante vis-à-vis des instincts et pulsions de l’espèce ou collectives. La naissance d'une individualité supérieure et lumineuse, tel est l'accomplissement de la condition humaine. Qui parvient à cet accomplissement ne revient plus ici bas.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Sauf exceptions souvent motivées par la compassion et la nécessité qu'il y a d'éduquer spirituellement les hommes. Les meilleurs s'en vont. I Après l'homme l'ange ou le dieu, tel est le devenir évolutif individuel du psychisme. Ne reviennent inlassablement en la condition humaine, de vie en vie successive, que les psychismes qui ne sont pas encore capables de s'épurer suffisamment pour dépasser cette condition. Dès lors comment l'humanité, ce nécessaire bac de décantation, ce bouillon tourmenté dans lequel s'opèrent les indispensables transmutations, pourrait-elle être différente de ce qu'elle est ?&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Cependant, même si nous avons compris cela nous continuons à nous demander : « Que pouvons-nous faire ? »&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Voici une première réponse. Une réponse toute simple, qu'il faudra mettre en pratique d'une manière effective avant de pouvoir aller plus loin. Cette réponse c'est la constatation suivante : vous pouvez apporter l'Amour autour de vous. Vous pouvez établir une zone d'Amour dans le cercle de vos relations. Après l'avoir cultivé en VOUS, vous pouvez manifester l'Amour. Aucun de nous ne peut changer le monde, mais chacun de nous est responsable d'un petit monde.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Vous pouvez apporter par votre affection du bonheur à votre conjoint et à vos enfants. À vos parents et à vos amis. C'est un programme concret. Qui ne l'applique pas reste au niveau d'une spiritualité verbale. N'osez pas parler d'initiation n'osez surtout pas vous prendre pour un initié, si vous n'êtes pas capable de faire cela ! L'initiation n'est pas le fait des grands discours. Elle se réalise par une pratique humble et sincère, dans le secret de l'intériorité. Élargissez, approfondissez, illuminez votre Amour vis-à-vis de ceux que vous côtoyez. Faites de ce qui n'était peut être que sentimentalité égoïste et attachée un Amour large, désintéresse, purgé de tout esprit possessif. Apprenez à Aimer pour le plaisir d'Aimer, puis ensemencez les fruits de l'Amour effectif, de l'Amour se traduisant par des actes. Multiples doivent être les attentions, les sollicitudes, les dévouements par lesquels vous devez instaurer autour de vous le règne de l'Amour. Instaurer ce règne dans votre famille, dans vos relations, dans votre travail et votre voisinage.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
C'est une oeuvre de longue haleine, qui nécessite une volonté quotidienne, qui engage la totalité de vos attitudes. Mais c'est l’oeuvre qui vous incombe.&lt;br /&gt;
Aussi longtemps que l'Amour ne vous est pas aussi naturel et spontané que la respiration, il faut faire effort pour Éveiller le coeur et transfigurer votre conduite à sa lumière.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Comprenez que vous pouvez apporter du bonheur à quelques personnes et que cela en soi est grandiose, soyez attentif, ne vous contentez pas de sentiments généraux, cherchez quotidiennement à manifester votre Amour à ceux que vous côtoyez. Non point par d'absurdes et grandiloquentes déclamations verbales, mais par la préoccupation concrète de ce qui fait leur bonheur.&lt;br /&gt;
Ne vous projetez pas sur autrui. Demeurez attentif, l'autre est différent, ses aspirations ne sont pas forcément les vôtres.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Le véritable Amour donne, respecte l'indépendance et aide la croissance de tout ce qui est beau. L'amour erroné pollué par la projection égotique, s'approprie fictivement autrui, cherche à le façonner et à lui imposer une façon de voir. De l'Amour erroné viennent tous les sectarismes. Purgez-vous de son erreur. L'Amour erroné sert de prétexte à une volonté de puissance de l'ego, qui utilise fallacieusement le mot Amour.&lt;br /&gt;
Bien que l'épanouissement spirituel soit la destinée finale de l'homme, ne peuvent y venir que ceux qui sont mûrs. L'homme, ce vicaire de Dieu, ne peut que contribuer à favoriser chez autrui l'épanouissement de ce que la Providence a déjà déposé en lui. Comprendre cela c'est cesser de se projeter sur autrui, en plaquant sur lui le reflet de nos propres aspirations, puis en s'imaginant stupidement que la meilleure chose qui puisse lui arriver est de les réaliser. Comprendre cela c'est savoir la nécessité qu'il y a de rester extrêmement attentif à l'autre, pour discerner la spécificité de sa différence. Acceptez et respectez la différence, même de ceux qui vous sont très proches. Engagez sur la voie spirituelle partagez votre spiritualité avec qui s'y trouve prédisposé, et Aimez les autres tels qu'ils sont, sans chercher à les convertir ; mais en aidant la croissance des caractéristiques positives qui leur sont individuellement propres.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Bien que l'expression concrète de l'Amour autour de soi constitue la base indispensable de tout authentique Éveil du coeur, nous ne pouvons en rester là. Nous ne pouvons limiter notre Amour des hommes à la petite et chaude aire de nos relations. Impossible de rester indifférent à ce qui se passe dans le monde. Nous voici sensibilisés à ce que toute catégorie d'homme peut subir. Que d'injustices, que d'atrocités nous font alors intérieurement frémir ! Notre coeur s'est ouvert, nous avons cassé le petit cocon douillet des préoccupations personnelles et égocentriques. Les souffrances de l'humanité sont nos souffrances. Aucune notion de race, de patrie, de religion, de classe sociale ou d'ethnie, n'enferme notre Amour. Nous aimons tous les hommes, et nous souffrons avec eux.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Vous aviez un petit coeur mesquin, hypocrite et morose, et voici que votre coeur devenant chaud, lumineux, vaste et généreux, atteint les dimensions du monde. Quelle force ! Quelle joie ! Quelle extase ! Quel poids ! Quelle détresse ! Que de tourments s'engouffrent en vous ! Acceptez-les, puis dépassez-les. La Lumière absorbe toujours les ténèbres. Votre coeur, qui était le champ où combattaient les joies et les souffrances personnelles, est devenu l'espace où s'affrontent les extases et les détresses collectives. Ouvrez votre coeur aux dimensions de l'humanité. Rien ne vous est étranger.&lt;br /&gt;
Tout est en vous. Tout résonne en vous. Ouvrez votre coeur aux dimensions de l'humanité. Osez le faire sans crainte, puis en votre coeur devenu universel, faites triompher l'Amour.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
La souffrance est un appel et inlassablement l'Amour répond. Qui devient torturé par les souffrances de l'humanité a atteint la réceptivité, mais n'a pas atteint le parfait Amour. Sa sensibilité autrefois enfermée dans l'ego englobe maintenant la terre entière.&lt;br /&gt;
C'est une extension du moi, mais le moi existe toujours, et c'est pourquoi il souffre. Avec le dépassement du moi vient la fin de la souffrance.&lt;br /&gt;
Lorsque vous avez compris que les souffrances de l'humanité sont vos souffrances, lorsqu'elles résonnent en vous, lorsque vous faites corps avec elles, réalisez, à la manière d'une déchirure que le fait de vous appesantir sur elles, de les ressasser, de les recenser, c'est une forme de complaisance envers vous-même.&lt;br /&gt;
Envers ce vous-même, sentimentalement élargi aux dimensions de l'humanité.&lt;br /&gt;
Voici pourquoi le stade d'homme de souffrance n'est qu'un préliminaire à celui d'homme d'Amour.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Vous souffrez parce que vous n'Aimez pas assez. Qui Aime dépasse complètement les souffrances personnelles et collectives. Il est absorbé par l'épanchement de son Amour. Les mouvements de son mental se dissolvent dans le rayonnement silencieux de son Amour. Lorsque les mouvements du mental s'arrêtent, il n'y a plus personne pour souffrir, car l'ego constitué par un ensemble de pensées d'identification, d'appropriation, de convoitise et de frustration, a disparu. Sans l'ego pas de souffrance.&lt;br /&gt;
Puissiez-vous retenir cela et en tirer toutes les conclusions qui s'imposent.&lt;br /&gt;
Chez celui qui se désintéresse de l'ego hystérique, pleurnicheur, vantard et possessif, pour immerger son attention dans l'Amour ; ce flot intarissable qui sort de lui porte sa conscience et plus il Aime, moins son attention s'attarde sur le fait de détailler morbidement, la nature de la souffrance individuelle ou collective.&lt;br /&gt;
Chaque fois que votre attention s'enlise dans la souffrance, la convoitise ou l'angoisse, sortez-la du cloaque psychologique, et plongez-la dans la silencieuse effusion Amoureuse.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Qui souffre est passif, il subit. Qui Aime est actif, il donne. La souffrance d'autrui motive la compassion, mais s'attarder, impuissant, dans sa contemplation est une attitude stupide. Il faut noyer votre moi dans un fleuve d'Amour. Détournez-vous des pensées de désirs et de souffrances. Dans tous vos rapports réels ou imaginaires avec autrui, contentez-vous d'Aimer. Tout autre sentiment n'est qu'une distraction et un affaiblissement de l'Amour. Aimer et oubliez le reste. Que tous vos actes et toutes vos pensées adressés à autrui soient imprégnés d'Amour. Avec le désintérêt et le rejet de tout ce qui n'est pas imprégné et porteur d'Amour vient la fin de l'ego et le commencement de la plénitude.&lt;br /&gt;
Devenez partie intégrante du baume éternel qui coule sur les plaies de l'humanité. Alors bien que les souffrances de l'humanité soient plus hautes que dix mille montagnes, absorbé dans votre Amour vous connaîtrez la paix intérieure ; tandis qu'extérieurement votre insertion dans la trame du temps aura pour but d'opérer les oeuvres concrètes de l'Amour.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Il faut agir, et la destinée de chacun désigne la place qu'il peut assumer pour contribuer concrètement, dans la mesure de ses moyens, au soulagement des souffrances de l'humanité. Par l’Éveil du coeur, la vie individuelle prend un sens. Qui cherche à participer au labeur collectif trouve sa place.&lt;br /&gt;
Les oeuvres de l'Amour se rangent en deux catégories. Les oeuvres inférieures consistent à participer à l'amélioration des conditions de vie. Les conditions idéales étant celles où toutes les aspirations humaines trouvent leur épanouissement. Les oeuvres supérieures consistent à diffuser la connaissance spirituelle. Par les oeuvres inférieures, une amélioration et un soulagement momentanés peuvent être obtenus. Par les oeuvres supérieures, une libération définitive de la souffrance est octroyée. En aidant spirituellement quelqu'un, vous l'aidez au regard de l’Éternité. C'est pourquoi le don de la Vérité spirituelle, qui consiste à ouvrir le chemin vers la Vérité, surpasse tout autre don. Négliger les oeuvres temporelles est cependant une erreur, car il faut que l'homme soit établi dans les meilleures conditions d'existence possible, pour qu'aucune vocation ne se perde. Se laisser absorber par les oeuvres temporelles et négliger l'essentiel est également une erreur. Aimer intégralement l'homme c'est aimer ces deux aspects, son aspect temporel et son aspect éternel. Qui sait cela équilibre en son action les oeuvres inférieures et supérieures.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Lorsque le coeur est réveillé, les puissances qui gisent en lui se dressent. Vous devenez ce flot d'Amour éternel qui se déverse sur le monde, sur tous les êtres, et sur l'homme qui est en train de lire. Vous êtes Cela. Vous le devenez de jour en jour plus profondément. Plus votre sentiment d'être l'Amour lui-même se développe et s'intensifie ; plus vous savez d'une connaissance sûre et indiscutable que vous n'êtes pas cet homme auquel vous vous identifiiez autrefois ; et qui pour vous n'est plus qu'un objet de perception sur lequel se déverse votre Amour ; un objet de perception parmi des milliers d'autres.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
L'Amour de cet homme, lorsque la conscience enfermée dans le psychisme s'y identifie, est cause de l'esclavage temporel. Mais lorsque l'Amour englobe tout l'univers, le fait d'Aimer cet homme comme un simple élément de l'ensemble, un élément vis-à-vis duquel toute identification est abolie, cet Amour-là est libérateur.&lt;br /&gt;
En votre conscience d'exister, soit vous êtes un homme qui aime, et en ce cas c'est une ombre et un ruisselet d'Amour qui s'expriment. Soit, vous êtes l'Amour qui Aime le monde, ainsi que cet homme au travers duquel vous percevez le monde. Un tel Amour libérateur ne contient aucun attachement vis-à-vis de l'homme ; simple instrument momentanément utilisé pour accomplir les oeuvres et le jeu de l'Amour. Ceci est la dernière station de l'Amour. C'est l'Amour ultime, qui implique un total dépassement de l'homme.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Dieu est Amour, et par l'Amour suprême vous devenez une parcelle de ce Dieu d'Amour. Dès lors il n'y a plus pour vous naissance ou mort, car éternellement l'Amour se déversera sur les univers successifs, et éternellement vous qui, dans le suprême Amour, avez perdu votre identité humaine, vous vous déverserez sur les mondes. Fondez-vous dans l'Amour, faites un avec lui. Ne soyez plus l'homme qui capte plus ou moins médiocrement l'Amour, soyez l'Amour qui utilise l'homme. Faire un avec l'Amour, c'est être éternel en la Conscience d'Amour. Votre conscience demeure avec ce qui l'enrobe. Si l’égoïsme humain l'enrobe, elle s'éteint avec la seconde mort qui clôture la vie post-mortem. Mais si la conscience individuelle est fondue dans l'Amour éternel, elle demeure éternellement en lui.&lt;br /&gt;
Nous avons vu ce qu'était en nous l'animal : cette bête vorace, mue par des instincts divers. Préoccupée par la nourriture, le sommeil, la copulation. Ce mâle ou cette femelle, orgueilleuse ou craintive, aux réactions et jouissances corporelles et viscérales.&lt;br /&gt;
Attachée à son territoire domestique ou national. Entretenant des rapports de force, et parfois de violence avec les autres animaux. Ayant clairement perçu ce qu'était l'animal en nous, nous avons appris à l'Aimer et à le maîtriser. Ayons maintenant une claire vision de l'homme qui demeure en nous : l’homme c'est cette psyché présente dans le corps, et séparée du corps au moment de la mort physique. Ce n'est pas l'aspect inférieur de cette psyché, peuplée par les pulsions et les instincts animaux. C'est son aspect supérieur qui pense, qui raisonne qui analyse, qui s'émeut, crée les arts et les techniques, qui appréhende le monde par la science et la philosophie.&lt;br /&gt;
Qui perçoit clairement ce qu'est en lui l'animal et l'homme sait qu'il n'est ni l'un ni l'autre. Il est ce qui perçoit l'animal et l'homme interne. Et qui perçoit tout cela ? C'est la conscience. Sans conscience, pas de perception. La constatation de cette évidence l'amène à comprendre : « Je suis conscience pure ».&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Par cette conscience toutes les perceptions internes ou externes, ainsi que toutes les absences de perception sont connues. Or toutes les limitations qui font de nous des créatures se trouvent au niveau des perceptions. La pure conscience en elle-même est infinie, unique, universelle. Cette pure conscience présente en toutes les formes de vie, et présente en nous-mêmes, ne connaît ni la naissance ni la mort. Elle transcende le temps et l'espace, elle est Dieu lui-même. De ce fait, aussi longtemps que notre conscience s'identifie par la pensée à la créature qui est perçue, nous sommes sujets à la naissance et à la mort. Mais lorsque dans la pensée cette identification obnubilante prend fin, la conscience perçoit sa propre nature ; et goûtant le nectar de L'indissociabilité qui la relie la Conscience Absolue de Dieu elle participe à sa gloire et à son éternité.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
De la pure Conscience infinie qui demeure en la béatitude de son repos inaltérable, surgit le rêve du monde phénoménal. Dans ce rêve la Conscience infinie se reflète, à la manière de la lune qui se reflète dans la multiplicité des vaguelettes d'un étang.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Par la démultiplication de son propre reflet, la Conscience unique se trouve insérée à la trame de la mouvance phénoménale. Ainsi l'unique conscience devient dans le monde la multiplicité des consciences individuelles. L'Unique devient le multiple, pour permettre au multiple ainsi créé de participer à sa béatitude. Voici pourquoi la Création est un acte d'Amour.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Comment l'Unique peut-il ramener vers lui le multiple et lui permettre de participer à sa gloire ? En déversant sur lui la Grâce de son Amour.&lt;br /&gt;
Par Amour, Dieu crée le monde ; par l'Amour qu'il déverse sans cesse sur le monde créé, il amène peu à peu les individualités qui le peuplent à l'ineffabilité de l'union mystique. Voici pourquoi Dieu en sa manifestation est amour ; tandis qu'en sa non-Manifestation, il demeure en la Transcendance immaculée de sa pure Conscience.&lt;br /&gt;
Toute réalisation spirituelle intégrale contient deux aspects complémentaires :&lt;br /&gt;
le premier aspect consiste à faire l'expérience de l'ineffabilité, qui résulte du fait de se sentir exister en tant que pure Conscience éternelle. Le deuxième aspect résulte du rayonnement vers l'extérieur de l'ineffabilité Divine.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Il est possible d'élargir en nous la capacité de rayonnement de l'Amour Divin, tout en ignorant que ce rayonnement émerge de la béatitude du Transcendant, qui en tant que Conscience pure demeure en nous. Il est également possible de s'absorber dans la transcendance de la Conscience unique et infinie, qui demeure derrière le mental humain, sans faire de l'homme un pôle de rayonnement de la béatitude ainsi obtenue.&lt;br /&gt;
Ces deux voies sont incomplètes, et une réalisation intégrale résulte d'un double travail pouvant se résumer de la sorte : Conscience Transcendante dans le Non Manifesté, Amour dans le Manifesté..&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
**************************************************************&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
-4-1-  LA  CHARITE &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
-L'accomplissement ou le non-accomplissement effectif d’oeuvres charitables constitue un test fort intéressant, permettant de juger la validité de la spiritualité professée par certains.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
En effet, il est des personnes qui se considèrent comme spirituellement évoluées parce qu'elles ont lu de multiples ouvrages et pratiqué un ensemble de disciplines contemplatives ; mais si on leur propose d'aider les gens dans le besoin, si on touche à leur portefeuille, elles se dérobent prestement tout en se justifiant par divers arguments.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Les arguments importent peu, car le mental est suffisamment habile pour justifier ou excuser n'importe quoi. Ce qui compte ce sont les faits, et les faits sont les suivants : ces personnes n'apportent aucune aide charitable à autrui.&lt;br /&gt;
Bien plus, sollicitées de le faire, comme elles le sont par exemple dans ce texte, elles refusent de s'exécuter concrètement.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Observez les réactions de votre mental en lisant ce que nous écrivons. Si vous ne pratiquez aucune bienfaisance active, si vous sentez devant l'injonction : « Soyez charitable », une obscure résistance, un refus obstiné et délibéré, prêt à utiliser divers arguments pour se justifier. Si vous sentez cela, vous pouvez vous inquiéter sur la validité de votre spiritualité.&lt;br /&gt;
Le refus d'être concrètement charitable prouve que le noyau de votre ego demeure bien solide ; et en ce cas toute réalisation spirituelle demeure aléatoire.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
L’ego adore les spiritualités décoratives, permettant à peu de frais de se donner une bonne opinion de lui-même.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Le mental peut jouer avec tout un ensemble de notions spirituelles. Cultivant l’expression mentale de ces notions, il se donnera l'illusion d'être spirituellement très évolué. Il aimera tous les hommes, il sentira son unité avec eux, et avec le cosmos. Mais si on lui propose d'aider concrètement autrui, ça ne l'intéresse pas.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Ainsi la charité active constitue une pierre d'achoppement, nous permettant de juger la validité de certaines belles déclarations, pensées ou sentiments. Si vous refusez de traduire en acte ce que vous prétendez ressentir, cela prouve indubitablement que ce que vous ressentez n'est pas authentique. Il s’agit d'une contrefaçon de l’ego.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Si vous sentez une résistance intérieure, s'il y a en vous quelque chose qui refuse de sacrifier du temps et de l'argent pour aider les déshérités, analysez lucidement la nature de cette résistance, observez-la quand elle se manifeste, et vous découvrirez au fond du mental un égoïsme profond et viscéral. Au cas où vous auriez compris que la réalisation spirituelle nécessite l’effacement des structures égotiques ; vous savez désormais que la charité concrète est une aide précieuse sur le chemin de la réalisation.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Une telle manière de parler de la charité peut sembler paradoxalement égoïste.&lt;br /&gt;
Mais c’est volontairement que nous la préférons, car l'ego peut également s'enfler avec une facilité grandiloquente sur le thème : « Je suis généreux, j'aide les autres ». En fait, il s'agit là d'un autre type de piège.&lt;br /&gt;
L'égoïsme est la manifestation d'un ego fermé, replié sur lui-même. L'altruisme est la manifestation d'un ego gonflé, rayonnant, pharisaïque. Certes, nous préférons les ego altruistes aux ego égoïstes, mais notre but demeure d'effacer l'ego. Les redondances altruistes n'ont aucun rapport avec l'effacement. Elle fortifie l'ego au même titre que l’égoïsme, quoique d'une manière inverse.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
C’est pourquoi nous vous disons : abandonnez l'égoïsme et abandonnez l'altruisme.&lt;br /&gt;
Refusez à l’ego le repliement sur lui-même et la conservation de l'avarisme. Mais refusez-lui également le gonflement orgueilleux de celui qui se dit, et se prouve à lui-même qu'il est généreux et altruiste.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Si vous dites : « Je pratique la charité pour casser mon ego », vous avez une juste vision des choses. Sachant que tout bien que l'on fait aux autres, c’est une bénédiction qui retombe sur nous. Nous ne sommes pas égoïstes puisque nous donnons ; mais nous ne tombons pas dans le piège des théories et des sentiments altruistes.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Une telle attitude sera valable aussi longtemps que votre coeur ne sera sas ouvert. C’est lorsque le coeur est ouvert qu'apparaît la vraie charité.&lt;br /&gt;
Lorsque le coeur est ouvert, l'égoïsme est détruit et les théories altruistes ne sont pas utilisées. Nous aidons les autres naturellement, spontanément, parce que leur souffrance est notre souffrance. Ne pas les aider serait pour nous une terrible privation.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
De nombreuses personnes négligent les fondements de la vie spirituelle, et c’est pourquoi leur élévation vers les sommets reste inconstante et problématique. La charité active et concrète constitue une base indispensable à toute progression spirituelle.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Combien ne voit-on pas de faux ésotériques au coeur fermé qui négligent complètement l'action charitable. Certains vont même jusqu'à y voir une activité inférieure, bonne pour les profanes.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Quelle stupidité ! Si votre ego ne se casse pas, vous ne comprendrez jamais le premier mot de la Réalité ésotérique.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Par la charité l’ego se casse, et le coeur libéré de sa carapace s'ouvre.&lt;br /&gt;
Cependant, la vraie charité provient spontanément de l'ouverture du coeur. Ceci n'est point paradoxal. Nous commencerons par une charité volontaire et imparfaite, qui ouvrira notre coeur ; pour ensuite connaître une charité parfaite et spontanée, qui résultera de cette ouverture.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
La charité est donc tout à la fois moyen et conséquence de l'ouverture du coeur.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Multiples sont les organisations humanitaires et charitables auxquelles vous pouvez participer. N'attendez donc pas. Concrètement - ponctuellement - mensuellement - aidez les autres dans la mesure de vos moyens, par des dons financiers et du bénévolat.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Si vous ne faites pas cela, la spiritualité n'est pour vous qu'une théorie.&lt;br /&gt;
Lorsque votre charité deviendra effective quelles en seront les limites ?&lt;br /&gt;
Car il faudra lui donner des limites. Ne peut se permettre une charité sans limites que celui qui renonçant au monde ne garde pour lui que le strict nécessaire pour manger et se vêtir.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Une vocation intra-mondaine ne peut s’accommoder d'une telle perspective. Il ne s’agit pas d'être moins charitable. Il s'agit d'une charité différente.&lt;br /&gt;
Votre charité doit obéir à un certain ordre. L'édifice social, tout édifice social, est fondé sur un ordre. Si vous acceptez le monde et demeurez en lui, votre action dans son ensemble, et donc vos actes de bienfaisance, doivent également obéir à un ordre prédéterminé.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
L'ordre auquel doit se soumettre la charité est celui des devoirs. Pour celui qui demeure dans le monde, il y a trois cercles concentriques de devoirs. Au centre et en premier lieu se situe les devoirs envers soi-même, en second les devoirs envers la famille, et ensuite les devoirs envers l'humanité.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
« Charité bien ordonnée commence par soi-même ». C'est une fausse charité qui fait dire avec un attachement et une humilité souvent hypocrite : « Alors je passe en dernier ». Vous devez passer en premier. Ne pas comprendre cela, c'est ne pas savoir pourquoi vous êtes né.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Vous êtes venu sur terre pour faire descendre la lumière dans le véhicule physique et psychologique, dans lequel et par lequel vous vous incarnez.&lt;br /&gt;
Ceci est un premier point qu'il importe de comprendre d'une manière exhaustive.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Votre premier devoir et votre première charité doivent s'exercer vis-à-vis de cet homme dans lequel vous êtes incarné.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Ce véhicule humain est quelque chose d'impur, de vil. Et l'ignorant. Il faut donc l'instruire et le purifier. Il s'ensuit que le premier devoir de tout homme consiste à se réaliser spirituellement. Il s'agit d'un devoir essentiel. C'est principalement pour accomplir ce devoir que vous êtes venu sur terre.&lt;br /&gt;
La charité envers le véhicule humain doit s'exercer selon trois degrés hiérarchiques. Le premier et le plus élevé de ces degrés est celui de la réalisation spirituelle. Le deuxième degré celui de l’épanouissement psychologique. Le troisième degré concerne la santé physiologique.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Telle est la triple compréhension qui doit régir la charité exercée envers le soi-même humain. En premier la réalisation spirituelle. Rien ne doit se substituer à cet impératif. Tout ce qui s'y oppose doit être éliminé.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
L'épanouissement psychologique doit être subordonné à la réalisation spirituelle. Il ne doit pas y avoir confusion des valeurs : il ne faut pas s'imaginer qu'une certaine créativité artistique, par exemple, constitue la réalisation spirituelle. La réalisation spirituelle relève du domaine de la conscience, l'épanouissement psychologique relève du domaine de l'action. La Réalisation spirituelle est une prise de conscience inactive. Bien que l'aboutissement spirituel soit une prise de conscience inactive, le cheminement spirituel, qui s'effectue par l'accomplissement un ensemble de lectures, de dialogues, d'exercices contemplatifs ou autres, relève également du domaine de l'action.&lt;br /&gt;
L'épanouissement psychologique consiste à réaliser notre, ou bien nos vocations temporelles, elles-mêmes déterminées par nos prédispositions et aspirations personnelles. Accomplir tel ou tel travail, réaliser telle ou telle étude, fonder un foyer, cultiver tels ou tels types de relations humaines, se livrer à telle ou telle activité culturelle, littéraire ou artistique, etc. Tout cela relève des vocations individuelles. De telles activités sont indépendantes de la Réalisation spirituelle. La Réalisation spirituelle concerne l'état de conscience avec lequel nous nous livrons à ces activités.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
La subordination de l'épanouissement psychologique à la réalisation spirituelle est double. D'une part, les activités contribuant à l'épanouissement psychologique ne doivent jamais empiéter sur le temps qui doit être réservé à la recherche de la Réalisation spirituelle. L'ordre des valeurs existentielles devant être respecté.&lt;br /&gt;
D'autre part, le degré de Réalisation spirituelle orientera et imprégnera nos choix existentiels.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Votre premier but dans l'existence en général et dans le contexte de chaque journée doit être de vous Réaliser spirituellement. La recherche concrète de ce premier but, qui constitue la plus haute charité que l'on puisse exercer vis-à-vis du véhicule humain,étant établi et enraciné dans l'existence quotidienne, l'ensemble de vos activités doit tendre vers l'épanouissement psychologique.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
La recherche de l'épanouissement psychologique consiste à essayer, dans la mesure du possible, à permettre à l'homme d'accomplir les aspirations qui lui sont chères. Cette recherche de l’épanouissement psychologique déterminera : le style de vie que nous mènerons, le genre de travail que nous accomplirons, la manière dont nous organiserons nos loisirs.&lt;br /&gt;
Tout ceci s'effectuera dans la mesure du possible, et dans la mesure où nos aspirations sont raisonnables, saines et positives.&lt;br /&gt;
Il faut bien comprendre qu'en passant de la recherche de la Réalisation spirituelle à celle de l'épanouissement psychologique, nous sommes descendus du domaine des choses primordiales, a celui des choses contingentes et relatives.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Voici pourquoi la réalisation spirituelle doit s'effectuer à tout prix ; tandis que l'épanouissement psychologique doit être recherché dans la mesure du possible.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Le dernier degré de la charité envers le soi-même-humain, c'est-à-dire ce que nous sommes en tant que manifestation temporelle, et ceci indépendamment de ce que nous sommes au niveau essentiel et ontologique, le dernier degré de cette charité doit s'exercer vis-à-vis du corps.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Le moi corporel doit être le serviteur du moi psychologique, lequel moi psychologique doit à son tour servir le transcendant, qui constitue la Réalité spirituelle.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Le corps étant l'instrument le plus extérieur, sa soumission à ce qui lui est supérieur doit être totale. Une vie basée sur le boire, le manger, le dormir et le copuler, n'est pas une vie humaine, c'est une vie qui se situe au niveau animal.&lt;br /&gt;
La vie devient humaine avec la recherche de l'épanouissement psychologique, qui détermine la création et la connaissance des sciences et des arts. La vie devient surhumaine avec l’Éveil vis-à-vis de la Réalité Divine.&lt;br /&gt;
Étant donnée la relation hiérarchique que nous devons établir entre les différents aspects de nous-mêmes, à tout instant le corps doit être prêt à affronter la mort, et à être sacrifié si la défense de la Cause des causes, c'est-à-dire la recherche spirituelle, l'exige.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Le corps est un serviteur, mais il ne doit pas être un esclave. Si la soumission du corps vis-à-vis du spirituel et du psychologique doit être maintenue sans concessions, afin que la satisfaction des besoins corporels ne devienne jamais une préoccupation démesurée, dont l'importance éclipserait, ou reléguerait au second plan, le spirituel ou le psychologique, il n'empêche que la recherche de l'épanouissement physiologique est un devoir.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Le mépris du corps est une erreur commise par de nombreuses personnes animées d'une forte vocation spirituelle ; ainsi que par certaines animées d'une vocation de moindre importance, scientifique ou littéraire par exemple.&lt;br /&gt;
Mépriser le corps c'est construire un édifice sur de mauvaises fondations. Le corps insatisfait se venge sournoisement en faisant apparaître de multiples obstacles sur le sentier spirituel. La base doit être en harmonie avec le sommet.&lt;br /&gt;
Deux extrêmes sont à éviter : la suprématie des besoins corporels, et la brimade de ceux-ci.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Satisfaire d'une manière raisonnable, et contrôler les besoins du corps au niveau de la nourriture, du sommeil et du sexe, constitue la meilleure politique afin de ne pas être dérangé par les exigences corporelles, et pouvoir consacrer notre vie à l'essentiel, qui est la recherche de Dieu.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Avoir un corps sain et fort c'est être en possession d'un véhicule en bon état. La recherche de la santé corporelle, par la médecine et l'exercice, est évidemment soumise aux impératifs du destin. C'est donc dans la mesure où la chose est possible que nous devons chercher à obtenir un corps solide et sain. Si le véhicule physique est irrémédiablement mauvais, ou devient défectueux, nous nous en contenterons sans lamentations puériles.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Ayant étudié les trois degrés de la hiérarchie au travers de laquelle la charité doit s'exercer vis-à-vis de notre véhicule humain, nous allons maintenant envisager l'exercice de la charité vis-à-vis de notre famille.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Il faut, préalablement rappeler, que la charité que nous exercerons vis-à-vis de notre famille sera subordonnée à la charité que nous devons exercer vis-à-vis de nous-mêmes.&lt;br /&gt;
En premier lieu, nous devons être prêts à rompre toute espèce de liens familiaux lorsque ceux-ci constituent un obstacle patent vis-à-vis de la Réalisation spirituelle. Qui n'est pas prêt à quitter ses parents, sa femme et ses enfants pour Dieu ne connaîtra pas Dieu.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Les choses doivent être claires dans votre esprit : le but de votre existence doit être la Réalisation spirituelle, et tout ce qui se dresse devant l'obtention de ce but doit être écarté. Aucune espèce de considération, aucune sensiblerie affective ne doivent vous empêcher d'écarter ce qui constitue un obstacle sur le chemin spirituel.&lt;br /&gt;
Si tel n'est pas le raisonnement qui sous-tend votre démarche, vous n’êtes pas un soldat de Dieu, et vous n'entrerez pas dans la citadelle du Soi.&lt;br /&gt;
Plus on est faible, plus on est opprimé. Voilà ce que doivent comprendre ceux qui souffrent d'un milieu familial spirituellement défavorable.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Que vos proches se le tiennent pour dit : vous demeurez avec eux dans la mesure où ils n'essayent pas de vous détourner de la quête spirituelle. Par contre, s'ils s'interposent volontairement à la concrétisation de votre démarche spirituelle, vous êtes prêt à les quitter immédiatement, et sans un regard en arrière.&lt;br /&gt;
Si votre attitude est ferme et déterminée, vous n'aurez pas de « problèmes familiaux » faisant obstacle à votre spiritualité.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Il est absolument nécessaire que votre famille, si elle ne la partage pas, respecte votre démarche spirituelle. De même d'ailleurs que vous les respecterez s'ils ne s'intéressent pas à la spiritualité. Ce respect doit, en ses manifestations concrètes, inclure votre droit à l'isolement, afin de vous livrer en toute quiétude à la contemplation, et à l'étude d'ouvrages spirituels. Qui ne peut approfondir la spiritualité à cause du milieu familial doit le quitter.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Aucun approfondissement spirituel n'est possible dans un milieu familial hostile à la spiritualité, excessivement bruyant et querelleur. Vous avez droit à des moments de calme, de silence et d'isolement. Organisez donc votre vie familiale en conséquence, ou bien rompez avec cet obstacle.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Votre goût pour l'isolement et le silence ne devra cependant pas être excessif.&lt;br /&gt;
Sachez faire la part des choses, et consacrez une partie de votre temps aux rapports familiaux. La voie intra-mondaine est toujours celle du juste milieu.&lt;br /&gt;
La charité est indispensable, mais son exercice doit suivre un ordre rigoureux. La charité désordonnée engendre une mortelle confusion. Mettre la charité familiale avant la charité que l'on se doit à soi-même, et qui consiste en premier chef à se Réaliser spirituellement, c'est commettre une faute très grave. Le manque de charité envers la famille est une faute contre les hommes. Nais si, ne voulant pas manquer de charité envers votre famille, vous sacrifiez ou compromettez votre Réalisation spirituelle, vous commettez un péché contre Dieu. C'est la présence Divine qui gît en vous-même que vous tuez, si vous ne vous Réalisez pas spirituellement. La charité ne doit pas être confondue avec la sensiblerie.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
La sensiblerie est une pulsion instinctive qui ne connaît point d'ordre. À l'opposé, la vraie charité s'identifie dans son exercice à l'Ordre de l'univers, et dans cet Ordre la suprématie du spirituel sur le temporel et l'humain demeure un principe inaltérable.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Le mal n'est qu'une forme du désordre individuel et Cosmique. Certains ont seulement compris la notion de l'Ordre interne et Cosmique : leur vision du monde et de l'homme est devenue froide. D'autres n'ont compris que l'aspect charité, mais faute de hiérarchiser son expression, ils ont nivelé les choses à partir du bas. La charité c’est la puissance transformatrice qui doit couler à travers les structures de l'Ordre divin, qui est intrinsèque à la création.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Le devoir de charité envers soi-même incluant dans l'ordre hiérarchique : la Réalisation spirituelle, l'épanouissement psychologique et l'épanouissement physique ; et ce devoir ayant priorité sur le devoir de charité envers la famille ; vous devez d'abord penser à vous-même avant de penser aux autres. Voici qui peut paraître étrange à ceux qui croient que la vertu consiste à s’oublier soi-même.&lt;br /&gt;
Un peu de réflexion fait comprendre l'absurdité d'une morale et d'une charité, fondées sur l'oubli de soi-même. C'est dans la mesure où l'on possède que l'on peut donner. Ainsi, c’est en vous Réalisant spirituellement que vous pouvez aider autrui à se Réaliser spirituellement. C’est en étant psychologiquement épanoui et équilibré que vous pourrez aider psychologiquement les autres. Et enfin si vous avez un corps solide, celui-ci sera un instrument d'action dynamique et utilisable pour le bien d'autrui.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Ceci dit, tout but est une question d'équilibre. Entre penser à soi-même de manière à accomplir les devoirs que nous avons envers le véhicule humain et penser à soi-même d'une manière excessive, qui néglige autrui et se résume à l'égoïsme, il n'y a qu'une différence de mesure. Cette mesure ne saurait être fixée d'une manière rigide, car la mesure est chose mouvante.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Pour que l'équilibre entre l’accomplissement personnel et les devoirs familiaux trouve un juste milieu, il suffit que soit réalisée une double prise de conscience, englobant à la fois ce que je dois accomplir vis-à-vis du véhicule humain, et ce que je dois apporter à ma famille. Il y a déséquilibre si l'une de ces prises de conscience manque.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Une prise de conscience manque chez ceux qui cultivent la charité erronée de l'oubli de soi-même. Ces personnes là se font absorber, manger, vampiriser. Par le milieu ambiant, qu'il soit social ou familial. Certes, elles ont « très bon coeur », comme on dit communément, mais ce faisant elles commettent un grave péché envers elles-mêmes en ne réalisant pas ce que Dieu attendait d'elle.&lt;br /&gt;
Une autre prise de conscience manque quand l'individu se renferme sur luimême, se désintéresse des relations familiales, professionnelles ou amicales. Quand il ne comprend pas que toute acquisition personnelle doit aboutir à un accroissement de notre capacité de don.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Plus nous serons Réalisés spirituellement, plus nous pourrons aider autrui à se Réaliser. Plus nous aurons étudié telle science ou tel art, plus nous pourrons apporter aux autres quelque chose en ce domaine. Tel est le fondement des relations humaines.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Nous devons nous aimer nous-mêmes. Cet amour n'inclura aucune identification limitative vis-à-vis de l'homme, car nous savons que notre Réalité, bien qu'englobant l'homme, le dépasse infiniment. L'homme est nous-même en tant que manifestation temporelle individualisée, mais ce que nous sommes en notre globalité métaphysique, c'est la totalité du Monde manifesté, et la totalité du non-Manifesté.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Si nous ne nous aimons pas, il y a quelque chose d'aigri, de blessé en nous. Il faut être conscient de nos faiblesses et imperfections humaines, mais malgré cela il faut s'aimer soi-même. Il faut nous aimer au niveau de notre manifestation humaine. Si nous ne nous aimons pas nous-mêmes, notre amour pour autrui sera forcément incomplet.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
L'amour de soi-même et l'amour d'autrui dépendent l'un de l'autre. C'est un grand et merveilleux mystère : autrui n'est pas fondamentalement différent de nous. Et c'est pourquoi si je méprise quelque chose en moi-même, je le mépriserai chez les autres.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
L'orgueilleux n'a aucune difficulté à s'aimer. Il s'aime, car il se surestime. Mais si vous êtes lucide envers vous-même. Si vous avez attentivement observé les pensées et les sentiments du véhicule humain. En un mot si vous marchez sur le sentier de l’Éveil, vous constatez qu'il faut beaucoup d'indulgence pour aimer ce que nous sommes en tant que manifestation humaine.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Par notre observation, par la compréhension et la lucidité qu'elle a engendrées, nous connaissons toutes les faiblesses toutes les imperfections, toutes les mesquineries du véhicule humain. Nous les connaissons et nous essayons d'y remédier. S'aimer soi-même c'est donc accepter la médiocrité humaine, l'accepter totalement avec indulgence et compassion.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Il y a beaucoup d'humilité dans une telle acceptation. Cette humilité est une humilité véritable, elle est véritable, car elle est objective. Nous constatons que nous sommes peu de chose. Et si nous parvenons à aimer la petite chose qu'est cet homme dans lequel nous sommes incarnés, alors il nous sera facile d'aimer tous les hommes.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
L'orgueil n'est qu'un masque avec lequel on se dissimule la réalité. Les hommes sont des créatures médiocres et imparfaites. C'est un fait évident. Il suffit de s'observer attentivement pour s'en rendre compte. De cette prise de conscience résulte l'humilité. Comme l'humilité est une chose désagréable pour l'ego, beaucoup de gens sont essentiellement préoccupés par le fait d'essayer de se prouver que dans tel ou tel domaine ils sont supérieurs. Une telle soif de supériorité cache une peur profonde. Cette peur est celle d'une vision objective et lucide de soi-même, en laquelle on se voit tel que l'on est, en la médiocrité qui est inhérente à la nature humaine.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Lorsque vous avez constaté votre médiocrité, deux possibilités s'offrent à vous : vous pouvez vous dégoûter de vous-même et peut-être finir par vous haïr. En ce cas vous ne parviendrez jamais à aimer profondément et généreusement les autres hommes. Car toute cette médiocrité constatée en vous-même vous la retrouverez chez les autres. Vous n'aimerez pas les hommes tels qu'ils sont, vous pourrez tout au plus aimer un homme idéal et inexistant. Vous serez un censeur toujours en train de critiquer et de condamner. La charité ne vous sera pas connue.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
L'autre possibilité consiste à vous accepter et à vous aimer tel que vous êtes. Non point sans chercher à évoluer, mais tel que vous êtes véritablement, sans vous confondre avec l’idéal que vous voulez devenir. S'accepter c'est se voir en tant que créature imparfaite, aspirant à la perfection. Cet amour de soi-même qui voit l'homme comme un être en devenir contient une grande indulgence ; indulgence qui n'est pas justification passive de l'inférieur, mais acceptation de l'Ordre évolutif des choses.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Pas de charité sans indulgence. Pas de charité sans compréhension profonde. Les autres sont le miroir de nous-mêmes. Pour aimer les autres tels qu'ils sont, il faut aimer notre propre condition humaine.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Celui qui fixé sur un idéal spirituel, ne s'aime pas lui-même tel, qu'il est, en son imperfection évidente, ne pourra jamais véritablement aimer les autres. S'accepter et s'aimer tel que l'on est, en notre temporaire manifestation humaine, demande une grande indulgence. Plus je me méprise, plus je mépriserai autrui. Tous les défauts que je puis trouver en moi-même, je les retrouverai chez autrui. Si sous prétexte de mon absence de conformité à tel ou tel idéal, je n'aime pas l'homme que je suis en ma manifestation temporelle, mon absence d'indulgence, qui n'est qu'une conséquence de mon absence d'amour rejaillira sur autrui. Je serai toujours prêt à critiquer, sermonner et réformer autrui : aimer, c'est aimer l'autre tel qu'il est.&lt;br /&gt;
Cela ne veut pas dire que nous ne devons pas aider autrui à évoluer. Cela signifie que toute aide efficace présuppose la compréhension, et l'acceptation de ce qu'il est, au niveau de ses caractéristiques individuelles.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Notre amour familial sera donc teinté de compréhension indulgente. Il n'est pas question d'être une espèce de despote religieux qui impose aux autres sa spiritualité. Dans la famille comme ailleurs l'enseignement ne doit être donné qu'à ceux qui cherchent. Vouloir convertir, c'est manquer de respect et d'amour vis-à-vis d'autrui.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Bien qu'elle soit dépourvue de toute volonté de conversion forcée, notre charité familiale obéira au même ordre hiérarchique que la charité envers nous-mêmes.&lt;br /&gt;
Notre premier devoir charitable envers les membres de notre famille consiste à enseigner spirituellement ceux qui présentent des prédispositions spirituelles.&lt;br /&gt;
Vis-à-vis des enfants cela veut dire : dans la petite enfance, les ouvrir à la dimension spirituelle, et par la suite respecter les caractéristiques de leur individualité, en enseignant ceux qui le désirent et en laissant les autres tranquilles.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Notre second devoir charitable envers les membres de notre famille se rapportera à l'épanouissement psychologique. Ce qui signifie chercher, dans la mesure de nos moyens, à les aider à épanouir leurs virtualités positives.&lt;br /&gt;
Notre troisième devoir charitable envers les membres de notre famille concernera l'épanouissement physiologique : soins, nourriture, etc.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Le même ordre hiérarchique sera respecté vis-à-vis de l'ensemble de l'humanité.&lt;br /&gt;
En premier lieu, nous devons nous préoccuper de l’épanouissement spirituel de l'humanité. L'accomplissement de ce devoir oblige toute personne ayant reçu un enseignement spirituel à le transmettre à d'autres, ou bien si elle n'en est pas capable, a aider ceux qui le transmettent. Étant donné que cette transmission est une manifestation de charité, il ne saurait être question de faire payer un enseignement spirituel. La commercialisation du spirituel est une des abjections de notre époque, qu'il faut dénoncer avec toute la vigueur requise.&lt;br /&gt;
En second lieu, nous devons nous préoccuper de l'épanouissement psychologique de l'humanité. Ce qui signifie qu'il faut favoriser les structures sociales permettant l'épanouissement des potentialités humaines positives. À cet égard, observons que toute espèce de dictature, qu'elle soit capitaliste, marxiste ou religieuse, a pour caractéristique de brimer l'expression de tout un ensemble de vocations humaines positives, et ceci au nom d'une idéologie bornée.&lt;br /&gt;
En troisième lieu nous devons nous préoccuper du confort physiologique. Ce qui inclut une juste répartition de la nourriture, des soins, de l'éducation, etc.&lt;br /&gt;
Le fait qu'une partie de l'humanité s'accapare la richesse, tandis qu'une autre est sous-alimentée, constitue une honte qui pèse lourdement sur l'humanité.&lt;br /&gt;
Qui n'essaye pas, dans la mesure de ses moyens, d'aider les pays sous-développés fait de son coeur une pierre. Si ensuite cette personne parle de spiritualité, il s'agit d'une plaisanterie inconsciente.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
L'amour envers l'humanité nous entraîne à participer à la politique. Et l'on peut dire que tout spiritualiste s'enfermant dans une tour d'ivoire apolitique manque tout simplement de charité. Ceci indépendamment de certaines vocations particulières, et pourrait-on dire spécialisées.&lt;br /&gt;
La bassesse de nombreux leaders politiques n'est pas une excuse, car meure si l'on doit choisir entre plusieurs mauvaises solutions, il y aura toujours une solution moins mauvaise que les autres.&lt;br /&gt;
Notre charité ne pouvant se limiter à l'espèce humaine débordera sur la création tout entière. Elle s'exercera également vis-à-vis des animaux. Comment ne pas se préoccuper des conditions de vie de nos frères inférieurs ! Elle s'épanchera également vis-à-vis du règne végétal, et de l'ensemble de la nature.&lt;br /&gt;
Il est exact que la vie s'entretient grâce à la mort, et que nous devons tuer des plantes et des animaux pour survivre. Toute sensiblerie à cet égard n'est que faiblesse. Mais par ailleurs toute souffrance inutilement exercée sur un animal et une plante est un crime.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
La manifestation concrète de notre charité globale et affective, doit se concrétises par des actes, du temps et de l'argent.&lt;br /&gt;
La charité doit s’exercer envers notre manifestation humaine par des actes concrets. Nous devons consacrer du temps, et l'argent nécessaire,pour notre Réalisation spirituelle, notre épanouissement psychologique, et l'entretien de notre corps.&lt;br /&gt;
La charité doit s'exercer envers notre famille par des actes concrets. Nous devons consacrer du temps, et l'argent nécessaire, pour aider les membres de notre famille à se Réaliser spirituellement, à s'épanouir psychologiquement, et à donner à leur corps les soins nécessaires.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
La charité doit s'exercer envers l'humanité par des actes concrets. Nous devons consacrer du temps et de l'argent à la contribution de l'épanouissement spirituel, psychologique et physique, de l'ensemble des hommes.&lt;br /&gt;
L'ordonnance de notre charité présuppose qu'en tout domaine la primauté du spirituel soit affirmée.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Primauté du spirituel ne veut pas dire oubli et négligence vis-à-vis des aspects psychologiques et physiques.&lt;br /&gt;
L'ordonnance de notre charité présuppose que les devoirs envers l'humanité ou la famille ne prennent jamais le pas sur le devoir envers nous-mêmes. Ainsi les faux dévouements sont éliminés. Qui s'occupe plus de sa famille ou de l'humanité que de lui-même pèche contre son devoir essentiel.&lt;br /&gt;
Si l'accomplissement de nos devoirs envers nous-mêmes passe en premier ; les devoirs envers notre famille ont priorité sur les devoirs envers l'humanité dans son ensemble.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Il serait stupide de négliger vos enfants sous prétexte de vous préoccuper du tiers-monde.&lt;br /&gt;
L'ordonnance hiérarchique que nous venons d'établir peut à tout instant être pervertie par l'ego. Il est aisé en effet, sous prétexte que les devoirs envers soi-même ont priorité, d'avoir une attitude purement et simplement égoïste vis-à-vis de la famille ou de l'humanité. De même, sous prétexte que la famille a priorité sur l'humanité, il est aisé de justifier n'importe quel égoïsme familial. La lucidité est requise pour dénoncer les pièges de l'ego.&lt;br /&gt;
Celui qui aime véritablement ressent l'Ordonnance charitable comme une limitation. Limitation inhérente à la condition humaine. Je ne puis aider spirituellement, psychologiquement, et physiquement qu'un nombre d'hommes limité, car moi-même je possède un véhicule humain limité. Accepter la condition humaine, c'est accepter ses limitations, et accepter l'ordonnance des valeurs qui la caractérise.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Bien que mon premier devoir soit de me Réaliser spirituellement, je ne peux me consacrer exclusivement à cette recherche, car ceci m’entraînerait à négliger mes devoirs envers ma famille et l'humanité.&lt;br /&gt;
Bien que mes devoirs envers ma famille priment sur mes devoirs envers l'humanité, je ne puis enfermer mon action charitable dans le cercle étroit de ma famille, et je dois nécessairement aider l’ensemble de l'humanité dans la mesure de mes moyens.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
L'application de l’ordonnance charitable réside toute entière dans la notion de mesure et d'équilibre. Cette mesure et cet équilibre ne possèdent aucune norme fixe, elle résulte d'une création permanente au sein de chaque journée.&lt;br /&gt;
Pour qui s'exerce à la charité, la vie entière dévie en tous ses aspects, une expression de charité. Ainsi se réalise l'adage selon lequel : « L'amour seul doit motiver nos actes ».&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Si l'Amour n'est pas ordonné par la Raison, son expression risque de dégénérer en simple sensiblerie, et de s'emprisonner dans les identifications et possessions égotiques.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Quel rapport tout ceci a-t-il avec l’Éveil ?&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
L’Éveil ne se situe pas au niveau de l'action. Par contre, charité envers soi-même, la famille et l'humanité elle relève du domaine de l'action.&lt;br /&gt;
Nos actes doivent résulter d'une harmonie entre l'Amour et la Raison. Quant à l’Éveil, il concerne l'état de conscience en lequel les actes sont accomplis.&lt;br /&gt;
Plus notre Éveil sera intense, profond et constant ; plus il s'emparera et réagira automatiquement tous les aspects de notre vie. Dès lors Amour et Raison deviennent des instruments d'expression pour l’Éveil.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Ayant commencé par imprégner notre vie d'une charité résultant de l'harmonie entre l'Amour et la Raison, nous parvenons, avec l'avènement de l’Éveil à une charité spontanée.&lt;br /&gt;
Étant naturelle et spontanée notre activité cesse de s'appeler charitable. En la Lumière de l’Éveil, nous agissons selon l'inspiration du moment, sans nous poser de question, sans nous donner de règle ou d'obligation. Raison et Amour se sont fondus dans la spontanéité inspirée de l’Éveil.&lt;br /&gt;
En notre expérience, nous cessons d'utiliser le concept de charité. Regardant en nous-mêmes nous ne voyons rien qui corresponde à ce que l'on appelle charité. En nous, il y a seulement l’Éveil et la spontanéité qui en découle. C'est tout ; observant notre attitude les gens disent : « Vous êtes charitable ». Mais nous en notre expérience nous ne connaissons aucune formulation de cette motion de charité. La spontanéité est la spontanéité. Toute définition, ou toute cogitation, tendant à déterminer tels ou tels types de spontanéité, détruit la spontanéité. Le chemin ne doit pas être confondu avec son aboutissement. Aussi longtemps que vous n'êtes pas Éveillé, vous êtes sur le chemin. Quand vous êtes sur le chemin : pratiquez la charité. Lorsque vous êtes Éveillé : oubliez le chemin, oubliez la notion de charité, contentez-vous de demeurer en Éveil, et laissez-vous guider par l'inspiration du moment.&lt;br /&gt;
Ceci est la suprême reddition du moi au Seigneur.&lt;br /&gt;
En son activité, l’Éveillé ne connaît rien qui se rapporte au mot charitable.&lt;br /&gt;
Ignorant la vertu de charité, il réalise la suprême charité.&lt;br /&gt;
Ceci est vrai pour toutes vertus. Il y a la vertu du « brave homme », qui s'efforce d'être vertueux, qui est conscient de sa vertu ou bien de son manque de vertu. Cette vertu-là est une vertu inférieure.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Par ailleurs il y a la vertu de l’Éveillé, ce dernier ne s’efforce pas d'être vertueux, il n'a conscience de l’expression d'aucune vertu, ni d'aucun péché. Il agit en toute conscience, « comme bon lui semble », parfaitement lucide et attentif il ne fait appel à aucune Règle, aucune norme, aucun principe. Sa spontanéité est une inspiration perpétuelle, et c'est pourquoi lui seul exprime la Vertu supérieure.&lt;br /&gt;
Commencez par la vertu inférieure, puis élevez-vous à la Vertu supérieure.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
*****************************************************&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
-5-1 -&lt;/div&gt;</summary>
		<author><name>78.224.74.40</name></author>
		
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	<entry>
		<id>https://wiki-conscience.terretciel.com/index.php?title=NOUVEL_AGE_(LE)-New_Age&amp;diff=205</id>
		<title>NOUVEL AGE (LE)-New Age</title>
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		<updated>2021-04-30T19:19:44Z</updated>

		<summary type="html">&lt;p&gt;78.224.74.40 : Page créée avec « TIRE DE WIKIPEDIA   Le New Age (ou nouvel-âge) est un courant spirituel occidental des XXe siècle et XXIe siècle, caractérisé par une approche individuelle et éclect... »&lt;/p&gt;
&lt;hr /&gt;
&lt;div&gt;TIRE DE WIKIPEDIA &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Le New Age (ou nouvel-âge) est un courant spirituel occidental des XXe siècle et XXIe siècle, caractérisé par une approche individuelle et éclectique de la spiritualité. Défini par certains sociologues comme un « bricolage » syncrétique de pratiques et de croyances2, ce courant sert de catégorie pour un ensemble hétéroclite d’auteurs indépendants et de mouvements dont la vocation commune est de transformer les individus par l’éveil spirituel et par voie de conséquence changer l'humanité. Ce mouvement est répandu aux États-Unis et dans les autres pays occidentaux.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Dans son livre Les Enfants du Verseau (1980) qui théorisa le New Age, Marilyn Ferguson définit ce dernier comme « l'apparition d'un nouveau paradigme culturel, annonciateur d'une ère nouvelle dans laquelle l'humanité parviendra à réaliser une part importante de son potentiel, psychique et spirituel. »&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Considéré comme une tentative de « réenchantement du monde » face à la crise des idéologies et au refus de la croissance industrielle et du consumérisme, le New Age fait partie du phénomène global des nouveaux mouvements religieux nés à partir des années 1960, tout en se fondant sur des éléments doctrinaux antérieurs, notamment empruntés à la théosophie. Ce retour à la spiritualité se caractérise par un approfondissement du sentiment religieux ou encore par le sentiment d'une quête intérieure, hors de toute structure historiquement constituée.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Des courants du New Age présents dans certains milieux écologistes développent des théories Gaïa3.&lt;br /&gt;
Sommaire&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
    1 Caractéristiques&lt;br /&gt;
        1.1 Sources multiples&lt;br /&gt;
        1.2 Courants principaux&lt;br /&gt;
            1.2.1 Channeling&lt;br /&gt;
            1.2.2 Développement personnel&lt;br /&gt;
            1.2.3 Philosophie de la nature&lt;br /&gt;
            1.2.4 Néopaganisme&lt;br /&gt;
            1.2.5 Avènement d'un nouvel âge : concept d'Ère du Verseau&lt;br /&gt;
    2 Aspects religieux&lt;br /&gt;
        2.1 Conceptions de Dieu dans le New Age&lt;br /&gt;
        2.2 Figures christiques&lt;br /&gt;
    3 Histoire&lt;br /&gt;
        3.1 Années 1960 et 1970&lt;br /&gt;
        3.2 Années 1980&lt;br /&gt;
        3.3 Années 1990&lt;br /&gt;
    4 Influence artistique&lt;br /&gt;
        4.1 Cinéma&lt;br /&gt;
        4.2 Musique new age&lt;br /&gt;
    5 New Age et religions monothéistes&lt;br /&gt;
    6 Point de vue des sociologues en religion&lt;br /&gt;
    7 Critiques&lt;br /&gt;
        7.1 Absence de définition réelle du mouvement&lt;br /&gt;
        7.2 Critiques sur les dérives sectaires associés au mouvement&lt;br /&gt;
        7.3 Menace pour le lien social par son influence sur l'Internet&lt;br /&gt;
        7.4 Critiques émanant des cultures dont s'inspire le New Age&lt;br /&gt;
        7.5 Liens supposés avec le néo-libéralisme&lt;br /&gt;
        7.6 Liens supposés avec une démarche positiviste&lt;br /&gt;
        7.7 Liens supposés avec une conspiration mondiale&lt;br /&gt;
    8 Quelques auteurs et penseurs associés à ce courant de pensée&lt;br /&gt;
    9 Notes et références&lt;br /&gt;
    10 Voir aussi&lt;br /&gt;
        10.1 Bibliographie&lt;br /&gt;
        10.2 Articles connexes&lt;br /&gt;
        10.3 Liens externes&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Caractéristiques&lt;br /&gt;
Cristaux de quartz et d'amazonite.&lt;br /&gt;
Sources multiples&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Le New Age est un patchwork de croyances de sources diverses. Il a popularisé en Occident certains thèmes hindouistes ayant transité par la théosophie, comme la notion de vies antérieures et la métempsycose/réincarnation. Il est aussi le véhicule de concepts proches de certaines écoles philosophiques hindoues ou indiennes et du tantrayana comme l'idée d'une « biologie invisible », d'un corps énergétique subtil, dont font partie l'aura, le corps éthérique et les chakras, centres d'énergies.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Le mouvement allemand de la lebensreform (développé au tournant des XIXe et XXe siècles) constitue possiblement une source du New Age, associé à la théosophie mais aussi à la naturphilosophie du XIXe siècle. La vulgarisation tardive de cette littérature ésotérique allemande en Amérique, notamment du Retour à la nature d'Adolf Just (1896), fut une source importante pour les hippies américains, et cette transmission aurait été assurée par les nombreux praticiens de lebensreform émigrés en Californie (notamment Bill Pester, Benedict Lust, ou encore Arnold Ehret)4.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Le New Age met en avant la notion de guidance intérieure en mettant l'accent sur l'intuition, et parfois en l'accentuant avec des concepts comme celui de pouvoir personnel : « chacun crée sa propre réalité5 », ou en ayant recours à des entités spirituelles mêlant les caractéristiques des « guides de lumière » traditionnels (les anges) avec des entités supposées issues d'autres plans de conscience, « Maîtres de Lumière » ou « Maîtres ascensionnés » (appelé « divinités » en Inde, les « bouddhas » chez les bouddhistes), etc. Dans ces derniers cas, la représentation populaire en occident de l'image du Christ est parfois utilisée bien qu'il soit devenu dans ce contexte un « principe » ou une « énergie » plutôt qu'une personne.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
On peut aussi citer, parmi d'autres éléments associés à New Age, le holisme ou une approche globale (mind-body-spirit en anglais) comme pratiqué par les bouddhistes et les hindouistes. Certains abordent le New Age en s'intéressant à la télépathie, le pouvoir des cristaux, les « enfants indigos », le channeling, les théories Gaïa…&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Selon Alice Bailey, les principes du New Age dans « l'ère du Verseau » devaient déterminer « le type de culture et de civilisation» ainsi que « l'avènement d'une nouvelle religion mondiale (qui) prendra la forme d'une approche de groupe, unifiée et consciente, du monde des valeurs spirituelles » comme cela se serait produit selon elle « dans l'ère chrétienne des Poissons ou la période antérieure gouvernée par le Bélier6. »&lt;br /&gt;
Courants principaux&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Selon l'étude de Wouter Hanegraaff7, cinq courants ou thèmes principaux pourraient cependant être distingués plus ou moins précisément dans la mouvance New Age :&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
    le channeling : le fait de recevoir et de transmettre des informations, des messages, des révélations par une autre source que sa propre conscience (comme des anges ou autres entités assimilées) ;&lt;br /&gt;
    la guérison et le développement personnel (voir psychologie transpersonnelle et mouvement du potentiel humain) ;&lt;br /&gt;
    la « science New Age » (ou l'utilisation du langage ou des principes de la science dans les thèses du New Age, comme dans le mysticisme quantique, par exemple) plus proprement, une philosophie de la nature (l'intégration du discours scientifique dans celui du New Age a conduit à l'appellation de pseudo-science de la part des sceptiques et d'une partie du milieu scientifique) ;&lt;br /&gt;
    le néopaganisme ;&lt;br /&gt;
    le thème de l'avènement d'un nouvel âge.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Les divers courants New Age sont associés par contiguïté plutôt que par similarité. Ils ne se rapprochent pas toujours sur la base de caractéristiques communes mais par des relations structurelles et fonctionnelles (comme le seraient par exemple « les divers animaux vivant sur une même parcelle de terre7 »).&lt;br /&gt;
Channeling&lt;br /&gt;
Article détaillé : Channeling.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Le channeling désigne dans la littérature New Age un procédé de communication entre un humain et une entité appartenant à une autre dimension. Par extension, le terme peut désigner l’ensemble des croyances et des pratiques qui se sont formées, à partir des années 1980 aux États-Unis, autour de ce procédé pour constituer un courant particulier, interne au mouvement New Age.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Apparenté à la notion de médiumnité en vogue à la fin du XIXe siècle au sein du mouvement spirite, l'idée de fond du channeling recoupe une thématique très ancienne d'expériences visionnaires : chamanisme, prophétisme.&lt;br /&gt;
Développement personnel&lt;br /&gt;
Article détaillé : Développement personnel.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Le développement personnel renvoie à toutes les activités proposant de développer une connaissance de soi8, de valoriser ses talents et potentiels9, de travailler à une meilleure qualité de vie, et à la réalisation de ses aspirations et de ses rêves10.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Les travaux du psychiatre suisse Carl Gustav Jung en psychologie ont été récupérés par les divers courants New Age. L'intérêt de Jung pour le yoga notamment, et globalement pour les croyances orientales, va permettre tout le syncrétisme que l'on retrouve dans le New Age11. Selon le sociologue Paul Heelas, dans The New Age Movement, Jung est l'« une des trois plus importantes figures du New Age » avec Blavatsky et Gurdjieff12.&lt;br /&gt;
Philosophie de la nature&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Les théories Gaïa considèrent la Terre comme une entité ayant développé une autorégulation où l'existence de chaque être vivant est supposée régulée au profit de l'ensemble de l'écosphère. Les êtres vivants ont une influence sur la totalité de la planète sur laquelle ils se trouvent. Gaïa, référence à la « terre mère » antique, n'est cependant pas considérée comme une déesse dans le New Age. Elle n'a pas de cultes ou de rituels, mais est en quelque sorte considérée comme une entité vivante, avec laquelle il faut être en harmonie13.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
L'expérience de Findhorn, considérée comme une des origines du New Age13, fut connue pour son travail avec les plantes, dans ce qu'ils appelèrent une « communication subtile avec les Devas » de la nature.&lt;br /&gt;
Néopaganisme&lt;br /&gt;
Article détaillé : Néopaganisme.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
La question de voir dans le néopaganisme un courant du New Age est discutée13. Syncrétisme universaliste, il se distingue du néopaganisme du type ethnico-religieux tel que le néodruidisme ou l'Ásatrú par son absence de références ethniques. Il serait plus proche de la Wicca, autre assemblage de références éclectiques prônant des valeurs féministes et écologistes14.&lt;br /&gt;
Avènement d'un nouvel âge : concept d'Ère du Verseau&lt;br /&gt;
Article détaillé : Ère du Verseau.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Le New Age stricto sensu désigne l'attente d'une nouvelle ère à venir ou en cours. Ce millénarisme se distingue des millénarismes traditionnels par le fait que le changement à venir ne serait ni abrupt, ni violent, ni même issu d'une force supérieure, mais qu'il nécessiterait la participation des êtres humains15. L'apparence de cette nouvelle ère est celle d'un monde de paix et de justice, hérité de la contre-culture californienne des années 1960, « d'amour et de lumière7 ».&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Le New Age puise son inspiration première dans les livres d'Alice Bailey (adepte de la théosophie) des années 1920-193016. Cette dernière annonce le « retour du Christ17 » et lance l'idée de groupements dits « de bonne volonté mondiale18 ». Ce ne sont pas des communautés organisées mais plutôt des rassemblements périodiques de personnes indépendantes ayant pour but de hâter l'évènement tant espéré au moyen d'une méditation collective à grande échelle (la Grande Invocation).&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Une seconde inspiration est L'Ère du Verseau de Paul Le Cour (1937) sur le plan astrologique. Celui-ci lance le concept d'« Ère du Verseau », le nouvel âge sur la Terre qui devrait marquer une transformation des valeurs de l'humanité par l'avènement des valeurs spirituelles19.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Le déplacement du « point vernal » le long du zodiaque en astrologie, est un élément clé utilisé pour la théorie historique du New Age. Le passage de ce point depuis la constellation des Poissons jusqu'à celle du Verseau en raison de la précession des équinoxes indiquerait le début d'une Ère du Verseau de paix universelle et d'harmonie retrouvées20.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Selon certains principes du New Age, le fait que le poisson a été le symbole des premiers chrétiens est significatif et certains astrologues pensent que les valeurs du Verseau, comme l'altruisme, seront à l'œuvre dans l'apparition d'une nouvelle forme de spiritualité, en rupture avec les valeurs classiques du modèle occidental, survenue dans les années 1970.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
L'année d'entrée dans l'« ère du Verseau » est variable selon les différentes écoles. Pour certains, elle aurait commencé en 196221. L'année 2012, qui correspondrait à la fin de cycle du calendrier des Mayas, est souvent citée comme point culminant de cette période de transformation, ou « ascension » de l'humanité.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Pour Rudolf Steiner, l'Ère du Verseau commencerait seulement en 3573, car cette ère ne serait efficiente que lorsque le point vernal se trouve au milieu de la constellation du Verseau et non au début. Selon lui, l'humanité serait donc encore dans l'Ère des Poissons (1413-3573)[réf. souhaitée].&lt;br /&gt;
Aspects religieux&lt;br /&gt;
Conceptions de Dieu dans le New Age&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Les pratiquants du New Age ont une tendance générale à rejeter les définitions qu'ils considèrent « rigides » ou doctrinales de Dieu et leur préfèrent une absence de définition remplacée par la notion d'« expérience ». Dans le New Age, on ne doit pas « croire » en Dieu mais « faire l'expérience » de Dieu7. Ce dernier est plus souvent vu comme une « force de vie » que comme une « personne22 ». Des termes fréquents pour le désigner sont « océan d'unité », « esprit infini », « courant primordial », « principe universel », « essence unique », etc.7. Le New Age se distancie tout particulièrement du Dieu qui juge et qui punit des grands monothéismes7. Tout autant, cette perception peut cohabiter avec des conceptions issues des traditions orientales (divinités personnelles multiples) ou du paganisme (principes féminins et masculins de la divinité)23. En tout état de cause, dans le New Age, le divin peut être trouvé « en soi ». Les êtres humains contiendraient une étincelle divine, une divinité intérieure qu'il s'agirait de contacter afin d'accomplir le but de cette existence terrestre7. Le cadre globalement moniste du New Age laisse peu de place à un Créateur qui se tiendrait en dehors de sa création7.&lt;br /&gt;
Figures christiques&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Malgré les multiples influences orientales, la figure du Christ reste le modèle spirituel du New Age sans grande concurrence7. Mais ce modèle ne conserve que très peu d'éléments du Christ tel qu'il est présenté dans le christianisme. Dans le New Age, il peut être un principe abstrait, un état de conscience (conscience christique) ou toute personne qui incarnerait cet état de conscience supérieur7.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
La christologie du New Age se démarque de la christologie chrétienne et musulmane sur plusieurs points, notamment par l'idée du christ cosmique, qui ne serait pas Jésus-Christ lui-même mais une entité extra-humaine, qui serait descendue sur plusieurs maîtres spirituels, alors appelés maîtres de lumière ou maîtres de sagesse, dont Jésus, Bouddha24, etc. alors que dans les monothéismes il ne peut y avoir qu'un seul Messie, qui est Jésus-Christ pour le christianisme25.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Certains groupes annoncent la venue d'un nouveau messie, notamment par la publication dans des journaux du message The Christ is now here (le Christ est là)26.&lt;br /&gt;
Histoire&lt;br /&gt;
Années 1960 et 1970&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Les valeurs et les utopies de la génération « Peace and Love » influencent également le New Age ; nombre d'anciens hippies s'y intéressent.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
En 1961, Michael MacMurphy crée l'Institut Esalen en Californie où sont explorées les nouvelles thérapies psycho-corporelles. En 1962, un petit groupe de personnes autour de Peter et Eileen Caddy donnent naissance à ce qui deviendra la Fondation Findhorn, en Écosse, qui promeut la conscience planétaire et la coopération avec les énergies subtiles de la nature et se consacre à l'habitat écologique et l'épanouissement du potentiel humain.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Dès la moitié des années 1960, le channeling fait son apparition avec Jane Roberts ou David Spangler qui deviennent des figures majeures du courant New Age.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
En 1967, la comédie musicale Hair et en particulier la chanson d'introduction Aquarius (dont un couplet dit « C'est l'aube de l'ère du Verseau, l'ère du Verseau ») est une indication de l'apparition de ce thème dans la culture populaire.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Les années 1970 sont propices à l'exploration psychique, certaines personnes expérimentent la consommation de substances psychotropes, comme le LSD, utilisé d'abord comme moyen thérapeutique par Timothy Leary.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
La jeunesse est alors partie prenante des grands mouvements contestataires des années 1960 : mai 68, contestation contre la guerre du Viêt Nam, etc. L'Occident redécouvre la spiritualité et certaines pratiques comme la méditation, souvent au contact de l'Inde et sa connaissance traditionnelle, à l'image d'artistes comme le poète Allen Ginsberg, les Beatles et notamment George Harrison, Carlos Santana, etc.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
À cette époque se développent des psychothérapies nouvelles expérimentées à l'Institut Esalen comme la thérapie primale de Arthur Janov, le Rebirth, le Rolfing d'Ida Rolf, expérimenté par John Lennon et l'Analyse bioénergétique d'Alexander Lowen, en phase avec les travaux de Wilhelm Reich, élève de Freud, ainsi que la psychologie humaniste d'Abraham Maslow et Carl Rogers. On découvre aussi en 1968 la Gestalt Thérapie (Psychologie de la forme) de Fritz Perls.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
L'Omega Institute for Holistic Studies est fondée en 1977 par Elizabeth Lesser (en) et Stephan Rechtschaffen, inspirés par Vilayat Inayat Khan.&lt;br /&gt;
Années 1980&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
C'est dans les années 1980 que la journaliste américaine Marilyn Ferguson théorise le mouvement en publiant Les Enfants du Verseau. Cette période amorce un renouveau dans le courant New Age qui abandonne les prérogatives de la contreculture des années 1960 et 1970 (drogues, politique) pour prendre son orientation spirituelle7.&lt;br /&gt;
Rassemblement à Stonehenge en Angleterre.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Ken Keyes, à partir de l'interprétation du rapport de recherches d'anthropologues sur une île près du Japon, initia l'idée que si l'on pouvait assembler un échantillon d'une population autour d'un concept nouveau, supérieur et meilleur, ce concept se répandrait dans le reste de la population. Cette idée a été publiée dans son livre Le centième singe dont un million d'exemplaires se sont vendus entre 1982 et 1984. Ce succès conduisit à divers rassemblements, dont le plus fameux fut « la convergence harmonique » de 1987 durant laquelle des adeptes du New Age se rassemblèrent sur des sites sacrés autour du monde. Le but recherché était de rassembler 144 000 personnes afin de produire un effet sur le reste de la planète. Cet événement est considéré comme le plus représentatif et le plus vaste du courant New Age27.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Quelques semaines après la convergence harmonique de 1987, l'autobiographie de l'actrice Shirley MacLaine Danser dans la lumière s'est fait connaître par la télévision à des millions de foyers américains. Le livre décrivait ses aventures psychiques et en particulier un voyage astral mémorable. En conséquence, l'actrice commença à enseigner des cours New Age très fréquentés et très chers dont les profits devaient aller à un village New Age à Crestone, dans le Colorado, qui ne fut jamais réalisé27.&lt;br /&gt;
Années 1990&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
La fin des années 1980 marqua le déclin de la première forme du New Age et des milliers de personnes qui avaient vécu certains espoirs déçus finirent par se tourner vers ce que certains sociologues, comme John Gordon Melton, ont analysé comme la seconde page du mouvement New Age dans les années 1990 [réf. souhaitée]. La transformation notable fut celle d'un mouvement tourné vers un changement collectif en un courant qui commença à se tourner vers un accomplissement personnel, un éveil individuel et en particulier le concept d'ascension.&lt;br /&gt;
Un rassemblement « Rainbow Gathering ».&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Au cours des années 1990, l'essor d'une littérature dite « de channeling » se précise. Les ouvrages en question concernent de prétendues communications entre les humains et des entités évoluant sur d'autres plans de conscience : « êtres de lumière », « maîtres ascensionnés », anges, entités extra-terrestres, etc. De très nombreux ouvrages plus ou moins populaires de mediums/channels, souvent américains, font référence à des entités inconnues jusque-là ou restées dans l'ombre de cercles ésotériques confidentiels (voir Lee Carroll) ou à des concepts en rupture avec les paradigmes anciens.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Le New Age devient alors un phénomène de librairie avec des ouvrages en rapport avec les notions de « bien-être » ou de « développement personnel », dont les auteurs sont souvent critiqués, amalgamés sans être forcément bien assimilés. Le courant originel, marginal au départ, s'est dilué et régulé dans la société moderne avec laquelle il partage un certain nombre de valeurs, souvent assimilées à des valeurs « féminines », largement utilisées par les publicitaires comme la recherche d'harmonie et d'autonomie personnelle.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
En dépit de cela, la persistance d'un intérêt grandissant du public occidental pour des valeurs spirituelles traditionnelles et séculières comme celles du bouddhisme, du soufisme ou même des techniques énergétiques de soin comme le reiki, rattachées à des lignées anciennes proches des philosophies orientales, semble être l'autre versant de la connaissance et de l'expérience intérieure, toujours prisé par le lectorat du New Age.&lt;br /&gt;
Influence artistique&lt;br /&gt;
Cinéma&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Le prototype du héros, décrit par Joseph Campbell28, et sa mythologie comparée exercent une influence décisive sur le New Age29. Dès les années 1980, certains films populaires semblent avoir puisé dans les valeurs du mouvement, comme Star Wars30, qui présente une figure obscure du Messie à travers le personnage de Dark Vador31 ou le film d'animation Dark Crystal.&lt;br /&gt;
Musique new age&lt;br /&gt;
Article détaillé : New age (musique).&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
La musique dite new age ou fusion music, très à la mode aux États-Unis, en Inde et dans les pays anglophones, naît dans les années 1970 avec la « musique planante » (space music, liée à l'ambient) ou le space rock (également appelé rock planant), avec des artistes comme Klaus Schulze, Tangerine Dream, Ash Ra Tempel, Robert Fripp et Brian Eno et influencée au départ par des artistes comme Pink Floyd, Terry Riley, Steve Reich, Soft Machine et Kraftwerk, les compositeurs Giorgio Moroder, Vangelis, Jan Hammer, Jean-Michel Jarre, Kitaro et Ylric Illians. Les artistes plus récents sont souvent mystiques et/ou exaltent la puissance de la voix, utilisent les mantras : le canadien Patrick Bernard (ex-Bernhardt), Deva Premal, Robert Gass, le musicothérapeute Philippe Barraqué.&lt;br /&gt;
Un échantillon de musique new age&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Contrairement à une rumeur très répandue, l'album d'Ash Ra Tempel New Age of Earth (1976) n'a rien à voir avec l'expression musique new age et n'en est aucunement l'origine32.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
De nombreux compositeurs se consacrent à des musiques purement instrumentales utilisées pour la relaxation, comme les Français Zoralkia, Michel Pépé, Logos, en utilisant principalement des synthétiseurs et des instruments classiques souvent agrémentés de sons de la nature (vagues, chants d'oiseaux) et éventuellement d'échantillons de voix : chants grégoriens, mantras orientaux, chants amérindiens, etc. Certains labels se consacrent exclusivement au new age et à la world music spirituelle comme « Imagine records », « Oréade music », « Narada », « 8 Septembre Production ». En France le défunt label « Diem », « Ellébore » ou le diffuseur de musiques de bien-être « Le Souffle d'Or ». Mike Oldfield, musicien anglais, est aussi un auteur, compositeur et interprète new age, dont l'instrument dominant est la guitare électrique avec des sonorités le plus souvent très étonnantes accompagnée d'un synthétiseur33. Un des musiciens emblématiques de la musique new age est Kitaro. Gros vendeurs de disques, Yanni, Era, Eloy Fritsch, Enigma, Enya ou Loreena McKennitt sont associés à ce courant.&lt;br /&gt;
New Age et religions monothéistes&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Plusieurs sources appartenant à une des religions monothéistes voient dans le mouvement New Age un retour de la gnose et du paganisme34,35.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Le Vatican a publié un document d'analyse du courant New Age et de mise en garde : « la religiosité Nouvel Âge répond, d'une certaine manière, aux désirs spirituels légitimes de la nature humaine, il est nécessaire de reconnaître que cette tentative s'inscrit toujours à l'opposé de la révélation chrétienne (…) Jean-Paul II met en garde contre “la question de la renaissance de certaines traditions du gnosticisme antique sous la forme de ce qu'on appelle le New Age”35. »&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Dans l'un des premiers livres écrits sur ce thème, Constance Cumbey dénonce ce qu'elle juge être du satanisme, s'appuyant sur la fondation en 1922 de la Lucifer Publishing Company par Alice Bailey pour publier ses écrits et ceux de Blavatsky. Cette organisation s'appelle aujourd'hui la Lucis Trust (en), une Organisation non gouvernementale internationale accréditée par les Nations unies36. Dans les thèses de la théosophie, Lucifer n'est pas diabolisé, il est vu comme le « porteur de lumière », pas comme l'ange déchu dont l'étoile du matin devait revenir à Jésus-Christ37, seul porteur de la lumière agréée par Dieu pour l'Homme, après la chute de Satan.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Certains courants catholiques représentés par la position de Constance Cumbey voient dans Maitreya, le messie du New Age annoncé par Alice Bailey, le prototype de l'Antéchrist36. Il y a de plus une contradiction entre la vision monothéiste d'un messie unique et celle d'un état christique défendue par le New Age. Pourtant ces principes sont repris par certains théologiens chrétiens, acquis aux théories du New Age, comme Matthew Fox (en) aux États-Unis29 ou dans une certaine mesure Teilhard de Chardin en France.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
D'autres différences majeures se font au niveau de la réincarnation révoquant la résurrection et toute la terminologie religieuse ainsi que la présence éternelle de Dieu parmi les hommes (l'Emmanuel, aussi considéré comme les actes et les paraboles de Jésus).[réf. souhaitée]&lt;br /&gt;
Point de vue des sociologues en religion&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Le New Age est qualifié de « religiosité postmoderne » par V. Vaillancourt38 et A. Kubiak39 ou de « marché de la spiritualité » par Van Hove40, de « nébuleuse mystique-ésotérique » par Françoise Champion41, de « vaste réseau informel d'échanges d'informations » par M. York42 ou encore de « mutation radicale des systèmes de sens ultimes » selon Martin Geoffroy43.&lt;br /&gt;
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Critiques&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
À l'instar de la communauté hippie qui a contribué à lui donner son essor, le New Age a longtemps bénéficié d'une image d'un courant naïf et inoffensif. Un panel de sympathisants du New Age le décrit comme un mouvement pacifique, alternatif et écologique, marqué par « le travail sur soi », une utopie d'harmonie planétaire et de paix mondiale44. Cependant un certain nombre de critiques ont été portées sur le mouvement, et notamment sur des courants tardifs se réclamant de cette nébuleuse et de son image culturelle et artistique pour mener à bien des activités sectaires, pseudo-médicales ou simplement de charlatanerie45.&lt;br /&gt;
Absence de définition réelle du mouvement&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Selon la commission de l'Assemblée Nationale sur les dérives sectaires (MIVILUDES)45, « le New Age est un champ culturel au contour flou, que l’on ne peut rattacher ni à une origine unique, ni à un dogme établi, ni à une communauté historique déterminée, et l’appellation même New Age est loin d’être toujours revendiquée par ses adeptes ». En conséquence, n'importe qui peut se réclamer de ce courant sans qu'il soit possible de prouver le contraire, ce qui tend à faire de cette formule un panchreste vide de sens, voire une simple étiquette commerciale pour couvrir des activités parfois douteuses45.&lt;br /&gt;
Critiques sur les dérives sectaires associés au mouvement&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
De nombreuses communautés et courants de pensée d'inspiration New Age ont vu le jour aux États-Unis à partir des années 1960, et certaines ont évolué dès les années 1970 vers une dérive sectaire manifeste, avec parfois des conséquences dramatiques (Ordre du Temple solaire, Heaven's Gate, etc.)45.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Plus récemment, certains mouvements associés au courant New Age furent répertoriés comme sectes dans le rapport parlementaire français de 1995 sur les sectes46, et la revendication New Age de nombreux courants spirituels (ainsi que des méthodes para-thérapeutiques ou de « développement personnel ») à fort risque de dérive sectaire a fait l'objet d'une mise en garde dans le rapport 2014 de la commission de l'Assemblée Nationale sur les dérives sectaires (MIVILUDES), qui y consacre une large synthèse documentaire illustrée par de nombreux exemples45.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Selon l'UNADFI, les adeptes du New Age « ne se posent pas les bonnes questions », ils tentent de se rassurer, ils sont comme des « narcodépendants47 ». Les détracteurs de ces sectes, ou supposées telles, dénoncent les risques sur la santé physique et mentale des individus.&lt;br /&gt;
Menace pour le lien social par son influence sur l'Internet&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Selon le sociologue Philippe Breton, le New Age serait l'un des éléments qui entraînerait une vision du lien social fondée sur la séparation des corps et la collectivisation des consciences. Elle se manifeste à travers une certaine conception d'Internet. Il y voit une menace pour le lien social48.&lt;br /&gt;
Critiques émanant des cultures dont s'inspire le New Age&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Le New Age se veut syncrétique, et emprunte (ou attribue) des éléments variés à un grand nombre de religions et de spiritualités différentes, avec parfois un degré de compréhension des concepts relativement faible ou caricatural, qui a pu irriter les membres de ces cultures.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Des critiques émanent d'adhérents des cultures traditionnelles orientales revendiquées par le New Age, en Chine et ailleurs : un certain nombre d'écoles orthodoxes de yoga, tantrisme, qi gong, médecine traditionnelle chinoise, ayurveda et d'arts martiaux (les familles traditionnelles du tai-chi-chuan par exemple), des groupes dont la pratique est vieille de plusieurs centaines d'années et qui acceptent mal le New Age occidental et la récupération de leur discipline sans en avoir une bonne compréhension et souvent en la déformant49.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Une des critiques sur l'éclectisme New Age vient d'auteurs issus des communautés amérindiennes50. La Declaration of War Against Exploiters of Lakota Spirituality51 est l'une des manifestations les plus claires du rejet de ce courant par les leaders de ces communautés.&lt;br /&gt;
Liens supposés avec le néo-libéralisme&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Le New Age est souvent mis en parallèle avec le néolibéralisme qu'il dénonce. Le philosophe Michel Lacroix voit dans le New Age un développement de l'individualisme52, tendance que l'on retrouve à l'Institut Esalen ou dans le Mouvement du potentiel humain. Dans un autre livre, il développe le rapport entre le développement personnel et la gestion de l'entreprise53. Martin Geoffroy, un autre universitaire qui s'est intéressé au New Age, fait état de la volonté du mouvement New Age d'infiltrer la formation professionnelle54, où les stages d'entreprises reprennent deux idées marquantes que sont la culture de soi et l'intégration dans un tout holiste, appliqués au monde de l'entreprise.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Dans un article du Monde diplomatique publié en mai 2005, Slavoj Žižek propose de voir le New Age comme une approche complémentaire du capitalisme : « Le taoïsme est en passe de devenir l’idéologie hégémonique du capitalisme mondial. Une sorte de “bouddhisme occidental” se présente désormais comme le remède contre le stress de la dynamique capitaliste. Il nous permettrait de décrocher, de garder la paix intérieure et la sérénité, et fonctionnerait en réalité comme un parfait complément idéologique31. »&lt;br /&gt;
Liens supposés avec une démarche positiviste&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Le New Age promeut le retour de la spiritualité contre les dérives technicistes du monde. À ce titre, certains, comme Abraham Maslow, cherchent à donner une caution scientifique à la méditation à travers encéphalogrammes et ondes alpha. D'après Michel Lacroix52, le Nouvel Âge serait en train d'ouvrir à la science tout l'espace de la spiritualité, mais en visant non plus un « réenchantement du monde » mais à intégrer le spirituel dans le système technicien. Le Nouvel Âge serait ainsi le fer de lance d'une philosophie positiviste particulièrement agressive, réalisant ce que le réductionnisme du XIXe siècle n'avait pas osé tenter : l'enfermement de toute spiritualité dans la rationalité, l'arraisonnement de l'être par des méthodes techno-scientifiques. Cette vision sans doute pertinente pour qualifier telle ou telle démarche s'applique à une partie seulement de ce courant assez disparate. En France par exemple, l'appellation « New Age » n'est quasiment revendiquée par personne alors que ce courant existe et imprègne une part non négligeable de la société (voir les « créatifs culturels »).&lt;br /&gt;
Liens supposés avec une conspiration mondiale&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Certains partisans de la théorie du complot dite « mondialiste » (de type Illuminati) pensent que le système de croyance du Nouvel Âge, en particulier sa vision holiste du monde qui tend à nier l'importance de l'individu, est la composante spirituelle du Nouvel ordre mondial totalitaire55.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Cette analyse se retrouve en particulier dans certains milieux activistes chrétiens aux États-Unis. Dans l'un des premiers livres écrits sur ce thème, Constance Cumbey pointe du doigt l'influence de la Lucis Trust (en), qui tire son nom de Lucifer, une organisation non gouvernementale internationale accréditée par les Nations unies. Ainsi le courant fondamentaliste chrétien aux États-Unis accuse les ONG qui œuvrent dans les milieux du New Age de travailler en parallèle avec la mondialisation pour construire un état totalitaire global36.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Dans un autre milieu conspirationniste, plus proche de l'ufologie, Lynn Picknett, qui donne des conférences sur le « paranormal », pense que le New Age tente de mettre en place un syncrétisme religieux (une religion globale) pour un nouvel ordre mondial basé sur d'anciens cultes égyptiens56.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Dans l'édition de 1978 du livre Reflections on the Christ, David Spangler, directeur de l'Initiative Planétaire, un projet des Nations unies, déclare :&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
    « Personne n'entrera dans le Nouvel Ordre mondial à moins qu'il ou elle prête serment d'adorer Lucifer. Personne n'entrera dans le Nouvel Âge à moins qu'il prenne une initiation luciférienne. »&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Sa déclaration sera retirée des éditions suivantes.&lt;br /&gt;
Quelques auteurs et penseurs associés à ce courant de pensée&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
    Ken Wilber (1949), écrivain et philosophe américain,&lt;br /&gt;
    Alice Bailey (1880-1949), théosophe, télépathe, première à développer le concept de « Nouvel Âge »,&lt;br /&gt;
    Jane Roberts (1929-1984), considérée- par Wouter Hanegraaff comme « le Mahomet du New Age7 »,&lt;br /&gt;
    Eileen Caddy (1917-2006),&lt;br /&gt;
    Shakti Gawain (1948),&lt;br /&gt;
    Shirley MacLaine (1934-),&lt;br /&gt;
    Lobsang Rampa (1910-1980),&lt;br /&gt;
    James Redfield (1950-),&lt;br /&gt;
    Miguel Ruiz (1952-),&lt;br /&gt;
    Dane Rudhyar (1895-1985), astrologie transpersonnelle,&lt;br /&gt;
    David Spangler (1945-),&lt;br /&gt;
    Neale Donald Walsch (1943-),&lt;br /&gt;
    Bernard Werber (1961),&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Notes et références&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
    ↑ Prononcé [njuːˈeɪd͡ʒ] en anglais britannique ou [n(j)uˈeɪd͡ʒ] en anglais américain.&lt;br /&gt;
    ↑ Voir Françoise Champion dans Religieux flottant, éclectisme et syncrétisme et Martin Geoffroy dans Pour une typologie du nouvel âge&lt;br /&gt;
    ↑ « Nous resterons sur Terre ou les étranges idées du docteur Strangelovelock »&lt;br /&gt;
    ↑ &amp;quot;Hippie Roots &amp;amp; The Perennial Subculture&amp;quot;.&lt;br /&gt;
    ↑ La croyance que « chacun crée sa propre réalité » vient en réaction à l’idée que la vie est le fruit du hasard ou qu’elle n’a pas de « sens ». Mais elle signifie aussi que le monde est un « rêve » que nous rêvons individuellement et duquel nous pourrions nous « éveiller » (Wouter Hanegraaff, New Age and Western Culture, p. 229-235&lt;br /&gt;
    ↑ Alice Anne Bailey, L'État de disciple dans le Nouvel-Âge, vol. 1 &amp;amp; 2, Ed. Lucis Trust (en), Genève 1969, p. 103-104, cité dans : Luc Meyer, « Le Nouvel-Âge, quel horizon pour l'homme ? » Revue Vivre Marie, 2004.&lt;br /&gt;
    ↑ a b c d e f g h i j k et l (en) Wouter Hanegraaff, New Age Religion and Western Culture, State University of New York Press, 1998&lt;br /&gt;
    ↑ Romilla Ready, Kate Burton, Rob Wilson et Rhena Branch, Le Développement personnel pour les Nuls, First, 2008, 649 p. (ISBN 978-2754008655)&lt;br /&gt;
    ↑ Michel Lacroix, Le développement personnel, préface de Christophe André, Flammarion, 2004, 158 p. (ISBN 978-2082102940)&lt;br /&gt;
    ↑ Bob Aubrey, L'entreprise de soi, Flammarion, 2000 (ISBN 9782082125437)&lt;br /&gt;
    ↑ Pour plus d'informations sur les rapports entre Jung et le New Age, voir Jung and the New Age: A Study in Contrasts, The Round Table Press Review, Philadelphia, Pennsylvania, vol. , numéro d'avril 1998, pp. 1-11.&lt;br /&gt;
    ↑ (en) Paul Heelas, The New Age Movement: The Celebration of the Self and the Sacralization of Modernity, Oxford, Blackwell, 1996, p. 46.&lt;br /&gt;
    ↑ a b et c (en) Reender Kranenborg, New Age and neopaganism: two different traditions?, Free University of Amsterdam, 2001&lt;br /&gt;
    ↑ Stéphane François, « Le néo-paganisme et la politique : une tentative de compréhension », Raisons politiques, no 25, 2007/1, pages 130 et 135.&lt;br /&gt;
    ↑ Sylvia Thrupp, Millenial dreams in action : Essays in comparative study, La Haye, Mouton &amp;amp; Co, 1962&lt;br /&gt;
    ↑ (en) Beyond Millennialism: The New Age Transformed John Gordon Melton, 2000 : « The New Age Movement was never a single organization, but originated as an idea spread by a group of theosophical organizations that shared a common lineage in the writings of Alice A. Bailey » (« le mouvement New Age n'a jamais été une organisation unique, mais a émergé comme une nouvelle idée issue de plusieurs groupes théosophiques qui partageaient une affinité commune avec les écrits d'Alice Bailey »)&lt;br /&gt;
    ↑ (en) « The Reappearance of the Christ » par Alice A. Bailey&lt;br /&gt;
    ↑ Les principes de la « bonne volonté mondiale »&lt;br /&gt;
    ↑ Paul Le Cour, L'Ère du Verseau, Dervy-Livres, Paris, 1986 (ISBN 2-85076-033-1), publié en 1937.&lt;br /&gt;
    ↑ La théorie de l'ère du Verseau, depuis les origines jusqu'à Paul Le Cour et ses successeurs (1780 - XXIe siècle), thèse de LATOUR Evelyne sous la direction d'Antoine Faivre, 1995&lt;br /&gt;
    ↑ Selon Samuel Waeor, le 4 février 1962&lt;br /&gt;
    ↑ Eva Pierrakos dans Le chemin de la transformation « Dieu est une force de vie. Pensez à Dieu comme à un courant électrique doté de l'intelligence suprême »&lt;br /&gt;
    ↑ « La Wicca ne croit pas, comme les monothéismes patriarcaux, qu'il n'existe qu'une seule version correcte de Dieu et que toutes les autres sont fausses. Les Dieux de la Wicca ne sont pas jaloux. Nous vénérons les principes masculins et féminins personnifiés, reconnaissant que tous les dieux sont deux aspects qui se réunissent en une essence divine » dans Viviane Crowley, Wicca :The old religion in the New Age, Aquarian Press&lt;br /&gt;
    ↑ (en) Wouter J. Hanegraaff, New Age Religion and Western Culture. Esotericism in the Mirror of Secular Thought&lt;br /&gt;
    ↑ Coran : 4.171&lt;br /&gt;
    ↑ New Millennium, Great Expectations paru le 25 avril 1982 dans plusieurs journaux dans le monde&lt;br /&gt;
    ↑ a et b (en) New Age Transformed, J Gordon Melton, Director of the Institute for the Study of American Religion&lt;br /&gt;
    ↑ (en) The Power of myth, entretien avec Bill Moyer&lt;br /&gt;
    ↑ a et b Massimo Introvigne, Le New Age, des origines à nos jours, voir bibliographie&lt;br /&gt;
    ↑ Définition du New Age sur un site catholique et films associés&lt;br /&gt;
    ↑ a et b « Une revanche de la finance mondiale » Le Monde diplomatique, mai 2005&lt;br /&gt;
    ↑ Manuel Göttsching le dit lui-même dans ces trois réponses sur son site web : http://www.ashra.com/pages/faq.htm#Q017&lt;br /&gt;
    ↑ L'étiquette « new age » lui a été collée, car sa musique était d'un style unique et inclassable, mais la musique new age est arrivée après lui, et lui-même ne se reconnaît pas dans cette catégorie.&lt;br /&gt;
    ↑ (en) Jews for Morality The New Age Movement: Reversion to Paganism. How the New Age Movement undermines the very foundations of a moral society. By Mayer Adani. 31 Aug. 2001 Accessed December 2006&lt;br /&gt;
    ↑ a et b Document du Vatican sur le New Age&lt;br /&gt;
    ↑ a b et c (en) Constance Cumbey, The Hidden Danger of the Rainbow, the New Age mouvement and the coming age of barbarism, 1983&lt;br /&gt;
    ↑ Apocalypse 22.16&lt;br /&gt;
    ↑ (en) V. Vaillancourt, Challenging Modernity : The New Age Movement as a Form of Postmodern Religiosity, Senior Sociology thesis. Vassar College, New York, 1993&lt;br /&gt;
    ↑ A. Kubiak, « Le Nouvel Âge, conspiration post-moderne », Social Compass, vol. 46, no 2, juin 1999, p. 135-143.&lt;br /&gt;
    ↑ H. Van Hove. « L'émergence d'un marché spirituel », Social Compass, vol. 46, no 2, juin 1999, p. 161-172&lt;br /&gt;
    ↑ Françoise Champion, « La nébuleuse New Age », Études no 14, 1995, p. 233-242&lt;br /&gt;
    ↑ (en) M. York The Emerging Network. A Sociology of the New Age and Neo-Pagan Movements, Lanham, Md. Rowman and Littlefield, 1995&lt;br /&gt;
    ↑ Martin Geoffroy, Université de Chicoutimi, « Pour une typologie du nouvel âge » Les cahiers de recherche sociologique no 33, 1999, p. 51-83. Montréal, Département de sociologie, UQAM.&lt;br /&gt;
    ↑ Sur International Cultic Studies Association, Is the New Age Movement Harmless ? Critics Versus Experts, conclusion du rapport Le groupe d'experts a évalué le New Age en termes neutres et parfois en lui trouvant des effets bénéfiques légers (…) les pratiquants sont en accord avec les critiques sur le caractère inoffensif du New Age, son aspect éclectique mais en rejette les définitions négatives&lt;br /&gt;
    ↑ a b c d et e « Rapport au premier ministre 2013-2014 », sur derives-sectes.gouv.fr.&lt;br /&gt;
    ↑ Le rapport parlementaire sur les sectes en France&lt;br /&gt;
    ↑ [PDF] Le New Age selon une réflexion de l'UNADFI.&lt;br /&gt;
    ↑ Philippe Breton, Le culte de l'Internet, une menace pour le lien social ?, La Découverte, 2000&lt;br /&gt;
    ↑ (en) Jayasri Radha, « New Age vs. Vedic tradition », sur veda.harekrsna.cz.&lt;br /&gt;
    ↑ (en) « Don't pay to pray »&lt;br /&gt;
    ↑ Déclaration de guerre contre les exploiteurs de la spiritualité Lakota&lt;br /&gt;
    ↑ a et b La Spiritualité totalitaire, Michel Lacroix, Plon 1995&lt;br /&gt;
    ↑ 'Le développement personnel - Du potentiel humain à la pensée positive, Michel Lacroix&lt;br /&gt;
    ↑ Le processus d'institutionalisation du mouvement du Nouvel Âge, Martin Geofrroy&lt;br /&gt;
    ↑ (en), DrDennis L. Cudy Now is the dawning of the New Age New World Order.&lt;br /&gt;
    ↑ (en) Lynn Picknett et Clive Prince, Stargate Conspiracy: The Truth about Extraterrestrial Life and the Mysteries of Ancient Egypt.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Voir aussi&lt;br /&gt;
Bibliographie&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
    Jean Vernette, Le New-Age, Paris, PUF, 1992, collection « Que sais-je ? », no 2674&lt;br /&gt;
    Les postérités de la théosophie, du théosophisme au New Age, Actes du VIIIe colloque international, 12-13 décembre 1992, Sorbonne, E.H.E.S.S., CNRS, Politica hermetica, no 7, 1993&lt;br /&gt;
    Jean-Louis Porquet, La France des mutants, voyage au cœur du Nouvel Age, Flammarion, 1994, (ISBN 2-08-066868-4)&lt;br /&gt;
    Michel Lacroix, L’Idéologie du New Age, un exposé pour comprendre, un essai pour réfléchir, Paris, Flammarion, 1996&lt;br /&gt;
    (en) Wouter J. Hanegraaff, New Age Religion and Western Culture. Esotericism in the Mirror of Secular Thought, Albany, State University of New York (SUNY) Press, 1996, XIII-580 p. (l'étude universitaire la plus approfondie sur le sujet).&lt;br /&gt;
    Renaud Marhic, Emmanuel Besnier, Le New-Age, son histoire, ses pratiques, ses arnaques, Le Castor Astral, coll. « Faits et illusions », 1999, (ISBN 2-85920-396-6)&lt;br /&gt;
    Dane Rudhyar, Préparations spirituelles pour un nouvel âge, Éditions Du Rocher, coll. « Gnose », 2001, (ISBN 2-268-00435-X)&lt;br /&gt;
    Marie-Jeanne Ferreux, Le New Age, Ritualités et mythologies contemporaines, Paris, L'Harmattan, 2003, coll. « Nouvelles études anthropologiques », (ISBN 2-7475-0101-9)&lt;br /&gt;
    Massimo Introvigne, Le New Age des origines à nos jours. Courants, mouvements, personnalités, traduit de l’italien par Philippe Baillet, Dervy, Paris, 2005, 304 p., (ISBN 2-84454-348-0) (compte rendu de Jean-François Mayer dans Religioscope, 19 novembre 2005)&lt;br /&gt;
    Elsa Bishop, Le New Age aux États-Unis. 1980 à 2000. Le cas de San Diego, thèse de doctorat, université Lumière-Lyon 2, 2007 (texte intégral en ligne))&lt;/div&gt;</summary>
		<author><name>78.224.74.40</name></author>
		
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		<updated>2021-04-30T19:16:32Z</updated>

		<summary type="html">&lt;p&gt;78.224.74.40 : &lt;/p&gt;
&lt;hr /&gt;
&lt;div&gt;==== Bienvenue sur Wiki Conscience Terre et Ciel ====&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
'''INTRODUCTION  GENERALE''' &lt;br /&gt;
L'objectif de ce wiki est de créer et partager un espace sur les thèmes de l’éveil de conscience spiritualité psychologie spirituelle .&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
En voici la liste (non-exhaustive) :&lt;br /&gt;
''(Texte et lien d'exemple)''&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
=== PREAMBULE ===&lt;br /&gt;
*[[INTRODUCTION  GENERALE]]&lt;br /&gt;
*[[INTRODUCTION - AVERTISSEMENTS - PORTES D ' ENTREES]]&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
*[[SPIRITUALITE  SCIENCE ]]&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
*[[PREMIER  CHAPITRE ]]&lt;br /&gt;
*[[DEUXIEME  CHAPITRE]]&lt;br /&gt;
*[[MA PROPRE STRUCTURE-AVERTISSEMENT-PORTES D'ENTREES]]&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
=== ALPHABETIQUE ET PORTES D'ENTREES ===&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
SUIVI  DES RESSOURCES EN COURS &lt;br /&gt;
ASSO  SPIRITUALITE  PAGE 15 GO ON RUC ASSO;GOUV&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
SPIRA L INTIMITE DE L AMOUR &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
MAIEUTIQUE L EVEIL  DU COEUR &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
*[[AA  GENERIQUE]] &lt;br /&gt;
* [[action|ACTION]]&lt;br /&gt;
*[[AME]]&lt;br /&gt;
*[[AMOUR]] &lt;br /&gt;
* [[ATTITUDE]]&lt;br /&gt;
*[[BB GENERIQUE]] &lt;br /&gt;
*[[BIEN ET  MAL]]&lt;br /&gt;
*[[BIOGRAPHIE PERSO]]&lt;br /&gt;
*[[BIOGRAPHIE AUX AMIS ETC]]&lt;br /&gt;
*[[BROCHURE(S)]]&lt;br /&gt;
*[[CC GENERIQUE]]&lt;br /&gt;
*[[CHANGER LE MONDE - voir a POLITIQUE ET CIE]]&lt;br /&gt;
*[[CHARITE  - AMOUR - SERVIR]]&lt;br /&gt;
*[[CHARTE]]&lt;br /&gt;
*[[CHEMIN - Chemin Spirituel]]&lt;br /&gt;
*[[CHRIST - CHRISTIANISME - JESUS -ETC]]&lt;br /&gt;
*[[CHRISTOPHE  ALLAIN]]&lt;br /&gt;
*[[COMBAT  SPIRITUEL]]&lt;br /&gt;
*[[COMPLOTISME]]&lt;br /&gt;
*[[CONSCIENCE]]&lt;br /&gt;
*[[DD GENERIQUE]] &lt;br /&gt;
*[[DERIVES]]&lt;br /&gt;
*[[DESIR]]&lt;br /&gt;
*[[DIEU]]&lt;br /&gt;
*[[DIX  PRINCIPES ET // avec LOIES  SERIES]]&lt;br /&gt;
*[[DOUCEUR]]&lt;br /&gt;
*[[DUALITE]]&lt;br /&gt;
*[[EE  GENERIQUE]] &lt;br /&gt;
*EMERVEILLEMENT &lt;br /&gt;
*EMOTIONS&lt;br /&gt;
*ENERGIE&lt;br /&gt;
*[[FF  GENERIQUE]] &lt;br /&gt;
*[[FOI]]&lt;br /&gt;
*[[GG GENERIQUE]]&lt;br /&gt;
*GRANDEUR&lt;br /&gt;
*Gratitude&lt;br /&gt;
*[[GRILLE  UNIVERSELLE]]&lt;br /&gt;
*[[HH GENERIQUE]]&lt;br /&gt;
*HUMILITE&lt;br /&gt;
*[[II GENERIQUE]] &lt;br /&gt;
*[[INTELLECTUALISME , MENTAL ET INTELLECT EVEILLE OU SUPERIEUR ETC.]]&lt;br /&gt;
*INTÉRIORITÉ &lt;br /&gt;
*[[JJ KK GENERIQUE]]&lt;br /&gt;
*[[JEU - JEU DIVIN - LEELA]]&lt;br /&gt;
*JOIE&lt;br /&gt;
*[[JOURNAL, BROUILLON, ETC]] &lt;br /&gt;
*[[LL  GENERIQUE]] &lt;br /&gt;
*[[LIBERTE D EXPRESSION]]&lt;br /&gt;
*[[LOIES SERIES]]&lt;br /&gt;
*[[MM  GENERIQUE]]&lt;br /&gt;
*[[MADMAGZ A NE pas OUBLIER]]&lt;br /&gt;
*[[MANIFESTATION , UNIVERS , NATURE , LOI-SERIE DE ...]]&lt;br /&gt;
*[[MYSTIQUE VOIR AUSSI A NOETIQUE]]&lt;br /&gt;
*[[NN GENERIQUE]]&lt;br /&gt;
*Négativité&lt;br /&gt;
*[[NOETIQUE 1 DE NON DUALITE-VOIR A MYSTIQUE ?]]&lt;br /&gt;
*[[NOETIQUE 2 QUENTIN DISNEUR]]&lt;br /&gt;
*[[NON  DUALITE]] &lt;br /&gt;
*NON SEPARATION &lt;br /&gt;
*[[NOUVEL AGE (LE)-New Age]]&lt;br /&gt;
*[[OO GENERIQUE]] &lt;br /&gt;
*Orgueil&lt;br /&gt;
*Oubli, +ou-..&lt;br /&gt;
*[[PP GENERIQUE]] &lt;br /&gt;
*[[le PÉCHÉ -voir aussi SEPARATION]]&lt;br /&gt;
*PENSÉES - INTELLECT - MENTAL &lt;br /&gt;
*[[PERCEPTION - LOI-SERIE]]&lt;br /&gt;
*PHILOSOPHIE &lt;br /&gt;
*[[POÉSIE ET LITTÉRATURE MYSTIQUE]]&lt;br /&gt;
*[[POLITIQUE-CHANGER LE MONDE OU PARTICIPER-KARMA YOGA ETC]]&lt;br /&gt;
*[[POSITIF]]&lt;br /&gt;
*[[le PRINCIPE  DIVIN, L'UN-TROIS-DOUZE]]&lt;br /&gt;
* [[PSYCHOLOGIE-PSYCHOTHERAPIE-ETC]]&lt;br /&gt;
*Puissance&lt;br /&gt;
*[[QQ GENERIQUE]] &lt;br /&gt;
*[[QUESTIONNEMENT]]&lt;br /&gt;
*[[QUI  SUIS  JE]]&lt;br /&gt;
*[[RR  GENERIQUE]]&lt;br /&gt;
*[[RELIGION]] &lt;br /&gt;
*[[Réponse]]&lt;br /&gt;
*[[REALISATION]]&lt;br /&gt;
*[[SS  GENERIQUE]] &lt;br /&gt;
* [[SADHANA - CHEMIN]]&lt;br /&gt;
*[[Sagesse]]&lt;br /&gt;
*[[SECTES]]&lt;br /&gt;
*[[SENSIBILITE - voir a PERCEPTION ausssi]]&lt;br /&gt;
*[[SEPARATION- NON-SEPARATION]]&lt;br /&gt;
*[[SPIRITUALITE]] &lt;br /&gt;
*[[TT  GENERIQUE]] &lt;br /&gt;
*Tao&lt;br /&gt;
*Totalité&lt;br /&gt;
*Tout Autre&lt;br /&gt;
*[[TRACT]]&lt;br /&gt;
*[[UU  GENERIQUE]] &lt;br /&gt;
*UNITÉ &lt;br /&gt;
*[[VV  GENERIQUE]] &lt;br /&gt;
*Vérité&lt;br /&gt;
*[[WXYZ GENERIQUE]] &lt;br /&gt;
* [[Yoga-Union]]&lt;br /&gt;
*Zen - Tao&lt;/div&gt;</summary>
		<author><name>78.224.74.40</name></author>
		
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		<id>https://wiki-conscience.terretciel.com/index.php?title=PO%C3%89SIE_ET_LITT%C3%89RATURE_MYSTIQUE&amp;diff=203</id>
		<title>POÉSIE ET LITTÉRATURE MYSTIQUE</title>
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		<updated>2021-04-28T20:16:57Z</updated>

		<summary type="html">&lt;p&gt;78.224.74.40 : Page créée avec « La poésie mystique, c'est la parole qui essaie, de l'indicible, d'évoquer et de convoquer le sacré comme mystère qu'on ne peut pas enfermer dans des dogmes, ni dans un... »&lt;/p&gt;
&lt;hr /&gt;
&lt;div&gt;La poésie mystique, c'est la parole qui essaie, de l'indicible, d'évoquer et de convoquer le sacré comme mystère qu'on ne peut pas enfermer dans des dogmes, ni dans une vérité que l'on prétendrait détenir.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
-la littérature mystique&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
À l'analyse que Freud avait faite de la religion , Romain Rolland opposait une «sensation religieuse qui est toute différente des religions proprement dites»: «sensation de l'éternel», «sentiment océanique» qui peut être décrit comme un «contact» et comme un «fait» (lettre à S.Freud, 5déc. 1927). &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Débat significatif. Il s'inscrit dans un ensemble particulièrement riche de publications consacrées à la mystique pendant trente ans: y contribuent l'ethnosociologie (par exemple, en France, depuis Les Formes élémentaires de la vie religieuse, d'Émile Durkheim, 1912, jusqu'à L'Expérience mystique et les symboles chez les primitifs de Lucien Lévy-Bruhl, 1938) ou la phénoménologie ( Rudolf Otto et Mircea Eliade); l'histoire littéraire (depuis L'Élément mystique de la religion de Friedrich von Hügel, 1908, jusqu'aux onze volumes de l'Histoire littéraire du sentiment religieux d'Henri Brémond, 1917-1932); la philosophie (notamment avec William James en 1906, Maurice Blondel, Jean Baruzi en 1924, Henri Bergson en 1932); la diffusion en Europe occidentale de l'hindouisme ou du bouddhisme indien que Romain Rolland, René Guénon, Aldous Huxley &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Cette abondante production comporte des positions très différentes, mais elle semble avoir ceci de commun qu'on y rattache la mystique à la mentalité primitive, à une tradition marginale et menacée au sein des Églises, ou à une intuition devenue étrangère à l'entendement, ou bien encore à un Orient où se lèverait le soleil du «sens» alors qu'il se couche en Occident: la mystique y a d'abord pour lieu un ailleurs et pour signe une anti-société qui représenteraient pourtant le fonds initial de l'homme. De cette période date une façon d'envisager et de définir la mystique qui s'impose encore à nous. &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Le dissentiment qui se manifeste, entre 1927 et 1930, dans les lettres et les oeuvres des deux correspondants est caractéristique des perspectives qui opposaient et continuent d'opposer un point de vue «mystique» à un point de vue «scientifique». Là où Romain Rolland décrit, à la manière de Bergson, une donnée de l'expérience - «quelque chose d'illimité, d'infini, en un mot d'océanique» -, Freud décèle seulement une production psychique due à la combinaison d'une représentation et d'un élément affectif, lui-même susceptible d'être interprété comme une «dérivation génétique». &lt;br /&gt;
Là où le premier se réfère à une «source souterraine de l'énergie religieuse» en la distinguant de sa captation ou de sa canalisation par les Églises, le second renvoie à la «constitution du moi» selon un processus de séparation par rapport au sein maternel et de différenciation par rapport au monde extérieur. Certes, tous les deux recourent à une origine, mais, pour l'un, elle apparaît en la forme du tout et elle a sa manifestation la plus explicite en Orient; pour l'autre, c'est l'expérience primitive d'un arrachement, commencement de l'histoire individuelle ou collective. En somme, pour Romain Rolland, l'origine c'est l'unité qui «affleure» à la conscience; pour Freud, c'est la division constitutive du moi. Pour les deux, pourtant, le fait à expliquer est du même type: un dissentiment de l'individu par rapport au groupe; une irréductibilité du désir dans la société qui le réprime ou le recouvre sans l'éliminer; un «malaise dans la civilisation». Les relations instables entre la science et la vérité tournent autour de ce fait.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
 &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
La tradition et la psychologisation de la mystique&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
 &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Cette détermination a entraîné deux sortes d'effets, également perceptibles dans l'expérience des mystiques telle qu'ils la décrivent et dans les études qui leur sont consacrées: la constitution d'une tradition propre; la «psychologisation» des états mystiques.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
À partir de la place qui leur était faite, les mystiques, leurs apologètes ou leurs critiques ont constitué une tradition répondant à l'unité récemment isolée, conformément à ce que l'on constate en d'autres champs de la recherche. Ainsi, une fois définie aux XVIIe et XVIIIe siècles, la biologie sert de base à un tri du passé, où l'on retient tout ce qui annonce des problèmes analogues à ceux dont elle traite. Dans des oeuvres anciennes, on distingue (par une coupure qui aurait bien surpris leurs auteurs) ce qui est «scientifique» et peut entrer dans l'histoire de la biologie et ce qui est théologique, cosmologique, etc. Une science moderne se donne ainsi une tradition propre qu'elle découpe, selon son présent, dans l'épaisseur du passé. De la même manière, la mystique nouvellement «isolée» se voit, dès le XVIIe siècle, dotée de toute une généalogie: un repérage des similitudes présentées par des auteurs anciens autorise le rassemblement d'oeuvres diverses sous le même nom ou, au contraire, la fragmentation d'un même corpus littéraire selon les catégories modernes de l'exégèse, de la théologie et de la mystique. Chez un écrivain patristique, dans un groupe médiéval ou à l'intérieur d'une école nordique, on distingue une part qui relève de la mystique, et un niveau d'analyse qui lui correspond. Des constellations de références - les «auteurs mystiques» - dessinent désormais l'objet conforme à un point de vue. En trois siècles, un «trésor» s'est formé, qui constitue une «tradition mystique» et qui obéit de moins en moins aux critères d'appartenance ecclésiale. Des témoignages catholiques, protestants, hindous, antiques et finalement non religieux se trouvent réunis sous le même substantif au singulier: la mystique. L'identité de celle-ci, une fois posée, a créé des pertinences, imposé un reclassement de l'histoire et permis l'établissement des faits et des textes qui servent désormais de base à toute étude sur les mystiques. La réflexion et l'expérience même sont aujourd'hui déterminées par le travail qui a colligé tant d'informations et de références sur une place circonscrite en fonction d'une conjoncture socioculturelle.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Cette conjoncture a provoqué aussi, on l'a vu, une localisation de la vie mystique dans un certain nombre de «phénomènes». Des faits exceptionnels caractérisent, en effet, l'expérience à partir du moment où, dans une société qui se déchristianise, elle est acculée à une migration à l'intérieur. Nécessairement dissocié des institutions globales, qui se laïcisent, et des institutions ecclésiales, qui se miniaturisent, le sens vécu de l'Absolu - Dieu universel - trouve ses indices privilégiés, internes ou externes, en des faits de conscience. La perception de l'in-fini a pour signe et pour ponctuation l'éprouvé. L'expérience est exprimée et déchiffrée en termes plus psychologiques. Bien plus, faute de pouvoir faire crédit aux mots religieux (le vocabulaire religieux continue à circuler, mais progressivement détaché de sa signification première par une société qui lui affecte désormais des emplois métaphoriques et l'utilise comme un répertoire d'images et de légendes), le mystique est déporté, par ce qu'il vit et par la situation qui lui est faite, vers un langage du corps. Par un jeu nouveau entre ce qu'il reconnaît intérieurement et ce qui est extérieurement (socialement) reconnaissable de son expérience, il est amené à faire de ce lexique corporel le repère initial du lieu où il se trouve et de l'illumination qu'il reçoit. Comme la blessure de Jacob à la hanche est la seule marque visible de sa rencontre nocturne avec l'ange, l'extase, la lévitation, les stigmates, l'absence de nourriture, l'insensibilité, les visions, les touchers, les odeurs, etc. fournissent à une musique du sens la gamme d'un langage propre.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
 &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Le sens «indicible» et les «phénomènes» psychosomatiques&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
 &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Le mystique fait de tous ces «phénomènes» psychologiques ou physiques le moyen d'épeler un «indicible». Il parle ainsi de «quelque chose» qui ne peut plus se dire vraiment avec des mots. Il procède donc à une description qui parcourt des «sensations» et qui permet ainsi de mesurer la distance entre l'emploi commun de ces mots et la vérité que son expérience l'amène à leur donner. Ce décalage de sens, indicible dans le langage verbal, peut être rendu visible par le contrepoint continu de l'extraordinaire psychosomatique. Les «émotions» de l'affectivité et les mutations du corps deviennent ainsi l'indicatif le plus clair du mouvement qui se produit en deçà ou au-delà de la stabilité des énoncés intellectuels. La ligne des signes psychosomatiques est dès lors la frontière grâce à laquelle l'expérience s'articule sur la reconnaissance sociale et offre une lisibilité aux regards incroyants. De ce point de vue, la mystique trouve avec le corps son langage social moderne, alors qu'à bien des égards un vocabulaire spirituel assuré avait été son «corps» médiéval.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Ces manifestations psychosomatiques ont été prises au sérieux par l'observation scientifique. Elles ont fourni à un examen tour à tour médical, psychologique, psychiatrique, sociologique ou ethnographique, ce qu'il pouvait saisir de l'expérience: des «phénomènes» mystiques. Au XIXe siècle, en particulier, le docteur J.M. Charcot (1825-1893) est un bel exemple du regard porté par le psychiatre sur un ensemble de cas et de faits où il diagnostiquait une structure hystérique. Liée à son langage corporel, la mystique côtoie ou traverse la maladie, et cela d'autant plus que le caractère «extraordinaire» de la perception se traduit de plus en plus, au XIXe siècle, par l'«anormalité» des phénomènes psychosomatiques. Par ce biais, la mystique entre à l'hôpital psychiatrique ou dans le musée ethnographique du merveilleux.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Si, par sa logique propre, l'analyse scientifique est alors prise au piège d'un positivisme donnant à l'avance valeur de vérité aux faits «objectifs» qu'elle définit, elle n'en correspond pas moins à la situation socioculturelle réelle de l'expérience. Les croyants n'en viennent-ils pas à confondre la mystique avec le miracle ou l'extraordinaire? Finalement, l'observation médicale ou ethnologique s'égare moins (puisqu'elle prétend rester sur le terrain des phénomènes) que ne le fait le théologien patenté de l'époque, le père Auguste Poulain, lorsque, pour rendre compte du sens de la mystique, il déploie sans fin une collection de stigmates, de lévitations, de «miracles» psychologiques et de curiosités somatiques (Des grâces d'oraison. Traité de théologie mystique, 1901); la signification vécue y est mesurée au degré de la conscience psychosomatique de l'extraordinaire; finalement, elle est enterrée sous le foisonnement d'étrangetés que les apologétiques ecclésiales et les observations scientifiques s'accordent à entasser.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
La réaction qu'appelait une position aussi extrême répète encore, depuis cinquante ans, la rupture entre les «phénomènes» mystiques et la radicalité existentielle de l'expérience. C'est à la seconde que se sont attachées les grandes études philosophiques et religieuses comme celles de Jean Baruzi (Saint Jean de la Croix et le problème de l'expérience mystique, 1924), de Bergson (Les Deux Sources de la morale et de la religion, 1932), de Louis Massignon (La Passion d'al-Hallâj, martyr mystique de l'islam, 1922). Elles ont pour équivalent, dans la production chrétienne, les travaux du père Maurice de La Taille (1919), du père Maréchal (1924 et 1937), de dom Stolz (1937) entre autres, qui rendent à la mystique sa structure et sa portée doctrinales. Mais sans doute cette «réinvention» de la mystique se cantonne-t-elle trop exclusivement dans l'analyse philosophique ou théologique des textes, abandonnant trop vite à la psychologie ou à l'ethnologie le langage symbolique du corps.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
 &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
 &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
2. L'expérience mystique&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
 &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Paradoxes&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
 &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Le mystique apparaît donc sous des formes paradoxales. Il semble verser tantôt dans un extrême, tantôt dans l'autre. Par l'un de ses aspects, il est du côté de l'anormal ou d'une rhétorique de l'étrange; par l'autre, du côté d'un «essentiel», que tout son discours annonce mais sans parvenir à l'énoncer. Ainsi, la littérature placée sous le signe de la mystique est très abondante; souvent même confuse et verbeuse. Mais c'est pour parler de ce qui ne se peut ni dire ni savoir.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Autre paradoxe: les phénomènes mystiques ont le caractère de l'exception, voire de l'anormalité. Pourtant, ceux qui présentent ces faits extraordinaires les vivent comme les traces locales et transitoires d'un universel, comme des expressions débordées par l'excès d'une présence jamais possédée.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Enfin, ces manifestations souvent spectaculaires ne cessent de renvoyer à ce qui reste mystique, c'est-à-dire caché. Aussi bien l'expression «phénomènes mystiques» fait-elle coïncider deux contraires: est «phénomène» ce qui apparaît, un visible; est «mystique» ce qui demeure secret, un invisible.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
La mystique ne peut être réduite à l'un ou à l'autre des aspects qui composent chaque fois son paradoxe. Elle tient dans leur rapport. Elle est sans doute ce rapport lui-même. C'est donc un objet qui fuit. Tour à tour, il fascine et il irrite. Avec ces faits mystiques semble s'annoncer une proximité de l'essentiel. Mais l'analyse critique entre dans un langage sur «l'indicible»; et, si elle le récuse comme dépourvu de rigueur, comme un commentaire trop embarrassé d'images et d'impressions, elle ne rencontre plus, sur le terrain de l'observation, que des curiosités psychologiques ou des groupuscules marginaux. Pour éviter cette alternative entre un «essentiel» qui finit par s'évanouir dans le «non-dit», hors du langage, et des phénomènes étranges qu'on ne peut isoler sans les vouer à l'insignifiance, il faut revenir à ce que le mystique dit de son expérience, au sens vécu des faits observables.&lt;/div&gt;</summary>
		<author><name>78.224.74.40</name></author>
		
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		<updated>2021-04-28T18:12:02Z</updated>

		<summary type="html">&lt;p&gt;78.224.74.40 : &lt;/p&gt;
&lt;hr /&gt;
&lt;div&gt;==== Bienvenue sur Wiki Conscience Terre et Ciel ====&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
'''INTRODUCTION  GENERALE''' &lt;br /&gt;
L'objectif de ce wiki est de créer et partager un espace sur les thèmes de l’éveil de conscience spiritualité psychologie spirituelle .&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
En voici la liste (non-exhaustive) :&lt;br /&gt;
''(Texte et lien d'exemple)''&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
=== PREAMBULE ===&lt;br /&gt;
*[[INTRODUCTION  GENERALE]]&lt;br /&gt;
*[[INTRODUCTION - AVERTISSEMENTS - PORTES D ' ENTREES]]&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
*[[SPIRITUALITE  SCIENCE ]]&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
*[[PREMIER  CHAPITRE ]]&lt;br /&gt;
*[[DEUXIEME  CHAPITRE]]&lt;br /&gt;
*[[MA PROPRE STRUCTURE-AVERTISSEMENT-PORTES D'ENTREES]]&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
=== ALPHABETIQUE ET PORTES D'ENTREES ===&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
SUIVI  DES RESSOURCES EN COURS &lt;br /&gt;
ASSO  SPIRITUALITE  PAGE 15 GO ON RUC ASSO;GOUV&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
SPIRA L INTIMITE DE L AMOUR &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
MAIEUTIQUE L EVEIL  DU COEUR &lt;br /&gt;
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*[[AA  GENERIQUE]] &lt;br /&gt;
* [[action|ACTION]]&lt;br /&gt;
*[[AME]]&lt;br /&gt;
*[[AMOUR]] &lt;br /&gt;
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*[[BIEN ET  MAL]]&lt;br /&gt;
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*ENERGIE&lt;br /&gt;
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*GRANDEUR&lt;br /&gt;
*Gratitude&lt;br /&gt;
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*JOIE&lt;br /&gt;
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*Négativité&lt;br /&gt;
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*NON SEPARATION&lt;br /&gt;
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*Oubli, +ou-..&lt;br /&gt;
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*Puissance&lt;br /&gt;
*[[QQ GENERIQUE]] &lt;br /&gt;
*[[QUESTIONNEMENT]]&lt;br /&gt;
*[[QUI  SUIS  JE]]&lt;br /&gt;
*[[RR  GENERIQUE]]&lt;br /&gt;
*[[RELIGION]] &lt;br /&gt;
*[[Réponse]]&lt;br /&gt;
*[[REALISATION]]&lt;br /&gt;
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* [[SADHANA - CHEMIN]]&lt;br /&gt;
*[[Sagesse]]&lt;br /&gt;
*[[SECTES]]&lt;br /&gt;
*[[SENSIBILITE - voir a PERCEPTION ausssi]]&lt;br /&gt;
*[[SEPARATION- NON-SEPARATION]]&lt;br /&gt;
*[[SPIRITUALITE]] &lt;br /&gt;
*[[TT  GENERIQUE]] &lt;br /&gt;
*Tao&lt;br /&gt;
*Totalité&lt;br /&gt;
*Tout Autre&lt;br /&gt;
*[[TRACT]]&lt;br /&gt;
*[[UU  GENERIQUE]] &lt;br /&gt;
*UNITÉ &lt;br /&gt;
*[[VV  GENERIQUE]] &lt;br /&gt;
*Vérité&lt;br /&gt;
*[[WXYZ GENERIQUE]] &lt;br /&gt;
* [[Yoga-Union]]&lt;br /&gt;
*Zen - Tao&lt;/div&gt;</summary>
		<author><name>78.224.74.40</name></author>
		
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		<updated>2021-04-26T20:31:13Z</updated>

		<summary type="html">&lt;p&gt;78.224.74.40 : &lt;/p&gt;
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SPIRA L INTIMITE DE L AMOUR &lt;br /&gt;
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MAIEUTIQUE L EVEIL  DU COEUR &lt;br /&gt;
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*[[AA  GENERIQUE]] &lt;br /&gt;
* [[action|ACTION]]&lt;br /&gt;
*[[AME]]&lt;br /&gt;
*[[AMOUR]] &lt;br /&gt;
* [[ATTITUDE]]&lt;br /&gt;
*[[BB GENERIQUE]] &lt;br /&gt;
*[[BIEN ET  MAL]]&lt;br /&gt;
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*[[BIOGRAPHIE AUX AMIS ETC]]&lt;br /&gt;
*[[BROCHURE(S)]]&lt;br /&gt;
*[[CC GENERIQUE]]&lt;br /&gt;
*[[CHANGER LE MONDE - voir a POLITIQUE ET CIE]]&lt;br /&gt;
*[[CHARITE  - AMOUR - SERVIR]]&lt;br /&gt;
*[[CHARTE]]&lt;br /&gt;
*[[CHEMIN - Chemin Spirituel]]&lt;br /&gt;
*[[CHRIST - CHRISTIANISME - JESUS -ETC]]&lt;br /&gt;
*[[CHRISTOPHE  ALLAIN]]&lt;br /&gt;
*[[COMBAT  SPIRITUEL]]&lt;br /&gt;
*[[COMPLOTISME]]&lt;br /&gt;
*[[CONSCIENCE]]&lt;br /&gt;
*[[DD GENERIQUE]] &lt;br /&gt;
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*[[DESIR]]&lt;br /&gt;
*[[DIEU]]&lt;br /&gt;
*[[DIX  PRINCIPES ET // avec LOIES  SERIES]]&lt;br /&gt;
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*[[NOETIQUE 1 DE NON DUALITE-VOIR A MYSTIQUE ?]]&lt;br /&gt;
*[[NOETIQUE 2 QUENTIN DISNEUR]]&lt;br /&gt;
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*Orgueil&lt;br /&gt;
*Oubli, +ou-..&lt;br /&gt;
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*PENSEES - INTELLECT - MENTAL &lt;br /&gt;
*[[PERCEPTION - LOI-SERIE]]&lt;br /&gt;
*PHILOSOPHIE &lt;br /&gt;
*[[POLITIQUE-CHANGER LE MONDE OU PARTICIPER-KARMA YOGA ETC]]&lt;br /&gt;
*[[POSITIF]]&lt;br /&gt;
*[[le PRINCIPE  DIVIN, L'UN-TROIS-DOUZE]]&lt;br /&gt;
* [[PSYCHOLOGIE-PSYCHOTHERAPIE-ETC]]&lt;br /&gt;
*Puissance&lt;br /&gt;
*[[QQ GENERIQUE]] &lt;br /&gt;
*[[QUESTIONNEMENT]]&lt;br /&gt;
*[[QUI  SUIS  JE]]&lt;br /&gt;
*[[RR  GENERIQUE]]&lt;br /&gt;
*[[RELIGION]] &lt;br /&gt;
*[[Réponse]]&lt;br /&gt;
*[[REALISATION]]&lt;br /&gt;
*[[SS  GENERIQUE]] &lt;br /&gt;
* [[SADHANA - CHEMIN]]&lt;br /&gt;
*[[Sagesse]]&lt;br /&gt;
*[[SECTES]]&lt;br /&gt;
*[[SENSIBILITE - voir a PERCEPTION ausssi]]&lt;br /&gt;
*[[SEPARATION- NON-SEPARATION]]&lt;br /&gt;
*[[SPIRITUALITE]] &lt;br /&gt;
*[[TT  GENERIQUE]] &lt;br /&gt;
*Tao&lt;br /&gt;
*Totalité&lt;br /&gt;
*Tout Autre&lt;br /&gt;
*[[TRACT]]&lt;br /&gt;
*[[UU  GENERIQUE]] &lt;br /&gt;
*UNITÉ &lt;br /&gt;
*[[VV  GENERIQUE]] &lt;br /&gt;
*Vérité&lt;br /&gt;
*[[WXYZ GENERIQUE]] &lt;br /&gt;
* [[Yoga-Union]]&lt;br /&gt;
*Zen - Tao&lt;/div&gt;</summary>
		<author><name>78.224.74.40</name></author>
		
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	<entry>
		<id>https://wiki-conscience.terretciel.com/index.php?title=NOETIQUE_2&amp;diff=200</id>
		<title>NOETIQUE 2</title>
		<link rel="alternate" type="text/html" href="https://wiki-conscience.terretciel.com/index.php?title=NOETIQUE_2&amp;diff=200"/>
		<updated>2021-04-26T20:25:42Z</updated>

		<summary type="html">&lt;p&gt;78.224.74.40 : Page créée avec « texte de quentin disneur   --INTRODUCTIONCet écrit est un partage du cœur qui se manifeste à travers une expérience directe de la  nature  de  la  réalité.  '''Bien... »&lt;/p&gt;
&lt;hr /&gt;
&lt;div&gt;texte de quentin disneur &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
--INTRODUCTIONCet écrit est un partage du cœur qui se manifeste à travers une expérience directe de la  nature  de  la  réalité.  '''Bien  que  cette  nature  soit  innommable  et  inexprimable,  elle révèle toujours les mêmes principes.'''&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
 Dans l’expérience humaine, la manifestation de ces principes est à l’origine de toutes les pensées de nature spirituelle. Les formes manifestées sont infinies, elles se transforment et évoluent avec le temps mais les principes restent inaltérables et éternels. &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
La forme manifestée qui s’est révélée à travers cet écrit est en résonance avec le contexte particulier de fin de cycle que vit actuellement l’humanité. Cet  écrit  est  donc  adapté  à  tout  être  qui  se  sent  concerné  par  cette  période particulière et ouvert à tous ceux qui ressentent une résonance dans le cœur avec ces mots. La  seule  lecture  de  ce  texte  peut  produire  un  travail  de  purification  et  de  nettoyage des croyances pour l’être  qui  se  trouve  dans  une  démarche  sincère  et  transparente de   découverte.  &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
 Il   peut   permettre   à   certains   de   remettre   en   question   des fondamentaux sur la pensée spirituelle ordinaire et de reconsidérer ses croyances sur la nature de la vie et de l’évolution. Il s’agit d’un partage au-delà  de  la  dualité,  au-delà  de  tous  principes  moraux,  qui résonne directement avec l’étincelle qui réside dans le cœur de chacun, l’essence de la vie. Si vous êtes intéressé par le sujet, sachez que ces informations n’ont pas vocation  à donner une image complète de ce domaine très vaste et étendu que constituent les principes universels. Ce qui est présenté donne le minimum nécessaire pour pouvoir se faire une idée d’ensemble et avoir une vision globale et cohérente à ce propos. D’autres  enseignements  supplémentaires  peuvent  être  proposés  à  ceux  qui souhaitent approfondir. Aussi, tout un mouvement est en train de se construire afin de pouvoir proposer, de différentes  manières,  des  possibilités  aux  êtres  de  pouvoir  se  rassembler dans l’état d’esprit de ce nouveau cycle, afin de cultiver un état de résonance intérieure avec ces nouvelles énergies de retrouvailles et construire les fondations intérieures d’un avenir conscient, dans l’Amour et la Lumière. Merci d’exister&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
PREMIÈRE PARTIELES MÉCANISMES QUI RÉGISSENT LA CRÉATION ET L’ÉVOLUTION DES FORMES DE LA CONSCIENCE&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
12Le mouvement de l’Unité ou de la Conscience &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
L’intégration de la nature de la réalité à la fois absolue et relative est le résultat d’un travail  intérieur  d’Amour  et  de  Lumière  qui  peut  prendre  un  certain  temps. Cependant, beaucoup d’êtres sont aujourd’hui capables de comprendre que tout ce que l’on peut faire comme expérience n’est que le reflet de soi-même.  Aussi,  la Source de soi-même, la singularité, fait un avec le Créateur de tout ce qui est. Ainsi chacun englobe tout ce qui est, tout se passe à l’intérieur de Soi. '''Il n’y a qu’une seule Conscience démultipliée à l’infinie.''' &lt;br /&gt;
Le multiple est le principe de singularité, le caractère  unique  de  chacun.  C’est  le  principe  d’unité  et  d’unicité  qui  dansent ensemble simultanément. Le multiple et le un. Le un peut être vu comme la Conscience et le multiple comme un ou plusieurs points de  vue  simultanés  de  la  Conscience.  Le  multiple,  ou  dit  autrement  la  singularité, danse simultanément avec le Un, il ne peut en être dissocié puisqu’il est fait de Lui et est Lui. Ainsi, l’expérience consciente d’une singularité est l’expérience d’un ou de plusieurs points de vue simultanés de la Conscience tout en étant un avec Elle,  tous les points de vue existants et l’infinité de potentiels. De sorte que ce qui est ne puisse être dissocié de ce qui n’est pas, et que seul réside l’expérience du présent en évolution.    L’expérience du présent s’approfondit, s’expanse en vastitude, s’enrichit en points de vue  multiples  et  simultanés,  selon  l’évolution  d’une  singularité C A DIRE  QQ CHOSE COMME INDIVIDUALITE --EN UN SENS  --  consciente. me me :en un sens inconsciente ou &amp;quot;inferieure &amp;quot; etc etc au depart -ou inconsciente-consciente &amp;quot; etc, puis INDIVIDUALITE dans le sens de SOI réalisé,etc - &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
 Une singularité inconsciente fait l’expérience du temps et de l’espace sans conscience du présent. &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Le principe du multiple et du un pose les bases d’une compréhension possible du fait, que s’il existe un principe de  singularité comme résultante de la complexification de la Conscience Elle-même, il existe un principe d’évolution et des lois qui la régissent. Ainsi il existe des lois, ou des principes universels qui peuvent s’exprimer à travers une  infinité  de  concepts.  Ces  principes  universels  régissent  la  Création,  et  ainsi  la façon  dont  la  Conscience  se  complexifie  Elle-même à l’infini et dans la simultanéité, et se démultiplie à l’infini. Bien que tout le mouvement de la Conscience soit simultané, dans l’infini présent, la singularité permet l’expérience dans un jeu de dimensions, de temps et d’espace. Selon le plan de densité vibratoire dans lequel se créé une singularité, l’expérience de la nature de la réalité peut, dans un premier temps, se faire d’une façon inconsciente.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
13Ainsi, tout comme l’enfant évolue encadré par la bienveillance de ses parents avant de devenir adulte et autonome, une singularité peut évoluer sans avoir conscience de la nature de la réalité, à travers un cadre  mis en place par le Créateur et coordonné par des sphères supérieures. Ce cadre permet à la singularité potentielle d’évoluer à travers les différents niveaux de  densités  vibratoires.  Les  énergies  y  sont  organisées  et  dynamisées  jusqu’à permettre de développer une forme de conscience individualisée, correspondant à ce que  l’on  peut  appeler  une  singularité  inconsciente  ou  en  formation.  Ce  stade d’évolution  de  la  singularité  lui  permet  d’avoir  une  conscience  relative  de  son existence et du monde qui l’entoure. Elle sait qu’elle existe sans connaître pour autant sa  véritable  nature.  C’est  également  à  ce  stade  que  la  singularité  peut commencer  à  expérimenter  le  principe  du  libre  arbitre,  ce  qui  peut  permettre d’enrichir l’expérience évolutive mise en place par le Créateur.     À travers des mouvements ascensionnels régis par des cycles et d’autres facteurs propre à l’expérience de la singularité elle-même, l’évolution de la singularité peut continuer  vers  des  densités  vibratoires  supérieures,  lui  permettant  progressivement de faire l’expérience de l’intériorité, puis de s’ouvrir de plus en plus à la Source de sa nature véritable, puis s’établir à la Source jusqu’à devenir semblable à Elle pour enfin s’unir avec le Créateur. Ce stade de l’évolution est ce que l’on peut appeler la naissance d’une singularité. Dans l’expérience humaine, c’est ce qui est appelé la réalisation spirituelle. À travers un cadre et une organisation définie par le Créateur, Il a pu se recréer Lui-même, ou autrement dit se démultiplier. Ainsi,  le  mouvement d’évolution d’une singularité est en réalité le mouvement de démultiplication  de  la  Conscience  Elle-même.  La  naissance  de  la  singularité  est  la naissance d’une Source de la Création&lt;br /&gt;
== &lt;br /&gt;
--SUITE  PAGE 14 DE QUENTIN ==&lt;/div&gt;</summary>
		<author><name>78.224.74.40</name></author>
		
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		<title>Accueil</title>
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		<updated>2021-04-26T20:05:31Z</updated>

		<summary type="html">&lt;p&gt;78.224.74.40 : &lt;/p&gt;
&lt;hr /&gt;
&lt;div&gt;==== Bienvenue sur Wiki Conscience Terre et Ciel ====&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
'''INTRODUCTION  GENERALE''' &lt;br /&gt;
L'objectif de ce wiki est de créer et partager un espace sur les thèmes de l’éveil de conscience spiritualité psychologie spirituelle .&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
En voici la liste (non-exhaustive) :&lt;br /&gt;
''(Texte et lien d'exemple)''&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
=== PREAMBULE ===&lt;br /&gt;
*[[INTRODUCTION  GENERALE]]&lt;br /&gt;
*[[INTRODUCTION - AVERTISSEMENTS - PORTES D ' ENTREES]]&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
*[[SPIRITUALITE  SCIENCE ]]&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
*[[PREMIER  CHAPITRE ]]&lt;br /&gt;
*[[DEUXIEME  CHAPITRE]]&lt;br /&gt;
*[[MA PROPRE STRUCTURE-AVERTISSEMENT-PORTES D'ENTREES]]&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
=== ALPHABETIQUE ET PORTES D'ENTREES ===&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
SUIVI  DES RESSOURCES EN COURS &lt;br /&gt;
ASSO  SPIRITUALITE  PAGE 15 GO ON RUC ASSO;GOUV&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
SPIRA L INTIMITE DE L AMOUR &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
MAIEUTIQUE L EVEIL  DU COEUR &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
*[[AA  GENERIQUE]] &lt;br /&gt;
* [[action|ACTION]]&lt;br /&gt;
*[[AME]]&lt;br /&gt;
*[[AMOUR]] &lt;br /&gt;
* [[ATTITUDE]]&lt;br /&gt;
*[[BB GENERIQUE]] &lt;br /&gt;
*[[BIEN ET  MAL]]&lt;br /&gt;
*[[BIOGRAPHIE PERSO]]&lt;br /&gt;
*[[BIOGRAPHIE AUX AMIS ETC]]&lt;br /&gt;
*[[BROCHURE(S)]]&lt;br /&gt;
*[[CC GENERIQUE]]&lt;br /&gt;
*[[CHANGER LE MONDE - voir a POLITIQUE ET CIE]]&lt;br /&gt;
*[[CHARITE  - AMOUR - SERVIR]]&lt;br /&gt;
*[[CHARTE]]&lt;br /&gt;
*[[CHEMIN - Chemin Spirituel]]&lt;br /&gt;
*[[CHRIST - CHRISTIANISME - JESUS -ETC]]&lt;br /&gt;
*[[CHRISTOPHE  ALLAIN]]&lt;br /&gt;
*[[COMBAT  SPIRITUEL]]&lt;br /&gt;
*[[COMPLOTISME]]&lt;br /&gt;
*[[CONSCIENCE]]&lt;br /&gt;
*[[DD GENERIQUE]] &lt;br /&gt;
*[[DERIVES]]&lt;br /&gt;
*[[DESIR]]&lt;br /&gt;
*[[DIEU]]&lt;br /&gt;
*[[DIX  PRINCIPES ET // avec LOIES  SERIES]]&lt;br /&gt;
*[[DOUCEUR]]&lt;br /&gt;
*[[DUALITE]]&lt;br /&gt;
*[[EE  GENERIQUE]] &lt;br /&gt;
*EMERVEILLEMENT &lt;br /&gt;
*EMOTIONS&lt;br /&gt;
*ENERGIE&lt;br /&gt;
*[[FF  GENERIQUE]] &lt;br /&gt;
*[[FOI]]&lt;br /&gt;
*[[GG GENERIQUE]]&lt;br /&gt;
*GRANDEUR&lt;br /&gt;
*Gratitude&lt;br /&gt;
*[[GRILLE  UNIVERSELLE]]&lt;br /&gt;
*[[HH GENERIQUE]]&lt;br /&gt;
*HUMILITE&lt;br /&gt;
*[[II GENERIQUE]] &lt;br /&gt;
*[[INTELLECTUALISME , MENTAL ET INTELLECT EVEILLE OU SUPERIEUR ETC.]]&lt;br /&gt;
*INTÉRIORITÉ &lt;br /&gt;
*[[JJ KK GENERIQUE]]&lt;br /&gt;
*[[JEU - JEU DIVIN - LEELA]]&lt;br /&gt;
*JOIE&lt;br /&gt;
*[[JOURNAL, BROUILLON, ETC]] &lt;br /&gt;
*[[LL  GENERIQUE]] &lt;br /&gt;
*[[LIBERTE D EXPRESSION]]&lt;br /&gt;
*[[LOIES SERIES]]&lt;br /&gt;
*[[MM  GENERIQUE]]&lt;br /&gt;
*[[MADMAGZ A NE pas OUBLIER]]&lt;br /&gt;
*[[MANIFESTATION , UNIVERS , NATURE , LOI-SERIE DE ...]]&lt;br /&gt;
*[[MYSTIQUE]]&lt;br /&gt;
*[[NN GENERIQUE]]&lt;br /&gt;
*Négativité&lt;br /&gt;
*[[NOETIQUE 2]]&lt;br /&gt;
*[[NON  DUALITE]] &lt;br /&gt;
*NON SEPARATION&lt;br /&gt;
*[[OO GENERIQUE]] &lt;br /&gt;
*Orgueil&lt;br /&gt;
*Oubli, +ou-..&lt;br /&gt;
*[[PP GENERIQUE]] &lt;br /&gt;
*[[le PÉCHÉ -voir aussi SEPARATION]]&lt;br /&gt;
*PENSEES - INTELLECT - MENTAL &lt;br /&gt;
*[[PERCEPTION - LOI-SERIE]]&lt;br /&gt;
*PHILOSOPHIE &lt;br /&gt;
*[[POLITIQUE-CHANGER LE MONDE OU PARTICIPER-KARMA YOGA ETC]]&lt;br /&gt;
*[[POSITIF]]&lt;br /&gt;
*[[le PRINCIPE  DIVIN, L'UN-TROIS-DOUZE]]&lt;br /&gt;
* [[PSYCHOLOGIE-PSYCHOTHERAPIE-ETC]]&lt;br /&gt;
*Puissance&lt;br /&gt;
*[[QQ GENERIQUE]] &lt;br /&gt;
*[[QUESTIONNEMENT]]&lt;br /&gt;
*[[QUI  SUIS  JE]]&lt;br /&gt;
*[[RR  GENERIQUE]]&lt;br /&gt;
*[[RELIGION]] &lt;br /&gt;
*[[Réponse]]&lt;br /&gt;
*[[REALISATION]]&lt;br /&gt;
*[[SS  GENERIQUE]] &lt;br /&gt;
* [[SADHANA - CHEMIN]]&lt;br /&gt;
*[[Sagesse]]&lt;br /&gt;
*[[SECTES]]&lt;br /&gt;
*[[SENSIBILITE - voir a PERCEPTION ausssi]]&lt;br /&gt;
*[[SEPARATION- NON-SEPARATION]]&lt;br /&gt;
*[[SPIRITUALITE]] &lt;br /&gt;
*[[TT  GENERIQUE]] &lt;br /&gt;
*Tao&lt;br /&gt;
*Totalité&lt;br /&gt;
*Tout Autre&lt;br /&gt;
*[[TRACT]]&lt;br /&gt;
*[[UU  GENERIQUE]] &lt;br /&gt;
*UNITÉ &lt;br /&gt;
*[[VV  GENERIQUE]] &lt;br /&gt;
*Vérité&lt;br /&gt;
*[[WXYZ GENERIQUE]] &lt;br /&gt;
* [[Yoga-Union]]&lt;br /&gt;
*Zen - Tao&lt;/div&gt;</summary>
		<author><name>78.224.74.40</name></author>
		
	</entry>
	<entry>
		<id>https://wiki-conscience.terretciel.com/index.php?title=MYSTIQUE&amp;diff=198</id>
		<title>MYSTIQUE</title>
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		<updated>2021-04-26T19:59:10Z</updated>

		<summary type="html">&lt;p&gt;78.224.74.40 : &lt;/p&gt;
&lt;hr /&gt;
&lt;div&gt;Essentiellement c'est vivre L' UNITE  avec CE QUI EST - LA SOURCE - LE &amp;quot;SOI&amp;quot; ...&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
-------------------------------------------------------------------------&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
-Le bonheur est en Soi  --tiré du Site &amp;quot; non dualite.free &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
 &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Préambule&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Voici le récit de l'expérience non-duelle d'un contemporain. Comment, pour la première fois, il ne vit dans la réalité que &amp;quot; non-deux &amp;quot;, qu'un océan sans limite ni frontière, ni catégories, ni objet, ni sujet.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
 Puis il décrit la nouvelle façon dont il perçoit la vie quotidienne, à la suite de ce bouleversement intérieur. Ce préambule indique comment il faut lire et recevoir ce qui est conté là. &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
'''En particulier, avoir conscience que ces paroles s'adressent davantage à votre inconscient, à votre cœur, qu'à votre conscient ou votre tête…''' &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
qu'est-ce à dire ? Qu'il faut laisser infuser dans votre cœur ces paroles qui alors peuvent planter des germes de non-dualité qui écloront plus tard… &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Si vous lisez intellectuellement, certes vous comprendrez un certain nombre de choses, mais l'essentiel va vous échapper. C'est ainsi. Si vous ouvrez votre cœur, laissez de côté l'esprit comparatif et critique, vous laisserez s'entrouvrir la porte de l'intériorité qui vibre à l'appel. &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Également quelques indications sur la façon dont l'esprit apparaît à l'auteur vous permettront de mieux saisir le texte. Ce que l'on nomme habituellement inconscient n'est aux yeux de l'auteur que l'aspect foncier, indifférencié ou peu différencié de l'esprit. Prenons l'image d'un arbre. Le tronc représente l'aspect foncier de l'esprit, tandis que les grosses branches, les branches puis les feuillages la façon dont l'esprit se scinde en profond et superficiel, les feuillages sont les pensées virevoltantes à la surface consciente de l'esprit. Ce qui est décrit dans les lignes qui suivent sont en fait la sève qui monte des racines et du tronc principal, avant même d'être différencié… si vous pouvez saisir les mots dans leur émergence naturelle, alors ces mêmes couches profondes vibreront en vous et vous comprendrez de l'intérieur ce dont il est question ici. Autant lire lentement, en laissant infuser les idées...&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
1. AU PRINTEMPS DE L'ÉTERNITÉ.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
En Juillet 1976, je feuilletais le Tao-Te-King (traité sur le Principe et son action), ouvrage chinois de Lao-Tseu , écrit voici vingt-cinq siècles, dont le sujet évoque le Principe originel ou Tao et sa force productive, Teï, mère de l’univers. Cette approche du monde fut tellement inédite pour moi que je perdis tous mes repères intérieurs et fus jeté, vide, sur la rive de l’inconnaissable. Je posai le livre et, par la fenêtre, contemplais le crachin monotone bruinant sur l’église Saint-Mathieu à Quimper, quand soudain la pensée s’arrêta. Dans ce corps figé, une immobilité intérieure totale se fit. Un silence insondable m’engloutit. Un flot transparent de conscience et d’amour imprégnait tout dans le champ de vision. On ne sentait aucune mesure, aucune limite, aucune séparation. Instant absolu d’atemporalité. Plénitude, béatitude, liberté, plus rien ne manquait...&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
C'était comme si tous ces toits luisants sous la bruine étaient conscience. L'impression de percevoir la transparente conscience en toute chose et tout être, sur un fond de bonheur à nul autre pareil.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Et d'écrire : Je pleure d'une immense joie : le ROC est touché. Croyant nager à la recherche du rocher salvateur, voici que je SUIS ce rocher. Dans cette recherche, je courais à l'Etre. La paix est au Non-Être, pas théoriquement, mais vraiment : quand je ne suis plus rien, alors je peux être un avec tout ; immobile dans la course, immobile dans l'amour. Non-agir... pour mieux agir... Non-aimer pour mieux aimer ! Que de vérité!&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
  Je me demandais pourquoi l'humilité? Et aujourd'hui c'est clair : n'être rien. Étant devenu rien, ayant constaté mon néant foncier, que peut-il m'arriver ? N'étant rien, tout s'accomplit à travers ce corps-ci, sans l'interférence de la personne peureuse et désireuse. La vie éclate alors de ses milles énergies !! Le cauchemar est fini. Le temps est arrêté. A présent, laid ou beau, riche ou pauvre, sain ou malade, qui reste-t-il pour souffrir encore ? Personne.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Tant et tant de préceptes, de commandements, de permissions et surtout d'interdits, de dualités pavaient mon chemin intérieur que le Tao-Te-King, dans sa limpidité naturelle est venu volatiliser tous ces conditionnements. Relier les paires de dualités, le chaud parce que le froid, le mal parce que le bien, le bien parce que le mal, le riche parce que le pauvre, le laid parce que le beau, le grand parce que le petit, le léger parce que le lourd, le plaisir parce que la souffrance, le désir parce que la peur, la peur parce que le désir... tout cela s'est articulé dans cette conscience brusquement infinie pour ne laisser qu'un champ vierge et transparent, une lumière intérieure doucement teintée d'amour, de compassion, d'une subtile radiance bienveillante, d'un sentiment de totale perfection.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Un rire joyeux se jouait de mes lourdes tentatives de comprendre Cela, l'Inaccessible, de mes méditations préhensives qui voulaient forcer la porte du Nirvana. Il n'y a que l'abandon, le si mal compris et surexprimé « lâcher-prise » qui ouvrent la porte du Nirvana, en effet. Mais je vous avoue que je n'étais pas vraiment dans une démarche de lâcher prise, mais juste concentré à comprendre cette dualité. Et c'est l'assemblage du puzzle duel qui me révéla la Non-Dualité. Le Tao m'était si nouveau à l'esprit que nul réseau ne venait enchaîner un envol vers l'inconditionné. Comment un tel esprit venait-il d'être touché par la Grâce ? Peut-on seulement parler de Grâce? &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Cette expérience semble sans cause, tellement loin de notre volonté et de nos capacités individuelles. Oui, on ne peut que constater sa propre impuissance en face de Cela. Mon regard était neuf, tel le nouveau né. Une nouvelle naissance, oui ; on peut dire cela. Et ce poids du passé, tous ces conditionnements sont soufflés comme une simple bougie par l'Éveil Soudain. Mille ans d'erreur sont dissipés en une seconde... Quel jeu, cette vie...&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
La particularité de cette révolution intérieure est qu'elle est incompréhensible. Ce que l'on cherche est ce que l'on EST depuis l'origine, sans le savoir, mais plus bizarrement encore, elle se livre dans un non-savoir, dans un vécu qui déconnecte toute tentative d'analyse et de compréhension intellectuelle. « On » ne comprend rien, réellement. Cela se saisit Soi-même dans une Union parfaite et absolue. Aucune trace d'illusion. Aucune trace d'ignorance non plus. Plus aucune ombre en Cela. Les tribulations humaines semblent des rêves d'enfants dans une cour d'école. Si le temps arrêté nous délivre de l'âge, il nous livre l'alpha et l'omega de tout ce qui est et sera à jamais. Nous sommes enfin libres de ne rien faire. Il n'y a plus rien vers quoi tendre. Quelle paix ! Mais quelle peur pour les troublions de l'activisme impénitent !! Il faut souvent qu'ils tombent pour entrevoir cette voie du milieu, du non-savoir, du non-être, du non-devenir et du non-agir...&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
2. Existe-t-il une Voie pour &amp;quot;aller à Dieu&amp;quot;?&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Vous commencez à l'entrevoir, mais il n'y a aucune voie pour aller à Dieu, parce qu'il n'y a pas de voie, mais ça tombe bien, vous êtes déjà &amp;quot;arrivés&amp;quot; , sauf qu'il n'y a pas réellement de &amp;quot;vous&amp;quot;.... C'est indispensable de bien intégrer cela. C'est ici précisément que la Non-Dualité se distingue pratiquement de toutes les autres approches dites progressives. Dans les voies progressives, le &amp;quot;je&amp;quot; n'est pas nié d'emblée, et donc ce je peut cheminer, oui.... faire des techniques, des méditations, des rituels pourquoi pas, en vue d'un but : la libération, le Nirvana, Sat -Chit Anand et autres éveils .... Quand on se déshabille le soir, il n'est pas question de &amp;quot;voie du déshabillage, n'est-ce pas? Eh bien se déshabiller du &amp;quot;moi&amp;quot; ne demande pas plus de voie ou de moyen de transport, mais juste quitter ces fausses identifications. &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Comme Arnaud Desjardins disait &amp;quot;vous êtes déjà nus sous vos vêtements&amp;quot;, signifiant que la nudité est déjà acquise, en quelque sorte, totalement, mais qu'elle n'est pas manifestée. Idem pour notre nature parfaite. Elle est déjà là, sous des voiles apparents auxquels nous nous identifions en général, et ne pourra pas être plus parfaite, que les voiles soient ou non par dessus. Il n'y a et ne pourrait pas y avoir de voie pour aller à ce que nous sommes déjà de toute éternité. EUHHH ET LE DESIR D Y ALLER  ???&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Et pourtant, n'est-il pas question de tout côté d'une voie, d'un moyen d'une technique pour sortir de notre modeste condition? EUHHH OUI  ET NON   ??? !!! --  En fait il est clair que les religions organisées ont perdu l’âme ; elles sont lettres mortes, cul de sac pour l’aspirant à l’Infini, quand elles ne nourrissent pas des nids de frelons intégristes. Les voies spirituelles foisonnantes des temps modernes s’alourdissent souvent de tradition, de techniques méditatives au lieu de promouvoir la «substantifique moelle», l’essence pure et simple ; certaines se révèlent être des sectes ; il est dur de trouver une Voie authentique dans ces spiritualités encombrées de savoir, où l’on peut se perdre avant de distinguer la moindre fronce de l’habit numineux du Créateur. Au milieu de cet écheveau, et en pleine époque de matérialisme commercial, une fleur endormie depuis des lustres a bourgeonné, toute nimbée de pureté: la non-dualité. C'est vraiment incroyable qu'aujourd'hui, cette voie, cette attitude intérieure pour mieux dire, trouve expression, alors qu'elle fut si longtemps gardée prudemment secrète. C'est donc une bénédiction sans égal d'en avoir connaissance aujourd'hui. Avouons quand même que la Non-Dualité est mise à toutes les sauces, surtout dans moultes voies new age. Et du coup cette perle incomparable, ce diamant nécessite souvent un petit nettoyage avant d'être apprécié dans sa pureté.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Pourtant la Non-Dualité constitue l’essence de toutes les religions vivantes, surtout en Asie, de l’Advaïta Vedanta, du Bouddhisme, du Chan, et enfin du Zen . Mais elle réside dans le temple sacré, au coeur de ses enseignements qui préfèrent la laisser goûter à quelques élus seulement. Ce n'est que tout récemment que le Dzogchen, joyau non-duel ;;;&lt;br /&gt;
 Si elle en constitue l'essence, la non-dualité , n'en garantit pas les doctrines qui peuvent très vite s'opposer en inconciliable, j'en veux pour preuve le Soi de l'Hindouisme, opposé à l'absence de Soi du Bouddhisme, alors qu'il est évident pour les praticiens de terrain que tous parlent de la même expérience de conscience fondamentale, qu'ils soient Bouddhistes, Taoïstes, Vedantistes, Yogis ou Soufis. C'est dire au passage combien les formes sont multiples dès que nous rentrons dans la manifestation, même pour évoquer notre Source à tous. &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Revenons sur ce qu'est la Non-Dualité : Ce n’est pas une Voie, car on ne chemine plus guère; plutôt une attitude, à la fois mentale, affective et physique devant la vie, fondée sur le constat de notre inexistence séparée. Et comment entrevoir cette inexistence? En observant la dualité justement. Cette position intérieure se conçoit comme le dépassement de toutes les paires de dualité, non par une volonté personnelle factice, mais par la compréhension. Cette soudaine relation entre toutes les paires de dualités nous happe en tant que personne. L'ego est fondé sur ces paires et leur mise en perspective réduit sa réalité &amp;quot;personnelle&amp;quot; à néant. Ce constat engendre un éveil abrupt, la découverte par l’individu de l'absence de &amp;quot;moi&amp;quot;, de l'autre, et la fin de la souffrance morale d’être séparé du monde et des êtres vivants. Alors bien sûr, cela peut sembler bien incompréhensible. &amp;quot;J'existe bien, moi !!&amp;quot; &amp;quot;Comment pourrais-je bien découvrir que je n'existe pas??&amp;quot; Par l'observation régulière de notre conscience. Par la mise en évidence que souvent, nous n'avons aucun sentiment d'être &amp;quot;je&amp;quot;. C'est dans l'après coup que nous nous réapproprions les actes et les pensées, les décisions pour les faire &amp;quot;nôtres&amp;quot;. Je me mets en colère, je deviens tout rouge et je débite des injures par wagonnets... pour finir penauds et nous excuser en disant que &amp;quot;cela nous a dépassé&amp;quot;... En fait, la colère nous a balayé comme un fétu de paille, normal puisque nous n'existons tout simplement pas... Nous nous pensons de temps en temps, voilà tout. Et puis nous généralisons notre existence comme certaine et continue. Comme nous généralisons bien d'autres opinions qui ne s'adressent qu'à des situations ponctuelles. &amp;quot;La colère s'est emparée de ce corps-ci et des paroles injurieuses ont été proférées en réponse à une situation particulière&amp;quot;. Voilà les faits au fond. Pas d'ego là dedans. D'ailleurs nous en avons presque l'intuition quand nous nous affirmons dépassés par les événements émotionnels. Mais il nous faut bien justifier la continuité du moi et endosser la responsabilité d'une colère qui nous est étrangère. &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
C'est bien là, dans cette observation du quotidien que nous pouvons nous démontrer l'inexistence d'une personnalité continue et stable. Ce n'est pas devenir schizophrène de renoncer à être quelqu'un, c'est juste observer ce qui est.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
La non-dualité n’est pas inconnue des mystiques occidentaux; certains, comme Jean de La Croix, en ont parlé à mots couverts, « certes il faut vider l’esprit des choses mondaines, mais aussi des choses spirituelles... ». D’autres saints, Maître Eckhart pour ne pas le nommer, l’ont évoquée en termes impersonnels, propres à ne pas égratigner le dogme: la « Déité ». Bref, toutes les religions et toutes les voies spirituelles tendent vers la non-dualité&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Chercher Dieu hors de soi, en observant l’univers, la vie, évoque une main divine créatrice, au bout du compte insaisissable. En revanche, scruter l’intérieur offre un début de réponse: présence en Soi, évidence de l’être. Il faudra finalement abandonner à la fois la notion d'extériorité et d'intériorité, car nous n'avons absolument aucun effort à faire pour être totalement nous-même et finalement l'introspection comme la concentration sur un objet extérieur ne sont qu'exercices du mental..&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
ICI ***************************************************************&lt;br /&gt;
== ICI   SUITE  26-04   ==&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Au départ, nous sommes rivés aux sens extérieurs, noyés dans les phénomènes, et oublieux de l’Essence. Une mutation totale de notre façon d’envisager le monde et nous-mêmes peut nous réintégrer à notre source. Voyons comment. L’être est à la source des phénomènes, le monde des formes le fuit dans son mouvement universel. Aussi, retourner à l’origine suppose que nous abandonnions la poursuite effrénée où la vie nous entraîne. Au lieu de considérer l’objet de la conscience, tournez-vous vers le sujet, l’observateur. Non pas qu’il ait plus de réalité que l’objet observé, mais il cache la réalité non dualiste, laquelle découle de la disparition de l’idée « il y a bien un observateur ». Plus précisément: cet observateur est-il personnel, coloré d’envies et de peurs ? Vous êtes encore un ego, simple objet de l’esprit ; se révèle-t-il impersonnel, c’est-à-dire délivré des opinions individuelles ? Il est le Soi, lequel se conçoit comme le principe universel fondateur de l’univers, être, conscience impersonnelle (sans observateur personnel), source de l’énergie universelle et aussi, pour chacun de nous, notre nature profonde. A nous le dépouillement progressif de la personne jusqu’à l’impersonnalité, et l’éveil abrupt au dernier sous-vêtement! Et au fond, il n'y a pas plus d'intérieur que l'extérieur, n'est-ce pas....Ces notions de personnel et d’impersonnel, de sujet et d’objet constituent le nœud majeur de la dualité.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Le Soi ne s’oppose pas au « non-Soi », comme on le définit en psychologie. Il ne se distingue pas davantage de l’univers qu’il transcenderait d’une altitude métaphysique, tel un sujet absolu. Incluant tout sans limitation, le principe résume le lieu (ou non-lieu?) où se développe l’espace-temps, la « non-texture » qui donne le champ à l’énergie et la conscience. Le Soi est Tout! Non-être sur lequel fleurit l’être, la conscience et l’univers, le Principe prête vie à l’expérience humaine. Lao-Tseu disait: Le principe que l’on peut nommer n’est pas le principe originel. Ne nous attachons donc pas au terme « Soi », indifféremment remplacé par les termes impersonnels « Principe, Dieu, Tao, Shunyata, Sat-Chit-Ananda, Bouddha, Être, Non-Etre, Ainsité, Absolu, Infini, Purusha/Prakriti, Shiva/shakti, Brahman... », bien que des puristes savent faire des distinctions dans cette unité-là! Mais notre expérience vécue de la déité est impersonnelle. Il n’est donc pas question de relation personnelle entre Dieu le Père et nous, pauvres pêcheurs! L’impersonnel donne sans doute le vertige ; en revanche, il nous garantit la liberté! Il n’attend pas d’obéissance. Ses lois sont universelles et personne ne les gouverne!&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
*&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
2 . Que signifie donc « Réaliser le Soi »?&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
C'est constater l'absence de &amp;quot;moi&amp;quot;. Prendre conscience de notre réalité essentielle, de notre nature la plus immédiate, sans intermédiaire, ni transcendance. Il ne s’agit pas d’élargir notre perception à l’univers entier, d’être omniprésents et informés de tout événement à l’horizon de la galaxie, mais juste de voir les choses comme elles sont, depuis ce corps limité : les images de moi comme des compilations facultatives, les images des autres comme des souvenirs ou des projections incertaines. Finalement laisser toutes ces images, adhérer au monde dans une bienheureuse unité. Réaliser le Soi (ou l'absence absolue, ce qui revient au même) épanouit le coeur et le rend innocent, vulnérable, ouvert, spontané, aimant, intelligent, pur, transparent, lumineux, numineux, léger, large, généreux et enfin, compatissant. La réalisation de Soi est accessible à chacun, en dévoilant la simplicité foncière, l'éternelle Unité des choses et des êtres ; elle est non seulement accessible, mais déjà installée ici et maintenant.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Vous découvrirez comment on peut rêver ce monde de contraste et de multitude, rêver posséder un corps humain, une existence séparée, alors que l’on n’est jamais né, puisqu’infini à jamais. La négation du pseudo-sujet, le moi, donne lieu à cette unification. Être simplement soi, (constater l’inexistence du moi...) nous relie à notre source, et au-delà, à tout ce qui est ; installe l’être loin de toute idée de séparation, de limite, de naissance et de mort, d’univers; c’est en quelque sorte l’essence primordiale avant le jaillissement universel. Cette source est toujours là, intouchée, inconnaissable, inaccessible sauf à vous-mêmes. Vous êtes cela. (Ou « cela est », puisque « vous » n’êtes pas.) Aucune technique; aucun maître ne pourront vous installer dans votre propre nature.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
(Vous) y êtes déjà! (VOUS) ÊTES CE RÉEL, (VOUS) ÊTES DÉJÂ CELA, mais inconsciemment! Pour vous intégrer dans le Soi, vous n’allez pas rendre conscient ce qui est au-delà de la conscience ou de l’inconscience ; vous ne pouvez que vous laisser fondre dans l’inconnu, l’indéfini, l’illimité, sans carte et sans guide ; vous ne pourrez que disparaître quand l’éveil frappera à votre porte! En un éclair d’abandon, vous comprenez être déjà cela depuis l’origine, embrassant le tout; le moi semblait exister, c’était un mirage! Vous êtes indissolublement cela quoi que vous fassiez, dormir, manger, faire la guerre ou bien l’amour... Vous êtes toujours cela. Vous ne pourrez jamais rien faire pour être davantage cela, ou pour l’être moins ; comment dire? C’est plus proche de votre coeur que votre péricarde ...&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Rien ne vous sépare jamais de votre nature profonde, essentielle, rien, rien, rien. Ici le langage achoppe: rien ne vous sépare jamais de votre nature essentielle, oui, cependant seule la disparition du « vous » offrira le trône à la Présence, la (votre) nature essentielle n’est pas «ce vous» auquel vous êtes identifiés, ce vous que le cerveau interprète comme « existant »... Serions-nous plus clair d’évoquer « cela » sans rien ajouter d’autre? Ne soyez pas déstabilisés, nous ne nions aucunement la réalité du corps physique individuel, mais la notion du « je ». C’est ce que l’on appelle identification à ce corps, la croyance au « moi ». En dehors de cette référence au corps physique, existe-t-il un donjon apte à protéger le « je »? Pourquoi dit-on encore que les choses et les êtres n’existent pas « en eux-mêmes »? Ils existent seulement dans la conscience de l’observateur. Sans cette conscience distinguant des différences, on ne voit qu’être , être et toujours être, illimité. Cette prise de conscience nécessite un renoncement à nos chaînes adorées. Nous voulons bien attraper la lune, mais tout en gardant les pieds dans les pantoufles! Il faudra laisser nos habitudes conventionnelles de pensées, d'actions, de sentiments, bref; de vie, car elles structurent la conception que nous avons de nous-mêmes et du monde, laquelle finit par nous éloigner de la rive de l'Unité, de la Réalisation du Soi et de l'illumination, hors d'atteinte de notre pensée, de notre intellect, de notre savoir, de notre conscience relative. Le Soi éclôt loin des idées étriquées.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
*&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
La Voie est simple, très simple puisqu'elle nous parle de l'INDIFFÉRENCIÉ. Qu’y a-t-il de plus simple que l'Indifférencié? Nous ne comprenons pas ce qu'est l'Indifférencié: c'est normal, il n'y a rien à comprendre! Nous pouvons comprendre seulement les choses différenciées, et les rapports entre les choses, les êtres et les rapports entre les êtres. L'INDIFFÉRENCIÉ EST INCONNAISSABLE. Mais si nous ne pouvons pas le connaître, nous pouvons l'être. (NOUS) SOMMES CET INCONNAISSABLE, CE NON-DIFFÉRENCIÉ, CETTE UNITÉ. (Tout en rappelant qu’il n’y a jamais eu de « nous »...) L’indifférencié gisant dans notre inconscient, ne cherchons donc pas une manifestation consciente pour constater que le Soi est là; il est bien là, mais en-deçà de notre conscient. La distinction conscient/ inconscient n’a plus cours ici. L’indifférencié semble inconscient, alors qu’en fait, il est conscience de l’indifférencié... Il est conscience sans objet. Autant dire non-conscience... Êtes-vous encore là? Si vraiment vibre en nous la flamme transparente, l'ardeur de la découverte fondamentale, si cette recherche est vitale pour nous, bénis sommes-nous! Il ne faut rien d'autre pour « ne plus jamais partir hors de Soi... » *&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
3. LA CONNAISSANCE DE L'ABSOLU.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
La réalisation de l'Absolu ne passe pas par le langage et la pensée. Il les précède, les transcende, les englobe. Sa nature est insaisissable. Au lieu de saisir, nous devons nous ouvrir, comprendre et lâcher prise. Rien ne peut être séparé de l'Absolu, aussi n’avons-nous rien à faire pour le saisir mais juste à comprendre que (nous) sommes déjà totalement absolus, inconsciemment.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Réfléchissez sur cette présence dans votre inconscience... ou sur votre absence dans votre conscience... Cette recherche est donc doublement inédite: elle n'est pas du domaine de la pensée et du langage; elle est insaisissable, mais heureusement elle est déjà dans le creux de notre main ! Pas la peine de faire le tour de la planète pour découvrir la vérité. Comme dit Papaji, un disciple de Ramana Maharshi, &amp;quot;just be quiet&amp;quot;. Restez tranquille, là où vous êtes. Tout est là, déjà, parfaitement accompli.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Si ce n’est pas une question de langage et de pensée, qu’est-ce donc? Une question d’observation, de vigilance, d’état de conscience, d’état d’inconscience, d’intelligence du coeur: L’écoute, l’ouverture inconditionnelle, libre et bienveillante, le « oui à ce qui est », le centrage intérieur, la fluidité émotionnelle, affective, basée sur l’acceptation, tout cela tisse la toile de notre Présence. Une écoute neuve, innocente, ne fait pas référence au passé et à la connaissance acquise pour établir des comparaisons, et ne se projette pas non plus dans le futur par des projets, intentions, anticipations.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Au total, la disparition pure et simple de toute référence à &amp;quot;moi-je&amp;quot;. Alors seulement, nous pourrons surprendre les vieux mécanismes du mental prompts à nous ramener dans le connu et la sécurité, les ailes coupées. Quand nous serons « comme l’être infini », sans motivation, sans désir et sans peur, comme inconscient, alors, il effleurera notre tête de ses élytres aux couleurs d’absence.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
4. LE GRAND DOUTE.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Notre nature foncière est déjà complètement présente ici et maintenant, puisque c'est grâce à elle que vous lisez ces lignes !! Comprenez -vous? Nous la croyions gisant au fond de notre inconscience, recouverte par l’activité de notre conscience relative, fonctionnelle, c’est-à-dire de nos conceptions du monde extérieur et intérieur, orientées plutôt vers les oppositions, les choix et les refus, les désirs et les peurs, et elle était en fait totalement exposée, évidente dès lors que notre regard se tournait vers &amp;quot;ce qui voit&amp;quot;. Mais nous sommes si noyés bien souvent dans des opinions non vérifiées par nous-mêmes, l'expérience des autres, le vécu culturel de la société que nous vivons sur un ramassis d'idées, d'opinions de seconde main.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Découvrir cette réalité de nous-mêmes inchangeante, libre, insaisissable, impose de questionner tout ce que nous avons tenu pour réel jusqu'à maintenant. Il ne faudra pas ménager notre effort pour nous dégager des on-dit, des lieux communs, du consensus tacite qui pave notre chemin. Rien ne devra être accepté par nous sans vérification par expérience directe, en particulier l’existence de l’ego, consensus chimérique...&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Même l'essentiel est encombré d'opinions personnelles surimposées à la tradition déjà lourde. Là encore, mettre en doute absolument nous ouvrira la porte du Réel. C’est à ce prix que nous nous libérerons, car se libérer est avant tout se débarrasser des acquits du passé culturel, philosophique, spirituel que nos sociétés maintiennent, assez mal d'ailleurs, faute de nous donner à découvrir la Réalité directement. Au fond, sur quoi repose cette main mise de la dualité? Posez-vous la question et marquez un temps d’arrêt. Ne vous jetez pas sur la réponse qui suit... Elle n’éclora dans votre coeur que si vous vous interrogez réellement, profondément.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Le nom et la forme, la limitation des choses et des êtres résulte d’un seul acte de l’esprit: celui de projeter sa propre subjectivité sur l’environnement, donnant de la sorte à ces soi-disant objets et êtres une densité qu’ils n’ont aucunement. La présence des êtres individuels existe uniquement dans le cerveau des témoins, au point que chacun, devant la glace, finit par se prendre pour un être séparé, doué d’existence, par interprétation du regard des autres... Un jeu de miroir. Observez cela. N’est-ce pas vrai?&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Chacun n’aspire-t-il pas à exister dans le regard d’autrui? Comme s’il savait déjà sa nature de néant. Je vous en prie, ceci est de la plus extrême importance. Voyez cela. A l’instant, les choses et les êtres retrouvent leur nature foncière: L’être sans trait. Aucune chose n’est, en elle-même, séparée. La séparation naît dans l’esprit qui contemple. Si ce dernier découvre la fausseté de cette projection universelle, alors... Envisagez cela! profondément, totalement, et le monde se vide de la dualité...&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Douter, ce sera observer le monde et distinguer ce voile subtil dont nous l'enveloppons. Voile du sens de l'univers, du sens des événements (« il n’y a pas de hasard! »); interprétation des choses du vécu, projection dans ce paysage pour séparer, puis accaparer ou repousser, qualifier ou nier. Percevoir notre monde et pas le monde. Voir nos contemporains à travers le prisme des préjugés, et non pas les considérer comme ils sont réellement, sans mes concepts personnels, ma vision des choses. Ce sera découvrir une montagne presque gigantesque de préjugés hâtivement enregistrés, prompts à nous induire sur la pente glissante de la bêtise. Notre conception du monde conditionne notre perception, à concepts dualistes, vision dualiste. Toute cette activité de la conscience dualiste ensemence l’inconscient et maintient le trésor caché...&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Douter, en accordant plus de valeur au soi-disant inconscient plutôt qu’à la conscience de veille, tant cette dernière est souillée de la dualité. Notre inconscient est également sali de dualité, mais par sa nature peu différenciée, il rapproche davantage du Soi. Le jeu se gagne dans l’inconscient, si l’on se rend compte alors du vide réel des choses et des êtres, puisque sans l’inconscient des spectateurs et sa capacité à discriminer, point d’existence séparée. Rien que l’être sans limite.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Douter, même d'exister, nous ouvrira à cette profondeur insondable dont on ne sait si c'est l'Etre ou le Néant... Si nous sommes convaincus que le monde est, alors nous nous privons de l'accès au Néant. Poser l’être du monde comme objet nous pose en tant que sujet. En revanche, ni être ni néant, ni objet ni sujet, et voici ouverte la bulle universelle, fleur de vacuité... Qualifier emprisonne l'objet. Si en revanche nous évitons la qualification, le monde prend un caractère de livre ouvert sans rien écrit dessus, d'une ouverture inconditionnelle à ce-qui-est, à « je ne sais pas... ». Cette ouverture est amour.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
5. A-T-ON BESOIN D'UN MAITRE POUR DÉCOUVRIR L'ABSOLU ?&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Donner le pouvoir à autrui de nous révéler l'Absolu est comme chercher dans la rue celui qui a les clefs de chez nous... Toutes les voies spirituelles efficaces aboutissent à un point singulier. Seul on rentre dans le coeur du temple. Au seuil de l'Absolu, plus de Dieu, plus de guru, plus de disciple. Un seul rond ondoie sur le lac immobile, et s’efface pour que Cela soit. Le rôle du guide se résume ainsi à nous dire : « Tu n'existes pas... comment veux-tu arriver à te libérer de toi-même? Non seulement il n'y a pas de chemin, mais il n'y a pas non plus de voyageur!!» Alors le chercheur rentre dans une grande perplexité, passage incontournable de notre quête. Il doit rester serein dans cette perplexité. Certains maîtres Soufis intensifient encore cette perplexité chez le disciple, dans le dessein de lui enlever toute référence à quoi que ce soit.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
La souffrance survient pour nous réveiller, faisant germer la volonté de se libérer. Elle pousse à l'éveil. Alors on fait des efforts, avec ou sans techniques, avec des résultats encourageants. Cependant tôt ou tard on tourne en rond. Il n'y a pas de changement radical. La quête d’un résultat, fût-ce l’illumination, nous prive de l’éveil. Quand nous aurons intégré la vanité de toute recherche personnelle, un pas décisif sera franchi. Et toujours cette soif inextinguible d'absolu... Attendez, cher disciple, je vais vous initier à une nouvelle technique de méditation, pour franchir le Nirvikalpa Samadhi ... Moyennant 10000 dollars!..&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Comment gérer cette soif avec l’absence de but? Petit à petit, notre passion centrifuge se transforme en vigilance, observation pure, compréhension et enfin, dépassement de ce paradoxe apparent. Comprenez bien. Vous n’êtes jamais nés, vous n’avez pas de corps , ni de mental, ni de coeur. Vous avez simplement accepté le consensus ignorant... Le regard des autres vous a fourvoyé, vous a fait croire à une existence individuelle. Tout effort vers l’avoir, mais aussi vers l’être , éloigne le pèlerin. Quand on se conforme à l’être, d’où viendrait l’impulsion d’agir, de vouloir, d’obtenir, de convoiter? D’où viendraient la comparaison, l’opposition, la lutte? Comprenez et ne luttez plus, mieux, lâchez prise! Quant à rester là, éveillé, et sans intention? Si nous n’étions pas totalement enracinés dans l’Absence, cela ne se pourrait pas... Ne vous perdez plus. Vous êtes déjà libres. Cessez de croire qu'il y a un sauveur ...&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
6. LIBRE DU GOUROU.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Elle s'approcha et dit: « Le petit groupe spirituel que je fréquente depuis des années vient d'éclater. » Elle en ressentait comme une libération. Le gourou s'était montré sous un jour inattendu pour un être dit équilibré. Les rancoeurs accumulées avaient fini par briser &amp;quot;l'oeuvre de lumière&amp;quot; que ce gourou prétendait instaurer. Suivre quelqu'un pour se trouver soi-même est comme descendre dans un gouffre pour trouver le soleil. Si le maître est un tant soit peu honnête, il vous renvoie à vous-mêmes. Rares sont les gens qui ont cette flamme discrète de l'humilité. Au contraire, la soif de pouvoir des uns conjuguée au besoin d'obéir des autres amène souvent des groupes spirituels à voir le jour - la nuit devrait-on dire- Cette association est funeste pour la découverte du Réel. Celui-ci n'est la propriété de personne, aussi quiconque prétend le détenir ne le détient pas, par définition .&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Le Réel nous saisit parfois, jamais il n'est saisi ! Soyons clairs avec nous-mêmes. Que cherchons-nous au fond ? Est-ce la reconnaissance de notre personne par autrui ? La relation dominant-dominé donne de la sécurité, mais pas la liberté. Il ne faut craindre ni la solitude, ni l'adversité pour voir la vérité de ce-qui-est.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
7. L'ESSENCE &amp;quot;EST DEJÂ LA&amp;quot; !&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Seulement, je masque dans mon esprit cette réalité impersonnelle, par des pensées et des vagues diverses, centrées autour du moi, lequel, fuyant son néant, nourrit l’intention, la recherche éternelle qui signe notre fuite du Paradis. Que de clarté ! Que de bonheur dans la compréhension de cette affirmation ! Il n'y a aucun effort à faire. Mon but est déjà totalement là ! Je ne pourrai jamais ressentir davantage cette Source Originelle. ELLE EST LÂ COMPLETEMENT ! Plus proche de moi-même que mon propre souffle. Plus proche que mes yeux. Plus proche que mes pensées. ELLE EST ..&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Mais précisons : De l'Essence Absolue, on ne peut dire qu'elle &amp;quot;est&amp;quot;, puisque incomparable, &amp;quot;déjà&amp;quot;, rapport au temps, impossible aussi, et &amp;quot;là&amp;quot;, rapport à l'espace : néant. C'est pourquoi souvent on l'a évoquée en disant &amp;quot;non-être&amp;quot;... et comme on constate qu'il y a bien quelque chose sous nos yeux, on énonce &amp;quot;à la fois être et non-être&amp;quot;.... autant n'en rien dire, non?...&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
L’essence est immobile, étrangère à toute intention. Notre moi est une mosaïque de souvenirs, un réservoir des refus et des désirs accumulés par l’histoire personnelle. Il vit du temps, du devenir, de la projection vers la victoire, dans la crainte de la défaite... Il se nourrit de la distinction, s’appuie sur le mythe d’exister en soi. Lorsque le moi s’empare de la spiritualité, il pense pouvoir l’atteindre comme un but temporel. Mais tous ses efforts ne feront même pas de ride sur le lac essentiel. L’ego, ce puzzle morcelé, n’est pas une personne, mais la sédimentation des images du corps à travers le temps. Mettez-vous en quête de lui, d’une entité fixe; vous ne la trouverez pas. L’ego n’a jamais été présent...&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
8. De l'esprit indifférencié.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Quand l'esprit n'est pas soumis aux différenciations, il s'éveille naturellement à l'unité des choses. Shin-jin-mei. Pour être non-deux, il faut comprendre que la moindre distinction nous fait perdre l'Eden. Nous croquons le fruit de la connaissance discriminante, laquelle amène avec elle, infailliblement, la conscience &amp;quot; du Bien et du Mal&amp;quot;, d'un choix possible et donc d'une erreur possible; de l'angoisse de se tromper... Ainsi naît la souffrance de la dualité. Retournons donc à la Conscience Indifférenciée qui s'offre à nous. La dualité requiert un effort ; se tenir dans le berceau originel de l'indifférencié est beaucoup plus facile, ergonomique . La détente complète de l'esprit et du corps nous fait sentir spontanément cet état. Mais sans comparaison à établir, nous avons l'impression d'être inconscient. Nous estimons que pour exister il faut penser. Cogito ergo sum. En fait c'est « cogito ego sum » c'est-à-dire « je pense, je suis &amp;quot;moi&amp;quot;! », ce moi qui nous éloigne par ses choix continuels de l'état-sans-choix puisque sans différences . Nous sommes inconsciemment &amp;quot;un&amp;quot;. Comment l’Un pourrait-il être conscient? La conscience suppose une dualité... Regardez bien, ne cherchez-vous pas un absolu de conscience? Voyant cela constatez avec moi que nous sommes effectivement uni dans l’inconscience. Mais au contraire, nous donnons prééminence à la conscience, laquelle, structurée par la dualité matérielle de l’ombre et la lumière, nous chasse hors de notre bienheureuse nature essentielle, indifférenciée et inconsciente...&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
9. UNE VISION CHAMPETRE.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Je travaillais, par une belle journée de plein air, à construire des cabanes, et la vision indifférenciée pointa. j'avais profité d'une activité mécanique, laissant libre l'esprit, pour glisser vers la conscience de l'Un. Si l'on regarde un château de sable, en conscience relative, on voit une bastille avec des tours, des fossés et un pont-levis, là où l’oeil nirvanique ne voit que du sable. Une vision chasse l'autre. Nirvana et Samsara sont deux façons de percevoir l'univers. Nirvana est la vision de l'Indifférencié, du foncier. Pas de spectateur différent du spectacle. Juste: CELA. VISION. La distinction existe à titre d’orientation temporospatiale, mais les objets ne sont pas distincts aux yeux d’un sujet particulier. Pas de sujet, pas d’objet. Au sens strict, Nirvana désigne l'extinction de toute séparation. Samsara est la vision des choses comme étant objectives , différentes, avec des aspects agréables ou abjects, attirants ou repoussants, ou bien au-delà de la sphère émotionnelle, des choses simplement différenciées, distinctes les unes des autres ; maniables comme concepts, ces objets de l’esprit.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
La pensée naît de la conscience discriminante, dont le rôle dans la vie courante est utile; en revanche, elle ne doit en aucun cas répondre à la question: « Qui suis-je? » N’avons-nous pas tendance à espérer une réponse pensable, discible? Notre nature est impensable, au-delà de toute détermination. Quittons sans crainte la rive du limité. A regarder un paysage, nous pouvons parcourir les différentes étapes de la conscience vers le dénuement, vers son immolation sur l’autel du sans borne. Une première étape: renoncer à cette image chérie de nous-mêmes, elle nous sépare de notre visage originel. Le moi doit mourir pour que le sans limite soit. Derrière le masque, le vide! En général, si la perception est orientée, l'ego est en activité. &amp;quot;En vérité, parce que nous voulons saisir et rejeter, nous ne sommes pas libres&amp;quot; (SHIN-JIN-MEI).&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Regardez les problèmes que vous avez: Où y a-t-il saisie et rejet ? Tous les problèmes naissent avec notre infatigable volonté personnelle de désirer les choses autrement qu'elles sont. Ceci ne signifie pas stagnation et abandon du progrès, contrairement à l'exemple que nous donne l'Orient qui a négligé longtemps le progrès matériel, illusoire à ses yeux. Au contraire, voir les choses comme elles sont permet de bâtir plus sûrement des ponts et des routes, des maisons solides, bref, des projets qui aboutissent. On cerne mieux les difficultés à venir et par là leur solution. Tout peut être changé, mais pas après pas. Vouloir les choses différemment, provoque trop souvent une vision voilée de leur véritable nature, des conclusions hâtives, des actions qui échouent.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
La vision non-dualiste, au delà de l'unité, est comme un champ ouvert. Cristallin. Vierge. L'homme ne peut y entrer. Tel un pantin de sel qui se baigne dans l'océan, il fond . Nous n'avons à comprendre qu'une seule chose: jamais le SOI ne sera pris dans les rets de l'intellect. Nous sommes Cela qui est l'insaisissable, sans limites. Où diantre accrocher les mains pour le saisir? Qui suis-je? Cette question n'aura pas de réponse. Le questionneur disparaîtra au seuil de la réponse. La réponse, c'est la disparition du questionneur; la dualité se résout. La liberté est de se situer au-delà du sujet, de la conscience fonctionnelle ; il faut transcender le sujet et l'objet à la fois. L'Absolu n'est pas seulement sujet universel mais à la fois sujet et univers. Dépasser le sujet implique aussi d’abandonner l’objet. Les deux sont corrélatifs. Garder le sujet sans objet maintient un vide devant le sujet : Rejetons les deux. Nous comprendrons l'Etre et le Néant, en les transcendant tous les deux, sans avoir pour cela à nous replier à l'intérieur de l'esprit. Il ne sera pas nécessaire de méditer assis, les jambes croisées, pour découvrir le Néant, l'Absence Absolue. Cela se réalise les yeux grands ouverts sur le monde des contrastes et l’esprit unifié.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
10. DU PARTICULIER Â L'INFINI.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Tant que la conscience s'occupe des choses différenciées, les réactions naissent d'après les schémas du passé. En effet, la différenciation se base sur la mémoire. On insistera donc sur l'extinction du passé pour que puisse survenir la vision globale et innocente du premier jour. Le passé est un fardeau pour l'esprit qui entend s'affranchir de la dualité. Ce passé, fondement de l'expérience, se concrétise dans notre conception des choses, laquelle conditionne notre comportement, nos pensées, nos sentiments. Le passé gît dans l’inconscient, aussi croyons-nous que l’inconscient est uniquement le réservoir du passé. Nous ne pensons pas utile de nous ouvrir à sa dimension profonde pour découvrir ce qui est libre du temps... Pourtant, c’est ainsi. L’atemporel dort dans notre inconscience.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Donc se libérer du passé n’implique aucunement de se libérer de l’inconscient, puisque ce dernier est la porte de l’indifférencié, de l’illimité. Les souvenirs personnels se rapportent en fait au corps, impersonnellement. L’histoire d’un corps individuel vidé de son locataire fantôme. La mémoire n’est pas effacée, au contraire, puisque le refoulement protecteur de la personne n’a plus lieu d’être. Cette perception dégagée du passé, neuve et innocente est amour. Une telle ouverture inconditionnelle du coeur permet seule une réelle communion entre les êtres.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
11 EXPÉRIENCE de la REALITE.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Je voudrais revenir à un niveau de perception plus brut: la réalité cristalline absolue en-deçà ou au-delà des mots, de la pensée; cet amour condensé et sans frontière, sans personne qui aime et personne à aimer. Cette expérience est très fragile, fugace et dès que l'on en parle trop, elle s'éclipse discrètement. Aussi belle que diaphane. Ténue comme l'espace lui-même. Elle emplit le coeur, le corps et la conscience. Mais elle s'y fait toute petite, bien qu'on la sente partout, elle reste là, ne dit rien; on est fondu d'amour; on reste coi, lourd à côté de cet éther vibrant. Puis on ne pense plus; on préfère boire à plein' esprit cette béatitude. On est statue. On est Bouddha. La quiétude est matérialisée, si dense qu'on la touche. L’extase mystique est une fleur sur le chemin. Si elle nous donne son parfum, sachons ne pas la cueillir, pour qu’elle vive encore...&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
12 LES CAUSES DE NOTRE SOUFFRANCE.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
La souffrance? Mais de qui? Effectivement la souffrance est toujours la souffrance de quelqu’un. Si ce quelqu’un pouvait disparaître, resterait-il une souffrance? Je ne veux pas dire que la mort du corps soit le traitement de la souffrance, mais plutôt la mort de l’ego individuel, ce principe qui nous fait dire « c’est mon malheur à moi!! » Que voyons-nous? Les causes de souffrance et de plaisir sont relatives à chacun, et à l’instant. Ce que nous croyons un malheur se révèle un grand bonheur quelques temps plus tard... Rien n’est jamais heureux ou dramatique absolument. Alors? La souffrance est donc relative. Relative à chacun, relative au temps et aux circonstances. Nous souffrons aussi parce que nous attendons un résultat qui ne vient jamais... Personne ne nous oblige à attendre un résultat ; alors, si nous prenions conscience que cette attente engendre la souffrance, nous arrêterions, non? Et bien non, souvent nous renforçons notre attente en lui trouvant des circonstances nouvelles.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
La leçon n’est pas facile. Ainsi notre souffrance ne vient jamais du monde, mais de nous-mêmes. Nous souffrons de ce que nous croyons indispensable de surajouter et non pas de ce qui est. C'est une découverte immense et prometteuse de libération. Parce qu’alors, la façon dont nous envisageons la vie peut être changer, alors que les événements présents, non. (Les événements futurs, oui) Habituellement petits bonheurs et broutilles bornent notre vie; et c'est là, dans ces faits quotidiens, que nous devons dépasser la condition humaine. Voir la réalité nue. Détecter notre réaction à cette réalité, notre acquiescement ou notre refus. Alors, petit à petit, d'observation en observation, une façon nouvelle d'envisager le réel s'offre à nous.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Et cette nouvelle manière de vivre est béatitude. Un champ sans limite s'ouvre devant nos yeux. Tout y est fluide, sans heurt, harmonieux quel que soit le vécu. Nous laissons loin derrière le conditionnement personnel et socioculturel. Les refus et les désirs sont vus dans leurs impersonnalités, c’est-à-dire morcelés, et non pas cristallisés dans une pseudo-entité égotique. L'édifice social reflète à merveille la complexité humaine et l’art déployé par l'homme pour s'emprisonner. Aussi, la seule action intelligente pour chacun est de prendre conscience personnellement de notre condition afin de la comprendre. Si une révolution est possible, durable, elle ne peut être qu'individuelle. Et c'est la somme de tous les individus éveillés à leur profondeur qui amènera l'émergence tant et tant attendue et tant de fois déçue d'un âge d’or de notre civilisation.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
A présent, nous avons plutôt l'impression désagréable de nous enfoncer dans un supermarché cosmique et creux, où les rayons ne sont pas à l'abri de l'effondrement, et où le tintamarre ambiant mixe notre intelligence pour la transformer en boîte-à-pub. Devant ce spectacle le sage est rempli de patience. Il sait qu'au bout du compte, la pellicule de ce film n’est là que pour révéler la lumière du projecteur. Pour lui, la pellicule est déjà décollée du projecteur, et dans le présent, il reste serein. Nous nous mortifions tous les jours d'être incapables de mourir au relatif car nous ne buvons plus à la source inconditionnée de notre être. Nous sommes répandus, morcelés par des choses triviales; et pour vraiment penser au paradis perdu, il faut que nous soyons terrassés moralement. Ce serait d'ailleurs l'opportunité de réaliser l'unité foncière, si nous étions prêts à regarder la vérité en face.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
13 CHEMINER SUR LA VOIE. LE LANGAGE DU CORPS.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Notre corps est le miroir de notre état. Est-il détendu et léger? Nous sommes près de notre source. Epaules contractées, respiration superficielle et irrégulière, notre posture fausse indique que nous sommes dans les méandres de la peur, du désir, de l’ego isolé et quémandeur. Sachons observer et prendre mieux conscience de nos tensions, de nos peurs, de nos désirs, afin de les neutraliser, les comprendre, les dépasser si nécessaire, ou les réaliser au besoin. Nous voici donc spectateurs.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Quelle doit être notre position? Devons-nous choisir, repousser ce qui nous déplaît, et garder ce qui nous plaît? Non point. Si nous voulons voir sans aucune distorsion le champ de conscience, nous devons le regarder impersonnellement, sans refus ni justification. Alors la causalité apparaîtra plus facilement que si nous intervenons. Et voir, c'est comprendre, comprendre c'est se libérer de ce qui est observé. Tous ces désirs et toutes ces peurs sédimentent dans l’esprit impersonnellement. Le prisme de la conscience égotique leur redonne une couleur personnelle. Voilà le fard. Nous n'insisterons jamais assez sur ce point crucial. Il représente la clé de voûte de l'édifice de la non-dualité. Observation neutre. Tant que nous sommes identifiés à une couche polarisée de notre esprit, à notre moi, notre vision sera tronquée. En revanche, se situer au-delà des préférences et des refus, est tout simple: il suffit d'accepter de les voir! Et de ne pas interférer.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Le « moi » est une interprétation du passé comme appartenant à une personne, avec toutes ses expériences sympathiques ou désagréables propres à conditionner le présent, en imposant un choix en fonction des résultats antérieurs. Laissons cette interprétation fausse pour rendre au passé son impersonnalité. L'esprit innocent et neuf. Dans cette nouveauté le temps a disparu, les limites s'évaporent, tout est fondu dans le cristal absolu. La réalisation doit se poursuivre chaque jour de la vie courante, sur un fond de détente intérieure. Tous les événements seront vus dans leur nudité et leurs nuances colorées sans l'intervention d'une censure. Ils prennent alors la juste place dans le puzzle et ne peuvent plus nous obliger à réagir. L’expérience de ce corps (le nôtre) ne peut plus nous aveugler. La moindre distorsion apparaît sur le miroir de la conscience non-impliquée. Nous voici enfin adultes, enfin libres. La quête est terminée. Il apparaît que nous n'avons jamais quitté le giron absolu. Et d'ailleurs, comment cela serait-il possible ? Non pas que notre ronde au sein de la dualité ne soit qu'un rêve; elle a lieu réellement. Mais ce ne sont que des vagues à la surface d'un océan infini. *&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
14. FAUT-IL PERDRE DE VUE LE MONDE POUR SE FONDRE DANS L'ABSOLU?&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
L'idée qu'il faut un repli des sens vers l’intérieur pour percevoir l'absolu est couramment répandue dans les voies spirituelles. Ce repli vise à se couper du monde extérieur, source de la dualité. On imagine l'absolu transcendant le monde des formes. Méditons alors profondément pour retourner à la source de la psyché par un retournement des sens. A cet instant, les techniques yoguiques entrent en jeu. Car il faut effectuer un mouvement artificiel dans le système neuro-sensoriel pour l'amener à un tarissement de l'activité perceptive tout en restant éveillé. Sinon ce serait facile puisque le sommeil est un excellent moyen d'arrêter toute activité des sens. La perception n'est pas dualiste comme on pourrait le penser au premier abord. Même si ses diverses modalités, l'ouïe, la vue, le toucher sont autant de canaux différents; en pratique la perception est globalisée par le sujet. Et une observation aigüe amène à prendre conscience de l'unicité de la perception; le percipient, l'action de voir et l'objet perçu constituent en fait un seul et unique acte impersonnel : vision. Le sujet n’est pas absolu, ni l'objet, mais les deux ensemble le sont.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Autrement dit, le sujet et l’objet n’existent tout simplement pas. Ils dérivent d’une mauvaise interprétation de la réalité. Cet aspect est primordial. Nul besoin de retrait à l'intérieur de nous-mêmes. Mais juste, vision ici et maintenant. Pas besoin donc de fuir le monde pour vivre l'Absolu. Au contraire, il faut rester les prunelles grand ouvertes car l'Absolu est là, sous nos yeux. Ne partez pas le chercher ailleurs; vous ne le trouverez jamais.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Quand il n'y aura plus aucun refus du présent, aucune projection dans l'avenir, le temps arrêté dévoilera Cela, le sans limites. Vous aurez disparu; mais ce sera la béatitude. L'accès à cette expérience apparaît simple dès que l'on a compris son principe. Simple, mais fugace, tant que vous n’aurez pas constaté votre inexistence. Nous naviguons sur la mer des tempêtes depuis trop longtemps pour gagner d’un coup et sans retour la mer de la tranquillité. Mais cette première croisière laisse un souvenir divin et rend impatient de recommencer, au risque d’évoquer trop d’intentions. Jour après jour, la mer se calmera, les vagues auront perdu leur pouvoir de fascination, et nous nous fixerons dans la paix des profondeurs.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
15 MUSHOTOKU.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&amp;quot;EN VÉRITÉ, PARCE QUE NOUS VOULONS SAISIR OU REJETER NOUS NE SOMMES PAS LIBRES.&amp;quot; La condition primordiale de l'esprit de la non-dualité est mushotoku: sans désir de profit, ni refus. Toute intention fait fuir l'Absolu. L'ego est le lieu privilégié de l'intention. Tendre vers... Mais vers quoi, si on est déjà arrivé? L’envie de saisir signe un manque. Pourquoi le Soi fuit-il à notre approche? Telle notre ombre est l’image du Soi fuyant devant nous; à jamais hors de portée... Le Soi réel se révèle à la disparition de notre volonté égotique. Comment l'oeil pourrait-il se voir lui-même ? Comprenons bien cet aspect métaphysique. Il est simple, évident, et pourtant nous agissons dans notre quête comme si nous ne l'avions pas compris. Nous ne nous verrons jamais!&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Voir son visage originel, c'est surtout comprendre notre subjectivité ou plutôt notre inexistence personnelle. La conscience essaie de se retourner sur elle-même et ne trouve que le vide... Puis elle comprend sa nature intouchable. Nous regardons le miroir, et puis un jour, au lieu de notre visage familier, nous ne voyons que le vide. Pas un vide objectif, mais le signe de l’absence absolue... Assis à méditer, nous saisissons à quel point l'intention est un obstacle. La volonté de saisir (le samadhi en l’occurrence) disparaît, l'équilibre se fait, les tensions (reflet des intentions) du corps s'évanouissent, et bientôt la sensation de plénitude prend le relais de celle d'un manque, d'une séparation.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
En cas de tensions, que faire? Surtout ne pas désirer leur disparition, puisque cela créerait un vecteur de plus dans le champ du mental. Juste constater, sans les quitter des yeux, et ne rien faire. Avec quelle facilité les problèmes se dissipent dès que nous n'interférons plus! Toutes les pensées parasites disparaissent faute d'énergie. Cet acteur irréel, l’ego fait partie des problèmes qu’il prétend résoudre. Voir l’inexistence de l’ego, ce sujet apparent, volatilise toute objectivité du réel. Tout passe, comme une hirondelle filant dans l'azur, sans laisser de traces. Et d'un coup: L'Absolu.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
16 NIRVANA&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
L'expérience du Nirvana surgit dans la conscience quand nous identifions, bloquées à la lisière du subconscient, les pensées qui chargent la perception du poids de la personnalité, de l'ego. La cristallité du sans-limite surgit, et, d'une gangue épaisse et gluante, nous émergeons dans l'éther lumineux. Nous saisissons à peine la raison de notre emprisonnement. L’ego est un mirage au pouvoir de fascination infini. Le Nirvana nous plante dans le présent au point d’oublier le passé. Plus de comparaison, de mesure dans cet état, mais juste l’impression d’un mouvement fluide éternel. Mais la chute douloureuse dans les eaux boueuses du mental survient dès la diminution de notre vigilance. Chaque aller-retour au pays de la non-dualité renforce l'énergie qui nous maintiendra définitivement hors de la portée du « Diable ou de Maya », au moment où nous aurons constaté l’inexistence de l’ego. « J’ai cherché l’ego et ne l’ai point trouvé... »&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
L'éveil de l'esprit à la Non-dualité dénoue le corps. Les tensions disparaissent, il devient léger, vaste à l'intérieur avec une sensation d'expansion de la poitrine, la colonne vertébrale se rectifie spontanément; nos gestes sont plus précis; les sens plus acérés. La voix se pose. On se sent plein d'une énergie douce et subtile. La méditation spontanée, sans technique, et surtout, sans opposition avec l’action dans le monde éclaire nos perceptions de la société et de nos occupations habituelles. La prise de conscience instantanée d'un conditionnement nous recentre et nous délivre de l'idée du &amp;quot;moi&amp;quot;, &amp;quot;je suis ce corps&amp;quot;, &amp;quot;ce sont mes idées&amp;quot;, &amp;quot;je suis triste&amp;quot;. Cela ne veut pas dire que nous devons passer tout notre temps à réfléchir à l'éveil, ou aux moyens de l'obtenir. Nous devons simplement mettre tout notre coeur à comprendre la Voie, c’est-à-dire à nous comprendre. Si notre énergie est morcelée par divers points d'attraction, c'est sûr que nous ne pourrons pas résoudre l'équation de la Dualité.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Nous devons travailler avec notre inconscient et notre subconscient. S'ils sont impliqués dans une recherche de résultat dans des domaines triviaux, l'énergie nécessaire à l'émergence de l'éveil sera bloquée. En revanche, si notre profondeur est constamment tournée vers sa source, tandis que le conscient vaque à ses occupations, la verticalité grandit et le fruit de l’éveil murit.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
**&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
17 AU BORD DU GOUFFRE. HOMMAGE Â HENRI MICHAUX.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
L'expérience mystique côtoie les limites de la raison humaine, au bord de la psychose. Certains professeurs de psychiatrie, n'ayons pas peur de le dire, pensent que les mystiques sont de leurs clients... Pourquoi cette parenté avec la folie ? L'expérience mystique fait éclater les limites du moi. Et sans moi, d'après les psychiatres qui sommes-nous ? Des schizophrènes! Essayons d'aller plus loin. La schizophrénie débute par un sentiment de dépersonnalisation, d'étrangeté en face de soi-même, devant un miroir, par exemple. Si cela vous est arrivé, pas d’inquiétudes! il faut d'autres symptômes. Le cortex frontal, chef d’orchestre du cerveau, est déficitaire. La pensée n'est plus contrôlée. Un délire paranoïde s'installe. Dans cette forme de délire, on peut voir apparaître du mysticisme. Est-ce suffisant pour conclure que le mystique est fou? Non, cependant le pas a été franchi par certains. Aux yeux du sage, personne ne possède d’ego, aussi n’est-il pas question de perdre cet ego... seulement la croyance en l’ego.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Le moi, pilier de la personnalité d'après les critères de la psychologie occidentale peut disparaître sans faire naître de délire. Fondre dans l'Absolu ne rend pas inadapté. Au contraire, on verra les choses avec plus de vérité que quiconque. A côté d'un éveillé à l'Absolu, nous sommes tous des délirants! Nous ne voyons pas souvent les situations comme elles sont, mais colorées suivant nos espoirs et nos craintes. Le sage n'attend plus rien du tout de quelque situation, aussi prend-il note impersonnellement. Ce n'est pas le mystique qui est fou; mais nous de vouloir un monde autre, et d’agir d'après nos rêves. Le mystique ne rêve plus; il a réalisé le plein de la conscience, tous les désirs sont comblés, et toutes les peurs volatilisées.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Où y aurait-il la place dans l'esprit non-dualiste pour un autre, ennemi? Il n'y a pas deux. Le mystique, en vidant son esprit, trouve Cela qui comble le coeur, non pas le vide métaphysique transcendantal, mais le plein ici et maintenant, sans limite, comme si l'espace cristallisait en un continuum transparent. Mais gardons-nous d’en faire un objet, ou même un sujet: il transcende à la fois sujet et objet... L'aventurier spirituel est un jour confronté au gouffre du tarissement des pensées reliées au moi. Ici, plus d’un fera demi-tour. Le persévérant a bientôt le goût de la mort en bouche. L’ego imagine bien des stratagèmes pour contourner cette fin. Pourtant un jour, il sera vu impersonnellement comme une dissipation d'énergie, une collection d’idées, un abonné absent.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Cette absence dévoilée donne à l'esprit l’impression de naître à nouveau. Le passé s’envole avec le sujet. Avancez sur la voie et ne craignez pas la folie. L'esprit de la non-dualité ne pourra jamais vous égarer sur ce sentier. Vous connaissez cette histoire? Le fou et le sage nage dans le même océan sans borne. Mais alors que le fou se débat et s’y noie, le sage nage avec le courant...&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
-Que pensez-vous des drogues, en tant que stimulants de l’éveil?&lt;br /&gt;
-Les drogues sont susceptibles de volatiliser les concepts de notre esprit et ainsi de nous faire entrevoir l’état sans concepts... Cela dit, le souffle chimique ne peut installer au-delà de l’ego par la compréhension, seule capable de nous libérer réellement et pour toujours de la dualité. J’en profite pour ajouter que les drogues « douces » comme le café, le tabac, l’alcool, ont un effet sur le cerveau, sur la conscience, dans le sens de la fuite en avant. On se fuit Soi-même, sûr alors de ne pouvoir se poser dans sa Nature Profonde. Constatez cela et choisissez... La conscience éveillée incite à éviter toutes les interférences chimiques sur le cerveau. Les médicaments sans effet psychotrope peuvent être utilisés pour se soigner.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
18. Proverbes...&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
VOUS ÊTES NON-NES et ne pouvez donc jamais être noyé dans ce qui est manifesté. Restez serein quand les flots battent la digue. Vous n'êtes rien qui puisse être détruit. La tempête ne dure jamais longtemps...&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
DONNEZ ET VOUS RECEVREZ. Et le meilleur don est l'ouverture aux autres.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
19. LE HASARD&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
« Il n’y a pas de hasard » entend-on souvent chez les adeptes de la spiritualité. Ils supposent que la Providence veille sur leur humble personne, dresse devant eux les obstacles qu’ils méritent, choisit les rencontres à venir, bref, contrôle toute la vie dans ses moindres détails, car pourquoi Dieu s’arrêterait-il en si bon chemin? Est-ce une juste conception? Voyons ensemble... Si le hasard n’existe pas, cela implique une gestion de l’univers dans ses manifestations les plus infimes, jusqu’au grain de sable, (car l’on sait qu’une poussière dans une puce électronique peut changer la trajectoire d’un missile,) aux ordres d’une entité cosmique omnisciente.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Où est la liberté dans tout cela? Et le libre arbitre? Dans le Plan du Créateur, à supposer de le pourvoir connaître, où se trouve la place de l’homme désobéissant? En enfer? Mais il n’est pas responsable, Seigneur, de ses erreurs... L’homme n’a pas choisi au départ cette prison virtuelle. Il a voulu une protection cosmique, sans penser au revers de médaille. La peur d’être seul responsable et libre, de constater l’inexistence de la Providence, le maintient loin du Lac Impersonnel, lequel peut seul lui garantir la liberté. Le hasard exclut toute destinée. Et sans destinée? Pas de gloire, de reconnaissance.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Le destin, c'est l'oeil de Dieu sur notre petite personne; je bombe le torse! Alors que le hasard nous réduit à un grain de sable dans l'infini, sur une plage sans limite, brassée par une mer inconsciente... mais libre!&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
20. LA DESTINÉE.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Sous l’empire du hasard, point de destinée. Pas plus que de Providence... Du coup, pas de destinée négative, non plus. Tout est possible dans notre vie; tout choix entièrement libre. Point de &amp;quot;karma&amp;quot; (loi universelle de rétribution des actes, à la fois acte et résultat de l’acte) ici bas. En revanche, le mongolisme, translocation chromosomique malencontreuse, devient le pur fruit du hasard. C'est le prix de la liberté. En revanche, le karma, comme poids du passé, existe par le souvenir des bonheurs et malheurs vécus qui nous conditionnent, infléchissent notre pensée et nos comportements actuels. Se libérer de ce karma requiert la lucidité de surprendre le passé en train de s’infiltrer dans le présent. Alors, nous pouvons compenser, comprendre ce poids de l’enfance, des traumatismes, des plaisirs de la vie d'antan, par un regard impersonnel en arrière. Ces souvenirs, en eux-mêmes, ne sont pas reliés à notre petite personne, mais à notre corps. L’identification à ce corps détermine le poids du passé.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
A la fin de la conférence, cette jeune femme s'approcha pour parler de sa vie. Elle avait fait le choix de nier le hasard, prenant les rencontres comme déjà écrites... C'est ainsi qu'elle s'était mariée, avait fait des enfants, et accepté beaucoup de choses au nom du destin. Bien sûr, l'idée que tout cela venait de son opinion personnelle et pas d’un sens profond, d’une destinée, lui posait maintes réflexions sur son vécu.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
- Je suis dans une grande incertitude, dit-elle, quand je considère toutes les conséquences de ce que vous avez dit. Je sens malgré tout une vérité en cela. Aurais-je une vie si différente pour autant, je n'en suis pas sûre. Je recherche avant tout l'Absolu, même si cela remet en question ce que j'ai pensé jusqu'à maintenant.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
- Voyez-vous distinctement comment les opinions masquent la réalité? Quand vous avez pensé que le hasard n'existe pas, vous avez fait des choix dans votre vie en fonction de ça. Maintenant, vous devez renoncer à suivre les opinions de qui que ce soit, même les miennes. Les opinions d'autrui doivent être passées au crible de votre propre expérience. Quand on se voit se taper sur les doigts avec un marteau, on arrête!&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
- Mais, maintenant comment vais-je supporter la vie que je mène? Tout ce conditionnement...&lt;br /&gt;
- Vous êtes mariée, vous avez deux enfants, vous êtes impliquée vis-à-vis d'eux. Vous dites par ailleurs que ce qui compte le plus dans votre vie, c'est l'Absolu; alors vivez cet Absolu, cette Unité, rien de ce que vous vivez n'a besoin d'être changé pour ce faire. Cette Unité inclut votre vie personnelle, vos enfants, votre mari. Il ne faut surtout pas croire que l'Absolu est quelque chose de différent de la vie de tous les jours. Mais si nous pouvons vivre l'Unité dans la vie de tous les jours, nous devons avoir une vigilance, un sens du sacré, une profondeur susceptible d’infuser l’Incréé dans le quotidien pour le renouveler constamment.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
21 LA MÉDITATION&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&amp;quot;Dans le corps, il n'y a aucun endroit où aller et demeurer.&amp;quot; Shin-Jin-Mei. Telle est l'essence de la méditation. Tout le contenu de la méditation, pratiquée dans le flot de la vie, ou assis tranquillement, consiste à dénouer les racines du différencié. Le corps est un lieu infini, quand nous le laissons être, et arrêtons de le penser. La méditation survient par le lâcher-prise, et fuit l’intention d’obtenir tout résultat. Elle prend sa source et évolue dans l’inconscient, dont la lumière se dévoile au persévérent à la disparition de son « moi méditant ». Dans l'activité, nous autres occidentaux sommes centrés sur la pensée et il nous est bien difficile d’abandonner cette position cérébrale quand, assis, dans le silence, nous essayons de percevoir mieux notre être foncier, notre centre impensable, indifférencié, notre énergie fondamentale. L’être gît en bas du corps et pas au niveau des pétales de la fleur cérébrale. Le réservoir d'énergie non-polarisée dort dans notre ventre, sous le nombril, le hara, en japonais.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
En acupuncture, il existe un point sous l'ombilic nommé &amp;quot;Chi Rae&amp;quot;, la mer de l'énergie. A ce niveau-là, se noue le contact avec l’être foncier, en-deçà du mental, des émotions, des distinctions, dans le centre de gravité, telle une porte sur l’illimité qui s’ouvre et se ferme au rythme du souffle... Noyé de pensées, de sentiments conflictuels, que faire pour intégrer notre racine corporelle, notre source intérieure? Rien, mais d’une façon totale, absolue, comme si l’action n’avait jamais existé, ainsi pouvons-nous dépasser le conflit et réintégrer l’être. Pour retrouver la fluidité foncière, les tensions doivent disparaître. La libre circulation doit s'instaurer entre les divers niveaux de notre corps, de notre colonne vertébrale, l'arbre de vie.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Bien sûr, la désintégration des noeuds conflictuels demande un travail sur ceux-ci en dehors des moments de silence durant lesquels on peaufine leur anéantissement. Là encore, une des clefs consiste à prendre conscience de la puissante illusion qui naît de notre propre cerveau, dans sa conception des choses, dans sa façon de traiter les événements, de sorte que nous puissions faire la part entre le fait impersonnel relatif au conflit et l’ajout personnel.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Un exemple à dessein immonde illustrera mes propos: quand mon père a tué ma mère et que petit enfant de six ans, je regardais, caché, le monstre sans pleurer de peur d’être assassiné aussi, où est le fait, et l’ajout personnel? Car c’est facile de traiter du sujet dans les faits anodins. Mais là? L’horreur est horreur seulement si nous lui donnons le pouvoir de l’être, dans notre for intérieur. Respirer calmement, se fondre dans le néant à l'expiration, laisser renaître le souffle ascendant le long de la colonne vertébrale; tel est le cycle qui couronne le sans forme. Petit à petit, les frontières corporelles s'estompent; le moi perd pied; nous percevons seulement le va-et-vient de la respiration dans le néant de forme. Parfois, des expériences supra-physiques surviennent lors de la méditation assise. Nous ne devons ni les craindre, ni les rechercher.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Voici plus de quinze ans, encore étudiant, j'ai vécu spontanément une expérience intérieure. Il était onze heures du soir. Je ressentis une sorte de langueur; une impression de méditer les yeux ouverts. Je m'assis sur le lit, dos calé par des coussins, et commençai sans le vouloir à respirer bruyamment à pleins poumons, comme si je ronflais. Et ce ronflement me suggéra &amp;quot;tu es cela qui observe le sommeil profond&amp;quot;. Mentalement, je me noyais dans mon centre de gravité, en suivant l'expiration. A mesure de la descente en moi-même, un courant phosphorescent ascendant vibra au long de la colonne vertébrale, jusqu'au dessus de mon crâne, me donnant l'impression de surplomber ma posture. Cela me surprit, à la limite de la peur; ma respiration s'accéléra ainsi que le rythme cardiaque. Cependant je restais confiant devant la stabilité de cette force à présent lumineuse qui semblait envelopper le corps et le figer comme une statue. Parallèlement, il s'était produit une activation énergétique en bas de la colonne vertébrale provoquant des distorsions somesthésiques et spatiales, comme si l'espace se contractait et se dilatait successivement, tandis que j'entendais un vacarme inarticulé, et voyais se dessiner devant mes yeux des gribouillis zigzaguants sur fond noir. Je conservais le langage et la pensée, mais ceux-ci semblaient décollés de la conscience lumineuse densifiée et flottaient à mi-hauteur, au niveau de la poitrine, comme une dentelle. Quand &amp;quot;je&amp;quot; me situais dans la tête, j'avais le sentiment soi, être. Plus bas, étaient la pensée et le langage auxquels je ne pouvais plus m'identifier; puis la base vertébrale avec ce déferlement inarticulé, indiscernable. Le corps, tel la toile sur lequel tout se dessinait, demeurait figé dans la lumineuse conscience bleutée. L'expérience dura presque une heure, et s'estompa quand je décidais d'ouvrir les yeux &amp;quot;pour voir si ça allait continuer!&amp;quot; Le vacarme passa comme une caravane. Ajoutons les précautions d'usage: Je ne me droguais ni à l'époque, ni maintenant, d'ailleurs. Je pratiquais déjà une méditation spontanée, de loin en loin. Ce type d'expérience ne s'est plus reproduite depuis des années. Le déferlement inarticulé m'a fait pensé à la crevaison d'un abcès contenant des impressions de la toute première enfance. Car s'il m'arrivait de ressentir des impressions semblables quoique très atténuées avant de m’endormir des années avant cette manifestation, cela a disparu depuis. Pour conclure, une telle expérience m'a permis de mieux comprendre notre physiologie subtile.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Actuellement, il ne me semble pas du tout obligatoire d’avoir des expériences d'éveil de l'énergie pour réaliser la conscience non-dualiste. Le principal est de se laisser porter. Si de telles expériences croisent votre chemin, accueillez-les, puis laissez-les repartir. La libération n'est pas un samadhi interminable, mais une conscience naturelle de l'unité, un constat de l’inexistence du « je » séparateur. Dans cette expérience de méditation spontanée, les mouvements doivent se faire sans effort, sans intention; c'est la clé, la condition sine qua non. Alors, la délocalisation s’instaure naturellement, notre nature foncière devient évidente. Tout se passe sans technique par l’abandon, le glissement sans effort vers notre centre de gravité, vers le hara, lac de l'énergie indifférenciée. Si nous n'arrivons pas à nous abandonner, constatons ce fait sans le refuser, et dépassons-le sans l'alimenter. Porter l'attention sur le souffle, en-deçà du mental est alors une aide. Faut-il une position particulière quand nous méditons assis? Oui. L'expérience des anciens est parlante sur ce fait. La position la plus stable, facile à garder longtemps, est la meilleure. Celle du zazen convient. Les positions yoguiques du lotus, du siddhasana ou simplement « en tailleur » peuvent être adoptées également. Le but est de garder la colonne vertébrale droite, les lombes cambrées, afin de faciliter le non-effort. Le corps ne peut pas rester immobile dès la première fois, il faut l'entraîner. Si vous êtes bien sur une chaise, droits et relaxés, la posture est bonne. Cela dit, la méditation assise n'est pas indispensable sur la Voie. La marche dans la nature nous offre d’atteindre parfois un silence intérieur total. L'abandon seul est primordial. Au nom du Guru, de Dieu, de Jésus, là n’est pas l’important, ce sont tous des formes du sans forme... Nous n'avons aucun effort à faire; nous sommes déjà arrivés! Mieux encore, nous sommes absents depuis l’origine...&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Résumons-nous. La méditation assise repose sur plusieurs piliers: le non-effort, la stabilité, respiration spontanée, l'attention se portant par l’intérieur plutôt vers le bas-ventre, entre le pubis et le nombril. L’essentiel est la vigilance globale et sans choix. Cette vigilance permet de ne pas s’endormir bien sûr, et surtout de ne pas se laisser aller à la rêverie. Cette rêverie se produit facilement dès la fermeture des yeux. Tous les événements mentaux émergeant de notre esprit doivent être regardés avec neutralité, associations d'idées, et autres scénarios. A nous de nous fixer au niveau de l'écran sur lequel le film est projeté et ne jamais nous laisser emporter par les images. Parfois, d'autres niveaux de conscience se manifestent; cela est normal et sans danger. Au retour d’une telle expérience, nous reprendrons le cours de notre observation impersonnelle. Il faut garder vivement à l'esprit l'unité des choses; et ne pas mettre de barrières entre la méditation au repos et celle dans l'activité. Sinon le champ de la vie se cloisonne, au détriment de notre bonheur de le voir sans limite. De la même façon, nous devons éliminer la distinction entre la méditation et les autres activités. Tout doit être fondu en un. Méditer, c'est perdre tous les repères séparateurs. Krishnamurti a dit une chose très belle sur la méditation: &amp;quot;Ce qu'il y a d'extraordinaire avec la méditation, c'est qu'on ne sait à aucun moment où on est, où on va, et quel en sera le terme.&amp;quot; C'est le sens du dépassement des limites. L'esprit a perdu toute mesure. Un matin, je me réveillais, avec un arc-en-ciel au-dessus de moi; écrit en lettres d’or « meditation only ». Dieu parlerait-il anglais? Sans doute un clin d’oeil d’un guru anglophone... Quoi qu'il en soit, la méditation doit être spontanée et non pas programmée.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
22. L’ICEBERG. DU CONNU à L’INCONNU&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Le moi est la partie émergée de l’iceberg mental qui considère le réel comme différencié, excluant toutes les expériences non-différenciées de la réalité. L’avantage de cette vision tient dans la cohésion sociale du sujet vivant, car l’ouverture à la profondeur immergée de l’iceberg suppose de changer la réalité, de donner priorité à l’indifférencié, à l’Inné, à la conscience non-discriminante, que d’aucun appelle inconscient, et la société où nous vivons ne considère pas du tout ce point de vue global, unitaire. Elle le fuit, pour tout dire. Elle le craint. Car ses petites valeurs bourgeoises ne reposent que sur le consensus de l’avoir, de la possession, pour dire mieux, des biens de consommation nourrissant l’ego, sécrétant une vision étriquée du réel. Ce n’est donc pas une mince affaire de changer les critères de réalité, cela suppose changer de société également. Mais n’est-ce pas au fond ce que cette société sans racine engendre? Elle meurt d’économisme. L’homme a souvent besoin d’un coup sur la tête pour comprendre les choses, n’est-ce pas? Et s’il n’en périt pas, sa compréhension fera des merveilles!&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
23 VANITÉ DES VANITÉS. TOUT EST VANITÉ ET POURSUITE DU VENT.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Voilà le plus sage des chapitres bibliques. De quoi souffrons-nous ? Du temps qui passe... L'ego ne peut pas se résoudre à la fuite du temps. Les richesses chéries amassées durant des années pourront se trouver comme des feuilles mortes, dissipées par le vent. Les êtres aimés irons au cimetière, un jour; et nous aussi. Le sage accepte ce temps qui nous rapproche de la mort, adhère à l’impermanence. Qui est né doit mourir. Pourquoi s'attacher et souffrir de la disparition des êtres et des choses? L’amour n’est pas l’attachement. La fluidité de l'esprit filant comme le vent lui permet de suivre le cours du temps.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
L’esprit libre des choses et des êtres accueille la mort. Il meurt à chaque seconde pour renaître la seconde d'après. Cela n'empêche pas d’apprécier les gens ni de les aimer. Ce vécu n’engendre pas l’inaction; mais au contraire l’action intense, si nécessaire. Devant l’impermanence des choses, plaisirs, et souffrances, l’homme peut trouver la force d'âme pour affronter la vie, les difficultés, en se situant dans l'unité des choses, au-delà du bien et du mal, du plaisir et de la peur, dans Cela qui ne passe pas. *&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
24 L'ORDRE EXTÉRIEUR ET L'ORDRE INTÉRIEUR&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
L'ouverture de la conscience à sa source inconditionnée entraîne une harmonisation de l’énergie corporelle, émotionnelle et mentale; et cette harmonisation est ordre. L'ordre ne doit pas être imposé. Cela ne sert à rien, et de toute façon ne sera pas durable. L’ordre imprègne aussi bien notre corps, qui est ressenti comme léger et fluide, sans tension musculaire inutile, dans une attitude juste, que l'intellect qui apparaît prompt à répondre adéquatement au challenge du réel. Tout est réglé immédiatement, autant que possible. On voit parfois une incapacité à rejeter les déchets se manifester à la fois matériellement (je laisse s'accumuler les ordures ménagères) et moralement (je ressasse des pensées). En revanche on voit les deux processus se régler simultanément dès que mon énergie se fluidifie à nouveau. Il est capital de rester vigilant dans l'activité banale quotidienne afin de voir si nous sommes fluides ou pas.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Dès l’apparition des obstacles, répondons immédiatement. Alors nous naviguons le vent en poupe, tout spinnaker dehors, et surfons sur les lames adverses. Prenons un exemple: J'ai cette facture à payer demain, et n’en ai pas le premier sou. Je fais sans attendre la démarche pour faire différer le paiement, puis pour trouver cet argent. Ne pas payer provoque un blocage qui m'empêche de me sentir fluide, ronge ma mémoire en arrière plan et me prive d’apprécier une soirée occasionnelle entre amis. Ou bien, je fuis, mais cela m'éloignera de ma nature profonde qui est immobile. Un jour la fuite doit cesser... Enfin, peut-être le temps est venu de voir l’huissier saisir les meubles, (tiens, justement, la commode laide de belle-maman va enfin partir!) sans joie et sans rancoeur.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
L’ordre intérieur se projette à l'extérieur. Le désordre freine notre énergie, en revanche, l'ordre produit la paix, la légèreté, la fluidité. S’il nous appartient de nous accorder intérieurement à notre source non-duelle, les effets résultants ne nous concernent plus. Ils se font tout seuls, comme la vie coule et nous porte.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
25 WEEK-END Â ST MALO.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
L'automne était arrivé, après plusieurs mois de soleil radieux. Cette après-midi-là, le vent était frais; la mer d'un bleu-vert froid, à marée haute, léchait la digue, tandis que petits et grands se pressaient pour voir sauter les vagues. Le soleil couchant finissait de donner à ce tableau l'aspect féerique d'un rêve heureux. Le reflux des vagues formait avec le flux un mur d'écume jaillissant à plusieurs mètres de hauteur. Quatre garçons téméraires, surfaient sur ces lames jusqu'à être jetés à flan de digue. Ils transformaient l'obstacle en jeu. Nous marchions en nous esclaffant, amusés par le spectacle.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Que l'esprit est beau d’observer sans intention de saisir ni d'accaparer la vie. Trop souvent, nous regardons comme à travers un appareil photo, sacrifiant l'instant présent pour l'image à garder, ne voyant plus ce soleil couchant, mais déjà la photo qu'il donnera. Il nous faut surfer sur la vague du présent; lui coller à l'écume. Car elle ne cesse d'être en mouvement, toujours neuve à chaque seconde. Si nous essayons de conserver une trace du passé en nous retournant, c’est le plongeon! Les difficultés n'existent que si nous ne faisons plus corps avec le réel. La réflexion n’est pas utile à la vie. Comparer le présent avec les expériences révolues ne nous fait pas pénétrer notre vécu en profondeur.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
_Comment voir la réalité quand ma vie se complique jusqu'à l'inextricable? Je n'ai même plus l'énergie pour penser.&lt;br /&gt;
_Observer ce fait d'être confuse et ne pas le fuir, voilà ce qui permet le centrage. Votre vie est la résultante de votre activité. Pourquoi rajouter à votre destin, malheurs ou joies, des réflexions personnelles, des peut-être, des oui-mais, ou des « non-non-non »? Votre esprit peut rester simple et serein dans la plus grande tourmente, par l’accueil de ce-qui-est, sans désir de victoire ni peur de défaite.&lt;br /&gt;
_ J'ai pourtant l'impression d'accepter de voir ce-qui-est. Mais en profondeur, tout continue de tourbillonner.&lt;br /&gt;
_ Rappelez-vous, le vent ne fait pas avancer l'iceberg; mais le courant marin, oui. Votre acceptation est restée superficielle; le subconscient ne l'a pas écoutée. Prenez-le par les sentiments! Si votre coeur est occupé ailleurs, il n'écoutera pas les dires de la pensée; s’il écoute, persuadez-le d'accepter la souffrance pour mieux l’observer. Alors le oui sera plus profond, le centrage plus complet, la compréhension de l’univers, plus limpide. L’important n’est pas de résoudre les difficultés, même si cela heurte la logique, mais de voir les choses comme elles sont. Il ne s’agit pas de laisser aller. En fait, les problèmes sont les problèmes pour l’ego. La solution découle d’une vision juste et non pas du désir, de la volonté, d’expulser ledit problème.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Mais qui peut vraiment prêter l’oreille à ce langage? Pas l’ego en effet, à moins d’y voir une méthode pour réaliser un dessein particulier, mais l’être en nous, seul à même d’écouter et appliquer naturellement cette vision. L’être agit sans désir du résultat, voit sans interférence; ses effets sont donc positifs. Regardez, quand vous attendez une réponse prégnante, pendu aux lèvres d’un quidam qui vous raconte par le détail ses dernières vacances aux Antilles; vraiment, pouvez-vous l’écouter? Ou au contraire n’êtes-vous pas assourdis par l’exigence intérieure? L’être, bien sûr, ne va pas résoudre les problèmes dans le désir de l’ego; il va répondre à la situation par une action spontanée, et peut-être ne pas répondre du tout. Cela inclut donc une attitude de lâcher prise intelligente, sans préoccupations personnelles, au profit d’une ouverture impersonnelle au monde et aux êtres.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Une telle réalisation intérieure découle du constat de l’inexistence de l’ego et vient couronner un cheminement persévérant vers le dépassement des rouages « autolâtres ». Un pas de plus, sans vouloir brouiller les cartes. Parler de l’être comme d’un sujet reflète de manière tronquée son statut; il faut comprendre « vision impersonnelle, sans sujet ni objet ». Cela n’implique pas absence de perception. Il y a bien perception, reconnaissance des objets (qui ne sont plus stricto sensu des objets, puisque sans sujet), mais sans personne pour percevoir; choisir, refuser. Reste le « voir ». Vision...&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
26. LE CHANT INTÉRIEUR DE LIBERTÉ.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Un fin courant d'eau vive et subtile coule au fond de nous, et nous maintient en vie. Ce fil lumineux ne nous apparaît pas spontanément. Il jaillit à la source de notre pensée. Et tant que nous pensons, impossible de le voir. Que de beauté, de sublime dans cette énergie plus-que-subtile! Que d'innocence, de vulnérabilité, et d'amabilité. Sans ce courant ténu, l'homme ne vaut pas la bête. J'ai bien peur que ce fût souvent le cas... A la télévision, ce soir, Nuremberg. Les camps de concentration. L'horreur faite homme quand celui-ci se coupe de sa source de compassion. La guerre, de quelque côté qu'on l'envisage, démontre à l'extrême le mal de la pensée idéologique. Cette pensée cristallise l’ego individuel, lequel principe ego fonctionne aussi au niveau des nations. Les conflits naissent toujours de la lutte pour un but, au lieu de répondre naturellement à la situation sans déchirement avec les voisins.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Le mirage du gouvernement d’une nation est tout-à-fait semblable à l’intronisation de l’ego roi, et la vraie révolution s’incarnerait dans une anarchie, une décapitation définitive de toute forme de pouvoir, à l’instar de la chute de l’ego lors de l’éveil... Une nouvelle forme d’autogestion s’incarnerait alors si chacun vivait la conscience non-intentionnelle. Autant dire qu’un millénaire passera avant cela!&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
L’économisme doit finir son parcourt. Le courant subtil est le chant de la liberté. C'est le chant de l'amour. Pas de l'amour humain, mais de l'amour qui n'a pas de nom. Qui est ouverture sans condition. Regard de compassion. Compréhension au sens englobant. Mais toujours dans le respect de l'autre. Même si pour cette conscience, il n'y a pas d'autre. Seul, l'amour peut rendre supportable ce regard sur l'horreur dont l'homme abuse quand il a perdu de vue sa nature profonde. Car cette déchéance chante les louanges du Sublime.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
_C’est horrible, ce que vous dites là: les horreurs perpétrées par les hommes chantent les louanges du Sublime! Cela me révolte.&lt;br /&gt;
_L’oubli de notre nature essentielle peut disparaître devant l’horreur, comme si nous crevions la pellicule du film et que la lumière jaillissait, mais cela ne peut survenir qu’au-delà de la révolte. Alors l’être crève l’écran, si l’on peut dire, et l’amour fait loi.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
*&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
27. LE BONHEUR.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
La quête du bonheur tourne le dos au bonheur. Paradoxe? Quand l’homme aboutit dans sa recherche, par exemple avoir une belle maison, une Mercédès, une femme amoureuse et sexy, des enfants mignons, intelligents, travailleurs et obéissants (et pleins d’humour!), est-il vraiment heureux? Souvent non. S’il n’est déjà parti dans un nouveau projet, il se rend bien compte du manque de « quelque chose » d’indéfinissable. Il demeure perplexe. Seul, le contact avec son vrai moi donne le bonheur durable . Et l'homme refuse de s'ouvrir à sa nature profonde non-dualiste, par peur et par méconnaissance. Par peur, parce qu’un regard vers le fond de soi donne le vertige, par méconnaissance, car peu entendent la possibilité d’ouverture de la conscience. Cependant, cette coupure en lui-même va lui faire accumuler des problèmes jusqu'à l'insurmontable. Si la vie l'épargne, il ne se rendra compte de rien. Si, en revanche, il est noyé dans les difficultés, le cercle infernal va se boucler, aucune réaction susceptible de le rompre ne va intervenir spontanément.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Seule, la grâce de rencontrer la verticalité peut dénouer ses chaînes, en un éclair intemporel. Cette rencontre sera peut-être une parole, une phrase dans un livre, un être à l’écoute, un sourire dans le métro; pas forcément pointant vers le Réel, mais cristallisant notre façon déviée d'envisager les événements, telle une caricature. Mille ans de souffrance seront volatilisés en un clin d'oeil. La vie est si simple quand on la regarde à nu. Ne cherchons pas si loin, la transcendance; ni la rémanence; ni la conscience; ni le non-être; ni le samadhi; ni le nirvana; ni sat-chit-anand , ni même tout simplement le bonheur.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Lavons notre esprit d'une vie de complication, de préjugés, de connaissance &amp;quot; de Dieu&amp;quot;. Si nous voulons voir la Voie Parfaite se réaliser sous nos yeux, ne concevons nulle pensée, ni pour, ni contre. (SHIN-JIN-MEI). Le bonheur naît avec cette attitude de lâcher prise, sans ramollissement, dans la vigilance quotidienne. La quête du bonheur est poursuite d’une ombre; jamais on ne peut l’atteindre. En revanche le lâcher prise, l’ouverture vigilante engendre le bonheur inconsciemment, durablement par l’assise intérieure « en sa propre nature ». Le bonheur est comme le sommeil, si l’on court après, il fuit!&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
* * *&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
28. DEPENDANCE / INDEPENDANCE: la dualité majeure de l’ego.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
La liberté suppose une rupture des chaînes. L’ego, confronté à la dualité relationnelle dépendance / indépendance, avec en arrière fond sa fragilité en face des autres vécus comme forts, recourt à de nombreux subterfuges afin de survivre sans écartèlement. Situons notre degré de dépendance et d’indépendance dans nos relations, tant familiales, qu’amicales, que professionnelles, sociales (couches), ou nationales... Sous cet angle tout est relation et qui dit relation dit dépendance / indépendance. Et observons la façon dont nous fuyons les relations d’un côté et la solitude de l’autre. Peut-être n’avons nous pas de déséquilibre dans les relations familiales, avec notre femme ou notre mari; ou avec nos enfants, nos propres parents...&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Est-ce dans notre situation sociale que nous sommes trop liés ou au contraire trop distants?.. Tout cela doit être éclairci afin de regarder ces liens avec sérénité dans une conscience d’acceptation. La fragilité du moi en face des autres est le facteur causal de ces problèmes. Dépendant naturellement et menacé d’étouffement si les proches répondent à ces besoins de chaleur humaine, l’ego essaie de se frayer un chemin médian, entre la peur de l’abandon et celle de l’étouffement, génératrice d’angoisse, de panique. Cette situation est particulièrement dramatique chez l’adolescent. Il sort de l’enfance et donc de la dépendance pour aller vers l’autonomie, et si les mouvements intérieurs se font grinçants, l’angoisse, l’instabilité pointe leur dard. Cette équation n’est pas facile à résoudre dans cette période de mouvance. L’absence d’ego rime avec neutralisation de cette équation dépendance/ indépendance. La juste distance, ni trop près, ni trop loin, s’établit naturellement, sans attirance ni répulsion...&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
29 LE CONSCIENT, L’INCONSCIENT. Le différencié et l’indiffériencié.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Notre conscience temporelle, relative, ne voit dans l’indifférencié qu’inconscience insaisissable. Comme le consensus social nous pousse également à nous considérer en tant qu’être conscient, reléguant l’inconscient au rang de magasin de souvenir, voici fermée la porte de notre nature profonde, du Soi, de l’Absolu qui gît caché là. Il est donc de la plus grande importance de nous ouvrir à la dimension inconsciente de notre être, de ne plus nous considérer comme des êtres uniquement conscients. La vérité est que nous sommes en majorité inconscience, laquelle engendre une conscience relative. Si la conscience relative ne connaît plus sa source, elle souffre, et finit par retomber épuisée dans le berceau de l’inconscience, ne serait-ce que par le sommeil profond, ou par la dépression. Ces mots de subconscient et d'inconscient sont en fait pratiquement des synonymes du mot &amp;quot;coeur&amp;quot;, tel qu'on l'évoque en disant &amp;quot;l'intelligence du coeur&amp;quot;. L'éveil passe par le coeur.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Autrement dit, convaincre notre coeur, nous convaincre en profondeur de l'unité fondamentale, prend du temps. Ce coeur est lent à comprendre. Mais ce qu'il comprend, il l'applique à fond et notre vision du monde s'en trouve chamboulée. De quoi nourrissons-nous notre coeur, d'habitude? Trop souvent de fadaises, de conflits médiocres, d'espoirs déçus. Forcément, une telle vision engendre de la souffrance. Une réalisation intelligente imprégnera peu à peu notre inconscient et fera germer nos semailles. Quand la graine de non-dualité bourgeonnera, &amp;quot;mille soleils&amp;quot; se lèveront à l’horizon.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Le contrôle de nos pensées est donc important: Elles se réverbèrent dans notre for intérieur et conditionnent notre bonheur ou notre malheur. Tel est notre &amp;quot;karma&amp;quot; et point autre chose. Si nous pensons à longueur de journée ceci est mieux que cela, je préfère Tahiti à La Baule, Kim Bassinger à ma femme, comment voulez-vous que le soir venu, un instant de recueillement ne reste pas vain? Nous devons nous sentir engagés sur le chemin de la non-dualité constamment. Â chaque instant, nous créons notre manière d'appréhender le monde. Alors l'unité infusée rejaillira dehors avec splendeur. Nous serons noyés dans le cristal absolu, les yeux écarquillés de bonheur. La lucidité s'installera sans effort pour nous inspirer le juste faire, le juste penser, le juste aimer.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
30 VOIR.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Le froid était arrivé, avec ses matins givrés et ses brumes fantomatiques. Les corbeaux croassaient dans les champs labourés. L'esprit semblait gelé comme l'air tout autour. Les idées ne venaient pas; il y avait juste le voir, et rien d'autre. Le voir est communion avec l'ensemble. On ne se met pas en marge du spectacle; on en fait partie. Dans cette unité du voyant et du vu est la paix. Voir ne se provoque pas; le danger de la séparation du voyant et du vu, avec son cortège de conflits, incite l'esprit à renoncer à la dualité. Croire à l’existence réelle du témoin, du sujet, crée l’objet et la dualité dans la perception. Voir apparaît alors sans effort. C'est un état naturel. C'est la fondation de notre être et de notre conscience, à laquelle nous surajoutons la pensée, le langage, la discrimination.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Â tout moment, nous pouvons retourner à ce niveau basique de notre être. Voir est Absolu. C'est la source de notre énergie. Quand la course dans le monde a déchargé nos batteries, plongeons dans cette profondeur de nous-mêmes. Nous serons recréés. N'ayons pas peur de perdre nos repères habituels, car cette peur est le principal frein à l'ouverture en profondeur. Nous ne devons plus préjuger de tel ou tel fonctionnement. Flottons sur l'onde et l'énergie rechargera les canaux vitaux.. Pas de centrage dans une partie du corps, surtout dans la tête, lieu privilégié de la pensée, de l'ego. Descendons dans notre ventre, puis disparaissons, naturellement. Sans penser, où sommes-nous ? Nulle part. Mais beaucoup ont l'habitude de se situer derrière les yeux. Il faut que se soient vos tripes qui voient par vos yeux! Et non pas votre moi.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
*&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
31 LA VIE EST UNITÉ.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
L'hiver n'était pas encore arrivé, pourtant l'air était froid et vif, fouettant le visage. La matinée ensoleillée finissait de dissiper les brumes. Les oiseaux se réchauffaient, perchés sur des îles sableuses inaccessibles aux hommes. Dans leurs ébats, vous sentiez la vie, la même énergie-conscience qui soutient tout, nous fait digérer, parler, penser et voler les oiseaux. Alors, il n'y a plus &amp;quot;d'autre&amp;quot; séparé de nous ; la même chit-shakti fait tourner le monde, la même conscience agit chez les oiseaux, avec sa simplicité cristalline et sa qualité d'amour. Une conception particulière de votre intellect serait incapable de produire une telle expérience, vécue directement dans votre être dilaté. Cela ne vous donnait pas la possibilité de gouverner le vol des canards. Cette conscience laisse la vie suivre son cours; sans intention particulière. Le défaut d’innocence repousse l'unité du monde dans les rêves. La subtilité, l'intensité de la vigilance, une immobilité complète, non forcée mais fruit du respect passionné de l'environnement naturel, de la vie sous toutes ses formes, sont nécessaires à l'émergence de cette qualité de conscience non-duelle, à ce doute salutaire qui ravive les vieilles façons. Jamais le doute n'effleure les gens qui marchent sur les fleurs... On partage l’être, inconsciemment et non pas une conscience objective; on ne voit pas par les yeux des oiseaux. On est oiseau « de l’intérieur ».&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
32 Dieu est là...&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Ce courant limpide au fond de nous a souvent du mal à émerger de nos préoccupations quotidiennes. Nous sommes baignés à chaque seconde par ce courant d'amour et de félicité inconsciemment. Mais ce ruisseau divin respecte notre vie, même si ce respect nous prive du sentiment extatique de le vivre. Le plus grossier voile le plus sublime. C'est ainsi. Le moindre petit nuage peut cacher le soleil, du moins quand on est sur terre (pour le soleil, rien ne change). Quand nous sommes dans la peine, rappelons-nous qu'au fond tout est parfaite béatitude, si nous laissons notre ciel intérieur s'épurer des nuages de la pensée. Dieu est déjà là, totalement. Nous n'avons qu'à Lui laisser un peu de place...&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
33. UNE VISION D'ENSEMBLE DE LA VIE.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
La vision de l'unité du monde s'établit au départ en prenant conscience du mouvement de l'énergie cosmique universelle, lequel ne sied pas dans le mental de l’être humain, mais au contraire en-deçà de son mental dans les sphères inconscientes de l'activité automatique en lui, des mouvements instinctifs, mais aussi et surtout dans le domaine de l’indifférencié, là où toutes les ondes enregistrées se fondent dans les limbes de l’indéfini, là où se construit la conception du monde sous-tendant notre perception. Les animaux vivent l'unité mais ne peuvent pas en avoir conscience. Il faut le miroir &amp;quot;j'ai conscience que je pense&amp;quot;, faculté humaine par excellence, soit présent. Quand l'homme observe et ne recouvre pas ce miroir par des pensées, il peut jouir de la perception de l'unité.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Donc au départ, la perception de ce niveau primaire en nous ouvre la porte de la perception du non-limité. Cette énergie que nous voyons alors chez les êtres vivants est la même partout. Cela donne le sentiment d'un corps immense fait de cellules disparates, comme des globules sanguins, circulants dans le même espace sans se toucher; mais un même corps, une même conscience englobant tout. Notre perception habituelle, focalisée sur l'intellect discriminant, ignore le plus souvent cette vision globale. Au contraire, elle accentue les distinctions entre les choses, entre les gens, et nous donne le sentiment de séparation nommé ego .&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
L'ego est cet agent intégrateur de tous les mécanismes de comparaison, de discrimination, d'analyse, de choix, facultés indispensables de l'intelligence, oui, mais qui doit se cantonner à son niveau et ne pas priver l'individu de la vision naturelle du non-différencié, du foncier, qui lui restitue son unité en lui-même et unité avec le monde. Notre culture nous fait nous identifier avec notre moi temporel, notre conscience de surface, relative, alors que notre être dort dans les limbes de la profondeur, étranger aux querelles de la dualité de l’existence.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Or, que ce passe-t-il maintenant dans le monde ? L'ego est devenu le roi. Les pays sont l'incarnation de cet ego-roi. Ils réagissent avec la même négation de l'harmonie universelle que le ferait un individu isolé. La guerre, la domination, la violence sont douces dans le monde animal à côté de ce que l'homme peut faire. Les lois de la nature, telle la dominance, par exemple, comme on le voit dans la lutte de deux mâles éléphants-de-mer pour gouverner le troupeau et féconder toutes les femelles, dont on sait les avantages génétiques, est reprise par l'homme pour en faire un holocauste. Quand l'un des mâles s'est déclaré vaincu, l'autre ne le terrasse plus; l'homme, pour sa part, n'hésitera pas à tuer le vaincu. Et au niveau d'un peuple, cela s’appellera génocide...&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Le monde a pris cette tournure folle par la domination du principe ego. Et comme au niveau individuel, la vision impersonnelle amène à rejeter l'ego, source de la souffrance, de même, au niveau mondial, faudra-t-il se rendre compte de la perversion engendrée par ce même principe directeur. Cela dit, les lois de réaction levées par l'ego en produiront tôt ou tard l'annihilation. Ainsi fonctionne l'ensemble, l'unité restera la loi première. On peut dire que la démocratie représente un pas décisif vers la liberté des peuples, par rapport à une dictature. Mais l'avenir de l'humanité sera de retrouver le sens de l'énergie foncière qui la porte depuis toujours et lui inspirera l'ordre général et pacifique propice à l'épanouissement de tous et de chacun.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
La clé, c'est que chacun doit comprendre d'abord à son niveau individuel, pour qu'ensuite l'ensemble de la société suive le mouvement naturel. Il n'y a donc pas de frustration de l'individu en face de la société; c'est l'individu lui-même qui construit l'édifice social, et non pas une fois, mais seconde après seconde; il reste le maillon inspirateur éternel. Rien, en effet ne sera écrit de cette loi-là. La Loi restera vivante par ce jaillissement constant en chaque individu. Jean-Jacques Rousseau n'a sans doute pas rêvé d'autre chose; mais il fallait l'accès à cette perception directe de l'énergie cosmique, de l'ordre de la Nature, une vie en l’Etre, pour que l'homme soit effectivement bon.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
34 LA TEMPETE ET LA COLERE.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
La tempête faisait rage depuis deux jours. La mer sautait par dessus la digue et atteignait les jardins des maisons en bordure. On pouvait à peine marcher sans tomber tant le vent soufflait fort. D'ailleurs, il n'eût pas été prudent de s'aventurer le long de la digue. Le spectacle grandiose donnait le frisson. Les tempêtes de la nature semblent laver le paysage de la présence humaine. Elles restituent le neuf, le frais. C'est une récréation au sens propre du terme. Marcher sur une plage un lendemain de tempête donne le sentiment du renouveau, d'un printemps; la lumière elle-même semble immaculée. L'air pur et frais nous redonne la vie. Parfois la colère, comme la tempête, redonne l'innocence du nouveau-né. Souvent aussi, la colère témoigne d'une distorsion entre le fond et la surface de l'esprit. Le fond ne se laissera jamais gouverner par la surface. Tôt ou tard, il explose si on contrecarre son mouvement.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Alors pourquoi ne pas écouter la profondeur de notre être et ainsi éviter toute distorsion? Notre bonheur dépend de notre accord avec notre intériorité. Comprendre les passions enfouies libère des pulsions. Certaines d'entr'elles représentent des manifestations instinctives déjà programmées avant notre naissance, et qui concernent la survivance de l'espèce, par exemple. Quand on les regarde de la sorte, elles ne s'imposent jamais, elles suggèrent que la situation se prête à telle ou telle acte spécifique. Mais il ne faut pas les occulter, car elles resurgiraient avec une puissance insurmontable, parfois déviées de leur finalité de départ. Vivre les manifestations de la nature sans s'y opposer, permet de percevoir subtilement les opportunités. L'énergie sous son aspect impersonnel se projette parfois pour connaître l'état vibratoire d'une personne ou d'un animal, par exemple.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Suivant la loi d'harmonie universelle, les rencontres s'effectuent naturellement, sans forcing. Elles n'apportent alors que satisfaction et bonheur. On peut percevoir chez quelqu'un la fausseté quand on est limpide soi-même, sans aucune intention, que l'on regarde simplement, ou encore identifier l’intention, même voilée. Cette perception est basée sur l’apparence, mais aussi, intuitivement, par ce niveau d'énergie qui n'a pas de frontière, on peut prendre conscience de couches plus profondes. Il faut rester innocent en cette matière. Toute intrusion de la volonté, par exemple de savoir, fausse la perception naturelle et sans effort. La vision de l'avenir peut parfois se manifester. L'avenir existe à l'état potentiel, mais rien n'est encore inéluctable dans l'instant présent.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
35 L'EGO SE MEURT...&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
L'ego se meurt. Il se meurt quand tout bascule, qu’un sentiment d'abandon, de lâcher-prise monte de la profondeur, suite à la vision du fonctionnement de l'ego. Le constat d’une indicible fourberie congénitale du dictateur ego interpelle le sublime. Nous sentons alors monter le pur diamant de l’incréé, lequel rejette un fonctionnement egotique. La buddhi, cette fonction du mental indépendante de l'ego, observe ses faits et gestes, et tôt ou tard, constate son inexistence, impersonnellement. Cela se fait sans une intervention volontaire; on ne peut pas dire &amp;quot;je vais rejeter mon ego&amp;quot;, car qui dirait cela ? L'ego ! Croyant par là atteindre l'absolu inconditionné.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
L’ego est une interprétation erronée. Le dictateur prétend diriger la nouvelle constitution... Il doit mourir pour que la liberté soit ! Nous sommes ce dictateur. Alors ne nous leurrons pas sur le sens de la révolution. Nous serons fusillés en premier. Nous n'aurons pas de place dans le futur gouvernement. L'ego ne sera jamais à la tête de l'inconditionné; être inconditionné, c'est ne plus avoir de tête !&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
36. LE PLAISIR ET LA SOUFFRANCE.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Nous voulons le plaisir et refusons la souffrance. Tel est le noeud de la dualité. Le monde est plaisir et souffrance. Ils sont inséparables, comme l'ombre et la lumière. Nous poursuivons notre rêve d'un monde où le plaisir existerait sans la douleur, et sommes déstabilisés quand cette dernière s'acharne sur notre dos. Chaque peine contient un bonheur, et chaque bonheur contient sa peine. Telle est la réalité. Bonheur-souffrance. Souffrance-bonheur. Un jour, il faudra bien regarder cela en face. Nous ne serons jamais heureux dans la fuite. Quelque part, cette vérité est inscrite en nous. Quand j'ai découvert cette dualité inséparable, que je l'ai vue en face, l'ai acceptée comme inéluctable dans la manifestation, ce fut comme une extase de compréhension. J'étais devenu libre en acceptant la prison.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Nous ne souffrons jamais de ce-qui-est. Nous souffrons de notre refus de ce-qui-est. Voir cela, et la souffrance qui résulte de notre réaction, c'est dépasser cette réaction. Mais nous ne devons pas refuser notre réaction; cela ne mènerait à rien. Nous resterions dans l'arène. Il faut voir ce-qui-est. Dedans, dehors, le monde et notre affectivité. Quand tout cela est vu comme unité, c’est-à-dire accepté foncièrement, alors nous sommes libres. Nous n'avons pas à créer cette unité; elle préexiste à l'apparente dualité. Il nous faut voir la dualité en tant que dualité, l’ego comme également duel, le sujet inexistant.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Voir l’ego comme inexistant, révèle un pur sujet, lequel disparaît bientôt tout comme l’objet. Il ne reste alors que la perception sans personne qui regarde ni objet (littéralement « jeté devant »); autrement dit, l’objet se trouve recentré par la disparition du vecteur polarisant sujet objet. C'est tout. Je suis libre de ce que je connais. Qui refuse le malheur et cherche le bonheur? L’ego. Il s’impose comme chef, essayant de paraître différent de la dualité; de surplomber le mental, alors qu’il est dualité, qu’il coure dans l’arène, ballotté au gré des courants de peur et de désir. L’unité s’établit dans la constatation de l’inexistence de l’ego en tant qu’entité stable et libre...&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
* * *&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
37 FAIRE POUR RIEN...&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Voici un des noeuds majeurs de l'union au Principe. Nous faisons tout pour quelque résultat. Nous trouvons absurde de faire sans intention. Cela nous est même impossible à imaginer. Nous faisons un acte en vue d'un résultat, sinon, pourquoi agir? Or voici, le Principe agit sans agir; sans aucune trace de volonté, ni but. Nous voici désarmés devant l'innocence foncière. Le jeu cosmique de déroule sans scénario. Il ne semble pas y avoir de règles préétablies. Sauf dans le cadre qui sous-tend la manifestation. Il y a bien les forces fondamentales de la physique universelle, qui tendent l'écran de l'espace-temps, mais il est clair qu’elles sont apparues par sélection spontanée, et non consciente. Des milliards d’univers ont peut-être avortés jusqu’à ce que la vingtaine de constantes universelles soient justement réglées ensemble. Dans l'expérience subjective de la conscience, tout ce passe comme si le foncier était uniquement impersonnel. Tant que nous restons accrochés à notre conscience personnelle, nous ne pouvons pas en effet accéder à des niveaux profonds. Par contre, dès que nous laissons fondre notre moi dans le sans borne, dans l’indéterminé, nous nous unissons ipso facto au cosmique. Et l'accès à cette impersonnalité nous donne une vision de la marche universelle qui nous semble alors la seule réelle. Ainsi, tant que nous courons après l'illumination comme un objectif, nous nous coupons à coup sûr de la réalisation. C'est au contraire par la compréhension du principe, en particulier dans son aspect non-intentionnel, innocent, que toute volonté en cette matière nous quitte et qu'alors nous réalisons l'absolu. C'est dire pourquoi l'ego est un tel obstacle à la réalisation; pour lui il n'y a que suite de choix, attraction, répulsion. La compréhension du Principe le transcende complètement. Pour le Principe, qu'y aurait-il à espérer encore?&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
* L'esprit reste vide et pourtant les lignes se remplissent. Elles sortent directement du Néant. Le corps est bien campé, stable et serein. Les doigts courent sur le clavier. Qu'est-ce qui pousse à écrire dans la stabilité, dans le plein de l'instant? Ça écrit, comme le coeur bat. C'est la Vie qui va. Sans but. *&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
38. C'EST NOUS QUI TENONS LES VANNES DE L'ILLUMINATION. N'est-ce pas étonnant de lire, &amp;quot;c'est nous qui tenons les vannes de l'illumination&amp;quot;? C'est pourtant la vérité que nous choisissons notre statut mental. Pendant un temps, nous avons rassemblé les éléments de compréhension de la Voie. Nous avons fait le tour de tout ce que nous pouvons en dire... Ce qui se résume à ceci: 1/ INDIFFÉRENCIATION.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
2/ NOUS NE POUVONS QU'ABANDONNER LA DISTINCTION; abandonner le sujet prétendu, l’ego, et la dualité sujet objet. NOUS NE POUVONS PAS SAISIR L'INDIFFÉRENCIÉ.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
3/ ALORS, NOUS RÉALISONS L'UNITÉ.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
4/ NOUS SOMMES LIBRES DANS UN ESPACE-TEMPS INFINI, DANS UNE ATEMPORALITÉ DE L'INSTANT PRÉSENT.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
5/ LA VIE IMPERSONNELLE ET SON ACTION SPONTANÉE COULE Â TRAVERS NOUS, NOUS LAISSANT INDIFFÉRENTS QUAND AU RÉSULTAT DE CE QUI SE FAIT. NOUS N'AVONS PLUS D'INTENTION PERSONNELLE, CAR LA VOLONTÉ DE L'EGO NOUS PRIVERAIT DE L'UNITÉ. NOUS AVONS LE SENTIMENT DE VIVRE LE JEU COSMIQUE.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Seule notre compréhension nous amène à la réalisation et infuse dans nos couches profondes cette vérité. C'est à nous d'ouvrir les vannes de l'illumination. Les résistances à l'ouverture coexistent avec une compassion pour notre faiblesse, telle une mère envers son enfant... Avec cette compassion naît une patiente infinie. Nous regardons le petit enfant en nous accepter de s'ouvrir au monde. Et même si cela prend du temps, nous avons l'éternité devant nous...&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
39. Neurophysiologie de l’éveil.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
L’éveil pourrait correspondre à un changement de dominance hémisphérique. Nous savons que chaque hémisphère possède son propre centre de la volonté, l’hémisphère gauche chez le droitier traitant l’analyse, le langage, les mathématiques, et domine le droit, lequel s’occupe de l’espace, de la musique, de la globalité. L’éveil semble donner la prévalence aux qualités qui relève de l’hémisphère dit mineur: vision globale, synthétique, absence d’intention... Cela suggère un transfert de dominance, ou une disparition de la dominance. Cela dit, l’être ne dépend pas du cerveau humain, seule la conscience relative est conditionnée par la physiologie du système nerveux central. On retrouve sur le cortex cérébral des zones qui gouvernent le sens du soi et du non-soi. Une hémiplégie peut exclure la moitié du corps du soi: Alors le malade demande: « qui est couché dans le lit à côté de moi? » Intéressant, non? Evidemment, quand le neurologue parle du soi et du non-soi, il parle du moi et du non-moi, bien sûr...&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
40 ECLIPSE... DE L'HUMILITÉ.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
« Voici maintenant plusieurs jours, presque semaines que je ne goûte pas le nectar du Divin... Dès que la vie m'emporte dans son tourbillon, au troisième tour je suis perdu. Ces éclipses de la conscience de l'Unité sont prévisibles, mais pas forcément évitables dans la vie que je mène. Le surmenage intellectuel, des préoccupations qui envahissent le champ de l'esprit, et la conscience s’obscurcit. J'ai beau réfléchir, retrouver le chemin de la non-dualité; je reste vide de la Présence. Vraiment l'ego reprend vite ses prérogatives. Il faut que j'appelle &amp;quot;au secours!&amp;quot; La finesse intellectuelle ne suffit pas à rouvrir la source incréée. Il faut que le coeur languisse du Suprême. S'Il n'entend que le jacassement de la réflexion, il ne bouge pas. Il attend que le coeur L'appelle. » Nous ne reconnaissons pas facilement notre impuissance. En face de Ce qui est libre, nous sommes impuissants. Nous ne pouvons rien forcer, rien provoquer, rien attraper. Et c'est le constat de cette impuissance qui fait que nous nous abandonnons. Et dans l'abandon, il y a Cela qui est libre du devenir... Libre de l'intention. Je n'ai plus qu'à pleurer devant la lutte de l'ego, toujours vive, vaincue un jour, reconstituée le lendemain. C'est le sens de l'humilité. Dieu ne sourit qu'aux humbles. « Tant que je courre à la recherche d'un moyen de retrouver la liberté, elle m'échappe. Eh bien sûr qu'elle m'échappe! Comment pourrait-il en être autrement? Ce ne serait pas la liberté si je pouvait la capturer, moi, le preux ego! » La porte de l'Infini n'est nulle part ailleurs. Le secret c'est l'humilité du coeur et de l'esprit. Mea culpa, mea culpa, mea maxima culpa... Dieu ne te punit pas d'être fier, orgueilleux, prétentieux et sûr de toi; simplement, Il ne vient pas en ton coeur. Il aime le doux et le simple, l'absence d'artifice. « L'humilité m'a toujours semblé pauvre. Je l'ai fui autant que j'ai pu. Aujourd'hui, elle m'a rattrapé. Je ne pourrai pas regagner la douce demeure de mon Père si je suis orgueilleux. C'est sans aucun doute le plus grand écueil de voir renaître l'ego de ses cendres devant la gloire du Suprême, pour celui qui a vu Dieu; c'est moi qui ai vu Dieu! Evidemment que cela coupe du même coup l'expérience. Alors, celui qui ne sait pas pourquoi elle le fuit risque de se taper la tête contre les murs quelques temps. » L'ego ne peut pas faire semblant d'être humble; c'est le coeur qui juge. Il n'y a personne à l'extérieur pour le voir. Et si l'ego feint, il ne se passe rien! La porte reste désespérément fermée. Alors, au bout d'un temps certain, il renonce, il pleure; il s'abandonne, disparaît, et la porte s'ouvre en grand. L’éveil s’installe définitivement en constatant l’inexistence de l’ego, le mirage disparaît et ne peut se reconstruire. Condition sine qua non. D'une façon ou d'une autre, ce mouvement est incontournable. Que ce soit par la compréhension de la non-intention foncière, de la non-différenciation, de l'unité, si nous ne sommes pas faits humbles, point de salut! C'est le pourquoi de la flagellation qui a eu court dans les milieux religieux, chez quelques yogis également. L’humilité est la marque du non-ego.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
41 LA CAVALIERE.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Cette patiente venait me voir pour un problème de luxation qu'elle s'était faite lors d'une chute de cheval. Pendant que je lui délivrais des soins, la conversation roula sur le contact qu'elle établissait avec le cheval. Elle connaissait bien cet animal depuis son enfance. C'est un animal très sensitif, me dit-elle, qui sent les moindres faiblesses de son cavalier, la peur en particulier. Lors de steeple-chases, le trac la paralysait et se transmettait au cheval. Sans vouloir gagner les compétitions, elle voulait faire corps avec le cheval, pour donner le meilleur d'elle-même et du pur-sang, et non pas transmettre la peur. Je lui parlais alors de la source en nous, ce berceau de notre énergie primale et sans limite; en deçà de l'image de nous-mêmes, à laquelle nous pouvons nous unir. _&amp;quot;Pour faire corps avec le cheval, vous devez retrouver en vous le niveau du foncier; nous n'avons pas besoin de le créer, il existe spontanément. Et vous communierez avec votre monture dès que vous serez capables de sentir la même vie onduler en vous comme en lui. Mais pour vous laisser couler dans le fond du gouffre, ou du moins, de ce qui nous semble un gouffre, nous devons faire confiance, ne pas avoir peur. La peur, telle la gargote sur le parvis d'une cathédrale, nous chasse de l’Eden. Quand nous surmontons cette peur, nous sommes mûrs pour goûter le nectar divin.&amp;quot;&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
42 COMMENT FAIRE POUR ETRE HUMBLE?&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
L'ego &amp;quot;spirituel&amp;quot; recherche des moyens pour atteindre la libération. Cela n'a pas de fin. Dès que nous lui parlons d'humilité, aussitôt se presse-t-il de trouver comment être humble... La compréhension seule mène à la réelle humilité. Nous devons voir tous les stratagèmes que le mental emploie pour rechercher un résultat. Tant que nous pensons qu'il est possible d'atteindre l'illumination par la réflexion de notre intellect, nous devons pousser notre idée à fond. Si nous restons en-deçà de notre effort pour percer le secret, nous ne pourrons pas voir les limites du mental. Ce n'est que quand nous avons poussé notre intellect dans ses derniers retranchements qu'il se produit l'arrêt nécessaire à la montée depuis la profondeur de notre psyché, de la conscience non-conditionnée. Cet arrêt nous confronte à notre impuissance absolue en face de la conscience illimitée. La constatation ainsi faite nous rend humble. Hier, nous avons parlé de l'humilité, cette porte incontournable vers la béatitude. Je voudrais y revenir tant est importante la compréhension qui en découle. L'humilité qui ouvre les portes du paradis ne peut pas être provoquée; elle découle de la compréhension de notre absence, de notre inexistence en face de l’Absolu. Là, nous devenons vraiment humbles. Et cette humilité n'est pas le simple opposé d'orgueil, mais un état d'innocence, de fraîcheur, d'amour. Ce ne peut être un moyen de parvenir à l'éveil. Toute recherche de moyen est triviale, egotique, s’agissant de « la chose » essentielle. D'ailleurs une démarche d'humilité provoquée de donnerait aucun effet. Quand notre coeur pleure son égoïsme, il devient vraiment humble. Telle est sa beauté; et la Voie vers le Divin. Quand nous avons entrevu, ne serait-ce qu'une seule seconde, la Sublime Transparence Foncière, nous ne pouvons plus vivre sans elle! Un tel trésor vaut plus que tout l'or du monde réuni. Tout amour humain n'est qu'un pâle reflet de la compassion que nous ressentons quand nous sommes en communion avec le Foncier. Aussi, quand le coeur se remplit de béatitude, nous ne pouvons plus être en lutte contre le monde qui est nôtre désormais. Mais nous continuons de jouer pour l'amour de l'humanité. 43 TOUT EST DIEU. Nous voici au bout du chemin... Nous avons parcouru des milliers de kilomètres, à l'intérieur de nous-mêmes. La source est connue. Unité. Mais la vie de tous les jours n'est pas éclairée comme on pourrait le penser. Nous devons poursuivre encore et encore :&amp;quot;tout est Dieu, tout est Dieu!&amp;quot; Pour que toutes les couches en nous s'illuminent de cette suprême vérité. Tel un chapelet infiniment répété, nous devons infuser cette unité dans les moindres recoins de notre esprit. Tout est Dieu, tout est Dieu, tout est Dieu...&amp;quot; N'est-ce pas là la conclusion de notre démarche? Maintenant réjouissons-nous! C'est arrivé: TOUT EST DIEU. Encore et encore répétons-nous: tout est Dieu; même si nous avons compris cette vérité sublime, des parties de notre être ne sont pas encore illuminées de ce fait. La compréhension d'aujourd'hui doit infuser dans le passé, remonter jusqu'à notre naissance et même avant pour crier le message: tout est Dieu! C'est le sens de la descente aux enfers du Christ; c'est la bonne nouvelle. Tous doivent l'entendre. Beaucoup sont encore occupés dans des barricades. &amp;quot;Tout est Dieu!&amp;quot; Ne luttez plus, il n'y a pas d'ennemi! Jetez vos armes! Toutes les poches de résistances doivent écouter la nouvelle: tout est Dieu.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
44 UNE AUTRE RENCONTRE.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Elle venait d'être quitté par l'homme &amp;quot;qu'elle a dans la peau&amp;quot;. Tout s'arrêtait pour elle. La vie n'avait plus de raison de continuer. Son visage trahissait des sentiments variés, fugaces, opposés même; quelques mimiques d'enfants semblaient appeler une aide paternelle de ma part. _&amp;quot;C'est une opportunité de découvrir ce qui est libre en vous;&amp;quot; lui dis-je. Vous avez eu, je crois un échec cuisant sur le plan sentimental. Essayez de ne pas reproduire le même schéma dans l'avenir. Pour ce faire, vous devez voir votre demande intérieure de sécurité, d'amour, et voir que cette demande risque de masquer la réalité de votre être, votre vision des gens que vous rencontrez. Les gens ne veulent pas donner; ils veulent recevoir. Si vous avez l'air de vouloir prendre, ils vont fuir. Si vous avez l'air d'être comblée, d’avoir beaucoup à donner, alors les autres vont venir spontanément rechercher votre présence et votre affection. Mais il ne s'agit pas seulement d'avoir l'air; il faut réaliser complètement ce don de soi. Prendre n'a jamais rendu quelqu'un heureux; donner, oui.&amp;quot; _&amp;quot;Mais je me sens vide! Comment puis-je donner quoique ce soit si je me sens vide? J'ai une peur affreuse de la solitude; je ne peux même pas rester chez moi seule. Je sors dehors, je traîne...&amp;quot; _&amp;quot;Rassemblez votre énergie. C'est le moment de saisir le bonheur sans condition. Si vous êtes capable de regarder votre image de femme abandonnée, et de ne rien faire intérieurement, aucun mouvement de fuite; alors vous découvrirez en une seconde cette conscience qui est libre de toute image. Votre énergie se trouve recentrée, vous ne vous sentez alors plus vide mais au contraire remplie d'une énergie nouvelle et stable.&amp;quot; _&amp;quot;Je ne comprends rien à ces paroles! Je souffre et je veux en sortir. je n'ai même pas la force de trouver un nouvel appartement. Même mon travail s'en ressent et je crains d'être licenciée.&amp;quot; _&amp;quot;Pourquoi lutter tant pour vous en sortir? Je vous dis que la solution à tous ces problèmes est déjà là en vous! Vous ne trouverez pas la solution miracle à l’extérieur. Regardez en face ce-qui-est. Et ce-qui-est promeut une vision claire, impersonnelle et une action globale, étrangère au moi qui lutte.&amp;quot; Sans la vigilance, la vision dénuée d’ego de ce-qui-est, le dérapage commence et nous dépasse de manière incontrôlable. Restons au coeur du présent, avec la certitude intelligente, la compréhension que nous ne pouvons faire autrement. Notre énergie, notre corps vibre de façon à nous confirmer la juste position de notre être.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
45. La simplicité de l’enfant est dans l’axe du Principe.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
L'enfant est naturellement vertical. Sa simplicité, sa spontanéité, son innocence en témoignent. L'enfant est tout près de la source jaillissante de la Vie. Cette source ne nous est accessible que lorsque nous acceptons de traverser les couches psychiques de notre enfance. « Redevenez semblables à de petits enfants... » Alors nous pouvons retrouver un fonctionnement plus naturel, des sentiments frais; il ne faut pas craindre de devenir infantile; si nous voulons rester adultes, d'après ce que nous croyons, nous ne pourrons pas accéder à cette limpidité foncière. Cette ouverture au foncier ne va pas nous rendre enfantin, au contraire nous aurons l'impression d'être des centenaires nourris à la sève éternelle. Il faut donc lâcher prise, là encore. Lever tous les blocages dont nous nous sommes bardés comme d'une armure. La peur nous empêche de laisser tomber notre garde. Nous croyons à l'unité: tout est moi, et nous faisons comme si nous avions peur de nous-mêmes! Il n'y a pas d'ennemi! Nous refusons l’unité aux différents niveaux, physique, affectif, et mental, pour survivre individuellement. Cette prise de conscience est capitale pour dépasser ces refus, ces défenses, et préparer le chemin de l'éternité. Ces refus sont normaux dans l'optique individuelle; mais nous sommes dans l'optique suprême; bas la garde! Et si nous constatons que nous sommes incapables de baisser la garde, alors acceptons notre statut jusqu'à ce que la compréhension devienne suffisante pour que notre for intérieur diminue les résistances. Nous ne devons pas essayer de lutter pour enlever volontairement ces résistances. La profondeur doit renoncer elle-même. Aucun forcing en cette matière ne donnera de résultats.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
46 LE COURANT DIVIN AU FOND DE NOTRE ENFANCE.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Rappelez-vous quand vous étiez enfant; vous n'aviez pas conscience de vous-même. Il n'y avait pas d'interface, de soi, mais rien que la vie, océan des événements, et une joie de vivre inextinguible. Nous avons tous la nostalgie de cette prim'enfance et de sa plénitude. A juste titre. Car nous vivions alors l'unité de la vie jaillissante et spontanée. Voyez-vous, cette source n'est pas tarie. La même source jaillissant jadis nous maintient en vie, et nous l’utilisons aujourd’hui dans toutes nos activités. Nous pouvons la retrouver aussi innocemment qu'aux premiers instants de notre naissance. Seulement, nous devons accepter de laisser tomber une certaine image de nous-mêmes, forgée au fil du temps; à laquelle nous nous sommes peu à peu habitués, pour nous rassurer. Si quelque chose intervient pour la changer, nous sommes perdus. Ce visage sans forme d'avant notre naissance est caché par celui d'aujourd'hui. A nous de jeter ce masque. Tout se joue là. Les pleutres tourneront les talons. Au commencement, nous voyons la Vie dans sa limpidité primale. Puis voyons apparaître cette fameuse interface de notre regard sur nous-mêmes; à travers celui de nos proches, au départ, de nos parents, professeurs, camarades... Nous nous identifions naturellement à nos limites, d'autant que le regard des autres ne nous laisse pas d'alternative, enfin, nous plongeons dans l’oubli de l’infini. Nous avions l'impression d'être des empereurs; image bientôt refusée par les autres. Petit à petit, nous avons rabattu nos prétentions. Non seulement nous perdons l'unité foncière, mais en plus nous atterrissons, si l'on peut dire, dans un cadre forcé qui ressemble vite à une prison. Nous nous accoutumerons aussi à cette prison; après tout, ça protège, la prison. Ca protège contre les autres... Et ainsi, de jalons en jalons, nous tissons autour de nous un cocon que rien de pourra ébranler si ce n'est... la souffrance! La souffrance et l'amour. Au cours du temps, ces sensations de la toute première enfance, cette plénitude, se sont fissurés peu à peu, à mesure de l’émergence du moi. Cette conscience toute neuve est toujours à notre disposition grâce à la suspension du moi, temporaire ou définitive. Nous avons créer le moi, par une fausse interprétation de notre psychisme; nous pouvons le congédier et ce faisant, sentir immédiatement le flux si frais de la vie, regoûter la plénitude de l'enfance, avec cette fois-ci, les capacités de l'adulte. Nous élevons tous les jours des enfants, voyons leur conscience se cristalliser dans la séparation; la spontanéité se ternir, la joie simple se compliquer; bref, la structure lourde de l'ego poindre. Que faire? Vivre cette unité avec les enfants. Ils ne s'y trompent pas d'ailleurs. Ils vous regardent avec l'air surpris de voir une grande personne manifestant cette vie claire qu'ils commençaient à oublier, les yeux brillant de partager avec vous la Vie retrouvée.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
47 LA MORT D'UN PèRE.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Elle avait perdu son père depuis trois ans, sans pouvoir faire son deuil. Toutes les nuits, ou presque, elle rêvait de lui. Après des années de cauchemars, elle faisait maintenant des rêves plutôt heureux. La souffrance cachée dans son coeur disparaissait aux yeux des autres. Elle avait pris le parti de faire bonne figure. D'ailleurs, elle avait réellement bonne figure. Comme elle m'interrogeait sur l'origine de sa colopathie, je lui répondais qu'il était possible que ce trouble reflétât symboliquement la disparition de son père, et bien sûr, que le traitement serait plus radical si nous prenions en compte cet aspect. C'est parfois délicat de mettre le doigt sur ce genre de somatisation qui sont finalement de bons exutoires; mais je sentais possible chez cette jeune femme la libre expression qui mettrait fin à son trouble. Par expression je n'entends pas seulement verbalisation, mais plutôt dérépression de noeuds bloquant la circulation harmonieuse de l'énergie. Je lui montrais cette possibilité que nous avons de laisser de côté notre image, celle des autres pour rejoindre la source de notre psyché qui est indifférenciée. &amp;quot;Si nous restons lié à la culpabilité de dépasser l'image du disparu, nous ne pouvons aller plus en profondeur.&amp;quot; Nous devons accepter notre propre disparition de notre paysage intérieur pour goûter à l'incréé, à l’union susceptible de panser la souffrance de la séparation. La difficulté réside là. Nous sommes tellement conditionnés à être ceci ou cela, que n'être rien est non seulement incompréhensible, mais redoutable. Elle pleurait doucement. &amp;quot;C'est la vie dans son unité qui coule au fond de nous; pour elle la mort n'existe pas, croyez-vous que nous devrions vivre sur le passé? Acceptez cette souffrance, ce refus de la perte de votre père&amp;quot;. &amp;quot;je pense que personne ne peut accepter la mort d'un être cher,&amp;quot; me dit-elle. &amp;quot;Si nous restons au niveau de nos images respectives, c'est vrai. Mais si nous sommes capables de descendre comme je l'ai évoqué, au fond de notre coeur, à la source indifférenciée de la vie, alors qui est séparé de qui? Il n'y a que la Totalité; la Plénitude, l'Extase de l'Unité. Je comprends combien il est difficile de nous sentir libéré; nous nous sentons injustes aux yeux de nos proches, ou de ceux, imaginaires, du disparu. Les morts nous souffleraient à l'oreille s'ils pouvaient: &amp;quot;Soyez heureux! La Vie est Joie.&amp;quot; Nous n'avons pas à nous sentir coupables de nous libérer de la sorte; car l’accès à la source foncière est payé de notre propre mort intérieure. Aussi n'y a-t-il aucun sentiment d'abandon de l'être cher, mais au contraire de communion. Nous pouvons de la sorte nous unir à lui définitivement, et à la Vie dans son ensemble d’un même mouvement, loin de la souffrance de séparation. Mais rappelons-nous que cette mort à soi-même est la mort de toute intention en nous. C'est un point capital. La source se répand sans aucune finalité. Elle est, c'est suffisant. Et si nous gardons le désir de nous unir à la Vie pour retrouver le disparu, alors point d'union possible; juste la souffrance supplémentaire de rester à la porte du temple. La mort n'a pas d'intention non plus. Elle nous emporte sans le vouloir. Elle n'est que la face cachée de la vie. Voyons combien la volonté personnelle est morbide en face de la mort. La fuite légitime est toujours possible. Mais nous resterons assujettis à la Camarde. Osons la regarder en face, jusqu'à ce qu'elle nous révèle son vrai visage: celui de la vie qui n'a pas de fin. Le décès de quelqu'un nous rend souvent moins superficiels. Nous nous mettons à prendre conscience de la richesse de la vie... Mais nous devons éviter de nous jeter à corps perdu dans le mouvement comme pour nous saouler. Si nous restons avec le fait lui-même, sans rien lui surimposer, alors nous découvrons la vraie profondeur impersonnelle. La non-intention qui se manifeste par notre abandon nous situe directement au coeur de l'Infini. &amp;quot;Je sens que quelque chose s'est débloqué&amp;quot; dit-elle en me quittant. La mort est un trésor à qui sait l'écouter...&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
48 LA CRISTALLISATION INTÉRIEURE.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Ce jeune homme venait de temps en temps dialoguer. Le contact direct dans une relation d’éveil induit sans effort le recentrage intérieur. A chacun ensuite la vigilance afin de demeurer dans cette paix. On ne sait jamais à l’avance le contenu de l’entretien. Il jaillit spontanément, après l’écoute de la demande. « Depuis quelques jours, la cristallisation intérieure s'intensifie. &amp;quot;Dieu met de l'ordre&amp;quot;. Tout est revu aux yeux de l'unité. Les opinions passées, les choix, les rejets; tout est passé au crible de l'unité. &amp;quot;Est-ce vraiment ça que tu veux?&amp;quot; Demande-t-on à l'ego...&amp;quot; Oui&amp;quot;, répond-il, &amp;quot;dusse-je en mourir&amp;quot;. C'est finalement l'ego lui-même qui s'efface devant le Suprême. Je ne peux plus faire quoi que ce soit sans que la motivation soit regardée par l'unité. Le processus impersonnel prend les rennes en mains. L'ego est en liberté provisoire... » « Que vais-je faire ce week-end? Quand &amp;quot;tu es Dieu&amp;quot;, que vas-tu faire? C'est étonnant de voir comment nous vivons d'habitude; ce après quoi nous courons sans que cela soit clairement conscient. Nous ne pouvons plus tricher maintenant. Tout apparaît en évidence. La verticalité qui était un fil tendu vers l'Absolu est maintenant un torrent qui balaie tout sur son passage. Je suis emporté. La vie d’antan semble s'éloigner. Les rouages egotiques sont démontés. Tout, tout, tout est démonté. Mais le mécanicien a la main sûre du Parfait. C'est un peu comme si la statue de terre était polie au point qu'elle se mette à briller. Tout ce qui était sombre devient brillant. Tout ce qui était passé devient présent. Tout ce qui était bloqué devient vibrant. Tout devient cristal parfait. Il n'y a plus que le Parfait. Je ne vois plus personne d'autre, plus rien d'autre. » L’ego n’existe pas. Ne croyez donc pas en lui. Cela peut le maintenir à vos yeux. Attention à votre langage. Les mots structurent notre perception et notre conception du monde. Votre expérience très positive appelle la chute. La cristallisation intérieure débouche sur la vision de l’inexistence de l’ego. Demandez-vous comment cet ego illusoire semble présent dans votre mental. Dans l’instant, est-il vraiment là? Sans les images du passé relative à cet individu, à ce corps-ci, peut-on encore parler d’ego? Laissez de côtés les opinions des autres qui vous ont peut-être traité d’égoïste. L’apparence n’est pas l’essence. Le consensus familial, social fait obstacle à cette vision immédiate: l’ego n’existe pas, il n’a jamais existé. Tout le contenu mental ne disparaît pas, simplement la croyance d’être « moi ». L’ego peut s’effacer devant le Suprême. Si vous ne comprenez pas comment, il renaît et vous laisse désemparé. Tant que l’évidence de l’inexistence de l’ego n’a pas transpercé votre intelligence, les retours en dualité seront probables. Comprenez bien: l’ego ne va pas mourir, s’effacer. Il n’est pas, n’a jamais été.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
49 « IF YOU WANT TO BE FREE, BE FREE!... »&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Comme dit la chanson. Les vérités les plus fondamentales sont souvent chantées sur la place publique. « If you want to be free, be free! » Si tu veux être libre, sois libre. Libère-toi! Nul autre que toi te retient prisonnier. La liberté est notre héritage fondamental. S'il nous semble que non, c'est par oubli de nos choix antérieurs. Tout est là. Un jour nous nous sommes identifiés à ce corps physique, avec son contenu affectif et mental; avons cumulé les souvenirs de cet individu afin de lui offrir de la durée, puis, par l’attachement à quelqu'un, à quelque chose, au devenir, à l’avoir; nous avons choisi de nous emprisonner! La possession est devenue notre loi, jusqu’à noyer l’être sans trait, créant un sac de noeuds inextricable à l'intérieur, tout cela pour échapper au néant, sans voir la nature de ce néant: notre propre nature foncière... Il y a les attaches et les refus, les fuites. Eux aussi nous emprisonnent. Apparemment, nous n'avons pas choisi nos refus, nos peurs. Et pourtant, regardons bien, à toute peur correspond une attache: peur de la mort= attache à la vie, à l'intégrité physique. Il n'y a jamais de peur en soi. La peur est toujours le pendant négatif de quelque chose de positif, ou apparemment positif. Si nous lâchons nos attaches, les peurs n'auront plus de prise sur nous. Au fond, les désirs et les peurs ne visent-elles le maintient de l’ego? Ce mirage mental semble exister seulement par la continuité de sa quête personnelle, au prix d’une énergie immense. Cette jeune femme revenait après un mois. Elle avait été abandonnée par &amp;quot;l'homme de sa vie&amp;quot; quelques temps avant. Ça n'allait par très fort. &amp;quot;je suis à deux doigts de quitter mon travail. Je suis incapable d'assumer les responsabilités qui m'incombent.&amp;quot; Elle travaillait dans le social. &amp;quot;J'ai plus de problèmes que les gens que je dois aider!&amp;quot; Manifestement, elle était redevenue enfant. Dépendante d'aide et d'affection. &amp;quot;Je n'ai plus l'énergie pour gérer les problèmes de tous les jours. Tout me semble une montagne. Je ne peux plus me concentrer; bref, je suis à plat.&amp;quot; &amp;quot;Regardez ce qui se passe: vous avez choisi d'être comme une enfant perdue sur le bord de la route, vous disant &amp;quot;je vais bien trouver un papa! Je vais sûrement faire pitié. On ne laisse pas pleurer une petite fille perdue, toute seule au bord du chemin.&amp;quot; Et bien sûr que tout votre comportement doit être demande et dépendance, sinon le plan ne marche pas. Donc vous renoncez à gérer correctement votre travail; vous vous laissez couler. Prenez conscience que c'est votre choix, que c'est uniquement vous qui pouvez changer cela! Est-ce qu'une petite fille du passé doit choisir votre liberté, votre travail du présent? Ne luttez pas contre ce fait; simplement prenez note impersonnellement.&amp;quot; _ &amp;quot;Ça va prendre des années pour me libérer de mes demandes.&amp;quot; _&amp;quot;Qui vous a dit que cela prenait des années? Cela peut se faire en quelques minutes! Les émotions vous conditionnent dans la seconde; pourquoi la profondeur ne lâcherait-elle pas prise aussi vite? Laissez de côté toutes les pensées au sujet de la psychologie. Ouvrez-vous à la nouveauté, l'instantanéité. Je vous le répète: c'est vous qui tenez les barreaux de la prison intérieure, lâchez donc prise!&amp;quot;&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
50 PRÉSENT ABSOLU.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
La paix de l'esprit que procure l'état naturel de l'unité nous donne l'impression d'être pour la première fois présent. Nous nous rendons compte que sans cette conscience de l'unité, nous pensons la Réalité, mais nous ne la vivons pas. Avec ce présent, vient la lucidité totale que jamais nous n'avons connue avant. Le contraste est saisissant. Nous sentons toutes les couches de notre esprit à l'écoute. Dans une conscience habituelle, nos couches profondes sont toujours occupées à quelques recherches de résultats.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
                                        *&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
51 &amp;quot;LE DEUX RETOURNE Â L'UN; NE VOUS ATTACHEZ PAS Â L'UN.&amp;quot; Shin-Jin-Mei.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
L'unité, mieux nommée « non-dualité », fascine l'esprit, active notre volonté de liberté, pousse notre élan vital dans la quête de la non-dualité. Mais le Principe est non-intentionnel, non-discriminant. Devant l’unité, la joie, l’impatience de fondre en elle... bref, l’intention de la saisir trouble notre vision du Réel. Et bientôt, cet Eden non-duel, un instant pressenti, nous échappe à nouveau. L’énergie unitive manque dès que surgit la volonté personnelle. Telle est notre croix. Nous devons mourir à notre soi-disant libre-arbitre. Mais pas mourir par offrande à Dieu, mais par la compréhension jusque dans nos couches inconscientes que la volonté personnelle, fût-elle de saisir l'unité, est éloignement de l'unité. Voir l’inexistence de la personne, de l’ego, nous ouvre à l’Un, car dans ce cas également, l’intention disparaît. Si l'intention ressort de notre for intérieur, prenons garde! Le Karma, ce n'est rien d'autre que cela: j'ai compris et pourtant, en moi, des désirs sans rapport avec l'union au Principe viennent restreindre l’ouverture du coeur. Le corps demande, et l’ego s’empare de ce désir naturel pour exister durablement. Le désir, en lui-même, est impersonnel. Mais la façon dont l’individu saisit cette occasion pour en faire un light-motiv, un pilier de son être, témoigne d’un processus courant de la mentalité egotique. A nous de nous libérer de la dualité et de la souffrance. Nous devrons lutter longtemps contre nos habitudes décennaires de fuir et de désirer pour avoir l'impression de vivre. L'arrêt de la dualité est vécu par certaines strates de notre esprit comme leur propre mort. Les strates du désir et de la peur vivent grâce à la dualité. L'effort de vigilance, cet effort à nul autre pareil, fruit de notre compréhension, débouchera sur le non-effort de la vision entière et spontanée de ce-qui-est. La Voie n'est pas difficile, en revanche, tout le reste est complexe. Mais nous sommes tellement imbibés de complexes que nous ne les voyons plus quand nous sommes en plein dedans. C'est l'unique problème. Tous les soirs, avant de nous endormir, demandons-nous: « qu'est-ce que je voudrais bien avoir, être? » Si le silence est la seule réponse, nous sommes mûrs pour embrasser le Principe ... Nous devons être alors en état de mort relative au monde quand nous nous endormons. En revanche, si nous avons le moindre projet qui nous tient à coeur, s'en est fait de l'unité, du Tao. Notre mental est petit. Parfois très bien fait, mais petit quand même. Il ne peut à la fois nous centrer dans le Principe en ayant compris ses limites, et donc en restant inactif dans la perspective essentielle évidemment, et nous permettre de courir les lièvres de la vie relative. Nous devons choisir entre la Non-dualité, et le monde des contrastes et de la souffrance. Notre énergie va nous permettre cette mutation mentale vers la liberté quand nous sentirons que la non-dualité est l'aventure de notre vie. Si nous portons un attrait pour la libération spirituelle, mais qu'elle ne nous semble pas essentielle, jamais nous n'atteindrons autre chose qu'une conception philosophique de la Réalité, certes inspirante pour l'intellect, mais inapte à produire la métanoïa libératrice. Nous ne devons par craindre la révolution de l'esprit. Elle ne va pas faire de nous quelques prêcheurs en haillons, mendiant la pièce dans la rue en criant la bonne parole... La révolution sera avant tout intérieure. Notre conduite sociale pourra se perpétuer telle quelle. Il se peut aussi que nous abandonnions la vie que nous menons. Cette révolution est l'institution de l'ordre naturel. Tout se fera au mieux de nos possibilités, et des besoins de l'environnement.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
52 LE MAHABARATHA.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Le MAHABARATHA. En son coeur: le dialogue entre Krishna et Ardjuna: &amp;quot;Quand tu verras également du sable et de l'or, un mendiant et un maharaja, un sage et un porc, un chien et l'homme qui mange le chien (!), alors tu connaîtras l'UN.&amp;quot; Voici qui nous rappelle: &amp;quot;Quand l'esprit n'est pas soumis à la différenciation, il reste serein dans l'unité des choses.&amp;quot; Shin-Jin-Mei. Krishna ajoure: &amp;quot;Ne t'attache pas aux résultats de tes actions, mais seulement à l'action elle-même. On ne pourra pas tuer la vie qui est en toi; mais si ton corps meurt, ton esprit débarrassé des illusions contemplera l'Infini. Une fois établi dans l'Unité, retourne dans l'action; Moi-même, dit Krishna, Je continue d'agir sans fin. La victoire compte autant que la défaite. Regarde-les du même oeil.&amp;quot; Nous retrouvons les thèmes majeurs de la Non-dualité. La sagesse millénaire de l'Inde témoigne...&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
53 RETROUVER SON AME D'ENFANT.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Quand nous retrouvons un espace intérieur libre, nous redécouvrons notre âme d'enfant. L'enfant n'est pas encore conditionné par le monde des pensées, de l'interprétation, de la comparaison. Son espace intérieur est vierge, sans limite. C'est l'enfant de l'infini. Il vit le sans-limite comme un état naturel. Petit à petit, l'espace s'encombre. L'enfant n'y prend pas garde, puisque ce sont des adultes qui lui proposent ou lui imposent des &amp;quot;meubles intérieurs&amp;quot;, soi-disant indispensables pour vivre dans le monde! Un jour l'ex-enfant se réveille adulte, il a même oublié cet espace vierge; il gardera pourtant une certaine nostalgie de la conscience lumineuse de l'enfance, celle-là même qui n'était pas embarrassée... Mais il a oublié que cette lumière intérieure est celle du vide. Nous sommes tous les enfants de l'infini. Pourquoi avons-nous renié à ce point cette liberté intérieure au profit... d'aucun profit!!! Rien ne nous empêcherait de vivre notre société de consommation dans la liberté intérieure. Le capitalisme n'a pas à craindre la liberté intérieure de l'homme. Est-ce uniquement l'habitude, la mauvaise éducation culturelle, un penchant biologique, la pression sociale, que sais-je encore, qui nous détourne de l'intériorité? La rutilance de l'environnement nous projetterait-elle au dehors? Nul besoin, c’est heureux, ne s’impose de retrouver les causes pour apporter le remède en cette matière. Encore faut-il apporter le remède! Laissons les enfants dans le non-conditionnement; remplissons doucement leur cerveaux pour que le vide intelligent ne disparaisse pas dans les meubles. Respectons l'espace intérieur; notre richesse humaine réside là. La crise d'adolescence est sans doute une dernière réaction pour chasser l'encombrement; un dernier sursaut avant l’essoufflement. L'adulte reconnaît parfois dans les événements de la vie, dans des films ou des livres ce parfum inimitable de la liberté primale... Encore quelques regrets et la vie suit son cours . Secouons-nous, tant qu'il est encore temps, que nous ne sommes pas tout-à-fait endormis dans les meubles voilant l'espace illimité de notre monde intérieur. Réveillons-nous! Je revoyais cette jeune femme après quelques mois... Elle m'apprit vouloir tout plaquer à la suite de la découverte de ce champ de liberté intérieure. Ses enfants, son travail, son mari, sa maison... Elle ne supportait plus la moindre contrainte; Dieu sait si la vie d'une mère de famille avec les enfants en bas âge, le travail, l’absence de loisir, est contraignante! Elle me dit spontanément « faire sa crise d'adolescence! » Elle se voyait partir en Indes comme tant de jeunes dans les années soixante. C'est très dur, me dit-elle de résister à cet appel de liberté. Mais elle était toujours là, avec sa petite famille, son mari et ses amis qui ne comprenaient pas du tout comment une femme comblée matériellement, avec de beaux enfants, pouvait rêver d'autre chose. Elle partait se promener dans la nature toute seule. Elle retrouvait ses impressions d'enfant, quand elle s'allongeait par terre pour communier avec les plantes, les arbres, les odeurs, les fleurs, les papillons... Le bonheur. Devenir &amp;quot;une grande personne&amp;quot; rime encore trop avec &amp;quot;carcan&amp;quot;. Notre société atteindra l'âge d'or quand elle saura produire des adultes avec un coeur d'enfant, une ouverture intérieure, une sensibilité corollaire de cette espace libre; bref une compassion, une intelligence du coeur qui a peu cours de nos jours. L'enfant est le secret d'une telle société. Les adultes font avec peine le pas vers la liberté intérieure, leur sensibilité est trop émoussée, ce n'est souvent qu'une sensiblerie. Les plus aptes à faire appliquer des changements dans l'éducation, dans les habitudes, sont trop pris dans l'action pour faire eux-mêmes la démarche de retrait nécessaire à la prise de conscience intérieure. Les retraités ont le temps, mais leurs habitudes mentales et affectives ne seront-elles pas trop lourdes à soulever? Tout n'est pas perdu. La liberté amène elle-même à repousser les conditionnements pour peu que l'environnement ne soit pas trop répressif, encore que certains seront plus stimulés dans la répression que dans une liberté de pensée et d'expression. Et plus que cela, l'homme libre est heureux. Cela gage d'une future émergence du non-conditionné, de la liberté intérieure retrouvée. &amp;quot;Ne restez pas à ce niveau de la réaction&amp;quot;, lui dis-je, &amp;quot;vous avez parfaitement observé ce qui se passe en vous. C'est le cheminement normal. Cette redécouverte de la liberté de l'enfant peut réveiller quelques passions vigoureuses. Mais ce n'est pas l'adolescente du passé qui doit gouverner votre vie actuelle. Vous devez laisser passer cette pression passionnelle tout en la regardant sereinement. C'est un déblocage de votre énergie.&amp;quot; Elle dit: &amp;quot;Mais je ressens toutes les passions refoulées qui remontent: j'ai envie de faire de la danse, de la peinture.&amp;quot; &amp;quot;Vous redevenez créative, c'est très positif et naturel, mais l'expression ne doit pas être pulsionnelle. Quand vous aurez laissé monter tous ces déblocages d'énergie, vous sentirez une nouvelle inspiration calme et profonde, expression de votre nature intime, et non pas des couches réprimées qui n'ont pas pu être entendues dans le passé.&amp;quot; &amp;quot;C'est pour moi une véritable révolution; une découverte sans égal; je suis sûre maintenant que je resterai sur cette voie.&amp;quot; Conclut-elle. La Voie a le goût de la vérité. Nous reconnaissons tous notre nature profonde sans limite dès qu’elle nous saisit. Cette nature nôtre parle d'elle même au coeur; nous inspire l'action juste, accomplie sans effort et sans but, et reconnue comme la plus adéquate. Cette action spontanée inspirée par l'espace intérieur libéré nous remplit de joie.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
54 UNE VISION D'ENSEMBLE DES ACTIVITÉS HUMAINES.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
La vision de l'unité du monde s'établit au départ par la prise de conscience du mouvement de l'énergie cosmique universelle. Le niveau de perception de cette énergie dans chaque être humain se situe en-deçà de son mental, dans la sphère instinctive. Les animaux vivent l'unité mais ne peuvent pas en avoir conscience, sans le miroir très humain « j'ai conscience que je pense ». Quand l'homme observe et ne recouvre pas ce miroir par des pensées, il peut jouir de la perception d’une énergie vitale unique chez les êtres vivants comme dans toute la nature. Cela donne le sentiment d'un corps immense fait de cellules disparates, comme des globules sanguins, circulants dans le même espace sans se toucher; mais participant d’un même corps, d’une même conscience englobant tout. Notre perception habituelle, focalisée sur l'intellect discriminant, ignore le plus souvent cette vision globale. Au contraire, elle accentue les distinctions entre les choses, entre les gens, et nous donne le sentiment de séparation nommé ego. L'ego est cet agent intégrateur de tous les mécanismes de comparaison, de discrimination, de projection, d'analyse, de choix, facultés indispensables de l'intelligence, oui, mais qui, se projetant dans le temps, fait croire à sa durée au point de priver l'individu de la vision naturelle du non-différencié, du foncier, de son unité en lui-même et unité avec le monde, laquelle s’épanouit hors du temps. Or, que ce passe-t-il maintenant dans le monde ? L'ego est devenu le roi. Les pays sont l'incarnation de cet ego-roi. Ils réagissent avec la même négation de l'harmonie universelle que le ferait un individu isolé. La guerre, la domination, la violence sont douces dans le monde animal à côté de ce que l'homme peut faire. Les lois de la nature, telle la dominance, par exemple, comme on le voit dans la lutte de deux mâles éléphants-de-mer pour gouverner le troupeau et féconder toutes les femelles, dont on sait les avantages génétiques, prennent chez l'homme une intensité et une cruauté exceptionnelle dans la nature . Quand l'un des mâles s'est déclaré vaincu, l'autre ne le terrasse plus; l'homme, pour sa part, n'hésitera pas à tuer le vaincu. Constatons tout de même que les barbares humains sont peu nombreux, mais malheureusement suivis par beaucoup d’autres, par peur, convention, bêtise... Le monde a pris cette tournure folle par la domination du principe ego. Et comme au niveau individuel, la vision impersonnelle amène à rejeter l'ego, source de la souffrance, de même, au niveau mondial, faudra-t-il se rendre compte de la perversion engendrée par ce même principe directeur. Cela dit, les lois de réaction levées par l'ego en action produiront tôt ou tard l'annihilation de ce même ego. Ainsi fonctionne l'ensemble, l'unité restera la loi première. On peut dire que la démocratie représente un pas décisif vers la liberté des peuples, par rapport à une dictature. Mais l'avenir de l'humanité sera de retrouver le sens de l'énergie foncière qui la porte depuis toujours et qui lui inspirera l'ordre général et pacifique propice à l'épanouissement de tous et de chacun. La clé doit se comprendre d'abord au niveau individuel, et ensuite de la société. Il n'y aura donc pas de frustration de l'individu en face de la société; car l'individu lui-même construira l'édifice social, non pas une fois, mais seconde après seconde; et restera le maillon inspirateur éternel. Rien, en effet ne sera écrit de cette loi-là. La Loi restera vivante par ce jaillissement constant en chaque individu. Jean-Jacques Rousseau n'a sans doute pas rêvé d'autre chose; mais il fallait l'accès à cette perception directe de l'énergie cosmique, de l'ordre de la Nature, pour que l'homme soit effectivement bon. (ANGERS, LE 17/12/89)&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
55 PRINCEPS DE LA VOIE DU MILIEU.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
La Voie du Milieu nous permet de retrouver l'état d'indifférenciation de la conscience foncière. La moindre singularité fait disparaître cette conscience. Nous ne pouvons pas saisir l'Indifférencié. Nous ne pouvons que renoncer à faire des distinctions. Notre vigilance doit s'appliquer à rechercher en nous toute singularité pour l'abandonner. Même ce qui nous semble juste, vrai, doit être laissé avec leurs opposés. Quant à l’ego, il semble exister par une confusion des perceptions, une interprétation fausse de l’existence d’un être, d’un acteur chapeautant les couches de l’esprit. En fait, ce n’est qu’un agglomérat de souvenirs épars relatifs au corps, qu’une anticipation du futur, du résultat. Une vision juste constate son inexistence, et la disparition des conflits liés à sa présidence illusoire. L’ego est une conclusion hâtive de l’intellect. C'est pourquoi, nous devons dépasser: -le langage et la pensée, l'analyse et la comparaison. -le temps également, le passé, le futur doivent disparaître pour que le présent devienne atemporalité. -l'espace ; la dualité intérieur/extérieur. L'espace corporel intérieur est alors illimité; nous ne repoussons pas les perceptions sensorielles, nous ne recherchons pas le vide; nous ne nous tournons pas non plus vers le sujet, ce qui est vain, l'oeil ne se voit pas lui-même; nous sommes en équilibre entre l'extérieur et l'intérieur qui sont alors imperceptibles. Extérieurement, nous abolissons les limites, les barrières qui nous protègent; nous dépassons même l'être et le non-être du monde. -La dualité sujet objet. Aussi illusoire que l’existence de l’ego, lequel s’appuie effectivement sur celle-ci en faisant croire à un sujet absolu et personnel. Le sujet et l’objet sont également inexistants, encore une interprétation dualiste de l’unique « mouvement de voir, d’écouter... » sans personne à l’écoute ni objet perçu. -Enfin, nous ne distinguons plus l'essence universelle, le non-manifesté, telle une divinité transcendantale, un plan divin, du monde manifesté. Tout cela constitue un seul et même champ absolu. Alors s’installe la liberté totale et inconditionnée de notre esprit. Il n'y a plus aucune règle à observer. Tout se fait sans notre intervention volontaire; sans effort. Nous sommes toujours dépendant des lois universelles, mais nous les vivons avec un sentiment de participer à un jeu divin. C'EST LA VIE QUI AGIT EN NOUS. Nous avons un sentiment d'égalité envers tout ce qui peut se produire, événements, rencontres, vivant sereinement l'impermanence des choses et des êtres, avec une impression d'invulnérabilité, non pas par protection, mais simplement parce que nous ne sommes plus rien; qu'y aurait-il alors à détruire? Le sens du Réel est donc particulier: Impression de non-être alors que nous sommes manifestement plongés dans l'être. En fait, ni être ni non-être; cette distinction-là est tombée aussi. Le passé ne pèse plus. Nous avons une sensation de densification de notre énergie interne, accompagnée de transparence. Un sentiment de liberté, de compassion, d'infinitude... TELLE EST LA VOIE DU MILIEU.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
56. LA FORCE VIENT DE L'INDIFFÉRENCIÉ.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Notre ouverture à l'indéfini donne le sentiment de la liberté. Effectivement, seul l'indifférencié fait éclater les limites dont nous jalonnons notre route. L'idée même de liberté est une prison pour la conscience qui est réellement libre. L'abandon de toutes les références de la pensée laisse le champ vierge et fécond. La peur de l'inconnu peut nous faire reculer devant tant de liberté. C'est là que nous voyons combien nous aimons les limites établies. Mais ces limites emprisonnent bien plus qu'elles ne sécurisent. Plus encore, nous regardons notre état conditionné comme un puzzle fini qui nous prive de l'air du large. On nous a trop répété la connaissance du monde, des autres et de nous-mêmes, ce qui est un comble! Et cette connaissance a obturé notre intelligence. L'intelligence, c'est « lire entre ». Entre quoi? Lire entre les pensées, entre les bribes du puzzle qui finissent de nous donner une fausse vision de continuité. Lire les pensées n'a jamais été une marque de l'intelligence; mais lire entr'elles, voilà le véritable challenge. Lire l'espace de liberté entre les choses conditionnées. Nous ne pouvons pas respirer de l'eau. De même, nous ne sommes pas fait pour respirer mentalement la connaissance, mais uniquement l'espace non-conditionné qui donne la vie. La fraîcheur de l'enfance vient essentiellement de cette non-oblitération des espaces de liberté entre les mots, la pensée, les perceptions. Avec le temps, nous voyons le champ se couvrir jusqu'à masquer toutes les fentes entre les objets connus. Cela est insensible. Nous n'avons pas de méfiance devant ce remplissage sournois. Et un jour, nous nous réveillons avec l'impression de tout savoir; le champ est totalement connu. Mais le champ est totalement mort! Car la vie est liberté et vide, ouverture; la mort est au contraire remplissage statique, encombrement de la conscience, insensibilité. Retournons à cette liberté foncière, notre héritage toujours présent et le plus souvent recouvert. Nous avons besoin de cet espace intérieur régénéré pour être heureux.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
57 VANITAS VANITATIS.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Vanité des vanités, tout est vanité et poursuite du vent.(Ecclésiaste). Tout est éphémère. Pourquoi s'attacher alors à ce qui ne dure pas? Celui qui ne s'attache pas à l'éphémère connaît bientôt l'indifférencié. Celui qui connaît l'indifférencié connaît l'Unité. Celui qui connaît l'Unité est un sage. Tout ce qui est né doit mourir. Ainsi va la vie. Nous pouvons jouir de la vie qui passe, mais pas nous attacher. Nous pouvons profiter de l'instant, mais nous incliner quand il passe. Celui qui vit l'Unité, ne connaît plus l'éphémère. Les objets ne sont plus différenciés, c'est pourquoi leur apparition ou leur disparition ne laisse aucune trace, telles les vagues dans l’océan. Bienheureuse impermanence.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
58 L'ETRE EST IMMOBILE.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
L'Etre se révèle dans l'innocence la plus totale. Sans intention, Il donne corps et embrasse l'univers qui s'étend sans but aux confins de l'infini. L'ETRE EST IMMOBILE! Ou mieux: L'ETRE N'A PAS DE MOBILE. Nous le voyons écrit et pourtant nous allons faire une effort pour le chercher. Cela fait trop longtemps que nous cherchons des choses relatives. Quand nous nous tournons vers l'Etre, nous usons des mêmes outils rustres que pour attraper un zèbre! NOUS DEVONS ETRE SEMBLABLES AU PRINCIPE: IMMOBILES. Alors, seulement, nous serons...rien: Non-être... On est moins tenté de rajouter quelque chose. Nous ne devons pas faire un effort pour être immobiles. Nous devons comprendre le Principe Immobile. Alors, sans effort, abandonnés, nous sommes saisis par l'Insaisissable. Mieux encore, nous constatons que l’être ne nous a jamais dessaisis depuis l’aube des temps...&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
59 LA RELIGIEUSE&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Cet après-midi, en consultation, une religieuse. D'apparence laïque, elle est enseignante. Elle me dit qu'en ce moment, elle a du mal à vivre. Elle vit dans l'attente d'une inspection qui ne vient pas. Nous en venons à parler de la Présence Intérieure. Elle connaît bien cette expérience. Mais elle n'a pas connaissance des clés de ce vécu. Si l'Énergie la quitte, elle ne sait plus quoi faire pour la retrouver. Alors elle attend. Sa patience la sauve. Q_&amp;quot;J’ai envie de dire, je sens bien que l'anxiété est superficielle, et que l'expérience de Dieu est toujours au fond; mais je ne la sens plus en surface, et j'en suis malheureuse. Je ne peux plus donner aux enfants ce que je donne d'habitude: la découverte de leurs potentialités. Je ne peux pas être moi-même.&amp;quot; R_&amp;quot;Regardez cette tension sans fuir. Au contraire, prenez-la à bras-le-corps. Vous découvrirez sa source et vous pourrez rétablir l'équilibre intérieur. Vivre dans une attente hypothétique comme vous le faites est une dépense d'énergie inutile. Adhérez à votre peur en face d’un événement imprévisible, en une seconde, vous pourrez retrouver la sérénité. Mais ABANDONNEZ-VOUS, pas au futur, mais uniquement au présent! Savez-vous le futur? L’humilité seule nous permet d’accueillir cette incertitude; laquelle n’est-elle pas au fond une bénédiction, un gage de liberté?&amp;quot; Q_&amp;quot;Vous avez raison, je ne m'abandonne pas.&amp;quot;(silence) R_&amp;quot;Peut-être avez-vous besoin de vous abandonner à quelqu'un, plutôt qu'à l'Impersonnel?&amp;quot; Q_&amp;quot;Jusqu'à présent, c'est ce que j'ai vécu. Mais la vision impersonnelle que vous m'avez décrite vibre en moi d'une promesse de liberté plus grande...&amp;quot; R_&amp;quot;Une relation personnelle nous ramène trop souvent à nous-mêmes; un nous-mêmes serviteur, peut-être, mais un personnage encombrant le ciel limpide du Sans-limite. Tant que nous sommes là, soyons serviteur de l'Impersonnel, mais tôt ou tard, il nous faut dépasser toute relation pour rentrer dans l'Illimité.&amp;quot;&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
60 L’UNITE OU LE DIABLE...&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Le sentiment de l'unité ne vient pas de la superficie de l'esprit; mais de sa profondeur. Tant que nous restons attachés à la surface, nous ne pouvons vraiment ressentir la globalité du monde. Mais si nous acceptons de nous ouvrir à la source de notre être, alors, le trésor, la perle cachée se révèle à nos yeux ébahis. Ce n'est pas notre conscience qui peut embrasser le cosmos, mais bien notre inconscient qui par nature, contient déjà l'infini des possibles. Nous ouvrir à ce trésor inestimable de notre coeur et de notre âme, c'est accepter de disparaître en face de ce qui n'a pas de frontière, du sans limite, de l'infini. Sans quoi, notre petit moi se maintient et nous prive de l'air des cimes Himalayennes.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
61. HEUREUX DANS LA S0UFFRANCE...&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
A la seconde où nous collons au réel, nous sommes heureux. Quel que soit ce réel. Habituellement, nous collons à la réalité quand elle nous plaît. C'est une découverte fantastique de voir la joie apparaître uniquement parce que nous adhérons à ce-qui-est. Simplement, prenons conscience qu'il nous faut adhérer à la réalité même si elle nous déplaît. Pourquoi nous priver de ce bonheur non dépendant, ou disons dépendant de notre capacité à dire oui à ce-qui-est? Ce mouvement unique est vraiment divin. C'est le signe que nous ne sommes pas sur terre pour souffrir, puisque nous pouvons être heureux même dans la souffrance. Cette adhésion à ce-qui-est vient quand nous voyons combien il est vain de repousser ce-qui-est. C'est déjà là, alors à quoi rime le refus? Ceci ne nous empêche pas de changer les choses, autant qu'elles puissent l'être; mais avant tout, nous en sommes libres immédiatement. C'est quasiment miraculeux. Physiquement, nous ressentons une intégration de l'énergie qui devient comme compacte. Alors que quelques secondes avant, nous nous sentions vides. La vision de tout ce qui nous déplaît, et qui est plus ou moins conscient, était ravivée; la lumière de la vigilance nous faisait prendre conscience de ce poids que nous supportions par manque d'observation. Dès que nous voyons cela, nous mettons de l'ordre pour une meilleure utilisation de l'énergie. En un instant nous sommes centrés, libérés des contingences d’événement.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
62. QUI EST CELUI QUI VOIT?&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Bassui, maître japonais zen, du millénaire précédent résumait la Voie à ceci: &amp;quot;QUI EST CELUI QUI VOIT?&amp;quot; Pour lui, quiconque se posait cette question avec l'intensité nécessaire voyait bientôt son visage originel. C'est-à-dire qu'au delà de la conscience fonctionnelle, avec la disparition de l'objet et du pseudo-sujet, l’ego, se révèle LA PRÉSENCE.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
63 . LA MORT.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
La mort m'a rattrapé. Sa face de néant a broyé mes dernières illusions. Le gouffre; le trou noir. Je la sens physiquement; comme un souffle qui part du ventre et remonte jusqu'à mes lèvres. Ma bouche, telle l'entonnoir de ce trou noir, pousse un cri de silence. Je n'ai plus d'yeux pour pleurer, plus de mains crispées sur la vie qui s'en va... La glorieuse unité du monde, jeu de la conscience-énergie se laisse entraîner inexorablement dans le gouffre néantiel. Je meurs.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
64. L'IMPOSSIBLE &amp;quot;JE&amp;quot;.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
La vie est devenue impossible pour ce &amp;quot;moi&amp;quot;. IMPOSSIBLE! Je n'en peux plus, ce monde est absurde pour le &amp;quot;moi&amp;quot;; écartelé entre le désir et la peur. La vie n'a un sens que pour le cosmique. Le &amp;quot;je&amp;quot; sera toujours dans la fournaise. Et voici qu'il éclate en lambeaux, se morcelle. La vision cosmique apparaît comme la seule possibilité viable. PLUS DE &amp;quot;JE&amp;quot;, PLUS DE &amp;quot;JE&amp;quot;, PLUS DE &amp;quot;JE&amp;quot;! Le « je » n’a jamais existé. Il est un mirage dans le désert du pur esprit. La mort efface toutes les limites, ouvre la dernière porte. Ainsi soit-il!&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
65 LE VIDE.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
L'esprit est prompt à se remplir. C'est une éponge. Et pourtant, qu'il est doux de se sentir vide. Tel un réceptacle limpide, un canal pur, l'esprit vidé peut alors se laisser traverser par le nectar divin, lequel nectar n'est pas sauvage; mais s’offre à nous tout le temps. Mais jamais nous ne lui laissons l'opportunité de se manifester. Nous avons trop peur d'affronter le vide intérieur, affronter la mort, la mort de l'ego. Dans le vide, l'ego ne peut pas rester le maître. L'uniformité est la fin de l'ego. Sans choix à faire, le dictateur ne peut pas s'imposer. Le flou de l'indifférencié désarçonne le moi. La dépression le guette. S'il est capable un jour d'affronter ce vide, il pourra découvrir le trésor caché au fond de lui, c’est-à-dire constater son absence...&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
66. LE COURANT DE LA VIE.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Je revoyais après de longs mois ce directeur de banque. Il avait apparemment tout pour plaire aux autres et à lui-même. Grand, élégant, les yeux azurs, les cheveux argentés, on aurait pu le placer au sommet sans qu'il dépare. Cet homme était pourtant venu me trouver parce qu'il avait peur. Non pas de quelques traquenards politiciens, mais simplement de l'avancement que ses hautes fonctions allaient impliquer prochainement. Il doutait de ses capacités. Une terreur d'enfant lui serrait les tripes à l'idée de monter à Paris où ses nouvelles fonctions allaient l'appeler. Pourtant, après trente ans d'activité professionnelle, il aurait pu comme tant d’autres savourer l'avancement qui couronnerait sa carrière. Pour lui, c'était l'horreur. Ses grandes capacités intellectuelles lui décrivaient par le menu le pourquoi du comment de son état sans que celui-ci semble s'améliorer. Toute sa vie montrait une incapacité à lutter. Jusqu'à présent, il s'était laissé porter par les événements. Et maintenant qu'il aurait à prendre des décisions importantes, il se sentait démuni. Ce n'était qu'un manque de confiance en lui-même, car il avait à l'évidence les facultés requises. Son enfance avait dû influencer cette inhibition, ce manque de combativité. Des parents très rigides. Il finissait de décrire froidement sa situation, puis ajouta: _&amp;quot;j'ai cru comprendre cet état de liberté que vous m'avez décris naguère, pourtant aujourd'hui je suis sans force devant le constat de ma faiblesse. Je suis écartelé par le choix qui s'offre à moi. Partir pour cette promotion qui m'effraie, ou rester ici, si j'ai le choix, pour être mis un jour au rebut.&amp;quot; _Avez-vous essayer de vous laisser porter par le courant de la vie? _&amp;quot;J'imagine que si j'étais un je-m'en-foutiste cela serait facile comme décision à prendre, car au fond, qu’est-ce que je risque?&amp;quot; _Je ne vous propose pas de faire fi de tout. La différence entre le laisser aller et suivre le courant de la vie est subtil à distinguer. C'est un point important à éclaircir pour ça. La vie soutient des milliards d'individus dans les différents règnes depuis des milliards d'années avec succès. Nos cellules fonctionnent en harmonie sans que nous y soyons pour quelque chose, et cela se fait très bien. Pourquoi ne pas confier notre vie personnelle à cette force qui fait tourner la Terre? _&amp;quot;Mais comment percevoir cette force?&amp;quot; _Quand on renonce à faire des catégories, des séparations artificielles dans notre perception du monde, le mouvement général apparaît et il n'y a plus qu'à le suivre. Dans cet état de conscience, il n'y a pas de choix. Nos perceptions sont tellement aiguës que le bon choix s'impose de lui-même. Dans votre cas, il faut voir ce-qui-est. Toutes les implications du passé, par exemple devront être vues dans la décision à prendre. Devez-vous réagir en fonction d'un passé révolu? Vos capacités actuelles sont une référence plus sûre. La décision que vous prendrez seul sera la résultante de toute votre intériorité déployée. Alors, vous ne pourrez jamais regretter quoi que ce soit. _&amp;quot;Je comprends ce que vous me dites. Mais je ne perçois toujours pas ce mouvement dont vous parlez. Il ne me reste plus que quelques jours avant de donner une réponse. Cela sera-t-il suffisant pour découvrir ce dont vous parlez?&amp;quot; _Voyez la vérité que vous êtes entièrement démuni. Laissez ce vide vous gagner. Un abandon. Si vous vous abandonnez sans arrière pensée, innocemment, alors ce mouvement atemporel vous envahira; la question disparaîtra, la solution naîtra simplement dans le champ de conscience. Mais qu'il est difficile de s'abandonner quand sa propre vie, celle de ses enfants et de son épouse est en cause!... _&amp;quot;Vous appuyez cruellement le fait!&amp;quot; _Constatez avec moi cette difficulté presque insurmontable et ne faites aucun mouvement pour fuir ce fait. Que ce passe-t-il? _&amp;quot;J'ai envie de pleurer.&amp;quot; _Laissez-vous aller; c'est le début de l'abandon. Vous sentirez bientôt le roc foncier vous soutenir, dans votre vie et dans votre choix. N'ayez pas l'impression de sombrer dans la dépression. Soyez confiant en la Nature des choses.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
67 POEME&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
J'ouvre mes ailes blanches tant recroquevillées&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Depuis l'aube des temps que j'ai peur de voler&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Mais j'ai bu si longtemps le Duel et la ciguë&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Qu'enfin libre l'esprit s'enfuit vers l'Absolu.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Derrière moi sont restés les tout derniers attraits&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Que l'ego aveuglé et jouisseur recherchait&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Aujourd'hui, j'y repense alors que le jour point&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Et ce n'est plus pour moi qu'un cauchemar lointain.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Le coeur est éclaté, embrassant l'Infini;&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
L'univers doucement s'étend et se replie.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Ma voix emplit le Tout, soutenant les étoiles,&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Et noyant ta conscience, c'est Dieu qu'elle te dévoile.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Petit homme, viens à Moi, et tu seras ravi !&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Mes bras n'ont point cessé de d'étreindre, même si&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Dans la nuit de tristesse tu m'avais oublié;&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
C'est l'aurore, mon enfant, il faut te réveiller.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
68 HYGIèNE DE VIE ET SPIRITUALITÉ&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Quand nous sommes saisis par le pouvoir impersonnel; nous éloignons naturellement les aliments et substances nocives soit à notre conscience, soit à notre santé. Fumer est nocif à la santé. Les excitants de toute sorte, les drogues psychotropes, ces drogues d’action puissante sur le système nerveux central, les tranquillisants sont directement nocifs à la conscience de l'éveil. Cette conscience nécessite en effet que le cerveau soit libre de percevoir et d'agir dans tel ou tel sens. Les psychotropes modifient notre conscience, nos perceptions, nos pensées, notre comportement et sont donc à éviter impérativement quand on chemine sur la Voie. Cela dit, j’ai connu des maîtres authentiques qui buvaient à l’occasion de nombreux verres de saké! Toutes les voies spirituelles se proposent de vous donner des conseils hygiéno-diététiques qui finissent par alourdir très sérieusement la vie de tous les jours. La recherche de liberté est en fait compatible avec une totale absence de contrainte; quoi de plus logique? Nous devons simplement remettre en question les habitudes que notre corps a pris, et laisser celles qui sont en accord avec notre coeur vigilant. Notre corps choisit instinctivement ce qui lui convient. Le sport, par exemple, sera pratiqué avec modération. L'esprit de compétition est dans la nature et ne s’oppose pas à la conscience de l'Unité. La quête d’un résultat, en revanche, c’est-à-dire la victoire ou la défaite, est une pure invention de l’ego. Nous voyons là les limites franchies par la mentalité sportive aujourd’hui. La compétition sportive peut exister sans esprit de but, cela semble incroyable, non? La compétition crée souvent une émulation propice au développement, dans tous les domaines de l’activité humaine. Dans la nature, les différentes espèces sont en compétition pour survivre, et la sélection existe bien. Mais les différentes formes de vie se combattent sans désir de victoire et sans peur de défaite. L’extinction d’une espèce laisse le champ à une espèce plus adaptée, plus efficace. Nous devons faire confiance à notre instinct, à notre sensibilité dès que nous devenons conscients que l'énergie impersonnelle guide nos pas. C'est Dieu en nous qui agit.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
69. L 'ARBRE DE L'INDIFFÉRENCIATION.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
L'image de l'arbre représente bien ce que nous pouvons percevoir de la réalité extérieure et intérieure. Tout au fond, il y a le tronc, unique, stable, puissant, inébranlable; ce tronc se ramifie en grosses branches primaires. Elles sont les premiers principes de la différenciation. Nous voyons ainsi la Conscience Primitive, se décoller de l’énergie indifférenciée et apparaître avec l'espace et le temps; le dedans et le dehors. Après ces branches souches, nous trouvons les grosses branches qui correspondent à des courants intérieurs plus différenciés: attraction, répulsion, produisant eux-mêmes les divers sentiments... Puis, ces branches se divisent encore, donnent des brindilles qui portent elles-mêmes le feuillage. Ce feuillage est mobile comme la pensée; un rien le fait bouger. Le plus souvent nous restons conscients uniquement du feuillage de la pensée et des brindilles de l'affectif. Nous ne saisissons que les courants les plus différenciés. Nous ne sommes pas familiers avec notre intériorité. En effet, celle-ci est surtout indifférenciée. Ce qui ne l'empêche pas de projeter dans le conscient des objets mentaux très particuliers, distincts. Le &amp;quot;moi&amp;quot; sépare tout ce qui est ce corps de ce qui ne l'est pas, et se projette sur l'environnement: c'est &amp;quot;à moi!&amp;quot; Ce &amp;quot;moi&amp;quot; est tramé du feuillage, et des plus fines brindilles, mais pas des branches souches, ni même du tronc. C'est une sorte de gui, un parasite. Quand nous nous tournons vers l'intérieur, il est important de prendre conscience de ce flou normal que nous rencontrons. Nous devons considérer que nous ne sommes pas flous, mais que nous voyons du flou. Cette différence d'approche est essentielle à la compréhension de nous-mêmes. Même si à un niveau plus profond nous ne nous distinguons plus guère de ce qui est vu. Nous pourrons nous sentir vigilants même dans le non-différencié. Souvent, nous avons besoin de calme intérieur. C'est normal. Si nous nous considérons uniquement sous un aspect différencié, nous disparaissons dès que nous tombons hors de la pensée. C'est un comble! Nous devons voir qu'au contraire nous ne sommes ni le différencié, ni le flou d'ailleurs: nous ne sommes rien! Nous sommes insaisissables, inexistants, en dehors du champ manifesté; c'est pourquoi nous sommes foncièrement libres. Alors nous restons présents quels que soient les états de conscience, de la vigilance à la rêverie, de la pensée analytique à la perception du foncier indéfini, du rêve au sommeil, nous sommes. Juste ETRE. La porte est l'ouverture à l'Indifférencié. Nous laissons de côté notre image, l'image des autres, du monde; tout se fond dans l'UNITÉ. Cette vision de l'arborescence du Foncier nous permet de comprendre nos couches dites subconscientes et inconscientes. Les principes qui gouvernent le mouvement intérieures de ces couches sont plus ou moins différenciés. Ce dont nous avons conscience en surface n'est que la superposition de ces divers principes qui recouvrent la lumière du Soi. Voici une image qui illustre bien ces rapports: la lumière du Soi est au fond du lac. Elle projette à la surface du lac tous les objets et poissons qui nagent dans l'eau. L'observateur est à l'extérieur du lac, il ne voit que ce qui paraît en surface. Ainsi, tous les principes que nous voyons sur le lac sont la somme de plusieurs vecteurs conjugués. Quand nous plongeons dans le lac, en renonçant à la distinction, nous découvrons les superpositions successives qui engendrent le conscient. Voir cela nous fait identifier le pourquoi du fonctionnement analogique de notre esprit. Puisque les principes sont communs à plusieurs groupes de pensées, de perceptions, au niveau du feuillage. En plongeant, nous nous unifions avec notre intériorité.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
70. COMME LE VOL DES OIES SAUVAGES...&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Q_&amp;quot;Pendant un mois, Docteur, j'ai vécu mes problèmes avec une sérénité étonnante. Mais, depuis quelques jours, je suis retombée dans la grisaille et les conflits des mois précédents. Cela m'a donné une migraine épouvantable!...&amp;quot; R_&amp;quot;Vous avez pu expérimenter avec bonheur la liberté intérieure... Il est normal qu'elle ne soit pas établie complètement dès le départ; que vous fassiez quelques &amp;quot;rechutes&amp;quot;. Mais vous avez goûté à cette liberté, c'est l'essentiel. Quand vous perdez pied, ne luttez pas contre vous-même; adhérez à vos réactions; elles dureront moins longtemps, et même, elles se volatiliseront en un instant.&amp;quot; Q_&amp;quot;J'ai réussi à relever le moral d'une amie, et pourtant, je suis retombé. Les problèmes dans mon travail d'enseignante sont redevenus ce qu'ils étaient; du coup, je me suis accrochée avec mon mari.&amp;quot; R_&amp;quot;Il faut garder la vigilance. Elle vous permet de voir naître des réactions latentes. Ainsi, vous ne les laissez pas s'accumuler. Leur infiltration dans votre for intérieur à votre insu, leur permet de resurgir sans contrôle. Collez à ce-qui-est, vous resterez alors unie en vous-même, unie au monde qui vous entoure. Si votre centre de gravité intérieur ne correspond plus à ce-qui-est, alors naissent les tensions. Quand vous avez réagi à la situation, adhérez à votre réaction en déplaçant votre centre de gravité vers la réaction elle-même, en tant qu'elle est aussi &amp;quot;ce-qui-est&amp;quot;. Vous devez rechercher le niveau de moindre tension intérieur. Je vais vous raconter une histoire qui parle de ce niveau de moindre tension. Il s'agit d'un reportage télévisé. Aux USA, Bill, un homme passionné par le vol des oiseaux depuis l'enfance, s'était promis de voler un jour avec les oiseaux. Pilote d'ULM, ces avions ultra-légers, il a entrepris d'élever une couvée d'oies sauvages, se faire adopter par elles, et enfin voler avec elles. Au départ, les petites oies n'avaient pas appris à voler avec leur mère. Leur mère était un homme en ULM! Elles ont donc appris à voler toutes seules, instinctivement, en suivant l'ULM. Et, qu'avons-nous découvert? Jour après jour, ces petites oies ont expérimenté le vol en formation. Elles se sont mises spontanément en &amp;quot;V&amp;quot;; elles ont trouvé les positions de vol qui consomment le moins d'énergie. La vie en elles a choisi l'équilibre le plus grand, le point de moindre effort.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
De la même façon, nous devons trouver en nous-mêmes le point de moindre effort, ce point de non-tension qui s'établit quand notre centre de gravité fait &amp;quot;un&amp;quot; avec ce-qui-est. Ce point de moindre tension s'établit de lui-même quand nous restons vigilants. Si nous réagissons aux situations, adhérons à notre réaction.&amp;quot;&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
71. DIEU NOUS PREND TOUT.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Nous sommes arrivés à la porte du temple. Nous devons rentrer nus. Tout laisser derrière nous. La connaissance: abandonnée! La discrimination aussi. Surtout. Notre volonté de servir doit être implacable. Mais servir qui? Effectivement, quand on parle de non-dualité, il n'y a pas d'autre. Alors? Nous avons utilisé à dessein un langage dualiste. Au niveau non-duel, tout est inclus. On peut tolérer un langage personnel, poétique, lyrique même, tout en restant conscient de son caractère relatif. Dieu nous prend tout ; nous ne pourrons être saisis par Cela qu’en laissant la place complètement vierge. La Grâce ne visite pas les préoccupés. Autant le savoir! De quitter nos intérêts mondains, nous aurons peut-être l'impression de rentrer au convent. C'est un peu vrai... Mais ce couvent-là inclut au lieu de rejeter au dehors. Il englobe tout ce que nous avons soigneusement expulser de notre vie. Notre force intérieure devra être entière pour observer sans indigence la moindre de nos tentations. Nous avons le droit de tout vouloir, certes, mais de savoir ce que nous voulons. Le dimanche matin ne suffira pas pour &amp;quot;cultiver la Voie&amp;quot;. Toute notre vie devra être envisagée sous la lumière de la Vérité. Aucun terrain ne pourra rester au dehors, je le répète. Ceci ne nous empêchera pas de faire des choses très variées; il ne s'agit pas de penser à la Voie à tout moment. Mais nous devrons tout faire, à tout moment, &amp;quot;à la grâce de Dieu&amp;quot;. Ce Dieu-là nous invite seulement à rester présent dans l'unité des choses. Accueillant. Tout le temps. Nous découvrirons des préoccupations loin du spirituel. Oui, j’aime faire la cour à ma voisine, au lieu de vivre l'Unité. Pourquoi opposer la Voie à l’amour humain? Ne sont-ils pas tous deux fruits de la Providence? Vivre nos points de vue egotiques en toute conscience, aller au bout de projets personnels avec vigilance, pourquoi pas? Un jour, la compassion nous place au-delà des griffes du mental, pas en fuyant, mais en observant paisiblement... Au loin, une cornemuse geint. C'est inattendu en Touraine, une après-midi d’Ascension. Cette intégration de toute notre vie dans la Voie va l'enrichir, l'épanouir. Notre force ravivée manifestera le jeu divin. Parfois, au contraire, nous nous sentirons inexorablement tirés vers la dualité, la lutte intérieure, le choix inextricable, le conflit profond. Restons alors sereins, adhérant de parti-pris; l'orage ne durera pas toute la nuit... La prochaine fois, nous regarderons avec plus de précision la naissance du conflit intérieur. Quel résultat ai-je donc visé? Qu’ai-je voulu refuser? Il y a toujours une solution; observons le problème de près. L'observation pure est dégagée du conflit. Aussi la solution est-elle adéquate. Il n'y a jamais de problème en soi. Il n'y a que des ego en lutte contre le monde. Quand le monde et moi sommes un, le problème disparaît. S'il y a quelque chose à faire, ça se fait. Soyez sûrs que c'est ainsi. La volonté de tout intégrer dans la Voie naît avec le sentiment de l'urgence absolue de s'éveiller et non pas de la quête d’un exutoire. C’est davantage une affaire d'amour entre Dieu et Dieu. Dieu en nous se cherche. Qui d'autre pourrait-il trouver que Lui-même? L'ego apprend vite que la libération se fera sans lui: cette expérience volatilise l'ego. La passion intérieure nous fait courir après tous les mirages du bonheur mais dès qu’elle entrevoit l'horizon du Divin, elle ne veut plus rien d’autre . Cette passion, cette énergie, est la Divine Shakti qui fait tourner le monde, chanter les oiseaux, fleurir les coquelicots. En nous, elle soit s’éveiller à sa propre dimension divine. Prisonnière des mondanités, cette énergie n’aura jamais le goût du nectar. Dans notre corps, l'union de la Shakti avec la Conscience est la béatitude cachée depuis l'origine. Nous ne fuyons donc à aucun moment le monde et ses travers. Nous épousons la vague de la manifestation. Tous les phénomènes témoignent de cette même évolution vers la perfection. Tous les désirs visent la Divinité. Dans notre for intérieur, dégagé de tous les aspects positifs ou négatifs, la Vie nous apparaît comme l’oeuvre d'une seule et unique Divinité impersonnelle, d'un Principe Universel tout-englobant. Tout est un. Nous devons refléter dans notre vie quotidienne cette réalisation. La réalisation mentale ne suffit pas, car, au fond, nous nous croirons toujours séparés du Principe. Q_&amp;quot;Mais, comment allons-nous vivre l'Unité si nous ne savons pas ce qu'elle est? Et pour vivre ce qu'elle est, nous sommes sensés repousser la dualité...en vivant l'unité! N'est-ce pas là un paradoxe, un serpent qui se mord la queue? R_&amp;quot;Vous reposez à juste titre la question: quelle est la fin, quel est le moyen? La fin, vous le savez, c'est l'unité. Le moyen, c'est la non-dualité. Ce qui n'est pas tout-à-fait la même chose. La non-dualité est de prendre conscience des paires d'opposés qui gisent dans notre esprit; qui d'habitude luttent les unes contre les autres, gaspillant l'énergie. Prendre conscience des paires de dualité et ne rien faire pour changer quoique ce soit, telle est l'application de la non-dualité. La réponse viendra de l’impersonnel. Pas de l'ego. Les paires d'opposés sont donc vues dans leur réalité dualiste. Et nous voyons bien que nous ne sommes pas cela. Autrement dit, nous nous dé-identifions de notre image egotique habituelle. L'ego qui choisit, qui oppose, qui lutte, ne capte plus notre énergie consciente. Et ainsi, l'ego laisse la place à l'impersonnalité, l'unité en nous. Nous n'avons donc pas à savoir ce qu'est l'unité pour la réaliser; mais à voir la dualité. Voir la dualité est relativement facile au début, par l’observation des gros mécanismes. Toutes les interdépendances doivent être identifiées. Par exemple: j'aime les motos. En voiture derrière un poids-lourd pendant des kilomètres sur une route de montagne, par 40°, j'imagine qu'en moto, j'aurais pu le dépasser. Je souffre de la comparaison. Si je me rends compte d’avoir posé l'a priori: je rêve de moto au lieu ma voiture; alors, impersonnellement, le choix est remis en question. Ca renonce en moi à la moto. Je revis au présent: en voiture, dégoulinant mais content! La comparaison tue, à l’évidence. En prenant conscience de cela, nous pouvons être réunifiés. Le secret revient à se situer au milieu des plateaux de la balance universelle, d'où nous contemplerons les choses dans leur vérité et en serons libres. Parfois, nous refusons inconsciemment de nous libérer de nos chaînes, sans même en avoir conscience. Dépassons cet obstacle délicat, sûrs d’être capables rompre ces chaînes, même inconscientes. La liberté gît déjà au for... Mais, pour ce faire, nous devons nous familiariser avec le fonctionnement de nos couches inconscientes. La volonté directe est impossible. Mais, à la manière d'un bio-feedback, nous pouvons semer des suggestions dans l'inconscient. Ses couches ne nous sont pas inaccessibles. Simplement, elles fonctionnent différemment des zones claires de notre conscience. Ainsi, le fait qu'elles ne réagissent pas &amp;quot;au doigt et à l'oeil&amp;quot; ne montre pas que nous ne sommes pas dedans. Cela montre qu'elles réagissent d'une autre façon. Le fait de ne rien avoir d'objectif pour nous repérer à ce niveau inconscient pose également quelques difficultés. Passons donc ces barrières et avançons. Nous pouvons nous situer au niveau inconscient en nous abandonnant, en quittant la sphère habituelle de la polarisation et en nous laissant couler comme une feuille morte dans l'étalité, sans flux ni reflux; comme au moment où le respiration se suspend. Sentir ce lieu profond dévoile nos rouages mieux qu’à la surface de l'esprit, afin de saisir les racines conflictuelles jusqu'à leur source et les identifier. L'énergie qu'elles recèlent pourra être ainsi récupérée et réutilisée pour l'action libre en surface. Quand le chrétien prie, il fait agir en lui cette facette impersonnelle d'autant mieux qu'il a la foi en la réussite. C'est la Déité qui agit en lui. Lorsque nous nous sommes abandonnés à la profondeur de notre être, nous revivons l'unité indifférenciée dans sa face sombre, dans son aspect non-manifesté. Nous nous perdons dans la nuit. Et pourtant, au fond de cette nuit sans lune, nous allons découvrir la lumière incréée. Cet abandon nous fait prendre conscience de toutes les tensions que nous avons engrangées au fil du temps. Nous pouvons les dénouer. Il faut tout pardonner, dit-on, c'est uniquement pour ça, dénouer les chaînes du passé. Pardonner, c'est se libérer soi-même. La liberté est une de nos aspirations fondamentales, de même que l'amour. Aussi, à voir nos chaînes, il n'y a point de discussion pour choisir. Ainsi, nous nous unifions intérieurement, et cette unité réalisée doit maintenant se projeter en surface, sur l'extérieur. Sans cette confrontation avec l'extérieur, nous ne pouvons pas savoir si notre intériorité est unie ou pas. Les tendances latentes de refus n'apparaîtront pas si les objets du refus ne sont pas présents. Tandis que lorsque nous descendons au fond de nous, les refus peuvent être sentis en l'absence de l'objet. Ceci permet de mieux se connaître. Tel le Christ descendant aux enfers, nous apporterons la lumière du pardon dans la caverne de notre coeur.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
72. LA CRÉATIVITÉ&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
La créativité découle de l'élan naturel jaillissant au fond de nous. Ce flux divin traverse continuellement notre corps, nos sens, notre affectivité, nos pensées. L’artiste connaît son élan naturel et le mène sans effort aux confins de la pensée discriminante, à l'orée de la lumière illimitée. Pourtant, bien peu reconnaissent la source de leur art, où jaillit le pur joyau, dont un éclat transforme la vie de celui qui l'entrevoit. Reconnaître la source de la créativité ouvre à la vie-même, dans sa nudité, son innocence, sa spontanéité. L'inspiration devrait être un offertoire sur l'autel de la Divinité. Comment imaginer qu'il en soit autrement? L'inspiration, d'une façon détournée ou bien directe, vient toujours de la source. Mais combien va-t-elle perdre de limpidité en chemin? La crise de créativité témoigne de la précarité de l'inspiration egotique. Seule la joie de l'énergie primitive est inépuisable. Seule, elle peut nous rendre familier avec les dieux, les muses, nous faire entrevoir le Cristal Inconnaissable qui pénètre en un éclair intemporel au coeur de la création pour en élucider les rouages. Bref, qui s'en détourne, la méconnaît, se coupe les pieds, se coupe les mains. Qui la vit, se sent porté, dans la tourmente comme dans la béatitude, vers les rives incréées où rien n'est attendu. L'artiste doit fuir la comparaison s'il veut laisser le flux primitif se manifester en lui, jaillissant de la mer fondamentale non encore différenciée en conscience, énergie et matière. Toute comparaison tue l'unité foncière, tue la création artistique. Les peintres Zen savent projeter ce niveau brut de la création à travers certaines calligraphies. Plus nous avons affaire à un plan différencié, sophistiqué, plus nous perdons de vue le foncier, et plus la créativité nous quitte. L'élan vital est spontanément créatif à tous les niveaux de l'art. Trop souvent, notre vie nous occupe au point de nous faire perdre de vue cette capacité d’engendrer des productions artistiques. A tout moment nous pouvons refaire le chemin vers le centre, et avec lui retrouver l'élan créatif originel.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
73. L'UNITÉ APRèS LA TEMPETE.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Enterrement dans un petit village des Pyrénées. Le beau temps des jours précédents a cédé la place à un temps couvert qui sied mieux à la mise en terre d'une amie... puis je suis allé assister au repas de noces de mon oncle qui a soixante-et-onze ans. La vie nous fait parfois des associations si contrastées! Combien l'unité peut être dure à réaliser! Ces circonstances le démontrent à merveille. Tout est Dieu, souviens-toi. C'est justement la meilleure leçon que je pouvais recevoir en ces heures de réalisation intérieure... Nous avons souvent besoin de contraste pour prendre conscience des choses. Nos sens émoussés par trop de stimulation ne réagissent plus à de simples sensations. Nous avons besoin de toujours plus de contraste, d’intensité, toujours plus... Ce n'est pas dans le « plus » que nous pouvons retrouver l'unité; au contraire. Elle naît quand nous redevenons simples dans nos perceptions, dans nos comportements. L'&amp;quot;hyper&amp;quot;, le &amp;quot;super&amp;quot; nous éloignent de la nature foncière. Je remonte les marches vers l'unité. Chaque marche est bien identifiable. Quand j'abandonne le dernier bastion de résistance à l'unité, il n'y a plus rien. Plus aucune comparaison possible. Plus aucune pensée analytique. Juste &amp;quot;être&amp;quot; sans limite. La paix. L'arrêt du mental est ce qui frappe le plus. Il n'y a guère que l'unité qui lui donne la paix. C'est un peu notre sauvegarde; tant que le mental tourne, c'est que nous n'avons pas trouvé le foncier. Nous ne devons faire aucun effort pour arrêter le mental; il s'arrêtera de lui-même quand nous serons arrivé à bon port!&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
74. CHERCHE LE ROYAUME DES CIEUX D'ABORD...&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
C'était une jeune femme blonde que je voyais pour la première fois en consultation. Ses yeux bleus profonds et ses cheveux longs lui donnaient l'air d'une petite fille sage. Elle avait deux enfants. Elle se mit à parler de ses problèmes de santé. Divers troubles qui se rattachaient en définitive à des problèmes psychologiques. Ce n'était pas un parti pris de ma part, une conclusion hâtive; c'était elle-même qui me le confiait. En effet, à la suite d'une psychothérapie dans le passé, elle avait déjà surmonté de semblables difficultés. On sentait dans son débit de paroles une longue expérience de dialogue thérapeutique. Tout en regardant la fenêtre, comme si elle rêvait, elle décrivait ses états d'âme. Elle gardait une nostalgie de la période qui suivait sa psychothérapie. Elle m'apprit que son état de conscience d'alors était semblable à l'état de celui qui est libéré de la dualité. Les situations de la vie ne pouvaient plus lui causer de peine; elle se sentait libre des choses et des êtres. D'ailleurs, sa famille et ses proches essayaient de la faire retomber dans un statut mental plus accessible, plus proche de leurs difficultés. Pour eux, elle demeurait intouchable... -Mais, depuis cette période bénie, je n'ai plus retrouvé la liberté intérieure. Maintenant, je souffre dans mon corps de ces troubles, la colonne vertébrale me fait mal; je me sens mal à l'aise. Je déprime. -Avez-vous senti comment le conflit naît dans votre esprit? -Non. -C’est le point capital pour prévenir le retour dans la dualité. Vous devez voir comment surgit la lutte intérieure. Prenons un exemple, pour faciliter la compréhension. Je suis musicien. Je souffre de ne pas être reconnu en tant que tel. Tant que je m'en tiens à cette approche, je continue de souffrir jusqu'à ce que je sois couvert de gloire. Mais si je me rends compte dès le départ que c'est moi qui ai posé: je dois être reconnu en tant que musicien, alors je renonce; non pas à la musique, mais à une demande de valorisation egotique. A l'inverse, si je ne pose aucun préalable, aucune demande de reconnaissance de quoi que ce soit; l'art musical que je déploie peut se révéler susceptible de m'apporter la gloire. Ou au contraire rien du tout; mais ce n'est plus une demande particulière qui gouverne ma musique; c'est le jeu de la nature en moi; c'est la nature qui fait de la musique. Je ne suis pas concerné par une reconnaissance extérieure pour bien jouer. Cela joue en moi, pourrait-on dire. Plus globalement, nous voyons qu'il existe deux types de réponses aux événements de la vie. Soit nous faisons en sorte de satisfaire autant que possible nos demandes, et nous protéger de nos peurs; soit nous dépassons le mécanisme psychologique qui nous conditionne pour nous libérer à la fois de nos désirs et de nos peurs. Ce qui ne nous empêche pas de satisfaire les désirs qui concourent à l'équilibre physiologique. Une autre façon d'énoncer cela. Si je m'attarde dans le passé sans tenir compte du présent; ne voyant pas les données de la vie comme elles sont, je ne pourrai pas m'adapter au mieux de l'intérêt général et particulier. Je ressasse un échec au lieu d'analyser la réalité et le pourquoi de cet échec. Objectivement, que se passe-t-il? Que ferait une autre personne à ma place? Si on faisait une enquête scientifique ou policière, quels seraient les faits? Telles sont quelques unes des questions que l'on peut se poser pour prendre de la distance avec les opinions personnelles et sentir la réponse impersonnelle à la situation... Il faut partir de la liberté; nous sommes déjà libres. Nous ne devons pas attendre de voir telle ou telle chose pour nous déclarer libres. Nous n'avons pas besoin de connaître tous les rouages de nos conflits intérieurs pour nous en libérer. Mais nous devons nous centrer hors de la dualité. A partir de là, nous sommes à même de voir la liaison de choses entr'elles. Nous ne voyons souvent qu'un seul côté des événements. Celui qui nous plaît ou nous déplaît. Quand nous voyons les deux côtés, nous pouvons en être libres. L'énergie qui soutient les plateaux de la balance intérieure se retire en même temps de l'un et de l'autre. Tant que nous ne voyons qu'un aspect, l'énergie en nous ne peut pas se situer en dehors du conflit, si conflit il y a. _Je sais tout ce que vous dites; mais parfois je ne retrouve pas le cheminement psychologique qui libère... Je reste dans l'ombre et la tristesse, sans comprendre ce qui se passe. _Il n'y a pas de secret; nous devons d'abord sortir de la dualité. Pour ce faire, nous devons nous abandonner aux conditions de la manifestation. Si nous sommes capables de faire ce lâcher-prise, alors les cieux s'ouvrent. Pourquoi lutter contre les conditions de notre vie? Si elles sont ainsi, c'est que nous l'avons cherché, d'une façon ou d'une autre. (C'est dur de reconnaître cela, en général.) Ayant lâché prise, nous nous retrouvons centrés de nouveau, sans avoir eu à analyser la situation. A partir de là, notre vie va prendre une nouvelle direction, et nous devons laisser fonctionner le courant impersonnel à travers ce corps et ce cerveau. Quand nous nous abandonnons, tout est possible. Nous n'avons pas à nous libérer par une analyse complexe de notre conditionnement. -C'est justement le point qui m'intéresse le plus: sortir du conditionnement sans passer par le chemin laborieux de l'analyse psychologique. Comment réaliser ce lâcher-prise dont vous parlez, je ne me sens pas prête à m'abandonner sans savoir à qui, à quoi... -Quand l'intelligence a fait le tour du principe &amp;quot;ego&amp;quot;, et comprit son inanité, alors le lâcher-prise est possible. Ou bien, sans que nous ayons compris l'ego, nous pouvons appliquer une technique de centrage de notre énergie; une forme de méditation, par exemple. Bien sûr, sous l'angle de la non-dualité pure, il n'est jamais question de technique. On doit se hisser au-dessus de la dualité à la seule force de la compréhension. Hors, celle-ci peut être difficile, voire impossible à certains d'entre nous. Il est alors légitime de proposer une technique de méditation, de centrage intérieur, de lâcher-prise provoqué. Notons au passage que le sommeil profond est un lâcher-prise qui s'effectue naturellement chaque jour, ce n'est donc pas un événement exceptionnel. Ce qui est exceptionnel est le lâcher-prise conscient. -Que me proposez-vous dans ces conditions? Suis-je d'après vous à même de comprendre directement la non-dualité, ou dois-je passer par une technique? -Qui doit répondre à cette question? N'est-ce pas à vous de voir cette réalité particulière?(...) Quand votre compréhension ne fonctionne plus, alors, vous devez vous résoudre à utiliser une technique de méditation. Ne serait-ce que passagèrement. Dès que vous verrez les choses avec clarté, alors, vous pourrez apprécier la liberté directement. Cela revient au même de dire: si vous pouvez lâcher prise immédiatement, alors, faites-le. Sinon, soyez vigilants sur votre fonctionnement egotique jusqu'à ce que l'énergie impersonnelle en vous renonce à l'ego. Ou encore, pratiquez une technique qui vous centrera rapidement et vous permettra de voir &amp;quot;ce qui est&amp;quot; sans effort. &amp;quot;Ce qui est&amp;quot; égale vision impersonnelle, égale action impersonnelle... Tant que le langage impersonnel ne vous est pas accessible, alors essayez de comprendre les choses et les êtres, en vous aidant éventuellement de la lucidité méditative. Ce langage impersonnel, non-dualiste, parlera à votre coeur à un moment ou à un autre. Vous avez pensé d'une certaine façon pendant longtemps, votre cerveau ne peut pas changer cela en une seconde. Il me semble que pour le moment, je dois m'aider d'une technique. Que proposez-vous? -Je vous propose d'utiliser un mantra. C'est finalement la technique la plus facile et la plus efficace. La racine mantrique la plus employée en Inde est &amp;quot;Om&amp;quot;. Les principaux mantras contiennent &amp;quot;om&amp;quot;. &amp;quot;Om mani padme hum&amp;quot;. &amp;quot;Om namah Shivaya&amp;quot;, &amp;quot;om namoh Bagavaté&amp;quot;. C'est ce dernier que vous répéterez, en considérant qu'il représente, qu'il est lié, qu'il est l'état de non-conditionnement, l'Absolu, au-delà des contraires et des limites. Vous le répéterez d'abord à haute voix, puis l'intérioriserez mentalement. Il doit devenir automatique. C'est comme une barque qui mène du limité au sans limite. Sur l'océan infini, le mantra flotte doucement. Bientôt, vous vous fondez dans l'infini; le mantra coule... -Dois-je respecter un rythme? -Il n'est pas nécessaire de suivre le rythme de la respiration. Mais vous verrez que naturellement, le mantra prend place dans l'expiration, et meurt avec le souffle. Nous devons laisser renaître le mantra ainsi que le souffle. Sans effort, nous laisser porter par la mélodie. Cette mélodie-là ne fait pas de vagues, c'est pourquoi elle nous révèle l'océan sous-jacent aux vagues. -Vous m'avez répété pendant des jours que la non-dualité ne souffrait pas de technique. Comment conjuguez-vous cela aujourd'hui? -Je ne conjugue rien. L'expérience évolue. Ce qui semblait inadéquat hier se révèle utile aujourd'hui. L’important est de suivre le courant impersonnel de la Vie en vous. A l'un elle inspire tel ou tel fonctionnement; à tel autre, elle enjoint telle pratique. La vie ne s'arrête pas à une théorie, fût-ce la meilleure. Elle fait avec ce qui est. Le bonheur croissant est le meilleur indicateur que la liberté s'accroît. En définitive, on ne doit rien opposer à la non dualité. Elle englobe tout. Toutes les pratiques y mènent. Le fond commun à toutes ces pratiques est la confiance et l'abandon qui en résulte. C'est par cet abandon que l’ouverture à l'inconditionné est réalisée. Quelle que soit la raison que nous nous sommes donnée, l'important est de dépasser les limites.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
75. C'EST UNE AVENTURE MERVEILLEUSE...&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
L'action spontanée du courant divin nous traverse quand nous nous abandonnons, et nous donne un sentiment de bonheur et de plénitude. Nous pouvons vivre ce courant spontané sans nous en rendre compte. Il coule et nous ne le contrôlons pas; c'est d'ailleurs pourquoi nous pouvons ne pas y prendre garde. Souvent la souffrance nous rappelle à l'ordre. Alors, nous voyons la distance qui nous sépare de la béatitude de l'abandon. C'est le signal d'alarme. Tant que nous sommes liés à la Source, nous ne pouvons pas souffrir. Même si le monde s’écroule... Dès que nous souffrons, c'est que nous avons quitté le berceau de l'unité. -J'ai passé une semaine passionnante. Je sens que la découverte de la liberté, tel que vous la décrivez, par l'ouverture au courant spontané de la vie, est une aventure sans limite. Je me suis surprise à donner des conseils de sagesse à ma directrice, moi qui ne me serait jamais permis une telle conduite il y a seulement quelques mois. Mes inhibitions disparaissent. Et le plus merveilleux de tout cela est que je ne produis aucun effort, cela se fait tout seul! -Effectivement, sans effort, sans réflexion, la Vie se manifeste. Si nous nous demandons comment nous devons faire pour laisser couler la vie, c'est que nous nous sommes perdu. L'état de dévotion réel est cet abandon des préoccupations personnelles et de se fondre dans le courant impersonnel. -J'ai entendu parler de différentes voies du Yoga: la voie de la connaissance, de la dévotion et des oeuvres. Comment situez-vous ces approches variées dans la non-dualité? -Elles sont toutes les trois en action quand nous suivons le courant impersonnel de la non-dualité. La connaissance correspond à cette conscience que nous avons de l'unité des choses; la dévotion est le sentiment de compassion que nous avons d'une part pour tous les êtres et les choses du monde, et d'autre part pour le Soi, l'Etre Divin dont l'entrevue d'un seul rayon nous transforme en adorateurs transis. Ces deux approches dévotionnelles n'en sont qu'une, en fait. L'Etre infuse complètement l'univers. Nous pouvons Le voir à travers les objets et les êtres innombrables. De même, la connaissance du Divin va de pair avec l'amour, l'état d'amour que l'on ressent dans l'unité. Enfin, les oeuvres qui sont accomplies par notre intermédiaire, dans l'humilité et l'effacement de l'ego, sont les conséquences naturelles de la conscience de l'unité, de la compassion et de la dévotion au Divin Enchanteur. La non-dualité englobe donc à la fois le Yoga de la connaissance, Jnana, celui de la dévotion, Bhakti, et enfin celui des oeuvres, Karma.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
76 Tout au fond de ton coeur.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Tout au fond de ton coeur, une lumière luit. Elle est douce apaisante et se voit dans la nuit. Avant de t’endormir, il faut t’abandonner Si tu veux un instant pouvoir la contempler.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Abandonner la haine, la violence et l’amour Le vouloir et l’argent sont autant de détour. Qui aujourd’hui voit clair, dans ce monde perdu? Où le commerce a pris la place de la vertu...&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
C’est vrai le Paradis ne semble être sur Terre. Et pourtant si nos yeux embrassent l’univers, Comme le corps glorieux de Dieu manifesté De l’enfer surgira l’extase de la Beauté.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
77 L’INNOCENCE DEVANT LA VIE...&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Nous devons rester innocents en face de la vie. Alors seulement elle prend toute sa profondeur. Tout savoir sur les fonctionnements de la nature, comme on peut les connaître en science est un obstacle à l'accès direct au Réel. Il nous faut tout oublier, au contraire de ce que nous savons. Tout savoir est un piège pour la conscience. Elle reste alors prisonnière de la pensée, des mots. L'ouverture inconditionnelle est impossible sans la mort des mots et des pensées. C'est une pseudo-spiritualité, celle qui vous propose une science spirituelle, une connaissance verbale ou symbolique de notre nature essentielle et de celle du monde. C'est vouloir attraper de l'eau avec une passoire! Outre le fait que l'intention de saisir est inadéquate, la nature même du Transcendant, du Non-manifesté, celui-ci incluant l'univers manifesté dans l'Unité; cette nature est insaisissable pour la pensée et les mots, pour la mesure. A la fin de la conférence, cette jeune femme s'approcha pour parler de sa vie. Elle avait suivi cette position qu'il n'y a pas de hasard, pensant que les rencontres qu'elle faisait devait se faire... C'est ainsi qu'elle s'était mariée, avait fait des enfants, bref, elle avait accepté des choses au nom du sens que le non-hasard donnait à sa vie. Bien sûr, l'idée que tout cela avait peut-être comme source son opinion personnelle et pas un sens profond, une destinée lui posait quelques réflexions sur son vécu. - Je suis dans une grande incertitude, dit-elle, quand je considère toutes les conséquences de ce que vous avez dit. Je sens malgré tout une vérité en cela. Aurais-je une vie si différente pour autant, je n'en suis pas sûre. Je recherche avant tout l'Absolu, même si cela remet en question ce que j'ai pensé jusqu'à maintenant. - Voyez-vous distinctement comment les opinions masquent la réalité? Quand vous avez pensé que le hasard n'existe pas, vous avez fait des choix dans votre vie en fonction de ça. Maintenant, vous devez renoncer à suivre les opinions de qui que ce soit, même les miennes. Voir que les opinions d'autrui doivent être passées au crible de votre propre expérience doit s'imposer à votre esprit. Quand on voit que l'on se tape sur les doigts avec un marteau, on arrête! - Mais, maintenant comment vais-je supporter la vie que je mène? Tout ce conditionnement... - Vous êtes mariée, vous avez deux enfants, vous êtes impliquée vis-à-vis d'eux. Vous dites par ailleurs que ce qui compte le plus dans votre vie, c'est l'Absolu; alors vivez cet Absolu, cette Unité, rien de ce que vous vivez n'a besoin d'être changé pour ce faire. Cette Unité inclut votre vie personnelle, vos enfants, votre mari. Il ne faut surtout pas croire que l'Absolu est quelque chose de différent de la vie de tous les jours. Mais si nous voulons vivre l'Unité dans la vie de tous les jours, nous devons avoir une vigilance, un sens du sacré, une profondeur qui puisse infuser dans le quotidien pour qu'il soit neuf chaque jour.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
78 Le KARMA.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Le karma, au sens que les hindous lui ont donné, s’entend, une loi de rétribution des actes individuels, disant « qui tue par l’épée périra par l’épée », n’existe pas. Une loi de justice universelle non plus. Constatons simplement que deux événements dans l’univers n’ont jamais pu exactement se reproduire, c’est dire que personne ne pourrait recevoir en retour exactement la même force qu’il a émise, comme une onde se réverbère sur les rives d’un étang et revient vers sa source. Si le karma existait, il faudrait de surcroît qu’un nombre infini d’événements se reproduise au moins une fois, autant dire que le cosmos semblerait tourner en rond!! Si on dit que l’histoire est un éternel recommencement, dans le détail, rien ne revient exactement, pour les mêmes mobiles, que dans le passé. Ajoutons encore à cela combien le bien et le mal sont relatifs à chaque situation, un bien se révélant un mal et vice versa, comment la providence pourrait-elle gérer un tel système? La nature créée continuellement du neuf, alors que faire du vieux karma?... Je vois déjà les questions pressantes venir, « comment pouvez-vous d’un seul trait balayer toute une tradition sans apporter la moindre preuve?... ». Je vous répondrai: « Il est légitime de s’en tenir à notre propre expérience de la vie. Et à ce niveau immédiat et simple, le seul karma dont nous pouvons constater la présence réside dans l’obscurcissement que produit un fonctionnement inadéquat de la pensée, des sentiments. Le conditionnement des comportements constitue vraiment un poids pour l’avenir. Cela tient à la structure du cerveau, véritable réservoir aux souvenirs, aux savoirs faire. » L’éveil vient chambouler ce bel ordonnancement. Les comportements ne vont pas disparaître d’un coup. Il faudra la vigilance pour désherber tous les sombres sillons dont les semis se feront sentir des mois après... Mais, au moins, nous ne semons plus de nouvelles graines.&lt;br /&gt;
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79 SEJOUR AU MONASTèRE DE LANDEVENNEC.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Perché au flan de la presqu'île de Crozon, le monastère de Landevennec m'avait tendu les bras pour que je puisse faire une coupure dans l'habitude. Même s'il est illusoire de vouloir se couper du monde turbulent pour se fondre à la paix, le mouvement naturel de repli dans le silence du coeur et de l'esprit nous est suggéré, comme lorsque nous partons nous coucher dans un endroit tranquille pour dormir... La lecture de mystiques chrétiens me confirma combien la voie est unique dans le coeur. Tenir son esprit nu devant l'éternel n'est pas autre chose que se défaire de tout ce qui encombre le terrain de la conscience pour que Dieu puisse y demeurer. Que l'on fasse cette démarche au nom de la non-dualité ou de l'humilité aboutit au même résultat. L'esprit est vidé de son contenu, dualités ou attachement au monde, désir et peur, renoncement à la richesse, à la connaissance. St Jean de-la-Croix commandait de se vider à la fois des choses mondaines bien sûr, mais aussi des choses spirituelles, ce qui est plus original et proche de ce que nous connaissons de l'abord direct et impersonnel. Quand le mystique-apprenti avait fait cette démarche, il se retrouvait dans la nuit de l'âme. C'est-à-dire que le monde et l'esprit l'avaient quitté, et que Dieu ne l'avait toujours pas rempli. On retrouve cette nuit de l'âme dans plusieurs traditions spirituelles. Même dans le Zen, on connaît cet état de la conscience quand on est libéré de la dualité, mais non encore investi de l'Unité. L'énergie est en repli dans le tréfonds de notre esprit, et ne se reprojette pas encore en surface, vers la perception habituelle du monde. Nous sommes alors dans un état indéfini, sans repères d'aucune sorte; terne sans que cela soit gris; d’autant plus confortable que l'on n’espère plus rien. Mais, si l’abandon est incomplet, cela ressemble aussi à l'ennui; à la dépression. C'est là que le guide intérieur doit être présent pour maintenir le cap. Quand nous voyons notre énergie en baisse, nous fuyons ce qui la déprime. La tentation est alors grande de retourner vers la mondanité qui ravive notre tonus; nous sommes prêts à troquer la liberté contre la joie de vivre. Si nous avons la patiente, nous récupérerons les deux. Il faut tenir, c'est l'enjeu absolu. Notre réalisation passe par là. Ce n'est pas qu'elle soit conditionnée par cet état indéfini; c'est que cet état constitue la base de la conscience de l'Unité, et le témoignage que le terrain est bien libre. Cette nuit de l'âme explique pourquoi beaucoup considèrent que la voie est impossible à suivre sans aide extérieure. Le moment où nous n'avons plus aucun repère peut nous voir tourner de mille façons. C'est là que les tendances latentes peuvent se révéler plus fortes que nous le soupçonnions. Mais ne perdons pas confiance, le maître est avant tout intérieur, le maître impersonnel bien sûr. L'énergie-conscience qui se révèle à elle-même suit un certain processus; il suffit de faire confiance à cette nature. Ne pas désespérer, si l'on peut employer ce mot dualiste. Foi en l'Unité. Nous sommes déjà Un; ce n'est que le rêve de se croire plusieurs qui doit se terminer. Le chant des moines rassemblés dans l'église un peu froide au petit matin de l’automne semblait faire corps avec l'espace, dans une continuité transparente. Ces hommes rassemblés là, vouant leur vie à Dieu, unis dans leur chant, savent-ils leur bonheur d'être protégés de la violence et de la peur, de l'envie, de la faim, de la soif? Mais est-ce vraiment un bonheur? En ces jours de quête pacifique, j'aurais juré que oui. Maintenant que quelques mois sont passés, ajoutant ces quelques lignes, je me le demande encore. Il me semble au contraire que nous ne devons jamais nous démarquer de la vie courante. Nous goûterons alors la plénitude la Non-dualité, son énergie en plein essor, apte à gouverner le monde des contrastes pour ne pas dire des luttes. Aux yeux de l'Un, ce monde n'est que félicité, amour et perfection.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
80. IL N'Y A PAS DE SUJET ABSOLU, UNIVERSEL.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Nous rejoignons là la science physique. Il n'y a pas de témoin universel. Dieu n'est pas une conscience transcendante qui observe le monde... Nous avons vu que notre recherche du sujet absolu est vaine. Quand nous gagnons l’horizon de la conscience et que nous nous approchons de ce qui voit; nous nous trouvons devant l'impossibilité de nous voir: nous sommes le seul témoin; il ne peut se voir lui-même. C'est là que nous sommes tentés de conceptualiser le sujet. Bien qu'impalpable, nous lui accordons l'existence. C'est là que nous risquons de nous fourvoyer dans la dualité. En fait, il n'y a pas de sujet. Celui-ci n'est qu'une extrapolation, qu'une interprétation du mental dans le champ de conscience. La seule réalité est ce champ de conscience indifférencié, qui comprend le monde et tous les objets qui le remplissent, les êtres vivants, et l'apparence d'un témoin de cette vie qui évolue. Témoin individuel et multiple. Comme dit Krishnamurti, le témoin essaie de se différencier de ce qui est vu pour gagner une existence autonome; c'est une erreur; c'est l'erreur qui est la source de toutes les autres erreurs d'interprétation de la réalité. Il n'y a pas de conscience transcendantale. Il n'y a que cela, indéterminable, indifférencié, innommable, et inconnaissable. C'est là. Point à la ligne! Que pourrons-nous dire d'autre? La vigilance fondamentale n'est pas autre chose que de voir cela. Et donc d’arrêter de se concevoir en tant que sujet, tant individuel qu'universel. Mais, alors que nous nous concevons d'habitude comme une personne; rien ne doit nous pousser à une telle conclusion. Si je ne pense rien à mon sujet, qui suis-je? Ai-je quelque chose qui me permette de me distinguer du monde qui m'entoure, des êtres et des choses? Honnêtement, non. L'arrêt de la machine à penser produit à la fois la disparition du sujet, mais aussi de ma propension à me situer en tant qu'individu, séparé de l'environnement. C’est-à-dire que le monde apparaît comme un &amp;quot;phénomène&amp;quot; particulier, que l'on peut interpréter de différentes façons, dès que l'on pense la réalité au lieu de la vivre. Dès que l'on se contente de la vivre, elle n'est que cela... Il en a fallu des rondes et des rondes pour se libérer de la croyance subjective... Il faut dire que le consensus nous y pousse, nous y a toujours poussés. -Je suis fasciné par ce que vous dites, et au fond j’aurais tendance à aimer cette vision. Mais intervient mon sens des responsabilités. Que devient-il dans une telle noyade intérieure? Comment être adulte, responsable, et disparaître en tant que sujet? Toute notre psychologie veut renforcer notre statut d’adulte, libre, alors qu’ici, si j’ai bien compris, on fait fi des responsabilités, non? Je suis loin des envolées métaphysiques, mais la vie de tous les jours me touche beaucoup plus. -Il n’est point d’envolée métaphysique qui ne doive atterrir. Je suis contre les envolées abstraites. S’agissant de la responsabilité de l’ego, il y a plusieurs éléments à décrire. Responsabilité implique choix. Choix implique liberté. Liberté implique non-ego, car l’ego n’est pas libre de choisir, il est contraint par le passé, le conditionnement qu’il a lui-même créé. Ses refus et ses peurs lui permettent-ils d’être libre? Bien. On ne peut vraiment être responsable que dans la liberté du non-ego. Voilà une réponse pratique. Il est bien clair que le non-ego n’est pas un état infantile de dépendance, d’action spontanée et irresponsable, de pulsion, voire de compulsion! Au contraire, la vision claire met en lumière les conséquences de l’action pour chacun en particulier comme pour tous, de façon générale et sans parti pris. L’adulte le plus clairvoyant, mais encore egotique ne peut y prétendre tout-à-fait. Son conditionnement, à son insu, viendra sans doute tronquer la vision et l’action impersonnelle.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
81. COMME LA LUMIERE DU PROJECTEUR.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Il y a deux façons de montrer la conscience de l'unité. Prenons l'image du projecteur de cinéma. Le monde habituel, supposons, est le film que nous voyons à l'écran. Si le film est coupé par inadvertance, nous ne voyons plus que la lumière pure sur l'écran immobile. Le temps est arrêté, le mouvement aussi. Il ne reste plus que la lumière incréée du Soi. Pour connaître cet arrêt de l'espace-temps, nous devons rentrer en transe profonde, pour que nos sens soient éteints. Il faut ce fameux retrait des sens que le Raja-yoga décrit. C'est la première possibilité. Voyons maintenant la seconde. Nous sommes toujours dans la salle de cinéma, et je vous dis: &amp;quot;Est-ce que vous percevez la lumière au-delà des images mouvantes? Fixez votre attention non plus sur les mouvements apparents des objets qui apparaissent à l'écran, mais sur la lumière qui les portent tous.&amp;quot; Vous faites alors la mise au point nécessaire pour ne percevoir que la lumière en délaissant le plaisir de voir le scénario. Et effectivement, au bout de quelques minutes, vous ne voyez plus que la lumière, même quand le film continue. Nous n’avons pas à débrayer les sens pour opérer ce changement de mise au point. Cette analogie est assez fidèle du mouvement de conscience qui nous est proposé pour &amp;quot;être saisi par l'Unité&amp;quot;. Nous pourrions développer certains aspects autres à partir de cette image du film et du projecteur. L'essentiel est surtout de voir ce mouvement de conscience, ce changement de niveau dans la perception, et le besoin de replier les sens ou pas... Dans la vie courante, il n'est pas aussi facile que nous l'avons décrit de faire ce changement de mise au point. Non seulement, c'est difficile, mais périlleux. Si nous ne sommes plus attentifs à ce qui se déroule sous nos yeux et que nous ne voyons plus de différence; que nous sommes absorbés par l'Unité; nous nous exposons à des absences de réactions qui pourraient laisser nos contemporains dans le désarroi. Comment réagir en effet quand tout devient une seule et même évidence au sein de laquelle rien ne peut être distingué? Nous devons en conséquence garder une certaine conscience distinctive...sur un fond d'unité. Ne pas nous attacher uniquement au film comme fait tout bon spectateur, mais avoir conscience de la lumière incréée qui soutient tout. En fait, nous n'avons aucun effort à faire pour garder cette position subtile de la distinction dans l'Unité. C'est la façon naturelle dont nous vivons dès que nous cessons de courir après la dualité. C'est le point fixe, le centre de gravité que nous pouvons ressentir dès que nous renonçons à tout effort. C'est notre conscience normale. Si nous nous absorbons dans l'unité, c'est que nous nous laissons aller vers le non-différencié, que nous coulons en profondeur comme nous coulons quand nous nous endormons. De l'autre côté, si nous poursuivons le mouvement qui se présente, c'est-à-dire la course habituelle que nous connaissons bien, du moins que nous pratiquons sans cesse; nous sommes pris dans le mouvement dualiste, la souffrance de la lutte entre ce qui est et ce qui devrait être... Quelle que soit la solution que nos trouvons dans le film, nous ne pourrons saisir la lumière, ce n’est pas au niveau du scénario que nous réaliserons. C'est donc tout simple: nous ne devons ni courir après les phénomènes, ni après l'essence.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
82. LA PEUR DE LA MORT.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
C'était un jeune étudiant suisse, brillant et sympathique. Accompagné de sa jeune épouse, il venait me rendre une visite amicale. Après avoir regardé à la TV une émission sur la décadence des USA, nous en vînmes à parler de la Voie. C'était surtout pour comprendre ce qui pouvait motiver quelqu’un à chercher un dépassement de la condition ordinaire. Il était d'avis que seul un motif névrotique pouvait pousser un individu au dépassement de lui-même. Il se trouvait très bien dans sa vie et ne voyait aucun motif pour changer quoique ce soit. J'évoquais alors le fait que notre fonctionnement habituel n'est pas exempt de névrose. Mais cette névrose légère est un consensus. Je montrais également comment nous agissons en fonction de préjugés qui nous enferment dans des rapports superficiels. Nous ne sommes jamais en contact avec nos interlocuteurs. Nous utilisons les images de ces interlocuteurs que nous percevons et agissons selon. Nous ne savons pas écouter sans comparer. Enfin, je démontrais que le sage n'est pas perdu dans un rêve intérieur stérile, mais est au contraire plus en contact avec le monde que quiconque. Le sage ne rêve pas. Nous rêvons quand nous pensons la réalité au lieu de la voir comme elle est. Mes interlocuteurs se montraient critiques avec des objections constructives. Finalement, cet ami nous dit: «je suis sûr qu'il n'y a rien après la mort!&amp;quot; Je lui fis remarquer que cette attitude n'était pas scientifique. L'affirmation scientifique est &amp;quot;je ne sais pas s'il y a quelque chose après la mort.&amp;quot; Mais notre ami avait décidé que &amp;quot;tant qu'on ne lui démontrerait pas qu'il y a quelque chose après la mort&amp;quot;, il s'en tiendrait à la première hypothèse. Je cherchais à élucider le pourquoi de cette affirmation. Un matérialiste n'est pas sensé conclure sur ce point. &amp;quot;J'ai peur de la mort!&amp;quot; finit-il par dire. C'était bien là ce qui apparaissait... Pourquoi avoir peur de la mort quand on croit que tout va se terminer avec? Nous ne pourrons pas souffrir si nous n'avons plus de corps... &amp;quot;Oui, mais à cet instant, je trouve affreux l'idée de mourir un jour!&amp;quot; Qui va mourir, un jour? &amp;quot;Moi! Vous tous.&amp;quot; Pourquoi penser à la mort? Est-ce que nous avons peur de la mort quand nous n'y pensons pas? Mes amis ne comprenaient pas pourquoi la pensée est un obstacle à la perception directe. Cela leur semblait un appauvrissement de la condition humaine. D’ailleurs, le monde n'allait-il pas dans un sens complètement opposé sans espoir de retour? Toute l'humanité semble entraînée dans une course folle où la non-pensée n'a pas de place... Pourquoi ne pas penser? C'est ce que nous avons de mieux à faire, non? Regardons les faits. Nous ne repoussons pas la pensée utilitaire. Nous repoussons la pensée qui prétend se substituer à notre être profond. Nous ne sommes pas de la pensée! Tant que nous collons à la réalité que nous avons sous les yeux, nous ne risquons pas de perdre de l'énergie. Il n'y a aucune césure entre la perception du monde et la réponse au monde. Par contre, lorsque nous pensons, nous ouvrons la porte à la dispersion de l'énergie. Voir ce qui est sans aucune interférence nous promet la meilleure réponse dans l'action qui est à faire... Nous pouvons prendre conscience que ce fonctionnement est le plus adéquat simplement par le bien-être physique ressenti pendant et après l'action. Depuis quelques jours, je n'avais pas eu le temps de remettre mon énergie à zéro. La saturation n'était pas loin. Je décidais de m'asseoir et de prendre conscience des tensions accumulées. Sans que je puisse identifier les tenants et les aboutissants, je m'abandonnais au sans-forme. Le mantra &amp;quot;Om namoh Bagawate&amp;quot; qu'emploie les disciples d'Aurobindo, s'imposa comme le vecteur harmonisant. Je ne suis pas fanatique des mantras, cependant, je dois avouer qu'ils ont un pouvoir de recentrage excellent, pour peu que l'on ait conscience qu'ils ne sont pas une fin en soi. Bref, dans la tourmente, ils ont leur place. Et ce soir-là, la tourmente n'était pas loin... Quelle ne fut pas ma surprise de me réveiller le lendemain en pleine possession de mes capacités. L'ordre se mit dans tout ce qui attendait un règlement. La force impersonnelle fonctionnait à merveille. Je n'avais pas dénoué les noeuds dans le mental, &amp;quot;ça fonctionnait par dessus.&amp;quot; Je ne voyais pas alors l'intérêt de regarder en arrière. Tous les domaines qui devaient influer sur la déprime énergétique s'étaient trouvés corrigés sans que je sois intervenu volontairement. L'organisation du travail, par exemple fut réorchestrée d'emblée magistralement. Ce jeu merveilleux de la force impersonnelle s'impose par sa clarté et sa pertinence. Rien à ajouter ou à retrancher. J'avais pensé jusqu'à présent que l'on devait se libérer en prenant connaissance des obstacles intérieurs. Ma stupéfaction était grande devant l'ordre harmonieux qui s'était réinstauré spontanément. Seul le sentiment de perfection était présent. Je n'avais pourtant pas vu le pourquoi du décentrage. Pourquoi demander comment la voiture fonctionne quand elle file comme le vent? Elle roule. Point. Le dérapage peut être évité par la méditation régulière, pas forcément assise, mais la vigilance. Cette vigilance doit idéalement être présente tout le temps. Si ce n'est pas le cas, nous pouvons néanmoins faire le point quand nous sentons que nous perdons le fonctionnement impersonnel limpide. C'est donc un point capital que nous venons d'évoquer. La différence fondamentale d'avec la psychothérapie tient dans le fait que nous possédons un moyen de retrouver l'équilibre sans faire intervenir l'analyse. Ce moyen est l'abandon de toute volonté personnelle. Cet abandon restitue une vision claire de la réalité, celle-ci engendre elle-même l’action nécessaire.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
83. PERCER LA FLèCHE DU TEMPS.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Comment veux-tu percer la flèche du temps à courir ainsi? A moins de t'arrêter, jamais son souffle zénithal ne rafraîchira ton esprit... Il te faut être en face du gouffre néantiel, sentir son aura froide caresser tes joues; ne pas fuir surtout! Immobile et serein, sans attente, tiens-toi là, et regarde. Langage tari, souffle suspendu, tu sens proche, imminent, l'éclatement du moi. Il ne résiste pas à la dépression de l'être vers le néant... Mais tu n'as pas peur; tout est gelé dans l'espace vide; stable, presque mort. Et le vent du néant souffle sur ta mémoire; tu ignores qui tu es, qui tu fus. Dans cet arrêt total, le temps est suspendu; l'horizontal n'est plus; tu revois dans les limbes l'espace-temps, l'homme, le monde comme un rêve. Tu perçois évident cette dentelle du réel reposer hors de l'existence, y prendre sa source, y retourner. Si son jeu semble vrai, c'est qu'elle brille sur le lac de l'absence... Maintenant, la folie a cessé de se perdre en mouvant sur la vague manifeste. Quelle image de toi pourrait demeurer là, qui prêterait le front à l'outrage? Les griffes du destin, les mensonges à venir n'auront plus prise à rien. Tu es libre. Baptisé d'infini. Ton coeur serein rend grâce.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
84 VISION CHAMPETRE.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Assis sous un chêne, je méditais, les yeux grands ouverts, la conscience immobile. &amp;quot;j'ai besoin d'un pilote de tracteur&amp;quot;, dit mon frère en venant à mes côtés. Je me levais et le suivais. Mon attention restait libre pour méditer au volant du tracteur en première. &amp;quot;Qui est celui qui voit?&amp;quot; par notre regard sur le monde... A cet énoncé, notre conscience effectue un mouvement de recul semblable à celui de la conscience de l'Unité. Ce mouvement apparent de recul est en fait un centrage dans le vecteur sujet/objet, à ce point défini; &amp;quot;vision&amp;quot;. Notre être est rassemblé, dans la juste position de l'équilibre intérieur de la conscience. Cela nous conduit au-delà du par-delà...sans quitter notre place, dans le non-espace et le non-temps. Devant un paysage, sachons retrouver cette vision non dualiste. Elle embrasse et fond tout dans l'Unité. Nous ne pouvons rien attraper; alors, ouvrons-nous! Nous sommes naturellement identifiés à l'objet vu. Seule, la fonction ego nous fait revendiquer une distinction entre l'objet et notre image intérieure, fruit de notre expérience. La reconnaissance cognitive nous emprisonne dans la dualité. Regarder sans l'effort de reconnaissance, c'est se dégager de la discrimination. Nous réintégrons alors notre nature essentielle immédiatement accessible derrière le mouvement de saisie intérieure habituel. Idiot, dans le vague; nous devons éviter de rêvasser. Apprécions cette réalité incernable, fluide, floue: c'est nous! Tout se déroule dans cette conscience illimitée. De vague, sans contours, presque sans lumière, cette réalité se révèle dense, cristalline si nous lui laissons le champ libre. Il n'y a rien d'autre à faire: simplement être... L'innocente posture de l'être nous ravit. Elle enchante notre coeur, éclaire notre esprit. Pourquoi le monde ne peut-il suivre cet influx? Les hommes bloquent plus ou moins consciemment l'infusion de l'être et son action spontanée. Nous avons sentie cette action spontanée; elle nous avait fait pleurer de joie. Nous nous sommes ressaisis, avons mis un mouchoir sur notre sentimentalité; et avons poursuivi la route rude et impitoyable de l'adulte responsable... La société de consommation implique le bien-être de l'homme. A ce titre, nous connaîtrons un jour à coup sûr la liberté; elle est le suprême bien-être attendu depuis l'aube des temps.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
85. ARTISTE-CARROSSIER...&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Un jeune homme romantique venait me voir pour que je l'aide dans les problèmes importants qui lui incombaient. Quand il me dit qu'il avait un brevet de carrossier, je ne le compris pas. &amp;quot;Il faut bien manger!&amp;quot; C'était sage... De gros problèmes avec son père le rongeaient. Ce dernier était devenu psychotique et irresponsable. Très dur pour un adolescent de dépasser l'image d'identification habituelle de son père pour cause &amp;quot;de non-conformité&amp;quot;. -Depuis que j'ai ces problèmes, il m'est impossible de peindre. C'est le vide total! -La source créative vient de notre profondeur. Si nous sommes coupés de notre profondeur pour cause de souffrance, nous nous coupons du même coup de l'élan créatif. Aussi, quand nous prenons conscience de cela, et que nous nous laissons aller à la souffrance légitime, pourrions-nous dire, nous pouvons retrouver le courant limpide de la vie et de la créativité. Vous faites douloureusement la découverte de cette source. Mais si vous n'aviez pas connu cette passe difficile, vous seriez peut-être passé toujours à côté de la dimension essentielle de la vie. Beaucoup d'artistes ne mettent pas en pratique l'inspiration de leur nature profonde; ils suivent la simple projection hasardeuse de leurs pulsions inconscientes, de ce qu'ils croient être eux-mêmes. -Je m'inspire souvent du rêve, est-ce une mauvaise façon de créer? -Le rêve est la manière dont notre esprit règle les choses des jours précédents que nous avons vécus et qui nous ont impressionnés. Ce n'est en aucune façon le jeu libre de la créativité; tout au plus un puzzle conditionné. L'artiste qui voit cela ne peut pas se contenter d'un tel langage. -Que pouvons-nous faire pour quitter ce rivage conditionné? -Vous devez retrouver en vous cet état, ce non-état, qui ne dépend de rien d'objectif. Il est simple de le voir dès que nous savons qu'il n'y a rien à saisir. Nous devons rester vigilants, sans rien faire ni penser volontairement; mais juste laisser couler la vie en nous sans interférence. Pour l'artiste, cela suppose un abandon qu'il n'est pas souvent amené à pratiquer. Il part plus volontiers de &amp;quot;que vais-je exprimer?&amp;quot; La juste position veut que nous nous considérions comme des canaux de la vie qui se manifeste en nous. Mais cette vie coule sans réflexion, sans soi-conscience, sans intention. Comme elle est, elle fait. L'ego apparaît quand le courant de la vie fait plusieurs plis, interfaces qui créent un effet de miroir, une conscience de soi dans l'action. La conscience de soi rapportée au corps physique, telle est l'ego. L'ego n'est pas autre chose qu'une complication de la manifestation, un tourbillon qui se coupe de la source. Il n'est d'ailleurs indésirable que parce qu'il se coupe de la source; en tant qu'interface réflexive, il n'est pas pathologique... Pour en revenir à la créativité, elle ne peut exister durablement que lorsque nous nous accordons à notre profondeur indifférenciée, à la vie qui jaillit, claire, limpide et joyeuse.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Encore un mot; trop souvent, l'inspiration est dite promue par la souffrance, quand ce n'est pas par la névrose, voire la psychose! C'est faire fis de tout ce que l'homme possède de grandeur et de divinité quant aux possibilités de créer à partir du non-conditionné.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
-C'est très important, ce que vous dites là! Je vois que jusqu'à présent, je n'ai pas suivi ce courant de la vie; moi qui considérais que le rêve était la source de la créativité, vous m'avez fait découvrir une dimension insoupçonnée. Merci. Puissé-je me souvenir de tout cela demain! -Vous ne pourrez vous rappeler que de ce que vous devez éviter; la limpidité foncière n'est pas du domaine de la mémoire. Mais elle sera là dès que vous lui laisserez le champ.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
86. LA VIE MONASTIQUE.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
La vie monastique est le refuge naturel pour réaliser la conscience de l'unité. Aujourd'hui, la vie moderne que nous menons ne permet que difficilement le rassemblement de notre énergie. Nous sommes attirés de toutes les façons à l'extérieur, et bien que nous sachions que l'unité n'est ni à l'extérieur ni à l'intérieur, mais au-delà des localisations, la projection vers l'extérieur mobilise notre énergie dans des activités triviales et mondaines. Aussi est-il préférable de se tourner vers l'intérieur pour centrer notre énergie vers sa source, le Soi, la conscience non-conditionnée.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Arrive le moment fatidique où nous devons choisir: passer sur l'autre rive, ou rester ici. Rester, c'est vivre la limite en étant conscient que nous avons refusé de sauter le pas. Se jeter à l'eau, c'est trouver la vie éternelle, le sans-limite, l'immensurable. Nous n'avons pas le choix, en fait. Nous sommes bénis à ce stade. Pas de retour possible dans la vie mondaine. Simplement le cri de plus en plus intense de l'appel divin. Nous nous demandons si cet appel est celui de l'ego qui recherche l'illumination; mais non. C'est la loi qui s'accomplit. Le Fils devient le Père. Tout se fond en Un. Avec ce retrait des affaires du monde, nous sentons le besoin de silence, d'immobilité, de méditation. Tout est clair. Le mental et l'ego sont vus comme jamais auparavant. Leur fonction perturbante apparaît définie, et telle une tumeur qui est bien cloisonnée, on peut la retirer sans mettre la vie en péril.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
C'est aussi le sentiment d'un grand voyage qui arrive à son terme. Un tour du monde qui se termine... Un peu de nostalgie. Nous sommes enfin réveillés. Les rêves sont évanouis. Ils furent des milliers. Nous avons couru après notre ombre pendant des siècles. Nous avons recherché à travers les objets et les êtres ce visage sans ride qui sourit à jamais, cette lumière sans ombre qui baigne la création et se cache derrière... Nous avons recherché, et nous avons compris que ce reflet sublime dans l'eau objectivée, est notre visage propre. Nous nous sommes arrêté, et nous avons pleuré. Que de méprises, que de souffrances aurions-nous évitées, si nous avions compris dans les temps reculés ce message d'amour et de félicité! L'Absolu est ici, sous nos yeux dessillés. Nous restons silencieux, assis à méditer. L'impression que mille ans ont duré l'espace d'une journée...&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
87. LA CLARTÉ SANS ÉGAL.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
La non-dualité ne tolère pas le moindre élément de progrès, de comparaison, de technique. Les différentes techniques de yoga sont ainsi mises à l'index. Dans la maison de cristal, il n'y a pas de place pour l'ombre. Nous sommes allés dans le midi pour assister à l'inhumation d'un ami. A cette occasion, nous avions pensé rencontrer un Swami hindou. Mais, en fait, des réflexions d’amis proches de lui, évoquant « sa passion » pour les compétitions sportives, nous révélèrent que ledit swami était loin d'avoir dénoué tous les liens qui entravent l'illumination. Nous avons vu combien le désir du disciple d'avoir un guru peut lui occulter l'évidence de la fausseté, du pseudo-guru. Il est vrai, les sages authentiques ne font pas la promotion de stages lucratifs, dans la campagne française. Seuls les maîtres ès plan psychique peuvent trouver l'intention de faire de telles prestations techniques. Ce sont des fakirs, mais pas des êtres réalisés, lesquels se contentent de répondre à la question des âmes en recherche profonde.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
La Voie Parfaite est sans fard. Elle n'attire pas les yeux. Elle ne scintille pas. Elle ne tinte pas à nos oreilles. Elle est transparente. On peut passer à côté et ne pas la voir. Nous sommes tellement habitués aux couleurs violentes que la limpidité nous est invisible. La liberté n'a pas besoin de publicité. Elle est. Qui ne la voit pas perd son âme, mais ne le saura pas.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
La clarté de l'Etre infini n'aveugle pas celui qui voit. Ce qui peut luire, c'est la lumière des couches intermédiaires. Voilà pourquoi nous avons l'impression que les êtres réalisés ont quitté la surface du globe. Non, simplement, ceux-ci ne courent pas après les disciples. Ils vivent secrètement, hors des sentiers battus, loin des yeux curieux. Vous pourrez les croiser et pas les reconnaître; leur lumière intérieure n'apparaît pas au jour. On ne peut même pas dire qu'ils veillent sur l'humanité; ils sont en unité... La sagesse ne bougera pas d'un pouce pour sauver les humains de quelques catastrophes. Pour elle, il n'y aura jamais de catastrophe. Ce qui peut être cassé dans le monde n'est pas sacré; alors... La Voie Parfaite ne vient pas vous chercher. Un jour, c'est vous qui comprenez que vous avez de tout temps demeuré en son sein. Mais vous avez vécu comme un prisonnier, et ça, vous comprenez que c'est fini. A vous la liberté!&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
88. Dialogue à propos de la « LA CONNAISSANCE DE L'ABSOLU »&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
-J’aimerais que tu commentes ce que tu as écrit à propos de l’Absolu. Je te cite : « La connaissance de l'Absolu est à la portée de la main. La main de l'innocence. Nous avons été formés à connaître le monde au moyen du langage et de la pensée, et naturellement, nous nous tournons vers la suprême connaissance, l'Absolu, comme s'il s'agissait d'acquérir un savoir. Mais l'Absolu n'est nullement un savoir ; il transcende à la fois le langage et la pensée. Il est insaisissable. Nous devrons apprendre de nouvelles règles pour approcher l'Absolu. » C'est tellement incroyable... On nous a toujours appris que c'est sacrilège de vouloir être Dieu. -Heureusement, nous découvrons très vite que Absolu signifie non-séparé. Non-séparé de nous, du monde, bref, de tout. Le grand tout, l'Un. Donc, nous le sommes déjà totalement ; nous ne saurions l'être davantage.&lt;br /&gt;
-Révélation! Je suis l'Absolu!&lt;br /&gt;
-&amp;quot;Tu&amp;quot; n'es pas l'Absolu ; ce n'est pas une personne... personne ne peut être l'Absolu, la vague ne peut prétendre couvrir l'océan.&lt;br /&gt;
-Ne suis-je pas aussi réel que l'océan?&lt;br /&gt;
-Seul l'océan est réel, les vagues sont irréelles. Autrement dit, l’océan peut exister sans vagues, alors que les vagues ne peuvent exister sans océan. L’irréel est une onde sur le réel, une onde transitoire.&lt;br /&gt;
-Veux-tu dire que si l'océan est là, nous, en tant que personnes humaines, disparaissons?&lt;br /&gt;
-Oui.&lt;br /&gt;
-C'est affreux! je veux rester présent pour connaître Dieu. Sinon, quel est l'intérêt d'une telle quête?&lt;br /&gt;
-Tu penses que c'est affreux comme beaucoup d'autres chercheurs de vérité que l'on voit faire volte-face devant cette incontournable condition d'accès: disparaître. La chenille doit disparaître pour que le papillon apparaisse. Cela dit, nous pouvons prendre conscience de l’océan sans que les vagues disparaissent de la surface de l’océan.&lt;br /&gt;
-Si nous sommes noyés dans l'Absolu, comment se fait-il que la plupart d'entre nous n'ait pas conscience d'y être? Qu'au contraire, nous agissions comme des êtres éloignés de leur nature profonde, que nous soyons capables, tous les jours, d'être parfaitement sauvages, meurtriers, et fiers à la fois? Cette question fondamentale m'interpelle. Est-ce l'illusion cosmique, la maya des hindous, c'est-à-dire une cause à l'extérieur de nous, la source de l'oubli de notre nature profonde, ou bien n'est-ce pas nous-mêmes, tous seuls, qui voilons inconsciemment, involontairement cette glorieuse réalité foncière?&lt;br /&gt;
-Nous seuls cachons cet Unité fondamentale par une production de notre mental individuel, à l'instar de nuages qui occultent le ciel bleu. Nous sommes les auteurs uniques de la noyade dans le Relatif, le multiple, le différencié, et donc les seuls à pouvoir défaire le charme qui nous montre des vagues au lieu de l'océan.&lt;br /&gt;
-Maintenant, pourquoi l’océan peut-il faire croire à l’existence des vagues? Comment la vague tissée d’océan peut-elle ignorer la nature de l’eau, n’est-ce pas, c’est un peu cela la question?&lt;br /&gt;
-Cette question est effectivement incontournable, fondamentale. Et la réponse est folle: il n’y a jamais eu de vagues pour l’océan, voyez-vous, aucun second, rien que Lui... Si bien que nous pouvons questionner en tant que vague, mais la réponse, sur l’autre rive, rend impossible toute approche intellectuelle: une seule porte, l’absolu. Une seule réponse: l’absence de questionneur. Tel une poupée de sel rentrant dans l’océan nous fondons dès que nous nous y baignons.&lt;br /&gt;
-La tradition juive, la Kabbale, dit que Dieu a fait une sorte de trou dans son corps, d’où il s’est absenté pour laisser place à l’univers et aux hommes. Toute réponse dans le relatif éloigne de l’éveil. C’est une façon d’entériner la création, la dualité, comme une chose en soi. Alors que l’univers est précisément tout sauf « en soi » . Il est en Soi. Dans le Réel. Regardez bien ceci, c’est encore une brèche dans la pensée.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
-Par où commencer cette quête? Y a-t-il des moyens pour arracher les nuages devant le soleil?&lt;br /&gt;
-Faut-il que nous jouions, à l'intérieur du rêve, à nous éveiller? Ne faut-il pas au contraire partir du début : nous sommes l'Absolu, puisque nous ne pouvons pas ne pas l'être! Il nous faut arrêter de faire comme si nous ne l'étions pas ; comme si nous étions des êtres humains sujets à la mort... Quand le rêve prend fin, nous ne nous sommes jamais endormis... non seulement, il n'y a jamais eu de rêve, mais encore moins de &amp;quot;nous&amp;quot;. La transparence infinie. &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
-Attends! maintenant, tu veux nous dire que la mort n'existerait plus? &lt;br /&gt;
-Je veux dire si tout est un, es-tu encore un corps particulier? Es-tu jamais né? Qui donc est né, et qui meurt? Vois-tu l'enjeu de tout cela?&lt;br /&gt;
-Non, je suis complètement perdu. Reviens en arrière.&lt;br /&gt;
-Comment sais-tu que tu es ce corps?&lt;br /&gt;
-Quand je me regarde le matin dans la glace... enfin, je suis sûr que je suis ce visage-là ; pourquoi en serait-il autrement? Quand je lève la main, c'est bien moi qui lève la main, non?&lt;br /&gt;
-Tu lèves la main par réaction, dans une chaîne d'interactions, dont le début et la fin ne t'appartiennent souvent même pas. Mais tu t'identifies au mouvement immédiat, sans voir les tenants et les aboutissants. La plupart des mouvements internes se font involontairement. « Tu » ne lèves pas la main; c’est ton corps qui lève la main, est-ce que tu saisis la nuance? Regarde par exemple ta respiration. Est-ce toi qui respires?&lt;br /&gt;
-Bien sûr!&lt;br /&gt;
-Observe encore. Si tu peux respirer volontairement, n'est-ce pas en fait involontairement que &amp;quot;cela&amp;quot; respire dans ta poitrine?&lt;br /&gt;
-Mais c'est dans mon corps que cela ce passe... C'est forcément moi qui respire!&lt;br /&gt;
-Ne te laisse pas abuser par l'habitude de tes pensées. Essaie de découvrir ce qui se passe comme si c'était la première fois que tu voyais un homme respirer. Il faut que tu remettes en question tout ce que tu crois connaître, car ton savoir est de seconde main. Vois par toi-même. Ne laisse personne penser ou dire pour toi. Demande-toi pourquoi ce corps est tien ; cette respiration est-elle vraiment tienne?&lt;br /&gt;
-Qu’est-ce que la réalité du monde?&lt;br /&gt;
-Qui t'a dit: &amp;quot;le monde est réel ? Le monde est objectif ?&amp;quot;&lt;br /&gt;
-Bien sûr le monde est réel!&lt;br /&gt;
-Ta certitude est basée sur quoi? Réfléchis bien. Prends ton temps. Est-ce que vraiment, tu peux dire de ton fait que le monde est réel?&lt;br /&gt;
-Ce sont les scientifiques qui le disent. Même quand on ferme les yeux, le monde continue d'exister... Je sais bien que certains philosophes des temps passés affirmaient que le monde est illusoire, comme s'il n'existait que dans notre pensée, qu'il disparaissait quand nous cessions de le penser... Mais nous devons mettre en doute une telle affirmation ; les scientifiques ont montré aujourd'hui que la matière existe indépendamment de la conscience de l'observateur individuel. Quant à la conscience impersonnelle comment démontrer un jour qu’elle est séparée de la matière? Cela ne se peut. Elle est la matière...&lt;br /&gt;
-Les scientifiques ne disent pas toujours que les fondements théoriques de la Science sont des postulats. Ils postulent de la réalité: On va dire que les particules élémentaires, briques fondamentales qui cimentent l'univers sont &amp;quot;réelles&amp;quot;. Mais le comportement de ces particules est plus proche de l'illusion que du vrai. L'univers n'est peut-être que le rêve, la subjectivité d'une seule conscience... Cela n'est pas contredit par la science. Au contraire, ne touches-tu pas du doigt que sans autre, le réel est indéterminable? Il faut deux choses, dont l'une est qualifiée de réelle et une autre en comparaison de fausse. Toi, sans référence à quiconque, peux-tu dire si l'univers est une réalité objective?&lt;br /&gt;
-Non. Je ne sais pas. Après tout, dans mes rêves, les choses semblent bien réelles...(silence) Ne vais-je pas devenir fou, si je ne sais plus ce qui est réel, ce qu'est mon corps ; je me sens chanceler devant une telle perspective...&lt;br /&gt;
-Tu as raison, la folie côtoie l'extase. On a dit que la différence entre le schizophrène et le saint est la suivante : le fou et le sage sont dans le même océan impersonnel, mais tandis que le sage nage en paix, le fou se noie angoissé. Au-delà de cette image, précisons les choses: le changement de statut intérieur que connaît l'éveillé défit la description. Il est devenu sans référence, inconnaissable, même pour lui-même. Absolu ne se connaît pas lui-même ; comment pourrait-il le faire? Il faut être deux pour connaître, un sujet et un objet... Il faut être séparé de ce que l'on voit. Quand on a les yeux collés sur l'image, on ne voit plus rien. L'oeil ne peut se voir lui-même. Tout cela est essentiel pour comprendre l'inaccessibilité du Principe Absolu. On ne peut que l'être, impersonnellement ; on ne peut jamais le voir, le sentir... Cela doit faire cesser les tentatives folles de le saisir, le comprendre, l'atteindre. Nous sommes déjà totalement fondus dans le lac absolu, alors ne rêvons plus d'être coupé de lui.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
89. VOIE DU COEUR&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
L'extase de l'union non-duelle ressemble à l'étreinte amoureuse. &amp;quot;Je suis amoureux de Dieu&amp;quot; aurais-je pu dire alors. Et pourtant, force est de constater qu'il n'y a pas de &amp;quot;Dieu&amp;quot;, en cela. Pour qu'il y ait Dieu, il faut être deux, et l'expérience indiscible nous démontre qu'il n'y a qu'Un Seul. Ramakrishna disait parfois : &amp;quot;je préfère être en dehors du sucre pour pouvoir le goûter&amp;quot;. Mais ce n'était qu'un jeu d'amoureux. L'altitude de l'aigle solitaire revenait lui dire que le jeu ne peut durer longtemps, et que Dieu n'est pas, en tant que séparé de Soi-même. Il n'y a que &amp;quot;Cela&amp;quot;. Comprenez moi ; cet athéisme-là accueille l'Absolu !&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
D'ailleurs, dans l'union des corps, ne sommes-nous pas volatilisés? N'y a-t-il pas ces corps vibrants et personne &amp;quot;dedans&amp;quot;? Et nest-ce pas justement cela qui, dans la &amp;quot;petite mort&amp;quot;, nous fait goûter l'extase? &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
90. IL AVAIT RETROUVÉ LE CHEMIN DE LA MÉDITATION...&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Il avait retrouvé le chemin de la méditation et avec lui la bénédiction d'exister. Depuis quelques mois, le souffle pur et impersonnel avait eu beaucoup de mal à se faire sentir, au-delà de la carapace du mental; carapace de certitude, d'images de soi, de volonté, d'intentions variées, de désirs et de peurs. Quand le mental s'arrête, c'est une pure bénédiction. Enfin l'espace a un sens, la liberté est là. L'inintention naît, et avec elle le bonheur de vivre dans la spontanéité. Heureusement, la dislocation intérieure est douloureuse; sinon nous pourrions rester enchevêtrés dans le conditionnement sans nous en rendre compte. Le centrage intérieur donne une sensation de chaleur interne, comme si les cellules communiquent entr'elles. La plénitude d'un cocon qui rappelle le sommeil profond, un peu comme si nous étions profondément endormis, et en même temps bien éveillés. Une douce présence nous enveloppe. Une qualité de l'énergie immobile. Il voulait aller au-delà du mental, ignorant que notre énergie basique, fondamentale, vitale, se situe en-deçà. Flottant en surface de l’esprit, la douce profondeur fuit. Involontairement, il avait quitté le berceau de la non-dualité. La souffrance vînt lui rappeler la condition de l'humain qui refuse le silence et l'incommensurable de sa nature. Finalement, il lâcha les prétentieuses perspectives poursuivies, pour se plonger de nouveau dans sa source. Quand les tribulations de l'être humain sont plutôt neutres ou heureuses, il ne fait jamais l'effort d'échapper au conditionnement. Il faut vraiment la souffrance pour le réveiller, tel un rustre animal que le pic du berger fait sortir de son rêve illusoire.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Tout au long de ces mois, il n'avait pas pu refermer le gouffre de néant qu'il se savait être. Forcément, les chocs de la vie ne pouvaient pas l'enferrer; seulement lui faire un peu peur. Très vite, ce visage sans forme et sans limite, tel un cri de silence, s'était rappelé à lui. Les quelques photos qu'il avait laissées s'accumuler en soi furent soufflées par le vent de l’absence. Qui suis-je? Personne ne répondit... Quand il entendit parler d'hypnose, la force vibra en lui. Elle reconnaissait une de ses manifestations. Le sujet hypnotisé descend sans le savoir ni le vouloir dans son for intérieur, d'où il est possible de contrôler ou de produire des phénomènes bizarres qui témoignent du pouvoir immense de notre intériorité. Le contrôle sur le corps en est un exemple. Se manifeste ce que le sujet croit se manifester. Mais la grande distorsion réside dans le fait que cette intériorité est coupée du réel. C'est un état de rêve semi-éveillé, guidé par la suggestion. La conscience de l'unité est une ouverture de cette force intérieure au réel, comme un embrassement total et sans condition. Voici la différence fondamentale d’avec l’hypnose. La force qui rêve est ouverte au réel. On sent bien à la vivre qu'elle peut transfigurer la perception. Les hallucinés en font la pathologique expérience. Elle qui peut nous faire voir n'importe quoi, épouse alors la stricte et parfaite réalité sous nos yeux, mais une réalité encore plus dénudée que nous la percevons habituellement. Il n'y a même plus de reconnaissance perceptuelle, mais une plénitude sans faille. Impossible de sentir quelque vide que ce soit, dans cela. C'est par amour qu'elle peut épouser le réel. Sinon, la peur la maintient au fond de l'être cachée, insoupçonnée, même. Telle est notre histoire. Tant que nous sommes incapables de nous abandonner, nous laissons scellée dans notre coeur la conscience de l'extase, la perception non-duelle qui bouscule notre champ de vision rétréci habituel. Notre visage imaginaire disparaît. Nous sommes alors &amp;quot;le grand dragon&amp;quot; à la gueule de néant... Notre énergie doit rester hors du temps. Dès qu'elle s'investit dans le temps, nous sommes bientôt emprisonnés. Un pied dans le temps, un pied hors du temps...&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
91. LA MORALE ET L'AMOUR.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
La morale vient combler le manque d'amour. Si nous aimions tous les hommes et tous les êtres vivants; il n'y aurait aucun besoin de morale. La morale dit &amp;quot;non&amp;quot;, &amp;quot;ne pas&amp;quot;; l'amour dit oui! La morale a perdu maintenant ses racines transcendantes religieuses. &amp;quot;Aimez-vous les uns les autres&amp;quot; est une façon de dire &amp;quot;à mort la morale!&amp;quot;&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
-Mais si tout est pareil, identique, à quoi cela sert-il d'être secourable avec son prochain? De ne pas le tuer? De ne pas le voler? Puisque l'avoir n'existe pas, ce n'est plus &amp;quot;mal&amp;quot; de détrousser son prochain, alors?&lt;br /&gt;
-Ces lois fonctionnent au niveau relatif. Et elles sont justifiées par un équilibre entre les individus, et les groupes d'individus. La loi de réciprocité, par exemple. Quand on reçoit quelque chose, on se sent naturellement enclin à redonner quelque chose en échange, peut-on dire. Y a-t-il besoin de penser pour que cela se manifeste? Et ces lois fonctionnent entre les individus qui restent fascinés par l'avoir. Entre les êtres qui ne sont plus identifiés à l'avoir, ces lois n'ont plus cours... Et les nombreux conflits qui en découlent non plus.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
92. VIVRE INCONSCIEMMENT DANS LA SOURCE.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Voilà ce que je peux dire aujourd'hui. Trahis par les mots, je ne veux plus rien dire que ça, rester dans le principe originel sans le savoir, coi. Agir sans savoir que l'on agit. Non-agir? Quelque chose comme cela; autant que l'on puisse s'en rendre compte. Un pilier: la méditation assise. Un toit: la voûte étoilée; un plancher: le silence. C'est vite criant, autrement. Cela grince. La réaction des choses nous poste immédiatement au bon endroit. Quand on sent ce lieu qui ne connaît pas la réaction; on ne peut plus le quitter. Seulement, parfois on ne sait plus où est ce lieu. Il n'est pas dans la mémoire. Il faut le vivre, le sentir pour aller s'y rafraîchir. Hommage à Krishnamurti qui a su ne pas en parler... Paradoxe, n'est-ce pas? Quand on ne le connaît pas. Mais peut-on vraiment ignorer ce lieu? Ne sommes-nous définitivement dedans sans le savoir? Mieux: Ne sommes-nous pas ce lieu sans le savoir?&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
93. LA CONSCIENCE EPANOUIE AU-DELA DES TROIS MONDES&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
_Quel est le rapport de la conscience avec les trois corps, le corps physique, le corps émotionnel, et le corps mental, dans une perspective d’éveil? -D’abord, je ne soutiens pas l’idée de corps distincts pour désigner le véhicule physique, l’affectivité et enfin le mental. Je parlerais plutôt de différentes couches de fonctionnement, physique, affective et mentale. Le premier mouvement de conscience est d'observer notre corps physique, notre sphère affective, et notre pensée, pour y détecter les tensions, refus ou attraction, sans chercher à les faire disparaître par un effort volontaire. Seulement observer. Le réseau d’attraction répulsion se dessine, et sa trame emprisonnante se révèle être un tout, l’ego. Dès lors, notre nature profonde qui ne dépend de rien, devient évidente dans sa liberté en regard du mouvement de l’interdépendance egotique. Cette divine nature repose secrètement entre les mailles du filet de la dualité, véritable mer transparente et cachée à l’esprit avide de poissons et aveugle à l’eau scintillante. Que se passe-t-il donc pour la conscience qui voit les différentes couches de notre perception? Elle prend conscience d'elle-même! La conscience de Soi apparaît. C'est ce mouvement qui termine la manifestation. Individuellement. C'est-à-dire que nous n'avons plus besoin de vivre des expériences conditionnées pour avoir le sentiment d'être. C'est pourquoi nous sommes libres par la suite des contingences matérielles. Nous nous « connaissons » comme l'inconnaissable. La quête sans fin que nous avions connue par le passé arrive à son terme. La dualité apparente manifesté/être conscience est résorbée à son tour dans l'inconnaissable, tant l’implosion spirituelle absorbe avec elle le monde extérieur. Les mailles du filet ne sont plus que des fils « de la vierge » gelés dans le petit matin blême hivernal. Tout est Etre, Conscience, Amour.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
94. LA CORDE ET LE SERPENT&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
-J’ai entendu dire que les émotions empêchent de vivre la sagesse, est-ce vrai et cela implique-t-il que les sages soient insensibles comme des pierres? -L’émotion, c’est quoi? Un écho physique d’une perception externe ou interne. Une participation neurovégétative au vécu. Le coeur bat plus vite, le souffle aussi, les muscles se tendent... Les émotions ont un rôle à jouer dans notre vie. Certaines émotions concernent la survie, l’amour. Elles colorent les événements de telle sorte que nous nous rappelions mieux les faits. Malheureusement, cette coloration déforme souvent notre perception des faits, et là est le problème « spirituel ». Elles accentuent la dualité dans notre esprit. -Comment naissent les émotions? -La pensée prend racine dans la conception et enfin dans la perception, voyons cela ensemble. Parlons de la peur. Si vous n’avez jamais vu de serpent, que vous ignorez tout des dangers que ces animaux font courir, lorsque vous voyez une corde dans la pénombre, vous n’avez aucune émotion de peur ou de fuite car vous ne pouvez imaginer qu’il s’agit peut-être d’un serpent. Vous voyez bien que dans cet exemple la conception conditionne directement les émotions. Maintenant, cherchons si certaines émotions sont indépendantes des concepts et des percepts. Les émotions guerrières sont-elles indépendantes des conceptions? Là encore moins qu’ailleurs, on voit bien que la pensée d’appartenir à une tribu, une nation, est un préalable à une émotion, telle le sentiment d’être agressé par un ennemi; pour être agressé, il faut être deux. Si vous ne voyez pas deux, y a-t-il agression? -Prenons la jalousie, par exemple, où est la pensée, la conception? -D’abord dans l’idée d’être distinct de la personne dont on est jaloux. Si vous supposez que vous participez de la même vie, son expérience est celle de la vie, comme la vôtre; aucune raison de préférer son expérience à la vôtre, la vie s’enrichit dans les deux cas... Ensuite, jaloux de quoi? De l’argent que possède cette personne? De sa belle maison? De sa femme ou de son mari? De ses enfants? De son intelligence? Outre le sentiment d’individualité, nous voyons les conceptions de l’argent, de la beauté, de l’intelligence... qui sous-tendent la jalousie. Toujours une pensée à la base. C’est à vous de découvrir si toutes les émotions sont dérivées de la pensée, de la conception. Vous verrez alors que toutes les conceptions se résument à celle que j’évoquais: l’idée d’être un individu séparé des autres, autrement dit, l’ego. Effectivement, il cristallise tout le fonctionnement créateur de la souffrance, de la dualité dans le monde. Votre vision doit comprendre cet ego pour dépasser vraiment les idées et les émotions de désir et de peur qui sont nés avec lui.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Ainsi, nous observons la source de notre affectivité et de notre action. Quand cette affectivité concerne des éléments agréables, nous ne nous posons pas la question de savoir comment faire disparaître la cause. En revanche, quand nous souffrons de la réaction émotionnelle, nous cherchons avec vigueur une solution pour éviter cela. C'est bien sûr un tort de dissocier le plaisir et la souffrance, car les deux sont liés dans les mécanismes de contrôle de notre esprit. Nous ne pourrons contrôler la souffrance sans prendre une certaine distance d'avec le plaisir. Que se passe-t-il quand nous voyons avec certitude que notre pensée est à l'origine des troubles émotionnels? Eh bien nous évitons naturellement de nous taper sur les doigts! Et nous pensons de façon à éviter de telles cascades émotionnelles. C'est-à-dire qu'au lieu de percevoir le serpent, nous nous demandons &amp;quot;n'est-ce-pas une corde?&amp;quot; Nous nous méfions de notre automatisme perceptif. C'est le principe des psychothérapies dites &amp;quot;cognitives&amp;quot; de faire prendre conscience de la façon dont nous percevons le monde et l'interprétons pour choisir des pensées qui n'entraînent pas les cascades affectives désagréables.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
En ce qui concerne la Voie, cette approche &amp;quot;cognitive&amp;quot; ne vise pas autre chose que prendre conscience du conditionnement que nous promouvons nous-mêmes, et dont nous pouvons nous prémunir avec un minimum de lucidité. L'observation de la pensée et de son retentissement sur notre affectivité nous permet de ne plus subir, mais de contrôler à la fois la pensée et l'affectivité. Notre pensée provoque des réactions en nous, jusque dans des couches profondes de notre psyché, et en définitive, nous fait souffrir. Cela compris, nous évitons l’affliction et contrôlons la pensée et son pouvoir de mobilisation intérieure. Au-delà de ce contrôle des émotions, l'enjeu de cette observation au regard de la Voie de l'unité est de saisir que toute notre souffrance vient de notre interprétation erronée de la réalité, en particulier dans son aspect séparateur et dualisant. Partant de là, nous corrigeons notre vision pour embrasser l'unification de la conscience et une vision holistique, mot très galvaudé actuellement, mais qui a sa place ici. Ainsi, nous sommes partis de la pensée, source de l’émotion, et plus particulièrement de notre interprétation erronée qui engendre la souffrance, puis nous avons pris conscience au-delà, du caractère dualisant de notre perception habituelle; aussi nous semble-t-il nécessaire de contrôler à la source ce phénomène en cascade. Il est plus facile de contrôler la pensée naissante que l'émotion éclatée, comme de déraciné un gland à peine germé qu’un chêne centenaire. Nous sommes maîtres de la façon dont nous envisageons la réalité, tout puissants pour rester en prison ou pour nous évader. -Au bout du compte, les sages ne ressentent-ils aucune émotion? -Les « bonnes émotions », non basées sur une conception dualiste du monde, mais au contraire sur l’unité universelle, nous les nommons « sentiments », lesquels vibrent toujours au coeur des sages, leur magnifiant la beauté de la vie sans les fourvoyer dans une vision fausse.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
95. ENCORE UN PAS...&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Je me demande encore comment il nous est possible de nous perdre dans la dualité, puisque nous sommes au bon endroit dès le premier instant? Qu'est ce qui fait que nous en venons à souffrir? Courir après les phénomènes? Est-ce à dire que nous ne sommes jamais perdus? Sans doute, seulement, nous croyons être perdus... La fascination est toujours présente dans les choses de ce monde, nous plongeons dans les affres de la douleur sans la voir venir. Mais au fond, pourquoi fuir la douleur? Elle fait partie de l'unité. Quoi qu'il arrive nous sommes libres et le resterons, quoi que nous fassions, quoi que nous pensions. Tel est le vrai sens, inaliénable. Nous pouvons faire n'importe quoi, alors? Je n'ose répondre oui! L'Etre est sûrement intouché par les vicissitudes, les pérégrinations de chacun de nous. Pas une ride qui naît sur le lac absolu. Devant l'illimitation de notre être, tout désir, toute peur nous quitte. Un beau matin, éveillé d’un songe de prisons et de chaînes, nous constaterons que ces liens n'étaient que des fils de la vierge à l’aurore de l'éternité.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
96. NOUS SOMMES LE FRUIT DE LA NÉGATION.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Etre heureux signifie être dans l'unité. Notre conscience n'est pas très éveillée dans ce cas. Dans le malheur, en revanche nous devenons vigilants et la vigilance est l'aube de l'éveil, donc du retour à l’Un. Dans la souffrance, nous refusons les événements tels qu'ils sont. Le « non » nous densifie. Nous prenons conscience de notre individualité dans la lutte bien plus que dans le bonheur. Nous seuls nous privons de l’unité, et ainsi du bonheur de la non-séparation. Même dans la douleur, nous pourrions rester dans l'unité; mais nous sommes poussés par l’expérience à refuser de souffrir. Et paradoxalement, c'est la fuite qui produit le plus de souffrance, et non pas la douleur elle-même. Ouvrons-nous à la souffrance, et nous connaîtrons ce bonheur non dépendant qui transcende à la fois la souffrance et le ...bonheur, lesquels sont indissolublement liés. Pourquoi sommes-nous contraints de fuir devant la souffrance? N’est-ce pas notre passé biologique? La souffrance dans notre chair signifie le risque de perdre la vie, l'intégrité physique. Aussi sommes-nous programmés pour fuir ou combattre en cas de douleur. Psychologiquement, nous suivons par analogie le même fonctionnement. Quand nous souffrons dans notre âme, nous fuyons moralement et physiquement. Voilà le conditionnement somatopsychique. Puis les rouages intérieurs se complexifient de fuite en fuite. Si nous devenons capables de rester unis à la souffrance, sans fuir intérieurement, alors nous découvrons l'unité et la joie qui demeure, même dans la tourmente.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
97 ETRE CONSCIENCE, cerveau...&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
La réalisation passe par le coeur. Le coeur de l’inconscience foncière. Cela ne doit pas devenir conscient, cela restera toujours dans la face cachée de l’être. C’est ainsi, et à comprendre cela, on se repose sur ce lit de silence...&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
-Pourquoi ne peut-on pas être conscient de l’être? -Etre conscient signifie entrer dans le relatif, c’est-à-dire voir naître un sujet et un objet. Etre conscient implique toujours un objet. Alors que, s’agissant de l’être, peut-on encore parler d’objet? Percevoir un objet requiert une action du cerveau, laquelle suit un apprentissage. La conscience dépend du passé, n’est-ce pas là la marque de la dualité? S’agissant de l’être, ne parlons donc pas d’objet. L’être échappe au passé, au conditionnement. Faut-il parler de sujet? Nous avons déjà abordé cette question aux confins du langage... Plonger dans l’Etre dépend d’un changement de dimension. Il y a un saut, un changement de point de vue. On sort du relatif, autrement dit, on quitte tous les points de vue simultanément. La dualité sujet objet disparaît. On pourrait dire aussi on change de principe: au lieu de voir à partir d’un point, on voit à partir de l’ensemble. - « Voir à partir de l’ensemble », notre vision passe quand même par le cerveau, n’est-ce pas, donc d’un point particulier, lequel envisage le monde avec tout le poids de son conditionnement. Je voyais l’autre jour une émission sur le cerveau à la TV. D’éminents scientifiques nous ont appris que le cerveau est très actif dans le processus de la conscience. Il s’active pour percevoir, en quelque sorte. Il projette, anticipe, suivant son apprentissage, lequel peut conditionner entièrement sa capacité à voir tel ou tel type d’objet, par exemple les lignes verticales, les objets en mouvement. Si le cerveau n’a pas appris à être conscient de ces objets, il peut devenir incapable de les reconnaître par la suite; pour lui ils n’existent tout simplement pas... Ce qui m’amène à vous poser la question suivante: L’absolu est-il reconnu par le cerveau, celui-ci a-t-il appris à le percevoir? -C’est une question importante, il est vrai... Le principe originel est constamment présent lors de l’apprentissage du système nerveux. Ce dernier ne peut faire l’impasse de méconnaître l’écran qui permet son déploiement. Il est également vrai que tout notre apprentissage scolaire, culturel, familial, personnel, est rarement orienté vers l’expérience de l’être. On en fait un objet nommé Dieu, ce qui est la meilleur façon de lui tourner le dos. Les religions ont été conscientes de ce travers et ont parfois, comme l’islam, enjoint de ne jamais représenter Dieu. Mieux aurait été d’ajouter « ni de le nommer, de le penser »... Mais c’est ainsi, nous n’avons pas tourner notre conscience vers sa source. Le vécu originel d’avant la conscience est toujours présent en nous, pas à l’état de souvenir, mais actuel. Le changement de point de vue dont je faisais état précédemment, pourrait correspondre à un dépassement du relais cérébral. Je vous rappelle que le cerveau est un gérant de l’action. Il ne gère pas le silence, l’immobilité. Même lorsque nous dormons, il continue sous une forme subjective à agir. Il n’arrête pas de courir. Goûtant le calme foncier, nous ressentons un abandon de toute matérialité.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
98. L’EGO N’EXISTE PAS, qui peut se libérer dans ces conditions?&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
99 Le soi en évidence.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Le Soi n'est pas un savoir. On ne peut le mettre en mots, ni en pensées. On peut le nommer &amp;quot;être&amp;quot;, sans différences. On peut le nommer &amp;quot;non-être&amp;quot; car tout ce qui est est conditionné et le Soi est libre, inaccessible. Si nous n'étions déjà totalement le Soi, il resterait à jamais hors d'atteinte. Réaliser le Soi est constater l'Unité foncière sous-jacente à notre capacité mentale de discrimination. Aucun effort n'est requis pour ce faire, aucun pouvoir extérieur à notre conscience ne peut y changer quoi que ce soit. Le maître de la Voie est toi-même, tout-puissant sur l'illusion qui t'emprisonne. La seule indication que tu puisses entendre est donc: &amp;quot;Ôte les mains de tes yeux et tu verras.&amp;quot; La source est indifférenciée. Mais nous ne pouvons pas saisir l'indifférencié; nous ne pouvons qu'abandonner la distinction, la comparaison. Alors, nous réalisons l'un, bientôt saisis par son flot d'énergie impersonnelle. Et notre coeur se remplit... Il n'y a aucune distinction dans la Réalité; où donc placer l'ignorance et l'illumination, moi et le monde? L'être et le néant? Le temps et l'essence hors du temps... Qui donc irait vers quoi pour se libérer, et de quoi? Méditer, lâcher prise, ne plus savoir, laisser les pensées fuir, les perceptions s'estomper, n'être rien, s'abandonner enfin au sans-forme qui veille sur notre sommeil profond. Statue de bouddha, pas d'espace où demeurer; rien que l'infini. Dans ce vide, y a-t-il encore place pour l'observateur? Voir sans le passé, sans la pensée, sans percevoir de différences, le cristal temporel. Alors, nul besoin de fermer les yeux et boucher ses oreilles pour être sans limite... &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
L'Absolu sous nos yeux, à l'instant. Mais ni sujet, ni objet. Seulement voir. &amp;quot;En vérité, parce que nous voulons saisir et rejeter, nous ne sommes pas libres.&amp;quot; Toute intention fait fuir l'Absolu. Sans intention, le sentiment de l'égalité point dans notre coeur qui se dégèle devant le jaillissement de l'amour sans objet, ou plutôt pour l'Objet Cosmique. Tant que nous visons l'illumination comme un objectif, nous nous coupons à coup sûr d'elle. Là réside la clef, ne l'oublie pas. L'ego est ce principe intérieur qui gère l'avoir. Avoir peur, avoir envie, surtout. Il croit même qu'il est, par identification au corps, aux possessions matérielles; il pense à demain et à hier; il veut savoir et pouvoir. Il veut choisir. Mais l'être lui échappe et lui échappera toujours, car ce dernier n'appartient à personne, et demeure sans rapport avec l'avoir. &amp;quot;Notre&amp;quot; être ne nous appartient aucunement; il n'y a pas d'être personnel, seulement l'être sans forme. Ce que nous croyons être est en fait avoir. Avoir des limites. Une illusion. &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
L'humilité est la porte de l'abandon. Elle ne peut être provoquée, mais naît de la constatation de l'impuissance totale de notre pouvoir egotique en face de l'illimité, de notre nullité personnelle devant la vie cosmique. Si ce n'est par la compréhension, nous saisirons cela par la souffrance... Quand nous nous abaissons, Dieu nous élève, pourrait dire un mystique. C'est pourquoi Il a dit &amp;quot;Quiconque sert son prochain sera grand à mes yeux.&amp;quot; Tout est Dieu, tout est Dieu, tout est Dieu. Vraiment tout? Tout. Ne luttez plus, il n'y a pas d'ennemi. Toutes les poches de résistances doivent entendre la nouvelle: tout est Dieu. Mais pas le Dieu personnel, &amp;quot;Cela&amp;quot;, l'Absolu sans trait.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
100. Ce chapitre vous appartient... à vous de l’écrire...&lt;/div&gt;</summary>
		<author><name>78.224.74.40</name></author>
		
	</entry>
	<entry>
		<id>https://wiki-conscience.terretciel.com/index.php?title=MA_PROPRE_STRUCTURE-AVERTISSEMENT-PORTES_D%27ENTREES&amp;diff=197</id>
		<title>MA PROPRE STRUCTURE-AVERTISSEMENT-PORTES D'ENTREES</title>
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		<updated>2021-04-22T20:42:09Z</updated>

		<summary type="html">&lt;p&gt;78.224.74.40 : &lt;/p&gt;
&lt;hr /&gt;
&lt;div&gt;-Question de :  EXPERIMENTER avec '''quelques consignes''' plutot qu'avoir une vision intellectuelle &amp;quot;spirituelle&amp;quot; trop large &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
« Quand je vois que je ne suis rien, c’est la sagesse.&lt;br /&gt;
Quand je vois que je suis tout, c’est l’amour.&lt;br /&gt;
Et entre les deux, ma vie s’écoule. »&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Nisargadatta Maharaj&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
*[[MA BIOGRAPHIE SPI INTIME]]&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
*LA JOIE PURE &lt;br /&gt;
 et meme plus, joie, grace,spiritualité, les 3 en un, la source, l'unité avec, etc etc.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
*LE CHEMIN&lt;br /&gt;
-loi série de la sadhana, de la dualité a l'unité, le corps-personnalité l'identification, etc etc .&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
1--ma personnalité &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
1.1&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
1.2&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
1.3&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
*FUN&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
*FORMATION  ETC.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
*ASSOCIATION &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
-Les intervenants extérieurs peuvent , ou pas , adhérer à un système  politique, social ou religieux , chacun doit etre responsable de son libre arbitre et discernement.  Déontolgie etc. Les intervenants internes de l 'association ....Ce site ne contient aucun dogme religieux, ni sectaire, il s'adresse à des esprits ouverts et libres, en quête d'évolution spirituelle, affranchis de tous préjugés et ouverts sur les nouvelles connaissances&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
-Selon l’article 1 de la loi du 1er juillet 1901 relative au contrat d’association, une association doit réunir au minimum 2 personnes. Ainsi, contrairement aux entreprises, les associations unipersonnelles n’existent pas. De ce fait, un organisme associatif est en principe voué à disparaitre une fois qu’il n’a plus qu’un seul membre.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
-Préfectures, dispensateurs de subventions, autorités d’agrément ou de tutelle seront rassurés par la présence statutaire d’au moins deux dirigeants, l’un en charge de la fonction opérationnelle et de la représentation de l’association, l’autre en charge des finances. Toute autre configuration risquerait d’attirer leur suspicion.&lt;br /&gt;
--Quelle que soit la solution choisie, il faudra s’assurer qu’elle est formulée sans ambiguïté dans les statuts.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
-1 réponse d'expert&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
'''Les textes de loi de 1901 ne fixent aucune limite minimum et maximum, le seul chiffre cité étant qu'une association peut être formée avec 2 personnes. La liberté est donc totale et il appartient aux textes des Statuts, principal texte légal de fonctionnement d'une association, de fixer toutes les modalités de fonctionnement de l'association, constitution des Assemblées Générales, mode de désignation ou d'élection des membres du Conseil d'Administration, présence ou pas d'un bureau (nombres de membres et pouvoirs) principes d'organisation des convocation aux réunions etc...&lt;br /&gt;
La décision vous appartient en totalité mais je vous donnerais 2 conseils. Ne prévoyez pas un trop grand nombre de membres au CA et surtout un nombre impair ou voix prépondérante au Président. L'existence d'un bureau (Président, Secrétaire, Trésorier) pouvant se réunir de manière informelle et rapide est très utile en cas d'action urgente à mener, la réunion d'un CA étant toujours relativement longue, avec 8 jours de délai de convocation, difficile de réunir un CA en moins de 2 semaines.'''&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
-Le principe de la loi 1901 autorisant la création d'une association à partir de 2 personnes, vos Statuts doivent être libellés en ce sens, vous êtes en même temps membres de l'assemblée générale et membres du Conseil d'administration. Cela ne vaut pas le peine de créer un Bureau qui est une émanation raccourcie du CA et rend compte au CA de ses actions...&lt;br /&gt;
Les fonctions sont simples, l'un sera Président et remplira également les fonctions de Secrétaire, l'autre sera Trésorier et aura la charge de la partie comptable qui sera importante puisque vous aurez un salarié.&lt;br /&gt;
Cette 3ème personne étant salariée, ne peut avoir de fonction dirigeante car, comme je l'ai expliqué à maintes reprises, avoir un salarié implique d'établir une relation &amp;quot;employeur/salarié&amp;quot;, conformément aux règles du travail et le &amp;quot;copinage&amp;quot; n'a jamais fait bon ménage avec cette relation. De plus, il y aurait conflit d'intérêt car votre salarié se retrouverait &amp;quot;des deux côtés de la barrière&amp;quot;, c'est à dire employé sous contrat établissant des règles de travail mais aussi un lien de subordination juridique, et participant aux décisions pouvant avoir des conséquences sur son travail, donc totalement en &amp;quot;porte à faux&amp;quot; en cas de problèmes juridiques salariaux.&lt;br /&gt;
Il faut toujours penser au pire qui puisse arriver pour éviter les problèmes.&lt;br /&gt;
La rédaction des Statuts et l'obligation faite d'appliquer les textes à la lettre est un problème insuffisamment compris par beaucoup de dirigeants qui se retrouvent régulièrement confrontés à des &amp;quot;violations de Statuts&amp;quot; pouvant remettre en cause des réunions, des votes voire se retrouver au pénal.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
--- Titre : TERRE HOMME CONSCIENCE ET SAGESSE.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Objet : proposer une vision humaniste et spirituelle, unifiante et réaliste dans l'ensemble des domaines de la vie humaine, contribuer dans les enjeux actuels de société à une volonté d'élan créatif personnel et collectif pour un bien être durable pour tous, favoriser les échanges avec et entre tous types d'associations et personnes proches de nos thèmes ou oeuvrant au bien être commun, utiliser tous moyens appropriés (débats, humour, recherche de mécènes, rencontres conviviales, etc.).&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Siège social : bâtiment K, le Venise, 14, rue La Sauvagine, 84140 Montfavet .&lt;br /&gt;
*****************&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Objet : offrir à ses membres toutes informations ou moyens permettant d'accéder à une meilleure compréhension de la totalité de l'être physique, mental ou spirituel&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Objet : DECOUVRIR OU APPROFONDIR     promouvoir et développer toute action visant à connaître, faire connaître, former et utiliser toutes les techniques et les outils de bien-être, de développement personnel et spirituel, de pédagogie qui visent l'épanouissement de toute personne, de tout âge, par tous les moyens appropriés concernant ces buts ; pratiquer des activités visant à accroître le mieux-être psycho-émotionnel et physique ; favoriser la transmission, l'éducation et l'auto-prise en charge aux réflexes santé au naturel, et tous objets similaires, connexes ou complémentaires ou susceptibles d'en favoriser la réalisation ou le développement&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
*&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Objet : recherche spirituelle, accueil et accompagnement, transmission des enseignements ayant vocation à la transformation intérieure, et plus généralement toutes opérations industrielles, commerciales ou financières, mobilières ou immobilières, pouvant se rattacher directement ou indirectement à l'objet ou susceptibles d'en faciliter l'extension ou le développement ; à cette fin l'association organise, entre autres, des ateliers, des conférences, des séminaires, des sessions d'information, de présentation, de formation, de prestations de conseil et de coaching par l'organisation de séances publiques ou privées, en entreprises, auprès d'autres associations ou de particuliers, en sessions collectives ou individuelles&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
*[[ATELIER]]&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
B&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
C&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
== *[[CERCLES  D 'EVEIL]] ==&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
D&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
E&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
F&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
I&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
J&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
L&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
M&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
N&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
O&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
== *[[OLIVIER]] ==&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
S&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
*SPIRITUALITE&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
J'aime bien la definition de wikipedia non pas de spiritualité, un peu classique et universitaire, mais celle plus bas a &amp;quot;l'experience spirituelle&amp;quot;, ou, ouf, on rentre dans le vivant de la chose, :&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
La spiritualité n'est pas limitée à une démarche conceptuelle ou dogmatique. L'expérience spirituelle (ou expérience mystique), par la recherche d'intériorité, de connaissance de soi, de transcendance, de sagesse, ou de dépassement des limitations de la condition humaine18 est indissociable de la démarche intellectuelle. C'est pourquoi la spiritualité débouche généralement sur des démarches corporelles, émotionnelles et mystiques, cherchant à générer une expérience transcendante, une relation (selon l'une des étymologies de religion) avec Dieu, le Soi, la Conscience, l’Âme, le Monde, le Devenir, etc. Pour certains, le but de la spiritualité est une exploration profonde de l'intériorité, conduisant à l'éveil spirituel21, une conversion intime, ou l'accession à un état de conscience modifié et durable.&lt;br /&gt;
*****************************************&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
-Dieu nous attend &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Qu'attend-il ?...&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Notre conversion,...&lt;br /&gt;
le retournement de notre vie et de nous même...de nos valeurs...&lt;br /&gt;
++&lt;br /&gt;
cela suppose qu' à un moment ou à un autre de notre vie quelque chose s'écroule, s'effondre en nous...&lt;br /&gt;
que nous soyons intérieurement blessé...profondément ébranlé...&lt;br /&gt;
jusque dans nos fondements....(Deuil, maladie,perte de travail,échec etc....).&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Cet écroulement n'est qu'un commencement...  &lt;br /&gt;
et il ne faut surtout pas essayer de rebâtir ce que la  Grâce à démoli !...  &lt;br /&gt;
la tentation est grande de reprendre comme avant...&lt;br /&gt;
NON !     &lt;br /&gt;
Nous devons apprendre à demeurer près des décombres  de notre échec...&lt;br /&gt;
 sans nous adresser des reproches...,sans accuser Dieu...&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Selon Tauler quand tout s'est écroulé l'homme tente de fuir...il refuse le plus souvent de &amp;quot;voir&amp;quot; ce qui se passe en lui...&lt;br /&gt;
c'est la fuite...&lt;br /&gt;
parfois dans l'activisme social...ou la réforme à tout prix...&lt;br /&gt;
parfois un changement incessant dans le mode de vie...ou sa spiritualité... besoin de bouger...d'être ailleurs...&lt;br /&gt;
parfois au contraire c'est la crispation sur une façon de vivre, sur des souvenirs d'enfance... des façons d'être...ou de se croire comme devant être...&lt;br /&gt;
c'est ainsi que la dévotion et l'activisme religieux deviennent facilement des paravents entre le coeur et Dieu...&lt;br /&gt;
paravents qui entretiennent la bonne conscience... mais sont de remparts contre le Feu Divin...&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Tauler préconise une chose:&lt;br /&gt;
&amp;quot;Laisse-toi couler ...&lt;br /&gt;
couler à pic...jusqu'au fond...jusqu'à ton néant&lt;br /&gt;
et laisse s'écrouler sur toi, avec tous ses étages la tour de ta cathédrale de suffisance et de pharisianisme...&lt;br /&gt;
Laisse-toi envahir par tous les diables de l'enfer !&lt;br /&gt;
Tu auras alors en partage tout ce qu'il y a de meilleur !&amp;quot;&lt;/div&gt;</summary>
		<author><name>78.224.74.40</name></author>
		
	</entry>
	<entry>
		<id>https://wiki-conscience.terretciel.com/index.php?title=BIOGRAPHIE_AUX_AMIS_ETC&amp;diff=196</id>
		<title>BIOGRAPHIE AUX AMIS ETC</title>
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		<updated>2021-04-16T14:54:38Z</updated>

		<summary type="html">&lt;p&gt;78.224.74.40 : &lt;/p&gt;
&lt;hr /&gt;
&lt;div&gt;&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Salut  Phil. ,&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Ca fait un moment que j'ai envie de te partager certaines choses,&lt;br /&gt;
je crois que cela peut me faire du bien ..et clarifier - poser de' autres choses ...&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
je souhaite revenir  sur le moment ou les parents ont réagis très fort à mon intérêt pour la spiritualité de mon coté, pour les &amp;quot; sectes&amp;quot; selon leur point de vue &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
notamment parce que j'ai plus ou moins intégré a tort ou a raison que &amp;quot;je suis le vilain petit canard marginal et qui crois n'importe quoi &amp;quot; , au moins selon certains ..., &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
et j 'aimerais au moins m'exprimer a ce sujet  pour certaines raisons &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
--parce que cela touche aussi intimement ma vie personnelle et que je fais ainsi un nettoyage clarification personnelle  &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
*Remarque :  si je passe par l écris c est déjà que je ressens un frein a la communication ...des 2 cotés ..&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
il y a aussi que chacun est parti de son coté ( moi a la poste ou ailleurs , toi a l 'école de l'armée ...) &lt;br /&gt;
 &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
***********************************&lt;br /&gt;
ci dessous je vais raconter de façon concise ce que j'ai vécu ET un peu comment je l'ai vécu , je l'exprime de façon assez factuelle, et ensuite j'en donnerai un peu plus ce ce que j'en tire &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
'''--éléments sur mon parcours :''' &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
- vers mes 18 ans j'étais impliqué dans un mouvement marxiste-léniniste &amp;quot; pur et dur &amp;quot; , assez rigoureux et intellectuel ...il était diffusé une obligatoire recherche de rigueur intellectuelle, a l'image de karl marx non ?? Marx dit que sa vision s 'appuie sur 3 piliers : l' analyse politique, économique et philosophique ..., qui est une démarche &amp;quot; scientifique &amp;quot; sur les ressorts de l'humain ...Hors en peu de temps le pilier philosophique est pour moi tombé : la vision de Marx m'est apparue totalement fausse sur sa sa vision de l'homme : une non connaissance des réalités spirituelles , non &amp;quot; matérielles &amp;quot; , la réalité d'une &amp;quot; ame&amp;quot; non physique , avec des témoignages, des observations, des expériences , bref une approche &amp;quot; quantifiable&amp;quot; et de type scientifique ou méthodique démontait totalement son approche pour le coup plus qu’incomplète ...&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
-suite a cela , apres quelques lectures d'enseignements spirituels plutot intellectuels et une expérience personnelle extra - sensorielle déterminante , je voulais &amp;quot; aller plus loin &amp;quot;  je me suis orienté vers &amp;quot;ce qui se présentait a moi &amp;quot; , un enseignement qui était avec ...ses forces et ses faiblesses disons ... et , oui, si je &amp;quot; devais revenir a cette époque &amp;quot;, je m'orienterais différemment   ...que celui qui a la science infuse me lance la 1ere pierre ...j'y reviendrais ! &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
mais c 'est caricatural certaines images véhiculées sur &amp;quot; l'endoctrinement &amp;quot;  ou autres idées reçues ,meme si ça existe aussi c est sur  :  par exemple ..pour moi dans un des livres de cet enseignement il était dit a peu près &amp;quot; ne lisez pas cet auteur &amp;quot; , ce qui déjà etait un positionemment assez bizarre et rare qui justement a susciter une attitude de curiosité ! et alors que on était incité a lire et connaitre Toutes les philosophies spirituelles et meme au dela ...Je trouvais l'argument insuffisant, non expliqué ...donc j'allais lire cet auteur ...et me  faisait mon idée : auteur très intéressant et peu commune sur une certaine façon de ressentir la vie ! ,  et ,aussi , bien  &amp;quot; con&amp;quot;a mon avis sur un autre sujet important a mes yeux  ...( et 30 ans plus tard désolé mais mais j'ai la meme vision sur ce monsieur ) ,cela pour expliquer que quand on est dans un enseignement que certains disent &amp;quot; sectaire &amp;quot; ( a tort ou raison ) on oublie que celui que j'étais -comme d'autres ! - dans cet enseignement a toujours l'envie de comprendre, de chercher, de questionner, etc etc ...&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
au final je quittais cet enseignement 3 ans plus tard ...pour la raison que des besoins et réponses me manquaient , ne me donnaient pas un &amp;quot; bien-etre &amp;quot; nécessaire ... tout simplement ...&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
 ..et mon chemin   se poursuit ...&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
-comment je vois maintenant ce &amp;quot; mouvement &amp;quot; , ce moment, j'y reviendrais ...&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
'''ICI''' **********************************&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
-je découvris ensuite &amp;quot; d'autres spiritualités-enseignements , différents, plus &amp;quot;humains&amp;quot; , plus &amp;quot; doux &amp;quot; , donc une '''VARIETE''' , une richesse, diversité , liberté , des enseignements spirituels ...pas de formatage  non !  &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
-&lt;br /&gt;
 ..la recherche  se poursuit ...&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
-je découvris aussi la &amp;quot; psychologie humaniste &amp;quot; , qui n 'est pas forcément spirituelle , mais une compréhension de plus sur l'humain, pas enserré comme les théories de Freud ...&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
-je trouvais 7 mois plus tard un  autre enseignement spirituel que je suivrais de façon directe et engagée encore pendant environ 3 ans ...(intéressant ces 3 ans, parce qu'une analyse des adeptes de &amp;quot; secte &amp;quot; (ou de ..chercheurs spirituels selon d'autres analystes-sociologues etc ...) trouve justement qu'une majorité d'entre eux changent d'enseignements tous les 3 ans ...tiens tiens ...alors contrairement a ce que l'on dit ils ne sont pas si &amp;quot;prisonniers &amp;quot; de leur &amp;quot; secte &amp;quot; non ? - cela dit il y a d'autres aspects on verra plus tard  ) &lt;br /&gt;
 --là j'ai apprécié beaucoup de choses ! mais &amp;quot;il me manquait quelque chose &amp;quot; , pour quoi ? , pour que ce sentiment de &amp;quot; oui ça c'est la vérité, c'est complet, et çà me nourrit &amp;quot; , n'étais pas là ...aussi , cette fois progressivement, j’arrêtais avec ce mouvement ...&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
 ..la recherche se poursuit ...&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
-suivirent ,  environ 6 années  &amp;quot; sans rien &amp;quot; , puis ensuite une recherche sans  appartenance à un enseignement précis, structuré etc etc ..., mais piocher des choses a droite et a gauche , un peu comme je l avais fait apres le  1er enseignement -&amp;quot;secte &amp;quot; ,  puis un rapprochement avec des enseignements d'inspirations chrétiennes notamment  - toujours sans appartenance a des  formes &amp;quot; associatives &amp;quot; disons ...et aujourd'hui je vis -comme beaucoup de gens qui sont passés dans ces expériences ! - ma synthèse personnelle , un chemin &amp;quot;personnel&amp;quot; , disons fait de différentes inspirations.  &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
--la recherche freine , ralentit , pour plutot affiner ce qui est déjà expérimenté  ...&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
--quelques réflexions sur ce parcours  :&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
- a travers tout ceci ce que je veux exprimer c'est que &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
je ne suis peut etre pas si &amp;quot; endoctriné &amp;quot; que ça ..&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
que les questionnements spirituels a la fois amenent a une liberté de pensée et en sont  le but&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
que le spirituel est une question parmi d'autres  qui peut etre abordé &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
--par le coté psychologique des humains &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
--ou pas du tout &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
--ou par une approche de curiosité large, ouverte , complète , qui devrait comporter une approche a la fois rationnelle, intellectuelle , mais aussi le ressenti , la psychologie, l'histoire , etc ...&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
-que je suis plus intéressé par le spirituel  que par les questions du &amp;quot; complotisme &amp;quot; &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
-il y a des idées toutes faites et caricaturales sur les &amp;quot; sectes &amp;quot; MEME SI  je reconnais qu'il y a des sectes plus ou moins secte, plus ou moins dangereuses, etc etc &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
idées toutes faites auxquelles j'ai collaboré indirectement en &amp;quot; laissant dire &amp;quot; etc etc ? mais c'est aussi le propre de beaucoup de personnes dans le spirituel ( différent du religieux meme si ..)  de &amp;quot;ne pas répondre &amp;quot; aux caricatures parce que justement ils sont moins sectaires au final &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
-je pense avoir un recul, une expérience , assez importante pour discerner pas mal de choses a ce sujet ( peut etre plus que sur le covid pourquoi pas ) &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
- ce que ne comprennent pas -(  ou ne peuvent pas ..ou ne veulent pas ! !  - ) comprendre certaines personnes avant de juger &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
 : c 'est que tout le monde n'est pas attiré , appelé par les questions spirituelles,  &amp;quot; religieuses &amp;quot; , &amp;quot; para-psychologiques &amp;quot; , du sens de l'existence, etc etc  ou et la curiosité, ou le besoin etc etc ...  et c'est 2 choses différentes de dire &amp;quot; elles cherchent des conneries &amp;quot;  ou &amp;quot; moi ça ne m'interresse pas &amp;quot; , par exemple ...&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
- les parents ont réagi avec leurs émotionnel plutot que leur rationnel et leur coeur , a mon sens ( ce qui est un gros résumé  pour une réalité qui serait plus ou moins longue a décortiquer ...) &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
-si je devais recommencer a mes 18 ou 20 ans par ex , je ne commencerais pas par &amp;quot;le 1er enseignement &amp;quot; , ben oui , mais resterait a dire pourquoi  ...( a toi de voir si tu veux que je t'en parle TRANQUILLEMENT  )&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
par contre surement je ferais la meme recherche depuis d'autres points de départ ...&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
************************&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
-comme toutes choses on peut voir le &amp;quot;négatif &amp;quot; ou ..le &amp;quot;positif &amp;quot; ...et souvent positif et négatif ont un lien de l'un a l'autre  ! ! &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
-il y a des choses a continuer un peu par tél &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
-a mon sens dans les débats sur quasi tous sujets il y a 2 choses ou 3 a voir &amp;quot; avant &amp;quot; &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
-1- est ce que l'on cherche a &amp;quot; avoir raison a tout prix &amp;quot; ...et donc a garder son point de vue a tout prix &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
2   dans les débats sur quasi tous sujets( racisme, politique, religion, société , débats x ou y ) on &amp;quot; oublie &amp;quot; qu'il y a un etre humain, avec ses limites, ses ATTACHEMENTS , etc etc ....&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
comme si on parlait de mars et jupiter et la droite et la gauche etc etc en oubliant ...les deux hommes qui en parlent ! et de comment ils sont  faits :  &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
  constitués de croyances plus ou moins vraies, plus ou moins &amp;quot; acquises par la société &amp;quot; , par la famille , par &amp;quot;la culture ambiante &amp;quot;, par &amp;quot;l'idéologie dominante &amp;quot; ( vision marxiste assez pertinente ...mais un peu partielle a &amp;quot;mon&amp;quot; gout ..) , etc etc --  imaginons un curé catholique qui échange avec un juif ou athée :  si son interlocuteur le déstabilise dans ses croyances , en arriere fond il y a peut etre qu'il n est pas pret a se remette en cause, que son job de curé lui apporte la sécurité matérielle ou &amp;quot; que diraient mes parents tous cathos &amp;quot; si jamais je quittais mes croyances .. ( idem entre 2 scientifiques ...; 2 opinions x et y de toutes sortes ...) &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
*********************&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
voila je veux terminer la ...quelque part oui j aurais aimé partager mes questions et découvertes spirituelles avec toi mais en meme temps aussi les gens &amp;quot; dans la spiritualité &amp;quot; ont parfois tendance a &amp;quot; ne pas communiquer &amp;quot; tant que il n'y a pas de demande  ou le sentiment que les autres ne s'y interressent pas ou risquent de trop etre jugeants, ( je ne parle pas par ex avec un témoin de jéhovah ou certains tres athées parce qu'ils sont trop &amp;quot; dans leur truc &amp;quot; tout simplement ... ) --quand quelqu'un veut me parler de questions spirituelles-religieuses ou meme politiques ou autres je me pose rapidement ces questions ou je tache de sentir : est il vraiment curieux , ouvert, honnête , ou veux t il simplement parle de ça pour passer du temps , ou défendre ses idées coute que coute, est ce qu'il va m'écouter tout court ou sans plus ...&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
******&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
voila voila ...si me relis dans qq jours je verrais sans doute des choses a dire autrement mais bon ...&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
 sur un  autre sujet je pense que beaucoup de sujets de société sont hyper mal abordés &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
- parce qu'ils ignorent &amp;quot; ce qui agite la psychologie des hommes &amp;quot; ( plusieurs raisons ) &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
-soit ils ignorent les questions spirituelles ( donc une part de l'humain ) &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
-  par ce qu'ils n'abordent les choses que d'un seul point de vue, ou 2-3 points de vue ...mais la vie est plus large que ces points de vue limités  !  meme des scientifiques se sntent &amp;quot; hyper-spécialisés&amp;quot; dans leur domaine mais incapables de faire des liens avec d'autres questions ou sciences etc etc -)&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
aujourd hui ca deviens grave quand pleins de problemes risquent de s'accumuler les uns avec les autres ...mais je suis conviens que &amp;quot; le monde d'apres &amp;quot; va venir ...apres chaos et beaucoup de confusions chez Tous  ( confusions politiques, sociales, personnelles, de morale, de choix, d'action, etc etc ..) mais bon ...&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
a toute ! &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Francis .&lt;/div&gt;</summary>
		<author><name>78.224.74.40</name></author>
		
	</entry>
	<entry>
		<id>https://wiki-conscience.terretciel.com/index.php?title=BIOGRAPHIE_AUX_AMIS_ETC&amp;diff=195</id>
		<title>BIOGRAPHIE AUX AMIS ETC</title>
		<link rel="alternate" type="text/html" href="https://wiki-conscience.terretciel.com/index.php?title=BIOGRAPHIE_AUX_AMIS_ETC&amp;diff=195"/>
		<updated>2021-04-14T19:07:24Z</updated>

		<summary type="html">&lt;p&gt;78.224.74.40 : &lt;/p&gt;
&lt;hr /&gt;
&lt;div&gt;Biographie a un cercle d'amis --&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Bonjour, &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
je souhaite vous partage cette biographie et éléments de reflexions sur la vie ceci pour quelques raisons :&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
-avec ce covid on sait jamais je peux disparaitre dans quelques semaines ??&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
je voudrais aussi adresser un mot particulier a mon frere ...&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&amp;quot;je souhaite te partager particulierment des choses &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
--parce que cela touche aussi intimement ma vie personnelle et que je fais ainsi un nettoyage clarification personnelle &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
--que j'ai au final toujours gardé plus ou moins inconsciemment des regrets des frustrations dans &amp;quot; notre histoire familiale &amp;quot; &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
--notamment l'histoire de la reaction des parents dans mon histoire &amp;quot; sectes &amp;quot; ...et le fait que j'ai plus ou moins intégré a tort ou a raison que &amp;quot;je suis le vilain petit canard marginal et qui crois n'importe quoi &amp;quot; , au moins selon certains ..., et ce que ca peut créer ..&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
*REMARQUE  si je passe par l écris c est déjà que il y a un frein  estimé a la communication&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
--et que cela pourra éclairer des choses de nos discussions &amp;quot; covid-complotisme &amp;quot; indirectement ...( -un apparté  sur nos échanges sur &amp;quot;le covid-complotisme etc &amp;quot; ...&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
je me suis dit que quelque part j'ai pas envie de m'enliser dans cette discussion parce que &amp;quot;mon centre d'interet principal &amp;quot; et aussi que je connais mieux, c 'est la spiritualité )   &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
***********************************&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
'''--éléments sur mon parcours :''' &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
- vers mes 18 ans j'étais impliqué dans un mouvement marxiste-léniniste &amp;quot; pur et dur &amp;quot; , assez rigoureux et intellectuel ...il était diffusé une obligatoire recherche de rigueur intellectuelle, a l'image de karl marx non ?? Marx dit que sa vision s 'appuie sur 3 piliers : l' analyse politique, économique et philosophique ..., qui est une démarche &amp;quot; scientifique &amp;quot; sur les ressorts de l'humain ...Hors en peu de temps le pilier philosophique est pour moi tombé : la vision de Marx m'est apparue totalement fausse sur sa sa vision de l'homme : une non connaissance des réalités spirituelles, religieuses, non &amp;quot; matérielles &amp;quot; , la réalité d'une &amp;quot; ame&amp;quot; non physique , avec des témoignages, des observations, des expériences , bref une approche &amp;quot; quantifiable&amp;quot; et de type scientifique ou méthodique démontait totalement son approche pour le coup plus qu’incomplète ...&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
...la recherche  se poursuit ...&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
-suite a cela , apres quelques lectures d'enseignements spirituels plutot intellectuels et une expérience personnelle extra sensorielle déterminante , je voulais &amp;quot; aller plus loin &amp;quot;  je me suis orienté vers &amp;quot;ce qui se présentait a moi &amp;quot; , un enseignement qui était avec ...ses forces et ses faiblesses disons ... et , oui, si je &amp;quot; devais revenir a cette époque &amp;quot;, je m'orienterais différemment   ...que celui qui a la science infuse me lance la 1ere pierre ...j'y reviendrais ! &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
 ..la recherche  se poursuit ...&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
par exemple dans un des livres de cet enseignement il était dit a peu près &amp;quot; ne lisez pas cet auteur &amp;quot; ...Je trouvais l'argument insuffisant, non expliqué ...donc j'allais lire cet auteur ...et me  faisait mon idée : auteur très intéressant sur une certaine façon de ressentir la vie ! ,  et aussi bien  &amp;quot; con&amp;quot; sur un autre sujet important ...cela pour expliquer que quand on est dans un enseignement que certains disent &amp;quot; sectaire &amp;quot; ( a tort ou raison ) on oublie que celui que j'étais -comme d'autres - dans cet enseignement a toujours l'envie de comprendre, de chercher, de questionner, etc etc ...&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
au final je quittais cet enseignement 3 ans plus tard ...pour la raison que des besoins et réponses me manquaient , ne me donnaient pas un &amp;quot; bien-etre &amp;quot; nécessaire ... tout simplement ...&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
-&lt;br /&gt;
 ..la recherche  se poursuit ...&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
-comment je vois maintenant ce &amp;quot; mouvement &amp;quot; j'y reviendrais ...&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
-je découvris ensuite &amp;quot; d'autres spiritualités-enseignements , différents, plus &amp;quot;humains&amp;quot; , plus &amp;quot; doux &amp;quot; , donc une '''VARIETE''' , une richesse, diversité , liberté , des enseignements spirituels ...pas de formatage  non !  &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
-&lt;br /&gt;
 ..la recherche  se poursuit ...&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
-je découvris aussi la &amp;quot; psychologie humaniste &amp;quot; , qui n 'est pas forcément spirituelle , mais une compréhension de plus sur l'humain, pas enserré comme les théories de Freud ...&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
-je trouvais 7 mois plus tard un  autre enseignement spirituel que je suivrais de façon directe et engagée encore pendant environ 3 ans ...(intéressant ces 3 ans, parce qu'une analyse des adeptes de &amp;quot; secte &amp;quot; (ou de ..chercheurs spirituels selon d'autres analystes-sociologues etc ...) trouve justement qu'une majorité d'entre eux changent d'enseignements tous les 3 ans ...tiens tiens ...alors contrairement a ce que l'on dit ils ne sont pas si &amp;quot;prisonniers &amp;quot; de leur &amp;quot; secte &amp;quot; non ? - cela dit il y a d'autres aspects on verra plus tard  ) &lt;br /&gt;
 --là j'ai apprécié beaucoup de choses ! mais &amp;quot;il me manquait quelque chose &amp;quot; , pour quoi ? , pour que ce sentiment de &amp;quot; oui ça c'est la vérité, c'est complet, et çà me nourrit &amp;quot; , n'étais pas là ...aussi , cette fois progressivement, j’arrêtais avec ce mouvement ...&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
 ..la recherche se poursuit ...&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
-suivirent ,  environ 6 années  &amp;quot; sans rien &amp;quot; , puis ensuite une recherche sans  appartenance à un enseignement précis, structuré etc etc ..., mais piocher des choses a droite et a gauche , un peu comme je l avais fait apres le  1er enseignement -&amp;quot;secte &amp;quot; ,  puis un rapprochement avec des enseignements d'inspirations chrétiennes notamment  - toujours sans appartenance a des  formes &amp;quot; associatives &amp;quot; disons ...et aujourd'hui je vis -comme beaucoup de gens qui sont passés dans ces expériences ! - ma synthèse personnelle , un chemin &amp;quot;personnel&amp;quot; , disons fait de différentes inspirations.  &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
--la recherche freine , ralentit , pour plutot affiner ce qui est déjà expérimenté  ...&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
--quelques réflexions sur ce parcours  :&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
-comme toutes choses on peut voir le &amp;quot;négatif &amp;quot; ou ..le &amp;quot;positif &amp;quot; ...et souvent positif et négatif ont un lien de l'un a l'autre  ! !&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
1- je reconnais qu il y a des sectes dans le sens négatif du terme ...&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
2-que si je devais recommencer aujourd'hui je ne re-commencerais pas avec la 1ere ... il faudrait développer !  a toi de voir si tu veux que je t'en parle TRANQUILLEMENT  , sinon je préfere continuer un jour par écris ...&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
x-aujourd'hui qu est ce que j entends par spiritualité  ! &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
-un aspect &amp;quot; tout cela peut &amp;quot;déranger &amp;quot; l'esprit cartésien de notre société voire certains &amp;quot; esprits religieux ou chrétiens &amp;quot; ..parce que  : &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
-&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
-&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
--mais auparavant &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
-+ : la différence que je fais entre secte et spiritualité  ! !&lt;/div&gt;</summary>
		<author><name>78.224.74.40</name></author>
		
	</entry>
	<entry>
		<id>https://wiki-conscience.terretciel.com/index.php?title=BIOGRAPHIE_PERSO&amp;diff=194</id>
		<title>BIOGRAPHIE PERSO</title>
		<link rel="alternate" type="text/html" href="https://wiki-conscience.terretciel.com/index.php?title=BIOGRAPHIE_PERSO&amp;diff=194"/>
		<updated>2021-04-07T20:59:20Z</updated>

		<summary type="html">&lt;p&gt;78.224.74.40 : &lt;/p&gt;
&lt;hr /&gt;
&lt;div&gt;&lt;br /&gt;
Salut ,&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
voila quelques  éléments que je souhaite partager avec toi &lt;br /&gt;
j'ai besoin de le faire &lt;br /&gt;
-pour moi meme &lt;br /&gt;
-et je pense que ça éclairera des choses dans nos dicussions &amp;quot; covid -vaccin etc&amp;quot; &lt;br /&gt;
( si je reviens sur &amp;quot; le passé &amp;quot; ..mais le passé &amp;quot;me parle &amp;quot; , et on dit qu'il éclaire le présent ..)&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
-1-le moment ou les parents ont réagis tres fort à mon interet pour la spiritualité de mon coté, pour les &amp;quot; sectes&amp;quot; selon leur point de vue &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
-2-de mon parcours &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
notamment parce que &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
1-j'ai plus ou moins intégré a tort ou a raison que &amp;quot;je suis le vilain petit canard marginal et qui crois n'importe quoi &amp;quot; , au moins selon certains ...,&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
et j 'aimerais au moins m'exprimer a ce sujet &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
et je pense que cette histoire ancienne ou moins ancienne peut interférer dans nos échanges ...&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
et avant que je meure &amp;quot; du covid 19 ou 20&amp;quot; autant le faire ..&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
éléments sur mon parcours : &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
- vers mes 18 ans j'étais impliqué dans un mouvement marxiste-léniniste &amp;quot; pur et dur &amp;quot; , assez rigoureux et intellectuel ...il était diffusé une obligatoire recherche de rigueur intellectuelle, a l'image de karl marx non ?? Marx dit que sa vision s 'appuie sur 3 piliers : l' analyse politique, économique et philosophique ..., qui est une démarche &amp;quot; scientifique &amp;quot; sur les ressorts de l'humain ...Hors en peu de temps le pilier philosophique est pour moi tombé : la vision de Marx m'est apparue totalement fausse sur sa sa vision de l'homme : une non connaissance des réalités spirituelles, religieuses, non &amp;quot; matérielles &amp;quot; , la réalité d'une &amp;quot; ame&amp;quot; non physique , avec des témoignages, des observations, des expériences , bref une approche &amp;quot; quantifiable&amp;quot; et de type scientifique ou méthodique démontait totalement son approche pour le coup plus qu’incomplète ...&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
...la quete de vérité se poursuit ...&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
-suite a cela , apres quelques lectures d'enseignements spirituels plutot intellectuels et une expérience personnelle extra sensorielle déterminante , je voulais &amp;quot; aller plus loin &amp;quot;  je me suis orienté vers &amp;quot;ce qui se présentait a moi &amp;quot; , un enseignement qui était avec ...ses forces et ses faiblesses disons ... et , oui, si je &amp;quot; devais revenir a cette époque &amp;quot;, je m'orienterais différemment   ...que celui qui a la science infuse me lance la 1ere pierre ...j'y reviendrais ! &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
 ..la quete de vérité se poursuit ...&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
par exemple dans un des livres de cet enseignement il était dit a peu près &amp;quot; ne lisez pas cet auteur &amp;quot; ...Je trouvais l'argument insuffisant, non expliqué ...donc j'allais lire cet auteur ...et me  faisait mon idée : auteur très intéressant sur une certaine façon de ressentir la vie ! ,  et aussi bien  &amp;quot; con&amp;quot; sur un autre sujet important ...cela pour expliquer que quand on est dans un enseignement que certains disent &amp;quot; sectaire &amp;quot; ( a tort ou raison ) on oublie que celui que j'étais -comme d'autres - dans cet enseignement a toujours l'envie de comprendre, de chercher, de questionner, etc etc ...&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
au final je quittais cet enseignement 3 ans plus tard ...pour la raison que des besoins et réponses me manquaient , ne me donnaient pas un &amp;quot; bien-etre &amp;quot; nécessaire ... tout simplement ...&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
-&lt;br /&gt;
 ..la quete de vérité se poursuit ...&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
-comment je vois maintenant ce &amp;quot; mouvement &amp;quot; j'y reviendrais ...&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
-je découvris ensuite &amp;quot; d'autres spiritualités-enseignements , différents, plus &amp;quot;humains&amp;quot; , plus &amp;quot; doux &amp;quot; , donc une '''VARIETE''' , une richesse, diversité , liberté , des enseignements spirituels ...pas de formatage  non !  &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
-&lt;br /&gt;
 ..la quete de vérité se poursuit ...&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
-je découvris aussi la &amp;quot; psychologie humaniste &amp;quot; , qui n 'est pas forcément spirituelle , mais une compréhension de plus sur l'humain, pas enserré comme les théories de Freud ...&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
-je trouvais 7 mois plus tard un  autre enseignement spirituel que je suivrais de façon directe et engagée encore pendant environ 3 ans ...(intéressant ces 3 ans, parce qu'une analyse des adeptes de &amp;quot; secte &amp;quot; (ou de ..chercheurs spirituels selon d'autres analystes-sociologues etc ...) trouve justement qu'une majorité d'entre eux changent d'enseignements tous les 3 ans ...tiens tiens ...alors contrairement a ce que l'on dit ils ne sont pas si &amp;quot;prisonniers &amp;quot; de leur &amp;quot; secte &amp;quot; non ? - cela dit il y a d'autres aspects on verra plus tard  ) &lt;br /&gt;
 --là j'ai apprécié beaucoup de choses ! mais &amp;quot;il me manquait quelque chose &amp;quot; , pour quoi ? , pour que ce sentiment de &amp;quot; oui ça c'est la vérité, c'est complet, et çà me nourrit &amp;quot; , n'étais pas là ...aussi , cette fois progressivement, j’arrêtais avec ce mouvement ...&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
 ..la quete de vérité se poursuit ...&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
-suivirent ,  environ 6 années  &amp;quot; sans rien &amp;quot; , puis ensuite une recherche sans  appartenance à un enseignement précis, structuré etc etc ..., mais piocher des choses a droite et a gauche , un peu comme je l avais fait apres le  1er enseignement -&amp;quot;secte &amp;quot; ,  puis un rapprochement avec des enseignements d'inspirations chrétiennes notamment  - toujours sans appartenance a des  formes &amp;quot; associatives &amp;quot; disons ...et aujourd'hui je vis -comme beaucoup de gens qui sont passés dans ces expériences ! - ma synthèse personnelle , un chemin &amp;quot;personnel&amp;quot; , disons fait de différentes inspirations.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
*****************************************************************************************************&lt;br /&gt;
**********************************************************************************************&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
- je dirais ci dessous des choses sur secte - pas secte etc ,etc mais ce que j'aimerais dire c'est que &amp;quot; quel que soient certains sujets de la vie&amp;quot; ( racisme, politique, religion, psychologie, grandes questions philosophiques, voire parfois plus ordinaires ) on &amp;quot; touche à l'humain&amp;quot; &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
et que chacun &amp;quot; voie ce qu'il a envie de voir &amp;quot; , &amp;quot;crois ce qui l'arrange &amp;quot;, ce qui lui assure UN CERTAIN EQUILIBRE psychologique  entre &amp;quot; ça me rend vivant &amp;quot; et &amp;quot; ça me sécurise &amp;quot; ,&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
et qu'une des choses les plus difficiles au monde est de &amp;quot; sortir de sa zone de confort &amp;quot; , de ses croyances, etc etc&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
ainsi que l'on soit &amp;quot; complotiste &amp;quot; ou &amp;quot; rationnel&amp;quot; ou &amp;quot; pro gouvernementiste&amp;quot; ou &amp;quot;athée&amp;quot; ou &amp;quot; catho&amp;quot; etc mon expérience est que chacun est bati sur les '''MEME''' schémas : je crois au milieu d'ou je viens parce que c'est plus facile,  aller dans le sens de ses copains et relations , ne pas faire de vague , ou a l'opposé se  batir &amp;quot; contre &amp;quot; les idées de son milieu pour sortir d'un milieu étouffant ou se créer une &amp;quot; personnalité différente &amp;quot; , bref  beaucoup de conditionnements plutot mécaniques , &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
j'y vois 3 cotés &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
un plutot &amp;quot; cool&amp;quot;, positif : on viens d'ou on viens et on se fait sa vie quand meme et on peut y évoluer plus ou moins et voila &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
un plutot négatif :  ou est la liberté, l'évolution , dans tout ça ...,&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
un  autre  : quand 2 personnes ou plus dialoguent sur leur point de vue différents et cherchent en apparence à &amp;quot; échanger des idées &amp;quot; en toute tolérance , ouverture etc mais , a mon sens, sont inconsciemment &amp;quot;malhonnêtes&amp;quot; en y allant  un peu fort : car les deux ou l'un deux cherchent plutot a conserver leur point de vue ( par exemple un curé parlant avec un athée qui arriverai a le déstabiliser un peu , une partie psychologique ( cerveau -émotions etc ) va se dire mais de façon plus ou moins INCONSCIENTE : oula c'est dangereux , je tiens a rester curé parce que je suis nourri logé et que je n ai pas d'autre formation --et ou j'ai pas le droit de remettre en cause ma vocation qui tiens tant a coeur a ma famille --et ou ..mais j'ai construit toute ma personnalité avec ces croyances qui nourrissent mon besoin de sens, d'etre aimé, mon besoin de ...etc etc ) , mais consciemment il se dira plutot &amp;quot; bof il a des arguments&amp;quot; mais ceci ou celà ...  &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
--d'un autre coté et plus constructif  qu'est ce qui amène des gens a changer de point de vue ? &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
-soit la curiosité , l'envie de comprendre et la stimulation de s'interroger , malgré les remises en cause, des peurs, etc &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
-soit un mal etre, souffance, et on se pose des questions,  &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
-soit l'envie &amp;quot; d'etre mieux&amp;quot; &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
-soit des mélanges de ces 2 ou 3 éléments ...&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
******************************&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
-tout ce qui montre des &amp;quot;signes de l'existence d'un principe de vie en nous qui existe au dela du corps &amp;quot; , et au delà , de mondes &amp;quot; invisibles &amp;quot; ( les expériences de nde ou mort imminente et ce qu 'elles apprennent ; les signes de vie apres la mort ou avant la naissance ; les expériences de &amp;quot;sortie consciente  du corps &amp;quot; &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
-les themes religion spiritualité philosophie psychologie ( il y a des philosophies très matérialistes et athées mais pas que )&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
  &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
-et maintenant  je pourrais porter quelques réflexions sur mon chemin , les &amp;quot; sectes &amp;quot; etc ...et sur notre société et sur l actualité !&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
-1- sur les &amp;quot;sectes&amp;quot; : attention je commence &amp;quot; soft &amp;quot; puis çà peut déranger de plus en plus ...parce que tout dans la vie humaine est un MIROIR   de  l'homme, de ce que NOUS portons en nous, parfois in-conscient  ...&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
- d abord quelque chose de plus personnel &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
-&lt;/div&gt;</summary>
		<author><name>78.224.74.40</name></author>
		
	</entry>
	<entry>
		<id>https://wiki-conscience.terretciel.com/index.php?title=BIOGRAPHIE_AUX_AMIS_ETC&amp;diff=193</id>
		<title>BIOGRAPHIE AUX AMIS ETC</title>
		<link rel="alternate" type="text/html" href="https://wiki-conscience.terretciel.com/index.php?title=BIOGRAPHIE_AUX_AMIS_ETC&amp;diff=193"/>
		<updated>2021-04-07T20:16:18Z</updated>

		<summary type="html">&lt;p&gt;78.224.74.40 : &lt;/p&gt;
&lt;hr /&gt;
&lt;div&gt;Biographie a un cercle d'amis --&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Bonjour, &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
je souhaite vous partage cette biographie et éléments de reflexions sur la vie ceci pour quelques raisons :&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
-avec ce covid on sait jamais je peux disparaitre dans quelques semaines ??&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
je voudrais aussi adresser un mot particulier a mon frere ...&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&amp;quot;je souhaite te partager particulierment des choses &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
--parce que cela touche aussi intimement ma vie personnelle et que je fais ainsi un nettoyage clarification personnelle &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
--que j'ai au final toujours gardé plus ou moins inconsciemment des regrets des frustrations dans &amp;quot; notre histoire familiale &amp;quot; &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
--notamment l'histoire de la reaction des parents dans mon histoire &amp;quot; sectes &amp;quot; ...et le fait que j'ai plus ou moins intégré a tort ou a raison que &amp;quot;je suis le vilain petit canard marginal et qui crois n'importe quoi &amp;quot; , au moins selon certains ..., et ce que ca peut créer ..&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
--et que cela pourra éclairer des choses de nos discussions &amp;quot; covid-complotisme &amp;quot; indirectement ...( -un apparté  sur nos échanges sur &amp;quot;le covid-complotisme etc &amp;quot; ...&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
je me suis dit que quelque part j'ai pas envie de m'enliser dans cette discussion parce que &amp;quot;mon centre d'interet principal &amp;quot; et aussi que je connais mieux, c 'est la spiritualité )   &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
***********************************&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
'''--éléments sur mon parcours :''' &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
- vers mes 18 ans j'étais impliqué dans un mouvement marxiste-léniniste &amp;quot; pur et dur &amp;quot; , assez rigoureux et intellectuel ...il était diffusé une obligatoire recherche de rigueur intellectuelle, a l'image de karl marx non ?? Marx dit que sa vision s 'appuie sur 3 piliers : l' analyse politique, économique et philosophique ..., qui est une démarche &amp;quot; scientifique &amp;quot; sur les ressorts de l'humain ...Hors en peu de temps le pilier philosophique est pour moi tombé : la vision de Marx m'est apparue totalement fausse sur sa sa vision de l'homme : une non connaissance des réalités spirituelles, religieuses, non &amp;quot; matérielles &amp;quot; , la réalité d'une &amp;quot; ame&amp;quot; non physique , avec des témoignages, des observations, des expériences , bref une approche &amp;quot; quantifiable&amp;quot; et de type scientifique ou méthodique démontait totalement son approche pour le coup plus qu’incomplète ...&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
...la recherche  se poursuit ...&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
-suite a cela , apres quelques lectures d'enseignements spirituels plutot intellectuels et une expérience personnelle extra sensorielle déterminante , je voulais &amp;quot; aller plus loin &amp;quot;  je me suis orienté vers &amp;quot;ce qui se présentait a moi &amp;quot; , un enseignement qui était avec ...ses forces et ses faiblesses disons ... et , oui, si je &amp;quot; devais revenir a cette époque &amp;quot;, je m'orienterais différemment   ...que celui qui a la science infuse me lance la 1ere pierre ...j'y reviendrais ! &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
 ..la recherche  se poursuit ...&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
par exemple dans un des livres de cet enseignement il était dit a peu près &amp;quot; ne lisez pas cet auteur &amp;quot; ...Je trouvais l'argument insuffisant, non expliqué ...donc j'allais lire cet auteur ...et me  faisait mon idée : auteur très intéressant sur une certaine façon de ressentir la vie ! ,  et aussi bien  &amp;quot; con&amp;quot; sur un autre sujet important ...cela pour expliquer que quand on est dans un enseignement que certains disent &amp;quot; sectaire &amp;quot; ( a tort ou raison ) on oublie que celui que j'étais -comme d'autres - dans cet enseignement a toujours l'envie de comprendre, de chercher, de questionner, etc etc ...&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
au final je quittais cet enseignement 3 ans plus tard ...pour la raison que des besoins et réponses me manquaient , ne me donnaient pas un &amp;quot; bien-etre &amp;quot; nécessaire ... tout simplement ...&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
-&lt;br /&gt;
 ..la recherche  se poursuit ...&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
-comment je vois maintenant ce &amp;quot; mouvement &amp;quot; j'y reviendrais ...&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
-je découvris ensuite &amp;quot; d'autres spiritualités-enseignements , différents, plus &amp;quot;humains&amp;quot; , plus &amp;quot; doux &amp;quot; , donc une '''VARIETE''' , une richesse, diversité , liberté , des enseignements spirituels ...pas de formatage  non !  &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
-&lt;br /&gt;
 ..la recherche  se poursuit ...&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
-je découvris aussi la &amp;quot; psychologie humaniste &amp;quot; , qui n 'est pas forcément spirituelle , mais une compréhension de plus sur l'humain, pas enserré comme les théories de Freud ...&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
-je trouvais 7 mois plus tard un  autre enseignement spirituel que je suivrais de façon directe et engagée encore pendant environ 3 ans ...(intéressant ces 3 ans, parce qu'une analyse des adeptes de &amp;quot; secte &amp;quot; (ou de ..chercheurs spirituels selon d'autres analystes-sociologues etc ...) trouve justement qu'une majorité d'entre eux changent d'enseignements tous les 3 ans ...tiens tiens ...alors contrairement a ce que l'on dit ils ne sont pas si &amp;quot;prisonniers &amp;quot; de leur &amp;quot; secte &amp;quot; non ? - cela dit il y a d'autres aspects on verra plus tard  ) &lt;br /&gt;
 --là j'ai apprécié beaucoup de choses ! mais &amp;quot;il me manquait quelque chose &amp;quot; , pour quoi ? , pour que ce sentiment de &amp;quot; oui ça c'est la vérité, c'est complet, et çà me nourrit &amp;quot; , n'étais pas là ...aussi , cette fois progressivement, j’arrêtais avec ce mouvement ...&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
 ..la recherche se poursuit ...&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
-suivirent ,  environ 6 années  &amp;quot; sans rien &amp;quot; , puis ensuite une recherche sans  appartenance à un enseignement précis, structuré etc etc ..., mais piocher des choses a droite et a gauche , un peu comme je l avais fait apres le  1er enseignement -&amp;quot;secte &amp;quot; ,  puis un rapprochement avec des enseignements d'inspirations chrétiennes notamment  - toujours sans appartenance a des  formes &amp;quot; associatives &amp;quot; disons ...et aujourd'hui je vis -comme beaucoup de gens qui sont passés dans ces expériences ! - ma synthèse personnelle , un chemin &amp;quot;personnel&amp;quot; , disons fait de différentes inspirations.  &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
--la recherche freine , ralentit , pour plutot affiner ce qui est déjà expérimenté  ...&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
--quelques réflexions sur ce parcours  :&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
-comme toutes choses on peut voir le &amp;quot;négatif &amp;quot; ou ..le &amp;quot;positif &amp;quot; ...et souvent positif et négatif ont un lien de l'un a l'autre  ! !&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
1- je reconnais qu il y a des sectes dans le sens négatif du terme ...&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
2-que si je devais recommencer aujourd'hui je ne re-commencerais pas avec la 1ere ... il faudrait développer !  a toi de voir si tu veux que je t'en parle TRANQUILLEMENT  , sinon je préfere continuer un jour par écris ...&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
x-aujourd'hui qu est ce que j entends par spiritualité  ! &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
-un aspect &amp;quot; tout cela peut &amp;quot;déranger &amp;quot; l'esprit cartésien de notre société voire certains &amp;quot; esprits religieux ou chrétiens &amp;quot; ..parce que  : &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
-&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
-&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
--mais auparavant &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
-+ : la différence que je fais entre secte et spiritualité  ! !&lt;/div&gt;</summary>
		<author><name>78.224.74.40</name></author>
		
	</entry>
	<entry>
		<id>https://wiki-conscience.terretciel.com/index.php?title=BIOGRAPHIE_AUX_AMIS_ETC&amp;diff=192</id>
		<title>BIOGRAPHIE AUX AMIS ETC</title>
		<link rel="alternate" type="text/html" href="https://wiki-conscience.terretciel.com/index.php?title=BIOGRAPHIE_AUX_AMIS_ETC&amp;diff=192"/>
		<updated>2021-04-07T20:00:21Z</updated>

		<summary type="html">&lt;p&gt;78.224.74.40 : &lt;/p&gt;
&lt;hr /&gt;
&lt;div&gt;Biographie a un cercle d'amis --&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Bonjour, &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
je souhaite vous partage cette biographie et éléments de reflexions sur la vie ceci pour quelques raisons :&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
-avec ce covid on sait jamais je peux disparaitre dans quelques semaines ??&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
je voudrais aussi adresser un mot particulier a mon frere ...&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&amp;quot;je souhaite te partager particulierment des choses &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
--parce que cela touche aussi intimement ma vie personnelle et que je fais ainsi un nettoyage clarification personnelle &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
--que j'ai au final toujours gardé plus ou moins inconsciemment des regrets des frustrations dans &amp;quot; notre histoire familiale &amp;quot; &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
--notamment l'histoire de la reaction des parents dans mon histoire &amp;quot; sectes &amp;quot; ...et le fait que j'ai plus ou moins intégré a tort ou a raison que &amp;quot;je suis le vilain petit canard marginal et qui crois n'importe quoi &amp;quot; , au moins selon certains ..., et ce que ca peut créer ..&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
--et que cela pourra éclairer des choses de nos discussions &amp;quot; covid-complotisme &amp;quot; indirectement ...( -un apparté  sur nos échanges sur &amp;quot;le covid-complotisme etc &amp;quot; ...&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
je me suis dit que quelque part j'ai pas envie de m'enliser dans cette discussion parce que &amp;quot;mon centre d'interet principal &amp;quot; et aussi que je connais mieux, c 'est la spiritualité )   &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
***********************************&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
'''--éléments sur mon parcours :''' &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
- vers mes 18 ans j'étais impliqué dans un mouvement marxiste-léniniste &amp;quot; pur et dur &amp;quot; , assez rigoureux et intellectuel ...il était diffusé une obligatoire recherche de rigueur intellectuelle, a l'image de karl marx non ?? Marx dit que sa vision s 'appuie sur 3 piliers : l' analyse politique, économique et philosophique ..., qui est une démarche &amp;quot; scientifique &amp;quot; sur les ressorts de l'humain ...Hors en peu de temps le pilier philosophique est pour moi tombé : la vision de Marx m'est apparue totalement fausse sur sa sa vision de l'homme : une non connaissance des réalités spirituelles, religieuses, non &amp;quot; matérielles &amp;quot; , la réalité d'une &amp;quot; ame&amp;quot; non physique , avec des témoignages, des observations, des expériences , bref une approche &amp;quot; quantifiable&amp;quot; et de type scientifique ou méthodique démontait totalement son approche pour le coup plus qu’incomplète ...&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
...la recherche  se poursuit ...&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
-suite a cela , apres quelques lectures d'enseignements spirituels plutot intellectuels et une expérience personnelle extra sensorielle déterminante , je voulais &amp;quot; aller plus loin &amp;quot;  je me suis orienté vers &amp;quot;ce qui se présentait a moi &amp;quot; , un enseignement qui était avec ...ses forces et ses faiblesses disons ... et , oui, si je &amp;quot; devais revenir a cette époque &amp;quot;, je m'orienterais différemment   ...que celui qui a la science infuse me lance la 1ere pierre ...j'y reviendrais ! &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
 ..la recherche  se poursuit ...&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
par exemple dans un des livres de cet enseignement il était dit a peu près &amp;quot; ne lisez pas cet auteur &amp;quot; ...Je trouvais l'argument insuffisant, non expliqué ...donc j'allais lire cet auteur ...et me  faisait mon idée : auteur très intéressant sur une certaine façon de ressentir la vie ! ,  et aussi bien  &amp;quot; con&amp;quot; sur un autre sujet important ...cela pour expliquer que quand on est dans un enseignement que certains disent &amp;quot; sectaire &amp;quot; ( a tort ou raison ) on oublie que celui que j'étais -comme d'autres - dans cet enseignement a toujours l'envie de comprendre, de chercher, de questionner, etc etc ...&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
au final je quittais cet enseignement 3 ans plus tard ...pour la raison que des besoins et réponses me manquaient , ne me donnaient pas un &amp;quot; bien-etre &amp;quot; nécessaire ... tout simplement ...&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
-&lt;br /&gt;
 ..la recherche  se poursuit ...&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
-comment je vois maintenant ce &amp;quot; mouvement &amp;quot; j'y reviendrais ...&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
-je découvris ensuite &amp;quot; d'autres spiritualités-enseignements , différents, plus &amp;quot;humains&amp;quot; , plus &amp;quot; doux &amp;quot; , donc une '''VARIETE''' , une richesse, diversité , liberté , des enseignements spirituels ...pas de formatage  non !  &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
-&lt;br /&gt;
 ..la recherche  se poursuit ...&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
-je découvris aussi la &amp;quot; psychologie humaniste &amp;quot; , qui n 'est pas forcément spirituelle , mais une compréhension de plus sur l'humain, pas enserré comme les théories de Freud ...&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
-je trouvais 7 mois plus tard un  autre enseignement spirituel que je suivrais de façon directe et engagée encore pendant environ 3 ans ...(intéressant ces 3 ans, parce qu'une analyse des adeptes de &amp;quot; secte &amp;quot; (ou de ..chercheurs spirituels selon d'autres analystes-sociologues etc ...) trouve justement qu'une majorité d'entre eux changent d'enseignements tous les 3 ans ...tiens tiens ...alors contrairement a ce que l'on dit ils ne sont pas si &amp;quot;prisonniers &amp;quot; de leur &amp;quot; secte &amp;quot; non ? - cela dit il y a d'autres aspects on verra plus tard  ) &lt;br /&gt;
 --là j'ai apprécié beaucoup de choses ! mais &amp;quot;il me manquait quelque chose &amp;quot; , pour quoi ? , pour que ce sentiment de &amp;quot; oui ça c'est la vérité, c'est complet, et çà me nourrit &amp;quot; , n'étais pas là ...aussi , cette fois progressivement, j’arrêtais avec ce mouvement ...&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
 ..la recherche se poursuit ...&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
-suivirent ,  environ 6 années  &amp;quot; sans rien &amp;quot; , puis ensuite une recherche sans  appartenance à un enseignement précis, structuré etc etc ..., mais piocher des choses a droite et a gauche , un peu comme je l avais fait apres le  1er enseignement -&amp;quot;secte &amp;quot; ,  puis un rapprochement avec des enseignements d'inspirations chrétiennes notamment  - toujours sans appartenance a des  formes &amp;quot; associatives &amp;quot; disons ...et aujourd'hui je vis -comme beaucoup de gens qui sont passés dans ces expériences ! - ma synthèse personnelle , un chemin &amp;quot;personnel&amp;quot; , disons fait de différentes inspirations.  &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
--la recherche freine , ralentit , pour plutot affiner ce qui est déjà expérimenté  ...&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
--quelques réflexions sur ce parcours  :&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
-comme toutes choses on peut voir le &amp;quot;négatif &amp;quot; ou ..le &amp;quot;positif &amp;quot; ...et souvent positif et négatif ont un lien de l'un a l'autre  ! !&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
1- je reconnais qu il y a des sectes dans le sens négatif du terme ...&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
2-que si je devais recommencer aujourd'hui je ne re-commencerais pas avec la 1ere ... il faudrait développer !  a toi de voir si tu veux que je t'en parle TRANQUILLEMENT  , sinon je préfere continuer un jour par écris ...&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
--mais auparavant &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
-+ : la différence que je fais entre secte et spiritualité  ! !&lt;/div&gt;</summary>
		<author><name>78.224.74.40</name></author>
		
	</entry>
	<entry>
		<id>https://wiki-conscience.terretciel.com/index.php?title=BIOGRAPHIE_AUX_AMIS_ETC&amp;diff=191</id>
		<title>BIOGRAPHIE AUX AMIS ETC</title>
		<link rel="alternate" type="text/html" href="https://wiki-conscience.terretciel.com/index.php?title=BIOGRAPHIE_AUX_AMIS_ETC&amp;diff=191"/>
		<updated>2021-04-07T19:47:29Z</updated>

		<summary type="html">&lt;p&gt;78.224.74.40 : Page créée avec « Biographie a un cercle d'amis --  Bonjour,   je souhaite vous partage cette biographie et éléments de reflexions sur la vie ceci pour quelques raisons :  -avec ce covid... »&lt;/p&gt;
&lt;hr /&gt;
&lt;div&gt;Biographie a un cercle d'amis --&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Bonjour, &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
je souhaite vous partage cette biographie et éléments de reflexions sur la vie ceci pour quelques raisons :&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
-avec ce covid on sait jamais je peux disparaitre dans quelques semaines ??&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
je voudrais aussi adresser un mot particulier a mon frere ...&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&amp;quot;je souhaite te partager particulierment des choses &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
--parce que cela touche aussi intimement ma vie personnelle et que je fais ainsi un nettoyage clarification personnelle &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
--que j'ai au final toujours gardé plus ou moins inconsciemment des regrets des frustrations dans &amp;quot; notre histoire familiale &amp;quot; &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
--notamment l'histoire de la reaction des parents dans mon histoire &amp;quot; sectes &amp;quot; ...&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
--1-j'ai plus ou moins intégré a tort ou a raison que &amp;quot;je suis le vilain petit canard marginal et qui crois n'importe quoi &amp;quot; , au moins selon certains ...,&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
et j 'aimerais au moins m'exprimer a ce sujet &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
--et que cela pourra éclairer des choses de nos discussions &amp;quot; covid-complotisme &amp;quot; etc ...&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
***********************************&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
'''--éléments sur mon parcours :''' &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
- vers mes 18 ans j'étais impliqué dans un mouvement marxiste-léniniste &amp;quot; pur et dur &amp;quot; , assez rigoureux et intellectuel ...il était diffusé une obligatoire recherche de rigueur intellectuelle, a l'image de karl marx non ?? Marx dit que sa vision s 'appuie sur 3 piliers : l' analyse politique, économique et philosophique ..., qui est une démarche &amp;quot; scientifique &amp;quot; sur les ressorts de l'humain ...Hors en peu de temps le pilier philosophique est pour moi tombé : la vision de Marx m'est apparue totalement fausse sur sa sa vision de l'homme : une non connaissance des réalités spirituelles, religieuses, non &amp;quot; matérielles &amp;quot; , la réalité d'une &amp;quot; ame&amp;quot; non physique , avec des témoignages, des observations, des expériences , bref une approche &amp;quot; quantifiable&amp;quot; et de type scientifique ou méthodique démontait totalement son approche pour le coup plus qu’incomplète ...&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
...la recherche  se poursuit ...&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
-suite a cela , apres quelques lectures d'enseignements spirituels plutot intellectuels et une expérience personnelle extra sensorielle déterminante , je voulais &amp;quot; aller plus loin &amp;quot;  je me suis orienté vers &amp;quot;ce qui se présentait a moi &amp;quot; , un enseignement qui était avec ...ses forces et ses faiblesses disons ... et , oui, si je &amp;quot; devais revenir a cette époque &amp;quot;, je m'orienterais différemment   ...que celui qui a la science infuse me lance la 1ere pierre ...j'y reviendrais ! &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
 ..la recherche  se poursuit ...&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
par exemple dans un des livres de cet enseignement il était dit a peu près &amp;quot; ne lisez pas cet auteur &amp;quot; ...Je trouvais l'argument insuffisant, non expliqué ...donc j'allais lire cet auteur ...et me  faisait mon idée : auteur très intéressant sur une certaine façon de ressentir la vie ! ,  et aussi bien  &amp;quot; con&amp;quot; sur un autre sujet important ...cela pour expliquer que quand on est dans un enseignement que certains disent &amp;quot; sectaire &amp;quot; ( a tort ou raison ) on oublie que celui que j'étais -comme d'autres - dans cet enseignement a toujours l'envie de comprendre, de chercher, de questionner, etc etc ...&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
au final je quittais cet enseignement 3 ans plus tard ...pour la raison que des besoins et réponses me manquaient , ne me donnaient pas un &amp;quot; bien-etre &amp;quot; nécessaire ... tout simplement ...&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
-&lt;br /&gt;
 ..la recherche  se poursuit ...&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
-comment je vois maintenant ce &amp;quot; mouvement &amp;quot; j'y reviendrais ...&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
-je découvris ensuite &amp;quot; d'autres spiritualités-enseignements , différents, plus &amp;quot;humains&amp;quot; , plus &amp;quot; doux &amp;quot; , donc une '''VARIETE''' , une richesse, diversité , liberté , des enseignements spirituels ...pas de formatage  non !  &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
-&lt;br /&gt;
 ..la recherche  se poursuit ...&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
-je découvris aussi la &amp;quot; psychologie humaniste &amp;quot; , qui n 'est pas forcément spirituelle , mais une compréhension de plus sur l'humain, pas enserré comme les théories de Freud ...&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
-je trouvais 7 mois plus tard un  autre enseignement spirituel que je suivrais de façon directe et engagée encore pendant environ 3 ans ...(intéressant ces 3 ans, parce qu'une analyse des adeptes de &amp;quot; secte &amp;quot; (ou de ..chercheurs spirituels selon d'autres analystes-sociologues etc ...) trouve justement qu'une majorité d'entre eux changent d'enseignements tous les 3 ans ...tiens tiens ...alors contrairement a ce que l'on dit ils ne sont pas si &amp;quot;prisonniers &amp;quot; de leur &amp;quot; secte &amp;quot; non ? - cela dit il y a d'autres aspects on verra plus tard  ) &lt;br /&gt;
 --là j'ai apprécié beaucoup de choses ! mais &amp;quot;il me manquait quelque chose &amp;quot; , pour quoi ? , pour que ce sentiment de &amp;quot; oui ça c'est la vérité, c'est complet, et çà me nourrit &amp;quot; , n'étais pas là ...aussi , cette fois progressivement, j’arrêtais avec ce mouvement ...&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
 ..la recherche se poursuit ...&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
-suivirent ,  environ 6 années  &amp;quot; sans rien &amp;quot; , puis ensuite une recherche sans  appartenance à un enseignement précis, structuré etc etc ..., mais piocher des choses a droite et a gauche , un peu comme je l avais fait apres le  1er enseignement -&amp;quot;secte &amp;quot; ,  puis un rapprochement avec des enseignements d'inspirations chrétiennes notamment  - toujours sans appartenance a des  formes &amp;quot; associatives &amp;quot; disons ...et aujourd'hui je vis -comme beaucoup de gens qui sont passés dans ces expériences ! - ma synthèse personnelle , un chemin &amp;quot;personnel&amp;quot; , disons fait de différentes inspirations.  &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
--la recherche freine , ralentit , pour plutot affiner ce qui est déjà expérimenté  ...&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
--quelques réflexions sur ce parcours  :&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
-comme toutes choses on peut voir le &amp;quot;négatif &amp;quot; ou ..le &amp;quot;positif &amp;quot; ...et souvent positif et négatif ont un lien de l'un a l'autre  ! !&lt;/div&gt;</summary>
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